7.

Légèrement inquiété désormais par le nouvel éclat dans la prunelle de son hôte, Joalm aurait presque supplié qu'on mette fin à son arrêt maladie pour ne pas demeurer seul avec lui !

Aussi, réfréna-t-il un tressaillement quand ce dernier le rejoignit dans le salon.

- Votre frère sait-il vraiment ce qu'il fait ou bien n'est-il qu'une tête brûlée et écervelée ? ! jeta de fait le grand brun balafré.

- Les deux, avoua Joalm. Et je n'ai jamais su faire la part des choses, en ces jours moins que jamais !

- Je me disais bien… gronda Albator.

Il esquissa cependant un fin sourire.

- Et pourtant, je suis là, et il est l'unique instrument de ce fait ! reprit-il. Votre cadet rêve, Joalm, mais il tente tout pour qu'ils se réalisent. Si je peux repartir et sauver mon équipage, ce sera grâce à lui !

- Et ensuite ? interrogea Joalm. Quels seront vos projets ? Notre Leadeuse n'en reprendra que de plus belle votre traque. Rien n'aura vraiment changé !

- Il faudra donc que je fasse en sorte de changer la donne ! décréta Albator. Contrairement à ce qu'a dit Célémandryne l'autre jour, il n'y a aucune chance d'approcher Jubald pour savoir le pourquoi de ce qu'il m'a fait ! En revanche, il y a peut-être un moyen de modifier ma situation.

- Comment cela ? fit Joalm, sincèrement intéressé.

- Mimay et Jubald sont les derniers de leurs peuples respectifs. Ils maîtrisent chacun une Matière. Séparément, elles peuvent déjà accomplir des miracles, de destruction soit, mais je n'ose imaginer si on parvenait à les unir, si tant est que cela soit possible… Oui, la fusion de ces deux Matières formeraient une puissance contre laquelle les croiseurs de Gaïa ne pourrait rien. Lauréane serait obligée de négocier. Et ces Matières rendraient mes 101 Oscillateurs bien peu intéressants, voire obsolètes !

- Mais que faites-vous de l'Ultime Détonateur dans cette histoire ?

- Hum, moins vous en saurez, mieux ce sera, au cas où ça tournerait mal ! rétorqua le grand brun balafré. Cette partie ne concerne que moi !

- Mais vu que le 101ème vous a bel et bien coûté la vie… insista encore Joalm.

- Ca me regarde. C'est ma vie et ce sont mes morts ! siffla Albator sur un ton qui cette fois ne souffrait plus aucune réplique. On m'a ramené, encore, j'ai à user de cette nouvelle vie pour tout faire pour la changer enfin radicalement !

- J'espère que vous réussirez !

- Et moi donc !

Albator soupira néanmoins.

- Mais si rien ne peut être changé, je partirai loin de Gaïa, là où l'on n'aura jamais entendu parler d'un cuirassé maudit et à sa légende éternelle !

- Vous avez remarqué que cette Célémandryne Deng est jolie comme un cœur, intelligente et très courageuse ? glissa soudain Joalm.

- Je ne vois vraiment pas ce que vous voulez dire ! grogna Albator en retournant illico dans sa chambre !


Profitant de ce que Jalmyn lui détaillait un rapport d'analyses, Célémandryne fit dévier le sujet qui les occupait !

- Quittez cet air dépité, Jal ! Vous vous doutiez bien que même si les affaires d'Albator ne sont plus que des reliques oubliées, vous n'alliez pas y accéder juste en faisant un sourire aux gardes ! ?

- Tout est rangé dans une vitrine du sous-sol du palais de Lauréane. Ce sont les vestiges de guerres sans intérêt, des trophées dont il est vain de s'enorgueillir vu que ceux à qui ils appartenaient ont disparu de la mémoire collective ! J'ai besoin de vous, Mme Deng !

- Je vais vous bidouiller un détecteur de codes. Je peux même provoquer une alerte biologique qui exigera que vous alliez y voir clair ! Ensuite, débrouillez-vous pour faire sortir les affaires d'Albator !

- Le vieux truc du vide-ordures ? suggéra Jalmyn.

- Par exemple !

- Ça marche. Planifions donc cela, ensuite j'agirai !

- Vous êtes un jeune scientifique courageux, Jalmyn, sourit Célémandryne.

- Et vous, Mme Deng, réalisez-vous à quel point vous êtes prête à tout faire, à tout risquer pour sauver ce ténébreux Pirate ? glissa soudain Jalmyn.

- Je ne vois vraiment pas ce que vous voulez dire ! grogna la jeune femme en retournant illico à ses expériences !