Coucou,
Voilà le nouveau chapitre.
Les avis divergeaient selon les réactions de Jasper ou Bella.
Merci à Jess pour son aide et son soutien sans faille et à Spuffy qui traque mes fautes.
Je vous laisse donc découvrir.
Chapitre 11: Confiance
Je préférais ne pas lui répondre, restant sans faire le moindre mouvement, ni le moindre bruit.
Je sentis la porte bouger légèrement comme s'il s'en était écarté. Effectivement, je l'entendis s'éloigner, me laissant seule, une douleur au niveau de la poitrine.
Je sentais mon coeur tambouriner à m'en faire mal mais je restai immobile, la tête reposant sur le bois froid de la porte. Les yeux fermés, j'écoutais ses pas s'estomper.
"Pourquoi faut-il toujours que tu comprennes ce que tu veux et non ce que je dis?"
Comprenais-je vraiment tout de travers? Me fermais-je hermétiquement à chaque parole qu'il prononçait? Je repassai en boucle ses dernières phrases.
"Pourquoi t'efforces-tu à me fuir perpétuellement? Pourquoi dois-je me justifier sans arrêt, Chaton?"
Pourquoi réagissais-je ainsi? Pourquoi ne pouvais-je pas juste profiter du moment présent et surtout de l'attention qu'un homme comme Jasper semblait disposé à me prodiguer? De quoi avais-je si peur?
Oui, il avait le don d'arrêter ses gestes tendres à des moments inappropriés. Oui, je m'étais sentie rejetée plus d'une fois mais était-ce vraiment ce qu'il avait voulu faire? Comme il me le reprochait si bien, avais-je mal interprété ses gestes et paroles?
"Ne peux-tu pas juste me faire confiance?"
Confiance? Au fond de moi, j'avais confiance en lui. J'avais juste peur. Oui peur de souffrir et de m'attacher car c'était souvent mon problème. J'avais très peu d'amis parce que les quelques personnes que j'avais acceptées autour de moi m'avaient fortement déçue ou abandonnée un jour ou l'autre. Le seul et unique sur qui je pouvais compter les yeux fermés était Emmett. Pouvais-je m'ouvrir à quelqu'un d'autre?
Je me redressai et ouvris la porte à la volée. Je m'apprêtai à m'élancer dans le couloir mais apercevant le dos de Jasper au loin, je me forçai au calme. Je m'arrêtai, respirant à fond pour trouver le courage nécessaire avant de marcher lentement vers lui. Inutile en plus de réveiller les autres ou d'attirer leur attention par ici. Je dus malgré tout accélérer le pas afin de le rattraper avant qu'il ne pénètre dans la chambre qu'il partageait avec Emmett. Il s'arrêta lorsque je posai la main sur son dos. Mais il garda le regard rivé sur la porte.
"Jasper?"
"Oui?"
La réponse, bien que courte, était glaciale et aurait pu m'empêcher d'insister mais j'avais déjà assez tergiversé ainsi. Cette fois-ci, ni son attitude froide, ni mes peurs ni même le risque de nous faire surprendre ne m'empêcheraient de faire ce que je voulais.
"Attends"
"Pourquoi? Tu as été claire ..."
Ne me laissant pas le temps de répondre, il pivota sur lui-même, le regard reflétant une souffrance dont j'étais responsable et qui me déstabilisa. L'avais-je tant blessé en lui montrant si peu de confiance et de considération? Laissant mon instinct, pour une fois, prendre le dessus, je lui saisis l'avant-bras et m'approchai de lui. Très près de lui. Aucune hésitation mais je devais lui permettre de s'éloigner s'il le souhaitait. Collant mon corps au sien, je montai sur la pointe des pieds et posai mes lèvres sur les siennes.
Le manque de réaction de Jasper n'aurait pas dû me surprendre mais il me fit malgré tout reculer. Je plongeai mon regard dans le sien redevenu simplement curieux. N'y détectant aucune colère ou animosité, je réitérai mon geste mais en glissant mes bras autour de son cou. Ma bouche caressa la sienne qui restait inerte.
M'enhardissant un peu, je passai ma langue sur ses lèvres, ce qui le fit réagir. Je le sentis tressaillir avant que que ses mains se posent sur mes hanches, hésitant à m'écarter de lui. Une de mes mains glissa dans ses longs cheveux blonds tandis que je continuais à titiller sa bouche. Lorsqu'il me colla enfin à lui, je sus que c'était une petite victoire. Jasper répondit à mon baiser, dévorant ma bouche. Il mit fin à celui-ci mais me garda au creux de ses bras.
"Que me vaut ce revirement de situation?"
"J'ai agi comme une idiote." (NDJ: c'est l'euphémisme du siècle là …) (Spuffy: Je plussoie !)
"Mais encore?"
"Je me laisse souvent emporter quand ... quand j'ai peur" lâchai-je d'une traite.
"Je te fais peur?" s'inquiéta-t-il.
"Non … pas toi mais ..."
Un bruit dans une des chambres voisines attira notre attention. Je me tus immédiatement, ne voulant pas voir débarquer des curieux. Quand nous fûmes certains que personne n'arrivait, Jasper reprit la parole.
"Allons dans ta chambre sinon, on risque fort de voir l'un ou l'autre nous tomber dessus."
Joignant le geste à la parole, il me souleva du sol. Il me porta dans ses bras et je ne résistai pas au plaisir de poser ma tête sur son épaule. Mais le chemin fut de courte durée. Il me reposa à terre dès le pas de la porte franchi et s'éloigna même de quelques pas. Comment lui en vouloir après la manière dont je l'avais éjecté de ma chambre peu de temps auparavant? Ne sachant trop comment débuter la conversation car il semblait que la balle était dans mon camp, j'allai m'asseoir sur le bord du lit, me donnant encore quelques secondes de réflexion.
"Tu as raison lorsque tu dis que je ne fais pas confiance. La vie ne m'a jusqu'à présent pas aidé à le faire. J'ai donc tendance à tirer mes propres conclusions suite aux gestes ou paroles d'autrui."
Je levai les yeux vers lui car il restait sans répondre. Nerveusement, je triturai ma tenue entre mes doigts, cherchant les mots qui me faisaient défaut.
"Tu as dit que je fuyais et c'est vrai."
"Pourquoi?"
"Je ne suis pas la fille si libérée que je donne l'impression d'être. Je t'ai épousé pour m'opposer à mon père mais je fuis tout lien avec qui que ce soit."
Il hocha simplement la tête avant de s'avancer et de venir s'accroupir devant moi. Il posa ses mains sur les miennes qu'il saisit, ce qui me calma instantanément. Il n'ajouta aucun mot mais ses yeux m'incitèrent à poursuivre.
"Je ne vais pas facilement vers les autres et mes seules expériences n'ont pas été des plus concluantes. Alors, le fait qu'un mec comme toi puisse s'intéresser un peu à moi..."
"Un mec comme moi?"
"T'es-tu déjà regardé?"
"Oui, je me vois chaque matin dans la glace."
"Je sais. Je n'ai pas l'habitude que l'on s'intéresse à moi. Vraiment. Et quand tu t'éloignes, comme tout à l'heure, je prends peur."
"Hum ... Je comprends mieux."
"Par contre, moi, je ne comprends toujours pas pourquoi tu ... tu t'es arrêté? Ni pourquoi tu sembles t'intéresser à moi?" demandai-je en me mordant la lèvre, intimidée.
Jasper me fit son sourire si craquant que quelle que soit la raison qu'il allait donner, je serais une fois de plus sous son charme. Il caressa du dos de la main ma joue avant de me répondre.
"Je crois que plutôt que de te répondre, je vais te montrer"
Il se redressa et m'installa au centre du lit avant de s'allonger à mes côtés. Je voulus protester mais sa bouche s'écrasa sur la mienne dans un baiser fougueux. Ses mains étaient partout et je sentais que ma volonté à obtenir une explication fondait progressivement. Je rassemblai mes dernières forces pour m'écarter de lui mais sans le repousser trop loin. Fini le jeu du chat et de la souris.
"Alors?"
Jasper appuya sa tête sur sa main en m'observant, ses doigts continuant leurs caresses. Je frissonnai mais insistai.
"Chaton ... Je t'ai déjà dit à Rose Canyon que tu me plaisais beaucoup. Bien plus que ce que je n'avais imaginé."
"Je me souviens aussi que tu n'embrassais les filles que lorsque tu étais énervé" le taquinai-je.
"Ou quand j'en avais très envie."
"Et c'était le cas tout à l'heure puis subitement ton envie est retombée?"
"Tu es terrible!"
"Quoi?"
"Toujours à tirer tes propres conclusions."
"C'est que j'ai pas grand chose d'autre à faire que d'imaginer des raisons à ce … rejet"
Jasper fronça les sourcils et tordit sa jolie bouche dans une grimace exprimant sa contrariété.
"Je suis ... désolé que tu l'aies vécu comme un rejet. Ce n'est absolument pas cela."
"Explique-moi. Un moment tu veux de moi et l'autre, non."
"Je veux toujours de toi. Et ce depuis le début;"
"C'est vrai. De plus, je te devais de toute façon un moment intime"
"Oh! Je n'étais qu'un con prétentieux, à ce moment-là."
"C'est pas moi qui le dis cette fois."
"Et tu avais parfaitement raison. Ce qu'il s'est passé à la prairie était génial mais je voulais plus. Tu méritais plus. Je ne voulais pas que notre première fois se passe de cette manière. J'avais envie que ce moment soit parfait ... bref, j'avais envie d'une vraie nuit de noces"
"Ohhhhhhhh! Monsieur Whitlock deviendrait-il romantique?"
"Si tu n'aimes pas ce côté de ma personnalité, Chaton , je peux redevenir le con arrogant et prétentieux de nos débuts" répliqua-t-il en me repoussant sur le lit et s'installant au-dessus de moi.
J'éclatai de rire tandis qu'il me dévorait de petits baisers dans le cou. Je retrouvais la complicité que nous avions eue lors de notre escapade à Tucson. Lorsque je retrouvai mon calme, Jasper reprit ses caresses plus sensuelles. Ses mains prenaient possession de mon corps. Je ne portais qu'une minuscule et légère nuisette blanche en coton (1*) mais elle m'apparaissait subitement comme une barrière imposante. Jasper dut penser comme moi car il saisit le bord en dentelle qu'il remonta et la fit passer par-dessus ma tête avant de la jeter au loin. Une douce chaleur s'insinua en moi sous le regard gourmand du texan. Il s'inclina et posa ses lèvres sur mon ventre mais se redressa aussi vite pour s'attaquer à l'élastique du shorty assorti que je portais.
D'une légère claque sur ma cuisse, il me fit comprendre que je devais soulever le bassin afin de faciliter mon effeuillage. Ses yeux pétillaient lorsqu'il les plongea dans les miens après avoir découvert mon intimité. Nue devant lui, je me sentis rougir sous l'intensité de son regard et mon premier réflexe fut de me couvrir de mes bras mais il m'en empêcha. Je ne m'étais que très rarement trouvée dans la même situation. J'avais toujours tenté de camoufler mon corps ou de me retrouver dans le noir lorsque j'étais avec mes anciens petits amis. Pourtant, avec lui, la gêne était moins importante. Peut-être dû au fait que son regard reflétait de l'admiration et de l'envie.
"Tu es très belle, ne te cache pas"
Sa voix était rauque lorsqu'il lâcha mes poignets qu'il avait posés le long de mon corps. Il me surprit en soulevant mon pied gauche et déposa un sillon de baisers le long de ma jambe. Il s'arrêta à mi-cuisse, me frustrant au passage.
"Et exquise en plus"
Il reprit son manège avec l'autre jambe mais s'arrêta au même endroit, ce qui me fit grogner. Absolument pas perturbé par l'expression de ma frustration, il rit et poursuivit sa torture en reprenant ses baisers sur mon ventre. Ses lèvres remontaient, toujours plus haut, toujours plus près. Il contourna ma poitrine que ses longs cheveux frôlèrent. Je résistai jusqu'à sentir ses lèvres sur mon cou. Je tentai alors de déboutonner sa chemise mais je tremblais tellement que le résultat n'était pas probant. Je n'avais réussi qu'à en ouvrir un seul lorsqu'il se redressa pour la retirer. J'en profitai pour le regarder. Il était musclé mais pas exagérément. Son torse était totalement lisse mais on pouvait deviner une légère toison débutant au nombril et s'effaçant sous son jean, m'attirant au plus haut point. Je tendis les mains en me soulevant et réussis à détacher sa ceinture pour ouvrir le dernier rempart me séparant de ce que je souhaitais à présent. Jasper se leva et fit glisser son jean sur le sol, entraînant avec ce dernier un boxer gris. Je ne pouvais détourner mon regard et encore moins résister à l'envie de passer ma langue sur ma lèvre.
"J'ai réussi l'inspection?"
Sa question me prit au dépourvu et je piquai un fard qui, néanmoins, ne perturba pas ma contemplation. Mon texan de mari posa un genou sur le lit et rampa jusqu'à reprendre sa place au-dessus de moi. N'y tenant plus, je l'étreignis et l'embrassai à en perdre haleine. Tout en répondant à mon baiser, il glissa sa main entre nous, caressant mon ventre avant de la poser sur mon intimité. Je ne pus empêcher un gémissement de franchir mes lèvres ni le soupir de bien-être qui suivit. Ses doigts frôlèrent ma toison avant de s'insinuer plus en profondeur. La chaleur que je ressentais au bas ventre depuis que ses mains s'étaient posées sur moi ne faisait que s'intensifier. Mon bassin semblait animé d'une vie propre car je ne pouvais l'empêcher de rechercher le contact de ses doigts aux sensations magiques.
Jasper mit fin à notre baiser mais pour mieux poser sa bouche sur mon cou et descendre pour titiller mes mamelons du bout de la langue. Il alternait ses attentions tandis qu'un doigt s'enfonçait en moi suivi d'un second. Les va-et-vients de ses doigts, associés à la douce torture qu'il infligeait à mes seins, intensifièrent mes gémissements.
"Chaton, j'aime énormément t'entendre mais par contre, j'apprécierais beaucoup moins de voir débarquer Emmett ... ou Paul" chuchota-t-il à mon oreille.
Je dus me mordre la lèvre pour tenter de me retenir car il n'avait pas arrêté ses caresses en me parlant. L'une de mes mains fourrageait dans sa chevelure que j'affectionnais tant pendant que l'autre tentait de rejoindre l'objet de mes envies. Quand je réussis enfin à l'atteindre, ce fut Jasper qui émit un grognement, délaissant aussitôt ma poitrine pour prendre d'assaut mes lèvres. Son baiser finit de m'enflammer et j'explosai de plaisir. Heureusement qu'il m'embrassait, refoulant les cris que je sentais au fond de ma gorge.
Jasper relâcha ma bouche mais ne s'écarta pas, me laissant reprendre doucement pied dans la réalité. Son souffle chaud effleurait ma peau. Sa main suivait les contours de ma hanche. Mon rythme cardiaque enfin revenu à la normale, j'ouvris les yeux et rencontrai ceux de mon texan. Ils brillaient d'un désir que je n'aspirais qu'à satisfaire.
Il se redressa, m'effrayant un instant, avant de sortir de je ne sais où, un petit emballage métallique qu'il ouvrit. Toute notion de protection m'étant totalement sortie de la tête, cette attention me toucha. Il reprit rapidement sa place entre mes cuisses, frottant son érection contre mon sexe. Son regard plongea dans le mien à la recherche d'une hésitation, d'une réticence mais ne trouva qu'acceptation et impatience. Sans couper notre connexion, il plaça son sexe à mon entrée, et s'enfonça lentement en moi. J'enserrai ses hanches de mes jambes et posai mes mains sur son dos, tentant de le serrer encore plus contre moi. Un dernier coup de reins et il fut totalement en moi. Le sentir était au-delà de ce que j'avais imaginé et les sensations se décuplèrent encore lorsqu'il intima un mouvement lent de son bassin. La boule de chaleur localisée dans mon bas ventre gonfla à nouveau. Je suivais le rythme, accélérant de concert avec lui. J'avais de plus en plus de mal à retenir mes gémissements et Jasper écrasa sa bouche sur la mienne pour les étouffer. Nos langues se bataillaient, imitant les mouvements de nos corps. Les prémices de l'orgasme montaient en moi et mon compagnon était lui aussi proche. Il accéléra ses coups de reins, me pénétrant profondément. La jouissance éclata en moi, déclenchant une multitude de tremblements dans mon corps. Deux mouvements de plus et Jasper me rejoignit dans un grognement qui mourut sur mes lèvres. Je restai pantelante dans les bras de mon mari alors qu'il s'affaissait sur moi. Rapidement, il roula sur le côté m'entraînant avec lui sans que ses bras ne me lâchent un seul instant. Je m'y blottis tandis qu'il déposait un baiser sur mon front. Nous restâmes un long moment, récupérant de ce qui avait été, pour moi en tout cas, un moment fabuleux.
"Ca va, Chaton?"
"Hum..." soupirai-je.
"Je vais prendre ce "hum" pour un oui"
Je souris à sa plaisanterie. Je me sentais bien installée au creux de ses bras. Je dessinai des arabesques sur son torse qui frémit à ce contact. Ses lèvres caressaient mon front et je fermai les yeux, savourant le bien-être qui m'enveloppait. Je ne pus réfréner un bâillement que je tentai de camoufler en enfouissant ma tête dans son torse. Jasper se mit à rire mais s'étira pour saisir la couette qui avait glissée sur le côté du lit et me recouvrit.
"Merci."
"Dors Chaton."
"Tu as parlé d'une nuite de noces" marmonnai-je entre deux bâillements.
"Je pense que, pour le moment, ma petite femme a surtout besoin de se reposer."
"Tu vas rester ou..." quémandai-je en plongeant mes yeux dans les siens.
"Je ne pars pas" répondit-il en reprenant sa place et m'entourant de ses bras dans lesquels je m'abandonnai au sommeil.
Jasper posa sa tête contre la mienne mais je m'écartai pour lui poser une dernière question.
"Tu étais très très en colère ce soir?"
Il éclata de rire en secouant la tête.
"Oh, Chaton, oui vraiment très très en colère et je pense que je suis loin de me calmer. Maintenant dors."
Je sombrai dans les bras de Morphée dès ces mots prononcés profitant de la chaleur apaisante procurée par son étreinte.
Un très léger bruit, plus un frottement, me sortirent de ma léthargie. J'ouvris péniblement les paupières, m'habituant à la pénombre. Ma nudité me surprit quand je me souvins de la nuit. Je vis une silhouette bouger et l'identifiai immédiatement. Je souris de plaisir car il était resté avec moi. Puis je fronçai les sourcils lorsque je compris qu'il s'habillait.
"Que fais-tu?"
Il finit d'attacher son pantalon avant de pivoter vers moi. Il posa un genou sur le lit avant de s'asseoir. Jasper caressa ma joue, mon cou et mon épaule avant de me répondre.
"Il est 5h30, Chaton. Bientôt tout le monde va se lever et je pense que c'est mieux que personne ne me trouve ici."
"Personne n'entrera ici."
"Mais si Emmett se réveille et ne me trouve pas dans mon lit, il risque d'ameuter toute la maison et de débarquer ici. Je doute que tu apprécies et moi non plus."
Je baissai la tête, une mine boudeuse sur le visage. Je regrettais de m'être endormie et d'avoir gâcher le temps que nous venions de passer ensemble. Au fond de moi, la peur qu'il ne fasse de nouveau marche arrière et ré-instaure de nouveau un espace entre nous restait présente. Une boule se forma dans ma gorge.
"Chaton! Regarde-moi."
Il me fallut quelques secondes pour accéder à sa demande. J'espérais que, dans le noir de la chambre, il ne se rendrait pas compte de ma tristesse.
"J'ai pas envie que tu partes"
"Et moi, j'ai envie de rester Chaton mais ce ne serait pas raisonnable."
"Je sais."
Alors que je pensais qu'il allait se relever et quitter la chambre, il se pencha, m'enserra de ses bras et m'embrassa. Dès que ses lèvres rencontrèrent les miennes, des frissons me parcoururent. J'étais à chaque fois surprise de la réaction de mon corps en sa présence. Mes mains se nouèrent naturellement autour de son cou et je me collai à lui mais je ne pus en profiter longtemps car il se retira, déposa un dernier baiser sur mes lèvres avant de se relever.
"Chaton, je dois vraiment regagner ma chambre. Mais on se voit tout à l'heure."
"J'ai pas le choix."
Jasper secoua simplement la tête, me fit un petit signe de la main avant de sortir, refermant la porte sans faire de bruit. Je me laissai retomber sur l'oreiller en soupirant même si je comprenais ses motivations qui n'avaient pour but que de me protéger. Nous devions respecter notre accord et jouer le jeu devant les autres tant que je serai liée à William Hale et que je n'aurais pas découvert le secret de Charlie. Mais pour l'heure, j'aurais aimé le garder près de moi, me blottir dans ses bras, profiter de sa chaleur et de ses caresses. Des images du début de nuit vinrent danser devant mes yeux que je fermai pour en apprécier le souvenir. Je revivais ses moindres gestes, ses baisers, ses effleurements. J'avais l'impression d'avoir la peau en feu à chaque endroit où ses mains s'étaient posées. J'ouvris les yeux pour reprendre mes esprits et calmer le désir qui affluait en moi car Jasper n'était malheureusement plus présent pour l'assouvir. Un sourire béat s'installa sur mes lèvres tandis que je me recroquevillais sur le côté, la couette m'enveloppant. Mes yeux se refermèrent et je me rendormis, bercée par de doux rêves.
Je tournai en rond. Dix fois que je faisais le chemin entre la maison et les écuries, en vain. J'avais beau creuser une tranchée, les hommes restaient absents. J'avais même eu droit aux railleries de Carla face à mon impatience. Evidemment, elle avait mis mon excitation sur mon envie de voir revenir Emmett. Elle nous savait très proches et inséparables lorsque nous étions ensemble. Je n'avais pas eu besoin de démentir car le matin, à mon réveil, j'avais demandé où était mon ami.
Le temps s'égrenait lentement, très lentement. J'avais tout essayé pour le faire passer plus rapidement. J'avais aidé Carla à la cuisine, suivi John aux écuries pour nourrir les chevaux, passé un certain temps face à l'écran de télévision à visionner des bêtises dont je n'avais rien retenu et même tenté de poursuivre la lecture de la Confrérie. Mais ce dernier point fut une vraie catastrophe car chaque parole me renvoya vers Jasper. Je devenais pathétique.
Je m'apprêtai à rentrer quand j'entendis les chevaux. Mon coeur s'emballa. J'accrochai un sourire aussi naturel que possible sur mes lèvres et allai à leur rencontre. Les cinq cavaliers entouraient une dizaine de jeunes juments. Emmett et Jacob en tête.
"Hey Bells, t'es enfin sortie du lit?"
"Bonjour à toi aussi Emmett."
Ils posèrent le pied à terre et enfermèrent le troupeau dans la pairie avant de retirer les harnachements des chevaux et venir chacun à leur tour m'embrasser.
"Heureusement que je ne t'ai pas prise avec nous pour aider"
"Tu n'avais qu'à me réveiller, Em."
Mon ami m'étreignit et chuchota quelque chose à mon oreille avant de s'éloigner. J'écarquillai les yeux, pensant avoir mal entendu mais je n'eus pas le loisir d'y réfléchir plus car Jasper fermait la marche. Il était souriant et déposa un baiser sur ma joue comme les autres avant lui. Je le vis jeter un coup d'oeil vers la maison, s'assurant que les autres étaient bien rentrés. Un sentiment de timidité me gagna et je sentis mes joues s'enflammer. Je baissai les yeux mais du bout de l'index, il me releva la tête.
"C'est gentil de nous attendre."
Je faisais bien le pied de grue mais hors de question de l'admettre.
"Je viens d'aller me promener et je rentrais."
"Bien sûr! Ce n'est pas toi que nous avons aperçue faire les cent pas depuis là-haut" ajouta-t-il en montrant le chemin descendant de la colline. Je levai les yeux dans la direction indiquée puis les fermai en soupirant. Inutile de nier, la vue était totalement dégagée sur plusieurs mètres.
"Je trouvais le temps long à attendre Emmett"
Jasper raccourcit l'espace, déjà restreint, entre nous ce qui me fit instinctivement reculer. L'expression qu'il affichait montrait clairement qu'il était satisfait. Je compris pourquoi lorsque je me retrouvai acculée contre un arbre. Il posa une main de part et d'autre de ma tête sur le tronc.
"Chaton, tu ne crois quand même pas que je vais gober cette histoire? Emmett t'a à peine saluée avant de se ruer à l'intérieur, uniquement dirigé par son estomac tandis que tu es restée dehors"
Je saisis ma lèvre entre mes dents, cherchant une répartie. J'aurais dû également tenter de me glisser sous son bras pour filer à l'intérieur mais mon cerveau devait être en mode bug total car aucun son ne sortit de ma bouche et mon corps refusa de m'obéir. Mon regard restait braqué sur sa bouche qui venait de débiter ces derniers mots. Celle-ci prit possession de la mienne et je me détendis aussitôt, prenant vraiment conscience que j'attendais ce geste depuis ce matin à mon réveil. J'avais appréhendé son retour mais Jasper ne faisait pas marche arrière cette fois-ci. Il passa ses bras autour de ma taille m'approchant de lui et je répondis à son baiser, profitant pleinement de ce moment, oubliant que nous étions dehors, à la vue de tous. C'est à regret que j'y mis fin mais il me garda entre ses bras.
"Alors, tu attendais toujours Emmett?"
"Non, j'avoue. J'avais envie de te voir mais..."
"Mais?"
"Mais je redoutais aussi ton retour."
"Je comprends. N'aies plus peur. Je sais pas où on va mais ce que je sais c'est que pour le moment, j'ai envie de te connaître, de découvrir qui est vraiment Isabella Swan et profiter des moments que nous pourrons passer ensemble. Même si pour cela, je dois supporter Emmett."
"Pourquoi?"
"Ton ami est une vraie concierge."
Je le fixai, fronçant les sourcils, ne comprenant pas jusqu'au moment où l 'aparté d'Emmett me revint en tête.
"Tu dormais si bien que je n'ai pas voulu te tirer du lit. J'ai toujours été adepte de faire du sport avant de dormir, il n'y a pas meilleur somnifère."
"Oh mon Dieu! Que t'a-t-il dit?"
J'étais morte de honte. Connaissant Emmett, tout était possible avec lui. J'osais à peine le regarder mais Jasper ne semblait nullement mal à l'aise. J'en profitai pour me blottir à nouveau contre lui trouvant, par là, l'occasion de cacher ma gène. Je sentis son souffle chaud dans mon cou remplacé très vite par ses lèvres.
"Tu connais Emmett. Sous ses airs de comique de service, il est bien plus observateur qu'on ne le pense."
"Oui mais pas à ce point-là. Tu lui as parlé?"
"Non, il m'a parlé. Dès que nous nous sommes réveillés ce matin, j'ai eu droit à ses réflexions pas toujours très … subtiles mais surtout à ses mises en garde"
"Il ne t'a pas menacé?"
"Non, Chaton. Crois-tu que je sois du style à me laisser menacer? Il m'a juste répété ce qu'il m'avait déjà dit il y a un certain temps. Tu as de la chance d'avoir un ami comme lui. Il tient énormément à toi et te protégerait contre quiconque tenterait de t'approcher pour de mauvaises intentions."
Sa remarque me fit sourire. Il décrivait très bien Emmett et son côté protecteur. Sur-protecteur.
"C'est bien mais on va avoir droit à ses sous-entendus au quotidien."
"Certainement. Espérons qu'il soit discret. Au moins le temps que tu es officiellement Madame Hale."
Jasper se pencha pour m'embrasser une dernière fois avant de s'éloigner et de prendre ma main pour me ramener vers la maison. Dès que nous fûmes à découvert, il me lâcha et mit une distance raisonnable entre nous. Espace trop grand à mon goût mais nécessaire vis-à-vis des autres.
Le reste de la journée passa à une vitesse folle. Les hommes finirent de tout préparer en vue de notre retour le lendemain matin. J'aidai du mieux que je pouvais mais les remarques incessantes et les sous-entendus coquins à voix basse d'Emmett m'avait contrainte à fuir et à regagner la cuisine auprès de Carla. Nous avions donc mis à profit nos quatre mains pour confectionner des pâtisseries et un repas de fête pour le soir.
Cette dernière soirée s'était déroulée sous le signe de la gaieté, des rires et de la bonne humeur. Le repas, succulent, avait été dévoré par les hommes affamés. John en avait profité pour sortir quelques bonnes bouteilles de vin californien mais également français que mon père lui avait rapportées de l'un de ses voyages.
Je n'avais jamais été friande de cette boisson mais Charlie m'avait appris des rudiments d'oenologie et je pouvais apprécier à leur juste valeur ces grands crus. Et je devais reconnaître que ce soir, je les avais appréciés plus que de raison. Je riais sans raison apparente et le peu de mots que je prononçais n'étaient plus le reflet de mes idées. A vrai dire, je ne savais même plus d'où ils sortaient mais j'avais un peu l'impression que ma bouche avait une vie propre depuis plus d'une heure. Ce fut la dernière remarque de mon meilleur ami qui me décida qu'il était plus que temps de monter dormir avant de me ridiculiser plus ou de lâcher des mots que je regretterais.
"Bells, je pense que tu as déjà clairement exposé ton opinion sur ce point plusieurs fois. Nous avons tous bien compris que tu avais une préférence pour les blonds."
"C'est faux" m'écriai-je d'une voix vacillante dûe à la quantité d'alcool que j'avais bue. A la mine amusée qu'ils affichaient tous, je compris que je n'étais absolument pas convaincante. Je tentai de rassembler mes esprits pour dévier les regards de moi mais c'était une fois de plus sans compter sur mon merveilleux meilleur ami.
"Pauvre Paul, qui n'a plus que ses yeux pour pleurer ou filer direct chez le coiffeur du coin" ajouta Emmett, hilare alors que moi, j'étais mortifiée et ne demandais qu'un trou de souris pour m'y cacher.
"Mais je suis certain de pouvoir lui faire aimer les bruns" répliqua Paul en riant.
Tout le monde riait sans exception et sous l'influence du vin que j'avais ingurgité, je me joignis à eux. Prenant subitement conscience des mots d'Emmett, je me figeai et me penchai vers lui car nous étions côte à côte sur le divan.
"Dis-moi que j'ai rien dit de compromettant?"
"Hum... Je peux juste te dire que je regrette de ne pas être blond"
Qu'avais-je pu dire? Ils se moquaient tous de moi mais personne ne semblait offusqué de mes paroles. J'osai un regard vers Jasper qui me fit un clin d'oeil mais ne donnait pas l'impression d'être embarrassé ou fâché. Moi par contre, je gesticulais sur mon siège de plus en plus mal à l'aise sous les regards hilares.
Je posai mes pieds bien à plat au sol avant de tenter de me lever. Ce ne fut qu'au second essai que je réussis à me tenir debout. Ma stabilité était plus que précaire mais je pus la maintenir suffisamment pour saluer l'assemblée et grimper l'escalier, marche après marche, vers ma chambre. Je me sentais vaseuse. Tout un orchestre de cuivre jouait dans ma tête. Je me laissai choir sur le lit dès mon entrée et pris ma tête entre mes mains. Le sol, les murs, tout tanguait autour de moi. J'avais très rarement bu mais en deux jours, j'avais rattrapé mon retard. J'étais sure d'une chse, je ne renouvellerais pas souvent cette expérience. J'attrapai la bouteille d'eau sur la table de nuit et la vidai complètement. Au bout d'un temps plus ou moins long - j'avais de toute manière perdu la notion du temps - je me sentis suffisamment dégrisée pour me diriger vers la salle de bain et prendre une douche.
Mes gestes étaient lents et imprécis. Je me dévêtis et pénétrai sous le jet d'eau chaude. Le ruissellement termina de me dessaouler. Je restai plusieurs minutes, immobile, récupérant progressivement mes facultés.
"Ainsi tu as une préférence pour les blonds"
Je sursautai en sentant des mains se poser sur mes hanches avant de glisser plus avant sur mon ventre. Mais la tension retomba dès que j'entendis les premiers mots, reconnaissant le timbre grave de la voix de Jasper. Je voulus me retourner mais il m'en empêcha.
"Alors? Les blonds?"
"Juste un."
Sans même le voir, je sus qu'il souriait. Ses lèvres voyageaient sur mon cou, ma nuque et arrêtèrent leur course sur mon épaule. Ses mains caressaient ma peau. Je me laissai aller contre lui.
"C'est très restrictif ça, un seul."
Je ne pus que gémir en guise de réponse. Une douce chaleur grossissait déjà dans mon bas ventre et je ne désirais plus que profiter de ses mains sur moi. J'aurais voulu parler mais aucun son ne sortait de ma bouche.
"Mais si c'est moi, ce serait mal venu que je me plaigne" sussura-t-il à mon oreille avant que sa main ne se pose sur mon intimité. Je tournai la tête et nos bouches s'unirent. Notre baiser s'intensifia lorsqu'il me laissa pivoter et passer mes bras autour de son cou. Plus rien n'existait pour moi que lui avec moi, ses mains sur moi et les sensations magiques qu'il me faisait découvrir.
Comme lui, je ne savais où tout cela nous mènerait mais j'étais prête à prendre ce risque pour vivre cette aventure avec Jasper. Je ne désirais rien d'autre que passer du temps en sa compagnie et vivre le moment présent. Le reste, j'y penserai demain.
C'est maintenant que je stresse un peu et que j'attends de vos nouvelles.
Dites moi si vous aimez, n'aimez pas...enfin tout.
Je rappelle que les photos de cette fic son sur ma page facebook (Eliloulou mon monde) et que si vous souhaitez en parler, je suis là.
A bientôt
Eli
