9.
La jeune femme sourit.
- L'Arcadia sera bientôt là. Il faut un moyen de transport à Albator. Avez-vous également cela dans votre boîte à malice ?
- Ca se pourrait ! se réjouit Jalmyn !
Albator secoua la tête de façon négative.
- Non, jamais un seul homme ne pourrait… Quel est votre secret, Jalmyn ? Ou plutôt quels sont vos accointances ? !
Le jeune scientifique sourit.
- Mais vous n'avez jamais été seul, capitaine Albator ! Nous sommes plus d'un, et même une sorte de réseau balbutiant aux espoirs épars l'empêchant de se solidifier, à ne pas accepter la suprématie de l'Impératrice de Gaïa ! Bien qu'effectivement, jusqu'ici j'ai agi en solo, pour votre sécurité, n'exposant que ceux de ma maison. Mais la rumeur se propage malgré tout, insensée, inespérée, que nous pouvons encore rêver à un futur plus équitable pour tous ! Nous sommes plus nombreux qu'on peut le penser, mais sans aucuns moyens quasi.
Jalmyn eut un profond soupir.
- « rêver », le terme le plus approprié depuis tant et tant de temps ! Je ne sais encore si je dois y croire ou si je n'agis que pour que mes idéaux demeurent ! Si un jour j'avais un enfant, que mon compagnon et moi puissions adopter, voilà quel serait le véritable avenir !
Le jeune scientifique esquissa un doux sourire, les pensées absentes, dans ses pensées.
- Un enfant, il n'y a qu'un petit être ainsi pour perpétuer l'avenir, en être la plus fabuleuse promesse, être celui qui sera mieux que nous !
- Comment je rejoins mon Arcadia ? Et comment pourrait-il approcher sans que toute la ligne de défense de Gaïa ne le dégomme d'entrée ? aboya Albator.
- L'Arcadia apparaîtra, vous le rejoindrez ! assura Jalmyn. C'est la dernière chose que je puisse faire, Albator : vous permettre de vous envoler !
- Si seulement c'était possible… Gaïa ne surveillait peut-être pas les vitrines de ses ennemis anéantis, mais un appareil quittant le sol de Mars…
Jalmyn se contenta de sourire.
Si Joalm avait été impressionné par son hôte en tenue civile, il frémit vraiment de tout son être quand ce dernier apparût dans sa tenue noire de Pirate, la grande et lourde cape doublée de rouge le drapant, le ceinturon à ses hanches soutenant de mythiques armes au pouvoir mortel dévastateur !
- Capitaine… murmura-t-il machinalement, respectueux au possible.
De nuit, avec son véhicule, Jalmyn avait conduit près de deux heures, avant de s'arrêter devant des montagnes de métaux enchevêtrés.
- C'est la Casse de Gaïa. Si une navette disparaît, personne ne le remarquera, il faut juste de quoi l'alimenter en énergie… Et nous n'en disposons pas ! Ça, je ne peux le faire, capitaine Albator ! Mais choisissez d'abord votre transport !
Le grand brun balafré passa les épaves en revue, optant finalement pour une navette qui bien qu'abîmée par les vols, pouvait encore fonctionner, ne lui manquant effectivement que la puissance pour s'arracher au sol de Mars.
- Celle-là !
- Bien, si la grue est en état, je vais la déplacer sur ce semblant de piste qui n'est que la route d'accès au cimetière d'épaves. Mais, pour la faire décoller, je ne peux toujours rien, Albator…
Enlevant le gant de sa main gauche, Albator en posa la paume sur la paroi bosselée, de la Matière Dorée se transmettant à la carcasse !
- C'est un miracle ! Comment ?
- C'est une malédiction ! Sinon, juste une intuition… Quoi que m'ait fait Jubald, ce n'est qu'une autre forme de tortures éternelles !
- Vous êtes plus un catalyseur que jamais ! se réjouit Célémandryne. La Matière Dorée est en vous et vous la contrôlez aussi bien que le Diefling de la Leadeuse ! Vous pouvez tout réactiver, à commencer par l'Arcadia !
- En effet, ça me donne des idées… reconnut Albator. Mais j'ai des remords et surtout des inquiétudes à vous laisser ici ! Si le petit réseau de Jalmyn commence à soupçonner seulement une ébauche de ce qui s'est passé ces derniers mois, si cela arrivait aux grandes oreilles des espions de Gaïa…
- Sauvez votre équipage, Albator, c'est lui qui compte le plus ! intima Célémandryne. Comme vous avez dit : il ne vous aurait jamais laissé tomber, et vous allez le tirer d'affaire !
Albator esquissa un sourire.
- Mon équipage n'est plus ce qui est le plus important à mon œil…
Et passant son bras autour de la taille de la jeune femme, il l'embrassa de toute la fougue de son être, de tout son amour.
