Edward resserra son étreinte autour de sa fille. Plus pour se rassurer, lui, que la rassurer, elle. Renesmée avait fini par s'endormir, vaincue par l'équipement et la peur. Le regard du télépathe dévia vers Teddy, son autre enfant, maintenant, et le trouva bien. Teddy avait trouvé le réconfort auprès de Jasper.

Il était surprenant de voir combien le garçon était à l'aise autour de l'empathe. Habituellement, Jasper effrayait chaque personne qui l'approchait. Tout le monde se méfiait de lui. Même les vampires ! Cependant, Teddy avait pris, tout de suite, goût à Jasper. Comme Harry en fait. Edward savait pourquoi son compagnon s'isolait, parfois, avec son frère. Ils avaient, tous les deux, la guerre comme point commun. Cela les rendait semblables. Et c'était, certainement, la raison du rapprochement de Jasper et Teddy. Le métamorphomage retrouvait un peu de Harry en Jasper.

Le fait était que Teddy était plongé dans le monde des rêves, en sécurité sur les genoux de Jasper.

Edward s'agita en percevant les pensées de Jasper. Elles étaient plus défaitistes que les autres. Sans surprise, en fait ! Jasper était un guerrier. Depuis aussi longtemps qui s'en souvienne. Enfer, lorsqu'il était humain, il avait été soldat ! Leur situation actuelle était intolérable pour lui ! Ils se sentaient, tous, impuissants. Ce qu'ils n'avaient pas connu depuis de leur humanité. Mais, pour Jasper, cela se révélait plus insupportable que pour toute autre personne dans cette pièce. D'eux tous, c'était l'empathe qui supportait le moins de ne devoir qu'attendre.

Car ils ne pouvaient rien faire d'autre. Ils étaient enfermés ! Cloitrés ici par de puissants sortilèges ! Ils n'avaient rien vu venir. Même Alice était tombée de nu. Depuis, Hermione (qui avait été aussi entrainée) avait estimé que c'était la magie sorcière qui bloquait en grande partie leurs dons.

Quoiqu'il en soit, ces sorciers qui condamnaient tous ceux ayant du sang de créatures les avaient capturés sans mal. Quelques sorts avaient suffis à les mettre à terre et à désarmer Hermione. Après quoi, on les avait ramenés en Angleterre pour les enfermer dans cette grange. Comme des animaux !

Plusieurs jours étaient passés, maintenant. Sans nouvelle, sans changement. Ils n'avaient aucun contact avec l'extérieur. Ils ne voyaient leurs geôliers que lorsque ceux-ci leur remettaient une potion pour vampire. Pour apaiser leur soif. Avec des repas pour les non-vampires, bien sûr. Cela avait été un soulagement d'avoir l'amie-sorcière d'Harry avec eux. Leur crainte d'empoisonnement (ou autres) s'était trouvée apaisée quand elle leur avait certifié l'usage de la potion sur un regard.

Un fracas retentit. Edward ne leva pas les yeux. Il savait, même sans son don, qu'il s'agissait d'Emmett qui évacuait ses frustrations en tapant inutilement contre les murs du bâtiment. Il le faisait régulièrement depuis qu'ils y étaient détenus. Le télépathe préféra se concentrer sur sa fille qui avait sursauté au son. Sans se réveiller, heureusement !

Les murmures de Rosalie cherchant à calmer son compagnon suivit le fracas. Comme les autres fois… Et dans une heure, la scène se répéterait…

Edward leva les yeux. Face à lui se trouvaient les changeurs. Jacob avait les yeux rivés sur les fenêtres au-dessus d'eux. Des lucarnes aux vitres incassables. Ils le savaient pour avoir tenté de les briser aux premières heures de leur captivité. Seth avait choisi de contempler son compagnon. Léa, quant à elle, chantait silencieusement toutes les chansons qu'elle connaissait. En boucle ! Elle en était à sa quinzième boucle.

Dans le coin opposé, sur sa droite : il y avait Jasper, Alice et Teddy. A sa gauche, Rosalie et Emmett s'étaient installés. Hermione (Edward le sentait) était assise derrière lui et passait toujours en revu les sorts qui pouvaient avoir été placés sur la grange.

Tout était pareil qu'au moment de leur arrivée. Ils étaient cloitrés dans cette grange. Isolés et impuissants.

Il n'y avait qu'une chose qui avait changé ! C'était la soudaine agitation qui animait les sorciers depuis une demi-heure. Les Cullen et la meute les entendaient se déplacer avec frénésie. Comme s'ils avaient peur ! Edward ne savait pas comment y réagir. Pas plus que ses compagnons de « cellule ». Ils s'inquiétaient, tous, de ce qui pouvait ennuyer, ainsi, les kidnappeurs. D'un autre côté, cela pouvait signifier les secours pour eux !

Soudain, un cri aigu retentit. L'ensemble des personnes de la grange redressa la tête, perplexe quant à la source du hurlement. Quant à sa nature. Cela ressemblait presque au cri d'un rapace. En plus puissant et en plus agressif ! C'était un cri qu'Edward n'avait jamais entendu. Pas plus que Carlisle au cours de sa longue vie. Ce qui voulait dire beaucoup…

Un apport d'air, du côté d'Hermione, attira l'attention d'Edward. La sorcière affichait une expression où se mêlait crainte et enthousiasme. Une curieuse combinaison ! Lorsqu'elle réalisa qu'elle s'était attiré tous les regards des adultes, Hermione s'employa à s'expliquer.

« C'est une harpie ! Elles vivent dans les déserts et les quittent rarement. Elles sont dangereuses selon les rumeurs et les ouvrages… »

« Dans ce cas, que fait cette harpie ici ? » Souffla Esmée, debout.

« Harry. »

La voix d'Edward n'était qu'un souffle. Sa main venait de voler au niveau de son cœur où une étrange chaleur familière s'accroissait. Celle qui l'envahissait lorsqu'Harry était à proximité. Une chaleur qui était due à la magie d'Harry et à leur lien.

Hermione lui glissa un regard et lui offrit un sourire.

« Je crois que Harry est, en effet, la raison de la présence de la harpie. Il est venu nous délivrer… avec beaucoup de renforts si j'en juge l'agitation de la troupe. »

Il y eut un autre cri ! Et, cette fois, tout le monde réagit. En particulier, la meute. En un clin d'œil, Jacob prit sa forme de loup, les babines retroussées. Les deux autres limitèrent dans la seconde. Les enfants furent réveillés et confiés à Alice et Esmée, les moins compétentes dans un combat. Quel que soit le plan de leurs sauveteurs, ils devaient, eux-mêmes, se tenir prêts à combattre.

Un dernier cri d'harpie retentit bientôt et la situation, selon les sons qui leur parvenaient, s'accéléra.

Il n'y a rien d'agréable dans l'attente, sans pouvoir rien faire, lorsqu'une bataille se déroule à quelques mètres de vous. Edward était loin d'aimer l'affaire ! De plus, les bruits typiques de bataille, sans la possibilité d'en voir un morceau, rendaient la situation plus angoissante encore.

Un quart d'heure et la bataille fut à leur porte ! Les créatures tombèrent sur leurs geôliers avec une soudaineté qui leur donna l'avantage.

Après quelques minutes, il n'y eut plus un son à proximité de la grange. Du moins jusqu'à ce qu'une voix féminine retentisse près de la porte.

« La meute de Jacob Black et le clan Cullen sont-ils bien ici ? »

Edward grimaça un peu au ton mondain et arriéré de la personne. Cette femme, quoi qu'elle soit, ne devait pas être familière du monde moderne. Carlisle réagit aussitôt en confirmant leur présence et en précisant la présence d'Hermione.

« Bien… Nous aurons une baguette de rechange à votre disposition, Miss Granger. Nous nous employons à vous faire sortir pour le moment. »

Il fallut cinq minutes de plus à leurs sauveteurs pour venir à bout des scellés autour du bâtiment et leur ouvrir. Seth et Jacob sortirent les premiers, suivis d'Emmett et Jasper. Les meilleurs et les plus forts combattants. Pour sécuriser les environs. Ce n'est que lorsque Jacob donna son approbation qu'Edward se déplaça en avant. Et, comme sur un signal, les autres bougèrent à sa suite.

Sitôt hors de la pièce, les sons de la bataille se firent plus forts, plus intenses… Et donc, plus impressionnant ! Inquiet, Edward s'hasarda à regarder ses enfants. Ils avaient les yeux larges, exorbités et larmoyants. C'était compréhensible… Edward souhaitait qu'il n'ait pas à vivre cela. Il aurait voulu leur éviter de vivre une chose pareille.

Edward respira à fond pour retrouver son calme puis pivota vers les créatures qui étaient venues à leur secours. Pour avoir rencontré Harry, il identifia quelques unes d'entre elles. Des vampires-magiques et des sorciers. Il méconnaissait tout des autres… Mais ce n'était pas important ! Ces êtres venaient les aider. Cela seul comptait !

Il tressaillit, cependant, quand une créature ailée et presque squelettique atterrit au centre de leur groupe. Les membres du groupe de sauvetage, disposés en cercle autour d'elle, lui jetèrent un regard nerveux qui prouvait que sa venue n'était pas une bonne chose. Et de loin ! Hermione les informa, rapidement, qu'il s'agissait, là, d'une harpie.

« Leur retraite est comprise. Vous devez rapidement quitter les lieux. »

Une vampire, celle qui leur avait parlé plus tôt, opina sans parole et s'apprêta à agir comme demander. C'était sans compter sur Edward, cependant ! Le télépathe agrippa, fermement, la vampire et siffla :

« Attendez ! Où se trouve mon compagnon ? Dites-moi qu'il ne fait pas partis de ce groupe piégé. »

La vampire détacha son regard de la main d'Edward qui tenait son poignet dans une étreinte de fer. Elle n'aimait pas le geste, bien évidement, et n'en était pas impressionné. Mais, sur un regard, elle autorisa la harpie à renseigner la famille.

« Harry Potter se trouve bien dans l'un des groupes d'assaillants. »

« Alors, je ne pars pas ! Je vais aller lui porter secours. »

« Non. C'est contre les ordres ! »

Edward, comme le reste de la famille (meute comprise) fusilla la vampire du regard. Il se redressa, le regard plus froid que jamais. Il montra une hostilité, une agressivité qu'il n'avait encore jamais montré.

« Vous n'êtes rien pour moi ! Je ne suivrais pas vos directives et vous ne m'obligerez à rien ! Mais voilà ce que vous allez faire. Vous allez conduire une partie de la famille en sécurité et vous allez laisser les autres se joindre à ces renforts que vous dissimulez. Je vais après mon compagnon ! Compris ? »

La vampire hocha la tête, avec lenteur, et inclina la tête pour l'inciter à choisir ceux qui s'éloigneraient du combat et ceux qui resteraient.

Edward se tourna et affronta les regards déterminés de la famille. Cela n'allait pas être une mince affaire d'en faire rester certains en arrière.