Merci beaucoup à tous pour vos reviews et vos follows, ça a vraiment égayé mes journées et cela m'a motivé à vous pondre la suite assez vite.

Merci aux Guests (mama, Ehana, MMalfoy34) et pour te répondre mama, Hermione n'a pas ses Aspics car elle n'a pas pu les passer vu qu'elle n'a pas pu faire sa septième année à Poudlard, alors que Drago, oui. Hermione était avec Harry et Ron à la recherche des Horcruxes tandis que Drago lui, est resté à Poudlard et a techniquement, pu les passer. ;)


Chapitre 2.

Les propos de Drago Malfoy n'avaient pas laissé Hermione indifférente. A vrai dire, elle était même restée là, assise devant le lac durant de longues heures. A réfléchir à propos de sa vie, à réfléchir aux derniers mots du blond et de cette idée si absurde qu'était une année sabbatique. C'était tout simplement inconcevable aux yeux de la brune, de vouloir faire cette année d'arrêt. Cela n'avait jamais servi à personne de partir ailleurs à faire on-ne-sait-quoi, ou même d'utiliser une année entière à la simple motivation de rester chez soit sans rien faire.

La brune n'aimait pas l'idée de l'inactivité. Elle ne concevait même pas de rester sans rien faire toute une journée entière. Trop habituée à devoir être sur tous les fronts depuis le début de sa scolarité, que ce soit personnellement ou derrière ses deux meilleurs amis, elle ne se souvient que de très peu de journées où elle avait été forcée de rester calme à ne rien faire. Et ces journées là, elle avait finit par les occuper par une grande lecture de tous les livres qu'elle n'avait jamais le temps de finir.

Non, décidément, elle n'avait jamais eu le temps de ne rien faire sans que jamais cela ne la dérange. Même si à bien y réfléchir, cela paraissait un tantinet négatif, cette conclusion qu'au final, elle avait toujours eu que très peu de temps pour elle-même.

Quand était-ce la dernière fois qu'elle s'était complètement détendue ? A prendre un bon bain chaud, à s'enrouler dans une couverture et boire un thé, au calme. C'était déjà il y a bien trop longtemps.

C'était pour cela que cette idée d'inactivité la complexait. Autant parce qu'elle n'y avait jamais été habituée et que cela lui paraissait ridicule et presque mauvais d'être dans un comportement de nonchalance et de laisser-aller, autant parce qu'elle savait qu'au fond, tout le monde se devait d'avoir des moments de pause.

Et c'était bien de cette pause-là, dont Drago parlait. Que ce soit pour lui-même, mais également pour elle. « Redéfinir qui nous sommes. » c'était bien les mots que le blond avait utilisé. Des mots s'immisçant sournoisement dans son esprit, tourmentant la moindre de ses pensées, la laissant tergiverser sur tous les domaines que pouvait toucher cette notion, et ce, depuis des heures, là, assise devant le lac.

Puis une goutte et très vite, une seconde. Merlin lui rappelant qu'il était temps qu'elle rentre, qu'elle se rafraichisse les idées aussi.

Pourquoi devait-elle toujours être aussi butée ?

La jeune femme avait pourtant appris à se dérider et se laisser aller, notamment depuis sa cinquième année. Pourtant, il lui arrivait souvent d'être très têtue sur certains sujets, surtout lorsque ceux-ci la touchaient personnellement et lui faisaient repenser à tout ce qu'elle avait conceptualisé pour elle et son avenir.

C'était des pensées, au final, très dangereuses.

Pouvait-elle se permettre de s'en aller, elle aussi ? Quelle idée saugrenue. C'était tout bonnement n'importe quoi.

Elle était Hermione Granger et elle avait un grand et bel avenir devant elle.

Et c'est cette Hermione Granger, qui couru se réfugier à l'intérieur du château alors qu'une forte pluie commençait déjà à se déverser au dessus d'elle. Les cheveux humides et par conséquent, beaucoup moins volumineux, un léger maquillage sur ses yeux coulant quelque peu, elle débarqua, légèrement désemparée, dans l'enceinte protectrice de sa seconde maison. Devant un Olivier Dubois l'accueillant avec un fin sourire.

- Hermione !

Elle lui sourit et il s'approcha d'elle en la serrant dans ses bras en guise de bonjour. Au fil du temps, Hermione apprit qu'Oliver avait malheureusement perdu sa petite-amie lors du combat final et le jeune homme se remettait doucement de cette tragique perte. C'était un jeune homme vraiment sympathique, qui savait rester silencieux lorsqu'il le fallait, attentif et généreux.

Elle entreprit de lancer un sort pour sécher sa tenue lorsqu'il lui montra un parchemin enroulé d'un simple cordon brun.

- C'est arrivé pour toi quand tu étais absente, j'ai pensé que tu aimerais l'avoir sans aller à la volière sous cette pluie.

Il lui sourit en lui donnant.

- Merci beaucoup Oliver, c'est gentil.

Le brun lui lança un clin d'œil avant de s'éclipser, la laissant seule, dérouler son courrier. C'était une simple note, il n'y avait que très peu de mots écrits mais même sans regarder la signature au bas du parchemin, Hermione savait déjà qui était son correspondant.

Salut Hermione, quand est-ce que tu pourras passer chez Sirius ?

Tu me manques, je suis là toute la journée demain si tu es libre.

Harry.

Son sourire se fit nostalgique et du bout de sa baguette, elle enflamma la note afin qu'elle disparaisse en cendres. Elle remonta les escaliers et continua de songer à son avenir pour le reste de la soirée.

.

Hermione décida de se rendre au 12 square Grimmauld en matinée. Elle apporta une tourte à la citrouille encore chaude des cuisines de Poudlard et frappa à la porte de l'imposante maison. Des bruits de travaux se faisaient entendre depuis l'extérieur et la jeune femme fut intriguée.

Harry vint alors lui ouvrir la porte et un grand sourire apparu sur son visage lorsqu'il reconnu son amie.

- Hermione !

Il la laissa entrer avant de l'encercler de ses bras.

- Comment vas-tu ?

- Plutôt bien et toi ? Lui répondit-elle en allant déposer la tourte dans la cuisine.

- Je vais bien. Merci pour la tourte !

Elle sourit et replaça une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.

- Dis plutôt merci aux Elfes de Poudlard.

Il l'invita à venir dans le salon. Là, des marteaux accompagnés de clous volaient dans la pièce. Harry avait visiblement entrepris de remettre au goût du jour la décoration de la famille Black et il fallait avouer que l'atmosphère était tout de suite moins pesante et imposante.

- C'est vrai que tu loges à Poudlard encore ! Ils n'ont pas fini les travaux de reconstruction ? S'enquit le brun en attrapant une planche volant près de lui.

- Si, enfin.. il ne reste plus grand chose, juste une journée de travaux, l'informa t'elle. Mais je reste dans nos anciens dortoirs. Je révise mes Aspics.

- Ce n'est pas trop difficile ? Il arqua un sourcil. Je vais sans doute également devoir les passer si je veux avoir un poste au Ministère.

- C'est du travail, je ne te le cache pas.

Elle s'assit sur un des fauteuils confortables du salon.

- Mais ce n'est pas insurmontable, on a vu pire.

Sa phrase resta alors en suspend tandis que leurs regards se croisèrent. Ils revirèrent brièvement tout ce qu'ils avaient du endurer ensemble ces dernières années, les bons comme les mauvais moments, ils en restèrent silencieux. Le jeune homme s'en alla alors quelques secondes afin de leur chercher des collations et revint avec deux verres de jus de citrouille.

- Merci, lui adressa t'elle lorsqu'il lui accorda un des verres.

Ses yeux chocolatés voguèrent alors sur les murs gris de plâtre où toutes les vieilles tapisseries sombres avaient été enlevées. Elle observa silencieusement un meuble se faisant rénover plus loin.

- Je m'occupe comme je peux, commenta t'il en voyant le regard de sa meilleure amie.

- Je vois ça, tu as raison.

Elle lui sourit et malgré elle, elle lui posa la question qui la taraudait elle-même depuis la veille.

- Et après ?

Cette phrase était porteuse de plusieurs significations en elle-même. On pouvait comprendre un sens proche, sur la notion d'un après se situant juste après la rénovation de la pièce. Si il allait s'attaquer au reste de la maison ou non. Ou on pouvait la prendre dans son intégralité, dans tout ce qu'elle pouvait représenter de plus grand et pour Hermione, de plus effrayant.

Harry sembla lui-même comprendre les interrogations secrètes de la brune. Il y réfléchit quelques instants, songeur. Une expression sérieuse sur le visage, il finit par avouer :

- Je ne sais pas encore très bien. Peut-être Auror, ou professeur. J'aime beaucoup Poudlard, être au contact des autres et leur apprendre des choses essentielles. Tu te souviens à l'A.D. ? J'étais vraiment dans mon élément.

Ils se sourirent, se remémorant de leur association secrète et de chaque membre de l'Armée de Dumbledore. Ce temps leur paraissait si lointain, si insouciant malgré les circonstances déjà réelles de l'époque.

- Mais.. ? Sentit Hermione.

- Mais.. J'aime l'action. Tu le sais. Et j'ai ce côté héros en moi qui persiste malgré tout. Et il y a encore du travail à faire, j'aimerais participer.. Faire parti cette fois-ci d'un effort collectif, d'une équipe d'experts en la matière. Je sais que cela pourrait me passionner.

Harry eu les yeux légèrement brillants, comme lorsqu'il évoquait le Quidditch ou toute activité qu'il appréciait vraiment. La brune se leva alors en souriant. Elle commença à arpenter tranquillement la pièce, verre en main.

- Alors tu devrais t'y lancer sans hésiter, l'encouragea t'elle. Si cela se transforme en passion, tu ne le regretteras pas.

Il acquiesça, toujours souriant.

- Puis tu pourras toujours aller donner quelques cours en tant qu'intervenant à Poudlard, lui fit Hermione. Je suis certaine que Mcgonagal acceptera, tu as toujours été son préféré.

Ils rirent légèrement, puis leurs rires s'effacèrent dans des sourires. Puis une pause, dans le temps, silencieuse. Ils se regardèrent, sans rien ne prononcer. De multiples sentiments se lisaient dans les yeux de chacun. Leur amitié était si forte. Ils pouvaient passer des moments ainsi, de complicité, de douce complicité sans éprouver la moindre gêne. Puis, dans un murmure, Harry reprend la parole.

- Tout change maintenant.

La brune sentit un flot d'émotion monter en elle. Sa poitrine se réchauffa, ses yeux s'embuèrent légèrement. Pas assez pour pleurer, tout juste pour briller. Son regard se déconnecta de celui de son meilleur ami et vint dévier vers le bas. Harry s'avança vers elle et lui attrapa une de ses mains.

- Hé..

Elle releva ses prunelles chocolatées sur lui, d'un regard montrant son tourment. Il l'attira alors tout doucement vers lui et elle vint poser son menton sur le haut de son épaule tandis qu'il l'encerclait tendrement de ses bras.

- Mione..

Des larmes chaudes vinrent rouler délicatement sur les joues de la brune tandis qu'il commençait à lui caresser ses cheveux d'un geste tendre.

- Hé.. ça va aller.., il inspira. Le plus dur est derrière nous maintenant. Le plus dur est derrière nous.

Il eut besoin de répéter cette phrase porteur de sens, porteur de liberté. Pour elle, mais également pour lui. Le plus difficile était derrière eux. Malgré la peine encore présente, malgré toutes ces pertes humaines, ces familles déchirées, ces injustices de faites. Ils avaient le droit au bonheur maintenant, ils avaient le droit à la paix. Surtout à la paix.

Du bout des doigts, Harry vint alors lui attraper sa main droite en se séparant légèrement de leur étreinte, puis doucement, tendrement, il la fit tournoyer sur elle-même. Une, deux, trois fois. Et à chaque tour, Hermione revivait. A chaque tour, elle inspirait profondément, évacuant tout ce stress qu'elle avait accumulé depuis des jours. Depuis des années.

Leurs mains encore entrelacées, Hermione se tint près de son meilleur ami. Celui-ci lui replaça une de ses mèches de cheveux en arrière avant de lui dire :

- Regardes-toi. Tu es belle, intelligente, pleine de qualités. Tu peux tout. Tu es libre de faire ce que tu veux à présent. Tu es libre.

Il savait, que ces mots la toucherait. Il ne savait pourquoi, le brun n'avait même pas idée de combien la jeune femme s'était torturé l'esprit ces derniers temps avec cette problématique, cette peur du futur, de l'inconnu. Mais il avait su trouver les bons mots. Il avait su la faire sourire, la soulager de ce poids. Elle revint près de lui afin de l'enlacer sincèrement et dans un souffle, elle lui murmura :

- Merci Harry.

Ils restèrent tout le reste de la journée ensemble puis Hermione s'éclipsa en début de soirée, tandis qu'Harry était invité chez Andromeda Tonks afin d'aller rendre visite au petit Ted. Elle lui promit d'apporter une autre tourte à la citrouille des cuisines de Poudlard la prochaine fois qu'elle lui rendrait visite et rentra chez elle, au château.

La lionne croisa quelques personnes sur son chemin, notamment Neville, puis Drago. Celui-ci prit la peine de lui adresser un bref mouvement de tête, au loin. Le jeune homme n'était pas la personne la plus loquace que la brune connaisse et à vrai dire, cela ne la dérangeait pas. Ce n'était pas comme si elle pensait réellement à leur relation, elle ne savait même pas comment définir leur relation. Il n'y avait presque rien à définir.

Mis à part le fait qu'il lui avait fait ouvrir les yeux sur quelques notions et qu'il s'était montré plus mature et conscient que ce qu'Hermione pensait qu'il était. C'était après tout, un bon point. Et ce, malgré toute la tourmente.

.

La jeune femme passa le reste du mois de juillet le nez plongé dans ses bouquins. Elle laissait tout de même quelques fois ses pieds l'emmener près du lac, où Drago était déjà assis, ou l'y rejoignait la plupart du temps. Et comme d'habitude, ils ne parlèrent que très peu. Malgré tout, il fallait noter que leurs conversations devenaient de plus en plus longues. Quelques fois, il l'aidait à réviser certains sujets pour ses épreuves d'Aspics, les amenant de temps à autre à débattre sur tel et tel sujets que le domaine révisé apportait. Ils parlaient intelligemment. Drago gardait sa réserve habituelle mais se déridait, quelques fois.

Mais jamais, ils ne reparlèrent du sujet le plus préoccupant, leur futur. Hermione décida de garder cette question suspendue, jusqu'à ce qu'elle ait passé ses épreuves.

Celles-ci arrivèrent très vite, juste après l'anniversaire d'Harry, le premier août. L'épreuve se déroulait dans une salle au troisième sous-sol du Ministère. Hermione avait revêtu un tailleur noir, formel, pour l'occasion et ses cheveux étaient lissés. Elle passa au total six épreuves pratiques et cinq épreuves écrites et ce, dans la même journée. A la fin de celle-ci, elle eut bien l'impression que son cerveau allait finir par exploser si elle ne prenait pas rapidement un bon bol d'air frais.

Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle avait fait, elle était certaine d'avoir réussi la plupart des épreuves pratiques mais n'était plus sur d'elle pour tout ce qui avait été fait à l'écrit. Son cerveau bouillonnait de toutes les informations qu'elle avait accumulé au cours de ces derniers mois et elle n'en pouvait, intellectuellement, plus.

Alors elle s'empressa de rejoindre les rues piétonnes entourant l'immeuble où était dissimulé le Ministère de la Magie de Londres. Elle remonta par une des cabines téléphoniques environnantes et sortit en vitesse. Une fois dehors, elle inspira profondément. Une de ses mains vint glisser dans ses cheveux, la décoiffant légèrement au passage et elle déboutonna le haut de son chemisier sans vraiment s'occuper des passants.

La ruelle n'était pas très fréquentée, mais quelques têtes passaient ici et là, de temps à autre. Une tête blonde familière s'avança alors à son encontre. Auparavant accoudé au mur d'en face, il l'avait attendue. Ses yeux gris vinrent rencontrer les siens et elle lui sourit.

- Tu es venu pour moi ?

- Non Granger, j'aime me promener dans les rues remplies de Moldus, tu le sais bien, ironisa t'il.

Il ne put retenir un fin sourire en coin et elle le lui répondit sans vraiment le vouloir. Elle ne savait pas très bien comment prendre le fait qu'il soit venu l'attendre pour la fin de ses épreuves, mais cela lui faisait en quelques sorte, plaisir. Leurs après-midi à réviser ensemble n'avaient pas servis à rien, peut-être qu'elle commençait le début d'une relation avec son ancien détracteur de jeunesse.

C'était assez étrange de songer à cela, assez étrange comme revirement de situation et à vrai dire, ni elle, ni lui, ne semblaient vraiment comprendre comment cela avait pu se produire. La magie de Poudlard peut-être.

- C'est gentil, merci, lui accorda t'elle timidement.

Elle ne savait décidément pas vraiment comment agir avec Drago Malfoy. Il haussa les épaules.

- Comment ça s'est passé ? S'enquit-il. Vais-je encore devoir t'apprendre la Magie et te montrer tous mes merveilleux talents, ou ça passe ?

Elle leva les yeux au ciel, tandis qu'un léger sourire moqueur se lut sur les lèvres du blond. La lionne se passa de nouveau une main dans les cheveux puis croisa les bras contre sa poitrine. Elle entreprit de marcher afin de s'éloigner de la cabine téléphonique rouge du Ministère. Ils avancèrent ensemble vers les rues piétonnes Moldues. Lui, habillé de son costume noir toujours bien taillé, elle, de son tailleur, on pourrait les croire dans une carrière dans les affaires Moldues.

- Disons que si toi, tu as eu tes Aspics, je vais les avoir haut la main. Comme toujours. Feint-elle avec un sourire mi-moqueur, mi-fier.

Il sourit, sans toutefois relever la pique. Ils vinrent alors se mêler à la foule et malgré elle, la brune lui posa une question pouvant paraître dérangeante.

- Ça ne te pose pas de problème d'être.. parmi eux ? Elle arqua un sourcil. Tu as passé tellement de temps à me détester, que je t'imagine mal garder ton sang froid dans une foule remplie de.. Moldus.

La jeune femme avait baissé d'un ton lorsqu'elle avait énoncé son dernier mot. Elle savait depuis quelques temps maintenant, que le blond appréciait la franchise. Cependant, elle ne savait pas encore très bien jusqu'où elle pouvait aller comme sujet de conversation avec lui. Tout comme elle ne savait pas très bien quelle genre de relation ils tenaient et jusqu'où ils pouvaient aller ensemble.

Serait-ce possible d'entretenir une amitié entre elle, la Sang-de-bourbe et lui, le Prince des Serpentards ? Elle était septique. Après toutes les remarques, les insultes remplies de dégoût non-dissimulé, le coup de poing en troisième année.. Elle n'avait rien oublié de leurs disputes, de leur rivalité. Pourtant, il fallait avouer que leur relation prenait peu à peu un tournant. Et à vrai dire, cela n'avait pas l'air de déranger ni l'un, ni l'autre.

Drago était définitivement quelqu'un de différent depuis la fin de la guerre. Il ne s'offusqua même pas de sa question et aucune moue de dégoût ne se lut sur son visage.

- A vrai dire, je ne fais pas mon baptême de foule Moldue avec toi Granger, l'informa t'il. Désolé de te décevoir.

- Ah oui ? Répondit-elle en souriant.

- Nott était Sang-mêlé et accessoirement, le meilleur ami que je n'ai jamais eu. C'est.. avec lui, en quelques sortes, que j'ai compris que mon père n'avait pas toujours raison.

Hermione fut surprise et pour peu, elle faillit se prendre un passant. Elle se remémora tout ce qu'elle savait à propos de ce Nott. C'était Théodore Nott, un Serpentard qui, selon ses souvenirs, était plutôt solitaire. Il ne trainait jamais avec Drago et sa clique à l'époque. Il était très bon en cours et elle le croisait régulièrement à la bibliothèque. Étrange qu'elle n'en sache pas plus sur lui. La brune nota tout de même un mot dans les propos du jeune homme.

- Était ?

Elle eut peur un instant, d'avoir fait une gaffe. D'avoir mal – ou bien- interprété et que Théodore Nott soit décédé. Il y avait eu tellement de morts, de l'un et de l'autre camp, que c'était malheureusement possible. D'ailleurs, elle n'avait aucune idée de quel camp celui-ci devait être à l'heure de la Bataille. Ils avancèrent toujours dans Londres, passant par Picadilly désormais. Alors qu'ils arrivèrent près d'un marchand de café et de thé, Drago répondit d'un ton sec.

- Était.

Elle releva son regard vers lui et pinça ses lèvres. Elle se retenait de lui demander si son ami était toujours vivant ou non. Elle comprenait rien qu'en voyant l'intensité du regard de son interlocuteur que ce n'était pas forcément une question dont elle voulait entendre la réponse.. ou du moins, que sa réponse tout court était négative et, ou, compliquée.

- Et non, Granger, il n'est pas mort.

Il la surprit, en lui annonçant sa réponse tant désirée. Son angoisse d'avoir fait raviver les souvenirs d'une tragique perte, s'en alla et elle repensa à la phrase entière de Drago et son vrai sens. Alors, ils n'étaient plus amis. C'était pour cela qu'il était si froid sur ce sujet. Elle jugea bon de se taire et en profita pour payer un café à Drago. Il voulu intervenir lors du paiement mais d'une main, elle repoussa la sienne.

- Laisse, je suis la seule ici à avoir de la monnaie anglaise.

La jeune femme insista sur le dernier mot et il acquiesça, non sans serrer la mâchoire. Il n'était plus de bonne humeur. Le Drago Malfoy bien disposé s'en était allé et Hermione se sentait un peu tendue. Elle l'emmena alors dans un parc, non loin. Peut-être que la nature le détendrait, comme à Poudlard.

Au bout de quelques minutes de silence, elle se permit de reprendre la parole.

- Tu as un plan, pour l'an prochain ? Tu sais où tu vas ? Le questionna t'elle.

Il but une longue gorgée de sa boisson avant de répondre.

- Non, pas encore.

Courtes réponses. Mais réponses quand même. Hermione n'avait pas tout perdu venant de lui. Il semblait moins agacé.

- Il n'y a rien qui t'attire ?

Les yeux gris métallique de son interlocuteur vinrent se poser sur elle quelques instants et ils restèrent dans un court silence.

- Non.

Les sourcils de la brune se levèrent puis s'abaissèrent, une moue mi-intriguée mi-ennuyée sur le visage. Elle allait parler, lorsqu'il l'interrompit avant même qu'elle ne commence.

- J'ai du mal à voir, à me projeter encore. Personne dans ma famille ou.. mon entourage, ce qui se résume à ma mère, Pansy et toi, n'ont fait quelque chose de ce genre dans leur vie.

Hermione fut légèrement surprise de cet aveu qui, finalement n'en était pas un. Mais elle comprit et acquiesça silencieusement, plongée dans ses pensées. Ils vinrent s'asseoir sur un des bancs du parc.

- Je pourrais t'aider, si tu veux, j'ai..

- Attends, laisse moi deviner.. commença t'il, légèrement moqueur. Tu as des livres à ce sujet ?

Elle leva les yeux au ciel.

- Non... commença t'elle, d'un ton ennuyé. Mais, j'ai des atlas et.. oui, des livres sur ce sujet.

- Ah, je le savais.

Il eut un air vainqueur sur le visage, tout en gardant un quelque chose de sérieux sur l'expression de son visage, comme à son habituel et la lionne rugit intérieurement. Était-elle si prévisible que cela ?

- Ce n'est pas exactement des livres parlant de sorciers fiers, moqueurs et arrogants qui décident du jour au lendemain de faire une année sabbatique... commença t'elle en soupirant. Mais des récits de voyage, des guides aussi, sorciers et Moldus.

Le blond se permit de sourire et elle le fit également. Il accrocha son regard quelques instants, silencieux. Puis, il sembla se souvenir de quelque chose et précipitamment, il regarda sa montre.

- Je suis en retard. Ma mère m'attend. Je te laisse, Granger.

Drago se releva avec rapidité, sans que la brune n'eut le temps de faire de geste. Il surveilla les environs en lui disant :

- Tu me montreras tes satanés bouquins dans la semaine, si tu veux bien.

Elle acquiesça.

- Merci pour le café.

Puis après un simple geste de tête, il s'en alla derrière un arbuste pour transplanner.

Hermione elle, ne retenu qu'une chose. Drago Malfoy venait de lui dire « Merci ». Quelqu'un avait-il fait une potion de Polynectar de l'héritier Malfoy et lui faisait-il une mauvaise blague ? Elle se mit à rire légèrement, toute seule, sur son banc. Et en riant, elle se rendit compte que par sa simple intervention, il avait réussit à la dé-stresser de toutes ses épreuves d'Aspics passés et de sa journée lourde et épuisante.

- Bravo Malfoy, murmura t'elle doucement.


Et voici, la fin de ce second chapitre.

J'espère qu'il vous aura plu, j'ai vraiment pris plaisir à l'écrire et à continuer cette fiction qui m'inspire énormément. Que pensez-vous de ce rapprochement entre Drago et Hermione ? J'espère avoir répondu à certaines questions de quelques uns vis à vis d'Harry. :)

A bientôt pour la suite !

Anaïs.