Bonsoir,
Et oui, vous ne rêvez pas, c'est bien moi.
J'avoue que j'ai eu pas mal de difficultés à me concentrer sur cette suite, mais la voilà. Et je compte bien m'y tenir. De toute façon, comptez sur ma bêta pour me stimuler. N'est-ce pas Jess?
Je vous laisse avec Alex Walker et surtout Jasper.
J'espère que cette suite vous plaira.
Bonne lecture.
Chapitre 13:
Je le vis restreindre l'espace entre nous et tendre la main pour me saluer. Je n'avais aucune envie de lui retourner le geste mais l'éducation que Charlie m'avait donnée m'obligeait à répondre. J'avançai le bras afin de la lui serrer mais cet homme s'en empara et la porta à ses lèvres pour me faire un baise main qui me fit frissonner. Et pas de plaisir cette fois-ci. Je restai figée et profitai de ce moment pour l'observer. Cet inconnu était, je devais le reconnaître, très attrayant avec ses cheveux blonds ondulés jusque dans la nuque, ses yeux d'un bleu métallique hypnotisant mais aux reflets glacés. Le plus marquant était qu'il se dégageait de lui un je-ne-sais-quoi qui me donnait la chair de poule.
"Alex Walker" se présenta-t-il lorsque ses lèvres quittèrent mes doigts.
Ce nom m'était inconnu mais pour une raison tout aussi inconnue, je sus, au fond de moi, qu'il était la source d'ennuis de mon père.
Je me sentais captive de son regard d'acier fixé sur moi. Je tentai, mais sans succès, de retirer ma main. Au lieu de me lâcher, il referma fermement ses doigts dessus. Une angoisse s'immisça en moi et j'amorçai un mouvement de recul rendu impossible par la poigne de cet homme. Le sourire qu'il arborait depuis notre rencontre s'effaça et ses yeux me quittèrent, balayant ma droite et ma gauche. Mes deux amis venaient de me rejoindre et se positionnèrent à mes côtés. Leur présence me soulagea immédiatement. Je pus enfin dégager ma main et d'un pas, je me collai à ma garde rapprochée.
Sur ces entrefaites, mon père, accompagné de Sam, arriva sur le perron. Je les vis passer leur regard sur chacun d'entre-nous et si je n'avais pas été aussi nerveuse, j'aurais éclaté de rire. Mais la lueur de panique que je vis passer dans les prunelles de Charlie me conforta dans l'idée que ce type avait un lien avec son secret.
"Oh, ma chérie, tu es déjà de retour. C'est bien, Emily te cherchait"
Mon père me signifiait clairement qu'il ne souhaitait pas ma présence sur le perron. Alex fusilla mon père du regard avant de m'offrir un sourire en coin à faire craquer toutes les filles mais qui, chez moi, me glaça le sang. Sans bouger, je pris conscience que mes amis s'étaient encore rapprochés.
"Je vous laisse. A demain, très chère Isabella."
"Demain?"
"Oui. Votre père m'a invité à dîner. Ce fut un plaisir de vous rencontrer. A bientôt" ajouta-t-il en inclinant la tête et regagnant sa voiture de sport.
Il avait délibérément ignoré Emmett et Jasper mais ceux-ci ne le quittaient pas des yeux. Nous restâmes figés, observant le nuage de poussière qui s'éloignait sur le chemin. Espérant au fond de nous qu'il ne reviendrait pas mais nous savions que c'était utopique. Dès demain, il serait de nouveau là.
"Mais qui c'est ce mec?" s'écria Emmett avant moi.
Il s'adressait à mon père et le rictus au coin de sa bouche montrait clairement qu'il était en colère et souhaitait vraiment obtenir une réponse.
"Un homme avec qui je suis en affaires"
"Ah oui? Et bien, à son genre, j'avais plus l'impression que l'affaire en cours était Bella."
"Emmett" le rappela à l'ordre Sam.
"Non pas de "Emmett" qui tienne. Ce type ne m'inspire pas du tout confiance. Je pense que j'ai droit à une explication.
"Non, tu n'en as pas le droit.
"Peut-être pas lui mais moi bien, papa."
J'avais volontairement employé le mot "papa" car je savais qu'il avait dû mal à me refuser quoi que ce soit lorsque je l'utilisais. Il était tellement habitué que je le nomme par son prénom. Il s'arrêta une fraction de seconde avant de reprendre la direction de la maison.
"Je viens de te le dire. Une relation d'affaires. Mais ça ne te concerne pas."
Sa réponse avait été ferme et sans appel mais je ne pus m'empêcher d'insister une dernière fois.
"Mais qui..."
"Pas maintenant" trancha Sam en me jetant un regard inquiet mais qui me cloua malgré tout sur place, muette.
Nous restâmes, tous trois, seuls devant la demeure. Charlie et Sam nous ayant abandonnés sans plus rien ajouter et nous laissant perplexes.
"C'était quoi ce bordel?" s'énerva subitement Emmett, coupant le silence qui nous enveloppait.
"Pas la moindre idée" répondit Jasper tandis que je me contentais de hausser les épaules.
"Tu avais déjà entendu parler de ce type, Bells?"
"Non, j'ignore qui il est."
"Une chose est sûre, on va devoir le découvrir, et vite, car ce mec ne m'inspire aucune confiance" ajouta mon texan blond.
"D'accord avec toi, Jazz"
J'avais décidément beaucoup de mal avec ce surnom idiot qu'Emmett lui avait donné mais il semblait s'en accommoder bien mieux que moi.
La soirée se déroula comme celle des autres jours à l'exception de Charlie qui ne se montra pas. Je proposai de lui apporter un plateau dans le bureau mais Sam m'en empêcha prétextant une excuse bidon sur des conversations téléphoniques importantes. Mes amis et moi tentâmes de soutirer des informations auprès du régisseur mais son dévouement à mon père était sans limite et aucun début d'explication ne sortit de sa bouche.
Ce fut frustrés et légèrement en colère que nous regagnâmes l'étage. Ma chambre avait été déclarée poste de commandement de l'opération "Découvrir le secret de Charlie". J'étais installée sur mon lit, dos contre la tête, mon ordinateur sur les genoux. Les garçons avaient, eux, pris place à mon bureau et surfaient sur le Macbook de mon meilleur ami. Nous recherchions le plus de renseignements possibles sur Alex Walker.
Nous notions tout ce que nous pouvions récolter comme informations, n'échangeant que peu de mots, entièrement concentrés sur notre tâche. Au bout de près d'une heure, Jasper se leva et vint s'asseoir à mes côtés, lisant mes notes.
"Ca ressemble fort à nos découvertes"
"On n'a pas grand-chose comme point de départ non plus. Juste un nom, c'est court."
Il tapa une nouvelle recherche dans Google, poussant mes mains restées en position au-dessus du clavier. Ce geste me fit sourire. Rebelle, je commençai à riposter en les frappant gentiment. Un meli-melo de doigts s'en suivit dans un grand éclat de rire et je terminai, allongée sur le dos, Jasper bloquant mes mains au-dessus de la tête. Evidemment, cette position me ramena à un autre épisode où je m'étais trouvée à sa merci. Mes joues s'enflammèrent instantanément tandis que je n'attendais plus que ses lèvres se posant sur les miennes.
"Hum"
Je sursautai au raclement de gorge d'Emmett que j'avais complètement oublié. J'aurais voulu entrer sous terre, très profondément alors que Jasper se redressait, le visage détendu et souriant comme si de rien n'était.
"Bon, si vous avez fini vos mamours, on pourrait revenir à nos moutons"
"Serais-tu jaloux?"
"Jazz! Je ne suis pas jaloux de ma meilleure amie mais je te signale au passage que moi, je suis seul et que vous voir vous bécoter n'arrange pas ma libido quelque peu … bridée ces derniers temps."
"Oh tu es en manque de câlins!" déclara Jasper en se levant et s'approchant d'Emmett pour le prendre dans ses bras. Ce dernier, la mine horrifiée, quitta son siège et recula, bras tendus pour faire barrage.
"Reste où tu es. Suis pas de ce bord-là" vociféra-t-il en riant, poursuivi par le texan aux quatre coins de la pièce. Ce manège eut le mérite de faire disparaître ma gêne et je joignis mon rire aux leurs. Hilares, ils se laissèrent tomber sur mon lit, à mes côtés, m'écrasant entre leur corps massifs.
"Bougez-vous!"
Ils se redressèrent mais me coincèrent entre leurs corps chauds et musclés. Si celui d'Emmett me laissait de marbre, la proximité de celui de Jasper mettait mes sens en émoi. Je me collai à lui discrètement, savourant ce contact. Mon meilleur ami ne se rendit compte de rien, mais Jasper se déplaça légèrement, me laissant m'installer confortablement.
"Passons en revue nos découvertes" annonça mon ami.
J'inspirai profondément afin de recadrer mon esprit sur Alex Walker et son mystère et non sur les secrets corporels de mon voisin (NDJ: niark niark niark, j'adore). Plus facile à dire qu'à faire mais je réussis malgré tout à me concentrer suffisamment pour écouter Emmett énumérer certains points.
"Nous avons donc situé le bon Alex Walker. Fils de Richard Walker, richissime industriel newyorkais décédé l'année dernière et de Susan White, également décédée il y a une quinzaine d'années d'un accident de la route. Fils unique et héritier de l'empire de papa Walker. L'entreprise Walker, la WIH."
"La quoi?"
"WIH! La Walker Industry Holding. Cette société a, au fil des ans, diversifié ses actions. Au départ, Richard investissait principalement dans de petites entreprises à la dérive. Il les achetait, les renflouait avant de les revendre avec un bénéfice plus que conséquent. Il a touché un peu à tout: immobilier, commerce, construction et il possède même un pied dans les médias."
"C'est peut-être le point commun avec Charlie?"
"Possible. Mais tout ceci concerne le père. Or, c'est à Alex que nous avons affaire en ce moment. Et sur le net, je ne trouve que peu de choses. Il a repris l'entreprise familiale mais n'a pas encore réellement fait ses preuves. On relate quelques frasques mais rien de bien méchant, ni de répréhensible."
"Un mec bien sous tout rapport, en somme?"
"Ca, ça reste à prouver."
Jasper fronça les sourcils en émettant cette dernière phrase. Il fixait l'écran qui affichait un Alex bronzé, tout sourire, tiré à quatre épingles pour la couverture du magazine Forbes lors de sa nomination au poste de PDG de WIH. On devait lui reconnaître une aisance face à l'objectif et un charisme qui le rendait très attrayant. Alors que j'observais également la photo et surtout le regard acier qui m'avait, je devais le reconnaître, effrayée plus tôt, je sentis les doigts de Jasper caresser lentement mon bras provoquant des frissons. Mes yeux quittèrent la photo d'Alex pour se poser sur lui, totalement inconscient de mon trouble. Je déplaçai ma main que je glissais le long de sa cuisse, attirant son attention. Nos regards se croisèrent et instantanément, un feu brûlant reprit dans mon bas ventre.
"Non, mais c'est pas possible, vous deux. Aucune considération pour le pauvre célibataire à vos côtés. C'est à se demander comment personne n'a encore rien remarqué dans cette maison. On vous sent prêts à vous sauter dessus au moindre contact."
Sa remarque, au lieu de nous gêner, attisa notre désir. Jasper déposa un baiser sur mon épaule tandis qu'Emmett, soupirant bruyamment, s'éloignait vers la porte en grommelant que côtoyer des lapins n'était pas pour lui et qu'une sortie en ville était plus qu'urgente.
"Je crois qu'il n'est pas contente." (NDJ: MDRRRRRR ! Emmett n'est pas contente ! HAHAHAHAHHA *tombe de sa chaise*)
"Hum" grogna Jasper en poursuivant ses attouchements.
"On aurait dû continuer à chercher des renseignements sur cet Alex."
"Chaton, oublie Emmett et Alex pour le moment. J'ai d'autres projets te concernant."
Effectivement, Jasper débordait de projets mettant en scène, lui, moi et ce lit. Ces moments d'intimité étaient au-delà de tout ce que j'avais pu connaître jusqu'à ce jour. Tantôt tendre et attentionné, tantôt explosif et sauvage, Jasper savait exactement comment nous satisfaire l'un l'autre. Ce fut comblée que je m'endormis au creux de ses bras comme j'en avais pris l'habitude ces derniers jours.
xxx
L'air était frais en cette soirée de décembre même si elle ne ressemblait pas à une soirée d'hiver. En Arizona, les températures en journée restaient vraiment très agréables mais chutaient dès le crépuscule. J'avais donc enfilé un cardigan de laine bleu marine avant de m'éclipser à l'extérieur, laissant les hommes, Sam, Charlie et Alex discuter au salon
Ce dernier passait toutes ses soirées avec nous depuis sa première visite qui remontait à quatre jours. D'abord méfiante et réticente vis-à-vis de lui, j'avais dû revoir mon appréciation à la hausse. Alex s'était montré sous un jour totalement différent. Lui qui avait paru sûr de lui, arrogant et limite prétentieux s'était révélé doux, charmant et prévenant. Toujours un mot gentil pour chacun d'entre-nous.
Il avait déjoué le questionnement acharné d'Emmett qui avait partagé notre premier repas avec brio. Tout en restant poli, il avait donné les réponses que nous attendions mais qui n'avaient malheureusement aucun rapport avec le secret de Charlie. Il s'était même révélé un orateur passionnant en nous exposant ses projets, une oreille attentive et compatissante lorsqu'Emmett s'était décidé à raconter mille et une anecdotes sur nos moments passés au Ranch.
Cette première soirée s'était donc bien mieux passée que je ne le redoutais. Les soirs suivants s'étaient déroulés sur le même ton, à la seule différence que mon meilleur ami n'avait plus été convié à partager le dîner en notre compagnie. Ou bien, rassuré sur l'attitude d'Alex, il avait préféré prendre le dîner en compagnie de ses compagnons de travail, ce qui était bien possible. Heureusement qu'Emily y assistait aussi, sinon je me serais sentie un peu perdue face à ces hommes qui passaient tout leur temps à parler chevaux de course, rodéo, le tout sur fond de finances. Charlie qui, pourtant, lors de ma rencontre avec Alex, avait paru horrifié que je le côtoie, semblait détendu. A la fin du repas, j'avais donc abandonné le trio masculin pour une petite balade.
Je frissonnai en déambulant du côté des écuries, écoutant les douces mélodies stockées sur mon Ipod. Dans ma bulle, je n'entendis pas les pas derrière moi, ni que ceux-ci se rapprochaient de plus en plus. On me toucha l'épaule, me prenant au dépourvu et me faisant sursauter. Je me retournai, la main sur mon coeur qui galopait.
Je découvris face à moi, un regard bleu acier mais qui avait perdu toute sa dureté initiale. Son teint halé contrastait avec l'éclat de ses cheveux blonds qui ondulaient au vent lui donnant un air plus sauvage et bien moins sévère que lors de notre rencontre. Et le sourire qu'il me fit adoucissait les traits de son beau visage. C'était la première fois que je prenais vraiment la peine de regarder Alex. Jusqu'à présent, j'avais plus tenté de connaître ce qu'il était sans succès et ce qu'il venait faire au Ranch sans plus de résultats. Mais ce soir, loin des autres, il m'apparaissait comme un homme différent. Je l'avais catalogué dans la liste des hommes mystérieux et dangereux car il arborait continuellement un air renfrogné, froid et semblait très calculateur d'après les conversations que j'avais entendues. Mais à la lueur de la lune, Alex s'avérait tout autre et je ne résistais pas à lui retourner son sourire.
"Puis-je vous accompagner dans votre promenade, Isabella?"
Je grimaçai lorsqu'il utilisa mon prénom en entier. L'entendre me hérissait toujours malgré le nombre d'années. Je ne le tolérais que lors de soirées mondaines ou de rencontres avec des contacts professionnels de mon père.
"Qu'y a-t-il?"
Je renforçai mon sourire, déterminée à lui octroyer l'autorisation de m'appeler par mon diminutif préféré. Il semblait si agréable et de plus, je devais admettre que je n'avais rien de concret à lui reprocher. Nous avions certainement sur-réagi avec mes gardes attitrés.
"S'il vous plaît: Bella."
"Va pour Bella. Peut-on également laisser tomber le vous si désagréable?"
"Avec plaisir."
Alex me tendit alors son bras sur lequel je posai une main, un peu tendue par ce geste. Il témoignait de la parfaite éducation de mon compagnon de route. Ensemble, nous poursuivîmes ma promenade autour des installations équestres.
"C'est très beau et très bien géré" remarqua-t-il en regardant autour de lui.
"Sam s'occupe du Ranch depuis son achat et il en est très fier."
"Je l'ai constaté à la manière enjouée qu'il a de parler de son travail et de ses bêtes. C'est un passionné."
"Effectivement, tout comme son fils."
"Hum."
"Pardon?"
"Il semble très proche de toi."
"Emmett est mon meilleur ami. Presque un frère. Nous avons grandi ensemble."
Alex hocha la tête mais ne répondit rien. Nos pas nous menèrent à proximité du premier baraquement où nous nous arrêtâmes un instant. Je jetai un rapide coup d'oeil vers la maison et quand je reportai mon attention sur mon compagnon, ce dernier s'était rapproché très, très près. J'avais peu d'échappatoires possibles car je me tenais contre une barrière et un petit fossé m'empêchait de m'éloigner. Alex avait, quant à lui, posé sa main sur la clôture, me coupant le dernier chemin pour m'éloigner de lui.
"Tu es bien différente de ce que j'avais imaginé" lâcha-t-il en plongeant son regard dans le mien.
"Comment ça?"
"J'avais plusieurs suppositions. Au départ, sans t'avoir rencontrée, je t'imaginais en fille à papa sophistiquée et frivole. Ensuite, après t'avoir vue lors de mon premier jour, en tenue de travail, j'ai cru que tu étais une vraie campagnarde jamais sortie de son bled."
"Merci, très sympathique. Et maintenant?"
"Maintenant, je suis revenu de ma première impression. Tu n'es ni une prétentieuse comme j'en rencontre si souvent à New York, ni une petite provinciale. Tu es bien plus intéressante, intelligente et agréable que la plupart des femmes que j'ai eu l'occasion de côtoyer depuis longtemps."
Tout en s'exprimant, Alex avait posé un doigt sur ma joue qu'il caressait doucement. Lorsque sa main glissa vers ma nuque, je réagis enfin en posant mes mains sur son torse, maintenant un espace, réduit, mais un espace tout de même, entre lui et moi. Un léger bruit attira notre attention, le faisant se redresser suffisamment pour que je puisse m'écarter d'un pas. Alex inspecta les alentours avant de revenir vers moi. L'espace que j'avais mis entre-nous le fit grimacer et j'en profitai pour lâcher la seule excuse qui me vint à l'esprit pour m'enfuir.
"Je … je dois rentrer. C'est l'heure où William doit m'appeler" expliquai-je en reculant vers le chemin.
"William?"
"Mon mari. Il séjourne actuellement en Australie pour affaires mais il communique avec moi chaque soir par téléphone ou internet" balbutiai-je.
"Oh. C'est vrai, ton père m'en a parlé. Je suis désolé. Mon attitude n'était pas des plus correctes mais … non, rien."
"Je suis désolée, Alex. A demain"
Sans attendre de réponse, je m'éclipsai le plus rapidement possible vers la maison. Mon coeur tambourinait toujours frénétiquement lorsque je franchis la porte de ma chambre. Je m'adossai à la porte, tentant de reprendre mes esprits et de décortiquer ce qu'il venait ou plus exactement ce qui avait failli se passer. Je passai par la salle de bain m'asperger d'eau et finir de me calmer avant de traverser le couloir car il était plus tard que d'habitude et Jasper n'était pas venu me rejoindre.
Je frappai un léger coup à la porte tout en l'ouvrant car rester longtemps devant risquait d'attirer l'attention. Aucun bruit n'en provenait et je ne pus que constater le vide et le calme qui y régnait. Elle était impeccablement rangée et le lit n'était pas défait. Je ressortis immédiatement et me dirigeai vers celle d'Emmett un peu plus loin où j'entrai sans prendre la peine de m'annoncer comme il le faisait avec moi. L'obscurité m'accueillit. Elle aussi était vide.
Où étaient-ils donc passés? Je regagnai le rez-de-chaussée en m'assurant au préalable que la voiture de sport d'Alex avait bien disparu. Je ne tenais pas à me retrouver à face de lui. J'entrai dans la cuisine où Nettie, Lucy et Emily mettaient la dernière touche au rangement. Plus aucune trace de vaisselle ou de restes du repas de ce soir. Je pris une tasse dans l'armoire avant de me servir un café et m'installer à la table.
"Où est Emmett?"
"Il est parti en ville." répondit Emily en se servant également une tasse.
"Oh! Il ne m'avait rien dit."
"Je le trouvais particulièrement calme ces derniers temps. Normal qu'il ait eu envie de sortir un peu."
"Il n'était peut-être pas obligé d'emmener les autres mecs avec lui" ajouta Nettie.
"Ils sont jeunes et ils veulent s'amuser."
"Oui mais..."
"Nettie aurait certainement aimé être l'amusement de quelqu'un" plaisanta Lucy ce qui lui valut de recevoir le torchon en pleine figure.
Je grognai mais suffisamment bas pour que personne ne le remarque. Je devais reconnaître que j'étais d'accord avec elle. Il pouvait bien partir sans emmener Jasper avec lui. Et lui, avait-il besoin de le suivre sans penser à moi qui l'attendais? Ruminant ma frustration, je n'entendis pas Emily me parler jusqu'au moment où elle me toucha le bras.
"Bella?"
"Excuse-moi. Que disais-tu?"
"Je te demandais ce que tu pensais de ce type, Alex Walker?"
"Oh! Je dois reconnaître que je me méfiais le premier jour mais il s'avère être sympa, très agréable avec énormément de conversation. A lui seul, il meuble tout le repas."
"Pire qu'Emmett dans son genre. Mais il me plaît bien" se moqua-t-elle.
"Oui. Sais-tu le genre d'affaires que traite mon père avec lui?"
"Tu sais bien que je ne m'occupe pas des affaires de ton père, Bella"
Je compris que la conversation était terminée et qu'il était inutile de poser d'autres questions. Emily s'était levée et déposait sa tasse dans l'évier avant de me saluer. Que ce soit Sam ou elle, ils restaient fidèles à mon père quoi qu'il arrive. J'avais espéré que le calme de cette fin de soirée pouvait aider à tirer quelques renseignements. Mais c'était sans espoir de ce côté là. Je remontai donc moi aussi jusqu'à ma chambre, bien décidée à attendre le retour de mon meilleur ami mais surtout de mon amant blond.
Je m'installai au lit après un passage par la salle de bain et pris mon ordinateur portable pour consulter mes messages du jour. Je ne l'avais pas ouvert aujourd'hui. Plus de vingt mails dont la majorité émanait de sites publicitaires. Mais un attira mon attention. J'hésitai à l'ouvrir, redoutant son contenu.
Je relus plusieurs fois le nom de l'expéditeur qui, pour le coup, était une expé vide laissé au champ "Objet" ne me permettait pas d'avoir un indice sur le contenu du message qu'il contenait. Je stressais rien qu'à l'idée de l'ouvrir. Mais qu'avais-je à perdre à le lire?
De: Rosalie Hale
A: Isabella Swan
Chère Isabella,
Ou devrais-je dire "chère belle-sœur …."
N'ayant que peu de réponses de mon très cher frère, je me tourne vers vous.
Connaissant le côté réservé et, n'ayons pas peur des mots, égocentrique de William, je peine à comprendre sa décision soudaine de convoler.
Nous étions plus habituées, ma mère et moi, à le voir tenter de fuir toute responsabilité et engagement.
La preuve en est de ce voyage aberrant d'un an. Heureusement qu'il s'est ressaisi à temps pour reprendre les affaires familiales.
Laissons de côté ceci pour le moment.
Vous devez bien vous rendre compte que ma mère et moi, nous nous inquiétons pour lui et nous nous posons énormément de questions sur vous, cette mystérieuse épouse, tombée du ciel et rencontrée Dieu seul le sait où et comment.
William vient de nous informer qu'il serait de retour pour la nouvelle année et que, bien entendu, vous l'accompagnerez.
De ce fait, je tiens à en savoir un peu plus sur vous afin que nous soyons préparées à cette rencontre. Qui êtes-vous? Que faites-vous? Vous voyez, ce genre de renseignements que toute belle-famille est en droit de connaître.
J'imagine que mon mail peut vous paraître très impersonnel mais avouez que cette situation est très inhabituelle et nous met très mal à l'aise.
Dans l'attente de vos nouvelles, je vous transmets mes meilleurs salutations.
Au plaisir de vous rencontrer prochainement.
Rosalie
Et bien moi, je n'étais pas certaine de désirer la rencontrer. Cette femme avait tout l'air d'un dragon froid et sans humour. J'en venais même à regretter Edward et son inquisition qui, avec du recul, paraissait bien sympathique. Plus je relisais ce mail, plus je prenais conscience du court délai qu'il me restait en tant que Mme Hale ou avant d'entreprendre ce voyage vers le Texas. Car William avait été très clair. Soit nous mettions un terme à notre arrangement avant la fin d'année, soit on poursuivait mais avec les inconvénients que cela impliquait: rencontre avec la belle famille et surtout miss-dragon-Hale, jouer le rôle de la parfaite épouse éprise de son nouveau mari devant des personnes totalement inconnues mais qui me testeraient bien plus que mon père et les gens que je connaissais très bien ici. Endosser la vie de Madame William Hale pour de bon.
J'étais arrivée à une impasse. Nous étions début décembre, soit quelques semaines avant de prendre la décision. Résolue à prendre le temps de répondre le plus posément possible et de me montrer sous mon meilleur jour à la soeur de mon mari, je reportais ma réponse au lendemain. Elle n'était plus à quelques heures près pour l'obtenir.
J'oubliai cette belle-sœur en me plongeant dans la lecture du livre que j'attrapai au hasard dans ma table de chevet. Orgueil et préjugés. Bouquin que je connaissais presque sur le bout des doigts tant je l'avais lu et relu depuis mon adolescence. Cette lecture me changeait du dernier style mais je ne m'en lassais pas.
Ce Monsieur Darcy m'enchantait toujours autant mais l'heure tardive et les derniers évènements de la journée eurent raison de moi. Je luttai mais c'était peine perdue. Je sombrai lentement mais inexorablement dans les bras de Morphée.
xXxXx
Le chant du coq mélangé aux divers bruits de tracteur finirent par me sortir de mon sommeil. Mes yeux papillonnèrent afin que je m'habitue à la luminosité qui m'agressait. Je m'étirai en me tortillant dans tous les sens avant de réaliser que j'avais dormi comme un loir sans entendre mes amis rentrer. Un rapide coup d'oeil dans la chambre ne m'apprit pas si Jasper était passé ou non durant la nuit ce qui me frustra. L'avais-je manqué ou bien était-il rentré trop tard et n'avait pas voulu me réveiller? Ou bien … non, je tentai de rejeter l'idée qu'il ait préféré une quelconque rencontre d'un soir en compagnie d'Emmett. J'avais pris la décision de lui faire confiance et j'allais m'y tenir.
Je m'apprêtai rapidement après ma douche, enfilant un jean, t-shirt et un cardigan. Le tout dans les tons de bleu. La maison était calme et je me faufilai dehors sans rencontrer âme qui vive. Il n'était pourtant pas si tôt. Je repérai Emmett, Jared, Paul et Jacob s'affairant aux déchargements des grains et autres nourritures près du hangar. Le pick-up de Sam n'était pas présent dans la cour, signe de son absence et très certainement de celle de Charlie. Je poursuivis donc mon chemin vers les écuries souhaitant y rencontrer Jasper et surtout espérant que la voie serait libre. L'endroit semblait désert jusqu'au moment où un chant se fit entendre. Je m'arrêtai à l'entrée, tendant l'oreille pour profiter de cette mélodie country. J'avais déjà entendu sa belle voix mais elle m'enchantait toujours autant. Je l'écoutai quelques minutes avant de pénétrer et de chercher mon texan blond. Je finis par le trouver s'affairant au rangement du matériel vétérinaire dans la réserve au fond de l'écurie. Malgré le bruit que j'avais fait en arrivant, Jasper ne fit aucun mouvement montrant qu'il m'avait entendue. Je m'appuyai donc sur le montant de la porte et me raclai la gorge mais même cela ne le tira pas de sa concentration sur les ampoules d'antibiotiques qu'il alignait méticuleusement.
"Bonjour" tentai-je d'une voix enjouée.
Un silence me répondit car il s'était tu quelques secondes plus tôt. Sa sortie avec Emmett ne lui valait rien. Il paraissait de mauvaise, de très mauvaise humeur même.
"Tu t'es bien amusé hier soir?"
Il tourna la tête d'un coup vers moi, me fusillant d'un regard furieux avant de reprendre son occupation. La soirée n'avait donc rien à voir avec son humeur. C'était moi. Mais qu'avais-je fait pour mériter un tel courroux?
"Qu'as-tu?"
Je posai la question en avançant d'un pas et posant la main sur son avant-bras. Mais je dus la retirer immédiatement car ses yeux me brûlèrent lorsqu'il les posa à nouveau sur moi. Exit le doux et affectueux texan.
"Ok, ça suffit maintenant. Vas-tu me dire ce que tu as?"
J'avais haussé le ton en lui parlant mais son attitude m'énervait au plus haut point. Après tout, c'était lui qui m'avait plantée, seule, hier soir. Alors que ces mots venaient de quitter mes lèvres, je me sentis repoussée et plaquée contre la paroi derrière moi.
"Lâche-moi! Qu'est-ce qu'il te prend?"
Ses mains avaient saisi mes poignets qu'il maintenait de chaque côté de ma tête. Son regard plongea dans le mien mais la flamme qui y brillait ne m'effraya pas comme lors de notre rencontre. Même très en colère très en colère, Jasper ne me faisait plus peur. Je devais savoir ce qui le mettait dans un tel état.
"Lâche-moi" répétai-je mais d'une voix plus douce.
"Pourquoi? Tu réserves ce genre de proximité pour Alex Walker maintenant?"
Oh! C'était donc ça. Il nous avait surpris hier soir lors de notre promenade. Le bruit que nous avions perçu provenait de Jasper. Il nous avait surpris dans une position qui, je devais bien l'admettre, portait à confusion. Mais il ne s'était rien passé. Rien qu'il puisse me reprocher. Je tirai bien inutilement sur mes bras pour me dégager, sans succès. Au contraire, plus je tirais, plus il renforçait sa prise et se collait à moi.
"Lâche. Moi. Tout. De. Suite"
"Non."
"Jasper, lâche-moi. On pourra discuter" répliquai-je un ton plus bas face à son visage fermé.
Il me semblait inaccessible à cet instant. J'avais devant moi la réplique du sauvageon barbu rencontré à Alice Spring à la grande différence que j'avais suffisamment confiance en lui pour ne pas m'effrayer. Ses lèvres n'étaient plus qu'une fine ligne rose tant il les serrait. Sans sourciller, je gardai le regard ancré au sien attendant un geste, une réaction. Ses doigts finirent par se détendre et lâcher mes poignets pour se déposer sur le mur mais son visage ne s'adoucit pas. Libérée, je levai lentement la main que je posai sur sa joue mais il la secoua, refusant mon toucher. Mon bras retomba le long de mon corps.
"Jasper?"
Il chuchota quelques mots et je dus tendre l'oreille pour arriver à les comprendre.
"Qu'est-ce que tu me fais?"
"Pardon?" insistai-je pour qu'il répète ce qu'il venait de dire.
"Tu as passé une bonne soirée hier?" grogna-t-il en changeant de conversation et revenant à sa première question. Sa voix était à nouveau plus calme et il n'y pointait plus qu'une légère froideur.
"J'ai juste été me promener et Alex m'a rejoint. Ce n'était pas prévu."
"C'est ça!"
"Jasper, c'est la vérité. Je ne lui ai pas demandé de m'accompagner et ma soirée aurait été bien meilleure si je l'avais terminée avec toi."
Le regard qu'il maintenait sur moi montrait énormément de colère, de doute, d'incertitude mais également une pointe de … tristesse. Il avait réellement pensé que j'avais préféré la compagnie d'Alex à la sienne. Comment pouvait-il penser une chose pareille après les moments que nous avions passés ensemble? Comment, lui, toujours si sûr de lui, pouvait-il douter de la sorte? Son regard était toujours enfui au plus profond du mien comme s'il y cherchait des réponses. Il se contenta d'hausser les épaules avant de se redresser mais au lieu de s'éloigner, il attrapa la poignée de la porte qu'il tira et tourna la clé dans la serrure, nous enfermant dans la réserve à l'abri des regards.
"Ainsi, tu aurais voulu être avec moi?"
"Ou … oui" bredouillai-je lamentablement.
Le Jasper en colère ne m'effrayait pas mais lorsqu'il prenait une voix enrouée et sexy, j'en perdais tous mes moyens.
"Pourtant, d'où je me trouvais, tu ne semblais pas si pressée de venir me rejoindre."
"Il m'a surprise. Je t'assure que je ne souhaitais pas sa compagnie"
"Tu n'as pas fait grand-chose pour le repousser non plus."
"Je n'en ai pas eu le temps. Un bruit l'a fait pour moi. Tu l'as fait pour moi"
"Hum!"
"Et puis c'est de ta faute. Je te cherchais et tu avais disparu. Faut pas t'étonner si un autre vient pour tenter sa chance."
Jasper étrécit ses yeux, ses sourcils froncés tout en m'observant. Je m'attendais à une nouvelle crise mais au lieu de cri, il se plaqua contre moi, encerclant ma taille et un sourire en coin qui me faisait craquer apparut enfin sur ses lèvres.
"C'est moi et uniquement moi qui ai le droit de t'approcher."
"C'est que vous me paraissez bien possessif, Monsieur Whitlock, aujourd'hui"
"Bien plus que tu ne le crois."
L'orage s'éloignait. Jasper se calmait. Et moi, même si son attitude m'avait contrariée et un rien blessée, je fondais sous sa bouche qu'il posait au creux de mon cou. Alors que ses dents mordillaient la peau sensible entre ma clavicule et mon oreille, je rejetai au loin dans mon esprit les griefs que j'avais accumulés depuis la veille. Il serait toujours temps d'y revenir plus tard. Pour l'heure, seules comptait sa bouche sur moi, ses mains sur mon corps.
Je glissai les mains sur sa nuque afin de me coller à lui encore plus pendant que les siennes partaient à la redécouverte de mon corps en passant sous mon t-shirt. Ses paumes rugueuses éraflèrent mon dos et je ne pus empêcher un frisson de remonter le long de mon échine.
"Oh, oui, bien plus que tu ne crois" chuchota-t-il à mon oreille avant de prendre mon lobe entre ses lèvres et de le suçoter.
Ce geste, qu'il savait que j'appréciais hautement, me fit gémir. Les yeux fermés, je ne le vis pas fondre sur ma bouche. Ses lèvres s'écrasèrent sur les miennes, avides, gourmandes, possessives. J'entrouvris la bouche lui donnant accès. Nos langues se cherchèrent, se trouvèrent et se livrèrent une bataille acharnée où chacun de nous voulait le dessus. Je voulais lui prouver qu'il n'avait aucune emprise sur moi et lui, tentait de montrer le lien de possession qu'il pensait avoir sur ma petite personne.
Lorsque l'une de ses mains dévia vers ma poitrine, je n'étais plus aussi certaine de ce que je voulais prouver. Sa main empauma mon sein, son pouce frottant doucement mon mamelon qui réagit immédiatement à ce toucher.
"Le laisserais-tu te toucher ainsi?"
Sa réplique me sortit de la bulle de bien-être où je m'enfonçais me ramenant à la raison de notre querelle. J'aurais voulu mettre une distance entre nous, lui dire que je faisais ce que je voulais, que s'il ne me faisait pas confiance, il pouvait aller se faire voir ailleurs et même retrouver Nettie mais mon corps, le traître, ne l'entendait pas de cette façon. Alors, je ne pus que murmurer une réponse.
"Non."
Mon texan blond entreprit ensuite de retirer mon haut, commençant par mon cardigan, puis le t-shirt. Son regard était incandescent tandis qu'il dégrafait mon soutien-gorge, envoyant le tout sur le côté. Il taquina encore quelques instants ma poitrine avant de descendre sa main sur mon ventre en de douces caresses circulaires. Lorsqu'il arriva au niveau de la lisière de mon jeans, il passa plusieurs fois ses doigts de droite à gauche avant de le déboutonner et de glisser sa main sous mon boxer de dentelle. Il déposa sa main sur mon intimité enflammée et déjà moite. Je ne pus résister à l'envie de bouger le bassin pour accentuer ce contact.
"Et ici, le laisserais-tu te toucher?"
Il chuchota contre mes lèvres et je répétais ma négation. Il reprit ma bouche avec ferveur. Ses doigts se mirent à bouger sur mon sexe humide, chaud et en attente de plus d'attention de sa part, et uniquement de sa part. Lorsqu'un doigt pénétra en moi, je gémis de plus belle. Je me laissai aller dans l'étreinte du blond, profitant de ses attouchements, reléguant au loin, tout ce qui n'était pas … eux.
"Et je ne laisserais personne te toucher à ma place."
Ses doigts disparurent et je me sentis perdue lorsque ses bras se dénouèrent autour de moi. J'ouvris les yeux à la hâte pensant qu'il allait m'abandonner, frustrée, dans la réserve mais son regard était empli d'un désir égal au mien. Il m'agrippa au niveau de la taille, me souleva et mes cuisses s'enroulèrent immédiatement autour de lui, dans un geste si naturel. Jasper se déplaça et me posa sur le bord de la table installée au fond de la pièce Ses mains glissèrent de ma taille sur mes cuisses où il les laissa tandis qu'il plongeait son regard dans le mien. Toute trace de colère avait définitivement disparu et seuls le désir et la convoitise tournoyaient.
"Jasper."
"J'adore quand tu prononces mon prénom ainsi."
"Jasp..."
Mais je ne pus finir de répéter son nom qu'il saisit ma tête entre ses mains et que sa bouche s'écrasait sur la mienne. Il s'installa entre mes jambes que j'avais écartées pour lui faire de la place. Sa virilité arriva à la hauteur de mon intimité. Leur contact déclencha une avalanche de sensations dans mon bas ventre et je me mis à onduler, frottant mon sexe au sien. Son érection était plus que flagrante au travers de son pantalon.
"Accroche-toi" me dit-il en se redressant et me soulevant par la même occasion de la table. Ses mains agrippèrent mon jeans ainsi que mon boxer qu'il descendit jusqu'à mes chevilles. Mes baskets me furent presque arrachés des pieds tout comme mes chaussettes et je me retrouvai en deux temps, trois mouvements entièrement nue devant lui, assise sur le bord de la table. Son regard me balaya de la tête aux pieds avant de s'attarder un instant dans le mien puis de revenir à mon intimité. Celle-ci réagit immédiatement comme si elle avait sa propre vie, indépendante de mon esprit. Je déglutis lorsque je le vis s'accroupir. Je sentis d'abord son souffle chaud sur mes lèvres intimes avant que sa bouche ne prenne la place. Il titilla mon sexe de sa langue alternant de petits coups brefs et de longs mouvements. Toujours installée sur le bord de la table, je pris appui sur mes mains, inclinant le buste en arrière afin de lui donner un meilleur accès et de profiter un maximum de ce moment. Tandis qu'il s'activait sur mon bouton de plaisir , un doigt vint s'ajouter au tableau et se mit à me caresser avant de s'insinuer en moi. Il intima des mouvements tout d'abord de va-et-vients puis circulaires touchant à chaque passage un point hyper sensible de mon anatomie. Je bougeais le bassin sans pouvoir m'en empêcher. De petits gémissements et cris s'échappaient de ma bouche. La boule de plaisir formée dans mon bas ventre s'intensifiait de plus en plus et son éclatement était imminent lorsque je me sentis subitement vide, abandonnée. Et pour cause. Jasper s'était écarté de moi et se relevait.
"Mais..."
"Hum..."
Ce son m'électrisa car tout en le prononçant, mon texan blond avait enfoncé ses doigts en bouche et les nettoyait. J'écarquillai les yeux en le regardant faire et mon désir déjà à son summum, du moins le croyais-je, s'intensifia encore.
"Tu vas me laisser ainsi?" couinai-je.
"Pourquoi pas? Tu le mériterais."
"Oh!"
"Mais je doute d'y parvenir. Je ne peux pas te résister surtout quand tu es prête pour moi, ouverte et accueillante, presque suppliante."
"C'est ça que tu veux? Que je te supplie?"
"Ce serait top mais non, ce n'est pas nécessaire. Pas cette fois-ci en tout cas"
Sur ces mots, il déboutonna son jeans qu'il descendit sur ses cuisses et reprit sa place entre les miennes en enroulant ses bras autour de ma taille. Sa bouche s'abattit sur la mienne coupant toute réponse possible. Nos langues reprirent rapidement leur bagarre acharnée tandis que son sexe se présentait à mon entrée. Il s'écarta un instant, son regard ancré au mien pendant qu'il s'enfonçait en moi lentement, très lentement. A mi-course, il me reprit dans ses bras et m'empala brusquement d'un coup de rein. Je ne pus réprimer un gémissement. Sa main gauche remonta jusqu'à mon sein, passa le pouce plusieurs fois sur mon mamelon avant de le saisir entre ses doigts et de le presser légèrement. Ce geste de va-et-vient en moi fit renaître la boule de plaisir dans mon ventre. Mes gémissements se mélangèrent à ses grognements. Nous étions proches tous les deux. Sentant ma bulle prête à exploser, je me tortillai, cherchant à intensifier notre contact. Jasper glissa sa main entre nous et cajola mon clitoris ce qui m'amena à une libération quasi instantanée. Je criai son nom en savourant cet orgasme. Mon compagnon me suivit de peu et grogna mon nom à mon oreille en se déversant en moi. Jasper se laissa aller contre mon épaule pendant que nous redescendions doucement du septième ciel. Je resserrai les bras autour de lui désireuse de profiter des derniers moments de calme et d'intimité entre nous avant de rejoindre le reste des hommes.
"Je t'aurais supplié si tu l'avais demandé" dis-je, reprenant notre dernier échange.
"Je n'en doute pas."
"Tu ne m'en veux plus?"
"Non mais plus de promenade en tête à tête avec Alex."
"Oh comme ça?"
"Oui. D'abord parce qu'il ne m'inspire pas."
"Et?"
"Et parce que tu es à moi" déclara-t-il en raffermissant sa prise sur moi mais me regardant bien dans les yeux en prononçant ces mots.
" Je … Oh, Jasper" fut tout ce que je pus prononcer avant de me jeter dans ses bras, l'étreignant fortement.
J'étais émue et, au fond de moi, mon ego faisait des bonds de joie. Je m'étais attachée petit à petit à mon texan blond mais je n'avais pas envisagé que cela puisse être réciproque. Oh, bien sûr, ce n'était pas une déclaration d'amour mais le signe qu'il tenait un tant soit peu à moi. Les différents évènements et disputes que nous avions vécus avaient fini par nous rapprocher au point de devenir amis dans un premier temps et plus maintenant.
Je frissonnai légèrement. Heureusement que j'étais toujours blottie dans les bras de Jasper car en cette saison, se promener nue risquait fort de m'occasionner un bon refroidissement. Je sentais ses mains caresser mon dos et je n'avais pas envie de briser la bulle dans laquelle nous nous trouvions, malgré le froid.
"Chaton, tu devrais te rhabiller."
"Pas envie."
Mon ton de "petite fille" le fit rire. J'aimais le voir ainsi, gai, enjoué. Je resserrai mon étreinte autour de son cou mais il attrapa mes poignets pour m'éloigner un peu. Nos regards se trouvèrent instantanément et, pour une fois, aucune sensation ne rejet ne vint meurtrir mon coeur. Son regard reflétait tant de chaleur et d'affection que son geste n'avait pour raison que mon bien-être.
"Rhabille-toi. Il fait froid et quelqu'un pourrait venir nous surprendre."
J'avais complètement occulté l'endroit où nous nous trouvions et le monde environnant. Avec regret, je quittai ses bras pour rassembler mes vêtements éparpillés. Tandis que j'enfilais mon pantalon, j'observais du coin de l'oeil Jasper se réajuster correctement. Une fois vêtue, je m'apprêtai à ouvrir la porte pour sortir la première mais il me rattrapa et m'embrassa avant de me libérer en déverrouillant lui-même la serrure.
"Je préférerais rester ici."
"Moi aussi. Mais ce sera pour ce soir car pas question de rester seul et de te laisser seule."
"D'accord" acceptai-je en lui souriant et sortant de la réserve, la main de Jasper posée sur le bas de mon dos.
"Bonjour, vous!"
Nous sursautâmes tous les deux et pivotâmes vers la voix qui venait de nous surprendre. Mon coeur venait de s'emballer.
"A-t-on idée de faire peur ainsi aux gens" grommelai-je en fusillant mon meilleur ami du regard. Ce qui le laissa totalement de marbre.
"Je te signale que, sans moi, fini ton mari australien, fini ton plan, fini de mentir à Charlie."
"Oh. Tu as empêché les autre de ven ... mais tu es là depuis combien de temps?" m'écriai-je horrifiée.
"Un temps certain" répliqua-t-il, un sourire qui disait clairement qu'il n'avait rien manqué de nos ébats. Je sentis mes joue s'enflammer et je détournai les yeux, très mal à l'aise.
"Laisse-le dire. Il est simplement jaloux de mes performances" le taquina Jasper.
"Performances! Tu veux me défier sur ce terrain-là?"
"Stop! On connaît ton … tableau de chasse. Nous n'avons pas besoin d'autres preuves. Et, merci de nous avoir protégé" déclarai-je enfin.
"Toujours prêt à rendre service mais s'il vous plaît, soyez un peu plus discrets."
"Je me demandais justement si je ne devrais pas avouer la vérité à Charlie. Après tout, tant que je suis mariée, c'est le principal."
Mes deux compagnons se regardèrent avant de me jeter un coup d'oeil surpris et où je pouvais voir les rouages de leur esprit se refléter. Cet aveu risquait fort de mettre mon père dans une colère noire mais je savais le gérer.
"Tu es sérieuse, là?"
"Oui. Pourquoi pas?"
"Tu veux bazarder le plan en l'air?"
Le scepticisme d'Emmett me perturbait. J'espérais qu'il me soutiendrait comme toujours et là, j'avais un doute. Je me concentrai sur Jasper qui, lui aussi, semblait désapprouver cette idée. Je me renfrognai et m'éloignai pour regagner la maison, mes deux gardiens sur les talons.
"Bells, on en reparle ce soir. Ne fais rien d'irréfléchi."
"Ok, mais je reste convaincue que continuer à mentir va nous enfoncer encore plus."
Nous abandonnâmes ce sujet en nous rapprochant du perron mais je ne lâchai pas mon idée. J'en avais marre de tous ces mensonges, des excuses bidons pour expliquer l'absence de mon mari alors que mon véritable époux était ici et partageait en partie ma vie. Je n'avais aucune envie de répondre au mail incendaire de Rosalie Hale. Je n'avais plus envie de me cacher. Je voulais récupérer ma vie d'avant, ma liberté d'action et d'y prévoir une petite place pour mon texan blond. Nous avions tant de choses à découvrir l'un de l'autre et à partager.
En traversant la cour, nous croisâmes les ouvriers qui travaillaient mais ils ne prêtèrent aucune attention à nous. Alors que je posais le pied sur la première marche, Sam déboula de l'intérieur. Il affichait une mine épouvantée et parlait trop vite sur son portable pour que nous saisissions la teneur de sa conversation. Lorsqu'il nous vit, il termina rapidement et raccrocha avant de se focaliser sur moi. A la lueur que je vis dans ses yeux, j'attrapai peur. Je me sentis trembler attendant la mauvaise nouvelle qui n'allait pas tarder à sortir de sa bouche. Je ne me maintins debout que grâce à mes amis qui se tenaient à mes côtés.
"Bella..."
"Quoi?"
Ma voix dérailla en prononçant ce simple mot.
"Nous devons aller à Oro Valley. Char...Charlie a eu un accident."
Alors, dites-moi tout?
Comment avez vous trouvé Alex?
Et la réaction de Jasper?
J'attends vos avis et impressions.
A bientôt
Bisous
Eli
