Chapitre 3 : Fin d'après-midi chez un vieil Ami

C'était là la cachette idéale en attendant que, dehors, les choses se tassent, il se glissa donc dans le bâtiment puis dans un vaisseau dont la cale avait négligemment était laissée ouverte. Il souffla un coup et commença à inspecter le navire : si c'était un bateau amanto, ce serait peut-être une bonne chose de profiter de ce temps libre pour le saboter… Il regarda les derniers itinéraires dans la mémoire du GPS et constata que bâtiment revenait sur Terre après chaque livraison, il s'agissait donc probablement une compagnie terrienne. Il s'apprêtait à regarder laquelle quand il entendit un « Hum-Uhm » derrière lui accompagné d'un objet dur collé à ses reins. « Faites que ce soit une arme ! Faites que ce soit une arme ! » Pensa-t-il. Il se retourna, les mains en l'air. En face de lui était une femme au regard sévère. Le reconnaissant, elle lui envoya un uppercut dans le menton qui le plongea dans les bras de Morphée.


Des voix dans l'obscurité et soudain la lumière… Katsura venait de se réveiller et comprit qu'il avait été transporté dans une autre pièce. Il était adossé contre de très larges caisses de bois –probablement dédiées au transport des animaux- mais aucun lien ne le retenait. La jeune femme qui s'était attaquée à lui était là, en train de se faire rabrouer par son supérieur :

Sakamoto : Mutsu ! Qu'est-ce qui t'a pris de frappé Zura ?

Mutsu : Il n'avait rien à faire dans le système. Ni même sur mon vaisseau d'ailleurs.

Sakamoto : Mais c'est mon vaisseau ! Et on n'est pas violent comme ça, gratuitement, avec les gens ! Ce n'est pas commercial !

Mutsu : C'est pas parce que c'est un vieux pote à vous qu'il peut tout se permettre.

Sakamoto : En plus, comment t'as fait pour le mettre K.O. comme ça ? C'est un samurai entrainé, le Zura…

Katsura : C'est pas Zura c'est Katsura ! Et elle eut de la chance : je fais de la tachycardie quand je fuis le Shinsengumi…

Sakamoto : Zura ! Tu es réveillé !

Katsura : C'est pas Zura c'est Katsura…

Sakamoto : Ahahaha ! Quel bon vent t'amène ?

Mutsu : Tu n'as pas vu l'agitation, crétin de commandant ? Il est poursuivi par le Shinsengumi et il est venu nous entrainer dans ses problèmes.

Sakamoto : Ahahaha ! Mutsu, tu peux être tellement blessante parfois…

Mutsu : Bon, trop de débiles dans cette pièce, je retourne en salle de contrôle.

Sakamoto : Ahahaha ! Tellement blessante…

Tandis que Mutsu sortait de la pièce, de violents coups sur la porte d'accès au vaisseau se firent entendre. Mustu revint sur ses pas et dit aux deux anciens guerriers « je vais voir, vous êtes priés de vous taire ». Katsura regarda Sakamoto qui hochait la tête en signe de soumission et aligna son comportement sur le sien. Cette Mutsu pouvait être… terrifiante.


La jeune femme ouvrit le sas et se trouva face à cinq agents du Shinsengumi qui avaient l'air surpris de trouver une petite dame à l'air méprisant, seule dans ce grand bateau marchand.

Mutsu : Qu'est-ce que c'est ?

Kondo : Bonjour, je suis le commandant du Shinsengumi Kondo Isao !

Mutsu : Et ?

Kondo : Nous recherchons un dangereux terroriste qui est en fuite.

Mutsu : Dans un zoo ? Vous ne pensez pas que vous feriez mieux de le chercher autour du terminal, des ambassades, ou dans une planque ?

Kondo : Il a été aperçu dans le zoo.

Mutsu : Vous êtes sûr que votre témoin est fiable ?

Kondo : Plutôt, c'est moi-même qui l'ai vu.

Mutsu : Et vous ne l'avez pas attrapé ?

Kondo : Non, il a pris la fuite et…

Mutsu : Vous êtes sûr d'être compétant ? Vous me semblez un peu démuni…

Kondo : Je voulais juste demander au capitaine de ce vaisseau si il ne l'avait pas aperçu, par hasard…

Mutsu : Le capitaine est occupé.

Kondo : Ah… Et vous… Vous êtes ?

Mutsu : Je suis le vice-capitaine et non, nous n'avons vu personne.

Kondo : Pourrions-nous fouiller votre navire, histoire d'être sûrs ?

Mutsu : Alors je dois pâtir de votre incompétence ?

Kondo : Non, bien sûr que non ! Mais ce serait une action citoyenne, qui ne prendrait que quelques minutes, et…

Mutsu : Je vous ferais dire monsieur que je suis une citoyenne exemplaire qui paie ses impôts comme tout le monde, impôts qui VOUS paie si je peux me permettre.

Kondo : Je…

Mutsu : Donc JE vous paie pour me garder en sécurité et lutter contre la menace terroriste et en échange vous voulez M'IMPOSER des fouilles et m'accuser de collaborer avec un criminel, c'est bien ça ?

Kondo : M…

Mustu : Vous ne voulez pas non plus m'arrêter et m'emmener au poste pendant que vous y êtes ?

Kondo : Non ! Surtout pas ! Je suis désolé !

Mustu : Je me vois dans l'obligation de refuser la fouille dans la mesure où j'ai une livraison à effectuer au plus vite. Vous êtes d'ailleurs venu m'interrompre alors que je vérifiais les itinéraires sur mon écran de contrôle afin d'honorer mes engagements.

Kondo : Mais… Mademoiselle… Je suis sûr que ça ne prendra que peu de temps et …

Mutsu : Le respect du client passe aussi par le respect de ses prérogatives et donc, par le fait d'effectuer les livraisons en temps et en heure. J'engage l'image de ma société à chaque livraison. Donc ?

Kondo : Je suis désolé.

Mutsu : Bien, et pour le temps que vous m'avez fait perdre en discussions vaines en plus des accusations non fondées ?

Kondo : Encore désolé.

Mutsu : J'accepte vos excuses et vous souhaite bonne chance pour attraper ce criminel.

Kondo : Merci beaucoup ! Au revoir.

Mutsu hocha la tête tandis qu'elle fermait le sas. Elle ne put retenir la pensée que, dans une certaine mesure, la présence de ce gorille dans un zoo avait quelque chose de tout à fait légitime.


Dans la pièce d'à côté, Sakamoto et Katsura se regardaient, s'accordant sur le fait que oui, Mutsu était terrifiante. Le vaisseau se mit à trembler et à se soulever dans un grand bruit sourd.

Katsura : Qu'est-ce qui se passe ?

Sakamoto : On décolle ! Tu n'es pas malade en vaisseau rassures-moi Zura ?

Katsura : Ce n'est pas Zura, c'est Katsura et ce n'est pas une question de nausées, je ne peux pas partir avec vous !

Sakamoto : On te déposera au prochain arrêt.

Katsura : C'est-à-dire ?

Sakamoto : Là, on est parti pour livrer 56 caisses de saké de première qualité à Yoshiwara !

Katsura : Je déteste Yoshiwara…

Sakamoto : Ahahahahaha !