Bonsoir,

Avant toute chose, merci beaucoup pour vos messages et l'accueil que vous faites à cette fic qui me tient à cœur.

Je vois que vous vous posez beaucoup de questions mais il va falloir vous armer de patience car les réponses viendront ….lentement.

Merci à Spuffygirl pour sa chasse acharnée de mes fautes et à ma Jess pour son aide et son « boustage » fréquent. Sans elle, je ne suis pas certaine que cette fic serait sortie de ma tête.

Chouchou : Merci pour ton encouragement. J'espère que la suite te plaira.

Je vous laisse avec Jasper !

Bonne lecture


Chapitre 4 :

Quelle journée. Non, mais quelle journée. Elle ne finirait donc jamais !

Je venais de terminer de prendre ma douche et de me changer afin de participer au repas du soir. Mon père repartait pour Phœnix le lendemain et tenait à ce que nous le partagions avec Sam et sa famille. C'était une habitude mais j'avais essayé de me débiner avec mon ami pour que nous puissions discuter tranquillement. Cependant, Charlie m'avait demandé de changer mes plans et je n'avais pas eu le cœur à lelui refuser surtout que nous ne nous verrions plus durant un certain temps. Assise à ma coiffeuse, je me remémorai les derniers évènements de la journée.

J'étais restée tétanisée et accrochée au bras d'Emmett pendant, ce qui me sembla, une éternité. J'avais gardé le regard posé sur William ou Jasper ou peu importe comment il voulait qu'on le nomme aujourd'hui. Moi, je voulais savoir ce qu'il faisait ici et pourquoi il était ici. Je devais lui poser ces questions mais pas maintenant, devant autant de monde. Et puis non, ce que je voulais, c'était qu'il s'en aille, qu'il déguerpisse du ranch et qu'il m'oublie durant les prochains mois. Je devais me ressaisir.

La voix de Charlie me ramena à la réalité et coupa la connexion entre nous car il regarda mon père qui donnait les dernières règles et consignes pour vivre ici. J'observais les gens autour de moi. Je soufflai afin de finir de reprendre mes esprits, me redressai tant bien que mal afin de lâcher le bras d'Emmett et plaquai un petite sourire sur mes lèvres. Mon père ne semblait pas avoir remarqué mon malaise pas plus que les autres hommes excepté Emmett mais dans le doute, faisons comme si tout était pour le mieux.

« Je pense que nous avons fait le tour et vous souhaite une fois de plus la bienvenue parmi nous. Je repars dès demain pour Phoenix et vous laisse donc avec Sam qui en mon absence est le boss » plaisanta-t-il tandis que les nouveaux hochaient la tête à ses paroles.

Sur ces mots, Sam se tourna vers mon père afin de discuter à voix basse avec lui. Pour me donner une contenance, j'observai les juments galoper dans une prairie derrière près des écuries. Elles avaient eu peur en entendant le tracteur conduit par Jacob, l'un des palefreniers passer sur le chemin. Celui-ci me fit un signe de la main pour me saluer. Il travaillait depuis deux ans pour nous et même si au départ, j'avais eu un peu de mal à le tenir à l'écart et brider son béguin pour moi, nous avions fini par nous entendre et une certaine complicité s'était établie entre nous. Il n'avait aucune formation en arrivant mais Sam l'avait pris sous son aile et lui avait appris à s'occuper correctement de nos chevaux. Dans la prairie adjacente, un hongre bai s'approcha de la clôture au petit trop. En voilà un qui voulait une petite friandise. Mon père me l'avait offert à sa naissance qui tombait le même jour que moi, le 13 septembre. Je l'avais surnommé Ouragan et ce nom lui allait à merveille. Sa mère, Sharia, faisait partie des premières juments que mon père avait achetées lorsqu'il avait acquis le ranch. Malheureusement, Ouragan allait devoir attendre que j'aille chercher ce qu'il souhaite car je n'avais rien dans les poches qui puisse lui plaire.

« Bella, tu y vas ? » me rappela à l'ordre mon père.

« On va conduire les nouveaux aux baraquements » chuchota Emmett à mon oreille pour m'expliquer ce que j'avais perdu de la conversation.

« Oui bien sûr, papa. »

« Jared, tu peux me suivre puisque tu viens de la ville voisine pendant que Bella et Emmett montrent à Paul et Jasper où ils peuvent s'installer » annonça Sam.

Je lançai un regard paniqué à mon ami. Emmett, lui toujours si souriant et jovial, arborait un visage fermé et froid. J'avais l'impression qu'il était prêt à exploser et croyez-moi, dans ces cas-là, il valait mieux être loin.

« Bella, peux-tu emmener Paul au baraquement trois s'il te plait, je me charge de montrer à Jasper le sien » déclara enfin mon ami en insistant bien sur la fin de sa phrase.

J'acquiesçai en avançant vers le grand brun qui me souriait. Je tentais du mieux que je pouvais d'éviter de le regarder mais au dernier moment, mes yeux se levèrent vers Jasper. Alors que je pensais qu'il suivait Emmett, mes yeux rencontrèrent les siens. Avant qu'il ne se penche pour ramasser son sac, il me fit un clin d'œil. Je fulminai. Il semblait prendre énormément de plaisir à me perturber. Pour qui se prenait-il pour venir perturber ma vie ainsi ? Avant de s'éloigner, tous trois s'approchèrent de mon père afin de lui serrer la main et de prendre congés. Arrivé au tour de Jasper, Charlie garda sa main dans la sienne plus longtemps que nécessaire en fronçant les sourcils.

« Nous sommes-nous déjà rencontrés auparavant ?» questionna-t-il en examinant un peu trop attentivement son nouvel employé.

« Non, M'sieur. C'est mon premier séjour en Arizona. »

« Vous me faites penser à quelqu'un mais pas moyen de vous relier à cette personne. Ca va me revenir. Vous avez peut-être de la famille ? »

« J'ai une vague connaissance mais pour qui on peut difficilement parler de famille. Ma famille est toujours au Texas. Je suis désolé mais vous devez me confondre avec un autre. »

« Oui certainement » admit mon père en haussant les épaules comme si ce n'était pas si important.

Durant leur échange, j'avais retenu ma respiration, appréhendant le moment où Charlie aurait remarqué un trait commun entre Jasper et les quelques photos qu'il avait vu de mon mari, un mois et demi plus tôt. C'est avec soulagement que je vis mon père prendre congé et retourner vers la maison. Sam était déjà parti avec Jared rejoindre Jacob et les quelques autres ouvriers.

« Je vous suis Mademoiselle ? » demanda Paul.

« Madame. Mais vous avez entendu mon père, vous pouvez m'appeler Bella comme tout le monde »

J'avais prononcé ces mots comme un automate comme je l'avais fait ces dernières semaines mais un gloussement derrière moi me fit rapidement comprendre que j'aurais mieux fait de me taire. Je tournai la tête et fusillai du regard le blond pensant l'impressionner mais cela eut le don au contraire de le faire éclater de rire. Je secouai la tête préférant ne rien ajouter. Un dernier regard à Emmett et nous partîmes chacun de notre côté, accompagnés. Le baraquement trois était assez proche de la maison. Nous y arrivâmes en quelques minutes.

« C'est ici » annonçai-je en montant les deux marches qui menaient à la porte d'entrée.

Ces baraquements étaient assez récents car plus l'exploitation prenait de l'ampleur, plus nous devions engager des ouvriers qualifiés qui malheureusement ne se trouvaient pas toujours dans la petite ville voisine. Nous lancions alors un appel dans tout le pays et certains venaient du comté de Yuma ou de Tucson voire même de l'autre côté de l'Etat. Nous étions donc obligés de les loger durant leur séjour qui variait de six mois à un an généralement. Nous avions commencé par les accueillir dans le ranch qui très vite devint trop à l'étroit pour nous tous et Sam avait proposé de faire construire des chalets en bois autour de la demeure et des prairies. En tout, nous en avions dix où habitaient les hommes, seul ou à plusieurs selon leur souhait. Parfois il était arrivé qu'ils soient accompagnés d'une épouse mais c'était très rare.

Nous entrâmes dans le chalet meublé simplement mais agréablement. Mon père partait du principe qu'un homme qui dormait dans un lit confortable et douillet, qui avait un repas de qualité et un bon salaire travaillait toujours mieux. Chaque chalet comprenait une pièce de vie avec un coin salon et une kitchenette, une chambre ou plus selon la taille et une salle de bain. Le linge de maison leur était également fourni et entretenu par Nettie et Lucy, les deux aides ménagères d'Emilie. Pour leurs repas, ils étaient libres mais un repas collectif était préparé par Emilie et servi dans la grande salle attenante à la maison qui servait pour les ouvriers. Libres à eux d'y participer.

« C'est chouette ici. Rares sont les patrons qui installent si bien leurs employés »

« Je sais mais mon père y tient. »

« Ouais, je sens que je vais aimer cet endroit surtout avec d'aussi belles femmes autour de moi » déclara-t-il en m'observant de la tête au pied.

« Je vous souhaite de vous plaire parmi nous. Et je ferai part de vos compliments à mon encontre à mon époux lors de son retour » répondis-je en insistant bien sur la fin de ma phrase.

Je le vis ouvrir la bouche, mais il n'ajouta rien. Je lui souris en me dirigeant vers la porte.

« Installez-vous et allez rejoindre les autres aux écuries. Bonne journée Paul »

« Heu…merci… et bonne journée aussi, Paul. »

Sur le chemin me ramenant vers la maison, je riais toute seule. Pauvre Paul. Le fait de parler d'un mari refroidissait toujours les ardeurs des mecs, surtout les cow-boys. Evidemment, mes réflexions me ramenèrent justement à mon époux qui venait de débarquer sous un faux nom, sous un autre aspect mais qui ne tarderait certainement pas à me rappeler nos accords avortés lors de notre mariage. Et à ce moment-là, comment allais-je réagir ?

xXxXxXx

De légers coups frappés à ma porte me ramenèrent à l'instant présent. Un rapide coup d'œil au réveil m'indiqua que j'avais rêvassé plus de quinze minutes et que j'allais être en retard pour le repas du soir.

« Oui, entrez. »

« Que fabriques-tu ? Charlie commence déjà à marmonner que tu vas ressembler à ces chipies pourries gâtées que tu fuyais à Phoenix tant tu prends du temps » me charia Emmett en s'affalant sur mon lit.

« Arrête de te vautrer sur mon lit, j'aime pas qu'il soit froissé » rouspétai-je en finissant de me préparer.

« Oh, tu n'aimes pas les draps froissés….je plains ce pauvre Monsieur Hale »

Je me retournai vers lui d'un bond et le fusillai d'un regard qui aurait apeuré n'importe qui d'autre. Emmett éclata de rire et leva les mains devant lui, faisant mine de se protéger comme si mes yeux étaient de véritables mitraillettes. Le connaissant aussi bien si pas mieux que moi-même, je savais que lui dire d'arrêter ou me fâcher ne ferait qu'envenimer les choses. Je passai devant lui sans faire plus attention à lui mais arrivée à sa hauteur, je me jetai sur lui, m'installai à califourchon sur ses cuisses et me mis à le chatouiller. Emmett avait beau être plus grand et bien plus fort que moi, il devenait une véritable loque lorsque je m'attaquais à lui de cette façon. Il était terriblement chatouilleux et je ne m'en privais pas. Cependant, pour y parvenir, je devais le prendre par surprise.

« Stop, Belles…Arrête…. »

« Dis que tu regrettes ! Dis que tu ne m'associeras plus à cet…énergumène.»

« Jamais ….hahaha…non stop »

« Dis-le. »

« Ok, d'accord….Je regrette. J'le ferai plus….stop. »

« Merci »

Je me redressai et lissai ma robe qui elle aussi maintenant avait un aspect froissé. Je vérifiai mon reflet, repositionnai une mèche de cheveux avant de faire face à mon ami qui était toujours allongé sur mon lit.

« Tu comptes rester couché toute la soirée ? »

« On y est pas mal. Je devrais venir le squatter un peu plus. »

« Em, tu te gènes jamais pour venir. »

« Oui mais c'était avant » répondit-il en s'asseyant.

« Oh parce que tu ne viendras plus ? Plus de soirée pop-corn devant de bons vieux DVD ? Je vais pouvoir enfin dormir tranquillement sans t'entendre ronfler » le taquinai-je.

« Pas du tout Bells. »

Je gardai le regard braqué sur lui mais il se leva, se dirigea vers la porte et posa la main sur la poignée mais ne l'ouvrit pas. Je vis Emmett tourner la tête, un grand sourire qui n'augurait rien de bon. Je fronçai les sourcils, attendant ou plus exactement appréhendant sa prochaine phrase.

« Je n'oserai plus. Tu es une femme mariée maintenant et Monsieur ton époux m'étriperait pour un tel geste. Je tiens trop à ma vie pour braver le danger » déclama-t-il, tel un acteur tragique shakespearien avant de rire et de me planter dans ma chambre. Je restai sans voix face à cette tirade.

Comment pouvait-il plaisanter sur ce sujet alors qu'il savait pertinemment que je fulminais à l'idée d'avoir Jasper Withlock au Ranch ?

Flashback

Je m'étais installée sur la troisième marche des escaliers menant à l'entrée de la maison. Celle-là même où j'avais pleuré dans les bars d'Emmett la mort de mon chien, Tarro à huit ans, où j'avais raconté mon premier baiser à douze ans avec le fils d'un fermier voisin, où je l'avais écouté me raconter ses multiples conquêtes et où moi, j'avais osé lui parler de ma première fois affligeante après une soirée arrosée avec l'un des snobs de mon école à l'âge de dix-sept ans. Oui, cette marche comptait beaucoup pour nous. J'étais donc assise sur la troisième marche, les pieds sur la suivante, les coudes posés sur mes genoux afin de soutenir ma tête. Mon regard restait braqué sur le chemin et je commençais à désespérer de voir surgir mon ami. J'avais conduis Paul à son chalet il y avait plus d'une heure. Emmett devrait lui aussi être revenu depuis longtemps. Il devait savoir que je l'attendais avec impatience après la rencontre que nous avions faite. Le connaissant, il devait avoir voulu discuter avec Jasper afin de le mettre en garde et de le faire partir mais ça ne prenait pas autant de temps. Je tapai du pied, m'énervant de plus en plus lorsqu'enfin, je le vis apparaitre au coin des écuries et se diriger vers moi, un sourire sur les lèvres. Dès qu'il fut assez proche, je le bombardai de questions.

« Tu en as mis du temps. Je t'attends depuis près d'une heure. Que s'est-il passé ? Tu l'as mis à la porte ? Il t'a dit ce qu'il venait faire ? Ce qu'il voulait ? Tu as…. »

« Houla, Bells….une chose à la fois »

Emmett s'installa à mes côtés sur la marche, prenant tout son temps et faisant augmenter mon anxiété.

« Désolé mais après l'avoir conduit à son chalet, j'ai dû rejoindre mon père pour les vaccins. Le véto venait d'arriver et … »

« Em, je m'en fous. C'est pas ça qui m'intéresse » m'énervai-je un peu.

« Depuis quand la santé des chevaux ne t'intéresse-t-elle plus ? »

« Depuis que tu le fais exprès de ne pas me répondre alors que je suis sur les nerfs depuis plus d'une heure. »

« Détends-toi. C'est idiot de stresser par une si belle journée. »

« Tu te fous de moi ou quoi ? J'ai un mari qui débarque sans crier gare comme si c'était la chose la plus naturelle du monde et je ne dois pas m'inquiéter ? »

« Ne t'énerve pas » tenta-t-il de me calmer.

Mais c'était peine perdue. Je me levai et commençai à faire des cent pas devant les escaliers. Et le pire, c'est que ce qui me faisait rager le plus, c'était le sourire qui restait figé sur son visage, comme si la situation était la plus comique du monde. J'étais paniqué par l'arrivée soudaine et indésirable d'un intrus dans ma vie et Monsieur s'en amusait.

« T'en as de bonnes toi. Il n'a rien à faire ici. Dis-moi que tu l'as fait partir » suppliai-je.

« Désolé, Bells » soupira-t-il en regardant ses pieds.

« Pourquoi ? Que s'est-il passé ? » demandai-je en reprenant place sur la marche.

« Je l'ai conduit à son baraquement sans lui adresser la parole. Je ne voulais pas que quiconque puisse m'entendre. Une fois arrivé sur place, je l'ai assailli de questions pour connaitre les raisons de son séjour ici, comment il t'avait trouvée, ce qu'il voulait, combien de temps il comptait rester. Enfin ce genre de choses. »

« Et ? »

« Et…..rien. Il n'a pas daigné me répondre. Il me narguait avec son maudit sourire. »

« J'imagine très bien. »

« J'ai fini par m'énerver aussi et…nous en sommes venus aux mains. »

« Vous vous êtes battus ? Waw, tu as dû lui mettre une fameuse raclée cette fois. »

Emmett se leva à son tour et se gratta l'arrière du crâne, signe qu'il était mal à l'aise.

« Quoi ? »

« Nous nous sommes battus mais il est bien plus coriace qu'il n'y parait. »

« Oh non, ne me dis quand même pas qu'il t'a mis ko ? »

« Bells ! » s'offusqua-t-il.

« Alors explique-toi mieux. »

« Nous avons arrêté de nous taper dessus car nous étions de force égale et que cela n'arrangeait rien. Je voulais des réponses qu'il n'avait de toute manière pas l'intention de me donner. »

« Pourquoi ? »

« Il ne voit pas pourquoi il devrait me fournir la moindre explication. J'ai bien tenté de lui tirer les vers du nez mais crois-moi, il est très doué pour détourner la conversation. Ce mec n'est pas facilement manipulable. »

« Mais ça, je m'en fous. Tu lui as bien dit qu'il devait partir ? »

« J'ai bien essayé mais… »

« Mais QUOI, bordel. Qu'est ce qui peut être difficile dans le fait de dire à un type dégage. »

« Oh mais rien. Mais le mec ne veut pas s'entendre dire Dégage. Il veut rien entendre et va rester ! »

« Rester….mais c'est pas possible. »

« Et bien si. »

Je regardai, paniquée, mon ami. Comment vivre avec lui si près de moi ? Personne ne devait faire le rapprochement entre Jasper et William. Nous finirions par nous trahir. Non, il devait partir.

« Em, c'est pas vivable, cette situation. »

« Désolé Bells. Mais s'il ne veut pas partir de lui-même, je ne vois pas de raisons valables de le jeter dehors. J'ai parlé de lui avec mon père. Ils sont enchantés de ses références, de ses qualifications. Honnêtement, nous n'avons pas le choix. »

Je pris mon visage entre mes mains. Qu'allais-je faire ? Je devais rester ici après avoir tant insisté auprès de Charlie, il ne comprendrait pas que je change d'avis. Mais j'allais droit dans un mur et je doutais fortement d'être capable de le côtoyer quotidiennement.

« Em. J'ai peur. »

« Il ne te fera rien, Bella. Il n'est pas là pour te chercher des ennuis. »

« Qu'en sais-tu ? »

« Il me l'a dit et je suis enclin à le croire. »

Je me redressai et fronçai les sourcils. N'était-ce pas lui qui m'avait fait un véritable sermon le jour de mon mariage sur le fait que je devais me méfier, qu'il était peut-être dangereux ? Et voilà, qu'un simple regard et une petite bagarre le faisait changer d'avis.

« Et où est passé ton beau discours sur son côté « colérique » et dangereux? »

« Je pense que je me suis un peu emporté ce jour-là. »

« Ah oui ? »

« Heu… oui. J'ai eu le temps de l'observer et de discuter avec lui. Je pense qu'il faut lui donner sa chance. »

Je m'apprêtai à répliquer lorsque la voix d'Emilie nous parvint. Le temps avait passé tellement vite, que je n'avais pas remarqué qu'il était déjà temps de nous préparer pour le dîner.

« Oui, on arrive » répondit mon ami. Il me sourit et je décidai de lui faire confiance et d'accepter la situation et surtout de tolérer mon….mon quoi. J'étais mariée à Monsieur William Hale.

Ce Jasper Withlock n'était rien, absolument rien pour moi et il le comprendrait très vite.

« Ok, Emmett. Je vais faire de mon mieux pour le tolérer. »

« C'est un bon début. Bon, il faut qu'on rentre avant qu'Emilie ne rapplique et ne se doute de quelque chose. »

Fin du Flasback

Je regardais toujours la porte qu'Emmett venait de franchir, tétanisée par ce qu'il avait osé me dire. Il ne perdait rien pour attendre celui-là. Tôt ou tard, je lui ferai ravaler ses paroles mais pour l'instant, je devais descendre prendre le repas avec mon père et nos amis. Demain, j'aviserai sur la meilleure attitude à avoir. Demain, je découvrirai ce qu'il faisait ici. Enfin, demain ou après, quand j'aurais assez d'assurance pour l'affronter.

xXxXxXx

Je mourais de faim ! Bon c'était de ma faute, je n'avais pas besoin de me terrer dans ma chambre depuis la veille et zapper l'heure du petit déjeuner. Mais j'avais un grand besoin de calme pour repenser et analyser la journée de la veille. L'exercice avait été pénible mais j'avais réussi à digérer l'arrivée de William alias Jasper Withlock. J'avais rassuré mon père avant son départ concernant le retour imminent de mon époux. S'il savait qu'il lui avait serré la main quelques heures plus tôt, il m'aurait fait une crise. Ce temps de réflexion m'avait reboustée et donné le courage nécessaire pour l'affronter. . Il m'avait également permit d'effectuer quelques recherches. A mon retour de voyage, j'avais compulsé divers documents sur le net parlant de la famille Hale à Houston mais je n'en avais retiré que peu d'informations. Il s'avérait que c'était une famille très riche et puissante mais qui n'appréciait que très modérément la publicité. Aujourd'hui, j'avais voulu approfondir mes découvertes mais j'avais éteint mon ordinateur portable, frustrée. La majorité des articles trouvés parlaient de Monsieur et Madame William Winston Hale. J'avais appris qu'ils avaient deux enfants, William junior et Rosalie et une ribambelle de neveux et cousins disséminés aux quatre coins du Texas. Les Hale étaient très discrets concernant leur vie privé et intentaient systématiquement des actions en justice, si les tabloïdes publiaient des photos ou des informations sur celle-ci et leurs enfants. De ce fait, je n'avais trouvé que quelques rares photos du couple lors de manifestations caritatives ou de soirées mondaines. Leurs enfants étaient tenus à l'écart de cette vie je n'avais pu apercevoir William que de dos et elle datait de deux ans. C'était un homme grand et …. Brun. Les articles lus confirmèrent ses fiançailles avec Maria Del Montes, la fille d'un magnat du pétrole mexicain et leur mariage était prévu pour l'été prochain. Mes découvertes étaient bien maigres. Je ne pus affirmer ou infirmer l'identité du nouvel arrivant : Jasper Withlock. Qui était-il réellement ? Je devais le découvrir.

Il était près de douze heure trente lorsqu'enfin, je quittai ma chambre pour descendre. J'étais en retard pour le repas de midi qu'Emilie devait avoir préparé et servi dans la salle à manger commune mais cela m'arrangeait très bien. Je ne tenais absolument pas à rejoindre les hommes et le reste de la maisonnée pour partager le dîner. Je désirais avoir une discussion dans l'après-midi avec mon époux indésiré mais de là à m'assoir à la même table, c'était au-dessus de mes capacités. Je serais trop mal à l'aise pour manger ou faire la discussion. Je me préparai donc un sandwiche avec le reste de viande froide de la veille au soir, agrémenté de crudités sur le coin du plan de travail quand des bruits de pas me parvinrent. Je n'y prêtai pas trop attention, bien trop absorbée par mon frugal repas.

« Mais n'est-ce pas cette chère Madame Hale ?» entendis-je dans mon dos.

Je me raidis à ces simples paroles mais le ton moqueur de leur propriétaire fit monter en moi la colère que j'avais enfouie depuis la veille. Je me retournai d'un bond, prête à l'agresser verbalement mais lorsque je fus face à lui, je ne trouvai rien à dire sur le moment. Il se tenait debout à l'entrée de la cuisine arborant le sourire en coin qui m'avait tant marquée. Ses yeux verts avaient toujours la même profondeur quand il les posait sur moi, me faisant perdre la parole un bref instant. Ne voulant pas paraitre faible devant lui, je me redressai et soutins son regard.

« Que faites-vous ici ? »

« Oh, nous ne nous tutoyons plus ? Que c'est triste. »

« Répondez-moi »

« Emilie, charmante hôtesse soit dit en passant, m'a envoyé chercher du sucre. Sam a beaucoup de chance d'avoir une épouse si prévenante. »

J'avais l'impression que sa phrase s'adressait plus à moi qu'à Emilie. Il ne pensait quand même pas que j'allais être sympa et attentionnée avec lui.

« Là, n'est pas la question. Que faites-vous ici »

« Mais je viens de le dire, chaton. Je viens chercher du sucre car nous en manquons à la salle à manger. »

Il avait avancé de quelques pas en prononçant ces dernières paroles. Quant à moi, j'avais reculé du même nombre de pas voulant garder de la distance entre nous. Malheureusement, je fus rapidement bloquée dans le coin des meubles de la cuisine. Mon cœur s'accélérait à chaque nouveau pas.

« Vous ne devriez pas être ici. Ca ne faisait pas partie de notre accord »

« Hum…je ne me souviens que d'un seul accord entre nous hormis le mariage en lui-même évidemment. Et si ma mémoire est bonne, et elle l'est, cet accord n'a pas abouti. »

« Ce ne…c'est pas…je n'y suis pour rien » fut tout ce que j'arrivais à faire sortir de ma bouche.

« Oh mon pauvre chaton. Ce n'est pas de ta faute » essaya-t-il de m'imiter.

« Ca suffit. Vous n'avez rien à dire et surtout rien à faire ici. »

Il avança encore d'un pas qui le fit se coller à moi. Je n'osai pas lever les yeux vers lui redoutant d'y voir la même colère qu'en Australie mais mon corps réagit à sa présence. Mon cœur s'accéléra de peur et mes mains, posées sur le plan de travail pour me retenir devenaient moites. Ma respiration était saccadée et elle ne s'améliora pas lorsque je sentis son souffle sur ma joue.

« Toi non plus, tu n'as rien à me dire. Je suis très bien ici et j'ai bien l'intention de rester » susurra-t-il à mon oreille d'une voix ferme.

« Vous ne…. »

« Oh chaton, arrête un peu de me vouvoyer. J'ai l'impression d'être un vieux grincheux. Et puis, nous sommes liés pour le meilleur et le pire, je pense que nous pouvons laisser tomber le ton formel entre nous. »

« OK ! » criai-je en posant mes paumes à plat sur son torse pour le repousser.

Mais c'était sans compter sur sa force et sa détermination à me provoquer. Je n'arrivai pas à le déplacer d'un seul millimètre ce qui l'amusa énormément.

« Recule ! »

« Demander si gentiment, je ne peux qu'accepter ! » répondit-il en se redressant mais l'espace entre nous resta très menu malgré tout. Puisque nous étions face à face, autant avoir mes réponses maintenant.

« Que viens-tu faire ici ? Pourquoi venir compliquer les choses ? Et puis qui es-tu réellement ? William ou Jasper ou bien portes-tu encore un autre nom ? »

« Que de questions. Afin de ne perturber personne, appelle-moi Jasper.»

« Quel est ton vrai nom ? Pourquoi avoir menti ? Réponds »

Jasper pencha la tête en me regardant, me sourit puis recula pour se diriger vers l'armoire où, Emilie lui avait certainement expliqué, trouver la réserve de sucre. Je le vis l'ouvrir, se saisir d'un paquet avant de me tourner le dos et de sortir de la cuisine sans ajouter le moindre mot.

« Hey, mais où vas-tu ? »

Il stoppa sa marche et me répondit en me regardant par-dessus son épaule.

« Apporter le sucre à la salle à manger. »

Sur ces mots, il me planta dans la cuisine. Je fulminais. Mais c'était une manie de me laisser ainsi en plan. Hier Emmett et aujourd'hui lui ! J'avais le droit de savoir. Je devais savoir. Il n'avait pas le droit de me laisser dans l'ignorance. D'un pas décidé, abandonnant le sandwiche que j'avais préparé sur la table ainsi que le désordre, je lui emboitai le pas et rejoignis la salle à manger tandis qu'il s'installait à table. La totalité des ouvriers étaient attablés autour de Sam et de sa famille. Chose très rare mais qui devait avoir un rapport avec l'arrivée des nouveaux. L'ambiance était à la plaisanterie et à l'amusement. Je balayai la salle du regard en lançant un bonjour d'une voix la plus sûre que je pus mais au regard d'Emmett, elle ne devait pas être si précise que d'habitude. Jasper était assis près de Nettie et d'Emilie. Ils avaient pratiquement tous fini leur repas et s'apprêtaient à passer au dessert, d'où le besoin de sucre puisqu'Emilie avait préparé des crêpes.

« Madame Hale, venez-vous joindre à nous » lança Paul joyeusement en tirant la chaise à côté de lui.

J'hésitai un instant mais je me voyais mal faire demi-tour sans donner d'explications et je n'en avais aucune de toute façon. Lui rendant son sourire, je pris place à sa droite. Immédiatement, Emilie me servit un café auquel j'ajoutai un nuage de lait et un morceau de sucre. J'écoutai les conversations tandis que j'étalai une couche de sucre sur ma crêpe. Tous semblaient s'entendre malgré le peu de temps passé ensemble. Je tentai d'éviter de poser mes yeux sur lui mais du coin de l'œil, je voyais Jasper en grande conversation avec Nettie. Ceux-là aussi s'entendaient bien. Je n'eus pas le temps d'analyser plus car Paul attira mon attention.

« Ainsi, Monsieur Hale vous laisse seule ici »

« Hum… Son travail l'a retenu plus longtemps que prévu en Australie mais il ne devrait pas tarder à renter.»

« Ici tout le monde tutoie Bella » intervint Jacob.

« Il a raison et c'est valable pour tout le monde » insista Sam.

« Parfait. Alors nous aurons bientôt l'occasion de rencontrer celui qui a ravi votre cœur » ajouta Paul.

« Mais c'est une excellente nouvelle pour vous…pardon pour toi » renchérit Jasper qui avait stoppé sa conversation pour se joindre, malheureusement, à la nôtre.

Je me tournai vivement vers lui pour le foudroyer du regard. Un ricanement étouffé provenant d'Emmett ne m'aida pas, bien au contraire, il ne fit qu'accentuer ma mauvaise humeur. Il était mon meilleur ami et au lieu de tenter de m'aider, il me laissait me dépêtrer, seule.

« Nous aurons donc rapidement la chance de le rencontrer Bella ? C'est ton père qui va être heureux » intervint Sam avant de boire une gorgée de café.

« Oui…il …il devrait être là … prochainement. »

« Thanksgiving est dans une semaine, ce serait parfait s'il arrivait ce jour-là. »

Vite trouver une répartie car évidemment que mon mari ne pourrait pas être là la semaine prochaine puisqu'il était déjà présent. Non, mais dans quel pétrin m'étais-je encore fourrée ? La situation allait m'échapper et à part tout avouer à mon père, je commençais à me demander comment j'allais m'en sortir.

« Mais peut-être sera-t-il encore retenu au loin » insista Paul en me souriant plein d'espoir.

Et bien, en voilà au moins un qui a de la suite dans les idées. Je ne pus m'empêcher de lui rendre son sourire. Je devais admettre qu'il était pas mal du tout mais alors que je le détaillais, deux océans verts me perturbèrent. Je tournai la tête et croisai le visage de Jasper.

« Je ne pense pas mais qui sait » répliquai-je en reportant mon attention sur Paul.

« Ton époux ne devrait pas laisser une aussi jolie femme, seule ici » intervint à nouveau Jasper.

« Jasper a raison » acquiesça Paul.

« Vous exagérez » minaudai-je en rougissant. « Il sait qu'il peut avoir confiance en moi et puis il sera vite de retour. »

« Puisque tu le dis, nous n'en doutons absolument pas » lâcha Jasper avant de se détourner de moi et de reprendre sa conversation avec Nettie.

Non mais de quel droit se permet-il de me parler ainsi et de se mêler de ma vie privée ? Il fallait vraiment que je me dépêche d'avoir une bonne conversation avec ce monsieur avant qu'il n'en dise de trop. Mais je devais attendre le bon moment et ici, à table avec tout le monde, n'était décidément pas le meilleur. Les diverses conversations reprirent. Je découvris que Paul était un type très intéressant et amusant. Jacob et Emmett plaisantèrent entre eux et la fin du repas se passa dans la bonne humeur. Lorsque les hommes quittèrent la salle à manger, nous, les femmes rangeâmes la pièce. Pendant que Nettie et Lucy faisaient la vaisselle, j'écoutais distraitement leurs bavardages qui tournaient autour des trois nouveaux. Ils semblaient être à leur goût et tout particulièrement Jasper à celui de Nettie. Je tapai discrètement du pied sous la table où j'étais assise aux côtés d'Emilie. Celle-ci me lançait par moment des coups d'œil curieux mais ne fit aucun commentaire. Je ne pouvais leur en vouloir, tous les trois, il fallait le reconnaitre, étaient fort bel homme mais la manière dont elles parlaient d'eux comme de futures proies me dérangeaient. Ne voulant plus les entendre, je quittai la cuisine et me dirigeai vers la piscine à l'arrière de la villa, mon bouquin sous le bras pour attendre le retour d'Emmett, parti voir les bêtes en pâture avec son père et les nouveaux.


Et voilà, Jasper est dans la place et ne veut plus en partir.

J'attends votre verdict comme toujours.

La photo du barraquement sur mon FB (Eliloulou mon monde)

A bientôt

Biz

Eli