Bonjour à tous !

Tout d'abord, merci infiniment pour vos reviews, que celles qui ne sont pas inscrites sur le site sachent que je peux les recevoir par mail et que je les lis ! Merci vraiment, ça me touche, je n'étais pas certaine de cette histoire qui, justement, n'était pas vraiment une histoire d'amour - bien que cela risque d'arriver - ou non ? - haha, suspens...! - en tout cas, merci.

Un chapitre plus long que les autres car j'ai pensé que mes chapitres étaient peut-être un peu court... ?

Bonne lecture !

Jack fut surpris par le cri de rage que poussa Elsa à ses côtés. Il fit un bond en arrière tant dis qu'une minuscule vague de gel venait lui mordre les pieds et déchirer son pantalon de ses pointes acérées.

Elle ne plaisante pas, tout de même, celle-ci...

Il n'eut pas le temps de demander ce qui n'allait pas qu'elle se précipitait déjà sur les traces du paysan. Jack se lança à sa poursuite :

« Hé ! Hé, où tu vas comme ça ?! »

Elle ne lui répondit pas et courait telle une gazelle.

La réelle question était : comment faisait-elle pour se montrer si agile dans une robe si... dans ce genre de robe ?!

« Hé, la Reine du rien, je te cause, je te ferai dire ! Tu pourrais au moins me rendre mon bâton !

– Bien sûr oui, compte sur moi ! »

C'était de l'ironie ?

C'était de l'ironie !

Comment osait-elle faire de l'ironie alors qu'il...

« Tu cours après quoi là ? poursuivit Jack en tâchant de se mettre à la hauteur de son ennemie. Un pauvre paysan ? Si j'avais mon bâton, je pourrais te le ramener en moins de...

– Je n'ai pas besoin de toi ! »

Avant que Jack ait pu répondre quoi que se soit, Elsa fit un bond prestement, sans qu'il ne comprenne pourquoi, jusqu'à ce qu'il trébuche sur une racine et qu'il s'étale, le nez dans la neige.

Elsa ne s'arrêta pas pour rire elle se contenta de faire résonner son ricanement par-dessus son épaule. Ils avaient franchi la lisière du Bois.

Jack maugréa tout en se relevant et, pas peureux pour deux sous, continua :

« Tu vaux rien, avec ta vieille robe stupide ! Tu cours comme un lapin de garenne ! Ce paysan sera je ne sais où bien avant toi ! »

Ah, elle faisait semblant de ne pas l'entendre ? Pourquoi le faisait-elle ? Pourquoi l'énervait-elle autant ?!

« Arrête-toi ! Elsa, attends ! J'ai besoin de... je ne peux pas partir... ! »

Mais elle ne semblait même plus l'écouter. Elle filait plus vite que le vent comme si... comme s'il y avait quelque chose de magique, là-dessous.

Jack réfléchit tout en sautant par-dessus un rocher poli par la glace. S'il quittait l'endroit, Elsa aura réussi à le faire déguerpir alors qu'il tenait absolument à rester. Cependant, c'était cette fichue Elsa qui détenait son bâton et sans son bâton...

« C'est pas vrai ! beugla-t-il en rattrapant la jeune femme. Tu peux me dire pourquoi tu lui cours après ? Bordel, tu vas t'arrêter oui ! »

Mais hurler ne lui servait à rien, Elsa faisait la sourde oreille, très sûre d'elle tant qu'elle détenait son bâton.

« Tu n'as qu'à rester ici sagement à m'attendre ! finit-elle par lui dire. Je reviendrai te chercher ! »

Essoufflé, complètement dépassé par cette situation, Jack finit par s'arrêter, plié en deux, les mains sur les genoux.

Qu'elle file ! Qu'elle s'en aille ! Il allait rester ici, oui, et bien fermement. Il l'attendrait elle serait bien obligée de revenir si elle voulait dégeler la plaine et le Bois !

Reprenant son souffle, il fit demi-tour et, lentement, rejoignit la lisière.

Cette Elsa lui courait sur les nerfs. Il ne lui avait rien demandé, à celle-là. Et la voilà qui surgissait, d'un seul coup et sans prévenir, avec ses pseudos pouvoirs et sa pseudo couronne – qu'elle ne portait même pas – elle lui donnait des ordres, le faisait prisonnier de son propre élément et...piquait sa seule et unique arme avant de déguerpir ?

« Sale bestiole... » grogna-t-il en donnant un coup de pied dans une pomme de pin.

Mais tant dis qu'il se calmait, Jack devait bien se forcer à avouer quelque chose : c'était bel et bien le fait qu'Elsa, en dépit de tout ce qu'il avait traversé depuis qu'il avait aidé les quatre autres légendes il y a plus de cinquante ans, l'ai vu.

Oui, elle l'avait vu. Elle avait traversé cette plaine en courant, les mains en porte-voix, pour lui demander ce qu'il faisait encore ici pieds nus, et s'il n'avait pas peur d'attraper froid.

Si elle était réellement la Elsa dont les gens parlaient dans les auberges, si elle était réellement cette Elsa si froide, si cruelle, il n'était pas vraiment convaincu. La première impression que lui fit la jeune fille avait été comme une cascade de chaleur. Depuis combien de temps un être humain ne lui avait-il pas parlé ? Malgré ses exploits en compagnie de ses anciens camarades, cinquante ans étaient passés, et avec, les souvenirs des enfants. Tous les cinq ans environ, c'était le même combat pour Jack. A partir de dix ans, une fois que les enfants entraient au collège, ils ne croyaient plus en lui. Certes, il y avait toujours ceux de moins de dix ans, les plus petits, mais ces derniers étaient bien plus influencés par leurs grands-frères et grandes sœurs que par le givre sur la fenêtre de leur chambre.

Jack, après cinquante ans, était lassé. Il était venu ici dans l'espoir que, peut-être, il réussirait à trouver la paix, ce qu'il pensait avoir accompli.

Il eut un sourire tant dis qu'il exécutait distraitement quelques pas sur la glace. Ce bonhomme de neige, la semaine dernière... comment s'appelait-il déjà ? Olaf ? Quel drôle de créature. Jack eut alors un rire franc, que seuls les oiseaux entendirent. Quel bonheur que de chanter avec quelqu'un, qu'il soit fait de neige ou de chair ! Jack avait tant ri en compagnie d'Olaf, avait tant joué, qu'il n'avait pas vu passer la journée.

Mais quand était venu le moment de rencontrer l'ami d'Olaf, ce Kristoff, dont seul le nez en forme de patate restait dans les souvenirs de Jack, il s'était rappelé une chose. Seuls les cœurs aussi purs que ceux d'Olaf pouvaient le voir et se souvenir de son existence.

Et puis, qui y a-t-il d'étonnant à ce qu'un bonhomme de neige croit en Jack Frost ?

Il s'était apprêté à repartir pour une autre terre quand Olaf l'avait stoppé il y avait ici, aux alentours, une jeune fille nommée Anna qui, selon lui, serait capable de voir Jack. Une Anna au cœur joyeux, et pur, qui avait bravé toutes sortes de dangers. Elle apparaissait aux yeux de Jack telle une fée qui lui rendrait la vie.

Mais cette Anna n'était toujours pas venue à lui, malgré les efforts déployés pour lui faire comprendre sa présence. Pour qu'elle parle de lui autour d'elle.

C'était la faute de ce soleil persistant... de cet été interminable, ce printemps si... oh, comme il les haïssait, ces gerbes de blés que les paysannes jetaient sur leurs épaules !

« Mais tout ce que j'ai eu, une Reine au caractère de cochon ! cria-t-il en brisant de son talon la glace sous lui. Une Reine, une fichue Reine, qui n'est rien d'autre que la sœur de celle que je cherche ! Elsa...pfff, elle n'est pas crédible pour un sou, celle-là... »

Jack continua de grogner quelques instants avant de se calmer.

Elsa lui trottait dans la tête.

Il fallait bien avouer qu'elle ne le laissait pas indifférent. Jamais personne n'avait encore eu l'ascendant sur lui. Personne ne lui avait tenu tête comme elle l'avait fait.

Ouais, mais tant de témérité, ça va la faire mourir un jour, ça, c'est clair...

Et cette moue boudeuse quand elle était fâchée ?

Elle a mon bâton !

Elle a réussi à me le piquer. Chapeau...

C'est la sœur qui m'intéresse !

Mais Elsa m'a vu aussi... pourquoi ? Comment a-t-elle réussi à me voir ? Et pourquoi Olaf ne m'a-t-il pas prévenu que ce serait le cas ?

Jack cessa de tourner en rond et dirigea son regard vers le Bois aux Roses.

Puis, il sourit.

Elsa avait vu filer le paysan sur le dos de son cheval et avait soupiré. Peu importe si cet homme arrivait avant elle au village. De toute manière, lui demander de mentir sur ce qu'il avait vu ne ferait certainement qu'envenimer la situation dans laquelle elle s'était mise.

Elle pris donc le chemin du château, bâton de Jack Frost en main. Elle eu tout le temps pour l'étudier et se poser de multiples questions.

Frost avait couru après elle pour le récupérer. Comment l'avait-il eu ? Ce bâton n'obéissait qu'à lui ? Pourquoi lui offrait-il la possibilité de contrôler l'hiver tout comme elle le contrôlait ?

Je n'ai pas besoin d'un quelconque gadget pour faire ce dont j'ai envie !

Elle garda le bâton et entra enfin au village, dans lequel elle dut affronter les regards étonnés et surpris de ses sujets.

Elle pénétra la Cour l'homme était déjà là, descendu de son cheval, demandant à voir sa sœur et Kristoff. Elle courut vers lui, gênée par le bâton de Frost, cependant bien décidée à éclaircir la situation avant que celle-ci ne dégénère :

« Monsieur, je vous en prie, laissez moi vous expliquer. C'est un malentendu...

– Je souhaite voir votre sœur, Votre Altesse, dit l'homme avec une voix forte. Je veux la prévenir de ce qui se passe !

– Elle est déjà au cou... »

Les portes s'ouvrirent à cet instant et le couple apparut, en compagnie d'Olaf qui sautillait derrière eux.

« Elsa ! s'exclama joyeusement Anna en courant vers elle. Tu es revenue bien plus tôt que prévue ! »

Elle serra sa sœur dans ses bras avant de se rendre compte qu'un homme se tenait à ses côtés. Elle haussa un sourcil :

« C'est le fameux Jack Frost ?

– Jack qui ? grogna l'homme. Je ne vois pas de qui vous parlez, Votre Altesse, mais je souhaiterai vous informer de quelque chose !

– Et bien, quel est votre nom ?

– Je suis Gustav, Votre Altesse, et je travaille en tant que chef des forges d'Arendelle. La totalité des armes de la garde ont été forgé sous ma responsabilité !

– Oh, quel admirable travail ! fit Anna très sincèrement en allant serrer la main de Gustav.

– Votre Altesse ! J'ai quelque chose à dire !

– Vous m'avez l'air bien paniqué, mon cher Gustav, poursuivit Anna, d'une voix attristée. Vous voulez peut-être vous assoir ?

– Non ! Non ! Je veux dire que j'ai vu la Reine Elsa dans la plaine aux Roses ! »

Anna jeta un coup d'oeil à sa sœur dont le souffle s'était précipité.

« Certes, elle y était bien, pour des affaires qui concernent la Couronne.

– J'espère que vous savez ce que vous faites, Votre altesse !

– Je ne vous autorise pas à lui parler sur ce ton ! s'écria Kristoff en s'interposant.

– Kristoff, enfin, laisse le parler !Tu vois qu'il n'a pas tous ses sens...

– J'ai vu la Reine Elsa... de mes propres yeux ! »

Gustav se tourna alors vers les quelques paysans qui avaient formé un groupe à ses pieds.

« Elle a gelé la plaine ! Elle a gelé le Bois aux Roses ! Le bois là-bas y est moisi ! Les fleurs sont mortes de froid ! »

Des exclamations apeurées et indignées s'échappèrent de la petite foule. Elsa avança les bras :

« Non...ça n'est pas ce que vous croyez !

– Cela s'est déjà produit ! poursuivit Gustav. Elle peut recommencer ! Pourquoi continuerons-nous à lui faire confiance ?

– Elle a apporté bonheur et paix à Arendelle, la défendit Kristoff. Comment oses-tu l'insulter de la sorte ?!

– Etes-vous aveugles ?! Allez voir par vous-même si vous ne me croyez pas !

– La reine Elsa est bonne ! entendit-on parmi les paysans.

– Elle a raison ! Elle a toujours été indulgente et n'a jamais failli à son devoir ! »

Mais Gustav le forgeron ne sembla pas se laisser abattre par ces réponses :

« Et derrière notre dos, pendant que nous trimons dans les champs pour faire en sorte qu'elle mange quelque chose à table le soir, elle va geler les terres ! Nos terres ! Elle part s'amuser à faire du patin à glace !

– Gustav, vous êtes injuste... glissa Anna. Laissez-nous une chance de vous expliquer !

– La seule explication se trouve à la plaine aux Roses ! Envoyez vos fils et vos filles ! Qu'ils fassent l'aller-retour et qu'ils viennent affirmer mes mots ! Je ne mens pas ! »

Elsa s'était tu jusqu'ici, laissant une chance au forgeron de se calmer pour écouter ce que Anna et Kristoff avaient à lui répondre. Mais elle finit par s'avancer :

« Gustav, vous devez m'écouter. Je suis votre Reine et je ne vous ferai aucun mal.

– Vous l'avez fait par le passé !

– Ce qui se passe à la plaine aux Roses n'est pas de ressort ! Je n'y suis pour rien !

– Qu'est-ce qui a bien pu geler l'endroit alors ?!

– Une autre personne ! Ça n'est pas moi !

– S'il existait une autre sorcière dans les environs, ça se saurait !

– Il s'appelle Jack Frost ! Il était avec moi au moment où vous m'avez vu !

– C'est faux ! Il n'y avait personne d'autre, vous étiez seule ! »

Le regard de Gustav semblait lancer des éclairs. Elsa se tut, effarée : à part elle et Olaf, personne ne voyait Jack Frost. Comment pourrait-elle prouver à son peuple qu'elle était innocente ?

Gustav poursuivit, et encouragea les paysans à aller voir par eux-même. De jeunes gens partirent vers le Bois aux Roses, Kristoff et Anna ne disant rien, à la demande même d'Elsa.

« Si nous leur interdisons d'aller voir, cela créera une émeute...

– Mais cela veut dire qu'ils ne te font pas confiance ! grommela Kristoff.

– C'est normal, après...

– Ça n'est pas normal ! Tu as tout donné pour eux ! Tu as même éliminé l'hiver de nos vies ! Ils n'ont pas le droit d'agir de la sorte !

– Kristoff...tenta Anna.

– Elsa, tu sais que je dis la vérité ! Il faut trouver un moyen pour que Jack Frost s'en aille ! Qu'il cesse de semer un tel bordel !

– Kristoff !

– Et ce Gustav... ! Pour qui se prend-il ?! Il n'a pas à te parler sur ce ton ! Ni à toi, Anna ! Vous êtes les Reines !

– Gustav a perdu son fils nouveau-né la nuit où Elsa a glacé Arendelle. »

La remarque d'Anna transperça Elsa de toute part. Elle comprenait bien que Gustav ait pu la haïr, mais se souvenir de...

Elle préféra partir.

Sans demander son reste, elle courut à l'intérieur du château et alla se cacher dans ses appartements, honteuse d'elle-même de ne pas réussir à chasser Jack Frost. D'avoir pu être la tueuse que tous lui reprochait d'être.

Elle s'en voulait tellement.

On toqua à la porte mais elle ne répondit pas, ne voulant voir personne. Elle avait besoin de réfléchir à cette situation infernale.

« Elsa ? »

C'était la voix d'Olaf. Elsa soupira elle ne pouvait être fâchée contre le bonhomme de neige, aussi, lui autorisa-t-elle à entrer.

« Tu es triste, Elsa ?

– C'est à cause de ce qui se passe, dans la plaine...

– Mais ça n'est pas ta faute !

– Je sais, mais je ne sais pas comment le dire aux gens ! Ni comment faire partir Jack Frost !

– Pourquoi tu ne le lui demandes pas ? »

Elsa leva des yeux plein de larmes vers la face joviale du bonhomme de neige qui ne semblait pas comprendre l'ampleur de la situation. Elle se leva et alla regarder par la fenêtre.

« J'ai tout essayé Olaf... la gentillesse, les menaces, la violence ! Rien ne marche !

– Peut-être que Jack ne veut pas partir parce qu'il n'a pas de maison. On pourrait lui proposer de venir vivre au château !

– Mais personne ne peut le voir ! Je... je ne saisis pas ce qui se passe...

– Et Anna ? »

Elsa sécha ses larmes du dos de sa main.

« Quoi, Anna ?

– Anna, c'est sûr qu'elle le voit, Jack !

– Pourquoi dis-tu ça ?

– Parce qu'elle croit en lui ! Et parce que seuls les cœurs très purs le peuvent. Et Anna a le cœur très pur ! »

Elsa resta bouche-bée tant dis que le bonhomme de neige quittait l'endroit.

Les cœur très purs ? Mais... elle était une personne mauvaise, qui, bien qu'involontairement, faisait souffrir les gens autour d'elle.

Et comment se faisait-il qu'Anna croit en une personne dont elle ne connaissait même pas le prénom ?

Elle resta encore un instant seule, laissant ses pensées dérivées à leur guise. En bas, la foule grondait, les gens partaient voir de leurs propres yeux ce qui pouvaient bien se passer, du côté du Bois aux Roses.

Elsa renifla. La porte soudain s'ouvrir et elle se redressa brusquement, affolée : qui pouvait bien entrer dans sa chambre sans frapper ?

« Anna ?

– Alors, ma jolie, tu pensais être débarrassée de moi ? »

Le cœur d'Elsa fit un bond. Là, sur le pas de la porte, appuyé au chambranle, Jack Frost lui jetait un de ses fameux regard blasé, juché sur deux maigres jambes, pareilles à celles des sauterelles.