16.
Jubald le dernier Diefling sursauta.
- Capitaine Albator, comment pouvez-vous être là ? !
- Comme lorsque Mimay et moi avons investi la Grande Bibliothèque de Gaïa. Bien que là il semble que la Matière Dorée me permette de tout manipuler à volonté, dont la téléportation !
- Que voulez-vous de moi ?
- Je ne veux que comprendre !
- Je me doutais bien que nous aurions cette conversation, pour autant que vous ayez survécu au supplice de Lauréane, et que vous auriez compris pour ma Matière Dorée !
- Ce n'est pas un cadeau !
Du poing Albator martela le mur le plus proche de l'appartement où il s'était matérialisé.
- Cette Matière Dorée m'a dopé de façon insensée. Mais plus encore que la Noire, elle me tue à chaque fois que je l'utilise… Je ne tiendrai plus longtemps. L'Impératrice de Gaïa pourra jubiler : je m'éteindrai, consumé. Ce n'est qu'une question de temps. Jubald, Diefling, quelles étaient vos véritables intentions en me surchargeant ainsi de puissance ? Car je ne jamais pensé que c'était pour détruire Gaïa qui ne vous importe pas un instant, juste pour votre capture, votre asservissement, votre emprisonnement… Je me trompe ?
- Voici mes rêves, fit le Diefling en ouvrant un coffre scellé au mur.
Albator fronça le sourcil.
- Mais que sont ces cristaux ?
- Un doré, un noir. Cela me semble évident, capitaine !
- Vous auriez réussi à concentrer la puissance insensée de ces Matières dans des cristaux ?
- Oui. Il faudra les libérer un jour pour que le monde de la dernière Nibelungen revienne à la vie.
- Et vous, Jubald ?
- Je n'ai plus de monde…
- Oh si, il vous reste celui en ruines, comme pour Mimay ! Vivez, et activez votre cristal pour le retrouver !
- Ce n'est pas possible, pas ici…
- Je vous emmène !
- Capitaine…
- Et je n'ai qu'une parole ! En revanche là je dois sauver mes amis, je viendrai vous chercher ensuite, faites votre bagage !
- Merci, capitaine.
Usant encore des dernières énergies de sa téléportation, Albator fit face à Lauréane !
- Que tout s'arrête, pour toujours, ici et maintenant !
- Ne rêve pas, Pirate. Je suis devenue Impératrice, j'ai tout écrasé sur mon passage, j'ai tué tous ceux qui me faisaient obstacle, j'ai triché aux élections autant de fois que de possible ! Ta parole ne rime à rien. Je t'ai assassiné une fois, avec tous les accords. Une seconde fois ne fera pas exception ! Tu es condamné depuis bien avant même que ce traître d'Ezra ne tente de t'arrêter ! Je suis là, et c'est tout ! Et je me fous de la Matière Dorée en toi, elle va te tuer !
- Oui, je sais…
Assurant la tiare sur sa chevelure de roux pâle, Lauréane s'approche de son étrange visiteur.
- Je détiens de mon autorité tous tes amis. Ceux qui t'ont permis de ressuscité et de te réenvoler ! Un claquement de doigts de moi, et ils crèvent tous !
- Oui, ton pouvoir d'Impératrice… Mais ce n'est qu'une illusion.
- Ta gueule ! Tu déteins l'Ultime Détonateur, donne-le-moi et j'épargne tout le monde, à commencer par la folle qui porte ton enfant !
- Cel…
- Oui, j'en ai fait « sauter » bien trop que pour ne pas reconnaître les symptômes dès le tout début !
Lauréane soupira néanmoins.
- Je n'ai jamais voulu d'une encombrante progéniture geignante et en perpétuelles demandes. Je le regrette, j'aurais peut-être compris tant de choses en donnant la vie ! Mais cela n'est pas. Je suis une Impératrice, une Leadeuse toute puissante ! Et cela est ma vie et ma réussite !
- Une vie de pouvoir, je peux comprendre. Mais c'est triste…
- Je m'en fous, je vais détruire une partie de la cité de Mars, et avec elle cette saloperie qui porte ta progéniture !
- Jamais je ne te laisserai faire, rugit Albator.
Revenant sur sa passerelle, le grand Pirate balafré trembla un long moment.
- Capitaine ? Albator ? firent Kei et Yattaran.
- Célémandryne attend mon bébé. On va aller la sauver !
- A tes ordres, fit docilement Kei.
