Bonjour tout le monde !
Me voilà de retour avec ce nouvel OS. Le thème étant « Scars », j'ai eu la chanson du Roi Lion dans la tête pendant toute l'écriture (et l'image du perso de Fullmetal Alchemist, je vous déconseille le mélange…)
Jour cinq
Thème : cicatrices
Des cicatrices, ils en avaient tous. Après tout ils étaient des mages, des combattants, et leur métier comportait des risques. Beaucoup de risques. Mais ils avaient accepté depuis le début de prendre des coups et d'en donner. En témoignaient les marques qui parsemaient leur corps. On ne présentait plus la marque au dessus de l'œil droit de Sting. Mais il y en avait de plus discrètes aussi. Celles qu'on ne voyait pas parce qu'elles sont cachées par les vêtements ou un peu de maquillage. Peu de personne se sont ainsi rendu compte que les tatouages d'Orga se superposaient à d'anciennes plaies aujourd'hui cicatrisées. Peu de personne savent aussi que les multiples couches de vêtements de Rogue camouflaient efficacement les blessures, anciennes ou récentes, qui marquaient et marqueront le corps du Chasseur de Dragon. Parce que leur vie n'était pas facile mais qu'il ne fallait pas que les autres le sachent ils les cachaient. Pour certaines c'était plus facile que pour d'autres. Minerva en avaient relativement peu grâce aux bons soins dont elle avait toujours bénéficié. Celles du Chasseur de Dragon Blanc faisaient sa renommée. Cela avait toujours été ainsi.
Mais les blessures les plus importantes n'étaient pas forcément celles qui se voyaient le plus. Les blessures mentales entre toutes étaient les pires. Celles que personne ne voyaient et qui pouvaient détruire un homme, même le plus solide. Parce que l'on peut poser un cataplasme sur une plaie, mais c'est impossible de briguer les sentiments. Et si dans les deux cas il faut laisser le temps faire son œuvre, il y a des fois où celui-ci ne suffit pas. Et c'était pour cette raison qu'ils étaient là tous les deux. Parce que le temps n'arriverait pas à refermer cette plaie. Sting tenait Minerva par l'épaule alors que celle-ci se tenait droite comme la justice, ses lèvres rouges carmin serrées à s'en faire pleurer. Le cimetière de la ville était désert. Les tombes s'alignaient les unes à côtés des autres. Les plus récentes étaient fleuries et nettoyées. Les plus anciennes, dont les inscriptions étaient presque effacées, se détérioraient lentement sous le lierre. Les allées de pierres brunes resplendissaient sous le Soleil et l'ensemble sentait la pierre chaude et les fleurs. Aucun des deux protagonistes ne parla jusqu'au moment où ils atteignirent une certaine tombe. Elle était magnifique. De marbre rose, le symbole de Sabertooth y était gravé à l'obsidienne. L'épitaphe était simple mais rappelait à qui on avait à faire.
Gemma Orland
Maître de Sabertooth
Les Tigres ne meurent jamais.
Pourtant Dieu savait que c'était faux. Les Tigres meurent, même s'ils sont maître de Sabertooth. Ils pouvaient mourir sous la main d'un dragon, même si celui-ci représentait la Lumière. Le meurtrier face à la tombe de sa victime. La fille de la victime, au bras du meurtrier de son père, face à sa tombe.
- J'aimerais te dire que je suis désolé mais je n'y arrive pas, fit le Dragon Slayeur.
Minerva ne répondit pas, se contentant de serrer encore plus les lèvres si c'était possible.
- Je ne peux pas te dire que j'aimais ton père. Je le détestais. Je le haïssais même. Comme jamais je n'ai haï quelqu'un.
La Tigresse lui jeta un regard peu amène mais ne chercha pas à l'arrêter.
- Bref, je ne sais pas pourquoi je te dis tout ça.
Ils ne dirent plus rien. Le temps passa lentement et le Soleil commençait à se coucher quand Minerva prit la parole.
- Je ne me suis jamais entendue avec mon père. C'était le maître de guilde le plus horrible qu'on puisse avoir. Ce qu'il demandait aux mages sous ses ordres, ce qu'il leur faisait subir en cas de défaite… Rien ne peut le justifier. Et pourtant je l'aimais. Parce que c'était mon père.
Elle reprit violemment sa respiration, le menton relevé, fière.
- Alors… Moi je vais te pardonner pour ce que tu as fait. Tu nous as tous sauvés.
Sting jeta un regard triste à sa compagne. Il les avait tous sauvés… Au prix de la seule famille qu'il restait à la jeune femme.
- Mais à quel prix ? soupira-t-il.
- Ce que j'ai trouvé en échange valait bien une vie.
Minerva adressa un sourire triste au Dragon Slayeur avant de se pencher sur la tombe de son père et d'y déposer enfin son bouquet de roses violettes, la couleur préférée de son défunt père. Elle se redressa lentement, une lueur différente dans le regard.
Des cicatrices, ils en avaient tous. Après tout ils étaient des mages, des combattants, et leur métier comportait des risques. Beaucoup de risques. Mais ils avaient accepté depuis le début de prendre des coups et d'en donner. Mais les blessures les plus importantes n'étaient pas forcément celles qui se voyaient le plus. Les blessures mentales entre toutes étaient les pires. Celles que personne ne voyaient et qui pouvaient détruire un homme, même le plus solide. Parce que l'on peut poser un cataplasme sur une plaie, mais c'est impossible de briguer les sentiments. Et c'était pour cette raison qu'ils étaient là tous les deux. Parce qu'ils étaient lié par une même blessure, celle d'avoir fait souffrir l'être aimé. L'un en tuant le père, l'autre en n'exprimant pas le soulagement qu'avait provoqué ce geste. Et parfois, le meilleur moyen de guérir une plaie, c'est de la rouvrir pour en laisser échapper le pus. C'est ce qu'ils avaient fait, enfin, en mettant des mots sur le mal qui les rongeait et un déposant une gerbe de roses violettes, la couleur préférée de leur défunt maître de guilde, sur une tombe magnifique de marbre rose où le symbole de Sabertooth était gravé à l'obsidienne. Lorsqu'ils quittèrent le cimetière, l'odeur de pierre chaude et de fleurs leur sembla plus familière, plus rassurante. Le fantôme de Gemma ne flottait plus au-dessus de leur tête.
Certaines plaies ne se refermaient jamais complètement. La mort de Wesslogia pour Sting, la mort de Gemma pour Minerva. Mais certaines personnes pouvaient adoucir la douleur et ils l'avaient trouvé dans l'autre. C'est ce qu'ils se disaient en se dirigeant vers la guilde en papotant gaiement.
Parce qu'au prix d'une vie ils avaient gagné le droit de vivre la leur.
J'espère que cet OS vous a plu ! Gros bisous à vous tous !
