Bonsoir,
Vous êtes encore là? Je sais je suis impardonnable d'avoir mis autant de temps pour écrire et poster cette suite. Mais la vie ne va pas toujours comme on le souhaiterait.
Mais voici enfin ce chapitre, validé par mes betas: Lecholls et Spuffygirl. J'espère qu'il vous plaira autant qu'à elles qui n'ont pas résister à le commenter.
Je vous laisse avec Bella et surtout...Jasper.
Bonne lecture
Chapitre 12
Le retour au Ranch s'était avéré un peu plus difficile que prévu. Pas que le trajet se soit mal passé mais la reprise des habitudes quotidiennes avait été pénible. Nous étions rentrés depuis deux jours et j'avais énormément de mal à me consacrer aux tâches administratives auxquelles je m'étais engagée. Celles-ci me paraissaient plus astreignantes et rébarbatives qu'avant mon départ. Les heures s'égrenaient trop lentement à mon goût. Je n'aspirais qu'à sortir, me promener et profiter des journées qui se rétrécissaient à vue d'oeil.
Mais pour être honnête avec moi-même, j'avais énormément de difficultés à me sortir ce week-end de la tête. Chaque moment me revenait en boucle. Je repensais à la soirée feu de camp, à la promenade catastrophique du premier jour et surtout, chaque seconde des nuits hantait mon esprit. Je me revoyais m'élancer à sa poursuite et notre discussion. Je pouvais même sentir ses mains parcourant mon corps enflammé et ses lèvres fraîches sur ma peau. Je ressentais le tumulte d'émotions et de sensations que j'avais vécues au cours de ces deux jours. A ces souvenirs, je constatai que ma bouche était sèche et que, vu la chaleur que je dégageais au niveau du visage, ce dernier devait être écarlate. Je m'empressai de penser à autre chose car mon père, arrivé durant notre absence, allait venir me rejoindre et je ne devais pas lui donner matière à se poser des questions. Il en avait déjà plus d'une tonne en réserve concernant William, c'était suffisant.
Un bip sonore attira mon attention. Je repris ma place au bureau massif de Charlie et ouvris ma boite mail persuadée de tomber sur la réponse d'un nouvel acheteur potentiel pour les juments que nous venions de ramener. Je me figeai lorsque le nom de William apparut en gras dans ma liste de messages. Je n'avais plus eu de contacts avec lui depuis notre échange de mails durant le passage d'Edward. J'hésitai à l'ouvrir, un sentiment de culpabilité pointant le bout du nez. J'étais tellement obnubilée par un beau blond que j'en avais presque oublié qu'il existait et se trouvait toujours en Australie. Le message s'ouvrit dès que je cliquais sur le lien.
Ma chère Bella,
Le temps ici passe trop vite et, malgré le fait que j''aie assuré communiquer régulièrement avec toi afin de maintenir les apparences, je manque à mes engagements.
J'espère qu'Edward a bien regagné le Texas comme je l'avais prévu et qu'il ne t'a pas trop embêtée. Il peut être si vindicatif parfois. Je voulais aussi te prévenir que ma soeur Rosalie risque de prendre contact avec toi. Cette idée de mariage ne l'a pas enchantée. Et elle aussi peut s'avérer pénible. Donc si elle venait à t'importuner, n'hésite pas à la remettre à sa place et à me contacter le plus rapidement possible. Je tenterais de la calmer au mieux.
Comment cela se passe-t-il pour toi? Penses-tu que tu ton problème sera résolu endéans le mois, comme convenu? Je ne pourrais malheureusement pas poursuivre notre arrangement au-delà de cette fin d'année ou alors, nous devrons envisager notre union sous un autre angle. J'attends de tes nouvelles.
Comme la dernière fois, tu trouveras un second mail destiné à ton entourage au cas où ils deviendraient soupçonneux.
Au plaisir de te lire.
Amicalement.
William.
Je relus plusieurs fois ce courrier avant de passer au suivant qui me mit mal à l'aise tant l'intimité qui s'en dégageait était importante. Ce genre de message convenait tout à fait à un couple amoureux et heureux mais ce n'était pas notre cas. Je ne pus que me demander s'il pensait à une personne en particulier pour écrire de si jolis mots.
Je relus certains passages touchée par ces mots qui ne m'étaient pas vraiment destinés mais que j'espérais un jour recevoir d'un homme amoureux.
Ma puce,
Tu me manques énormément et il ne se passe pas un moment où je ne regrette d'être si loin de toi. Surtout le soir, lorsque je suis seul dans mon lit.
Les quelques moments que nous avons passés ensemble, trop rares, mais que je chéris au plus profond de mon coeur, me permettent de tenir, loin de toi. (NDJ: une phrase à la Lecholls, I like it !)(NDE: Contaminée!)
Patience, ma puce, je serai très vite dans tes bras.
Avant de tomber dans un sentimentalisme dépressif, je préférai répondre au premier message. Ensuite, je le supprimai afin d'éviter que quiconque ne tombe dessus. En écrivant, je tentais de me convaincre autant que lui que la situation serait éclaircie pour la date fatidique bien que nos recherches soient au point mort. Je venais de faire partir le message quand la porte du bureau s'ouvrit. Je ne levai pas la tête puisque j'attendais mon père depuis déjà plusieurs minutes.
"Madame Hale, Sam m'envoie apporter les factures" entendis-je d'une voix où pointait à la fois du sarcasme mais également un soupçon de reproches.
Je regardai l'arrivant et ne pus réprimer le sourire qui s'étala sur mes lèvres. Il n'avait fait qu'un pas à l'intérieur du bureau après avoir refermé la porte derrière lui. Je le détaillai de la tête aux pieds. Il était habillé comme à son habitude d'un jeans délavé et d'une chemise en flanelle à gros carreaux blanc et bleu. Ses éternelles santiags aux pieds.
Voyant qu'il ne bougeait pas et restait le bras tendu, les feuilles dans la main, je quittai le bureau et m'approchai à pas lents de lui. Tout en m'approchant, je gardai les yeux sur lui, passant ma langue sur mes lèvres sèches. Je vis son regard descendre jusqu'à ma bouche avant de replonger dans le mien. Je pris la pile de feuilles et les déposai sur le meuble à ma gauche mais restai à un bon mètre de lui.
"Oh, c'est gentil d'être le facteur de Sam!" ironisai-je.
"Gentil est mon second prénom."
"Je ne dirai pas ça, moi."
"Ah non? Et pourquoi?"
"Tu m'ignores depuis notre retour."
Ses yeux flamboyèrent et je crus qu'il allait se fâcher mais son sourire en coin vint finalement illuminer son visage.
"Deux jours, Chaton."
"Deux très longs jours."
Je passai d'un pied à l'autre, nerveuse et surtout désireuse de combler l'espace entre nous mais j'hésitais. Après tout, il ne s'était pas manifesté depuis notre retour. Ce n'était peut-être pas judicieux de trop le pousser.
"Et puis, je ne t'ignore pas. Nous nous sommes vus aux repas, à la réunion d'hier et lorsque tu es passée aux écuries pour ta balade."
"Oui, je me souviens... Bonjour, Bella. Comment ça va?... si c'est pas m'ignorer, je n'y connais rien."
"Tu n'y connais rien. En fait, c'est moi qui me sens rejeté et ignoré"
"Comment?" m'écriai-je offusquée. Comment osait-il dire une ineptie pareille? Moi qui avais tout tenté pour le voir et l'approcher.
"Tu t'es arrangée pour venir uniquement lorsqu'il y avait d'autres personnes."
Je le fusillai du regard, outrée qu'il puisse penser cela. Alors que je me languissais de lui, que je l'attendais désespérément en vain, il me faisait à présent des reproches. Je croisai les bras dans l'une de mes postures typiques lorsque je boudais.
"C'est pas vrai. En plus, je t'ai attendu le soir" décrétai-je.
"Chaton! Et comment aurais-je pu le savoir ou, mieux, te rejoindre? Je loge au fin fond du domaine, dans le dernier des baraquements où Emmett et toi avez jugé bon de m'installer à mon arrivée tandis que toi, tu dors ici, dans la maison."
Je rougis violemment en réalisant cette vérité. Jasper n'aurait jamais pu me rejoindre dans ma chambre comme nous l'avions fait durant le voyage.
"J'ai dû me contenter de Nettie" déclara-t-il sans se départir de son sourire. (NDS: C***ard!)
Je sentis la colère monter en moi et je levai les bras prête à lui marteler le torse mais c'était sans compter sur sa rapidité. Il esquiva mes poings et se saisit de mes poignets. D'un mouvement sec, il me rapprocha de lui, collant son corps au mien. Notre proximité étouffa immédiatement mon ressentiment. J'inspirai profondément pour m'imprégner de son odeur musquée qui me faisait perdre la tête. Je ne désirais plus que profiter de son contact. Pourtant, je ne pus réprimer les mots qui se bousculaient dans ma bouche.
"Va donc la ..."
A peine avais-je commencé ma phrase que ses lèvres se posèrent sur les miennes. Je fondis dans ses bras alors que quelques secondes avant, je voulais le frapper. Il avait une telle emprise sur moi que cela aurait dû m'effrayer.
"Je me sentais abandonné. Mais crois-tu vraiment que je serais tombé dans ses bras?" m'interrogea-t-il.
Je relevai la tête vers lui et je réalisai que j'avais enfin confiance en lui et que, malgré le fait que j'avais pesté sur son absence, jamais je ne l'avais imaginé avec Nettie. J'avais regretté ses bras, ses baisers, ses caresses mais j'étais la seule à blâmer.
"Non. Je suis désolée. J'aurais dû comprendre que la maison ne t'était pas accessible facilement. Je ne suis qu'une idiote."
"Heureux de t'entendre le reconnaître"
"Je viendrais ce soir."
"Vraiment?"
"Vraiment. Promis"
Jasper me serra de nouveau dans ses bras, capturant mes lèvres dans un baiser enflammé qui me laissa pantelante. Il ne s'écarta que de quelques centimètres afin que je puisse reprendre mon souffle. Ses mains glissèrent de ma taille sur mes hanches avant de s'insinuer sous mon pull. La chaleur sur ma peau se répercuta également dans mon bas ventre. N'y tenant plus, je me collai à lui car je voulais qu'il recommence à m'embrasser. Je saisis ses cheveux, appréciant la douceur de ceux-ci. L'une de ses mains trouva le chemin de mon sein, l'englobant entièrement. Je m'attaquai aux boutons de sa chemise quand un bruit sur la porte nous figea. Nous nous écartâmes instantanément tandis que nous observions la poignée de la porte bouger. D'un geste ample, Jasper expédia au sol les factures et les notes d'envoi que j'avais posées sur le meuble. Je l'imitai lorsqu'il s'accroupit pour les rassembler.
"Qu'est-ce qu'il se passe ici?" demanda Charlie en pénétrant dans son bureau.
Je continuai à m'affairer sans le regarder mais lui donnai malgré tout une explication à notre position au ras du sol.
"J'ai fait tomber ces papiers que Jasper venait de me donner."
"Tu devrais vraiment faire un peu plus attention, Bella. Tu es si maladroite parfois."
Je m'arrêtai d'un coup et tournai la tête vers lui, surprise du ton froid et détaché qu'il avait utilisé. Charlie avançait vers le bureau sans plus nous prêter attention.
"Papa?"
"Vous avez terminé? Bon, alors, laissez-moi un peu seul, j'ai du travail."
"Mais Charlie, j'ai moi aussi du travail et …"
"D'abord, je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler Charlie et ensuite, je VEUX rester seul. J'ai des choses à faire."
Il venait d'hausser le ton, chose exceptionnelle pour mon père. Je savais qu'il pouvait s'énerver pour un rien et même être grognon mais il criait très rarement. Son style était plutôt de souffler le froid, d'être sec avec son interlocuteur mais en maintenant toujours la même intensité dans la voix.
J'ouvris la bouche pour protester mais Jasper posa sa main sur mon avant-bras et secoua sa tête me dissuadant d'insister. Il me fit comprendre d'un petit signe que nous ferions mieux de sortir et de laisser mon père, seul. Avant de franchir le pas de la porte, je lui jetai un dernier regard. Il était prostré sur son bureau, la tête enfouie dans ses mains. J'eus mal pour lui et sans même en avoir conscience, je dus amorcer un pas vers lui car mon compagnon me saisit le poignet et me tira à sa suite hors du bureau. Voir mon père ainsi, m'avait fait un choc, lui si maître de lui et toujours si fort face à n'importe quelle situation. C'est hébétée et silencieuse que j'accompagnai Jasper. Lorsqu'il s'arrêta, je vis qu'il nous avait menés à l'arrière dans une réserve contenant le mobilier de jardin.
"Chaton?"
Je ne dus pas l'entendre de suite car il caressa légèrement ma joue pour attirer mon attention. Levant les yeux vers lui, j'inclinai la tête afin d'accentuer son toucher et posai mes mains sur son torse, désireuse de le sentir.
"Qu'est-ce qu'il lui a pris?"
"Charlie?"
"Oui, je n'ai jamais vu mon père s'énerver ainsi pour rien et élever la voix. En plus, tu as vu comment il semblait abattu lorsque nous sommes sortis?"
"Oui, mais..."
"Je devrais y retourner et lui parler."
"Non, Chaton. Il a besoin d'être seul. Il te l'a dit en plus."
Je fronçai les yeux, le fixant comme s'il venait d'émettre la pire ineptie qui soit mais je finis par soupirer car je devais admettre qu'il avait raison. Mon père me ficherait certainement à la porte si j'osais y retourner.
"Il se passe quelque chose."
"Tu dois avoir raison."
"Il était pourtant de si bonne humeur ce matin."
"Ça a peut-être à voir avec le coup de téléphone qu'il a reçu avant que je ne rentre."
"Un coup de téléphone?"
"Oui. Il a discuté quelques minutes avec un correspondant et la conversation était plus qu'animée. J'ai pas vraiment entendu mais lorsqu'il a raccroché, il a directement appelé Sam."
"Pourquoi? Que lui-a-t-il dit?"
"Aucune idée. Ils parlaient très bas puis, à un moment, Sam a dit qu'il serait temps d'en parler mais je ne sais pas à qui. Je pense qu'il parlait de toi. Ensuite, Sam m'a envoyé avec les factures et ils se sont éloignés tous les deux."
Je réfléchis un instant aux paroles de Jasper avant de poursuivre.
"Je suis convaincue depuis longtemps que Charlie me cache des choses."
"Et que cela a un rapport avec ton mariage précipité?"
"Oui. Il est mystérieux depuis des mois, m'oblige à trouver un mari et devient de plus en plus irritable. J'ai trop longtemps repoussé mes recherches mais j'ai un mauvais pressentiment."
"Les femmes et leurs pressentiments" ironisa Jasper.
Je me rebellai en lui tapant sur l'épaule mais il ne s'en offusqua nullement. Au contraire, il m'attira à lui et les bras musclés de mon texan blond m'enserrèrent la taille, me collant à lui. Je m'y blottis, trop heureuse de retrouver la chaleur sécurisante de son étreinte. Je sentis son souffle dans mon cou avant que ses lèvres ne le remplacent. Il dessina un sillon de baisers sur ma mâchoire et le gémissement que j'émis mourut sur sa bouche. Comme dans le bureau plus tôt, je fondis dans ses bras, savourant le plaisir d'être à nouveau aussi proche de lui. Il m'avait manqué. Il mit fin à notre baiser mais me garda contre lui.
" Mais tu as raison sur un point, Chaton."
"Ah quand même! Et lequel?"
"Le temps t'est compté. Tu dois savoir ce que cache le besoin qu'avait Charlie de te savoir mariée et ce, avant la fin de l'année."
Effectivement, dans un mois, le délai que William m'avait octroyé en tant qu'époux se terminerait. Je serais obligée de tout avouer à mon père et subir certainement sa colère mais avant cela, je devais avoir résolu le mystère planant au-dessus du Ranch. Un mois encore à trouver des excuses à l'absence de ce mari. Un mois que j'allais consacrer à découvrir ce qu'il me cachait. Et aussi, un mois à m'efforcer de concilier ma vie de femme mariée avec celle de fille craquant à fond sur un beau texan blond qui, pour l'heure, laissait ses mains s'aventurer sous mon tee shirt. Oubliant instantanément le fil de mes idées, je ne pus que gémir sous ses douces caresses.
"Mais tu y penseras plus tard, pour le moment, je compte bien rattraper un peu du temps perdu ces deux derniers jours" murmura-t-il à mon oreille. C'était la meilleure proposition de la journée. Mon corps réagit à son contact, s'enflammant comme seul lui savait le faire. Mais le sort, la poisse ou quel que soit le nom que je pouvais lui donner vint mettre fin à notre moment en la personne la plus envahissante que je connaisse: Emmett. Alors que Jasper s'attaquait au bouton de mon jean, son portable sonna. Nous poussâmes le même grognement mais, malgré le fait que je tentais de le garder contre moi, il s'écarta pour répondre. La voix de baryton de mon meilleur ami arriva malgré tout jusqu'à mes oreilles.
"Ouais"
"Mais c'est que tu sembles heureux de m'entendre"
"On t'a jamais dit que tu étais pénible parfois?"
"Si. Bella. Souvent. Mais comme j'ai besoin d'elle, j'ai pensé à toi."
"Et pourquoi m'appelles-tu et pas elle?"
"Parce que tu vas essayer de me faire croire qu'elle n'est pas avec toi?"
Je fis de grands signes à Jasper pour qu'effectivement il réfute l'affirmation d'Emmett.
"Tout à fait."
"Bien. Alors, la brune que j'ai vu entrer avec toi dans la réserve est donc une autre. Nettie peut-être?"
Je grognai bien malgré moi en entendant parler de ma "potentielle" rivale. Ce qui, évidemment, fit rire mon texan. C'était plus fort que moi. Dès que je la voyais ou qu'on prononçait son nom, je sentais la rage monter en moi. Il fallait bien dire que depuis notre retour, elle faisait tout pour se venger de notre échange avant mon départ pour la montagne. Elle s'arrangeait toujours pour se trouver le plus près possible de Jasper lors des repas et s'attardait avec lui ensuite. Je ne pouvais montrer mon exaspération devant Sam ou Charlie mais je bouillais intérieurement. Je l'avais même surprise à se pavaner du côté des écuries en ondulant du popotin devant mon homme et mon meilleur ami. Depuis, ce dernier ne manquait jamais l'occasion de titiller ma jalousie.
"Passe le moi" râlai-je en arrachant le téléphone portable des mains de Jasper qui avait du mal à refouler son hilarité.
"Bells? Je croyais que tu n'étais pas là"
"Ca va Em. Arrête! Que veux-tu?"
"En plus de vous...surveiller?"
"EMMMMM"
"Je voulais juste te rappeler qu'il serait temps de s'occuper de Charlie car, vu l'humeur du jour, je pense que ça urge"
J'approuvai et lui rapportai l'arrivée de mon père au bureau avant de raccrocher. Jasper et moi restâmes face à face, à un pas l'un de l'autre, mais le moment magique était passé. Nos regards ne se quittaient pas. Il caressa une dernière fois ma joue avant de me prendre la main et de nous faire sortir de la réserve. Il vérifia au dehors. La voie était libre. Je le regardai s'éloigner le plus longtemps possible et lorsque je rentrais dans la maison, je réfléchissais déjà au moyen de m'éclipser ce soir sans attirer l'attention. Ca n'allait pas être simple. Quelle idée avait-on eu avec Emmett de le loger si loin? ! Mais quelles que soient les difficultés, cette nuit, je la passerais avec lui.
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Je le haïssais, je le détestais, je le maudissais... Pas Jasper, non, mais Emmett, mon soi-disant meilleur ami, mon ami d'enfance, mon confident de tous les temps, mon presque frère... je le haïssais.
Comment avait-il pu me faire ça? Comment avait-il pu organiser une soirée poker, justement hier soir? Et surtout faire traîner cette "sauterie" jusqu'à … tard au point que je m'étais assoupie dans le divan. Bon, il était vrai que je ne l'avais pas informé de mes projets mais quand même, accaparer mon texan aussi tard, était inadmissible. Je ruminais toujours dans mon coin quand le traître approcha.
"Salut Bells."
Décidée à l'ignorer, je poursuivis ma recherche tentant de paraître la plus concentrée possible sur l'écran de mon ordinateur. Mais après autant d'années, comment pouvais-je encore croire qu'il allait renoncer et retourner vaquer à ses occupations? Il pivota mon fauteuil et appuya ses deux mains sur les accoudoirs, son visage à quelques centimètres du mien.
"Que veux-tu?"
"Bien le bonjour à toi aussi. Tu es de bien bonne humeur, ce matin?"
"A qui la faute?"
Je le vis arquer les sourcils, surpris de ma réaction avant que ses lèvres n'esquissent un sourire qui m'indiquait clairement qu'il avait compris.
"Aurais-tu mal dormi? Pourtant ce n'est pas l'impression que j'avais quand je t'ai portée jusqu'à ta chambre."
"J'ai bien dormi" crânai-je en détournant le regard.
"Aurais-tu eu froid par hasard?" murmura-t-il à mon oreille.(NDS: double c***ard! nah!)
Posant mes deux mains à plat contre son torse, je le repoussai de toutes mes forces. Oh, il ne fut pas expédié de l'autre côté de la pièce comme dans les films d'action mais cela eut quand même le mérite de le faire se redresser et me laisser un peu d'espace.
"Arrête de tourner autour du pot, Em."
"Ok pas de souci. Tu voulais t'envoyer en..."
"STOP!"
"Bin quoi? Faudrait savoir. Ou je suis trop direct ou pas."
Je le haïssais, je le haïssais. Avec ses airs de "je n'y suis pour rien", il m'énervait.
"Ok, j'admets que j'avais prévu une toute autre soirée que celle que j'ai passée hier soir. T'es content?"
"Moui, très content" reconnut-il en s'installant de tout son long sur mon lit comme à son habitude. Et content, il l'était! Ses yeux moqueurs et surtout l'hilarité dont il venait d'être pris le confirmaient. Je le laissai rire à mes dépends en observant l'extérieur par ma fenêtre car tenter de le faire taire, était peine perdue. Il finit par m'interpeller et tapoter la place à ses côtés. Je soupirai mais j'allai malgré tout le rejoindre tout en continuant de bouder.
"Bells?"
Je restai silencieuse mais sous son regard, je me sentais déjà craquer. Je dus me mordre l'intérieur de la bouche pour ne pas éclater de rire trop vite.
"C'est bon mais si tu pouvais arrêter de nous mettre des bâtons dans les roues, ce serait vraiment gentil."
"Oh, parce que c'est moi qui te mets des bâtons dans les roues? Que je sache, c'est toi qui es restée cloîtrée ici durant deux jours."
"Oh! Il te l'a dit?"
"Bella, Jasper est un type sympa que j'apprécie et pourtant c'était pas gagné d'avance avec notre rencontre en Australie."
"Donc vous êtes devenus amis."
"Plus ou moins. Qui crois-tu qui a conseillé de l'envoyer porter les factures?"
"Oh! Mais alors, pourquoi cette soirée?"
Emmett secoua la tête en faisant une grimace face à ce qu'il estimait être ma bêtise. J'avais dû louper quelque chose mais quoi?
"Parce que tu n'étais pas sensée t'endormir. Si tu étais partie vers son baraquement trop tôt hier soir, tu te serais certainement fait prendre donc, avec Jasper, nous pensions qu'il se serait attardé avec moi et qu'il serait resté ici. Il est nettement plus discret que toi, miss catastrophe."
"Je ne savais pas."
"Bien sûr. Je te connais, tu aurais trépigné encore plus. C'est déjà miraculeux que personne ne se doute de rien."
"Merci."
"Pourquoi?"
"Pour être toujours là pour moi quoique je fasse."
Emmett se pencha en avant et déposa un baiser sur mon front comme il en avait pris l'habitude depuis notre enfance. Signe que j'étais toujours sa "petite soeur de coeur" comme il le racontait partout.
"Et je serai toujours là. C'est pour cela aussi que j'essaye de t'éviter des ennuis en te baladant la nuit pour retrouver ton amant au vu de tous."
"Hey, c'est mon mari!"
"Sauf que pour tous ici, ton mari c'est William Hale."
"Je sais. Plus le temps passe et plus je trouve que mon idée était la pire erreur que j'ai faite. Nous n'avançons pas dans la découverte du mystère de Charlie mais en plus je m'empêtre de plus en plus dans des mensonges."
"Courage Bella. On trouvera et tout rentrera dans l'ordre."
Je fis un faible sourire à mon ami tandis qu'il se levait et se dirigeait vers la porte, me laissant seule. Je doutais qu'un jour, ma vie reprenne un rythme normal.
xxxx
Je terminai le classement que j'avais entrepris aujourd'hui, jetant régulièrement des œillades à mon père. Ce dernier essayait de donner l'impression de travailler mais son regard errait souvent dans le vide. Quelques fois, il avait marmonné des mots incompréhensibles comme s'il s'énervait sur un homme absent. Ce ou celui qui le tracassait depuis des mois prenait de l'ampleur. Mais comment savoir vers où chercher? Durant les moments où je m'étais retrouvée seule dans ce bureau, j'avais entrepris de fouiller les tiroirs et meubles mais sans succès. Plongée dans mes réflexions, je sursautai lorsque des éclats de voix nous parvinrent du hall. Charlie leva les yeux vers moi comme si j'étais responsable du vacarme. Nous nous levâmes en même temps pour découvrir mon meilleur ami et mon texan de mari. Ils étaient hilares mais aussi complètement trempés.
"Mais que vous est-il arrivé?"
"Et bien Charlie..." commença Emmett en se grattant la tête, signe qu'il devait avoir fait une bêtise. Dans ces cas-là, il ressemblait à un enfant, penaud.
"J'écoute"
"Jasper avait un souci de plomberie." (NDJ: Mouahahahahaha, j'ai une sale image dans la tête là ^^ Heureusement que Bella n'est pas aussi caustique que moi qui aurais de suite pensé "Oh mais je vais m'occuper de réparer sa plomberie moi ")(NDS: Je plussoie Jess ! J'ai eu la même!)
"De plomberie? Vraiment?"
"Ouais. Et j'ai voulu l'aider à réparer car il y avait une fuite au niveau de la douche."
"Et?"
"Et ça ne fuit plus."
"Génial."
Emmett jeta un rapide coup d'oeil au blond qui retenait péniblement son rire mais ne tenta pas d'apporter son soutien à mon ami de plus en plus nerveux.
"Bin, pas tant que ça. Ca ne fuit plus car c'est complètement inondé."
Charlie, face à l'air désespéré et la tenue débraillée d'Emmett, se mit à rire au lieu de s'énerver comme je le craignais. Je me retenais depuis que j'étais sortie du bureau mais un dernier regard à Jasper dont la chemise mouillée moulait le corps parfait, le jeans plié jusqu'à mi-mollet et un sac à dos aux pieds, eut raison de mon sérieux.
"Allez-vous sécher avant d'attraper la crève. Et trouve une chambre pour Jasper. Il ne peut décemment pas retourner dans son baraquement que tu as dévasté" ajouta mon père entre deux éclats de rire.
J'attendis que Charlie regagne le bureau avant de m'élancer à leur poursuite dans les escaliers. Leur histoire d'eau me chiffonnait et je désirais en connaître les moindres détails. Je ne les rejoignis qu'à l'étage et c'est essoufflée que je m'arrêtais près d'eux. Les deux compères, qui semblaient si désespérés dans le hall d'entrée, paraissaient à présent euphoriques.
"Ca va vous deux?"
"Super bien, Bells. Et toi?"
"Hum... Bien merci. Mais je doute de votre santé mentale."
"Ma belle... Tout à l'heure j'ai dit que je serais toujours là pour toi. Et c'est ce que j'ai fait."
J'hochai la tête tout en me demandant si un tuyau ne leur était pas tombé sur le crâne. J'avais beau me creuser les méninges, je ne voyais pas où il voulait en venir. Cela devait se marquer sur mon visage car Emmett se fit un plaisir de m'éclairer.
"Bella! J'ai eu une idée de génie. Je n'approuvais pas le fait que tu allais déambuler seule la nuit dans la propriété même si celle-ci est sûre. Et je te voyais déjà rencontrer un des hommes qui se serait posé des tonnes de questions ou mieux, connaissant ta maladresse, tu aurais réussi à avoir un accident entre ici et chez lui" déclara-t-il en faisant un geste du pouce vers Jasper.
"Tu...vous...vous avez provoqué cette inondation?"
"Non pas nous. Lui" répliqua le texan.
"Avoue que tu n'aurais jamais pensé à ça!"
"Effectivement, Em, je n'y aurais jamais pensé."
"Viens, je vais te montrer ta chambre et puis nous nous changerons avant le repas."
Tous deux avancèrent dans le couloir, me laissant pantoise. Mon meilleur ami s'arrêta devant la porte menant à la chambre face à la mienne. Même si le procédé laissait à désirer, je devais reconnaître qu'en agissant de la sorte, il venait de nous faciliter grandement la vie. Bien plus simple de surveiller un couloir à traverser discrètement que la moitié de la propriété. Un grand sourire de satisfaction égaya mon visage tandis que je descendais terminer mon travail avant le repas.
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Je soupirai une énième fois en moins de 10 minutes. Mais que pouvait-il bien faire? Encore une soirée poker? Non, Em n'aurait pas osé me faire le coup deux jours de suite. Nous avions pris le repas du soir tous ensemble. La mauvaise humeur de Charlie semblait envolée et l'ambiance était des plus agréables. Il faut dire que Nettie brillait par son absence, ce qui était loin de me déranger. Pour une fois, je n'aurais pas à la voir flirter et se coller à Jasper comme elle en avait l'habitude. De plus, Paul paraissait m'avoir oubliée ou du moins, s'intéressait-il beaucoup à Lucy me laissant respirer.
A la fin du repas, j'avais laissé les hommes entre eux pour aider Emily puis avais regagné ma chambre. Pour meubler le temps, j'avais repris la lecture du livre que j'avais emprunté lors de notre voyage. Je touchais à la fin et je devais reconnaître que cette lecture m'avait plu. J'envisageai donc une escapade à Tucson pour me procurer la suite.
Il ne me fallut que quelques minutes pour refermer définitivement ce premier tome. Un rapide coup d'oeil vers le réveil m'informa qu'il était à présent près de 23 heures et toujours aucun signe de Jasper. Je sortis du lit et arpentai ma chambre de long en large, pestant sur celui qui me dédaignait une fois de plus. J'avais enfilé un léger pyjama de soie ne convenant absolument pas à la saison mais bien au programme de ce que j'avais prévu pour cette soirée. Mais plus le temps passait et plus je frissonnais. 23h10 et toujours le calme plat. Par contre, au fond de moi, c'était un ouragan qui prenait naissance.
N'y tenant plus, je décidai d'aller voir s'il était dans sa chambre. J'inspectai le couloir, heureusement vide et le traversai pour m'engouffrer subrepticement dans la chambre du texan. Ce dernier était installé le dos contre la tête du lit, vêtu d'un tee shirt blanc et ...le drap remonté jusqu'aux hanches. Et monsieur lisait. Il leva les yeux sur moi, son éternel sourire en coin au visage, ce qui m'énerva. (NDS: j'en connais un qui se fait désirer !)
"Mais qui voilà ? Mon Chaton."
Je serrai les dents tentant de me calmer. Il m'observait, la tête légèrement inclinée, jugeant ma réaction. Je m'appuyai contre la porte, laissant délibérément de l'espace entre nous bien que je n'avais qu'une envie: me jeter sur lui. Nous nous jaugeâmes un long moment avant que ce silence ne devienne trop pesant pour moi.
"Tu es bien installé" ironisai-je.
Il ne répondit pas mais il ôta immédiatement l'expression suffisante de son visage pour laisser place à un sourire sincère qui me prit au dépourvu. Comme au ralenti, il posa le livre sur la table de chevet, se redressa d'un bond et avança vers moi de sa démarche féline qui serrait toujours mon coeur d'anticipation. Je pus à loisir étudier son corps svelte et découvrir qu'il portait un bas de pyjama gris, sous son t-shirt blanc, qui aurait fait tout autant son effet sans le dessus. Arrivé à ma hauteur, il posa chacune de ses mains de part et d'autre de mes épaules, laissant son regard me caresser de haut en bas. Ce contact visuel m'électrisa autant que si c'étaient ses mains qu'il avait posées sur mon corps. Il se pencha lentement et son souffle sur ma joue remontant sur mon cou puis dans mes cheveux m'acheva.
"Je croyais que tu viendrais me rejoindre" réussis-je à articuler.
"Où ça?"
"Dans ma chambre. C'est bien le but de la manœuvre inondation?"
"Manoeuvre d'Emmett, je te rappelle. Et puis, je ne faisais que respecter ce que tu m'as dit."
"Pardon?"
"Je me souviens de "je viendrais ce soir" et je n'ai rien eu hier. J'espèrais que la promesse s'étendait à un jour de plus"
"Oh"
"Oui "Oh"! Donc je t'attends et, ce, depuis assez de temps pour trouver ce bouquin complètement débile" déclara-t-il en faisant un geste de la main vers le livre rejeté mais gardant son regard rivé au mien.
"Et je suis toujours la bienvenue?"
"Toujours. Tu m'as manqué, Chaton" sussura-t-il de sa voix rauque à mon oreille.
N'y tenant plus, je passai mes bras autour de son cou et posai mes lèvres sur les siennes afin de lui démontrer que lui aussi m'avait manqué. Je n'eus pas à insister car il réagit directement à mon assaut, entourant ma taille de ses mains viriles et prenant possession de ma bouche avec avidité. Je me collai à lui, voulant me fondre dans ses bras. Ses mains, loin de rester inactives, se glissèrent sous mon top de plus en haut. Bientôt, je n'eus d'autre choix que de lever les bras afin qu'il puisse me le retirer. Aussitôt la manoeuvre terminée, ses mains reprirent leurs caresses me procurant des sensations inouïes au point que je me retrouvais entièrement nue sans m'en rendre compte. Ses lèvres sur mon corps et ses doigts s'aventurant à la découverte de celui-ci m'empêchaient de réfléchir.
"Tu es si douce"
Je sentis que Jasper avançait lentement, m'obligeant à reculer.
"Tu sens divinement bon" murmura-t-il en enfouissant son nez dans mon cou et mes cheveux.
Subitement, il s'arrêta et s'écarta de moi. Je fronçai les sourcils ne comprenant pas son geste lorsqu'un grand sourire espiègle fendit son visage et que ses mains me firent tomber sur son lit. Je voulus me redresser mais il fut plus rapide et se retrouva à quatre pattes au-dessus de moi. (NDJ: GRAOUUUUUUUUU *sexy*) Je voulus le toucher afin de le rapprocher mais il saisit mes poignets qu'il immobilisa au-dessus de ma tête.
"Ne bouge pas"
Jasper se pencha et commença à tracer une ligne de baisers de la base de mon cou vers ma poitrine. Il contourna mes seins, les effleurant à peine. Je me tortillai désirant plus de contact et tentai de le toucher à nouveau.
"Laisse tes mains au-dessus de ta tête ou je serai obligé de t'attacher" chuchota-t-il d'une voix rauque et sexy.
Mon moi intérieur sautilla à pieds joints à l'idée d'être attachée, à sa merci mais je réussis à me tenir tranquille. Jasper reprit sa torture depuis le début en repartant de mon cou. Lorsqu'il frôla mon sein, je ne pus réprimer un gémissement.
"Tranquille et silencieuse, Chaton"
Sur ces mots, il reprit une fois de plus ses baisers à partir de mon cou. Quand Jasper s'arrêta une nouvelle fois à hauteur de ma poitrine, je n'en pouvais plus. Il était toujours appuyé sur ses genoux et ses mains de sorte que seule sa bouche me touchait. Pourtant, mon corps était en feu et je dus me mordre la lèvre afin de garder mes gémissements soigneusement enfouis au fond de ma gorge. Je ne désirais plus que le sentir sur moi et en moi mais lui, ne semblait pas vouloir mettre un terme à mon calvaire si vite. Rester immobile et silencieuse devenait quasi impossible surtout quand ses lèvres arrivèrent à la lisière de ma toison. Il souffla dessus et le contraste entre l'air froid sur ma peau enflammée, me procura des frissons de plaisir mais je gardai malgré tout le silence. Je l'entendis ricaner car il était bien conscient du supplice que je vivais. Il posa enfin sa bouche sur mon intimité. Un soupir de plaisir quitta mes lèvres tandis qu'il alternait les succions et les coups de langue. La boule de feu centrée sur mon bas ventre s'intensifia et éclata rapidement m'emportant dans un orgasme d'une intensité jamais ressentie jusqu'à ce jour et ce, sans que Jasper ne pose un seul doigt sur moi. Mon bel amant s'allongea enfin sur mon corps pendant que je redescendais du septième ciel. Mais alors que sa bouche traînait dans mon cou, il me pénétra d'un coup de rein ravivant aussitôt la sensation au niveau de mon pubis. Très lentement, il intima un mouvement de va-et-vient de son bassin que je ne pus m'empêcher de suivre. Cette fois, je n'arrivais pas à réfréner mes gémissements et Jasper me fit taire en m'embrassant passionnément. Il atteignit l'orgasme dans un grand râle qui m'emporta avec lui. Je peinai à reprendre mes esprits tandis qu'il s'affala sur moi, la respiration haletante.
"L'attente valait le coup" déclara-t-il en s'écartant de moi.
"Non mais!" râlai-je en frappant son biceps tandis qu'il s'allongeait à mes côtés et me prenait dans ses bras. Il saisit la couette afin de nous couvrir et caressa mon bras du bout des doigts. C'était un côté que j'appréciais beaucoup chez Jasper. Il était toujours doux et attentionné envers moi depuis que nous avions mis les choses à plat.
"Je plaisante. En fait, je t'accordais encore 5 minutes avant de franchir le couloir."
"Zut alors, j'aurais dû rester chez moi"
"J'aime l'idée que tu aies autant envie d'être près de moi que j'en ai le besoin"
Ces paroles me touchaient bien plus que ce que j'aurais voulu. Mais pour l'heure, il était vrai que je recherchais sa présence et ses attentions. J'aurais tout le temps de penser plus tard à ces émotions qui me titillaient à son contact. Pour toute réponse, je me blottis confortablement au creux de ses bras.
"Tu restes ou tu retournes dormir dans ta chambre?"
"Je préfère rester."
"Je préfère que tu restes aussi mais demain, c'est réveil à l'aube pour avoir regagné tes appartements avant que la maison ne s'éveille."
"Hum" répondis-je en baillant.
"Dors, ma belle" chuchota-t-il dans mes cheveux en y déposant un baiser.
xxxx
Je remontai le chemin vers la maison afin de prendre une douche nécessaire après une après-midi mouvementée en compagnie d'Emmett, Jasper et Paul. J'avais participé au travail dans les écuries et apporté toute l'aide que je pouvais auprès des chevaux. Mais la partie la plus agréable fut la longue promenade que notre quatuor s'autorisa pour se détendre en fin d'après-midi. Le crépuscule sur les plaines faisait ressortir une multitude de nuances de couleurs chaleureuses. De plus, notre entente était parfaite. Paul avait abandonné son attitude d'approche intensive pour mon plus grand plaisir. De ce fait, je découvrais un garçon gentil, avenant et prévenant. Lui et Emmett s'entendaient admirablement pour lancer des blagues et des vannes à tout bout de champ.
L'heure du repas approchait et nous avions laissé le grand brun regagner son baraquement afin de se préparer. Je précédai mes hommes, entendez mon meilleur ami et mon époux, qui discutaient de manière animée concernant le rodéo d'Aro Valley qui aurait lieu dans moins d'une semaine. Cet évènement attirait énormément de monde et le ranch participait chaque année. Emmett était notre meilleur représentant mais la semaine passée Paul et Jasper avaient proposé d'y participer aussi. Ce rodéo était le dernier avant celui tant attendu de Tucson en février. Une sorte de répétition grandeur nature. Perdue dans mes pensées, j'arrivai aux marches du perron lorsqu'on m'interpella.
"Isabella?"
"Bonjour" répondis-je d'une voix incertaine en levant les yeux.
"Je désespérais de vous voir avant de partir"
"Je … j'ignorais que mon père avait de la visite. Mais qui êtes-vous?"
Je le vis restreindre l'espace entre nous et tendre la main pour me saluer. Je n'avais aucune envie de lui retourner le geste mais l'éducation que Charlie m'avait donnée m'obligeait à répondre. J'avançai le bras afin de la lui serrer mais cet homme s'en empara et la porta à ses lèvres pour me faire un baise main qui me fit frissonner. Et pas de plaisir cette fois-ci. Je restai figée et profitai de ce moment pour l'observer. Cet inconnu était, je devais le reconnaître, très attrayant avec ses cheveux blonds ondulés jusque dans la nuque, ses yeux d'un bleu métallique hypnotisant mais aux reflets glacés. Le plus marquant était qu'il se dégageait de lui un je-ne-sais-quoi qui me donnait la chair de poule.
"Alex Walker" se présenta-t-il lorsque ses lèvres quittèrent mes doigts.
Ce nom m'était inconnu mais pour une raison tout aussi inconnue, je sus, au fond de moi, qu'il était la source d'ennuis de mon père.
Alors? Ca valait la peine d'attendre?
Si vous souhaitez voir à quoi ressemble Alex, je poste une photo sur ma page facebook.
Je vous donne rendez-vous au prochain pour découvrir qui il est. D'ici là, je suis preneuse de vos suggestions.
Bisous
Eli
