JIM
Note de l'auteur: Voici la suite des aventures de Jim et Sam. Désolée si j'ai été un peu longue pour mettre ce chapitre. Carl Powers sera mentionné dans ce chapitre (impatients, n'est-ce pas? :P). Je travaille sur le chapitre 3 en ce moment, j'essaierai de le mettre rapidement, enfin, si ça vous intéresse! ;)
Chapitre 2- Première vengeance
Et ça a continué ainsi, jusqu'à la fin du collège. Puis le lycée est arrivé, nous avons été séparés, dans deux classes différentes, et nous nous sentions pendant les heures de cours comme les deux moitiés d'un tout à la dérive sur un océan de solitude. Tout le reste du temps nous le passions ensemble: les déjeuners, les intercours, les récrés, et même quand la journée scolaire était finie, nous étions encore ensemble. En effet, Jim et moi avions pris l'habitude de dormir l'un chez l'autre, lui plus souvent chez moi que l'inverse d'ailleurs, à tel point que j'avais parfois l'impression qu'il était devenu un membre à part entière de la famille.
Il y avait une bonne raison à sa présence quasiment permanente chez moi: sa mère s'était remariée l'année précédente avec un "pantin sans envergure seulement bon à violenter les autres pour se sentir puissant" comme disait Jim. Son père était parti quand il avait 13 ans avec une "croqueuse de diamants qui n'avait même pas la décence d'être intelligente", toujours selon ce cher Jimmy. Il n'aimait pas que je l'appelle comme ça, il trouvait que ça le diminuait, lui donnait un air enfantin, et d'ailleurs, s'il m'avait dit de l'appeler Jim, c'était pas pour que je lui choisisse un surnom par moi-même!
Nous avions 16 et 15 ans maintenant, et nous étions réellement inséparables, tellement inséparables que les rumeurs les plus folles courées sur nous: pour ceux qui ne nous connaissaient pas, nous étions des jumeaux, ou alors il était mon petit frère pour ceux qui se rendaient compte que Jim avait un an de moins, ou bien encore des cousins. Mais pour ceux qui nous connaissaient depuis longtemps, il était avéré que nous nous aimions. Cette idée nous faisait doucement rigoler, et nous réalisions ainsi que notre relation dépassée largement le niveau intellectuel de ces gorilles. Nous n'étions pas amoureux, nous ne nous sentions pas comme dans une fratrie, c'était bien plus que ça: lui et moi, c'était à la vie à la mort, j'aurais tué pour lui, il aurait tué pour moi.
Tout du moins c'est ce que nous nous murmurions le soir dans le noir, moi pour me rassurer sur notre duo, lui pour se rassurer sur lui-même. Il était mon héros, mon modèle et mon Dieu à la fois, quand j'étais son bras droit, sa seule source d'inspiration, la seule personne qu'il considérait comme potentiellement à son niveau. Et puis un jour il a vraiment tué pour moi. Au fond, cela n'a pas été surprise, ni pour lui, ni pour moi, et même si à son sujet, je ne savais toujours pas si je l'admirais ou si je le craignais, j'aurais senti une grande déception s'il ne l'avait pas fait, comme s'il me prouvait par là que je n'avais pas mis ma confiance et mon amitié dans une enveloppe charnelle vide et un regard sans rien derrière.
C'est donc pour moi qu'il a commis son premier meurtre, et la victime en a été Carl Powers. En 3ème, Carl nous frappait de manière assez régulière, Jim et moi, et nous avions développé des trésors d'ingéniosités (enfin surtout Jim) pour cacher les bleus à mes parents. Les parents de Jim s'en foutaient eux. Avec le recul, je pense que c'était sa manière bien à lui de nous dire qu'il aurait voulu qu'on l'intègre. Malheureusement pour Carl, c'était "Sam et Jim puis le reste du monde" comme disait ma mère. Un jour, c'était un jeudi -je m'en rappelle parce qu'on sortait toujours plus tôt le jeudi et que nous restions allongé au bord de notre falaise avant de rentrer à la maison et j'aimais particulièrement ces après-midis où nous avions le temps de ne rien faire- nous étions allongés dans l'herbe, à nous inventer des voyages que nous n'avions jamais fait et des rencontres que nous n'avions jamais vécu, lorsque j'ai entendu la voix de Jim dans mon oreille: "Il paiera, tu sais? Carl. Un jour, il paiera, Sam. Et pour chaque bleu qu'il t'a fait, je lui prendrais un an de sa vie. Tu verras."
Faut croire qu'il avait du m'en faire beaucoup, des bleus, pour mourir à tout juste 17 ans. Jim ne m'a jamais dit comment il avait fait. Je savais que c'était lui, même s'il ne me l'a jamais explicitement avoué, et que la police ne l'a jamais ne serait-ce que soupçonné. J'ai essayé de lui poser la question quelques années plus tard, mais il m'a regardé de ce regard si profond qui m'intimait le silence sans que le moindre son n'est besoin de quitter sa bouche. Nous n'avons jamais plus reparlé de Carl. La culpabilité, je sais bien que ni lui ni moi ne l'avons jamais ressenti.
Le retour de l'auteur: Alors, vous avez aimé? Des remarques, des reproches, des louanges à me faire? Dans ce cas, dirigez vous sans plus tarder vers le bouton "Review", sinon merci quand même de m'avoir lu :)
