Bonsoir,

Je sais, ça fait très très très longtemps que j'aurais dû avoir posté.

Mais le temps file trop vite et ma vie est très remplie.

J'espère que vous êtes toujours là pour la suite de mon histoire.

Merci Jess pour ton soutien et pour me booster lorsque la motivation me quitte.

Bonne lecture


Chapitre 19:

Sans plus réfléchir, sous les regards médusés de mes amis, je pivotai et m'enfuis en courant. Des cris me parvenaient mais je ne pouvais pas m'arrêter.

Tenant ma robe afin d'éviter de m'étaler devant la foule qui s'écartait devant moi, je courus sans plus rien voir ni entendre cherchant une issue. Les murmures de l'assemblée et mon nom répété derrière moi me parvenaient étouffés tant mon attention était concentrée sur la porte-fenêtre que j'empruntai. Arrivée dehors, je m'enfonçai dans la pénombre et ne ralentis ma course qu'une fois arrivée auprès d'un petit étang. Je me trouvai dans une sorte de petite clairière au sein même de la propriété, entourée d'arbres. Les bruits et musique de la fête étaient fortement atténués par la végétation environnante. Essoufflée, je stoppai ma fuite près de cette étendue d'eau car le sentier tournait autour de celle-ci. Ma seule issue était le chemin qui avait mené mes pieds jusqu'ici. Je pivotai, prête à rebrousser chemin quand une ombre apparut devant moi. Au premier regard, je crus qu'Emmett avait voulu me rejoindre mais la carrure de l'arrivant, quoique bien bâtie , ne ressemblait pas à celle de mon meilleur ami.

Il ne me fallut qu'un rapide coup d'oeil malgré tout pour reconnaître cet homme. Je fis un pas en arrière avant de me souvenir que je n'avais aucune échappatoire. Je ne pouvais qu'attendre qu'il soit près de moi pour le contourner et m'enfuir à nouveau. Il approcha lentement comme s'il redoutait de m'effrayer. Et il n'avait pas vraiment tort. J'aurais voulu mettre le plus d'espace possible entre nous mais à quoi aurait-il servi de fuir ? Il aurait vite fait de me rattraper et me connaissant, ma maladresse légendaire serait sa meilleure alliée. Et puis, à quoi bon repousser cette confrontation ? J'avais des tonnes de questions tournant en boucle dans ma tête depuis le moment où il était apparu dans la salle de réception.

"Que veux-tu?"

" Parler, Bella."

" Pourquoi devrais-je te parler? Pour écouter tes mensonges?"

" Je n'ai pas l'intention de te mentir."

Je poussai un soupir en levant les yeux au ciel.

"Tu ne sais faire que ça. A tel point que je ne sais même plus à qui je parle."

Il se mit en mouvement et s'approcha de l'étang. Je l'observai du coin de l'œil mais le faible éclairage de la clairière ne me permettait pas de le voir correctement. Il portait un costume dont j'étais incapable de déterminer la teinte. Même dans le noir, je pouvais voir combien il était séduisant. Pas étonnant que l'armada de femmes rassemblées ce soir se soit ruée sur lui à son arrivée. Cette constatation me provoqua un pincement au coeur.

"Que je me nomme William ou Jasper, cela a-t-il tant d'importance?"

Sa voix me fit sursauter tant j'étais plongée dans mes pensées.

"Ce n'est pas ton nom qui m'importe. Mais plus exactement le fait que tu me l'aies dissimulé aussi longtemps."

"Je reconnais avoir merdé mais mets-toi un moment à ma place …" répliqua-t-il en me faisant face.

Il me fixait je sentais son regard sur moi plus que je ne le voyais.

"A ta place? Je ne comprends pas !"

"Alors, laisse-moi t'expliquer."

"Soit. Vas-y."

Il commença à faire les cent pas devant moi.

"Il y a six mois, alors que j'essuyais quelques ... soucis avec la justice australienne, une mystérieuse jeune femme vint me trouver au fond de mon trou. Tu te souviens?"

"Evidemment" répondis-je en haussant les épaules mais attendant la suite.

"Elle me proposa un étrange marché. Pourquoi acceptai-je? J'avoue que je me suis souvent posé la question. En moins de deux, je me retrouvai marié. Le plus marrant dans cette histoire, c'était que j'avais accompagné quelques amis en Australie car j'avais rompu mes fiançailles avec la fille d'une relation d'affaires de mon père. Je ne voulais pas perdre ma liberté. Etonnant, n'est-ce pas?"

"Merci pour ce résumé ô combien instructif mais où veux-tu en venir?"

"Impatiente, comme toujours. Après avoir déconné le jour de la ... cérémonie, je me suis posé des questions. Des tonnes de questions. Pourquoi en arriver à épouser un étranger? N'arrivant pas à trouver les réponses malgré l'aide d'Edward…"

"Oui, quel sale traître."

Mon compagnon ricana mais ne me contredit pas.

"Sans réponses, je décidai d'aller les chercher à la source. Cette fois, c'est grâce à Edward que je pus retrouver ta trace facilement et postuler pour la place d'ouvrier au Ranch."

"Mais pourquoi?"

"Enfin, Bella. Tu traverses la moitié du globe pour épouser un mec visiblement peu recommandable, en prison de surcroît, et je ne devais pas me poser des questions?"

"Ca ne te concernait pas."

Il arrêta enfin de faire les cent pas devant moi. Il me regarda avant de secouer la tête comme si je ne comprenais rien. Et il avait bien raison.

"Sûrement mais je suis très curieux de nature. Ou plus exactement, je n'ai cessé de penser à toi. Durant des jours et des jours. Et j'en suis venu à penser que, pour en arriver à une telle extrémité, il devait se passer une chose grave."

"D'accord mais cela ne m'explique toujours pas pourquoi tu as menti !" m'impatientai-je en tapant même du pied.

"J'y arrive, Bella. Donc, j'ai débarqué à Oro Valley dans un seul but : découvrir qui j'avais accepté d'épouser et pourquoi. Et pourtant, prendre la décision de ne pas rentrer au Texas comme prévu m'a apporté mon lot de problèmes."

Je commençais sérieusement à perdre patience. Il prenait tout son temps pour me donner les explications que j'attendais, retardant au maximum mon départ. Toutes ses digressions m'exaspéraient. Ca ne menait nulle part.

"Après tout, je m'en fous du pourquoi tu m'as menti. C'est ton problème, pas le mien."

Je m'éloignai de lui pour repartir vers la villa quand il me saisit par le poignet. Je m'arrêtai, tirant mon bras pour me dégager, sans résultat. Refusant de le regarder, je m'énervai.

"Lâche-moi. Je n'ai plus envie de savoir quoi que ce soit."

William desserra sa prise et me relâcha en glissant sa main le long de la mienne. Ses doigts s'attardèrent sur les miens et la chaleur qui accompagnait son mouvement fit resurgir d'autres effleurements et caresses. Des souvenirs que je pensais bien enfouis au fond de ma mémoire m'assaillirent. Des larmes traîtresses apparurent et je dus cligner plusieurs fois des yeux pour les refouler.

"Ok, tu as certainement raison. Rien ne justifie cette mascarade. Je reconnais que j'ai eu tort de débarquer et de me faire passer pour un autre. Mais je n'ai détourné la vérité que sur mon identité. Je devais savoir les raisons qui te poussaient à agir de la sorte. Après tout, tu portais le nom des Hale. Je ne pouvais te laisser faire n'importe quoi."

De peur que ma voix ne me trahisse, j'hochai simplement la tête.

"Quant à la raison de ta présence ici, c'est simple : je tenais à m'excuser en personne pour cela. Pour tous ces mensonges."

"Très bien. C'est fait."

"Oui, c'est fait."

Le silence s'installa. Tout était dit cette fois. Ma colère, bien que retombée, couvait toujours au fond de moi. Je préférai donc m'éloigner.

"Je vais rentrer. Merci pour l'invitation. Adieu."

"Bella."

L'ignorant, je regagnai assez rapidement la villa. Quelques personnes se retournèrent sur moi lorsque je pénétrai à l'intérieur. Ma fuite n'était évidemment pas passée inaperçue. Un groupe de femmes discutait en m'observant et je n'eus aucun mal à imaginer leur sujet de conversation. Je rejoignis Emmett en grande conversation avec Edward et sa fiancée.

"Ah te voilà."

"Viens, partons."

Emmett fronça les sourcils avant de jeter un regard à Edward. J'avais l'impression d'assister à une discussion silencieuse quand, subitement, je compris.

"Tu étais au courant" m'écriai-je.

J'avais dû élever la voix car les conversations autour de nous s'arrêtèrent un moment. J'avais horreur d'être le centre de l'attention mais la colère que j'avais réussi à refluer au fond de moi reprit vie.

"Ecoute, Bella."

"Non, toi, écoute ! Je te prenais pour mon meilleur ami et tu m'as trahie, toi aussi" répliquai-je en contrôlant ma voix le plus possible.

"Il fallait que je trouve une solution, tu étais si malheureuse mais tu refusais de faire le premier pas."

"Ce n'était pas une raison pour m'emmener ici sans rien me dire."

"Mais…"

"Non! Reste donc ici. Moi je rentre à l'hôtel."

"Bella, attends" intervint Edward en voulant me retenir.

"Toi, tu ne vaux pas mieux qu'eux."

Les fusillant tous deux du regard, je pivotai vers la sortie mais ne pus aller plus loin, me retrouvant face à face avec ma "belle-sœur".

"Maintenant que vous avez terminé de vous donner en spectacle, ma mère souhaiterait vous rencontrer avant votre départ" déclara Rosalie en me toisant du haut de ses hauts talons.

Face à elle, je me sentis encore plus petite et je n'étais clairement "pas à ma place"

"Mais…"

"Ne la faisons pas attendre."

Et sans me laisser le temps de répondre ou de refuser, elle s'éloignait déjà, fendant la foule devant elle. Je suivai tant bien que mal la reine des glaces à travers l'immense salon car les invités semblaient moins enclins à me laisser passer. Slalomant entre les personnes présentes, nos débouchâmes dans une seconde pièce, un peu plus petite où quelques couples dansaient sur une musique douce.

Près de la cheminée, trois femmes étaient installées sur un divan et discutaient. A notre approche, la conversation s'arrêta et elles pivotèrent vers nous. Si deux d'entre-elles m'examinèrent sous toutes les coutures, la troisième m'accueillit avec un grand sourire. Elle semblait si jeune que j'eus du mal à l'imaginer comme étant la mère de William et Rosalie au premier regard mais ses boucles blondes étaient si semblables à celle de ma belle-sœur que le doute s'évanouit rapidement. De plus, son sourire était la réplique de celui de son fils.

"Bonjour, Isabella"

"Bonjour, Madame Hale" répondis-je en sentant mes joues rosir.

"Merci Rosalie. Mes amies, si vous le permettez, j'aimerais discuter avec ma belle-fille".

"Bien sûr, Mélanie. A tout à l'heure. Madame Hale."

Il me fallut un moment pour me rendre compte que c'était moi que ces dames saluaient. Je leur répondis d'un signe de tête avant de prendre place auprès de la mère de William qui m'invitait à ses côtés.

"Madame Hale, je…"

"S'il vous plaît, Isabella. Appelez-moi Mélanie. Chaque fois qu'on m'appelle Madame Hale, je crois que ma belle-mère va apparaître ! " plaisanta-t-elle.

"D'accord. Pour ma part, je préférerais que vous m'appeliez Bella comme tout le monde le fait."

Elle acquiesça d'un signe tête avant de reprendre la parole en m'observant.

"J'étais impatiente de vous rencontrer."

"Ha oui?"

"Evidemment. Vous m'intriguez Bella."

"Moi. Mais pourquoi?"

Mes joues s'étaient colorées sous son regard perçant. Cette femme m'intimidait. En plus de paraître plus jeune, elle n'avait rien à envier à la beauté de sa fille. Elle avait une magnifique chevelure blonde et le regard qu'elle posait sur moi était semblable à celui dans lequel j'avais aimé me noyer depuis des semaines. Le même que Jas ... William. Le même qui me hantait chaque nuit. Il donnait l'impression de plonger au plus profond de moi et de me dévoiler entièrement. Mal à l'aise, je détournai le regard et croisai deux pupilles vertes. Mais cette fois-ci, elles appartenaient bien à mon "mari". William se trouvait à quelques mètres de moi, discutant avec un couple d'invités. Il ne lâcha mon regard que lorsqu'une jeune femme brune, sophistiquée et très belle se pendit à son bras en babillant. Il lui sourit, m'oubliant instantanément. Il posa une main sur celle tenant son bras et je vis même qu'il la caressa légèrement. J'en ressentis une vive douleur dans la poitrine. Pourquoi, puisque je ne désirais qu'une chose: qu'il me laisse tranquille et pouvoir passer à autre chose ? Prenant sur moi, je me tournai vers Mélanie et tentai de me concentrer sur la discussion.

"... très indépendant, indiscipliné par moment. Nous ne sommes vraiment pas habitués à ce genre de réaction de sa part. Alors oui, vous m'intriguez."

"Oh. Excusez-moi mais j'ai été distraite et je … Je n'ai pas entendu ce que vous me disiez."

Loin d'être contrariée, elle me sourit chaleureusement et posa une main sur les miennes déposées sur mes genoux.

"Je ne porte aucun jugement mais je voudrais juste comprendre."

"Pourquoi nous nous sommes mariés? Votre fils ne vous a pas expliqué?"

"Si! Edward me l'a expliqué à son retour d'Arizona. Et mon fils me l'a, lui, expliqué à sa seconde sortie de prison répondit-elle en grimaçant au souvenir de ce que son fils avait dû vivre.

"Alors, vous savez déjà tout."

"Oui, je connais le pourquoi de cette situation mais je veux comprendre les raisons de son comportement actuel."

"Je ne comprends pas ce que vous voulez me dire"

"Mon fils est un rebelle, très indépendant, refusant toute contrainte. La preuve en est de ses innombrables querelles avec son père concernant ses choix d'études, ses amis, ses positions sur certains sujets et son refus catégorique de prendre place à ses côtés dans la société, et ce même après la mort de mon époux. Jasper a…"

"Jasper? mais...N'est-ce pas William?"

"William est son premier prénom mais nous l'avons toujours appelé Jasper, comme mon père. C'était plus simple pour le différencier de mon mari qui portait le même nom."

"Oh!"

"Il ne vous l'a pas expliqué?"

"Non. Mais j'ignore beaucoup de choses à son sujet."

Je risquai un rapide coup d'œil vers la salle et découvris William dansant tendrement avec la jolie brune. Cette dernière riait certainement à un bon mot de son cavalier. Je baissai les yeux avant d'offrir un sourire à sa mère.

"Et Jasp … Jasper a changé?"

"Oui, Bella. Il a changé. Et c'est bien ce qui m'inquiète. Oh, je devrais être rassurée que mon fils daigne enfin assumer son nom et sa place dans notre petite société, qu'il s'assagisse enfin et laisse de côté ses rêves d'indépendance et de rébellion mais je veux comprendre. Je le connais parfaitement. Il n'est pas homme à changer de comportement ou d'attitude sans raison."

"Mais …"

"Non, laissez-moi terminer. Il a décidé de prendre une année sabbatique et de parcourir le monde avec ses amis alors que j'étais contre. Voyez-vous, je savais que son père aurait désapprouvé. Mais il savait ce qu'il voulait. Il n'a pas hésité un seul instant à rompre ses fiançailles avec une amie d'enfance à qui il était tout destiné. Il n'a pas hésité à voyager à travers le monde pour bien prouver qu'il refusait la route toute tracée qui s'ouvrait devant lui. Après son arrestation en Australie, suite principalement à son mauvais caractère, il a choisi d'aller vous retrouver malgré mes suppliques. Durant les semaines où il a séjourné en Arizona, j'ai senti son changement. Alors, je ne peux m'empêcher de croire que vous y êtes pour beaucoup."

" Oh, je pense que vous me donnez trop d'importance. Je crois que les derniers événements l'ont fait prendre conscience du rôle qu'il doit jouer auprès de vous."

Je détournai le regard, ces paroles me mettant très mal à l'aise. Je devais reconnaître que moi aussi j'avais vu Jasper changer progressivement au fil des semaines, au fur et à mesure de notre rapprochement. Mais de là, à penser qu'il avait changé profondément et ce grâce à moi, c'était trop pour moi. Ou plus exactement, je ne voulais pas l'admettre car cela serait revenu à reconnaître que tout ce qu'il avait dit ce soir avait une part de vérité. Plongée dans mes pensées, je reportai mon attention sur le couple qui tournoyait sous les regards admiratifs de l'assemblée.

"Regardez-le. Il sourit et parle avec Maria mais ses yeux restent voilés de tristesse."

"Je ne vois pas pourquoi. Ils forment un très beau couple et semblent très bien s'entendre."

"Effectivement. On ne reste pas fiancé avec quelqu'un durant plus de deux ans sans garder par la suite une part de l'affection qu'on lui portait."

"Oh!" fut tout ce que je fus capable de répondre, découvrant celle qui avait fait battre le coeur de Jasper un jour.

Je dus m'obliger à déglutir tant l'émotion que je ressentis à ce moment-là fut violente. Je n'arrivais pas à détourner les yeux de ce couple.

"Ils se sont séparés en très bons termes mais ça n'empêche pas que moi, je vois au-delà des apparences. Mon fils a toujours été très doué pour donner le change. Je reste persuadée qu'il n'est pas heureux malgré tout le mal qu'il se donne pour être le fils idéal que mon défunt époux à toujours souhaité. Vous l'avez remis dans le droit chemin, ma chère Bella, mais vous avez également laissé une marque indélébile."

Je méditai un long moment les paroles de Mélanie. J'aurais voulu croire que j'avais changé Jasper, que je devais tirer un trait sur les dernières semaines et oublier ses mensonges car il était un nouvel homme. Et à la croire, j'étais à l'origine de ces changements.

"Bella?"

"Heu...Pardon?"

"M'accorderais-tu cette danse?"

Danser? Il voulait que nous dansions après la manière peu aimable dont je l'avais traité tout à l'heure.

" Tu sais que je ne sais pas danser."

"Hum, moi je me souviens, au contraire, d'une prestation plutôt … réussie" répliqua-t-il, arborant son sourire en coin qui m'avait faite craquer plus d'une fois mais qui me fit également rougir au souvenir de l'épisode dont il parlait. Préférant éviter qu'il ne raconte cette soirée à sa mère qui ne loupait aucune parole, je me levai et acceptai la main qu'il me présentait.

"Ma prestation n'était pas si bonne que ça."

"C'est une question de point de vue, Bella."

Tout en parlant, il nous mena au centre de la pièce où les couples s'écartèrent légèrement pour nous faire place mais également pour nous observer. Il posa sa main sur ma hanche tandis que l'autre saisissait ma main droite. Il ne me laissa pas l'occasion de garder une certaine distance salutaire entre nous car, d'un geste précis, il me rapprocha de lui.

"Mais je n'ai pas eu l'occasion de danser avec toi ce soir-là. Je tiens à avoir au moins ce souvenir."

"Souvenir de la danseuse la plus maladroite du monde."

"Souvenir de ma première et unique danse avec ma charmante épouse."

"Jasper, arrête."

"Mais je ne fais rien" répondit-il sur un ton qui voulait dire le contraire.

"Si. Arrête de jouer à l'hôte parfait. Je n'ai pas oublié la manière dont tu t'es débrouillé, avec l'aide d'Emmett, pour m'amener ici."

Loin de le désarçonner, ma répartie le fit sourire. Il raffermit sa prise sur ma taille et me fit tournoyer au rythme de "Still loving you." Comme mon cavalier gardait le silence, je décidai de profiter de ce moment qui serait très certainement le dernier. Tout en restant contrariée contre Jasper, il fallait admettre que me retrouver dans ses bras était plus qu'agréable. Et même si j'allais souffrir par la suite, je ne souhaitais pas être ailleurs pour l'instant.

"Ma mère ne t'a pas trop effrayée?"

"Non. Ta mère est vraiment très gentille."

"Oui mais elle sait aussi être très curieuse et elle tenait tellement à te rencontrer qu'elle était prête à tout."

"Tout s'est bien passé."

Le silence se réinstalla mais nettement moins dérangeant qu'auparavant. Du coin de l'oeil, j'aperçus Edward et Emmett discutant à l'écart tout en ne nous quittant pas des yeux. Avaient-ils peur que nous ne nous bagarrions sur la piste? Cette idée saugrenue me fit sourire.

"Veux-tu partager avec moi ce qui provoque ta bonne humeur?"

"C'est la manière dont nos amis nous regardent, attendant le moment où je te sauterais à la gorge."

Jasper regarda dans la même direction que moi mais il grimaça plus qu'il ne sourit. Sa mère avait raison, son regard avait perdu de sa gaieté naturelle. Il ne brillait plus d'espièglerie comme autrefois. Le Jasper d'il y a quelques semaines aurait plaisanté alors que l'homme que j'avais face à moi hocha simplement la tête. Evidemment, perdue dans ma contemplation, je perdis le rythme et écrasai les pieds de mon cavalier.

"Oh désolée."

"Tu m'avais prévenu, ce n'est rien."

"Ta cavalière précédente était plus douée que moi"

Je me mordis aussitôt la lèvre inférieure, me fustigeant d'avoir abordé le sujet qui, certes, me trottait en tête mais dont je ne voulais pas parler.

"Elle ne m'a pas écrabouillé les pieds effectivement."

"Tu devrais retourner auprès d'elle" commençai-je en voulant me dégager.

Mais il ne fallait pas compter sur lui pour être conciliant. Il m'agrippa plus fermement m'empêchant le moindre écart. Son souffle chaud chatouilla mon oreille lorsqu'il chuchota.

"Oh, ma petite femme serait-elle jalouse?"

"Pas le moindre du monde. Je ... je …"

"Tu ... tu …"

En quelques mots, je venais de retrouver le Jasper que je connaissais, celui qui plaisantait de tout, celui qui aimait me taquiner, celui qui ne prenait rien au sérieux au point de m'irriter. Celui qui durant des semaines avait été à mes côtés face à Alex. Celui qui me faisait rire. Mon cœur se serra à ces souvenirs mais cela ne changeait rien. Jasper était William et il me l'avait caché. Il m'avait menti durant de longues semaines sur son identité, ses motivations alors comment pourrais-je jamais lui faire confiance? C'est d'une voix assurée que je parvins à lui répondre.

"Je ne suis pas jalouse. Je trouvais juste que vous formiez un très beau couple et je crois que ta mère était du même avis."

"Laisse ma mère en dehors de nos histoires, Chaton"

L'emploie de ce surnom me surprit alors que depuis le début de cette soirée, il m'avait appelé Bella. Intérieurement, j'en étais heureuse mais hors de question de lui montrer.

"Je ne faisais que donner mon avis."

" Peu importe. De toute manière, je préfère me faire écrabouiller les pieds par toi que d'être avec elle."

Le silence se réinstalla une fois de plus. Nous tournions toujours sur la piste et je regardai autour de moi afin de m'assurer qu'aucune oreille indiscrète ne traînait. Chaque couple semblait être seul au monde, échangeant quelques mots à voix basse. Sur ma droite, mon attention fut attirée par mon "ex" meilleur ami dansant avec la Reine des Glaces. Ils discutaient et riaient ensemble tels deux vieux amis. Pour deux qui ne se connaissaient pas deux heures plus tôt, ils s'entendaient bien. En tout cas, elle paraissait plus agréable avec lui qu'elle ne l'avait été avec moi. Heureusement que je n'aurai pas à la revoir.

" Ta mère m'a dit qui elle était."

"Bien, et alors?"

"Alors, rien. Ca ne me regarde pas. Tu es libre à présent."

"Pas vraiment."

Je m'arrêtai de bouger cette fois et plongeai mon regard dans le sien, rieur. Qu'avait-il encore inventé?

"Que veux-tu dire?"

"Juste qu'actuellement, nous sommes toujours mariés."

"Mais, les papiers ..." commençai-je en fronçant les sourcils.

"Ils ne sont pas encore enregistrés puisque tu ne me les as pas renvoyés."

"Oh!"

Je baissai les yeux, confuse. Il en profita pour me reprendre dans ses bras et ne me laissa pas me morfondre plus longtemps car il se remit à danser. J'avais complètement occulté les documents. Ils avaient traîné longtemps dans ma chambre avant que je ne me décide à les consulter et à les remplir.

"Il faut que je te les donne."

"Demain."

"Demain?"

"Accepte de déjeuner avec moi demain."

"Je dois reprendre l'avion"

"Oui, en fin de journée."

"Ah, Emmett m'aura décidément trahie jusqu'au bout."

"Il veut juste t'aider."

La série de slows se termina et je pus prendre l'initiative de quitter les bras de mon cavalier. Je fis un pas en arrière mais nos regards ne se lâchaient pas. Je devais m'éloigner, rejoindre mon ami et surtout quitter cette soirée. Il posa sa main sur mon avant-bras pour me retenir.

"Alors demain?"

"D'accord. J'accepte et je t'apporterai les documents."

Son expression se crispa légèrement mais son beau sourire réapparut très rapidement. Il hocha la tête en me libérant et m'ouvrit le passage vers le groupe formé par Emmett, Edward, Alice et Rosalie. Il posa sa main sur mes reins durant le trajet jusqu'à nos amis. Ces derniers, en grande conversation, ne remarquèrent notre arrivée qu'une fois que nous fûmes à leurs côtés.

"Vous nous avez joué un très beau numéro du couple parfait" ironisa Rosalie, un rictus aux lèvres.

"Rose, ça suffit."

"Oh mais je ne fais que constater."

"Et bien garde tes constatations pour toi"

Je pensais que rien ne pouvait effrayer Rosalie mais le ton employé par son frère réussit à la faire taire et même à produire une légère gène car ses joues se colorèrent légèrement. Une part de moi-même appréciait de la voir ainsi mais une autre refusait d'être la cause d'une tension entre mon "mari" et ma "belle-sœur."

"Tout le mérite revient à votre frère, il est très bon danseur et les invités ne voient que lui" répondis-je en souriant.

Emmett approuva mon intervention d'un léger mouvement de tête.

"Je pense que ma présence n'est plus nécessaire. Je vais rentrer à l'hôtel."

"Je t'accompagne"

"Non, Em, je suis assez grande pour me débrouiller. Amuse-toi encore un peu. On se retrouve demain."

"Charlie n'apprécierait pas que je te laisse seule."

"Et bien, on évitera de lui en parler. Je vais prendre un taxi et rentrer directement."

Je le vis hésiter, regarder notre petit groupe en posant un regard plus long sur Rosalie avant de revenir vers moi. J'hochai la tête pour bien confirmer que je n'avais rien à craindre et que j'étais d'accord de rentrer seule. Il m'enveloppa de ses bras et m'embrassa sur le front avant que chacun ne me souhaite une bonne nuit. Jasper insista pour me raccompagner jusqu'au porche où des taxis attendaient le départ des invités.

"Tu es sûre de vouloir rentrer maintenant?"

"Oui, vraiment. Je pense que c'est préférable."

Il m'ouvrit la portière de la voiture qui venait de s'arrêter devant moi et je voulus m'y engouffrer mais il me retint par le bras.

"On se voit demain?"

"Je t'ai dit oui."

"Il y a un Starbucks au coin de la rue de ton hôtel. Je t'y retrouverai à 9h30 pour prendre le petit-déjeuner."

"D'accord" répondis-je en hochant la tête.

Je pris place dans le taxi et ne pus m'empêcher de le suivre des yeux lorsque ce dernier démarra. Je le regardai aussi longtemps que je pus tandis que lui n'avait pas bougé d'un pouce. Le retour me sembla bien long face à moi-même, aux émotions qui se bousculaient en moi, aux paroles de Jasper et de Mélanie.

Ne disait-on pas que la nuit porte conseil? Je l'espérais car le lendemain, je devais avoir les idées claires. Le lendemain, j'allais tourner une page de ma vie, et bien que cela soit pénible, je savais que je devais le faire.

XxXxX

Plus j'approchais du Starbucks et plus ma démarche ralentissait. Mon cœur tambourinait fortement dans ma poitrine tandis que j'avançais. Fermement collée à moi, l'enveloppe de papier kraft me paraissait imposante. Elle était lourde non pas en poids mais en signification. Ces quelques feuilles, sur lesquelles j'avais apposées ma signature quelques minutes avant de quitter la chambre, sonnaient le glad de mon mariage. Mon histoire avec William Jasper Hale allait se clôturer, ici, dans un lieu public autour d'un café. Elle se terminait comme elle avait commencé, comme une formalité sans intérêt.

Je pénétrai dans la salle, jetant un regard circulaire pour trouver Jasper. Ce dernier m'attendait à une table et se leva lorsqu'il m'aperçut. Il avait revêtu un jean clair et une chemise à carreaux. Il ressemblait au cowboy que j'avais côtoyé durant des semaines à Oro Valley, celui-là même qui m'avait fait rire, qui m'avait énervée et qui avait su prendre une place difficilement remplaçable dans mon cœur. Mais je ne devais pas m'aventurer sur le chemin que prenaient mes pensées.

"Bonjour, Bella."

"Bonjour, Jasper. Désolée d'être en retard."

"Tu ne l'es pas. Que puis-je aller te chercher?"

Je pris place en face de lui et déposai l'enveloppe devant moi avant de poser les mains dessus.

"Un macchiato caramel, s'il te plaît"

"C'est tout?"

"Oui, merci"

Je le regardai s'approcher du comptoir et prendre place dans la file. Inévitablement, les regards de la gente féminine du salon convergèrent vers lui et un pincement traître se manifesta au creux de ma poitrine. Aujourd'hui comme hier, il était le centre d'attention de tous. Pourtant, Jasper ne semblait pas les voir ni entendre les murmures autour de lui. Il me jeta un regard et un sourire alors que son tour venait. J'en profitai pour graver ses traits dans ma mémoire.

"J'ai pris quelques petites choses à grignoter."

"Quelques petites choses? Mais nous ne mangerons jamais tout cela!"

Il avait amené un plateau où une demi-douzaine de viennoiseries côtoyait nos cafés.

"Pas sûr" répliqua-t-il en attrapant un scone aux pépites de chocolat et en mordant dedans à pleines dents.

Je souris, amusée de son attitude et heureuse du ton léger que prenait notre rendez-vous. Je retrouvais le Jasper insouciant et attentionné d'avant. Je décidai de l'imiter et pris un pain au chocolat.

"Mmmh"

"Je savais que tu ne résisterais pas longtemps."

"Délicieux."

Nous mangeâmes un moment en silence, prenant juste plaisir à passer un instant ensemble. Pas d'erreurs, pas de mensonges, pas de reproches, juste un moment agréable entre amis. J'engloutis la dernière bouchée, m'essuyai la bouche avant de déguster mon macchiato. Mais notre instant de détente était terminé. Lorsque je levai les yeux vers lui, une gène s'installa instantanément entre nous.

"J'ai … j'ai apporté les documents."

"Je vois."

Je les pris en main et les tendis devant moi. Jasper hésita une fraction de seconde avant de les prendre, d'ouvrir le rabat, d'y jeter un regard furtif puis de les poser devant lui.

"Merci. Edward s'en occupera dès demain."

"D'accord. Merci pour ce petit-déjeuner mais ..."

"Je voulais te parler, Bella."

"De quoi? Nous avons déjà discuté hier et ce n'était pas très concluant. Nous restons chacun sur nos positions. C'est trop tard."

"Laisse-moi parler, s'il te plaît."

"Oui mais ..."

"Et sans m'interrompre."

"Ok"

Je n'avais jamais vu Jasper ainsi. Ordinairement, il était sûr de lui, arrogant parfois, imbu de sa personne, mais jamais nerveux. Il regardait derrière moi, comme perdu dans ses pensées. Je le vis déglutir avant de prendre la parole.

"Avant tout, je veux m'excuser. Je sais que je te l'ai déjà dit hier mais je regrette sincèrement la manière dont je t'ai traitée en Australie puis ensuite tous les mensonges que je t'ai débités durant les derniers mois. Je croyais au fond de moi agir pour le mieux. Je voulais comprendre et t'aider si cela était possible."

"Tu l'as fait."

"Chut, Chaton."

Ce surnom affectueux me fit monter des larmes aux yeux. Je réalisais que plus jamais je ne l'entendrais et il me manquait déjà.

"Hier, tu m'as reproché de t'avoir menti et tu as entièrement raison. J'aurais dû te dire la vérité et ce depuis longtemps. J'aurais peut-être même dû être honnête en arrivant mais tu étais une énigme pour moi et je voulais percer tes secrets. Tu m'as reproché de ne pas me connaître et de ne pas savoir qui j'étais réellement. Tu dis ne plus pouvoir me faire confiance car tu ne sais plus où est le vrai du faux. Mais il y a une chose que je veux que tu saches. L'homme que tu as côtoyé durant ces derniers mois, c'était moi. Je n'ai pas joué de rôle. Tout ce qu'il s'est passé, tout ce que j'ai dit ou fait était vrai. J'ai voulu tout te dire plusieurs fois mais jamais je ne trouvais les bons mots. Alors, je reportais sans cesse. Cette dernière nuit, j'ai failli tout te dire mais une fois de plus, j'ai reculé. J'avais peur de te perdre car … j'étais tombé amoureux de toi. J'aimais ma femme et elle ne le savait même pas."

"Je ..."

Ma gorge était douloureuse et je fus incapable de parler. Tous ces mots me touchaient et j'avais tellement rêvé qu'il me dise de telles choses mais là, c'était trop tard. Nous n'étions plus rien. Je venais de mettre un terme à notre simulacre de mariage en apposant ma signature au bas de ces documents. Et même si j'avais envie de tout oublier, de passer l'éponge sur les mensonges et les événements passés, je ne trouvais pas la force de le dire. Je me contentais de le regarder.

"Ne dis rien. Je voulais juste que tu le saches avant de partir."

"Jasper, je … Merci."

"Pourquoi? D'avoir été un con fini?"

"Non. D'avoir été honnête avec moi. D'avoir été là quand j'en avais besoin. Et je regrette tellement de … je regrette tout. Désolée mais je dois partir."

Je ne devais pas partir, non, en fait, je souhaitais prendre la fuite. Quitter au plus vite ce café et rentrer chez moi. J'étais chamboulée par ces paroles. J'aurais voulu le détester pour pouvoir repartir de l'avant plus facilement mais c'était impossible. Jamais je ne pourrais l'oublier complètement ni le haïr. Sans lui laisser le temps de me retenir, je me levai d'un bond et sortis du Starbucks par la porte se trouvant dans mon dos, que j'avais repérée en arrivant. Je ne sais pas s'il avait ajouté quelque chose, s'il m'avait appelée ou voulu me suivre mais je ne m'arrêtai de courir qu'une fois entrée dans le hall de l'hôtel.

XxXxX

La salle d'attente de l'aéroport Intercontinental Georges-Bush était bondée. Emmett et moi avions réussi à trouver deux places pour attendre notre vol mais nous aurions pu être chacun dans un coin que cela n'aurait rien changé. Nous n'avions quasiment échangé aucun mot depuis mon retour à l'hôtel. J'étais remontée dans ma chambre, avais terminé mes bagages en m'efforçant de faire le vide dans ma tête. Il était arrivé une demi-heure plus tard et avait tenté de parler et de me poser quelques questions mais j'étais restée très évasive, répondant par monosyllabes. Au bout d'un moment, il avait abandonné, me laissant ruminer mes idées noires.

"Bella, j'en ai marre."

"Pardon?"

"Que tu m'en veuilles pour hier soir, je peux le comprendre. Alors, fâche-toi, crie un bon coup mais ton silence commence à me taper sur les nerfs."

Je pivotai vers mon ami, arquant les sourcils, surprise de tant de véhémence. Lui, toujours prompt à plaisanter, n'élevait que très rarement la voix, surtout sur moi.

"Je ne t'en veux plus."

"Alors qu'as-tu? Tu restes dans ta bulle, le regard lointain depuis ce matin."

"Je pense à des tas de choses."

"Choses que tu n'as pas envie de partager avec moi?"

Discuter avec Emmett m'obligeait à repenser au petit-déjeuner, aux paroles de Jasper et mes yeux se mirent à picoter. Alors, je secouai simplement la tête pour lui répondre.

"Bells, tu as pris une décision."

"Justement, c'est ma décision et je ne veux pas en discuter."

"Ok, mais laisse-moi quand même te dire un truc."

"Non!"

"Oh que si. Tu réagis comme une gosse capricieuse et égoïste qui en veut au monde entier de ne pas agir comme Madame le veut. Ok, Jasper a merdé mais ça ne change rien au fait que c'est un type bien. Mieux que ce qu'on ne pensait au départ."

"Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler."

"Tu m'écouteras malgré tout. Vous êtes tous les deux malheureux."

"Non, je ne le suis pas."

Emmett éclata de rire ce qui fit se retourner quelques voyageurs sur nous.

"Si tu l'es mais tu es trop têtue pour admettre que tu as tort."

"Il a menti."

"Oui et alors? Toi aussi, tu n'as pas toujours été des plus honnêtes avec lui."

"Ca suffit. C'est terminé et c'est très bien ainsi. On rentre, je vais travailler avec mon père et aller de l'avant. Je ne suis plus Madame Hale et toute cette histoire fait dorénavant partie du passé. C'est clair?"

"D'accord. Continue de faire l'autruche. C'est ce que tu sais faire de mieux. Ton père avait raison."

"Qu'est-ce que mon père vient faire là-dedans?"

La voix automatique annonça notre vol. Les voyageurs autour de nous se levèrent. Emmett les imita, se saisit de son sac et s'éloigna sans plus faire attention moi. La manière dont il se tenait, droit, m'indiquait qu'il était furieux. Je lui saisis l'avant-bras pour l'arrêter.

"Réponds-moi. Pourquoi parles-tu de mon père?"

"Parce qu'il m'avait prévenu que tu étais plus entêtée que 10 mules ensemble. Que quoi qu'il se passe à la soirée d'hier, tu ne changerais pas de décision."

"Parce que mon père savait où nous allions?"

"Evidemment. Tu crois que je décide de où et avec qui je traite l'achat de chevaux? Que je peux m'absenter sans devoir rendre des comptes? Ton père et Sam savaient où je me rendais lors de mon dernier voyage et ce que je faisais. J'avais leur accord."

"Que tu agisses dans mon dos est une chose déjà difficile à admettre alors que tu es mon soi-disant meilleur ami mais savoir que ma famille, mes proches, complotent contre moi. C'est … c'est …"

J'étais abasourdie par ce que je venais d'entendre. Pourquoi chacun s'évertuait-il à se liguer contre moi? Pourquoi ne comprenaient-ils pas que mon histoire avec William ou Jasper, peu importe son nom, était terminée? De toute façon, c'était le plan de départ. Je restais mariée jusqu'à la découverte du secret de Charlie. C'était chose faite. J'allais divorcer, reprendre ma vie et avancer. Point final.

C'est dans cette optique que je me dirigeai vers la porte d'embarquement où m'attendait l'avion qui me ramenait en Arizona. Les pas qui se rapprochaient m'indiquaient qu'Emmett me suivait. Je l'entendis marmonner dans mon dos. J'avais fait un choix et je comptais bien m'y tenir. Quoi qu'en dise mon entourage. Je redevenais Isabella Marie Swan.


Je sais c'est dur mais croyez-moi, l'écrire aussi était difficile.

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Biz

Eli