11.
Vif comme l'éclair et meurtrier sans l'once d'une hésitation, Albator avait effectué une percée sanglante dans les rangs des gardes, les mettant au sol les uns après les autres, passant entre leurs tirs avec une habileté et une souplesse presque diaboliques.
Et, à des yeux inexpérimentés, cela aurait pu paraître être sans aucune difficulté, alors qu'il s'agissait juste de l'expérience et des talents d'un guerrier au sommet de son art, qu'il était parvenu jusqu'à celle des colonnes où se trouvaient ses deux seconds, la blonde Kei et le massif Yattaran dont il fit sauter les chaînes.
- Délivrez les autres Pirates, Toshiro amène l'Arcadia, on rentre chez nous !
Sans se le faire répéter, ceux de son équipage se rassemblèrent.
- Et les autres ? interrogea néanmoins Kei.
- Gaïa va vite reprendre le contrôle, nous ne pouvons nous attarder !
Mimay s'approcha de son ami.
- Il était temps que tu reviennes enfin !
- J'ai été un peu retardé.
- On a cru ne jamais vous revoir, capitaine, fit Yattaran en ramenant Tori-San du bureau d'administration où le volatile avait été mis en cage.
- Une chose à la fois, pria Albator. Tous à bord, ensuite nous aviserons de l'avenir !
- C'est-à-dire ? murmura Kei qui devinait la réponse qui lui faisait déjà peur !
- On repart vers Mars ! Il est temps de décoiffer un peu Lauréane !
- Mais comment ? C'est impossible ! protesta Yattaran.
- Ton œil… ? s'inquiéta Kei. Il est…
- Tout va pour le mieux ! assura Albator alors que l'Arcadia flottait à présent un peu au-dessus du sol et avait fait descendre une passerelle pour qu'ils puissent embarquer.
Mirovan laissée derrière eux, les Pirates s'étaient retirés dans leurs quartiers respectifs pour une toilette bien nécessaire et reprendre un véritable aspect humain, à défaut d'être réellement en état d'assurer leur poste après les semaines de travail éreintant et de privations multiples !
Dès lors, Albator et Mimay s'étaient retrouvés sur la passerelle du cuirassé.
- Cette fois, j'ai bien cru que c'était celle où je ne te reverrais jamais plus ! avoua la Nibelungen.
- C'est une longue et étrange histoire…
- Nous avons plus d'amis que nous pouvions le penser, murmura Mimay.
- Toujours devineresse, voire sorcière, remarqua le grand Pirate balafré. Que sais-tu de ce qui m'est arrivé durant ces mois dans la cité de Gaïa sur Mars ?
La Nibelungen dodelina de la tête, continuant de flûter allègrement les bouteilles d'alcool pour se remettre du jeûne imposé !
- C'étaient des visions. Je ne savais distinguer si c'était la réalité ou mon espoir. Maintenant, je sais !
Elle posa ses yeux globuleux sur le visage fermé de son ami.
- Nous allons vraiment vers Mars ?
- Bien sûr ! Nous traverserons la flottille que mène Graemon, ensuite nous mettrons les choses au point avec la Leadeuse de Gaïa !
- Je ne vois pas… Même moi !
Le regard de Mimay s'écarquilla soudain.
- Si, je le vois au fond de ton œil ! réalisa-t-elle. Il y a une chance… Et si tes amis t'ont aidé, tu as fini de sauver ton âme !
- Comment cela ?
Plus mystérieuse que jamais, la Nibelungen se contenta d'un sourire.
- L'Arcadia a récupéré son équipage, informa Umir, le second de l'amiral de la Flotte de Gaïa.
- Oui, je l'ai vu tout aussi bien que toi ! aboya ce dernier. Et cette enflure se dirige droit sur nous ! Albator a bel et bien l'intention de se battre !
- Nous sommes prêts, remarqua Umir.
Graemon reporta son regard sur la baie vitrée de la passerelle de son croiseur, ce dernier, le Thiops.
« Ce foutu Pirate doute moins que jamais. Il a même une nouvelle foi absolue en quelque chose qui m'échappe complètement ! Je n'aime pas ça du tout ! ».
Machinalement, il parcourut les différents rapports concernant l'état de son croiseur, sachant pouvoir au moins compter une machine en parfait état !
