Chapitre 6 : 9 Novembre (partie 1)

Hermione se réveilla de très bonne heure en cette matinée de novembre, mais l'excitation du match n'y était pour rien. S'habillant rapidement, et revêtant sa cape d'hiver, elle descendit silencieusement dans la salle commune. Malheureusement pour elle, plusieurs Gryffondor avaient eu la même idée. Un groupe de première année pariait sur les résultats du match tandis que des troisièmes années se maquillaient le visage au couleur de leur maison. Au fond de la pièce Ginny et Dean discutaient, déjà revêtus de leur robe de Quidditch, et sur le grand canapé siégeaient Ron et Harry les yeux vides d'expression, rivés sur le feu de cheminée. Dès qu'ils l'aperçurent, Ron lui, se redressa, mais sembla aussitôt se souvenir qu'il était fâché contre elle, car il ne lui accorda aucune parole d'accueil, Harry quant à lui, se leva et lui sourit.

- Déjà debout Hermione ? Où allais-tu ? La questionna Harry.

- J'allais… Euh… Descendre prendre mon petit-déjeuner, le euh… Stress du match, plaisanta-t-elle.

Elle devait s'être améliorée en mensonges et fausses excuses ou bien c'était l'approche du match qui le rendait moins suspicieux. Toujours étant que deux minutes plus tard, ils descendirent tous les trois. Ron toujours enfermé dans un mutisme qui se voulait respectueux.

La Grande Salle était presque vide lorsqu'ils arrivèrent. Seuls quelques professeurs, et l'équipe de Serpentard au complet en train de recevoir les conseils d'Urquhart, leur capitaine, étaient présents. En les apercevant ils sifflèrent en cœur comme de vrais serpents. Ron se chargea de leur envoyer un geste obscène du bras. Ils s'installèrent comme à leur habitude en bout de table, et entamèrent leur petit-déjeuner. Ron commença par remplir à ras bord son assiette de toast, saucisses et œufs dégoulinants, comme si sa vie en dépendait, la vue des joueurs adverses semblait l'avoir démoralisé encore plus si c'était possible.

Hermione quant à elle, contemplait la table des Professeurs qui commençait peu à peu à se remplir, sans toutefois trouver celui qu'elle cherchait, et surtout sans toucher à son assiette. Son petit manège n'échappa pas à Harry qui le lui fit remarquer aussitôt.

- Eh, c'est toi qui as insisté pour venir manger, et tu ne manges rien.

Voulant savoir si sa nouvelle aptitude à inventer des excuses à son comportement fonctionnait toujours, elle se retourna vers Harry et prit une moue inquiète.

- Oh c'est juste que … J'ai réservé un livre à la bibliothèque et j'ai peur que quelqu'un le prenne si je ne me dépêche pas.

- Si ce n'est que ça, rigola Harry, vas le chercher on t'attend avant de descendre sur le terrain.

- Merci Harry, lui dit-elle avant d'enjamber le banc et de foncer vers la sortie.

Parfois, se dit-elle, être une élève trop studieuse aux yeux de ses amis avait du bon.

Extrêmement curieuse, elle courut jusqu'aux escaliers qui menaient aux cachots. Les dévalant en trois enjambées, elle continua sa course pour chercher des réponses à ses interrogations et calmer l'inquiétude qu'elle sentait croitre en elle. Il avait eu l'air préoccupé hier lorsqu'Il était partit pour la réunion, comme s'il elle n'avait pas été préméditée. Or les autres fois où Il avait dû s'absenter, Il n'avait jamais eu le visage crispé et inquiet de la veille. Elle était presque arrivée au bout du couloir lorsqu'elle percuta quelque chose de plein fouet. La pénombre régnait dans les cachots et elle n'avait pu distinguer cette forme avant de la percuter. Seule sa parfaite connaissance de ces couloirs, dû aux longues années à les traverser, lui avait permis d'avancer aussi vite qu'elle l'avait fait et donc de tomber au sol avec force, les fesses en premier.

- Vous ne pourriez pas faire plus attention ? Dit, une voix identifiable entre mille.

- Oh … Excusez-moi Professeur, répondit Hermione, tout en se relevant et massant ses fesses endolories.

- Miss Granger c'est vous ? Ne pourriez-vous pas m'épargnez votre présence ne serait-ce que le temps d'une journée ?

- Désolé … Mais je m'inquiétais pour vous, et je voulais savoir comment s'était passé la réu…

Quelque chose s'était plaquée douloureusement sur sa bouche afin de l'empêcher de parler. Une main plus exactement. Froide. Les longs doigts enfermaient son visage d'une seule poigne.

- Vous êtes folle ? Parlez de ça ici, rugit Rogue à son oreille.

Son timbre grave agressait ses oreilles et ses cheveux gras chatouillaient son visage. Il était assez près pour qu'elle puisse sentir son odeur lui tiraillant les narines. Aucun parfum, une simple fragrance masculine mêlée à l'odeur que l'on trouvait dans les cachots.

- Mmagmmemmoa …

- Pardon ? Je n'ai pas très bien compris, lui susurra-t-il.

Elle aurait presque pu voir son sourire désagréable élargir ses lèvres. Ruminant encore derrière sa main, il l'enleva et la plongea dans les poches de ses capes.

- Vous n'avez pas à vous inquiéter pour moi, personne ne le fait je ne vois pas pourquoi vous changeriez les bonnes habitudes. Allez rejoindre les autres babouins brailleurs qui vous servent de camarades.

Et il la laissa là, disparaissant dans l'obscurité.

- Lumos, murmura Hermione.

Elle remonta les escaliers d'un par lourd, terriblement déçue. Une fois de plus, elle avait fait preuve de sentimentalisme purement Gryffondorien, elle s'était amusée à penser qu'elle commençait à connaitre Rogue, ou du moins accepter son caractère exécrable, mais toutefois elle ne s'habituait pas à ce qu'il soit dépourvue d'humanité. La Grande Salle était bondée quand elle arriva. Ron était accablé sur la table, l'air toujours aussi mélancolique, et Harry lui proposait un verre de jus de citrouille. Elle était presque arrivée à leur hauteur quand elle vit Harry sortir discrètement un flacon de sa poche. Incrédule elle le vit approcher la fiole du verre, et sans attendre plus longtemps, elle bondit.

- Ne boit pas ça Ron !

Harry et Ron levèrent les yeux vers elle.

- Pourquoi pas ? Dit Ron.

Hermione à présent, fixait Harry comme si elle n'en croyait pas ses yeux.

- Tu viens de mettre quelque chose dans son verre.

- Pardon ? Fit Harry.

- Tu as très bien entendu. Je t'ai vu, tu viens juste de verser quelque chose dans son verre. Tu as encore le flacon dans ta main droite !

- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit Harry. Mais Hermione le vit remettre rapidement la petite bouteille dans sa poche.

- Ron, je t'aurais prévenu, ne boit pas ça, répéta Hermione alarmée.

Mais Ron prit le verre et l'avala d'un seul coup et s'adressa brusquement à Hermione.

- Arrêtes de me donner des ordres Hermione.

Elle était scandalisée, en se penchant afin que seul Harry puisse l'entendre elle lui siffla à l'oreille.

- Tu pourrais être renvoyé pour ça ! Je ne t'aurais jamais cru capable de ça Harry !

- Tu peux parler, murmura-t-il en retour. Tu n'as jeté de sortilège de confusion à personne ces derniers temps ?

Elle s'apprêtait à riposter quand une petite épaule vint se nicher sur son épaule, l'éloignant d'Harry.

- Viens Hermione, lui dit Ginny.

Elle se laissa entrainer par la jeune fille entre les tables des maisons.

- Tu ne devrais pas te mêler du Quidditch, c'est une affaire sérieuse tu sais Mione, lui dit Ginny.

- Ginny … Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ? Ce n'est qu'un sport ! Répliqua Hermione.

- Hmm…Jetenfoutraisdusportmoi, murmura-t-elle. Parlons d'autre chose veux-tu ? Il parait que tu prends des cours avec Rogue… Enfin Rogue ! Hermione, tu aurais pu m'en parler !

- Désolé Gin', c'est vrai qu'on ne s'est pas réellement parlé depuis quelques temps.

Elles étaient sorties du château à présent. Le soleil aveuglant, commençait à réchauffer doucement l'herbe encore mouillée de rosée.

- Un temps idéal pour le Quidditch, n'est-ce-pas ? Questionna Hermione.

- Oh oui, répondit Ginny enthousiaste. Mais évitons les sujets fâcheux, comment il est ce vieux Rogue dans l'intimité ?

- Ginny, rigola Hermione. Toujours aussi froid si ce n'est plus. Mais c'est un excellent professeur.

- Sans doute, sans doute. Mais d'après ce que j'ai entendu, ça viendrait du livre de potion d'Harry cette idée de cours particulier, je ne te savais pas si ambitieuse, railla Ginny avec un clin d'œil.

- Très drôle. Je l'avoue, au début c'était par pure jalousie que j'ai supplié Rogue de me donner ces cours. Harry m'agaçait au plus haut point, mais finalement, j'aime véritablement ces cours, j'apprends énormément !

Elles étaient arrivées devant l'entrée des vestiaires de Gryffondor. Le balai sur l'épaule et d'un air espiègle, Ginny lui dit :

- Je te crois sur parole, mais ne compte pas sur moi pour t'y accompagner.

- Je n'y comptais pas, je garde Rogue pour moi, continua Hermione sur le même ton.

Ginny fit une grimace en tirant la langue et Hermione lui souhaita bonne chance. Elle s'avança dans le chemin sur le côté du terrain afin de se placer dans les gradins du fond. Elle aimait être derrière et non tout prêt où l'on ne voyait presque rien, et l'où on était surtout sûr d'y croiser les admiratrices des joueurs. Rien n'était plus agaçant que d'entendre scander tout le long du match « Potter c'est le meilleur ». « Harry on t'aime ». Et d'autres slogans plus ridicules les uns que les autres. Elle prenait souvent ce chemin. Le terrain de Quidditch étant à l'orée de la forêt il lui faisait passer entre les grands arbres où la lumière avait du mal à se frayer un passage. Ce petit sentier lui permettait d'éviter les autres élèves fous de joie et d'excitation à l'idée d'un nouveau match. C'est dans ses pensées qu'elle entendit un craquement au fond des arbres qui l'a fit se raidir. Il n'était pas rare que des animaux s'aventurent aussi près à cause du bruit. Elle sortit sa baguette, au cas où. D'autres craquements retentirent. Puis des voix. Personne n'était censé pouvoir transplaner à Poudlard, aussi ce devait être des élèves, et elle continua son chemin. Toutefois les voix s'intensifièrent et Hermione put distinguer le timbre grave d'un homme. Elle tendit l'oreille et discerna quelques mots.

- Des gosses … Plein de gosses … Je peux plus me retenir.

Hermione avait la chair de poule à présent. Qui que ce soit, ce n'était pas un élève, et c'était très inquiétant. Un bruissement de cape s'échappa des arbres derrière elle. Poussant un petit cri de frayeur elle recula et trébucha sur une racine. Et c'est alors qu'elle le vit. Grand, le teint pâle, sa baguette pointée devant lui. Vêtu d'une longue cape noire. Une cape de mangemort.


Petit chapitre que voici, mais la 2ème partie arrive juste après !
J'attends vos avis !