Game of Thrones

All you need is love

Chapitre 7

Robb commençait à s'inquiéter. Ses sœurs avaient dit qu'elle partait moins d'une heure, et voilà qu'au bout de deux heures elles n'étaient toujours pas rentrées ! Il descendit dans la cour pour voir si elle n'arrivait pas, lorsque le Prince de Dorne entra avec sa suite. Robb essaya de dissimuler son inquiétude derrière un sourire, pendant que Talisa, Lyanna dans les bras, Catelyn, Bran et Rickon arrivait par un escalier, tandis que Daenerys, Missandei et Lord Doran Martell descendait par l'autre, tous présents afin d'accueillir le souverain de Dorne.

Les sourires de la famille Stark s'estompèrent lorsqu'ils virent Sansa à moitié inconsciente dans les bras d'Oberyn et Arya qui tomba de son cheval à cause de la douleur qui irradiait de ses blessures. Avant même que quelqu'un ne réagisse, Gendry, qui avait tout vu, oublia le protocole et se précipita vers Arya.

-Gendry, non, essaya-t-elle mollement de le repousser.

-Je t'emmène chez le Maestre, il faut soigner tes blessures.

Sans plus de manière, il la cala contre son torse en faisant attention à ne pas appuyer sur ses blessures, et partit aussi vite que possible chez Maestre Luewin.

Dans la cour, Sansa toujours dans ses bras, agrippée à sa chemise, Oberyn avait salué l'assemblée avant de raconter l'attaque de bandits dont avait été victimes les deux Princesses, et comment il était intervenu. Daenerys apprécia le courage du jeune Seigneur et le remercia, et la famille Stark se confondit en remerciements. Robb s'avança alors.

-Je vais emmener ma sœur chez le Maestre, décida-t-il.

-Montrez-moi le chemin, je vous suis, répondit Oberyn, Sansa tenant toujours sa chemise.

Robb obtempéra et le Prince de Dorne le suivit à travers le palais. Dans l'office de Maestre Luewin, ils trouvèrent Arya, qui serrait les dents pendant que le Maestre nettoyait sa plaie dans le dos. Elle serrait la main de Gendry à lui rompre les os, mais celui-ci ne le sentait même pas, tant il était inquiet pour «sa» Princesse. Une fois cette première blessure nettoyée et bandée, Luewin se tourna vers les trois nouveaux arrivants, et examina rapidement Sansa.

-Le choc, c'est tout. Ramenez-la à ses appartements, tout ce qu'il lui faut c'est du repos et du calme.

Robb hocha la tête en direction d'Oberyn. Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois, et ramena la jolie Princesse rousse en direction de ses appartements. Robb s'approcha du lit où sa sœur serrait les dents pour ne pas hurler alors que le Maestre s'occupait de la blessure plus profonde sur son mollet. Il posa la main sur l'épaule de Gendry.

-Comment va-t-elle ?

-Je vais suturer son mollet, la blessure est sérieuse mais je devrais pouvoir m'en occuper, le rassura Maestre Luewin. Si j'arrive à stopper l'hémorragie tout de suite, ça devrait aller. Ne t'en fais pas, Robb.

Robb sourit faiblement face aux mots de son Maestre, le seul – excepté sa famille lorsqu'ils étaient entre eux – à le tutoyer et à l'appeler par son prénom. Il est vrai que Maestre Luewin l'avait mis au monde et l'avait vu grandir comme ses frères et sœurs, et avait toujours de l'affection pour les enfants Stark. Robb releva Gendry, posa ses mains sur les épaules du jeune homme et le regarda droit dans les yeux.

-Tu vas rester avec ma sœur. Tu la surveilleras, veilleras sur elle, et t'en occuperas pendant toute sa convalescence. J'aurais aimé le faire mais il reste trop de choses à régler. J'ai confiance en toi, elle a confiance en toi. Emmène-la à ses appartements lorsque Maestre Luewin aura fini, et ne la quitte plus. Tu m'as compris ?

Gendry lui renvoya un regard franche. Il hocha gravement la tête, comprenant l'inquiétude de Robb. Il ne le décevrait pas. Une fois que Maestre Luewin eut fini de soigner la jeune fille, et lui eut posé des bandages, il la prit aussi délicatement que possible dans ses bras et sortit de la pièce. Arya s'était endormi grâce au lait de pavot administré par le vieux Maestre, et ne réagit pas lorsque son ami la déposa sur son lit. Il se tira une chaise près du lit, et se pencha vers elle.

-Tu as encore fait des folies, Princesse, murmura-t-il en chassant une mèche de son front brûlant.

Il prit un baquet d'eau froide, y trempa un linge, et tamponna le visage de la jeune fille avec. Il la recouvrit d'une épaisse couverture, cala un oreiller supplémentaire sous sa tête, et se rassit, la main d'Arya dans la sienne.

-J'ai juré à Robb que je resterais avec toi, alors ne t'inquiète pas, Arya, je vais rester là, avec toi, c'est promis.

Il n'entendit pas Robb entrer dans la pièce.

-Je t'en supplies, ma belle guerrière, ne meurs pas, lâcha Gendry, la gorge serrée. Comment pourrais-je me séparer de toi alors que je viens à peine de te retrouver ? Maestre Luewin a dit que tu allais t'en sortir, mais je te le jure, Arya, si tu meurs, je te suivrais. Je ne te perdrais pas encore une fois.

Robb ressortit de la pièce aussi discrètement que possible, gêné d'avoir entendu ces mots qui ne lui étaient pas destinés, mais aussi ému de constater tout l'amour que le forgeron portait à sa sœur. Il se promit d'être de leur côté s'il le fallait. Pendant qu'il restait devant la chambre, perdu dans ses pensées, Arya battit des paupières, un sourire petit mais ravi sur le visage.

-Et moi je te jure de ne pas mourir, mon beau forgeron, réussit-elle à articuler avec une pointe de sarcasme qui ne réussit pas à masquer l'émotion dans sa voix.

-Arya ! Tu es réveillée ! s'agita Gendry en rougissant.

Elle adorait quand il rougissait. Il était déjà très beau et attirant quand il était normal, mais quand ses joues s'enflammaient, elle le trouvait carrément irrésistible. Le lait de pavot ne faisant plus effet, elle grimaça sous la douleur. Gendry se précipita à genoux au bord du lit.

-Ça ne va pas ?

-J'ai froid, murmura-t-elle en commençant à grelotter, les yeux mi-clos.

Il lui apporta une couverture supplémentaire et s'allongea à ses côtés, la serrant dans ses bras pour la réchauffer.

-Je suis là maintenant. Dors, repose-toi, je ne partirais pas.

Bercée par les paroles de son ami, Arya s'endormit rapidement, sans pour autant cesser de trembler.

Oberyn aussi était resté au chevet de Sansa après l'avoir aidée à se coucher. Fasciné par la jeune femme, il ne pouvait en détacher le regard. Faible mais totalement consciente, elle décida d'engager la conversation.

-Lord Martell, je vous remercie du fond du cœur de nous avoir sauvé, ma sœur et moi-même. Je vous suis redevable.

-Je vous en prie, Princesse, je n'ai fais que mon devoir en vous portant secours. Et s'il-vous-plaît, appelez-moi Oberyn, nul besoin des titres.

-Alors merci... Oberyn, souffla-t-elle.

-Ce fut un plaisir de vous sauver, Lady Sansa, répondit-il en effleurant sa main d'un baiser.

Plus d'une heure durant, ils se parlèrent et apprirent à se connaître. Oberyn se sentait irrémédiablement attiré par la beauté et le caractère doux de la jeune Nordienne, elle était vraiment son parfait contraire. Une domestique arriva alors, et annonça qu'elle venait aider la princesse à se préparer pour le banquet en l'honneur des Martell ce soir. Oberyn demanda la permission d'attendre dans le salon pour l'escorter ensuite jusqu'à la grande salle, ce que Sansa accepta timidement avant de disparaître pour prendre un bain. Elle se dépêcha afin de ne pas faire attendre trop longtemps le Prince. Elle enfila sa robe, glissa son diadème dans sa chevelure flamboyante et marcha jusqu'à lui. Il se retourna lorsqu'il entendit ses pas s'approcher de lui, et resta un instant bouche ouverte. Elle portait une robe grise rehaussée de broderies d'or, le haut moulait ses courbes et les multiples jupons flottaient. Oberyn lui offrit son bras et l'escorta jusqu'à la grande salle où ils firent une entrée particulièrement remarquée. Il la convia à s'asseoir près de lui, ce qu'elle fit après avoir eu l'approbation de son frère du regard. Pendant tout le repas, il fut aux petits soins pour elle, ne cessant de la complimenter. Sansa était flattée, rougissait légèrement, mais avait décidé de ne pas se laisser séduire aussi facilement. Heureusement (ou pas) pour elle, Oberyn n'était pas du genre à abandonner facilement non plus.