Eh hop, le deuxième chapitre ! Merci pour vos encouragements. N'hésitez pas à aller faire un petit tour sur la fiction originale ^^
Chapitre 2
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Elle ferma les yeux et inspira calmement pour se recentrer, puis elle continua a défaire sa valise. Elle plia méthodiquement chacun de ses vêtements avant de les placer dans la commode, puis aligna ses trois paires de chaussures au pied de son lit. Elle prit même le temps d'organiser ses affaires de toilette sur le dessus de la commode.
Après avoir passé un peu le temps à déballer ses affaires, elle se pencha sur son lit, tressant et dénouant ses cheveux à quelques reprises. Elle pensa à prendre son Kindle dans son sac pour lire, mais son estomac se mit à grogner, lui rappelant qu'elle n'avait rien mangé depuis la banane qu'elle avait engloutie à 8 heures ce matin. Avec un soupir résigné, elle se mit debout et se glissa dans ses mocassins. Elle ouvrit la porte à contrecœur pour retourner dans la salle de séjour. Elle y retrouva Peeta, au coin du feu, en train d'essayer de démarrer un autre feu. Il ne leva pas les yeux, probablement parce qu'elle se glissait derrière lui sans bruit. Elle s'éclaircit la gorge pour l'alerter, et il sursauta, surpris.
_Besoin d'aide ?, lui demanda-t-elle, mais pas pour le plaisir d'être sympa.
Si elle voulait manger, il fallait bien se montrer un peu courtoise. Peeta jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et lui répondit brièvement.
_Je l'ai déjà fait une fois aujourd'hui, je pense que je vais pouvoir gérer une seconde fois, dit-il avec dédain, attisant les flammes sur les bûches carbonisées.
Katniss roula des yeux.
_Un simple non aurait suffi, grommela-elle.
Même s'il l'avait entendu, il ne répondit pas, se laissant distraire par le crépitement des flammes.
_Quoi qu'il en soit. J'ai appelé Madge et Gale, et ils vont rester dans un hôtel pour la nuit, car les routes sont encore trop mauvaises.
À cela, il se raidit, alors que le petit bois prenait feu, et elle continua :
_Donc, apparemment, nous ne serons que deux ce soir...
Avec un soupir, Peeta se rassit, les yeux toujours fixés sur le feu grandissant et les flammes rougeoyantes autour des bûches.
_Merveilleux...
Katniss se hérissa suite à sa réponse, croisant les bras sur sa poitrine.
_Ce n'est pas vraiment une sinécure pour moi non plus.
Son visage se tordit en une grimace, et il secoua la tête.
_Du calme, chérie. Pourquoi est-ce que tu penses que mon commentaire t'était automatiquement destiné ?
Elle rougit de honte, ses bras tombant le long de son corps.
_C'est pas comme si ton aversion pour moi était vraiment un secret…
Il lui lança un regard amusé par-dessus sur son épaule, attisant sa curiosité.
_Je ne te déteste pas. Je suis indifférent. Je ne te considère pas assez pour ne pas t'aimer, Katniss.
Sa bouche s'ouvrit face à son arrogance et sa poitrine se mit à brûler d'humiliation face à son empathie apparente. Il était en train d'insinuer qu'elle, contrairement à lui, se souciait assez de lui pour être gênée de sa présence.
_Pauvre mec !, dit-elle sèchement avant de retourner dans sa chambre.
Elle claqua la porte pour faire bonne mesure, comme si elle n'était pas une femme de 26 ans avec une certaine dignité et retenue. Elle réussit à s'abstenir de crier dans son oreiller au moins, laissant tomber sa colère sur le matelas et fit ce qu'elle aurait dû faire en premier lieu, au lieu d'essayer de l'aborder : lire. Tant pis pour la faim. Elle aurait préféré manger son Kindle plutôt que de lui demander n'importe quoi.
Mais après quelques heures à essayer d'ignorer les affres de la faim et les grognements de son estomac, il fallait qu'elle mange. Et elle avait froid, malgré toutes les couches de vêtements qu'elle avait sur elle. Elle avait envie de pleurer. Elle allait devoir mendier, ramper même, pour qu'il la laisse manger. Et il allait probablement aimer ça. Vaincue, elle se traîna hors du lit et se glissa dans le couloir de la salle de séjour. Peeta était toujours là, affalé sur le canapé près du feu, un jeu de cartes répartie sur la table basse - il jouait au solitaire. Il avait l'air d'avoir chaud et d'être bien dans son pull-over gris. La chaleur du foyer imprégnait déjà ses vêtements, et elle frissonna quand sa peau commença à percevoir la chaleur. Elle ne voulait pas parler, croisant obstinément ses bras sur son ventre tout en le regardant. Il parla en premier, en jetant un sept de cœur sur la pile de carte.
_Ce n'est pas poli de regarder les gens comme ça.
Elle serra les lèvres avec indignation.
_J'essaie juste de me réchauffer !
Et elle se rapprocha lentement du feu. Elle ne voulait toujours pas se résoudre à lui demander de la nourriture.
_J'ai trouvé de l'alcool, ça aide..., dit-il, prenant ostensiblement une gorgée de sa bière.
Elle serra sa mâchoire, n'imaginant pas qu'il s'agissait d'une invitation. Son estomac s'impatientait et il se mit à grogner bruyamment en signe de protestation. Peeta se figea et jeta un regard du coin de l'œil dans sa direction, levant son sourcil, et elle rougit abondamment. Putain de merde, traitre d'estomac !
Le visage de Peeta s'adoucit, et il mit les cartes sur la table. Se levant, il étendit ses membres, faisant craquer ses articulations doucement. Son chandail remonta alors un peu plus haut, laissant apparaître un peu de peau de son ventre nu. Elle se força à regarder ailleurs, et il laissa retomber ses bras, tout en se dirigeant vers la cuisine.
_Je vais faire à manger. Tu veux quelque chose ?, lui dit-il nonchalamment, en lui jetant un petit coup d'œil.
Elle supposait que c'était une discrète tentative de sa part pour la sauver de l'humiliation d'être à sa merci ; elle fut reconnaissante et surprise, mais tout ce qu'elle put lui dire fut un timide :
_Ok.
Elle le suivit dans la cuisine, s'affalant sur un tabouret alors qu'il rassemblait la nourriture qu'il avait achetée plus tôt. Elle ne parlait pas, et il travailla en silence lorsqu'il prépara un repas rapide mais appétissant : du poulet sur un lit de pâtes et de brocoli. Elle fut franchement surprise qu'il se donne toute cette peine; elle se serait largement contentée d'une soupe à ce moment là, même d'un manchon de poulet cartonné couvert de fromage.
Peeta prit son assiette pour manger sur le canapé du salon, et Katniss se contenta de rester dans la cuisine. Elle ne savait pas s'il était bon cuisinier ou si c'est parce qu'elle mourrait de faim, mais c'était le meilleur putain de repas qu'elle se souvenait avoir avalé. Après qu'elle eut fini, elle soupira, se délectant de la sensation d'avoir le ventre remplie.
Rassasiée, elle quitta la cuisine quelques minutes plus tard, et retourna dans le salon. Peeta mangeait encore, tout en ayant repris sa partie de Solitaire.
Elle fit glisser ses pieds nerveusement avant de laisser échapper 'Merci'.
Il hocha la tête sèchement. Elle s'attarda à cet endroit un instant, regardant fixement le feu. Elle n'avait pas vraiment envie de lui imposer sa présence plus longtemps que nécessaire, mais elle ne voulait pas s'enfermer dans sa chambre froide à nouveau. Elle pouvait le faire. Elle pourrait être gentille avec Peeta Mellark. Il lui avait fait son dîner, et il n'avait pas à être le seul à faire les premiers pas. Prenant une profonde inspiration, elle se dirigea vers le fauteuil en face de lui et se laissa tomber dessus. Il la regarda à peine, ignorant sa présence. Elle replia ses pieds sous elle et tourna son visage vers le foyer pour se prélasser près le feu. Ils restèrent silencieux pendant un moment, seul le crépitement des bûches et de la distribution des cartes venant rompre le silence. Il commença à peine à faire nuit dehors lorsque Katniss remarqua que le feu mourrait. Elle fronça les sourcils et scruta tout le salon sans y voir de bois. Mordant sa lèvre, elle se tourna finalement vers Peeta.
_Erm... où est-ce que tu as trouvé le bois de chauffage ?, lui demanda-t-elle.
_Il y a un tas dans le hangar devant.
_Tu ne l'as pas rapporté ici ?
Il cligna des yeux, son expression vacillant entre la gêne et l'amusement.
_J'en ai apporté un tas ici quand je suis arrivé à 9 heures ce matin. Entre temps on l'a utilisé.
_Tu l'as utilisé, le corrigea-t-elle et il haussa les sourcils.
_Je ne savais pas que tu étais une de ces créatures spéciales dont la peau dévie la chaleur, rétorqua-t-il, la bouche serrée.
_Je n'étais pas ici ce matin, et j'ai passé la plupart de la journée dans ma chambre, répondit-elle, se poussant du canapé. Laisse tomber, je vais aller à l'abri et chercher un peu plus de bois moi-même.
_Ne te force pas, princesse, plaisanta-t-il dans son dos alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre pour mettre ses bottes.
Elle résista à la tentation de lui en coller une. Quand elle revint dans le salon pour mettre son manteau, il jouait encore avec diligence à son jeu de cartes.
Soufflant, elle ouvrit la porte et sortit dans la neige, heureuse que le petit chemin qui commençait à disparaître sous la neige soit encore accessible. Mais elle avait de la neige jusqu'aux genoux. Elle pouvait sentir l'humidité froide suinter à travers son jean. Peeta faisait au moins 50 centimètres de plus qu'elle ; il aurait pu se diriger vers le hangar plus facilement. Elle essaya de ne pas trop s'énerver, se rappelant le dîner qu'il avait partagé avec elle pendant qu'elle avançait péniblement dans la neige avec autant bois qu'elle pouvait transporter dans ses bras. Son visage était rouge et en sueur au moment où elle retourna à l'intérieur du chalet. Elle ne prit pas la peine d'enlever la neige de ses bottes à l'extérieur, piétinant délibérément près de la cheminée où elle jeta sans ménagement quelques journaux. Peeta la regardait, pinçant ses lèvres minces comme si il retenait un rire.
_Tu veux que je les mette dans la cheminé ?, lui lança-t-il alors qu'elle enlevait son manteau.
_Ne te force pas, princesse, lui dit-elle en lui tournant le dos.
Son pantalon était mouillé, la neige qui fondait pinçait sa peau, et ses dents commencèrent à claquer, alors elle se précipita dans sa chambre pour se changer. Quand elle revint dans le salon, son pantalon mouillé dans la main pour le sécher près du foyer, le feu brûlait plus fort et plus chaud grâce aux bûches nouvellement ajoutées. Au moins, il avait fait quelque chose d'utile.
Katniss écarta son pantalon humide du brasier puis blotti dans le fauteuil. Peeta la regarda curieusement, un petit sourire taquinant le coin de sa bouche.
_Quoi ?, s'exclama-t-elle.
_On dirait que tu as besoin d'une bière.
Elle le regarda, et il leva les mains.
_Détends-toi ! Je n'essaie pas de te saouler. Même si ça pourrait peut-être te rendre un peu plus agréable…, songea-t-il en se levant pour prendre deux bières dans la cuisine.
Quand il revint, elle prit à contrecœur la bière qu'il lui offrait, ne pouvant s'empêcher de lui envoyer en pleine figure :
_Ça change pas grand-chose pour toi…
Il sourit lorsqu'il se rassit.
_C'est vrai que je n'ai pas besoin de ça pour être agréable, dit-il, avant de prendre une gorgée.
_Probablement parce que ça te fait jouir de me voir souffrir, répondit-elle en sirotant goulûment sa bière.
_Tu as raison. C'est même mon objectif pour ce séjour, savoir combien de fois je peux te faire froncer les sourcils.
Bien sûr, elle fronça les sourcils, et il sourit.
_D'après mes calculs, je dirais qu'on en est déjà à 12.
Elle pouvait sentir la chaleur réchauffer ses joues, et elle leva les yeux.
_Retourne donc à ton jeu de carte et ferme là.
Il focalisa son attention sur son jeu de cartes, puis glissa la main dessus.
_Et si on jouait ensemble ?, suggéra-t-il, battant les cartes d'une main experte.
Ses longs doigts se mirent à déplacer les cartes avec facilité et précision, battant les cartes ensemble en une pile homogène. Elle le regarda avec méfiance, pas particulièrement intéressé d'interagir avec lui. Mais si elle allait au lit à 19 heures, ça voulait dire qu'il lui resterait encore plus d'heures à tuer. Et son passe-temps actuel était de regarder le feu alors...
_Très bien, lui concéda-elle, s'avançant dans son fauteuil pour se rapprocher de la table basse. A quoi tu veux jouer ?
_Tu sais jouer à la bataille ?, demanda-t-il en coupant le tas de carte.
_Bien sûr, se moqua-t-elle.
_Ça te représente bien, dit-il sèchement.
Elle commença à froncer les sourcils en le regardant, puis corrigea son expression rapidement, en acceptant sa pile de carte. Elle était compétitive, presque à un degré malsain, et elle ne voulait rien d'autre que l'humilier en lui bottant les fesses.
Elle lui sourit alors...
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