Chapitre 8: Trêve de blablas

Amérique et Russie parvinrent à quitter le campement sans trop de peine, et avançaient maintenant dans la forêt en silence, prenant toutes les précautions pour ne pas se faire repérer. Mais la vérité était que, Amérique ne supportait pas ce silence.

Il se retrouvait tout seul avec le regard de Russie fixé dans son dos, avec son aura menaçante et son stupide sourire sur SON visage à lui !

Oh God, faite qu'ils rencontrent les autres très vite !

"Dis, Amerika..."

Entendre sa propre voix prendre ce ton si doucereux le fit frémir mais il ne le montra pas.

"Qu'est ce qu'il y a, Russia ?"

"Penses-tu vraiment que nous trouverons une solution avec l'aide de l'Axe ?"

"Évidemment !"

"Qu'est ce qui te rend si sûr de toi ?"

"Je le sais parce que je suis un héros, c'est tout ! Alors arrête avec tes questions stupides, geez !"

"Aaah, si tu le dis, Amerika. Si tu le dis."

"That's right ! Si je le dis c'est que c'est vrai ! Maintenant, silence. Tu vas finir par nous faire remarquer !"

"Mais, Amerika, c'est toi qui parle beaucoup trop fort, da."

"Pas du tout !E-Et puis de toute façon, parler m'aide à me concentrer."

"Mais tu viens de dire qu'il fallait être silencieux, da ?"

Amérique se dit qu'il allait craquer. Là, tout de suite. Car maintenant c'était sûr, Russia essayait de le tourner en bourrique exprès ! Et alors ça finirait en pugilat, son corps originel serait complètement fichu et en plus il devra en répondre à son président pour incident diplomatique grave, et la guerre serait perdue ! Et pire encore, il n'aurait plus jamais aucune chance de redevenir "lui-même" et devra vivre sous cette horrible forme pour le restant de ses jours ! A moins que... à moins qu'on le force à prendre la place de Russie au Kremlin alors que lui pourrait faire ce qu'il voulait dans SA Maison Blanche ! Et si... Et si c'était son plan depuis le début, en fin de compte ?! Quelle horreur ! Son pays allait devenir communiste ! La pire chose au monde qui pourrait lui arriver juste après manger un plat cuisiné par England ! NOoooo !

"...-merika ? Amerika ? Nous sommes arrivés, da." Appela doucement Russie en lui tapotant gentiment l'épaule.

Amérique se resaisit aussitôt, et s'écarta légèrement de Russie par la même occasion, prétendant scruter les alentours. Très vite, un bruissement de feuilles juste devant eux capta leur attention.

"Who's here ?"Demanda l'américain d'une voix dure tout en se mettant en garde, portant la main à l'intérieur de sa veste pour en sortir... quoi ? Une pioche... ? Ah oui, il est dans le corps de l'autre rouge, là. Donc, pas de flingue. Super. Wait ! Ce malade se balade avec une fucking pioche dans son manteau ?!

Heureusement, Allemagne s'annonça avant d'apparaître lui aussi une arme à la main.

"Russie ?" Lança l'allemand, surpris que la grande nation de l'Est ait employé de l'anglais.

"No. It's me, America." Répondit platement le concerné, agacé d'être prit pour le russe même malgré les circonstances.

Derrière lui, le véritable Russie avança d'un pas, tout sourire tandis qu'il saluait aimablement Allemagne de la main.

"Bonjour, Allemagne."

Ce dernier pâlit.

"C'est... C'est donc vrai... !"

"Comme tu le vois, Germany. Now, où sont tes alliés ? Et France ?"

"Ils sont ici, derrière moi et hors de votre portée à tous les deux... ou tous les quatre, si tout cela n'est qu'un guet-apens pour récupérer France et nous capturer tous d'un même coup de filet."

"Relax, dude ! China et England sont toujours au campement. Y a pas de piège ni rien du tout aujourd'hui: après tout on est dans le même bateau, non ? Sur ce coup là on a tout intérêt à bosser ensemble... sauf si bien sûr votre histoire sur les Italies était bidon et que vous vouliez profiter de notre situation pour nous mettre K.O ?" Riposta le héros du même ton.

Et Allemagne fût forcé d'admettre qu'ils étaient tous bel et bien à égalité. Lâchant un soupir, il rangea son arme en guise de bonne foi.

"Ça va, j'ai compris." Dit il simplement. Puis il fit un signe aux autres cachés dans les buissons tandis que Amérique remettait "sa" pioche en place.

Italie arriva le premier, excité comme une puce et arborant l'un de ses fameux drapeaux blanc avec énergie. Quand Amérique et Russie virent "Romano" agir ainsi, il n'était plus possible de douter la version de l'Axe.

Et cette conviction s'accentua quand le vrai Romano arriva sous les traits d'Italie en maugréant et en traînant les pieds, se plaignant dans un langage grossier d'avoir encore faim, d'avoir trop marché, de recevoir des ordres du "Macho-man en chef"... et de tout en général.

Ensuite vint Japon qui guidait France à travers les broussailles tout en se répandant en excuses et en politesses pour la gêne occasionnée et chaque obstacle rencontré jusqu'à lors sur la route. France avait trouvé ça très drôle au début, mais là plus du tout et suppliait (oui: suppliait) Japon d'arrêter de le traiter comme un invité de marque.

En tout et pour tout, un spectacle digne du roman d'Alice au Pays des Merveilles pour les deux membres présents de l'Alliance.

"... Woa, dude..."

"Fu-fu~! Comme c'est amusant !"

Allemagne toussota et battit des mains pour avoir l'attention de tous.

"Nous n'avons plus de temps à perdre ! Que tout le monde s'asseoit en cercle pour signifier le début de la trêve et des négociations !"

"J'allais le dire !" Fit la nation américaine, qui détestait qu'on lui vole la vedette.

Mais personne ne commenta, et tout le monde s'assit. Mais ce fût tout de même France qui ouvrit la bouche le premier.

"Euh... puisqu'on est en trêve, est ce que ce serait possible de me détacher les mains ? C'est un peu pénible, voyez..."

Allemagne fit un signe de tête à l'intention de Japon, et ce dernier défit les liens à l'aide d'un petit canif sans problème.

"Bien. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Qui se rappelle de ce qu'il faisait avant que cette histoire de fous ne commence ?"

Italie leva le bras avec enthousiasme, chose qui n'arrivait d'ordinaire jamais lors d'une réunion des nations mais au moins cette fois, la question posée était à sa portée.

"Veee~! Moi et Fratellone Romano avons fait la fête avec tous nos soldats hier soir ! On a mangé plein de pasta, on a chanté, dansé et bu tout le vin de Napoli que Fratellone avait rapporté ! Même qu'après on a super bien dormi, et puis quand on s'est réveillés... Ta-daaa!"

"Hé, connard ! Tu m'avais dis qu'il restait encore du vin, s'pèce de...!"

"Aaah ! Désolé, Fratellone !"

"Ne recommencez pas, vous deux. Dis nous plutôt, Romano, si toi tu te souviens d'un détail en particulier... n'importe quoi."

"Me parle pas comme ça, bouffeur de patates. Et puis t'façon il s'est rien passé cette nuit là, ducon. On fêtait juste le fait qu'on allait pas revoir l'Angliche sur le champ de bataille avant un bout de temps, c'est tout."

"C'était une super festa !"

"Je vois. Et toi, Frankreich ? Que faisais tu dans la soirée et jusqu'au matin ?"

"Je suis ravi que tu me le demandes, Allemagne. Vous savez tous quel homme raffiné et sensible je suis donc vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre qu'il m'arrive de m'adonner à certains plaisirs fins, quand bien même en tant de guerre. Car voyez-vous, j'ai toujours pensé que quelque soit la situation, un homme se devait de-"

"Abrège !"

"... tsk. Les germaniques, tous des rustres. Donc voilà, je contemplais les étoiles des heures durant avec pour seule compagnie mes pensées, une bonne bouteille de bon vin, un verre, et la musique s'élevant de mon grammophone. Puis je suis allé me coucher, aux alentours de onze heures ou minuit. Fin. Ca te va comme ça ?"

"Nous ne sommes pas plus avancés mais continuons. Russland ?"

"J'ai passé toute la journée d'hier à fuir ma soeur, Belarus, qui m'avait suivi de chez moi jusqu'ici. Ce n'est qu'au coucher du soleil que j'ai réussi à la semer... grâce à Chine qui m'a si gentiment offert l'hospitalité de sa tente. C'est en allant chez lui que j'ai croisé Amerika, qui m'a raconté une histoire très drôle. Et puis Chine et moi avons diné, discuté un peu et avons dormi côte à côte comme de vrais camarades. J'étais très heureux, da."

"Ah... Je t'en prie, Amérique. Dis moi que tu sais quelque chose !" Se désespérait la nation allemande.

"J'ai cru que tu me le demanderais jamais ! D'ailleurs pourquoi c'est moi qui passe en dernier ? Je suis le héro, ma place est toujours Number One en tout !"

"Oh, la ferme..." Grommela Romano dans sa barbe, sans savoir que tout le monde l'avait entendu. Par bonheur, tout le monde choisit de ne pas réagir.

"Ahem ! Donc, je disais: hier soir j'ai passé en revue tous les plans avec mes généraux et officiers, et évidemment, on a trouvé des stratégies de malade ! J'ai téléphoné à mon boss et il avait l'air ravi ! J'suis super content de moi pour le coup. Ah oui et après, j'ai dîné avec les boys au coin du feu et même si 'y avait pas de hamburgers, c'était très sympa ! Et puis je suis allé me coucher juste après pour être en super forme le lendemain ! Voilà !"

"Un instant, America-san." Intervint Japon qui n'avait fait qu'écouter attentivement jusque là. Un détail sembla l'avoir frappé. "Roshia-san a dit tout à l'heure que vous vous êtiez croisés. Pourquoi ne pas l'avoir mentionné ?"

"Ah, ça ? Parce que c'était encore vachement tôt dans la soirée, t'sais ! Les premières étoiles sortaient à peine..." Amérique repensa soudain à Angleterre et son étoile filante sur la tête et se mit à rire, voulant partager cette histoire avec ceux qui n'étaient pas encore au courant ici.

"D'ailleurs, à propos d'étoile ! Faut absolument que je vous raconte ce qui s'est passé hier soir avec England, c'est à mourir !"

"Igirisu-san et... des étoiles ? J'ai peur de ne pas comprendre."

"Je suis perdu aussi. Amerika, tu as aussi vu England hier soir ?! Mais combien de personnes as tu croisé à la fin ?"

"Dude, j'suis allé voir tout le monde ! L'histoire avec England était trop énorme pour ne pas la partager !"

"Quelle histoire, 'tain d'merde ?!"

"Ha ha ! Vous devinerez jamais: Y'avait England qui était encore en train de me bassiner avec ses leçons de morale interminables et ça faisait blabla blabla blablabla... et puis tout à coup 'y a eu comme un sifflement et -BAM ! Une étoile, j'vous le jure, une vraie shooting star se crash dans la tête d'England et le mets K.O ! C'était tellement cool et fun que j'ai pas pu m'empêcher d'aller le raconter à tout le monde ! Ah la vache, qu'est ce que j'ai rigolé !"

Allemagne et Japon échangèrent un bref regard puis se mirent à fixer l'américain aux traits russes avec un air de pitié. On pouvait clairement lire leurs pensées: Pauvre garçon. Il a perdu la tête. Mais contre toute attente, c'est Romano qui en quelque sorte, le défendit.

"Hé ! Attends une minute ! Ton histoire ressemble vachement à celle que m'a raconté mon crétin de frère ! Oy, Veneciano ! Répète ce que tu m'as raconté hier !"

"Ah, c'est vrai, tu as raison Fratellone !" S'exclama le cadet italien en faisant enfin le lien avec les deux affaires. "Hier soir, je m'étais perdu en cherchant un p'tit coin et au bout d'un moment je me suis retrouvé dans les buissons juste à côté de la tente del Signore Inghilterra. J'ai su que c'était la sienne parce qu'il parlait fort et qu'il n'avait pas l'air content, comme d'habitude. Evidemment, j'ai eu peur et en voyant les étoiles, j'ai prié très très fort pour qu'il tombe malade et que je n'ai pas à me battre contre lui... et alors là, il y a eu un miracle ! Une étoile est tombée en plein dans sa tente et l'a assomé ! J'étais si content que je me suis mis à sautiller partout, et sans m'en rendre compte, j'étais de retour à mon campement où Romano m'attendait. Je lui ai raconté ce qui s'est passé, et on a fait la festa !"

Allemagne se frappa le front. C'était du Italie tout craché ! Mais les deux histoires concordent au moins, et il sentait qu'il tenait une piste.

"Ha ha ha ! Je me rappelle ! Tu te croyais caché mais on te voyait très bien et on entendait que toi, Italy ! J'arrive toujours pas à croire que ton voeu s'est réalisé juste sous mes yeux, c'était awesome !"

"C'est fou quand même. Quand tu m'as raconté ça, Amérique, j'avais pris ça pour de la rigolade. Je n'imaginais pas que tu étais sérieux..."

"What ? Tu m'avais pas cru, France ? Pas cool, mec !"

"Difficile d'en vouloir à France, da."

"What's that supposed to mean ?!"

"Ufufu~"

"Don't 'Ufufu' me !"

"Messieurs, s'il vous plaît. Ne nous dispersons pas. Nous sommes si prêts du but !"

"Ah, Japon. Loués soient tes talents de diplomates." Lui glissa Allemagne à voix basse avec un sourire reconaissant, auquel le nippon répondit par un hochement de tête courtois.

"En effet. Il y a définitivement un lien entre cette étoile filante et notre situation." Pourquivit l'allemand. "Mais lequel ? Dès que nous le saurons, nous pourrons probablement trouver le moyen de nous sortir de cette crise."

"Moi je dis qu'il faut retrouver ce maudit buveur de thé ! Tout ça c'est sa faute, c'est évident !"

"Hey hey, va pas plus vite que la musique, bro ! England a déjà dit qu'il n'y était pour rien dans tout ça."

"Et tu l'as cru ?" Fît Romano avec dédain.

"Carrément !" Affirma avec le jeune homme avec un ton sans équivoque. "England est peut-être beaucoup de choses mais c'est pas un fucking menteur; il aurait jamais fait ça."

L'italien croisa les bras et détourna la tête avec arrogance, pas convaincu le moins du monde mais n'osait répliquer à cette déclaration proclamée avec tant de fermeté que c'en était un peu intimidant.

Russie en profita pour mettre son grain de sel.

"Quand bien même, notre camarade anglais serait sûrement de bon conseil à la lumière de ces nouveaux rebondissements, qu'en pensez-vous, da ?"

"Si !" Répondit l'Italie du nord tandis que tous les autres hochaient la tête.

"I've got just the thing !" Lança joyeusement Amérique à l'assemblée, brandissant du même coup un talkie-walkie.

"Heroe à Eyebrows, Heroe à Eyebrows, tu me reçois ?"

Un peu de friture sur la ligne, mais quasiment aussitôt, une réponse claire et limpide.

"5/5... Heroe." La voix de France. Mais avec un fort accent britannique et une prononciation anglaise parfaite. Cela ne pouvait être qu'Angleterre.

"Eyebrows, on a une piste. On pense que c'est l'étoile filante qui s'est écrasée sur toi hier soir qui est la cause de tout ça. Ton avis ?"

"... C'est possible, Heroe. Si c'est vraiment le cas alors cela veut dire que une ou plusieurs personnes ont sollicité son pouvoir."

"Solliciter..."

"... son pouvoir ?" Répétaient Japon, Allemagne, et France.

"Comment ?" Le pressa Amérique davantage.

"Je ne sais pas ! Avec un rituel... ou une incantation... une prière ou un souhait, que sais-je moi ?!"

"Oh allez, t'as sûrement de meilleures idées !"

"Attendez !" S'exclama France avec assez de force pour capter l'attention de tout le monde. "C'est ça ! Voilà le lien que nous cherchions !"

"Que voulez-vous dire, France-san ?"

"La clé de tout ça, c'est le souhait ! Le souhait que Italie a fait à l'étoile filante ! D'ailleurs, moi aussi j'en avais fait un après avoir rencontré Amérique hier !"

"Pourquoi tu ne l'as pas dit plutôt ?!" S'énerva Allemagne.

"Je ne pensais pas que c'était important, pardis !"

"Oy... moi aussi j'en ai fais un... !" Réalisa Romano. "J'ai souhaité que Veneciano et moi, on n'ai pas à se battre contre le sale bu-... je veux dire, el signore Inghilterra pour aussi longtemps que possible."

"Ca alors, c'est donc ça ? Chacun de vous à fait un souhait à l'étoile filante ?" Questionna le germanique avec une expression incrédule.

"No/Nyet, pas moi !" Dirent Amérique et Russie à l'unisson. L'un lança un regard noir et l'autre sourit aimablement.

"Et toi, Eybebrows ?" Demanda Amérique à travers le talkie-walkie.

"Négatif. Et arrête de m'appeler comme ça !"

"Alors ça ne tient pas debout..." Fît Allemagne d'une petite voix, au bord du désespoir. Il ne comprenait vraiment rien à ce casse-tête.

Chacun l'imita à sa manière. Ils avaient été si sûrs d'être près du but, mais voilà que le destin s'était acharné contre eux. Que faire, maintenant ?

"Eyebrows à Heroe ! Eyebrows à Heroe !"

"Je croyais que tu ne voulais pas que je t'appelle comme ça ?"

"C'est pas le moment ! On a un problème...Krrr... Krr...Belarus...Tssszt."

Et puis plus rien, silence radio total.

"Oh non, le contact a été coupé ! England a l'air d'avoir des ennuis !" S'alarma Amérique.

"Est ce qu'il a dit... B-B-Belarus... ?" Begaya Russie, soudain très pâle.

"Je l'ai entendu. Ainsi que le nom de Chûgoku-san. Quelque chose a du arrivé dans votre campement."

"Alright ! Le héros à la rescousse, yeah !"

"Allez-y. Notre temps ici est écoulé de toute façon. Vous pouvez reprendre Fra-"

WEEEEST !

Une voix familière appelait dans la forêt, toute proche.

"Mon frère est là !" S'affola Allemagne. "Vite, déguerpissez !" Lança t-il à l'adresse des alliés.

On ne se fit pas le dire deux fois. Les Alliés partirent sans demander leur reste, et France avec eux.

WEEEEEEEEEEEEEEEST !

"Nous sommes là !" Répondit enfin l'allemand, avant de murmurer à ses collègues de se préparer pour ce qui allait suivre.