Game of Thrones

All you need is love

Chapitre 4

Un mois passa. Arya voyait Gendry tout les jours en secret, ils discutaient de tout et de rien, parfois sortaient dans la capitale clandestinement, ce qui les amusait beaucoup. Ils avaient failli se faire prendre plusieurs fois, par les gardes, des Lords, ou même Lady Catelyn, mais ils s'en étaient toujours sortis. Ils étaient vraiment très proches l'un de l'autre, mais aucune parole échangée, aucun geste n'avait trahi ce que chacun ressentait.

Arya ne se permettait même pas de penser à ce doux sentiment en elle dont elle n'ignorait pas l'existence. Elle se disait qu'il ne servait à rien de se torturer l'esprit pour quelque chose d'impossible pour se donner bonne conscience, mais elle savait que c'était plus par fierté. Comment pourrait-elle assumer face à quelqu'un d'être amoureuse ? Elle, qui avait longtemps crié sur tous les toits que l'amour ne l'intéressait pas et qu'elle n'avait ni besoin ni envie d'avoir un homme ?

Gendry y pensait chaque jour, chaque minute, chaque seconde, mais se refusait à en parler, ne trouvant ni les mots ni le courage.

Un jour que les deux «amis» rentraient d'une promenade en ville, un garde aperçut la Princesse et se précipita vers elle. Aussitôt, Gendry disparut pour ne pas éventer leur secret.

-Princesse, nous vous cherchons depuis une heure !

-Et maintenant vous m'avez trouvé, bravo ! ironisa-t-elle. On vous donnera sûrement un biscuit pour cela. Demandez à Bran et Rickon, ce sont des spécialistes en la matière, d'après Sansa.

Le garde leva les yeux au ciel en lâchant un soupir d'exaspération, et sans plus de façon, il souleva la jeune fille et la fit passer par-dessus son épaule comme un vulgaire sac à patates.

-Pose-moi espèce de... ! hurla immédiatement la Princesse.

Elle se débattait comme une forcenée, martelait le pauvre soldat de ses petits poings, hurlait aussi, mais rien n'y fit, le soldat ne la déposa au sol que devant la salle du Conseil Restreint.

-Le Conseil Restreint ? s'étonna Arya, cessant de se débattre. Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire ?

Elle poussa la porte sans y être invitée, pour trouver sa famille réunie au grand complet (sauf Jon qui était au mur), la Main du Roi Lord Doran Martell, le Grand Argentier Lord Loras Tyrell, Maestre Luewin, le Maître des chuchoteurs Lord Varys, et le Maître de Guerre Ser Brynden Tully. Il ne manquait visiblement qu'elle. Robb lui désigna un siège en fronçant les sourcils, aussi elle se dépêcha sans piper mot.

-Nous sommes maintenant au complet, commença le Roi. Je vous ai réunis ici aujourd'hui pour vous faire part d'une grande décision qui va marquer un tournant dans nos vies et dans l'histoire. Avant de vous expliquer de quoi il retourne, je vous assure que cette décision n'a pas été facile à prendre, et que j'ai mûrement et longuement réfléchi.

Il prit une grande respiration, tous retenaient leur souffle, ils ne comprenaient pas.

-J'abdique, je rends la couronne et le trône de Westeros.

Le silence tomba comme un couperet. On entendait plus une mouche voler. Un ange passa, prit froid et repartit aussi sec. Catelyn se leva en criant que ce n'était que folie, Loras et Doran l'appuyant à grands renforts de cris, Bran et Rickon se mirent à crier aussi. Exaspérée, Arya saisit son poignard et le lança avec toute la force dont elle était capable dans la table. La lame s'enfonça de presque dix centimètres dans un bruit mat, ramenant immédiatement le calme. Tout le monde se rassit sous l'ordre silencieux. Arya dégagea sa dague et la glissa à sa ceinture non sans un sourire satisfait, et se plaça aux côtés de Robb. Elle lui prit la main et le regarda droit dans les yeux.

-Je suis avec toi, grand frère.

A la surprise générale, ce fut Sansa qui rejoignit les côtés de Robb ensuite. Puis Talisa, la petite Lyanna dans les bras, se rangea silencieusement derrière le trône de son époux. Bran et Rickon foncèrent sur le genoux de leur frère sans attendre. Maestre Luewin les rejoignit en souriant et posa sa main sur l'épaule d'Arya. Ils formaient un bloc uni et solidaire, alors Catelyn Stark se leva, ne pouvant réprimer un sourire de fierté face à ses enfants.

-Vous avez tous hérités de la volonté de fer et de l'entêtement de votre père. Il serait fier de vous. Puisque le Roi souhaite abdiquer, qu'il abdique ! Mais qu'il nous explique clairement ce qu'il compte faire.

Robb inclina légèrement la tête pour remercier sa mère.

-Je ne comptes pas abandonner les Sept Royaumes alors que nous sortons à peine d'une guerre. Jamais je ne laisserais sombrer Westeros. Je trouverais un successeur, digne de gouverner ce royaume, un vrai dirigeant. Et alors j'abdiquerais totalement. Je ne veux pas être Roi.

Il se leva.

-Merci pour votre attention, nous nous reverrons au dîner. Je déjeunerais seul dans mes appartements.

Ils s'inclinèrent tous, et il sortit. Il laissa sa femme partir seule vers les appartements de la Reine avec leur fille, mais ne se rendit pas dans ses propres appartements. Il se faufila dans les couloirs, prit des escaliers dérobés, et après un moment dans les souterrains, il ouvrit la porte d'un petit accès oublié. Elle l'attendait là seule comme convenu. Il lui fit signe de la suivre sans bruit, et réussit à ramener l'étrangère dans ses appartements sans que personne ne les remarque. Une fois réfugiés dans son salon privé, il se tourna vers l'étrangère et s'inclina profondément.

-Bienvenu à King's Landing, Daenerys Targaryen du Typhon, l'Imbrûlée, Mère des Dragons, Khaleesi de la Grande Mer Dothrak, Briseuse de chaînes et Reine d'Essos.

Daenerys lui fit une révérence, avant de lui sourire.

-Je vous remercie, Robb Stark, Seigneur de Winterfell, Gouverneur et Roi du Nord, Roi des Andals et des Premiers Hommes et Protecteur des Sept Royaumes. Mais je ne crois pas que réciter nos titres respectifs soient d'une grand utilité.

-En effet non, sourit le Roi. Mais que voulez-vous, les habitudes sont tenaces. Vous savez pourquoi je vous ai fait venir ?

-Vous voulez négocier une paix avec Essos, maintenant que je les ai tous réunis derrière mon étendard ?

-En quelque sorte, sourit le Roi. J'aimerais en réalité unir les deux continents.

-Donnez vos arguments, lança Daenerys en bonne politicienne.

-Je n'en ai qu'un seul, sourit Robb. Je vous offre l'Iron Throne. Sous quelques conditions évidemment, mais si tout se passe comme je l'espère, il est à vous.

Merci d'avoir lu, et à bientôt pour la suite !