8.
Un ricanement fut l'inattendu commentaire à l'exposé de Jalmyn.
- Mais bien sûr : une sirène d'alarme, vous allez aux infos comme si de rien n'était et vous fracassez une vitrine pour jeter toutes mes affaires aux ordures pour changer ! Ca, pour sûr que vous allez en provoquer des alertes !
- Détrompez-vous, rétorqua paisiblement Jalmyn. Notre Leadeuse vous a effacé de la liste de ses préoccupations, des dangers. Vos affaires ne sont pas destinées à être un jour exposées dans un musée à sa gloire des ennemis défaits, juste à être même sans nul doute sous peu incinérées ! Cette vitrine du sous-sol n'est qu'une vitrine que rien ne surveille. Et Célémandryne Deng me fournira la raison de m'y rendre sans qu'on ne me colle des gardes par ailleurs ! Vous êtes bel et bien mort et enterré, Albator !
- Je constate, grinça le grand brun balafré. J'étais pourtant parvenu jusqu'aux Archives de la Grande Bibliothèque un jour…
Les deux frères sursautèrent !
- C'est vrai ? Mais c'est un exploit incroyable !
- Non, une nécessité, rectifia Albator.
Joalm eut une étrange mimique qu'il expliqua dans la foulée.
- Je comprends maintenant pourquoi Jalmyn est tellement en admiration devant vous. Finalement, je regrette de n'être pas utile un instant !
- Vous m'hébergez, vous pourvoyez à tous mes besoins, vous gardez le secret. C'est plus qu'important, assura encore Albator. C'est moi qui ne pourrai jamais rien vous rendre de cette aide ! Jalmyn, quand partez-vous pour votre opération ?
- Demain, à la pause déjeuner, ça me permettra une plus longue absence encore !
- Je vous souhaite de réussir et de rentrer sauf.
- Merci.
L'alerte biologique s'étant déclenchée, le responsable des laboratoires avait fait irruption dans celui de Célémandryne.
- Peut-être un faux contact, peut-être n'est-ce pas grave. Mais quelqu'un doit aller s'assurer qu'il n'y a aucun risque.
- Je désigne Jalmyn, il saura quoi faire si nécessaire. Une reconnaissance, Jalmyn, pria-t-elle. Evaluez la situation, c'est tout. Attendez les équipes 'il faut une intervention.
- Bien, Mme Deng.
Et le jeune scientifique s'éclipsa, sa combinaison de protection sous le bras qu'il enfilerait une fois aux portes des sous-sols du palais.
Comme cela avait été imaginé, comme la réalité était soudain plus incroyable encore, une fois sa combinaison de protection anti-dangers bactériologiques, Jalmyn s'était vu ouvrir toutes les portes, tous les étages du palais même de Gaïa.
- La fuite étrange est là ! jeta un très jeune garde. Faites ce qu'il faut ! Moi, je ne vois pas pourquoi je mourrais pour surveiller un lieu qui n'est qu'une oubliette !
- Je fais mon boulot, gronda Jalmyn. Je n'ai besoin de personne pour cela. Fuyez, garde.
Et après s'être assuré qu'aucune caméra ne pouvait le trahir, le jeune scientifique se dirigea droit vers la vitrine où étaient néanmoins exposées la tenue noire et sang du plus terrible Pirate recensé par Gaïa, ainsi que ses deux armes de poings fétiches.
Sans la moindre trace de boîtier d'alarme, Jalmyn se saisit l'extincteur le plus proche et brisa la vitrine.
Le calme revenu, leurs heures de prestations journalières assurées, Célémandryne et Jalmyn s'étaient retrouvés sur leur parking.
- Ils vont dégorger les vide-ordures dans quelques instants, souffla le jeune homme.
Et dans un grondement malséant et surtout un déversement d'odeurs plus nauséabondes les unes que les autres, un sas des sous-sols vomit ses détritus de la journée.
- Il est là ? souffla Célémandryne.
- Oui, je l'ai évacué au plus vite !
- En ce cas, je vais le trouver !
Jalmyn étendit le bras.
- Laissez, Célémandryne, j'ai l'habitude de fouiller les ordures ! Ne vous salissez pas, belle demoiselle !
De fait, après quelques explorations, Jalmyn récupéra le sac étanche si précieux contenant le trésor pour lequel ils avaient tous les deux couru tant de risques !
La jeune femme sourit.
- L'Arcadia sera bientôt là. Il faut un moyen de transport à Albator. Avez-vous également cela dans votre boîte à malice ?
