Bonsoir,
Y a-t-il encore quelqu'un?
Je sais, je vous ai un peu délaissé mais me revoici. De plus, j'ai deux tyrans (Lecholls et Spuffygirl) après moi pour me pousser à écrire.
Nous avions donc laissé Bella au prise avec Edward.
J'espère que cette suite vous plaira.
Bonne lecture
Chapitre 6
Au son des paroles de l'inconnu face à moi, je m'étais statufiée. Ma main était toujours emprisonnée dans la sienne et le regard qu'il posait sur moi en la secouant, m'effrayait un peu. Je réussis, sans trop savoir comment, à afficher un semblant de sourire sur mes lèvres et à lui rendre sa poignée de main. Lorsqu'il relâcha ma main, il se tourna vers Emmett afin de le saluer également. Mon ami, fidèle à lui-même, observait l'arrivant d'un air suspicieux et se rapprocha de moi.
"Allons dans le bureau pour discuter" proposa Charlie en montrant la porte d'entrée de la main.
Edward Cullen acquiesça d'un signe de tête. Tandis que mon père commençait à gravir les marches du perron, Emmett me lança un regard interrogateur. Alors que nous leur emboîtions le pas. Mon père pivota pour s'adresser à mon ami.
" C'est bon, Emmett. Je pense que tu as du travail."
"Oui mais c'est que..." bafouilla-t-il.
"Je pense être en mesure d'assurer la défense de ma fille puisque tu parais un peu...paniqué à l'idée de la laisser seule" plaisanta mon père en voyant mon ami collé à moi.
"Oui...non, enfin je sais que ...ok je vais travailler" répliqua-t-il avant de rebrousser chemin.
Il ne manqua pas de jeter un regard empli de sous-entendus au nouvel arrivant avant de m'observer une dernière fois. Je le sentais aussi nerveux que moi mais prenant mon courage à deux mains, je montai les marches pour les suivre. Charlie parlait avec Monsieur Cullen mais je ne compris pas un traître mot de leur conversation tant l'anxiété faisait battre mon coeur. Nous traversâmes le hall d'entrée pour nous diriger vers le vaste bureau qu'utilisait mon père lors de ses séjours au Ranch. Sam préférait, quant à lui, s'enfermer dans un local plus modeste mais proche de la cuisine et surtout d'Emily. Cette proximité leur permettait de discuter et de passer un peu plus de temps ensemble. Charlie ouvrit la lourde porte en chêne et se plaça sur le côté afin de nous laisser le passage. Refermant la porte derrière nous, il fit le tour de son bureau où il prit place, nous enjoignant à faire de même dans les fauteuils qui lui faisaient face. Cette pièce apparaissait à mes yeux comme le lieu de mes parents et, de ce fait, m'avait toujours intimidée. Lorsque j'étais petite, ma mère s'installait dans la méridienne près de la cheminée pour lire ou broder pendant que Charlie traitait ses affaires. Le silence qui y régnait ne me convenait absolument pas et je le fuyais avec Emmett. Les rares fois où j'y avais mis les pieds ne me laissaient pas un bon souvenir car c'était immanquablement pour me réprimander et me punir. Même aujourd'hui, malgré mon âge et mon statut de femme mariée, je n'en menais pas large. Cette pièce n'avait jamais été re-décorée depuis des années et gardait son côté austère. Du coin de l'oeil, je lorgnai vers l'inconnu qui arborait un air totalement décontracté. Mes mains devenaient moites et je les essuyai discrètement sur mon jeans.
"Et bien Monsieur Cullen, que nous vaut l'honneur de votre visite?" questionna Charlie.
Je retins ma respiration, appréhendant le moment où mon escroquerie allait être avouée à mon père. La panique s'accrut. Il représentait mon soi-disant mari et il venait certainement m'annoncer son souhait de mettre fin à cette supercherie. Comment allais-je pouvoir me sortir de ce mauvais pas? Emmett avait raison depuis le début. Mon plan était une très, très, mauvaise idée.
"Comme je vous l'expliquais tout à l'heure, je représente la famille Hale et leurs intérêts. Je suis mandaté par Madame Mélanie Hale, la mère de William, afin d'éclaircir certaines révélations qui nous ont été faites récemment."
" De quelles informations s'agit-il?"
Tandis que mon père posait la question, je déglutis, attendant la révélation de mon mensonge. Je fixai le portrait de ma mère accroché au mur derrière Charlie. Peut-être pourrait-elle m'insuffler la force d'affronter les minutes qui allaient suivre?
" Elles concernent principalement le mariage de mon ami et de votre fille, ici présente."
Mon coeur s'accéléra et j'avais l'impression que j'allais m'évanouir. Des sueurs froides firent leur apparition et je ne pus m'empêcher de gesticuler sur mon siège. Le regard de Charlie passa de Monsieur Cullen à moi plusieurs fois, faisant augmenter mon anxiété. Mon père finit par me sourire. Par ce petit signe, il me confirmait son soutien quelque soit ce qu'il pouvait révéler.
Alors que nous attendions qu'il poursuive, la sonnerie du portable de Charlie résonna. Il le sortit de sa poche puis après un rapide coup d'oeil à l'écran pour identifier l'appelant, il se leva, contrarié.
"Veuillez m'excuser mais je dois prendre cet appel urgent. Je vous laisse avec Bella qui est la principale concernée par ce qui vous amène."
J'étais tiraillée entre le fait d'être soulagée que Charlie nous laisse et n'apprenne de suite mon mensonge et l'appréhension de rester avec cet inconnu dont la présence ne m'inspirait aucune confiance. Ce dernier se leva lorsque Charlie s'approcha de la porte.
"Monsieur Cullen?"
"Oui?"
"Restez-vous un peu dans le coin?" s'enquit mon père.
"Effectivement, j'avais prévu de passer deux trois jours afin de discuter de certains points avec votre fille et de pouvoir faire un rapport correct à Madame Hale qui m'a envoyé."
"Bien. Alors vous nous ferez le plaisir de loger ici."
Il ne pouvait pas me faire ça! Non. J'ouvrais déjà la bouche pour m'opposer à cette proposition mais malheureusement Monsieur Cullen me prit de vitesse.
"Je ne voudrais pas vous déranger."
"Il n'y a aucun dérangement mon garçon. Et puis, les amis de mon gendre sont les bienvenus chez moi" clôtura Charlie avant de franchir la porte qu'il referma derrière lui.
Je restai bouche bée, fixant la porte dans l'espoir qu'il la repasse en disant que c'était une plaisanterie, très mauvaise à mon goût. Malheureusement, elle resta close. L'ami de William se laissa tomber sur le fauteuil, croisant sa jambe droite sur son genou gauche, les deux bras posés sur les accoudoirs. Je tournai la tête vers lui. Il me regardait, un sourire en coin sur les lèvres. Certainement une marque de fabrique made in Texas. Mais celui-ci était moins prononcé et moins sexy que celui de Jasper. A cette idée, je secouai la tête afin de me remettre les idées en place. Ce n'était vraiment pas le moment de penser à mon faux époux en face du meilleur ami de mon véritable mari. Ou l'inverse. Je commençais à m'y perdre. Ne pouvant me soustraire à cette conversation, je repris ma place en tentant de paraître la plus détendue possible.
"Voilà donc la nouvelle Madame Hale" déclara-t-il d'un ton sarcastique.
Je tournai immédiatement la tête vers lui. L'air affable qu'il affichait en présence de Charlie avait complètement déserté son visage. Ses yeux flamboyaient de colère, de suspicion et d'autre chose que je n'arrivais pas à définir sur le moment. Ce changement d'attitude ne m'effraya pas, bien au contraire. Je me redressai sur mon siège, lui faisant face et je pris la parole d'une voix assurée.
"Oui, c'est moi. Cela vous pose-t-il un problème?"
"Assez, oui" s'esclaffa-t-il.
"Et en quoi cela vous concerne-t-il au juste?
Il s'arrêta instantanément de rire et s'inclina en avant pour se rapprocher de moi, son visage ayant repris une expression fermée. Nullement impressionnée, je ne cillai pas, attendant sa réponse.
"Ca me concerne beaucoup plus que vous ne le pensez. William est mon meilleur ami et se marier n'était absolument pas dans ses intentions."
"Il semblerait, Monsieur Cullen, que William, mon époux, ait des secrets vis-à-vis de vous."
Ses yeux émeraudes emplis de colère me transpercèrent. Que croyait-il en débarquant ainsi chez moi? Que j'allais m'aplatir devant lui? Il ne me faisait pas peur et je n'avais pas l'intention de reconnaître la supercherie devant lui.
"Des secrets de cette taille, j'en doute franchement."
"Doutez tant que vous le voulez."
Je soutins son regard durant un long moment sans que ni l'un ni l'autre ne détourne le visage. Nous fûmes interrompus par un coup frappé à la porte. Emily entra, portant un plateau qu'elle déposa sur le bureau près nous. Elle salua l'homme assis à mes côtés avant de reporter ses yeux sur moi. Je la vis soulever les sourcils en découvrant l'expression déterminée de mon visage mais elle n'ajouta rien avant de s'éclipser. Me rappelant les notions de bonnes manières que mon père et Emily avaient tenté de m'inculquer, je me levai.
"Puis-je vous servir un rafraîchissement ou un café?" proposai-je.
"Un café avec plaisir, Madame Hale" répondit-il en insistant bien sur mon patronyme.
Je nous servis une tasse de mon addiction favorite et plaçai devant lui le pot de lait et le sucrier. Je repris ma place dans le fauteuil attendant qu'il reprenne les hostilités. Je tournais lentement la cuillère dans la tasse et je m'étonnais du calme qui avait repris possession de moi. Comme si ce court intermède m'avait rendue plus forte afin d'affronter cet homme et mon mensonge. J'allais m'y accrocher de toutes mes forces. S'il ne m'avait pas encore jeté à la figure que j'étais une menteuse, c'était certainement qu'il ignorait certaines choses. De plus, Jasper m'avait bien affirmé que William lui avait donné son accord pour cette mascarade. C'est fièrement, comme je savais si bien le faire face aux amis huppés de mon père, que je lui adressai la parole.
"Revenons à ce qui vous amène, Monsieur Cullen."
"Nous disions donc..."
"Vous disiez que mon époux ne pouvait avoir de secrets pour vous, plus exactement."
Ma répartie le fit rire légèrement et hausser les épaules. Le sourire qui s'attarda sur son visage, loin d'être chaleureux, rendait son expression moins rude et froide.
"Effectivement. Will m'a toujours tout confié. De plus, j'étais avec lui en Australie."
"Pas lors de notre rencontre en tout cas" contrai-je énergiquement.
"Non! J'ai dû reprendre le chemin du Texas avant lui, rappelé par des obligations familiales et professionnelles."
"Et où l'avez vous quitté?"
"A Melbourne."
Je ne pus réfréner un sourire. Sachant par Jasper que William était passé par Melbourne avant de le rencontrer et de s'arrêter à Alice Springs, je devais me servir de ce genre d'informations. De plus, s'il connaissait des détails sur le reste du voyage de son ami, il ne tournerait pas autant autour du pot. J'étais de plus en plus convaincue qu'il ignorait tout de l'accord entre Jasper et William. J'allais donc jouer le rôle de l'épouse aimante, attendant le retour de son mari prodigue avec toute la sincérité dont je pouvais faire preuve.
"Mon cher Monsieur Cullen, il vous manque donc une partie de l'histoire. William et moi nous sommes rencontrés après votre départ. Maintenant, je ne comprends pas pourquoi mon mari ne vous a pas informé de notre rencontre, ni de notre mariage."
"Je l'ignore aussi mais comptez bien sur moi pour éclaircir ce mystère dès que possible."
Écoutant sa dernière phrase, je bus une dernière gorgée de mon café avant de reposer la tasse sur le plateau. Il semblait moins sûr de lui qu'à son arrivée. Je devais absolument garder l'avantage.
"Mais je ne sais toujours pas ce qui vous amène ici, si ce n'est pour mettre en doute mon mariage" attaquai-je d'une voix que je forçais à être douce.
"Mademoi... Madame Hale, je ..."
"Bella!"
"Pardon?"
"Appelez-moi Bella. Après tout, vous êtes le meilleur ami de mon époux. Autant abandonner le côté guindé de cette discussion. De plus, mon père vous a invité à rester loger, vous n'êtes donc plus un inconnu."
"Vous avez raison. Dans ce cas, appelez-moi Edward. Et je suis bien d'accord pour laisser tomber le ton solennel et impersonnel de notre discussion.
"Et bien Edward, que nous vaut votre ... pardon, ta visite?"
Il leva la tête et plongea son regard dans le mien. L'éclat de colère qui l'habitait à notre entrée dans le bureau réapparut. Je n'allais certainement pas apprécier la suite mais je n'avais aucune solution pour y couper.
"Je ne sais pas trop par où commencer."
"Par le début?"
Il pouffa mais le rire n'était pas joyeux, plutôt de dépit voir de résignation. Comme s'il avait espéré me confondre sans devoir me révéler certaines choses.
"Je suis rentré à Houston avant William car mon père me réclamait. Il avait autorisé ce voyage avec réticence et il a cherché la première excuse valable pour me rappeler à lui. Régulièrement, Will me téléphonait et me racontait ses péripéties en territoire australien. Mais depuis plusieurs semaines, nos contacts se sont espacés tout comme les nouvelles à sa famille. William pouvant être très renfermé et lunatique par moment, ses silences ne nous ont pas inquiétés."
Edward se tut un instant, m'observant pour analyser mes émotions mais je restai la plus impassible possible. J'attendais simplement la suite du récit. Mais il n'ajouta rien.
"Mais? Car j'imagine qu'il y a un mais."
"Effectivement. Nous n'avons plus eu de nouvelles de Will jusqu'il y a quelques jours où il nous annonçait son retour."
Une boule se formait dans ma gorge tandis qu'il poursuivait.
"Mais il n'est jamais arrivé. Mélanie Hale m'a demandé de tenter de prendre contact avec lui et n'y arrivant pas, j'ai entamé des recherches. Il n'a jamais pris l'avion qui devait le ramener sur le continent. Ma question est donc de savoir si tu as eu des nouvelles de William?"
"Nous nous sommes parlé il y a trois jours et il m'annonçait qu'il reprenait l'avion pour Houston pour rencontrer sa famille et leur parler de moi. Il devait ensuite venir me rejoindre. Cela ne devrait plus être long."
"J'en doute."
"Mais... pourquoi?"
J'espérais vraiment être la plus convaincante possible mais un doute sur mes capacités de comédienne s'insinuait en moi.
"Parce qu'il a disparu!"
"Disp... pardon?"
"Tu as bien entendu. William n'a jamais pris d'avion et on ne trouve aucune trace de lui ."
" Ce n'est pas possible" répliquai-je avec une voix cassée.
Je ne connaissais pas William mais sa disparition, même si elle m'arrangeait d'une certaine façon, me peinait réellement et m'angoissait. Comment pouvait-il avoir disparu sans qu'aucun membre de sa famille ne soit au courant? Cela pouvait-il avoir un rapport avec Jasper qui avait endossé son identité? Pourquoi venir me trouver? Pensait-il que j'avais un lien avec cette disparition? Et comment m'avait-il retrouvée alors qu'il n'avait eu aucun contact avec William? La peur ne faisait qu'augmenter, mes mains étaient moites et je sentais mes yeux picoter. Edward dut se rendre compte de mon changement d'expression car il s'avança sur son siège et posa une main sur les miennes que je triturais.
"Je suis désolé, Bella. Je suis vraiment un rustre. Je manque souvent de tact. J'aurais dû être plus diplomate pour t'annoncer cette nouvelle."
"Ca...ca va aller" murmurai-je en essayant de reprendre contenance.
Edward sortit de sa poche un mouchoir qu'il me tendit. C'est à cet instant que je compris que la nouvelle me bouleversait plus que ce qu'elle n'aurait dû. Je levai la tête vers lui et le remerciai d'un signe de tête. Sur son visage, je lisais la confusion que mon attitude déclenchait chez lui. L'homme sûr de lui et arrogant avait disparu pour laisser place à une personne attentionnée qui paraissait vraiment s'inquiéter pour moi.
"Je suis désolé" répéta-t-il en serrant ma main entre les siennes.
"Merci. Mais… il doit... il ne peut pas avoir disparu. Juste retardé?"
"J'ai engagé un détective à Darwin où il était avant de prendre, ou plus exactement où il devait prendre, son avion."
"Un rendez-vous de dernière minute?"
"J'ai cherché partout sans succès mais c'est ainsi que je suis tombé sur ton nom."
"Comment?"
"L'ambassade que j'ai contactée lorsque nous n'avons pas réussi à le joindre nous a informés de son récent mariage. Tu peux imaginer la stupéfaction au sein de sa famille. Sa mère a toujours du mal à croire que son fils a osé se marier sans la prévenir !"
"J'imagine très bien. Mon père doit avoir eu sensiblement la même réaction"
Ayant réussi à calmer les larmes indésirables et ayant retrouvé un semblant de calme, je m'éloignai de lui et retirai mes mains des siennes. Il avait ri en m'entendant parler de mon père.
"Mélanie m'a donc mandaté pour te retrouver et éclaircir le mystère entourant ces noces."
"Et William?"
"Plusieurs détectives sont à sa recherche et, malheureusement, je ne suis pas d'une grande aide."
"Ainsi, tu es venu voir l'horrible épouse?"
"En quelque sorte. J'ai toujours beaucoup de peine à imaginer Will se marier à la sauvette."
Fièrement, je me levai pour le toiser. Même s'il était tout à fait en droit de mettre ma parole en doute, et avec raison de surcroît, je devais tenter de sauver les apparences. J'ignorai combien de temps cette situation allait encore tenir la route mais je devais m'y accrocher, du moins jusqu'à ce que je puisse en apprendre un peu plus sur le secret de Charlie.
"Je vais te montrer ta chambre pendant que j'essayerai de me remettre de cette nouvelle. Je vais aussi de mon côté tenter d'entrer en contact avec mon mari" répliquai-je en insistant bien sur le titre de William.
"Oui, je comprends"
"Je doute que tu puisses comprendre l'effet que cette nouvelle a réellement sur moi. J'ai besoin d'un peu de temps et d'être seule."
Sans lui laisser le temps de répondre, je me dirigeai vers la porte lui laissant le loisir de me suivre ou pas. Je traversai le hall et gravis les marches menant au premier étage. Ses pas résonnaient derrière moi. Je m'écartai après avoir ouvert la dernière porte à droite dans le couloir afin de le laisser entrer. C'était l'une des nombreuses chambres d'amis que mon père mettait à disposition de ses relations d'affaire lors de réunions au Ranch. Emily tenait à ce que chaque chambre soit toujours prête pour accueillir tout visiteur donc c'était sans aucune hésitation que j'avais mené Edward au premier étage. Pas que je veuille qu'il soit bien installé mais je ne désirais pas qu'il reparte au Texas avec une mauvaise opinion de la maison de la femme de son ami, même si tôt ou tard, il apprendrait la vérité. Edward posa un regard appréciateur sur la décoration dans les tons de bleu avant de revenir vers moi.
"Je vais te laisser t'installer" déclarai-je avant de me détourner et de m'éloigner.
"Je vais aller chercher mon sac dans le coffre de la voiture"
"Comme tu veux"
Ne désirant pas poursuivre la conversation, je descendis rapidement les escaliers, Edward sur les talons. Je l'entendis vaguement m'appeler mais je n'avais rien à ajouter et lui n'avait plus rien à m'apprendre. Je n'avais qu'une envie, celle de fuir, de m'éloigner de cet homme qui venait perturber mon quotidien. Alors que j'avais déjà à gérer un faux-vrai mari, je me retrouvais avec un vrai meilleur ami soupçonneux sur le dos. Il n'avait de toute façon pas besoin de mon aide pour s'installer. Je gardai un pas lent mais décidé en prenant la direction des écuries. Arrivée à hauteur des premières stalles, je tournai à droite passant derrière le bâtiment et me cachant à la vue d'Edward. Je me mis à accélérer le pas pour finir par courir. Emmett devait se trouver près des paddocks. C'est hors d'haleine que j'arrivai mais mon ami ne s'y trouvait pas. Je regardai autour de moi avec l'espoir de l'apercevoir.
"As-tu perdu quelque chose, Chaton?"
Je soupirai en baissant la tête. Le sort s'acharnait contre moi. Avec le nombre d'employés que nous avions, pourquoi devais-je tomber sur lui? Je me redressai et pivotai vers lui. Jasper était à l'entrée de la stalle de pansage, appuyé contre le mur, les bras croisés faisant ressortir sa musculature au travers de son ti shirt et son détestable sourire en coin sur le visage.
"Je cherche Emmett."
"Désolé mais il vient de s'absenter avec Sam. Tu sembles assez … perturbée, dirais-je."
"Je ne suis pas perturbée."
Je voulus rebrousser chemin puisque je ne pouvais trouver ni l'aide ni l'oreille attentive qu'Emmett aurait pu m'apporter. Mais c'était sans compter sur Jasper qui me rejoignit en trois enjambées et me saisit le poignet.
"Lâche-moi" m'écriai-je en tirant sur mon bras.
Peine perdue, il resserra sa prise mais sans me malmener. Son toucher était ferme mais doux. Je tentai une dernière traction du bras mais Jasper réagit immédiatement en me tirant vers lui. Son geste me surprit et me déstabilisa, m'entraînant vers l'avant. Heureusement ou non, j'avais du mal à définir ce que je pensais vraiment, je piquai vers l'avant.. Ce dernier me réceptionna au creux de ses bras qu'il referma autour de ma taille. Sous le choc, je mis quelques secondes à réaliser ce qu'il m'arrivait. Dès que je pris conscience de ma position, je me débattis de plus belle et réussis à me dégager grâce à un coup de talon bien pointé sur les orteils de mon geôlier.
"Non, mais t'es malade? Qu'est-ce qu'il te prend?"
"J'avais simplement envie de serrer dans mes bras ma charmante épouse."
"Arrête un peu ton baratin. C'est vraiment pas le moment avec ce qu'il m'arrive."
Je vis le visage de Jasper changer et perdre son sourire triomphant qu'il arborait depuis que je lui étais littéralement tombée dans les bras. Il m'observa, les sourcils froncés. J'en profitai pour mettre une distance raisonnable et sécurisante entre lui et moi. Non pas que j'avais une appréhension quelconque à être si près de lui mais je devais constater que je finissais fréquemment trop proche de lui et que d'une certaine manière, cela ne me dérangeait pas autant que cela l'aurait dû.
"J'ai droit à une explication?"
"Non!" m'exclamai-je de manière virulente.
"Tu as tort, je peux être une oreille plus qu'attentive et je te propose même mon épaule compatissante si nécessaire!"
Je le fusillai du regard et m'apprêtai à reprendre la direction de la maison lorsque certaines paroles d'Edward me revinrent en mémoire déclenchant un afflux de questions. J'hésitai un bref instant en me mordillant la lèvre, retournant les mots dans ma tête.
"Je ne veux rien si ce n'est que tu répondes à une question."
"Oh, tu m'inquiètes quand tu prends ce ton formel. Mais vas-y, je t'écoute."
" As-tu fait quoi que ce soit à William?"
"Pardon?"
"As-tu...fait...quelque chose...à ...William?"
"J'avais donc bien compris. Mais pourquoi me poser cette question? Je t'ai dit qu'il..."
"Il a disparu" le coupai-je, cherchant sur son visage un signe, quel qu'il soit, qu'il avait un lien avec cette disparition. Mais je n'y vis que de la stupéfaction. Même son éternelle arrogance l'avait déserté.
"Disparu?"
"Disparu. Volatilisé. Évanoui. Introuvable...Tu veux d'autres synonymes?"
Contre toute attente, Jasper se mit à rire. Décidément, ce type me déstabiliserait toujours ! Alors que je lui parlais d'un fait important, capital même pour moi sur un fond de tragédie, Monsieur se permettait d'être hilare ! Et après, il viendrait me persuader de son dévouement et de son envie de m'aider et de me soutenir. Le regard courroucé que je braquais sur lui eut au moins le mérite de le calmer. Reprenant son sérieux doucement, beaucoup trop doucement à mon goût, il reprit la parole.
"Merci pour cette démonstration de tes connaissances en linguistique."
"Tu m'énerves. Ne peux-tu pas être sérieux ne fusse que cinq minutes?"
"Je ne peux pas m'en empêcher. C'est absurde. William ne peut pas avoir disparu."
"Et bien, très cher, tu devrais peut-être aller expliquer cela à Edward et..."
"Edward?" demanda-t-il en fronçant les sourcils.
"Oui, l'inconnu qui se trouvait avec Charlie tout à l'heure est un homme de loi doublé du meilleur ami de William. Et figure-toi, que ce dernier est porté aux abonnés absents depuis quelques jours, que sa famille s'inquiète et doute fortement de notre mariage."
"Oups!"
"Oups? C'est tout ce que tu trouves à me dire?"
"Tu dramatises, Chaton."
"Ce qui me fait revenir à ma question. As-tu oui ou non, quelque chose à voir dans sa disparition?"
Si un regard pouvait tuer, j'étais morte et enterrée sur le champ. Ses iris changèrent instantanément, prenant une teinte vert foncé, presque noire. J'eus l'impression d'être revenue plus d'un mois en arrière et de me tenir face à celui qui s'unissait à moi pour le pire et peu vraisemblablement pour le meilleur. Bien que légèrement angoissée par ce changement radical d'expression, je ne pus m'empêcher de penser que s'il réagissait si violemment à mon accusation, il devait en être totalement innocent. Mais même s'il n'avait aucun lien avec cette disparition, Jasper m'avait lui-même avoué être en contact fréquent avec William et il était donc possible qu'il puisse élucider rapidement ce mystère. D'abord, tenter de calmer l'ouragan Whitlock qui menaçait de déferler sur ma petite personne.
"Ne t'énerve pas, je ne t'accuse de rien."
"Non, à peine !"
"Je regrette d'avoir émis l'hypothèse que tu pouvais être impliqué dans sa disparition."
"Tu ne pourras donc jamais me faire confiance?"
Jasper avait repris son calme et son expression était maintenant plus torturée que furieuse. Il se détourna de moi et s'éloigna vers l'écurie. Je m'en voulais, après la discussion que nous avions eue la nuit dernière, de remettre en doute sa sincérité. Il avait déclaré ne pas me vouloir du tort et à la première difficulté, je détruisais le peu d'entente qui s'était instaurée entre nous.
"Si...si, je crois ce que tu m'as dit hier et...je veux te faire confiance" avouai-je en le rattrapant et posant la main sur son bras pour donner du poids à ma tirade. Jasper stoppa sa marche et hésita avant de me faire face et de reprendre la parole.
"Je suis bien conscient que je ne t'ai pas donné vraiment une image de moi très flatteuse depuis notre rencontre, principalement en Australie, mais je ne te veux aucun mal. Je suis ici pour un travail, point barre."
"Je sais."
"Non, Isabella, tu ne sais rien."
Le fait qu'il me nomme Isabella me fit me sentir encore plus mal que s'il m'avait crié dessus. Pourtant, je n'appréciais pas particulièrement le surnom dont il m'avait affublé mais mon patronyme sonna comme un couperet. Je l'avais blessé involontairement alors qu'il ne le méritait absolument pas.
"Je suis désolée. Mais je suis un peu perdue face à cette arrivée et l'annonce de la disparition de William. Peut-être peux-tu essayer de prendre contact avec lui?"
"Je peux toujours tenter de le joindre mais s'il ne répond pas à sa famille et ses amis, pourquoi le ferait-il avec moi?"
"Peut-être qu'il s'est volatilisé volontairement mais comme tu ne fais pas partie de sa vie, il acceptera de te parler juste pour savoir où en est votre arrangement."
"Je doute mais j'essayerai ce soir. C'est le moment où j'arrive à le joindre plus facilement."
Sur ces mots, il tourna les talons me plantant comme l'idiote que j'avais été.
"Jasper, attends" criai-je.
"A plus, Chaton" répliqua-t-il en agitant la main au dessus de son épaule mais sans ralentir sa marche.
Je l'observai s'éloigner, hésitant sur l'attitude à adopter. J'avais le choix entre rentrer et me retrouver devant Edward et ses questions ou attendre le retour d'Emmett afin de lui raconter les derniers évènements. Sur un coup de tête et parce que je m'en voulais de mon attitude vis-à-vis de Jasper, je partis à sa suite. Je traversai les écuries, caressant quelques chevaux au passage mais je ne trouvais mon époux nulle part. Arrivée à l'extrémité du bâtiment, j'aperçus au loin Jacob, Jared et Paul déchargeant le camion de nourriture. Ils plaisantaient bruyamment et riaient des blagues que Jacob adorait raconter. Paul me vit et me salua, m'invitant à les rejoindre mais je devais rattraper le coup avec Jasper. J'avais vraiment manqué de tact et de discernement en l'agressant. De plus, entre choisir la compagnie d'Edward ou de Jasper, le choix était vite fait. Moins je passerais de temps avec l'ami de William et moins je risquais de commettre une erreur. Je répondis d'un geste que j'avais à faire et ne pouvais passer du temps avec eux et je repris mes recherches. Des rires attirèrent mon attention. Je me dirigeai vers eux et découvris Jasper en grande conversation avec Nettie. Celle-ci, appuyée contre une barrière, me tournait le dos. Quant à lui, il avait retrouvé sa bonne humeur. Je restai à bonne distance mais Jasper leva les yeux qu'il plongea au fond des miens. Il redevint sérieux une fraction seconde avant de murmurer quelques mots à l'oreille de Nettie sans me quitter des yeux. Elle se redressa tandis qu'il lui passait le bras sur les épaules et ils s'éloignèrent ensemble. Je ne savais expliquer la raison mais ce geste m'atteignit bien plus que je ne le voulais. Une boule se forma au fond de ma gorge. Je dus résister afin de ne pas m'élancer à leur suite pour retirer ce bras et expédier Nettie au Ranch et lui interdire de s'approcher de mon mari. Pourquoi réagissai-je ainsi? Pourquoi ressentai-je des émotions aussi violentes à l'égard de cet homme que je ne connaissais pas mais qui, en plus, m'exaspérait au plus haut point? Il n'était peut-être pas souhaitable que je sois trop en contact avec lui, tout compte fait. Tentant d'analyser ce qui venait de se passer, je rentrai calmement, passant par la porte arrière afin d'éviter Edward le plus possible.
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Je me réveillai péniblement le lendemain matin avec une forte migraine. Le manque de sommeil devait en être responsable. Les heures avaient été longues et la nuit bien trop courte lorsqu'on ferme les yeux vers quatre heures du matin. Pourtant, à mon retour, j'avais rencontré Charlie à qui j'avais expliqué dans les grandes lignes la raison de la visite d'Edward. Celui-ci avait paru soucieux et ne m'avait posé que très peu de questions. Il semblait si absent que je m'éclipsai discrètement sans même qu'il s'en aperçoive. Mon père ne l'admettrait pas mais j'étais de plus en plus convaincue qu'il avait des soucis, de très gros soucis et que l'obligation de me marier avait un lien direct avec ceux-ci. Il devenait de plus en plus urgent de trouver ce qui le perturbait et empoisonnait considérablement ma vie. J'avais regagné ma chambre que je n'avais plus quittée, refusant même de descendre prendre mon repas avec les autres prétextant un mal de tête. Je ne tenais pas à m'asseoir à la même table qu'Edward et encore moins que Jasper et Nettie.
J'avais donc attendu le retour d'Emmett qui n'était jamais arrivé en bouquinant dans mon lit. Aux alentours de minuit, j'avais fermé mon livre et je m'étais installée confortablement en vue d'une bonne nuit de sommeil. Plusieurs heures plus tard, un lit ressemblant à un champ de bataille, tandis que je me retournais pour la millième fois, mes paupières eurent pitié de moi et se fermèrent lourdement. Ma courte nuit fut peuplée de rêves en tous genres mais également de cauchemars. Je revoyais sans cesse Edward m'annoncer la disparition de William avant de tenter de me tuer avec l'aide de Jasper qui ricanait. Au troisième réveil en sueur, j'abandonnai et me levai. Il était à peine sept heures mais je savais qu'il était vain de tenter de me rendormir encore une fois. Je pris une douche rapide mais aucunement ravigotante car j'étais toujours aussi fatiguée et mal dans ma peau une demi-heure plus tard. J'enfilai un jeans délavé que j'agrémentai d'un top moulant noir. J'attrapai un léger gilet bleu car les températures restaient fraîches jusqu'au milieu de la matinée en cette saison. Je descendis rapidement, évitant la salle à manger commune, préférant m'aventurer dans l'antre d'Emily. La migraine toujours bien présente me coupait l'appétit. Je saisis une pomme dans la coupe à fruits et sortis par la porte arrière. Je contournai la villa, passant par le patio et longeant la verranda abritant la piscine afin de me retrouver au niveau des garages. J'allais sortir par la petite barrière lorsque je percutais de plein fouet une masse imposante et robuste. Je vacillai, prête à chuter mais je fus retenue par un bras entourant ma taille.
"Hey, mais faites attention" vociférai-je en me dégageant.
"Chut, Bells"
"Emmett? Mais d'où viens-tu?"
Mon ami saisit mon bras et m'attira à l'écart. Je le suivis docilement mais bien décidée à lui reprocher son incartade car je lui en voulais de m'abandonner à mon triste sort et de me laisser affronter seule les catastrophes qui me tombaient dessus.
"Pas si fort, Bells."
"Si tu n'avais pas découché, tu n'aurais rien à craindre de ton père."
"C'est pas lui qui m'effraye mais Emily" gloussa-t-il en jetant un regard vers la porte de la cuisine.
"La douce Emily?"
"Tu ne la connais pas comme moi. C'est un vrai tyran quand elle s'inquiète et c'est toujours le cas lorsque je ne rentre pas, sans avoir prévenu."
Je souris à ces paroles. Emily considérait vraiment Emmett comme son fils et elle l'aimait énormément. Je savais, pour avoir souvent assisté aux diverses remontrances qu'elle faisait à son fils de coeur, qu'elle l'adorait et ne pouvait imaginer qu'il puisse lui arriver quelque chose. C'était la raison qui la poussait à être aussi stricte malgré le fait qu'il soit adulte. Bien que de cela, nous pouvions en douter parfois.
"D'accord. Mais où étais-tu?"
"Oh, j'ai été réparé une clôture que Sam avait repérée lors de sa surveillance hier. Comme il était tôt, j'ai pensé aller voir une amie mais tu sais ce que c'est... le temps a passé trop vite."
"Ouais! Je te déteste de m'avoir abandonnée hier alors que j'avais besoin de toi."
"Pourquoi? Il s'est passé quelque chose?"
Je ne pus réprimer un soupir de résignation. Avait-il déjà oublié l'arrivée inopportune d'Edward? Je pestais toujours contre lui mais je ravalai mes répliques cinglantes et ma mauvaise humeur afin de lui raconter la conversation avec Edward, ses questions, ses doutes. Je l'informai également qu'il logeait chez nous quelques jours et que nous devions être très vigilants pour ne pas nous trahir.
"C'est pas génial comme nouvelle" déclara-t-il à la fin de mes explications.
"Je ne te le fais pas dire!"
"Nous devons rester attentifs et tenir deux trois jours. Ensuite, il repartira. Mais je pense que nous devons trouver rapidement une solution à ce mariage qui nous empoisonne la vie."
"Qui M'empoisonne la vie. Je te rappelle que c'est moi qui ai eu cette conversation hier tandis que Monsieur roucoulait en ville."
"Ok, on va pas chicaner pour si peu. Mais plus vite tu retrouveras ta liberté, mieux ce sera."
"Je suis bien d'accord. A ce sujet, j'ai trouvé Charlie très soucieux hier. Nous devons absolument nous remettre à nos recherches."
"Ce soir, nous tenterons de faire une liste de ce que nous avons déjà découvert pour reprendre nos investigations et te rendre ta liberté le plus rapidement possible."
Emmett avait raison. Cette mascarade ne devait pas s'éterniser. Edward n'allait pas rester longtemps mais je n'étais pas sortie d'affaire pour autant. La famille de William n'allait pas me lâcher surtout s'il ne réapparaissait pas. De plus, je n'étais pas certaine de pouvoir gérer Jasper, sa présence, ses sautes d'humeur et mes réactions. Je réagissais tellement bizarrement en sa présence que j'hésitais à raconter notre échange de la veille. Un bruit de pas provenant de la cuisine attira notre attention.
"Zut, voilà mon père. Viens"
Emmett me prit la main et m'entraîna à sa suite, longeant le garage. Nous contournâmes le bâtiment et prîmes la direction des écuries lorsque je me stoppai net. Près de la clôture des poulinières, se tenaient Jasper et … Edward. Mon ami s'arrêta près de moi et suivit mon regard. D'où nous nous trouvions, nous ne pouvions distinguer aucune parole mais les gestes qu'ils faisaient, montraient une discussion animée.
"Ils se connaissent?" demanda Emmett à mon oreille.
"Pas que je sache. Ils se sont rencontrés hier lors du repas. Mais comme je n'y assistais pas, pas plus qu'au déjeuner, je n'en sais pas plus."
"Je ne sais pas ce qu'ils se racontent mais ils ne semblent pas d'accord."
Je continuai à les observer durant quelques minutes. Leurs gestes et attitudes démontraient une divergence d'opinion importante. Toute à mon espionnage, je me posai une multitude de questions. Se connaissaient-ils? Edward avait-il découvert des faits sur Jasper que j'ignorais? Jasper m'aurait-il menti hier? Racontait-il notre arrangement? Subitement, Edward fit un grand geste exaspéré de la main avant de tourner le dos à Jasper et de regagner la villa. Ce dernier l'observa s'éloigner avant de pivoter pour reprendre son travail. Alors que je m'apprêtai à suivre Emmett qui avançait déjà, il m'aperçut et plongea son regard dans le mien. Son visage reflétait de la colère mais dès qu'il posa les yeux sur moi, il redevint impassible. Il me salua d'un signe de tête et s'éloigna pour vaquer à ses occupations me laissant face à mes questions, mes doutes, mes craintes.
TBC
Dites-moi tout! Aussi bien ce qui vous a plu que le reste.
Que pensez-vous d'Edward et de Jasper?
A très vite.
