17.

L'Arcadia juste au-dessus de la cité capitale de Gaïa, Lauréane frémit de tout son être.

- Il ne fait plus rien que veut-il donc ? !


Depuis sa passerelle, Albator tressaillit.

- J'y vais. C'est mon dernier atout, je joue tout sur cette intuition !

- Et réussis, gagne tout et ton avenir ! intima Kei !

- Merci.

Et Albator se volatilisa de l'Arcadia.


Impératrice de Gaïa, mais seule, Lauréane frémit par réflexe quand son pire ennemi se matérialisa dans ses appartements.

- Tu as franchi mes barrières de garde, non par magie mais en faisant un carnage, j'ai tout vu par mes caméras. Mais cela ne te sauvera pas. Mais si tu veux m'exécuter, vas-y !

- Je ne te ferai pas ce plaisir de martyre, sanguinaire ! rugit le grand Pirate balafré. En revanche, tu as fait de moi cet identique symbole, ma mort a ravivé les poches de Résistances dans tout Gaïa ! Je suis vivant et je suis dès lors le plus puissant des exemples !

- J'ai commis une erreur. En te tuant, j'ai fait de toi mon pire adversaire…

- Bien vu, pétasse rousse au cœur vide !

- Et maintenant, hormis un échange de mots doux, on fait quoi ?

Albator croisa les bras, sa prunelle d'or plus étincelante que jamais.

- Rends-moi la femme de ma vie !

Lauréane baissa la tête, tendit simplement la main pour agiter un cordon.

- Que l'on fasse venir Célémandryne !

- Ma toute belle ! se réjouit le grand Pirate balafré en passant le bras autour de la taille de la jeune femme, gardant toujours en joue l'Impératrice de Gaïa.

- Tu es revenu… Pour moi ?

- Mais bien sûr ! Je t'aime tant ! J'ignorais que j'avais encore ce sentiment dans le cœur…

- Et, où va-t-on ? interrogea Célémandryne dont la main tremblante étreignait le poignet qui la soutenait.

- Je ne sais pas. Nous partons, c'est tout !

- Mais, ici… ?

- Je pense que la Résistance va saper les fondations de cet Epire fantoche, siffla le grand Pirate balafré. Tout est en route !

Albator darda sa prunelle dorée sur Lauréane.

- Je n'ai jamais été vraiment nécessaire. J'ai juste été un élément déclencheur… Mais j'ai la certitude qu'un nouveau mouvement est en route, et inéluctable ! Tu es perdue, Lauréane ! Je n'ai pas à assister au final, je pars, je me retire.

- Saleté de Pirate ! siffla l'Impératrice.

- Clio ? interrogea Albator via son oreillette.

- Jubald et moi sommes en sécurité sur l'Arcadia. Tu peux revenir !

- Bien.

- Et Jalmyn, tous les autres ? murmura Célémandryne.

- J'ai laissé des Marins pour s'assurer qu'il ne leur arrive rien dans les prochains temps. Rentrons ! D'accord ?

- Oh oui, mon amour !

Célémandryne se jeta au cou de l'homme de sa vie, l'étreignant de toutes ses forces.

Lauréane plongea alors la main dans le secrétaire rose à sa portée, en sortant un minuscule pistolet et tirant dans le dos de Célémandryne qui s'écroula – ruisselante de sang et inanimée -entre les bras de son Pirate.


A pas précipités, Albator était rentré dans son Infirmerie.

- Doc ? rugit-il sans autre formes de préambule ?

- Célémandryne est toujours au bloc opératoire, avec les Mécanoïdes que nous avons réactivés lors de notre voyage de retour. Je ne peux rien vous dire…

- Elle va vivre… ?

- Je ne sais pas.

- Son bébé, il va… ?

- Je ne sais pas.

- Il faut la sauver ! Y arriveras-tu, Doc ?

- Je ne sais pas.

Rejetant la tête en arrière, tel un loup, Albator hurla à la mort, interminablement.