Chapitre 2

Corruption

Nymphadora n'en pouvait plus du brouhaha et chercha à s'en échapper mais le policier l'en empêcha fermement. Elle retourna s'assoir mécontente et ferma les yeux. Comment avait elle fait pour en arriver là ? Depuis son arrivée à Londres, elle n'avait rien volé, elle n'avait trompé personne et avait fait en sorte de ne pas se faire remarquer. De toute évidence elle avait échoué puisqu'elle se trouvait au poste de police. Elle jeta un regard mauvais au type responsable de sa situation qui le lui rendit bien.

- Ah, la voilà ! s'écria-t-il en levant le bras pour saluer une vieille femme.

Il empoigna fermement le bras de Nymphadora qui grimaça de douleur afin qu'elle le suive.

- Bonjour Madame, la salua-t-il en ôtant son chapeau. Voilà la petite, elle refuse de dire quoi que ce soit…elle mendiait près de l'hôpital…d'ailleurs vous ferez attention à ses yeux, ils sont vraiment bizarre !

La dame se contenta de sourire.

- On va bien s'en occuper, elle sera mieux là-bas que dans la rue.

Là-bas ? Où est ce que l'on allait l'emmener ?

- Comment t'appelles-tu ?

Nymphadora ignora la question et fixa le sol en guise de réponse. La vieille femme soupira.

- Suis-moi, dit-elle en lui prenant la main. C'est tout ce que tu as ?

Nymphadora serra plus fort son baluchon contre elle et hocha la tête. La poigne de la dame se fit plus ferme lorsqu'elles se retrouvèrent à l'extérieur. Nymphadora ne pouvait pas s'échapper et la suivit donc avec résignation vers un vieux véhicule.

- Ils ont l'habitude de ramasser des enfants sans foyer comme toi, ils nous appellent pour que l'on vous récupère, précisa-t-elle en l'installant à l'intérieur de la voiture.

- Pour aller où ? demanda Nymphadora d'une voix rocailleuse.

- A l'orphelinat, car tu es orpheline n'est-ce pas ?

- Y en a d'autres ?

- Bien sûr, tu vas les rencontrer. Tu refuses toujours de me dire ton nom ?

D'un geste rapide et agile pour une femme de son âge, elle enleva les mèches de cheveux qui couvraient le visage de Nymphadora.

- Alors tu es une « enfant spéciale », murmura-t-elle en grimpant coté volant.

Surprise par ce qu'elle n'avait pas vu venir, Nymphadora s'était littéralement figée.

- Il n'y en a d'autres des comme toi à l'orphelinat, fit-elle en démarrant dans un vacarme assourdissant.

Nymphadora serra très fort son baluchon contre elle.

L'orphelinat se révéla être un large bâtiment délabré grouillant d'enfants, à cette vue, l'angoisse de l'orpheline s'accentua.

- Nous y sommes, fit la dame en arrêtant la voiture. N'aies pas peur, tu y seras mieux que dehors, crois-moi !

Nymphadora fronça les sourcils et la suivit avec méfiance. L'endroit était extrêmement bruyant, les enfants chahutaient si fort qu'elles se sentie obligée de se boucher les oreilles avec ses mains. La vieille dame la forçait toujours à la suivre en la tirant par le bras. Traverser ce mur humain ne fut pas facile, elles se prirent des coups plusieurs fois et la vieille femme se retrouva avec une voix éraillée à force d'avoir trop crié. Elle poussa une porte et poussa Nymphadora à l'intérieur.

- Soyez sage, dit-elle avec difficulté en fermant la porte.

Nymphadora resta un long moment debout près de la porte, une dizaine d'enfants lui faisait face. Certains jouaient ensemble et d'autres restaient dans leur coin, l'air maussade. Ils ne firent pas attention à elle, elle s'adossa alors nerveusement contre le mur et s'assit tout en les scrutant d'un regard mauve derrière ses longues mèches.

- T'es aussi une sorcière ? demanda un garçon.

Elle ne savait pas qui lui avait parlé et le chercha discrètement. Ne le trouvant pas elle hocha la tête.

- Alors bienvenue parmi nous, ironisa-t-il.

Ils restèrent enfermés jusqu'à ce que la nuit tombe, elle comprit que les « enfants spéciaux » ne sortaient pas. Personne ne s'était occupé d'eux, si ce n'est en fin de soirée où on leur avait apporté de la soupe clair accompagné d'un quignon de pain, et d'une couverture qui faisait office de matelas pour la nouvelle.

Couchée avec pour oreiller son baluchon et tournée vers le mur, Nymphadora était en proie à l'anxiété. Qu'allait-elle devenir ? Elle n'allait tout de même pas passer le restant de ses jours dans cet orphelinat ?! Pour le coup, elle aurait été mieux dans la rue ! Elle se mit à maudire le policier qui l'avait trouvé et s'en prit aussi à elle-même. Pourquoi avait-elle hésité ? Maintenant qu'elle y repensait, elle avait eu maintes et maintes occasions de s'enfuir. La fille du diable ne regrettait pas d'avoir quitté son village mais la perspective des ennuis qui l'attendaient la ramenait à sa vie d'antan. En sentant sa baguette contre son oreille, elle se demanda si les autres en avaient, peut-être qu'ils la gardaient caché…Elle se retourna et les observa. Elle ne distinguait rien dans le noir mais elle devinait que personne ne dormait, manifestement l'un d'entre eux était en train de finir son dîner.

- Pourquoi ne nous mélangent-ils pas ? demanda-t-elle doucement, incertaine que l'on ne lui apporte une réponse.

- Parce ce que ce sont des moldus.

Une fille lui avait répondu.

- Des moldus ?

- Les autres, comme on n'est pas pareil ils ne peuvent pas nous mélanger.

Ah.

- De toute façon, c'est surtout pour qu'ils ne posent pas des questions, on part bientôt alors…C'est pas comme si ils allaient remarquer quoi que ce soit, sont tellement nombreux, s'esclaffa-t-elle.

Nymphadora se redressa et ne fut pas la seule, des « on part ? », « comment ça on part ? », « qu'est-ce que tu veux dire ? » retentirent. Un long « chuuuuuuuuuuuuuuuuut ! » leur intima le silence.

- Ben oui, quelqu'un va venir nous chercher.

- Comment tu le sais ?

- On me l'a dit. Ce sera pour nous emmener dans un orphelinat pour sorciers d'après ce que j'ai compris…

Si cette fille en savait autant c'était parce qu'elle était ici depuis trois jours contrairement aux autres, ce qui faisait d'elle la plus vieille pensionnaire.

- Et même que quand je suis arrivée les autres partaient, on les emmenait là-bas.

Des murmures d'excitation se firent entendre jusqu'à ce quelqu'un frappe à la porte en leur ordonnant de se taire.

- Bonne nuit, chuchota quelqu'un.

Inquiète, Nymphadora mit du temps à s'endormir. Elle cogitait. Ainsi, les non-sorciers étaient des moldus... Elle se retourna contre le mur et imagina sa vie future dans cet orphelinat pour sorciers. Elle apprendrait de la magie si ça se trouve : des sortilèges, des maléfices… Elle sourit, ça ne serait pas si mal après tout.

Hé ho, debout ! la secoua une fille.

Déboussolée, Nymphadora cligna des yeux comme une chouette en se demanda durant un court instant où elle se trouvait. Le soleil n'était même pas encore levé. Elle se mit debout avec difficulté, les membres endoloris. Que se passait-il ? La vieille dame qui l'avait emmené ici fit son entrée, elle s'assura qu'ils étaient tous éveillés et parla :

- Il est encore très tôt mais nous n'avons pas pu faire autrement, on vous amène là-bas. Une…euh…,elle chercha longuement le mot adéquat, quelqu'un…comme vous va venir vous chercher alors soyez sage et attendez pour sortir.

- N'importe quoi ! chuchota un garçon blond.

L'attente fut plutôt longue, certains se rendormirent tandis que les autres faisaient tout pour lutter contre le sommeil. Nymphadodra commençait à somnoler quand la porte s'ouvrit doucement. Les enfants encore éveillés sursautèrent. Une femme ni vieille ni jeune venait d'entrer, un bâton lumineux dans la main. Nymphadora ne reconnut d'abord pas la baguette magique.

- Debout, fit-elle d'une voix rauque. Alignez-vous contre le mur.

Tous s'exécutèrent.

- Vous avez vérifié ? demanda-t-elle sèchement à une jeune moldu de l'orphelinat.

Celle-ci tenait inutilement une bougie dans sa main.

- Pourquoi je vous pose la question…je dois vérifier de toute façon…

Nymphadora se trouvait entre deux filles la dépassant de deux têtes au milieu. Tous regardaient du coin de l'œil ce que la sorcière faisait pour vérifier. Elle faisait quelque chose avec sa baguette au niveau du visage. Vint le tour de Nymphadora.

- Tu ressembles à un ours mal léché, chuchota-t-elle.

Elle ôta les cheveux de son visage et approcha sa baguette qui aveugla Nymphadora. Elle ferma les yeux et tourna la tête par réflexe. La femme, d'une main rugueuse, l'obligea à la regarder.

- Inutile de vérifier pour celle-là, lança-t-elle en la dévisageant d'un regard noir.

Lorsqu'elle eut finit son inspection, elle se recula et les observa longuement.

- Pas de mauvaises surprises cette fois-ci, ironisa-t-elle en regardant la moldu. Dehors, tous, n'envisagez même pas de vous évader j'ai de quoi vous le faire regretter !

- Prenez vos affaires et passez par la cuisine, on vous donnera de quoi manger, intervint pour la première fois la jeune moldu.

Ils s'y précipitèrent accompagnés des deux adultes. Nymphadora mit du temps à choisir un bon morceau de pain, du moins le moins rassis. Une fois, son petit-déjeuner en main elle sortit de la cuisine rejoindre les autres. Une fois vide, l'orphelinat paraissait grand, elle se dirigeait vers la sortie quand elle s'arrêta le cœur battant. Ses affaires ! Elle avait oublié son baluchon dans la cuisine ! Elle courut puis ralentit son allure en entendant des voix dans la cuisine. Elle avança doucement et regarda discrètement à l'intérieur. Son baluchon était sur le banc mais il n'était pas seul. La sorcière et la moldu y étaient aussi. La moldu avait la main tendu vers la sorcière qui sortit des trucs brillant de sa poche. Leur tintement était familier. De l'argent. Ayant la sensation d'avoir assisté à ce qu'elle n'aurait pas dû voir, elle recula et s'éloigna. Elle avait l'impression que quelque chose d'étrange se passait. Elle s'adossa contre le mur pour calmer sa respiration.

- Eh bien, je crois que tu as oublié quelque chose !

Elle se retourna paniquée et se retrouva en face de la sorcière. Toute de noir vêtue et très pâle, elle faisait peur. Elle se baissa et avec un étrange sourire rendit le baluchon crasseux à son propriétaire. Allait-elle lui dire quelque chose en rapport avec ce qui s'était passé dans la cuisine ?

- Va rejoindre les autres.

Sa voix n'était qu'un murmure mais Nymphadora comprit très bien et ne se le fit pas dire deux fois.

C'est avec la sorcière à ses trousses qu'elle rejoignit les autres. Ils étaient tendus, Nymphadora l'était encore plus.

- Suivez-moi.

Elle n'avait plus sa baguette, elle la ressortie lorsqu'ils furent plus éloignés. Elle ne dit rien mais sous leur regard incrédule, une lumière sortit de sa baguette. Ce n'était pas la même qu'avant. Celle-ci bougeait et ressemblait à un furet qui partit en gambadant joyeusement.

- Attendons ici, le premier qui bouge le regrettera.

Dans un seul et même mouvement, ils s'assirent. Qu'est-ce qu'ils attendaient ? Les autres avaient-ils vécus la même chose ?

Le soleil se levait et la sorcière commençait à s'impatienter. Les orphelins s'attendaient à voir un truc inattendu, ce fut le cas d'une certaine manière. Un homme arriva sur un chariot qui avançait seul. Il y eut des murmures d'effrois et d'excitation. Jamais ils n'avaient rien vu de tel. La sorcière se précipita sur lui.

- Tu es en retard ! s'écria-t-elle.

L'homme descendit calmement du chariot et s'approcha des orphelins.

- Ooooh, je vois que la pêche a été bonne !

Nymphadora jeta un regard inquiet à la fille qui se tenait à côté d'elle. Ça ne sentait pas bon. Les enfants étaient nerveux et les adultes le sentirent. Ils sortirent leur baguette et les firent monter dans le chariot. Ils pouvaient voir clairement maintenant.

- Dépêchons nous, je n'ai pas envie qu'il m'engueule, rouspéta la femme.

Le type se retourna, dévisagea longuement les enfants et ricana.

- T'inquiète, il sera tellement content qu'il oubliera.

Aucun d'entre eux n'osait dire quoi que ce soit, ils assistaient à des échanges dont ils n'arrivaient pas à saisir le sens. Ce n'est que lorsqu'ils furent en train de discuter qu'elle décida à parler.

- Elle a donné de l'argent tout à l'heure vous croyez que ça cache quelque chose ? chuchota-t-elle en se baissant en avant.

Ils se rapprochèrent.

- Quoi ?

Nymphadora raconta ce qu'elle avait vu.

- J'veux pas mourir, couina ce qui semblait être le plus jeune d'entre eux, et il se mit à pleurer.

Ils n'eurent pas le temps de réagir. Ils furent expulsés du chariot.

- Ne vous ai-je pas dit d'être sage ?! hurla la sorcière.

Même à terre le gamin continuait de pleurer, de douleur cette fois.

Une grande blonde aida Nymphadora à se relever. Elle se massa le crâne qui avait violemment percuté le sol.

- Merci.

Elle ramassa son baluchon qui se trouvait plus loin, et attendirent en tremblant de pouvoir remonter à bord. Le gamin pleurait encore.

- Arrête de couiner, s'énerva la sorcière. Par Marlin, je déteste les enfants !

Le sorcier ricana et agita sa baguette dans leur direction. Des cordes apparurent et les attachèrent au chariot.

- On ne sait jamais, se justifia-t-il.

La femme se racla la gorge.

- Des explications s'imposent, minauda-t-elle. Certains d'entre vous seront chanceux et d'autres non.

Et ils explosèrent de rire.

Un frisson glacé les parcourut. Les pleurs du petit garçon s'accentuèrent. Je ne veux pas mourir, pensa Nymphadora, pas maintenant.

- Où va-t-on ? demanda la grande blonde d'une voix tremblante.

- Surprise, on ne va pas la gâcher.

Terrorisés, ils attendirent passivement le dénouement. Ils arrivèrent dans une clairière, Nymphadora fixa son regard sur le cadavre d'un corbeau et ne détourna les yeux que par un coup de coude. Et suivi le regard des autres.

Un homme étrangement vêtu semblait les attendre. Il bondit joyeusement en les voyants.

- Je commençais sérieusement à m'ennuyer !

Il avait dit cela sur un ton léger mais il était en colère, la sorcière le savait.

- Ils ont été infernales mais vous ne serez pas déçu, fit-elle en descendant.

Il semblait être dubitatif.

- J'espère, la dernière fois j'ai été trèèèèèès mais vraiment trèèèèèèès déçu.

- Descendez, grogna le chauffeur en agitant sa baguette pour défaire les cordes. Alignez-vous et en silence !

- Oh mais oui, ils sont mieux ! fit l'homme.

Il prenait soin de lui c'était évident, sa barbe était soigneusement dessiné et il portait ce qui ressemblait à du rouge à lèvres.

- Il y en a une qui va vous plaire, ça j'en suis sûre ! s'écria soudain la sorcière.

Elle bouscula chaque fille ne sachant plus à quoi ressemblait celle qu'elle cherchait.

- Ah c'est celle-ci ! Regardez-moi ça ! fit-elle en empoignant brusquement Nymphadora.

Elle griffa son visage en enlevant ses cheveux. L'homme se rapprocha et ne vit pas ce qu'il y avait de si intéressant. La gamine était crasseuse et pas vraiment jolie. Il s'apprêtait à sortir une remarque cinglante quand il y eut un changement. Le regard azur de la fille venait de tirer à l'indigo, il s'approcha d'avantage. Ses yeux devinrent verts.

- Remarquable ! s'esclaffa-t-il.

Nymphadora fut mise à part, elle avait la désagréable sensation d'être considérée comme une marchandise. Elle ne fut pas la seule, la grande blonde fut également choisie avec deux autres filles et un garçon.

- Ce sera tout, les autres n'ont rien !

Et il donna une bourse bien remplie à la sorcière. Encore de l'argent.

- Parfait, murmura-t-elle. Dites-leur au revoir vous ne les verrez plus jamais et vous ne vous souviendrez plus de rien ! annonça-t-elle à ceux qui n'avaient pas été choisis.

Ils s'agitèrent, l'homme qui conduisait la carriole s'était fait discret durant la sélection, il ricana et sortit sa baguette.

Il pointa sa baguette sur plusieurs d'entre eux, Nymphadora ne comprenait pas ce qu'il disait.

- Eh bien mes enfants, allons-y !

- Où ça ? demanda la grande blonde en se retournant.

Les autres avaient complètement disparus. Leur « nouveau propriétaire » sortit à son tour sa baguette magique

- Dans mon cirque ! Vous allez être mes nouvelles vedettes !

A ses mots, Nymphadora ne sut pas ce que les autres avaient prévus mais ils avaient un plan. Les deux brunes et le garçon détalèrent. Ce fut si rapide que la blonde et elle, restèrent immobile. Il jura et hurla des formules dans leur direction. Il jeta un regard haineux aux deux qui restaient et les attacha un arbre.

- Tentez ne serait-ce que de bouger et je vous tue.

Elles déglutirent avec difficulté.

Des éclairs verts se mirent à apparaitre par-ci, par-là. Elles restèrent un long moment silencieuses.

- Qu'est-ce qu'on va devenir ? murmura la blonde.

Une larme coula sur sa joue. Nymphadora ne sut pas quoi dire.

- Tu crois qu'il existe réellement cet orphelinat pour sorciers ? demanda-t-elle.

- Non.

Nymphadora se demanda alors qui des autres ou d'elles étaient saufs… Elles n'osaient pas se regarder et sursautèrent lorsqu'il réapparut, seul.

- Eh bien ! De vrais lapins, cria-t-il essoufflé. Mais vous serez bien mignonnes n'est-ce pas ? Si vous ne voulez pas finir comme eux, grogna-t-il. Faites tout, absolument tout ce que je veux et tout se passera bien ! Logique non ?

Il pointait sa baguette sur elles tout en parlant. Elles hochèrent la tête.

- Bien !

La corde disparut et il les prit par la main.

- Ce n'est pas plus mal qu'ils ne soient plus là, s'esclaffa-t-il.

Et il transplana avec les deux orphelines qui se mirent à crier.