Chapitre 7 : Chute
- Rei, je fais quoi ? paniqua immédiatement Milly.
J'avalai ma salive, s'il y avait une chose avec laquelle je ne savais jamais quoi faire, c'était Karen. Je répondis tout de même :
- Mieux vaut fuir, je... vais tenter de la retenir.
La hache de ma... Karen fonça immédiatement vers le visage de la blonde, ce qui faisait que la lame se dirigeait également vers mon cou. La rousse ne me voyait vraiment plus du tout. Mais elle restait humaine, son coup était très lent, son arme également. Je la saisis par sa lame sans bouger de ma place et la brisai de mes griffes sans grande difficulté. Karen leva alors les yeux vers moi et sembla se réveiller :
- Rei ?
- O...oui... acquiesçai-je, pas vraiment sûr de savoir quoi dire.
- Tu la protèges...
- Oui, répétai-je. Milly est...
- Milly ?! D'où tu connais son nom ?!
- Tu es censée le connaître aussi ! répliquai-je.
Elle s'arrêta et réfléchit. Puis conclut :
- Donc elle est proche de toi... Et c'est une fille.
- Euh... proche, c'est relatif.
- Oui, on se parlait pas beaucoup avant ce mois ensemble, argumenta Milly.
- Ce mois... grogna Karen avant de sortir une machette d'on ne savait où pour me la coller sous la gorge. Qu'est-ce que tu as fait ce mois-ci ?! Je ne suis pas venue parce que j'avais peur de t'embêter pendant ton entraînement, que tout irait bien parce que tu étais avec Gray et là, je me rends compte que tu me trompais tout ce temps avec une blondasse ?!
Rapide, vraiment rapide ! Je secouai la tête et répondis aussitôt :
- Personne n'a parlé de te tromper ! Je... Je ne suis pas ce genre de type je crois... Milly est juste une amie, elle aidait à l'entraînement.
- En servant de souffre-douleur en général, se plaignit-elle.
- Pour de vrai ? me demanda la rousse avec des yeux étincelants, débordant d'amour.
Je soupirai de soulagement même si la lame était toujours sur mon cou.
- Oui, pour de vrai, acquiesçai-je.
- D'ailleurs, il a même parlé de toi, rajouta Milly.
- Parce que tu lui faisais des avances ? se braqua immédiatement Karen.
- Mais non idiote, parce qu'il t'aime ! répliqua la blonde.
Mon visage se réchauffa brutalement et je détournai mon regard de Karen alors qu'elle se jetait contre moi pour m'enlacer en couinant fortement mon nom. J'étais vraiment nerveux, elle n'avait toujours pas ranger sa lame que je sentais dans mon dos.
- Tu peux ranger ça maintenant Karen, lui soufflai-je doucement.
Elle cessa le câlin et me regarda avant de poser un bref baiser sur mes lèvres et sourire. Je rougis et reculai d'un grand pas alors qu'elle déclarait :
- Pas question, elle mourra aujourd'hui. Elle est entre nous deux.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Elle est clairement derrière moi là ! Arrête ces bêtises !
Il y eut un grand silence prouvant que j'avais encore dit une stupidité, aucune idée de laquelle.
- Je t'assure qu'il n'y a rien entre Rei et moi, lança finalement Milly, brisant le silence. Tu te fais des idées.
- Je ne peux prendre aucun risque, je sais que tu veux me prendre mon Rei ! Personne ne me le prendra !
- Elle... elle était totalement folle. Elle voulait vraiment tuer Milly.
- Je ne te laisserai pas faire, Milly est mon amie. Aucun mal ne lui sera fait.
- Je ne laisserai personne tenter de détruire notre bonheur Rei, pas même toi.
- Désolé, soufflai-je.
Je fonçai vers elle, la désarmai et la frappai fortement dans le ventre, suffisamment pour qu'elle s'évanouisse mais pas assez pour la tuer. Une fois cela fait, je me tournai à nouveau vers Milly.
- Elle est un peu spéciale quand il s'agit de moi mais elle est très sympa au fond.
- Elle est vraiment très amoureuse de toi au moins, rit nerveusement Milly.
- Je sais pas toujours si c'est une bonne chose... Ni pourquoi c'est arrivé. Tu devrais y aller avant qu'elle ne se réveille.
Elle jeta un œil à Karen et hocha la tête. Elle avança vers moi.
- Alors à la prochaine Rei, contente de voir que tu es enfin libre. Enfin, de ton père en tout cas... lança-t-elle en regardant la rousse étalée au sol. Je garderai le secret pour tout le reste bien entendu.
Karen n'était pas une entrave comme l'était Yushin à mes yeux. Au contraire, je pense que je... l'appréciais beaucoup... Milly me prit par surprise en me bisant sur la joue alors que j'étais en pleine réflexion et je bondis en arrière. Un bond beaucoup trop grand, je me retrouvai derrière une Karen toute réveillée, sans doute avait-elle senti le bisou que la blonde venait de me faire, je ne savais comment.
- T'as plus d'excuses là ! Et moi aucune raison de me retenir, commenta-t-elle avant de lancer une Pokéball. Fatal Foudre !
Son Élektek sortit et commença à charger son énergie face à Milly qui ne réagit pas immédiatement, surprise. Je bondis vers Lektrik, l'attrapai entre ses deux mèches et terminai mon saut en faisant rencontrer sa tête avec le sol. Il répliqua d'une puissante décharge Électrique et je criai, m'éloignant de lui d'un nouveau bond. Il faisait vraiment vraiment mal celui-là, rien à voir avec les Pokémon précédents... Mon bras, celui de la main qui le tenait, saignait de plein de petites coupures faites par son attaque qui me brûlaient. Le Pokémon se releva et me fit face, attendant l'ordre de Karen.
- Tu fais vraiment de ton mieux pour la protéger Rei, commenta cette dernière. Tu tiens vraiment à elle...
- C'est... mon amie... On va pas se battre entre nous Karen ! C'est stupide !
- Oui, c'est vrai, laisse-moi juste me débarrasser de cette grognasse et on retrouve notre amour d'avant.
- Milly, va-t-en pour de bon cette fois ! criai-je.
- Pas question. Je ne fuirai pas devant ta copine, aussi fêlée soit-elle, déclara cette dernière en passant à côté de moi pour ensuite dire à Karen. Si t'as pas confiance en ton copain, c'est ton problème. Je lui ai rien fait, je compte rien lui faire, mais si tu as un problème avec moi, autant le régler de manière conventionnelle.
- Milly, tu n'as pas le niveau... lui murmurai-je.
- Et alors, je veux bien admettre que je puisse être la proie de Gray, mais pas question de me laisser chasser par la rouquine. Et qu'est-ce qu'il se passe quand il y a deux chasseuses ?
- Un combat, grognai-je. Mais tu n'es vraiment pas assez forte. Karen a huit Badges.
- Celui qui ne prend jamais de risques ferait mieux de rester dans son terrier, cita à nouveau Milly. Il ne pourra que pleurer et mourir quand quelqu'un viendra le brûler.
- … Fais ce que tu veux mais si ça dérape, je prend le relais, fierté ou pas.
- Je vais l'avoir, t'inquiète, m'assura Milly. Freya, go !
Elle libéra sa Lamantine qui râla à nouveau. Karen crut alors comprendre :
- Tu es prête à te battre pour Rei à ce que je vois... Rei ! Je vais te prouver que je suis la meilleure ! Dresseuse comme petite amie ! Pour toi ! Je t'aime !
- Je ne me bats pas pour Rei, je me bats pour moi, rétorqua Milly.
- Moi aussi ! approuva la rousse. Pour mon avenir heureux aux côtés de Rei, son bonheur sera le mien.
- Si t'étais pas en train d'essayer de me tuer, j'aurais trop voulu te poser plein de questions sur vous, soupira Milly.
- Je ne te dirais qu'une chose, on s'aime plus que tout et si un élément étranger s'approche, on le zigouille.
Ah bon ? J'avais jamais rien dit à propos de Blue moi... Pourtant, je n'aimais pas beaucoup qu'il soit toujours collé à elle comme ça... Mais je n'irai pas jusqu'à le tuer non plus...
- Pas vrai mon Rei ? me demanda-t-elle.
Elle avait déjà oublié que je n'étais pas super d'accord pour qu'elle élimine Milly ? La blonde répondit avant moi :
- Laisse Rei en dehors de ça. On a un combat qui commence. Freya, Laser Glace !
- Lektrik, Poing Éclair, souffla doucement Karen.
Le laser cyan fonça directement sur l'Élektek qui se rua vers la Lamantine en chargeant de l'électricité dans un poing. Il ne lui fallut qu'un pas rapide sur le côté pour esquiver l'attaque sans cesser sa course. Il arriva près de la Pokémon blanche qui déclencha immédiatement sa Glaciation. Un dôme de glace se forma autour des deux Pokémon... avant que la Lamantine ne passe à travers d'un vol, le détruisant au passage. Elle tomba lourdement sur le sol pour ne plus se relever. Milly l'encouragea mais comprenant que ça ne servait à rien, rappela la Pokémon avant de foncer vers moi.
- Ok, je suis légèrement devenue la proie en un coup. À l'aide ?
- Je suis pas sûr d'être à la hauteur non plus tu sais ? lui soufflai-je.
- Mais si, t'as battu Atchoum, me rappela-t-elle.
- Karen a le niveau de Gray et son équipe, je pense.
- Lektrik, refais Poing Éclair sur la fille ! ordonna Karen.
Je pensais à utiliser Néo, puisqu'il serait insensible aux attaques électriques, mais la différence de niveau serait trop évidente. Le Pokémon devrait être... à mon niveau je pensais. Je secouai la tête, je n'avais pas le temps de réfléchir. Je contournai Lektrik puisqu'il ne visa que Milly et fonçai vers lui pour frapper sa côte droite. Je remarquai avoir une seconde de plus pour frapper et décidai de mettre un coup de pied dans l'une de ses jambes.
Mon attaque eut l'effet escompté, le Pokémon bicolore tomba en avant me permettant de le griffer une dernière fois pendant sa chute. Il se retourna pour se relever dès qu'il atteint le sol mais je bondis sur lui pour frappai son visage. Il commença à charger son énergie et je le frappai/griffai à nouveau. Gray n'aurait pas recommandé cela, j'aurais déjà du m'éloigner mais je le frappai, encore et encore, jusqu'à ce que l'énergie qu'il accumulait réduise puis disparaisse.
Il me lança un regard souffrant et je serrai à nouveau le poing pour frapper. La colère montait en moi alors que je me souvenais qu'il l'était l'un des deux qui avait failli être le père du premier enfant de Karen. Je continuai de frapper jusqu'à ce que Karen rappelle son Pokémon avant de me regarder amoureusement, de la bave coulant sur le bord de sa bouche.
- Quoi ? grognai-je, de mauvaise humeur à cause des souvenirs qui étaient remontés.
- Tu étais si bestial, c'était vachement... stimulant.
- Je ne suis pas sûr de savoir ce que tu veux dire par là. Dans tous les cas, Milly est partie, on a plus de raisons de se battre.
Elle sembla revenir à elle et regarda tout autour de nous avant de cracher :
- ...Chienne...
- Karen, commentai-je. Tu n'as pas besoin d'avoir peur de Milly tu sais ? Elle est un peu... comme Blue pour toi.
Mauvais exemple, pensai-je immédiatement. Je savais jamais ce que ces deux-là faisaient quand ils étaient seuls et je n'aimais pas ça du tout. Je me corrigeai donc :
- Je n'ai jamais voulu tuer Blue moi.
- Tu es jaloux ?
À nouveau, des lumières s'éclairèrent dans ses yeux ; elle était émerveillée par ma réaction et moi, d'autant plus gêné. Je soufflai finalement :
- Un... un peu quand même...
- Je le tue pour toi quand tu veux, tu n'as aucune raison de t'en faire, sourit-elle.
- Ne parle pas de tuer si facilement ! criai-je sans m'en rendre compte. C'est de la folie là !
Elle s'immobilisa et me fixa quelques secondes, des larmes coulèrent alors de ses yeux. Purée... qu'est-ce que j'allais faire maintenant ? Je m'avançai vers elle, hésitant. Toujours droite, ne semblant même pas se rendre compte qu'elle pleurait. Je passai une main dénuée de toute griffe sur son visage pour le lui essuyer avant de caresser sa tête :
- Tu devrais pas pleurer, ça sert à rien...
- Rei...
- Hum ?
Comme je regardai ailleurs, je ne sentis qu'elle se collait à moi qu'à son contact. Elle se lova contre moi et me serra fort. Je passai outre ma gêne et mes bras se placèrent dans son dos. Elle murmura que mon corps était vraiment chaud. Je restai pensif à cette remarque, mon corps avait une température élevée... parce que j'étais un Salamèche... Je ne saurais jamais ce qui avait mal tourné avec mon corps pour qu'il se mute ainsi, ni comment ranger cette maudite queue qui pendait derrière moi. Mais pour l'instant, je pensais juste vouloir rester là, peu importait ce que j'étais, Karen m'acceptait... et m'aimait... Et puis, j'étais enfin libre. Je pensais finalement pouvoir me satisfaire de cette vie... même si j'étais... ce que j'étais...
- Rei... souffla-t-elle à nouveau.
Je reculai un peu pour la regarder et elle me fixa, pensant clairement à une chose qui n'allait pas me plaire. Je l'interrogeai du regard, m'inquiétant légèrement, et elle déclara :
- Je dois vraiment plus te laisser sortir toi... Tu les attires toutes trop vite.
Hein ? Mais de quoi parlait-elle ? Sa méprise avec Milly lui était-elle restée en tête ? Je ne savais pas vraiment quoi répondre à cela, je ne dis donc rien. Karen se chargea alors de me dire ce qui lui passait par la tête :
- J'ai acheté une maison à Lavanville, on devrait vivre ensemble.
- Pourquoi à Lavanville ? C'est presque désert de nos jours, m'étonnai-je, essayant de ne pas prêter attention à sa proposition, bien qu'elle me faisait plaisir au fond.
- À vrai dire, parce que c'était moins cher, avoua-t-elle, honteuse. Si ça te dérange, j'essayerai de trouver ailleurs. Pourquoi pas à Argenta ? Il n'y a pas de mer là-bas, toi qui n'aimes pas l'eau, ça devrait te convenir.
- On a le temps avant de penser à ça Karen, grognai-je, gêné.
Elle me fixa d'un air presque étonné. Non, totalement étonné en fait, elle déclara :
- Bien sûr que non, il n'est plus question que je te laisse seul dehors.
- … Pardon ?
- Quand tu es dehors, tu te fais des amies, si tu te fais des amies, tu vas te rapprocher d'elles et peu à peu, tu vas avoir des sentiments pour elles et tu vas partir. Je veux pas ça.
- Euuh, donc, t'es en train de me dire que tu vas m'enfermer chez toi ?
Je voyais pas vraiment de différence avec Yushin là, d'un coup.
- De un, ce sera chez nous, et de deux, tu ne seras pas enfermé, tu seras juste en sécurité.
- T'es au courant qu'on peut pas vivre si on sort pas de chez... nous, et même, on va vraiment s'ennuyer non ?
- Je répondrai au moindre de tes besoins, quitte à bosser pour huit ,me promit-elle. Tu n'auras aucun besoin d'aller à l'extérieur.
- Et si mon besoin est d'aller à l'extérieur ? contrai-je.
- Ça n'arrivera pas, m'assura-t-elle avant un regard qui me fit frissonner. Je m'en assurerai. On sera toujours ensemble.
Mon frisson se fit plus intense. Karen ne m'avait pas libérer des chaînes de Yushin, elle en avait pris possession. Elle... elle était devenue totalement folle, il fallait que je me barre d'ici. Elle dut surprendre mon regard fuyant car elle insista :
- Alors, tu en dis quoi ?
- Que c'est hors de question. Je suis enfin libre et je compte bien profiter de cette liberté !
- Par liberté, tu entends... côtoyer de jolies blondes pendant des mois ?
- Un seul mois, corrigeai-je. Et je ne comprends pas pourquoi tu fais une fixation sur Milly !
- Donc, tu admets que tu la trouves jolie... remarqua la rousse, me faisant détourner le regard immédiatement.
- C'est pas ce que j'ai voulu dire... Je pense pas qu'elle est spécialement moche mais je vois toujours pas ce que ça vient faire là-dedans.
- Mon pauvre Rei, elle t'a totalement retourné le cerveau, pleura-t-elle, les yeux pleins de pitié.
Je ne savais pas du tout ce qu'elle comptait faire à présent. Elle voulait me garder pour elle seule, ça, j'avais compris... Mais me faire enfermer, je n'étais pas d'accord du tout.
- Je... Karen, c'est pas possible, je ne veux pas.
- Être avec moi ? s'étrangla-t-elle.
- Mais non ! niai-je immédiatement avant de piquer un fard.
Il y eut quelques secondes de silence que je coupai finalement pour m'exprimer :
- Je... Je tiens à toi... je pense... Je ne veux juste pas... Je veux être libre de voyager, c'est ce que j'ai toujours voulu.
- Je ne te suffis pas ?
- Je le dirais pas comme ça mais... hésitai-je.
- Mais tu penses à l'autre blondasse, conclut-elle.
- Encore ? Mais Mi... elle n'a rien à voir là-dedans. J'ai toujours tenu à ma liberté, bien avant elle.
- Elle t'a totalement embrumé l'esprit, contra-t-elle. Il faut vraiment que je t'aide mon lézard d'amour.
Je secouai la tête, je n'arriverai pas à la raisonner. Sa façon de penser dépassait toute logique. Je regardai autour de moi et bondis pour m'éloigner d'elle. Avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, mes mains et mes pieds se collèrent les uns aux autres. Je tombai au sol et me remuai pour me retourner vers la rousse. Son Alakazam, Moustache si je me souvenais bien, était dehors à présent. Il m'avait sans doute lancé Entrave.
Je n'aimais pas beaucoup ce Pokémon pour la même raison que son confrère électrique. Aussi, je n'attendis pas avant de lui cracher un jet de flammes qui le prit par surprise. Karen se plaça derrière lui, me forçant à interrompre mon attaque même si l'Alakazam se protégeait à présent d'un Mur Lumière.
- Tu peux cracher du feu ?! s'écria alors Karen. T'étais déjà génial mais là, tu bats tous les records !
- Fais-le me relâcher ! ordonnai-je en me débattant inutilement.
Je ne pouvais même pas atteindre mes Pokéballs ainsi. Et mes gesticulations ne les actionnaient pas. Mais que faisait Chu quand j'avais besoin d'elle ?
- Je fais ça pour nous Rei, désolée. Moustache, Téléport contrôlé ! Florizarre, tu sais quoi faire !
Elle relâchait un second Pokémon contre moi alors que je ne pouvais pas bouger ?! Je tentai de me dégager de l'entrave de l'Alakazam, toujours sans succès. Mon entraînement ne m'offrait pas une résistance infaillible contre les attaques psychiques de ce niveau.
Le ''Téléport contrôlé'' dont parlait Karen était une attaque que je n'avais jamais vue avant. Moustache ne s'était pas téléporté lui-même mais avait fait apparaître un objet qui n'était pas là avant. En l'occurrence ici, un placard ouvert. Je frissonnai à cette vue et me débattis de plus belle. C'était sans compter les lianes du Florizarre qui me saisirent de toutes parts. J'allais leur cracher un jet de flammes mais la peur me prit soudain. Tous ces souvenirs qui montaient en moi me paralysèrent quelques secondes mais ce fut suffisant pour que Florizarre ait le temps de me jeter dans le meuble et de le fermer avant, d'apparemment, le soulever.
Je me débattais toujours contre l'Entrave, la sentant faiblir petit à petit, quand une de mes Pokéballs se décida enfin à s'ouvrir. Pas Néo heureusement, mourir écrasé dans un placard ne me tentait pas plus que ça. Mais la Pokémon qui sortait pour me rejoindre me fit trembler tout autant. Elle rampa sur mon ventre, le regard amusé.
- Bien Chu, l'incitai-je à voix basse. Détruis ce placard maintenant.
- Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvés ainsi tous les deux, ça rappelle des souvenirs, chantonna-t-elle.
Pas de bons souvenirs pour ma part. Elle rampa un peu plus haut et m'embrassa soudainement sur la joue. Je voulais lui crier dessus mais je ne préférai pas que Karen apprenne que Chu était là. Je grognai donc simplement en lui lançant un regard noir.
- Rei, souffla-t-elle, posant ses deux pattes avant sur mon visage. Je vais nous débarrasser d'elle. Depuis le temps que j'attends ça...
- C'est... Tu ne peux pas la tuer.
Elle sourit large et colla brièvement sa bouche à la mienne. Elle me regarda brièvement ensuite et, avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, m'embrassa plus longuement. Lorsqu'elle se retira, sa queue se mit à briller de la lueur de son attaque Queue de Fer et elle déclara :
- Si l'amour est une guerre et qu'elle occupe ton cœur, il me suffit d'aller y faire de la place.
- Tu ne sais pas ce que tu racontes... rougis-je.
- Si, j'ai demandé à Ember... puisqu'elle est avec Gray... de la même manière que je veux être avec toi...
Elle ne réussit pas à me regarder dans les yeux jusqu'au bout et le rouge de ses joues sembla se propager sur le reste de son visage. Je ne devais pas être mieux. Chu ? Elle pensait ça de moi ? Je croyais qu'elle se moquait de moi tout ce temps. Elle se moquait peut-être encore...
Je la regardai à nouveau et compris que j'avais tort. Elle me tourna le dos et lança :
- Désolée si tu me détestes quand je la tuerai, je te conquérirai après.
Elle frappa la porte du placard qui vola en morceaux et bondit à l'extérieur. Je me redressai également et... Je pouvais bouger ? L'Entrave s'était évaporée, depuis quand ? J'avais... totalement laissé faire Chu par moi-même... ? Je secouai la tête. Il y avait plus important pour l'instant. Je bondis hors du placard et atterris face au reste des êtres vivants présents.
Karen protégée par un bouclier généré par Moustache essaya de se défendre contre une vingtaine de Chu alors que le Florizarre se débarrassait du placard, voyait que je n'étais plus dedans, pour l'aider. Chu restait intouchable, je l'appelai :
- Chu ! Reviens par là !
Elle continua ses attaques, m'ignorant totalement. Je prononçai alors ma stratégie à voix haute :
- Occupe-toi du Florizarre, je veux le Psy.
- Moi ? s'interrogea l'Alakazam. Vengeance pour tout à l'heure ?
- Vengeance pour autre chose... soufflai-je en le regardant méchamment.
Je bondis vers lui et un bouclier bleu apparut devant lui. Je frappai dedans pour voir que je ne le briserai pas si facilement. Je tentai de cracher des flammes à travers et elles passèrent comme si le mur n'existait pas. Profitant de cet instant de faiblesse chez mon adversaire, je contournai la Protection et le griffai au torse. Je bondis en arrière juste à temps pour éviter ses Rafale Psy qu'il m'envoyait de chaque cuillère. Je crachai à nouveau mes flammes et, cette fois, ce fut un mur violet qui se dressa entre nous, faisant réfléchir les flammes. Le bleu les laissait passer elles mais pas les coups physiques. Avec un peu de chance, je pourrais passer au travers de celui-là.
Je fonçai immédiatement vers le mur violet et fermer les yeux au moment du contact. Je vis rapidement qu'il n'y en eu aucun et les rouvrit pour voir que je rentrai bientôt en collision avec un bleu. Je m'écrasai lamentablement contre et finis sur les fesses. Deux nouvelles Rafale Psy m'accueillirent avant que je ne puisse faire quoi que ce soit et je finis un nouveau vol en arrière, criant de douleur.
- Rei ! crièrent Chu et Karen à l'unisson.
- Je ne peux pas me défendre maîtresse ? demanda l'Alakazam.
- Essaye de ne pas lui faire trop mal s'il te plaît, se plaignit Karen.
- Lâche-moi le colosse vert !
- Fallait pas relâcher ton attention pendant notre combat, contra le Florizarre.
Chu s'était faite avoir aussi... Enfin, elle pourra toujours s'en sortir, c'était la meilleure Pokémon de la famille, j'avais confiance. Pour ma part...
Je me relevai et soupirai longuement. Moustache me fit face, une étrange lueur luisant dans ses cuillères alors qu'il formait autour de lui des boucliers des deux couleurs. Je n'avais plus vraiment le choix maintenant, je devais faire appel à elle, à lui. Le Salamèche, mon état primal apparemment... Je laissai la bête m'envahir et fonçai vers le Pokémon jaune. Je crachai des flammes sur ma griffe gauche et ces dernières se condensèrent tout autour. Ma Tranche enflammée traversa sans peine les protections adverses et l'atteignirent sans peine. Le Pokémon tomba en avant, je bondis sur lui pour inverser le processus. Lorsqu'il s'écrasa, son dos s'écrasa contre le sol, son ventre, contre mon genou. Ma griffe en feu enserra son cou alors que les autres me rentraient dans la chair pour que je puisse lui mettre des coups de poings au visage. Après lui en avoir donné cinq brutaux, je me penchai à son oreille et murmurai :
- La prochaine fois que tu touches à ma femme, c'est pas avec quelques blessures que tu t'en sortiras.
- Je... souffla-t-il avant que je ne le fasse taire en le frappant à nouveau.
Il finit par s'évanouir et je le ramassai par la tête avant de le jeter vers Karen puis fonçai aider Chu. Entre temps, elle s'était libéré et avait bien affaibli le Florizarre mais elle semblait elle aussi avoir pris quelques coups. Je bondis sur son arbre-fleur et il libéra des spores jaunâtres depuis le haut de sa fleur. Je crachai un Lance-Flamme sur son dos et m'éloignai rapidement pour les éviter. J'atterris près de Chu qui lança :
- J'avais pas vraiment besoin de toi tu sais ?
- Moi, je risque d'avoir besoin de toi si elle sort son Hypocéan, contrai-je.
Dans un cri plein de rage, le Pokémon Plante se tourna et nous envoya une nuée de feuilles tranchantes qui passèrent à travers les doubles que Chu créa aussitôt. Moi, je décidai de rester au front, évitant simplement les mini lames végétales. Une nouvelle fois, j'aurais dû choisir une autre approche et ne m'en rendait compte que trop tard. Je pouvais les voir venir mais je serais incapable de toutes les esquiver. Je plaçai mes bras devant mon visage, laissant juste champ libre à ma bouche qui me protégea en lançant un puissant jet de flammes. Quelques feuilles parvinrent à se frayer un chemin dans le feu et foncèrent vers moi. Elles furent une bonne dizaine à me tailler les bras avant que tout s'arrête. Quand ma vision redevint normale, je remarquai que Florizarre était à terre, Chu sur sa tête.
- Pile la diversion qu'il me fallait ! me félicita-t-elle. Tu te débrouilles finalement en serviteur humain.
Je n'aimais pas beaucoup sa façon de me remercier, je la narguai donc :
- Ne crois pas que j'ai oublié ce qu'il s'est passé tout à l'heure !
Même d'où j'étais, je la vis rougir et tourner la tête avant de sauter du Florizarre évanoui pour bondir en ma direction, elle s'avança et sauta dans mes bras. Je la tins à distance au cas où elle ne tente autre chose et elle me fixa en me demandant :
- Tu as finalement choisi ?
- Toujours le même choix, désolé Chu.
Elle me lança une décharge pour tenter de cacher ses larmes et me tourna le dos quand je la lâchai soudainement :
- Tu ne me laisses pas le choix alors. Je... Je ne fais pas vraiment ça pour toi hein ? C'est juste que ça coïncide avec mes plans, c'est tout...
Elle courut vers la rousse qui rappela son Pokémon Plante.
- J'attends vraiment ce moment depuis longtemps, commenta-t-elle. Toi contre moi, on va voir qui est digne de Rei.
Ce qu'il fallait pas entendre... pensai-je, ne pouvais m'empêcher de baisser la tête, quelque part un peu content.
Chu lança immédiatement une décharge sur Karen qui, contrairement à ce que je pensais, ne libéra pas de Pokémon. La poussière se souleva autour d'elle, nous brouillant la vue. Je m'approchai en marchant alors que la poussière retombait au sol, le spectacle que je vis alors me surprit au plus haut point ; Karen tenait Chu dans les airs par le cou, la regardant avec un sourire froid.
- Pas léger le rongeur.
- Con... grogna Chu avant de lancer une nouvelle décharge inutile. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Tu ne comprends pas hein ? sifflota Karen. Regarde moi de plus près.
- Tu es... ta peau est bizarre... Même pour un humain.
- Tu commences à saisir ? demanda Karen. Moustache m'a lancé une Protection et un Mur Lumière. Ça durera bien une demi-heure et pour l'instant, je suis totalement invulnérable. Je n'ai pas de raison de fuir devant une petite Pikachu.
- La petite Pikachu va te...
Karen sourit et commença à se tripoter la poitrine de sa main libre avant d'en sortir un poignard qu'elle posa contre la joue de Chu.
- Karen, lâche-la !
- Rei, souffla-t-elle. Elle t'a aussi retournée contre moi ? Même si c'est ta Pokémon, je n'ai pas le choix.
- Pas le choix ? Pas le choix ?! répétai-je, m'énervant.
- Oui, si elle veut te prendre à moi, je...
- Elle ne prendra rien du tout, et elle m'a juste embrassé...
- Pardon ? lança Karen à Chu.
Je n'attendis pas un instant et bondit vers elle. Je la désarmai à nouveau et libérai Chu avant de plaquer la rousse au sol. Les boucliers ne considèrent pas ça comme une attaque parce qu'ils me laissèrent faire. Je me trouvais sur Karen qui souffla :
- Tes yeux...
- Oui ! criai-je sans l'écouter. Elle m'a embrassé, dans les deux-trois fois peut-être, mais je l'ai repoussée autant que j'ai pu moi, et ça s'est arrêté là ! Et tu veux sa mort pour ça ?! Je dois te rappeler ce que tu as fait avec les tiens ? Est-ce que je les ai tué ? Est-ce que ça t'empêche d'être à moi ?
Elle ne disait plus rien, me fixant simplement alors que mes griffes traversaient ses protections pour s'enfoncer dans ses épaules.
- Tu es à moi, répétai-je. Je n'ai pas besoin d'être enfermé pour que ce soit le cas et rien ne changera ça. Si tu crois que je vais te...
Elle m'interrompit en me tirant vers elle, enfonçant encore plus mes griffes en elle mais lui permettant de m'embrasser. Je sentais toujours de la colère en moi mais elle se calma peu à peu, jusqu'à reprendre brutalement. Je me redressai brusquement et ma tête se mit à bouillir.
- Je suis vraiment désolée Rei... souffla faiblement Karen.
Je ne l'écoutais qu'à moitié, je retirai mes griffes de ses épaules pour me les planter dans le crâne, tentant presque de l'ouvrir pour en retirer cette douleur.
- Rei... tes dents... Tu...
- Kare... commençai-je.
Je veux la tuer... Je brandis une griffe au dessus de ma tête, prêt à attaquer. Je dois l'abattre d'un coup, elle est un danger. Mes griffes se firent plus acérées, plus dangereuses encore. Je n'hésitai pas une seconde et la lançai vers son visage.
