Bonjour à tous,

Près d'un an d'absence et me voici enfin de retour. Je dois dire que cette traduction était déjà prête depuis un moment, mais je ne voulais pas la publier sans avoir quelque chose d'autre à vous proposer par la suite.

Aucune excuse pour ma disparition, juste le train-train quotidien.

Je n'ai pas répondu personnellement aux review que certain d'entre vous m'ont envoyé ces derniers temps mais je souhaitais quand même vous remercier pour vos messages et vos encouragements. J'essaierais d'être plus appliquée la prochaine fois.

En ce qui concerne cette nouvelle publication, j'espère que je ne suis pas trop rôdée et qu'elle va vous plaire. L'ambiance est un peu différente des précédentes histoires mais tout aussi charmante. N'hésitez pas à me faire part de votre sentiment.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à très bientôt !

NB : J'espère qu'il n'y a pas trop d'erreurs. J'ai lu et relu tellement de fois ce texte que les phrases se mélangeaient les unes aux autres.

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Disclaimer : le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowlings et « Meus Contraho » appartient à Curiositykils, je ne suis que la traductrice.

Titre original : Rakes and Spinsters

Rated : K

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La vieille fille et le débauché

Hermione Granger n'était pas une idiote.

Ce qui n'était pas forcément vrai des autres jeunes filles dans l'assistance ce soir.

Depuis l'endroit où elle était installée, Hermione avait une vue d'ensemble parfaite de la salle de bal de Lady Greengrass et regardait avec amusement les jeunes filles et leurs mères jeter leur dévolu sur les jeunes célibataires présents.

A vingt quatre ans, cela faisait maintenant trois années qu'elle était fermement installée dans le coin des vieilles filles lors de chaque évènement auquel elle acceptait de participer. Peu en réalité, mais même elle ne serait pas passée à côté de la soirée de ce soir.

La haute société avait regretté les ragots que la famille Malfoy avait emportés avec elle. Quand Hermione avait participé à sa première saison à Londres à dix neuf ans dans le but de trouver un mari (qui fut retardée d'une année en raison de la période de deuil qui avait suivi la mort de son père), tout le monde avait cancané sur la décision de la famille Malfoy de déménager en France.

Les raisons de leur départ soudain avaient varié de raisonnables à totalement absurdes selon Hermione.

Les rumeurs mondaines disaient que Malfoy senior (le Vicomte Malfoy pour être précis) avait eu quelques problèmes de rhumatisme et que son médecin lui avait prescrit un peu de soleil.

Des rumeurs scandaleuses soupçonnaient Malfoy junior (le prochain Vicomte Malfoy pour être précis) d'avoir été pris la main dans le sac dans une situation compromettante avec la très mariée Isabella Yaxley et forcé à fuir le pays pour éviter d'être provoqué en duel par Lord Yaxley lui-même.

Hermione avait écarté cette rumeur la qualifiant de fantasme fou imaginé par une bande de vieilles pies de la haute, mais même elle ne pouvait nier le fait que le jeune Malfoy avait particulièrement brillé par son absence les mois d'été de la saison. Ajouté à cela ses écarts de conduite de débauché notoire que même Hermione avait entendu parler depuis son coin tranquille dans le monde, avait réussi à ôter le doute des esprits de quasiment tout le monde.

Pendant le reste de ses deux pitoyables saisons à Londres, les informations que l'on pouvait librement qualifier de commérages sur la famille Malfoy avaient progressivement disparu. C'était pourquoi leur présence imminente ce soir avait provoqué une telle agitation.

Dans la course au mari, comme l'appelait Hermione depuis le coin des vieilles filles, les mères mettaient en garde leurs filles innocentes, ou pas si innocente dans le cas de mademoiselle Flint, de se tenir éloigner de ce rat qu'était Drago Malfoy. En privé, en tout cas autant que puisse en donner la salle de bal de Lady Greengrass remplie de membres de la haute société, Hermione avait cru entendre beaucoup d'autres mères conseiller leurs filles sur le meilleur moyen d'attirer le regard de monsieur Malfoy.

Il était peut être un scélérat mais tout pouvait être pardonné quand son futur titre et sa richesse entraient en considération.

Hermione sirotait son troisième verre de limonade. Lady Greengrass était notoirement connue pour être avare en rafraichissement, assurant si peu de verres qu'il n'y en avait pas suffisamment par rapport au nombre de participants. La température de la salle avait atteint des sommets étouffant malgré toutes les portes grandement ouvertes pour permettre à l'air nocturne de se rafraichir.

A côté d'elle, elle vit Lady Macmillan frapper avec sa canne un jeune gentilhomme qui lui bloquait la vue. A soixante dix ans, Melania Macmillan était une vieille chouette impitoyable avec la langue bien pendue surtout si vous n'êtes pas de son côté, et même parfois quand vous l'êtes.

« Quand est-ce qu'ils vont entrer ? Je commence à me lasser de voir ces petites idiotes s'entrainer à se pavaner », dit-elle.

Hermione adorait Lady Macmillan depuis que celle-ci l'avait comparé à un brin d'herbe flétri alors qu'on lui avait forcé de porter lors de sa première saison une hideuse nuance de vert.

Hermione n'aimait pas le vert. Elle ne ressemblait à rien en vert. Mais la mode lui avait dicté d'acheter une robe verte et de la porter à la comédie musicale annuelle du Baron Prewett. Juste après avoir été frappé par la remarque de Lady Macmillan, et avoir surmonté le choc, elle n'avait pu s'empêcher d'éclater de rire d'une manière tout à fait inapproprié.

Les deux saisons suivantes, alors qu'Hermione avait été pour ainsi dire mise au placard, elle recevait toujours au moins deux invitations personnelles de Lady Macmillan pour prendre le thé.

Quand Hermione avait atteint vingt deux ans et qu'elle fut réellement considérée comme hors du marché – c'est-à-dire une vieille fille à part entière – Lady Macmillan et elle étaient devenues de vraies amies. Hermione trouvait que les soirées étaient bien plus agréables quand elle était assise à côté de Lady Macmillan, surtout à cause de ses opinions honnêtes peu flatteuses et du fait que l'utilisation fréquente de sa canne signifiait à Hermione qu'elle aurait une vision claire sur les gens.

Hermione aimait observer les gens. Venant de la petite ville de Shrewsbury, elle avait toujours été fascinée en venant à Londres. Les gens agissaient différemment dans ces rues que quand ils étaient dans les sinueuses et ennuyeuses ruelles de leur ville d'origine.

Hermione était totalement accaparée par la danse désastreuse qui avait lieu entre Harry et la jeune Astoria Greengrass – danse que l'on devait uniquement aux règles de bienséance – quand elle entendit un bruit sourd à l'autre bout de la pièce. Ses yeux furent instantanément attirés par ce qui se passait à l'entrée de la salle de bal et atterrirent sur les trois têtes blondes qui se tenaient sous les arcades.

« Mon Dieu, il va avoir toutes ces dames à ses pieds, je serais prête à le parier », déclara Lady Macmillan.

Hermione acquiesça faiblement, son regard toujours fixé sur le jeune Malfoy alors qu'il s'avançait dans la pièce et saluait quelques connaissances.

Elle ne se souvenait que très peu de Drago Malfoy. Puisqu'il avait été absent depuis son entrée dans la haute société lors de sa première saison, elle ne l'avait probablement vu que brièvement dans leur enfance. Elle se souvenait vaguement d'un petit garçon qui l'observait étroitement quand elle accompagnait son père à Londres pour affaires. A cette époque elle devait avoir cinq ou six ans et Hermione n'était même pas sûre qu'il s'agissait de Malfoy ou de quelqu'un d'autre avec qui son esprit aurait pu le confondre.

Non, ce petit garçon n'était définitivement pas l'homme qui était en train de la regarder. Ses cheveux était coupés courts, ce qui allait à l'encontre de la mode londonienne, mais Hermione était certaine que demain à la première heure tous les jeunes célibataires iraient chez leur barbier pour un rasage de près. Ses vêtements étaient de la meilleure qualité, quelque chose que même Hermione pouvait remarquer depuis son coin reculé. Du velours apparemment. Son regard était froid et alors qu'il observait les environs, ses yeux oscillaient entre les différentes jeunes filles présentes les unes après les autres.

Sa présence était accaparante.

Hermione se demandait si une seule de ces jeunes filles serait capable de résister à un tel homme. Un ancien débauché était censé faire un bon mari, mais pour en arriver à cette étape il faudrait encore qu'une jeune demoiselle ici arrive à capter son regard et surtout à le garder.

Alors que les invités d'honneur s'avançaient davantage dans la salle, le niveau des murmures montait encore d'un cran.

« Eh bien, il n'y avait absolument rien de divertissant dans tout cela. J'espérais presque que Lord Yaxley allait dégainer sa baguette », commenta Lady Macmillan de manière agacée.

« Vous n'auriez rien trouvé de divertissant même si Lord Yaxley avait dégainé sa baguette », répondit Hermione.

Lady Macmillan renifla dédaigneusement et se détourna, mais Hermione aperçut un sourire sur ses lèvres. Sirotant les dernières gouttes de sa limonade Hermione soupira. Elle n'avait vraiment pas envie de retourner jusqu'à la table des rafraichissements pour étancher sa soif toujours aussi présente.

« Oh Seigneur voyez-vous ça. Honoria Londubat est complètement dérangée si elle pense que sa fille à la moindre chance de prendre au piège Drago Malfoy »

Hermione détourna son attention de son verre vide sur le couple en question. Honoria Londubat était une fille fluette avec des cheveux bruns et des yeux bruns. Ses lèvres pleines l'empêchaient d'être considérée comme rien de plus que passablement jolie par la haute société. Un peu comme Hermione. Elle se tourna vers Lady Macmillan sans être offensé le moins du monde. Comme elle l'avait indiqué précédemment, Hermione n'était pas une idiote.

« J'ai eu des conversations plus intelligentes avec monsieur Tulbridge »

Hermione leva les sourcils d'étonnement. Etant donné que monsieur Tulbridge était un chat, Hermione se demandait juste combien d'informations intelligentes Lady Macmillan pouvaient retirer de ses ronronnements et ses miaulements.

« L'intelligence n'est pas une qualité appréciable chez une femme », répondit Hermione.

« C'est regrettable »

Hermione sourit. « Je vais aller me chercher une autre limonade. Voulez-vous quelque chose ? », demanda Hermione en se levant de sa chaise.

« Si seulement vous aviez plus de deux mains, alors vous pourriez porter plusieurs verres à la fois et nous ne serions pas obligé de courir sans cesse jusqu'à la table des rafraichissements »

Hermione garda le silence sur le fait que Lady Macmillan n'avait en aucun cas besoin de courir.

« Mais hélas, vous devrez faire avec un petit verre pour le moment »

Hermione sourit quand elle saisit les deux verres et avançait le long de la pièce vers la table. Elle venait juste de prendre les verres de remplacements et de faire demi-tour quand un corps se mit sur son chemin.

Elle leva le regard et tomba sur des yeux d'acier éblouissant.

« Oh », dit-elle sans grande éloquence.

Un sourire amusé fut la seule réponse qu'obtint Hermione. Sa réaction la ramena dans le présent et se souvenant du rang de sa famille, elle le salua maladroitement du mieux qu'elle put, mal à l'aise et dérangée par les deux verres de limonade dans ses mains.

Il lui répondit d'un signe de la tête. « Je ne crois que nous ayons été présentés. Drago Malfoy »

« Hermione Granger »

Hermione vit passer dans ses yeux un éclair de reconnaissance.

« Il semble donc que nous avons bien été présentés finalement »

« Une fois, il y a plusieurs années »

« Pardonnez-moi de ne pas m'en être souvenu. Il est très inhabituel pour moi d'oublier le visage de la plus ravissante jeune fille de l'assemblée »

Hermione grinça des dents. Elle pouvait composer avec son côté séducteur, mais elle détestait les mensonges. Et Drago Malfoy venait juste de dépasser les limites.

« Comme je l'ai dit, c'était il y a déjà plusieurs années », dit-elle d'un ton qui selon elle mettait un terme à la conversation.

Elle avança d'un pas afin de le contourner quand il parla à nouveau.

« J'aimerais que vous m'accordiez une danse un peu plus tard dans la soirée. Considérez ça comme une excuse de ma part »

Hermione fut instantanément horrifiée. Lui accorder une danse serait totalement inconvenant aux yeux de la société. Il était ici pour les jeunes filles. Non pas pour divertir une vieille fille. Hermione n'avait aucune envie de devenir la nouvelle figure des commérages.

« Je vous assure que ce n'est pas nécessaire », lui cracha-t-elle.

Elle le voyait hausser un sourcil d'étonnement face à son air irrité et se dépêcha alors d'apaiser ses paroles.

« Je suis certaine que vous avez beaucoup de jeunes filles avec lesquelles vous devez danser. S'il vous plait, ne vous sentez pas obligé de gaspiller une danse avec moi »

Hermione était très peu conviée à danser. En dehors de Harry et de Ron qui le lui demandait pour éviter les mères et leurs filles en quête de maris, il était considéré comme choquant pour un jeune célibataire d'inviter à danser quelqu'un du coin des vieilles filles.

Cela provoquerait l'indignation générale si elle était vue en train de danser avec Drago Malfoy lors de sa première saison à Londres après tant d'années.

« Il y a effectivement beaucoup de jeunes filles avec lesquelles je souhaite danser » Ses yeux scintillèrent au mot danser et même si Hermione ne comprenait pas pourquoi il insistait si fortement sur ce mot, elle se sentait mal à l'aise. « Et il me semble que je viens d'en inviter une »

« Mais… » Hermione ne savait pas quoi dire. Elle était sûre qu'il savait ce qui allait se passer s'ils dansaient ensemble, mais il n'avait pas l'air de se soucier qu'ils seraient le sujet de conversation de toute la ville.

« Mais ? »

Hermione hésita. Aussi bien elle voulait simplement taper du pied de frustration et partir, mais elle ne pouvait pas. Les bonnes mœurs lui dictaient comment gérer ça convenablement.

« Un long moment est passé depuis notre dernière rencontre, je peux donc comprendre que vous ne puissiez pas être en mesure de déterminer mon âge, mais je suis sûre qu'il est évident que je ne suis plus de toute première jeunesse »

« Vous êtes trop sévère envers vous-même »

« Monsieur, j'ai vingt quatre ans et mon âge est très apparent »

« Oh oui, vous êtes tellement vieille », répondit-il avec encore plus d'amusement.

Hermione serra les dents. « Je suis heureuse que tout soit clair »

Cette fois il ne l'empêcha pas de passer et de retourner dans son coin. Elle aperçut immédiatement le visage de Lady Macmillan et sut qu'elle ne couperait pas à la conversation. La vieille dame ne manquait jamais rien.

Hermione lui tendit un verre de limonade avant de rejoindre son propre siège.

« Il me semble vous avoir vu discuter à l'instant avec Malfoy junior »

« Vous avez vu juste », répondit simplement Hermione. Si Lady Macmillan voulait des commérages alors elle allait devoir faire parler Hermione.

« Eh bien ? », demanda Lady Macmillan.

Hermione sourit et prit une gorgée de limonade pour faire illusion. « Eh bien quoi ? », demanda-t-elle innocemment.

« Que voulait-il ? »

« Pas grand-chose. Je pense qu'il m'a pris pour quelqu'un d'autre », répondit Hermione honnêtement.

« Qui ? », demanda vivement Lady Macmillan. Drago Malfoy était à la recherche d'une fille ? C'était incompréhensible.

« Personne en particulier. Juste une petite idiote »

Elle vit Lady Macmillan hausser d'étonnement son sourcil grisonnant. Au lieu de montrer sa surprise, elle avait sur le visage un air suffisant qui donnait à Hermione la chair de poule. Lady Macmillan avait prévu quelque chose et ce n'était jamais une bonne chose.

L'orchestre commençait à jouer une valse et mit fin aux pensées d'Hermione au sujet des divagations de Lady Macmillan. Elle tourna son attention sur la salle de bal et observait les jeunes célibataires collecter les jeunes filles qui avaient écrit leur nom sur leur carnet de bal.

Elle fut cependant forcée de lever le regard quand une robe en velours lui barra la vue. Du coin de l'œil, elle vit Lady Macmillan chercher sa canne, mais même elle hésita quand elle remarqua le malotru.

« Mademoiselle Granger »

« Lord Malfoy », répondit Hermione timidement.

« Il me semble que vous me devez cette danse »

Hermione se figea et sa tête se tourna immédiatement vers Lady Macmillan. Elles se regardèrent toutes les deux attentivement avant qu'Hermione ne retourne rapidement son attention sur Malfoy.

« Monsieur, il s'agit de votre première danse de la soirée »

« Je suis conscient de ce fait »

« Vous ne pouvez danser avec moi ! », souligna Hermione. Merlin cet homme ne connaissait-il donc rien des règles de la haute société ?

« Et pourquoi pas ? »

Hermione cessa de tergiverser et cracha seulement : « C'est inconvenant ! » Un seul regard à la salle suffit pour lui faire comprendre qu'elle était le sujet de l'attention de chaque paire d'yeux de l'assemblée.

« En quoi serait-ce inconvenant ? », demanda-t-il même si Hermione savait qu'il connaissait déjà la réponse.

« Ça l'est c'est tout ! Voulez-vous s'il vous plait aller inviter une autre jeune fille à danser. Il me semble que Lady Greengrass a organisé ce bal dans le but pour sa fille d'attirer votre attention »

« Il est donc malheureux qu'elles n'aient réussi à l'atteindre leur objectif »

« Lord Malfoy, je ne prétends pas comprendre pourquoi vous ressentez le besoin d'être le centre de toutes les discussions mais je refuse dans votre effort de vous laisser ruiner ma réputation. Je n'ai aucune envie de danser avec ce qui est avoué être un débauch… »

Hermione dut s'interrompre en milieu de phrase lorsque Malfoy lui attrapa le poignet et l'obligea à se mettre debout.

« Que pensez-vous être en train de faire ? », demanda-t-elle incrédule en essayant néanmoins de garder une expression neutre sur le visage. Ce n'était pas facile.

« Je pense être en train de vous empêcher de faire une grave erreur mademoiselle Granger. Vous étiez sur le point de dire quelque chose dont je suis sûr vous alliez bientôt regretter »

« Je ne pense pas, non », claqua-t-elle sèchement.

« Je suis certain que je peux vous convaincre du contraire » Et après ça il la traina pratiquement sur la piste de danse.

Hermione se retourna vers Lady Macmillan, mais la vieille dame se contenta simplement de lui sourire.

Hermione n'avait pas d'autre choix que d'accepter.

Elle fut contrainte de suivre consciencieusement Malfoy et d'agripper son bras et son épaule comme tous les autres couples de danseurs, parmi lesquels beaucoup les regardaient ouvertement étonnés. Hermione se rassura sur le fait qu'elle ne savait pas danser la valse et espérait que Drago Malfoy portait des bottes légères.

« Vous voyez, ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? », demande Malfoy sans attendre nécessairement de réponse.

Hermione ne répondit pas, mais prit grand soin à la place de lui marcher accidentellement sur les pieds. Il lui fallut chaque once d'effort pour ne pas sourire victorieusement après chacune de ces grimaces.

« J'ai des bottes très épaisses, mademoiselle Granger »

« J'en suis ravie. Je pense qu'elles vont vous être très utiles. Je suis une horrible danseuse », dit Hermione se dévalorisant.

Elle vit les yeux de Lord Malfoy s'assombrir et s'empêcha de laisser échapper un mot d'excuse. Après tout, c'était sa faute si elle écrasait ses orteils.

Hermione sentait les doigts de la main située dans son dos s'enfoncer un peu plus dans sa peau. Alors qu'il tentait de rapprocher leurs deux corps, certainement dans un espoir de vengeance, Hermione tint fermement bon et les quinze centimètres socialement acceptables demeurèrent entre leurs deux corps.

« Pourquoi ne me dites-vous pas ce que j'ai bien pu faire pour que vous me haïssiez autant ? »

Hermione le regarda surprise. Merlin il était terriblement franc et direct. « Je ne vous déteste pas, Monsieur. Je ne vous connais même pas »

« Cela ne vous a semble-t-il pas empêché de formuler une opinion douteuse de ma personne »

Hermione ne savait pas comment réagir. « Je vous pris de bien vouloir m'excuser si c'est ce que j'ai laissé paraître »

« Menteuse »

Hermione écarquilla les yeux d'étonnement. « Je vous demande pardon »

Malfoy se pencha et répéta son propos. Hermione s'éloigna immédiatement de lui.

« Monsieur, je vous en pris, les gens nous observent »

« Les gens m'observent partout où je vais. Il n'y a rien d'inhabituel »

Hermione fut une nouvelle fois frappée par son attitude blasée. « Le regard de la haute société sur vous vous importe peut être peu mais pas moi » Elle accompagna ses paroles par un nouveau faux-pas sur ses pieds.

« Hélas, puisque vous allez passer davantage de temps en ma compagnie c'est une chose dont vous allez devoir je le crains vous habituer »

Cette fois sa maladresse sur le pied de Malfoy fut accidentelle. En fait, elle était sûre que si les bras de Malfoy ne la tenaient pas fermement, elle serait tombée comme une masse l'instant suivant.

« Je vous demande pardon... Après cette danse, vous et moi ne seront plus de nouveau associés d'aucune sorte, croyez-moi »

Il se pencha une nouvelle fois. Son souffle rencontra la peau de ses joues et Hermione frissonna. Elle vit dans ses yeux qu'il avait saisit son état et se raidit.

« Vous, mademoiselle Granger, venez juste de me lancer le défi le plus délectable qui soit. Et s'il y a bien une chose que vous devez savoir sur les débauchés c'est que nous adorons les défis »

La musique venait d'atteindre son apogée et finit par une poignée d'applaudissements.

Malfoy agrippa son coude. « Il me semble qu'il est mon devoir de vous raccompagner à votre siège »

Hermione s'agaça. Soudain, il savait quels étaient ses devoirs ? Elle dégagea son bras de son emprise sans se soucier de la manière dont cela apparaîtrait aux yeux du public.

« Je crois que je pourrais retrouver mon chemin. », dit-elle avec colère. Elle s'inclina rageusement pour lui signifier son départ mais dut attendre un signe de sa part en retour avant de pouvoir rejoindre le futur interrogatoire de Lady Macmillan.

Elle avait seulement fait quelques pas quand elle l'entendit partir dans un grand éclat de rire.

« Je vous reverrais bientôt mademoiselle Granger », s'exclama-t-il à voix haute.

Les chuchotements s'élevèrent autour d'elle, mais elle ne prit pas la peine de se retourner.

Hermione Granger n'était pas une idiote. Et pourtant il semblait que Drago Malfoy avait décidé d'elle d'en faire une.