Note de l'auteur: Bon, je dois avouer que ce chapitre a été assez dur à écrire, tout simplement parce que le sujet traité est assez sensible: le pardon après ce qui ressemble énormément à une tentative de viol. Je ne voulais absolument pas que des personnes ayant été dans cette situation se sentent insultés ou méprisés parce que j'ai fait le choix de faire pardonner à Sam les gestes de Jim. Il faut garder en tête qu'il s'agit d'une fiction et que ces gestes ne sont en aucuns cas pardonnables dans la vrai vie et peuvent faire énormément de dégâts. Voilà, j'ai fini avec cette petite explication et je vous laisse avec le chapitre, qui j'espère, vous plaira (je croise les doigts).


Chapitre 8- Première promesse

Au matin il était toujours à l'endroit où je l'avais laissé quelques heures plus tôt, les ronds de buées que faisant sa respiration contre la vitre attestant seuls du fait qu'il était encore en vie. Il était si pâle. Il avait l'air presque malade, comme rongé de l'intérieur.

Comment je n'avais pas vu le voir plus tôt. Je devais être trop occupée à lui en vouloir et à ne pas oser me l'avouer. Même dans son sommeil il n'avait pas l'air paisible. Il semblait perdu, et son visage s'agitait parfois, se tordait. Si nous avions été encore enfants, partageant notre chambre, ça aussi je l'aurais vu. Mais apparemment l'éloignement m'avais rendue aveugle.

Je m'assis à côté de lui, dans l'espace qu'il avait laissé au bord de la fenêtre. Je m'étais attendue toute la nuit à être dégoutté par sa présence, à ne plus ressentir que de la haine à son égard et pourtant, il me paraissait si vulnérable à ce moment là que j'avais du mal à reconnaître celui qui avait tenté de m'agresser quelques heures plus tôt. Instinctivement ma main se tendit vers lui et se glissa affectueusement dans ses cheveux. Un geste presque maternelle.

Et il ouvrit les yeux. Brusquement. Des yeux vides fixés sur moi. Ma main était restée à quelques millimètres de son visage. En le constatant il se leva d'un coup et détourna les yeux, comme brûlé par ma trop grande proximité. Mais j'avais quand même eu le temps de voir que ses yeux s'étaient remplis de culpabilité.

Il faisait à présent les cent pas dans mon salon, oscillant entre la cuisine, la salle de bain et la porte d'entrée, toujours sans me regarder. Puis il sembla se décider pour la porte mais je fus plus rapide que lui. Je me glissais entre lui et son échappatoire. Je ne pouvais pas le laisser s'enfuir encore une fois. J'avais toujours peur qu'il s'enfuit à nouveau. Et ce sentiment surpassait tous les autres, toute la peur qu'il avait fait naître dans mon cœur la veille s'envolait lorsque j'imaginais de nouveau ma vie sans lui. Cette fois il ne partit pas à l'autre bout de la pièce mais ma présence près de lui semblait toujours le brûler et il n'osait toujours pas me regarder. Il finit par reculer de quelques pas.

Manifestement il n'arrivait même pas à s'excuser, comme s'il pensait que jamais rien n'effacerait ses gestes de la veille. Seulement il se trompait. Parce que c' était « Jim et Sam et puis le reste du monde ». Parce que je l'aimais d'un amour inconditionnel et qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire qui me tiendrait loin de lui. Rien ni personne. J'avais envie de pleurer parce que je n'arrivais pas à lui dire tout ça et que nous souffrions tous les deux en silence.

Il s'était de nouveau réfugié près de la fenêtre, observant les passants qui continuaient leur vie impunément dehors. J'inspirais alors une grande bouffée d'air et pris la parole.

« Tu m'as promis de ne plus partir et pourtant tu ne fais que fuir depuis ton arrivée ». Il me regarda pour la première fois depuis une demi-heure avec un air étonné, presque choqué, imprimé sur son visage. A vrai dire j'étais moi-même surprise que la première chose qui me soit venu soit ça. Il opposa à ma question un silence obstiné qui me transperçait à chaque inspiration.

« Tu vas repartir c'est ça ? » Toujours rien.

« Jim, arrête de faire comme si tu ne comprenais pas. » Cette fois il me répondit, d'une voix faible et asséchée par plusieurs heures sans fonctionnement.

« Comprendre quoi ? » Les mots se mirent à s'enfuir de ma bouche sans que je puisse les arrêter.

« Que je ne suis rien sans toi. Que tu es la meilleure chose qui me soit jamais arrivée. Mais que pour une raison qui m'échappe c'est comme si tu t'évertuais à toujours tout gâcher entre nous. Tu veux me posséder mais de la mauvaise façon, comme si j'étais un chiot ou un pantin qu'on traîne avec soit comme une décoration. Alors que je déteste ce genre de relation, et tu le sais. Mais c'est comme si tu le faisais exprès. Et pourtant j'espère toujours que peut-être viendra un jour où tu m'aimeras correctement, que peut-être un jour on arrêtera de se faire mal et que j'arriverais à te faire confiance, à ne plus avoir peur que tu t'en ailles à chaque seconde qui vient. En attendant, je t'en pris, ne me laisse pas. Pas comme ça. »

« D'accord. » Ce n'était presque rien, mais pour moi c'était déjà beaucoup. Il ne m'avait pas regardée et n'avait pas fait le moindre geste vers moi mais c'était comme une promesse qu'il m'avait faite à travers cette simple parole.


Le retour de l'auteur: Bon... Je vais me répéter, mais on est tous d'accord que dans la vraie vie elle lui aurait pas pardonné non? Mais là si on veut avancer dans l'histoire j'avais besoin qu'elle fasse ce choix (même si techniquement, elle ne lui a pas vraiment pardonné, c'est juste que l'idée de le perdre lui ferait encore plus mal que de devoir le voir tous les jours en ce rappelant de ce moment là). Sur ce, je vous laisse reviewer en paix, en espérant avoir vos retours rapidement (j'adore lire vos commentaires, c'est toujours extrêmement touchant je trouve!)