Bonjour à tous,

Voilà enfin le troisième et dernier épisode de cette trilogie qu'est La Revanche. Je ne pense pas avoir été trop longue cette fois-ci pour vous livrer la fin, même si ça peut toujours aller plus vite. J'adore cet épilogue, la manière dont l'histoire se termine entre Hermione et Drago. Ce n'était pas mon OS – ou en l'occurrence ma série d'OS – préféré, mais j'ai quand même pris plaisir à vous le livrer.

J'ai un peu commencé la traduction du prochain récit, mais je ne sais pas quand je pourrais le publier. Il faudra attendre, je pense, quelques semaines. Surtout qu'avec le magnifique temps ensoleillé de ces dernières semaines, je passe plus de temps dehors en vadrouille qu'à la maison devant mon ordinateur.

En attendant, je voulais vous proposer un petit vote. Etant donné que ce recueil contient déjà une dizaine d'histoires publiées, j'aurais voulais savoir le ou lesquelles vous avez préférés ? Peut être que vous pourriez établir un petit top 3 de vos OS favoris. A la prochaine publication, je mettrais en ligne les votes ainsi que mon avis sur le sujet. J'espère que vous jouerez le jeu, même les plus réticents à mettre une review…

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à très bientôt !

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Disclaimer : le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowlings et « Meus Contraho » appartient à Curiositykils, je ne suis que la traductrice.

Titre original : Revenge Part III

Rated : M

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La revanche 3

Hermione était assise sur un vieux banc en bois dans la prairie située à l'arrière de la maison des Weasley et regardait le soleil se coucher au-delà des champs. D'où elle était assise, elle pouvait entendre l'agitation bruyante qui provenait du Terrier. Il y avait tant de gens et pourtant Hermione ne s'était jamais sentie si détachée de tous.

Inconsciemment, les doigts de sa main droite frôlaient la cicatrice à peine visible de sa joue. Même si sa peau était désormais complètement lisse, Hermione pouvait sentir des picotements quand elle s'éternisait sur la chair irrégulière avec son index.

Déjà sept mois, et elle pouvait encore sentir le rapide coup de couteau qui avait changé son visage à jamais. Hermione frissonna, le frémissement courant jusqu'à sa colonne vertébrale.

Se souvenant des mots de son guérisseur, elle prit une profonde inspiration par le nez et expira par la bouche. Une fois. Deux fois. Pendant tout ce temps, elle gardait à côté d'elle ses poings étroitement serrés.

« Mione ! »

Hermione sursauta à l'appel de son nom. Elle se retourna rapidement, son cœur menaçant de s'échapper de sa poitrine. Même quand elle aperçut la silhouette familière se diriger vers elle, il continuait à cogner contre sa cage thoracique.

Le soleil rebondissait sur la chevelure rousse de Ginny et Hermione fut immédiatement ramenée à cette fameuse nuit.

Les flammes.

Elle pouvait les sentir s'écraser sur sa peau.

La chaleur et le feu la touchaient… la faisaient tellement suffoquer qu'elle ne pouvait pas respirer l'air dans ses poumons.

Ses yeux étaient ouverts en de simples petites fentes et même ça lui causait une douleur inimaginable.

Hermione regardait autour d'elle, désorientée. Où avait-elle laissé la baguette de Drago ? Où était-elle ?

Une pensée encore plus alarmante parvint à son esprit. Où était-il ?

Titubant maladroitement, elle se tourna face à l'endroit où elle l'avait attaqué avec sa propre baguette. Tout l'espace était en feu. Son corps était invisible dans ce brasier enflammé qui ne cessait de progresser jusqu'à elle.

Sanglotante, Hermione se retourna rapidement et tomba à genoux. Son cœur jaillissant de sa poitrine et l'adrénaline courant dans son corps, elle tâtonnait aveuglément le sol à la recherche de ce morceau de bois fin et tordu qui serait son salut.

Une explosion eut lieu derrière elle et Hermione cria de frayeur. Elle protégea sa tête de ses mains et son corps se recroquevilla instinctivement en position fœtale. Quand elle ne perçut aucune attaque, elle releva la tête brusquement.

Tout son corps se figea quand elle vit une silhouette noire à l'entrée de la pièce dans laquelle elle avait été contrainte de rester les trois dernières heures.

Criant de désespoir, elle se releva immédiatement et recula, les bras tendus devant elle prête à combattre Drago.

Ce fut alors qu'arriva la chose la plus extraordinaire. La baguette pointée vers sa poitrine commençait à envoyer des jets d'eau dans la pièce.

Hermione observa les évènements dans un état second avant de réaliser qu'il s'agissait de sa chance de sortie… Alors que Drago était occupé à tenter follement d'éteindre les flammes.

Debout sur ses jambes tremblantes, elle courut immédiatement vers lui. Se déplaçant pour l'arrêter, l'attrapant dans ses filets, elle frappa de ses petits poings son visage et son torse.

« Mione… Mione ! C'est moi ! »

Chancelante, Hermione arrêta momentanément son geste à l'entente de ses mots étranges. Levant les yeux, elle ne vit pas les prunelles grises qui la hanteraient pour le reste de sa vie, mais une paire verte émeraude. Les yeux qui la sauveraient.

Elle tomba dans les bras d'Harry et pas même une seconde plus tard elle sentit une étreinte familière quand Harry les fit transplaner tous les deux en lieu sûr.

« Hey, tu vas bien ? », demanda Ginny quand elle revint dans le monde réel.

Hermione ne pouvait pas répondre. Son regard était fixé sur le feu qui entourait la tête de Ginny.

« Mione », répéta Ginny prenant place à côté d'Hermione.

Ce fut le contact de la main de Ginny qui sortit Hermione de ses pensées. Incapable de contrôler ses tremblements, Hermione vit Ginny retirer immédiatement sa main. Un mélange de tristesse et d'exaspération apparaissait sur les traits délicats de son visage.

« Désolé », dit Hermione tardivement.

Ginny l'observa seulement un bref instant avant de secouer la tête. « Oublie ça », dit-elle d'un petit signe de la main.

Hermione dut se forcer à rester immobile pendant que la main de Ginny fleuretait dangereusement avec son espace personnel. Elle ne voulait pas voir de nouveau cet air peiné.

Un air qui était devenu bien trop fréquent ces derniers mois. Un air qui demandait à Hermione combien de temps elle allait encore tressaillir et sursauter à la moindre chose. Le rare contact d'un ami. L'appel de son nom quand elle était absorbée dans ses souvenirs.

Des souvenirs de lui.

Elle voulait crier. Hurler haut et fort et demander à sa famille sorcière depuis quand elle lui avait défini un laps de temps pour s'en sortir et aller de l'avant. Depuis quand ils avaient décidé que le moment était venu pour eux de ne plus l'aider de leur plein gré, mais parce qu'elle était devenu un fardeau. Un fardeau qu'ils ne savaient plus comment aider.

« Ron m'a parlé de ce qu'il s'est passé mardi soir »

La voix de Ginny brisa le silence et Hermione se raidit, les joues rouge d'embarras quand elle saisit ses paroles. Ginny dut remarquer la sensation de trahison dans ses yeux puisqu'elle se dépêcha d'expliquer.

« S'il te plait ne lui en veut pas Hermione. Je n'ai pas arrêté de le harceler. Vous n'avez pas cessé de vous éviter tous les deux toute l'après-midi », dit Ginny mal à l'aise avant de continuer. « Je… juste… pourquoi ? Pourquoi voulais-tu… alors que tu savais que tu n'étais pas encore prête ? »

Hermione sourit tristement avant de regarder son amie dans les yeux. « Parce que ça fait sept mois… Et que j'aurais déjà du avancer »

Quand Hermione vit que Ginny allait contester ses paroles, elle l'arrêta son geste. « Non Ginny. Nous savons toutes les deux que c'est la vérité. C'est juste que… je ne peux pas… » Sa voix se brisa.

Son cœur se brisa également quand elle vit que Ginny allait placer une main réconfortante sur la sienne avant de se rétracter.

« Je ne peux pas oublier Ginny. Tout est coincé dans ma tête… Chaque fois que je ferme les yeux… Chaque fois même que je bats des paupières… je me souviens de cette nuit-là. Je peux encore ressentir tout ce qu'il a fait. Je le vois à chaque fois que je regarde dans un miroir. Je sens ses mains à chaque fois que quelqu'un me touche. Pourquoi je ressens encore ça aujourd'hui ? Ça aurait du disparaitre », pleura silencieusement Hermione.

Balayant les larmes sur ses joues, Hermione respira faiblement à plusieurs reprises.

« J'ai pensé que si je couchais avec Ron… alors… mon corps aurait… je ne sais pas, réalisé que tout le monde ne me veut de mal. J'ai pensé que le contact physique de Ron me ferait oublier le sien »

« Ça n'a pas marché », constata Ginny.

Hermione opina d'une geste de la tête. « C'était le seule chose que je pouvais faire pour maîtriser mon corps, au lieu d'être prise de panique. Dès que Ron m'a embrassé j'ai voulu le rejeter… mais j'ai serré les poings et l'ai laissé continuer. Si seulement j'avais pu aller jusqu'au bout… »

Le corps de Ron allongé sur le sien, Hermione se sentait malade.

« Est-ce que tout va bien ? », lui demanda-t-il incertain.

Les yeux fermement fermés, Hermione se contenta d'acquiescer de plusieurs rapides mouvements de la tête. Quand elle sentit les lèvres de Ron toucher les siennes, demandant sans succès l'accès à sa bouche, Hermione obligea son corps à se détendre.

Six longues et atroces minutes et demie plus tard, alors que Ron avait plongé en elle une dernière fois, Hermione prit de nouveau une profonde inspiration.

Une inspiration qui se transforma rapidement en un cri étouffé. Un cri étouffé qui se transforma rapidement à son tour par des sanglots angoissés de son corps.

Ron se leva immédiatement d'un bond. « Mione ? »

Hermione s'accrocha au drap du lit et recouvrit son corps dénudé, les larmes tombant de ses yeux si rapidement qu'elle pouvait à peine distinguer la forme de Ron.

« S… S'il te plait… S'il te plait… »

« Mione. Je suis désolé. Je suis tellement désolé. Merde », marmonna-t-il pour lui-même. « Est-ce que tu veux que je chercher Ginny ? »

Hermione secoua négativement la tête vivement. Elle voulait que personne ne la voie dans cet état.

« S'il te plait… Va-t-en », supplia-t-elle.

« Je ne peux pas partir ! », fit Ron tout en remettant ses vêtements d'un simple sort avant de tendre une main réconfortante pour la consoler.

Hermione poussa un cri tellement aigu qu'ils s'éloignèrent automatiquement l'un de l'autre.

« S'il te plait ! VA-T-EN », hurla-t-elle.

A peine une seconde plus tard, elle entendit le pop de Ron qui avait transplané à son appartement.

Le silence dura quelques minutes tandis qu'elles regardaient toutes les deux le soleil disparaitre encore un peu plus derrière l'horizon.

« Ce n'était pas juste pour Ron », dit finalement Ginny calmement. « Il a l'impression de t'avoir violé ou quelque chose comme ça »

« Je sais », murmura douloureusement Hermione. « J'avais l'intention de lui parler aujourd'hui… mais je ne savais pas quoi dire. Je suis tellement gênée »

« Ça va aller mieux », dit Ginny avec conviction.

« Non, ça n'ira pas. Parce qu'il est toujours là dehors quelque part. Il m'observe Ginny. Je peux sentir son regard… J'ai peur », admis Hermione honteusement.

« C'est normal d'avoir peur. Et tu ne dois pas te soucier de lui. Les Aurors vont le retrouver. Et avec les patrouilles qu'ils ont mis en place… il n'arrivera plus à t'atteindre, plus jamais », rassura-t-elle.

Hermione pouffa de rire. « Ce sont les mêmes Aurors qui étaient prêts à me laisser piéger dans un immeuble en feu parce qu'ils n'étaient pas sûrs du risque à prendre pour me sauver ? Les mêmes Aurors qui m'ont dit qu'il avait péri dans l'incendie ? Les mêmes Aurors qui ont progressivement espacé les patrouilles parce qu'ils ne peuvent pas consacrer tous leurs hommes pour une seule affaire »

Hermione était assise hébétée tandis que les Aurors parlaient à Harry et aux Weasley. Non… ils ne parlaient pas… ils se disputaient à propos de quelque chose. Elle pouvait l'affirmer à leurs bouches déformées par la colère et leur langage corporel.

Les mains des Aurors étaient tendues vers l'avant… d'une manière apaisante. Elles bougeaient de haut en bas tentant de faire comprendre quelque chose à Harry et aux Weasley.

Dès la seconde suivante, ils abandonnèrent et se tournèrent pour lui parler. Quand ils se mirent à argumenter, Hermione ne put qu'émettre un long grognement. Et quand ils la regardaient dans l'attente évidente d'une quelconque réponse, Hermione les regardait juste en retour l'air absente.

Renonçant un court instant plus tard, Hermione les observait transplaner.

Il lui fallut bien deux bonnes heures pour arriver à émerger de cet état brumeux et comprendre que Ginny lui parlait.

A peine deux heures plus tard, alors qu'Hermione était assise seule dans l'une des chambres de l'appartement d'Harry et Ginny, un oiseau inconnu apparu par la fenêtre. Déposant sa lettre, il déploya ses ailes rapidement et s'envola de nouveau, sans attendre la moindre gâterie ou gorgée d'eau.

Ramassant la lettre tombée à ses pieds, Hermione la déplia et lut les quelques mots.

« Bonjour amour, je t'ai manqué ? »

« Il est dehors Ginny. Le fait qu'il n'ait pas envoyé un autre message depuis des mois ne signifie pas qu'il ait renoncé. Il me veut avec lui ou il me veut morte. Il attend le bon moment pour venir me chercher »

« On ne sait toujours pas si le message venait de lui. Il aurait pu être envoyé par n'importe quel cinglé qui voulait te faire peur. Et puis, nous sommes toujours là. Harry, Ron, maman, papa », assura Ginny.

« Je ne peux pas vivre avec vous pour toujours. Je vais bien devoir finir par passer à autre chose… Je pense qu'il est temps que je parte », murmura Hermione.

« Ok, on va t'aider. On peut te trouver un appartement proche des nôtres, et avec nous tous qui montons la garde, tu vivras dans l'endroit le plus sûr du monde magique »

Hermione secoua négativement la tête face à la méprise de Ginny. « Je voulais dire, quitter le monde magique. Retourner à la maison… chez mes parents »

Ginny avait le souffle coupé. « Hermione, non. Tu ne peux pas partir »

« Je ne peux pas rester… Tu… tu ne comprends pas… Depuis ce qu'il s'est passé… ma magie… c'est la folie. Je ne peux plus la contrôler »

« Quoi ? », s'exclama Ginny. « Pourquoi tu l'as dit à personne ? »

« J'ai passé toute ma vie à prouver à tout le monde que j'appartenais à ce monde. Celui des sorciers. Que j'avais beau être une né-moldue, j'étais autant capable de faire de la magie qu'un Sang-Pur. Si je venais à dire que je ne suis même plus capable d'effectuer le sort le plus simple, alors… »

« … Mais retourner dans le monde Moldu ? »

Le soleil disparaissait complètement derrière les champs verdoyants. « Le monde Moldu ne la pas lui. C'est tout ce que je désire »

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Quatre ans plus tard – le Londres Moldu

Hermione était assise sur un vieux banc dans Hyde Park et regardait sa fille gambader joyeusement. Elle pouvait entendre l'agitation bruyante des autres jeunes enfants dont les familles avaient décidé de laisser profiter au maximum de la chaleur de cette fin septembre et des piqueniques en extérieur. L'animation s'estompa de l'esprit d'Hermione alors qu'elle se concentrait sur le rire éclatant de sa fille.

Le soleil rebondissait sur sa chevelure rousse et Hermione se raidit avant de se laisser aller dans le cocon formé par les bras de son mari.

« Amour, est ce que tout va bien ? », demanda-t-il la voix pleine d'inquiétude.

Hermione opina de la tête puis sourit à son mari. « Oui. Je crois que j'étais en train de me souvenir de quelque chose »

Elle sentit son mari se tendre à son tour avant d'entreprendre de la rapprocher un peu plus de lui. « De quoi s'agit-il ? », demanda-t-il.

Hermione essaya de se souvenir, mais comme d'habitude tout ce qui lui restait était une sensation floue. « Je l'ai perdu », dit-elle en secouant la tête.

Elle plaça sa tête sur le torse accueillant de son mari et soupira.

« J'ai cru voir le visage d'une femme. Elle avait la chevelure rousse de Rose. J'aimerais pouvoir me souvenir de qui il s'agit »

« Amour, n'en attends pas trop de toi. Tu sais ce qu'a dit le docteur Santiago. Tes souvenirs reviendront quand le temps sera venu. Soit simplement heureuse d'être toujours là. L'idée de cet accident de voiture… » Il frissonna avant de continuer. « Je déteste repenser à quel point j'étais proche de te perdre… Toi et Rose »

« Je sais… c'est juste tellement frustrant », admis Hermione.

Elle laissa les doigts de son mari la calmer, glissant dans ses cheveux bouclés et massant légèrement sa nuque. Le regard d'Hermione tomba de nouveau sur sa fille et elle remerciait Dieu que Rose ait survécu à l'accident. Perdre la mémoire était quelque chose qu'elle pouvait volontiers accepter en l'échange de la vie de sa fille.

« Peut être que j'ai des ancêtres venant d'Irlande », songea oisivement Hermione. Après tout, c'était la seule explication à la chevelure flamboyante de sa fille, surtout quand ses parents étaient blond et brune.

« Peut-être »

Hermione sentit son mari gigoter, cherchant à atteindre la poche arrière de son jean. Quand il en extirpa un fin morceau de bois tout tordu, elle leva vers lui des yeux amusés.

« Qu'est ce que c'est ? »

Il se pencha et embrassa son front. « Rien dont te ne dois te soucier, amour. Ferme les yeux »

Les yeux d'Hermione brillaient d'amusement, mais elle obéit. Son mari aimait ce genre de drôles de petits jeux.

« Oubliettes »