Bien le bonjour, camarade ! Pour commencer, j'aimerai m'excuser de mon retard, mais voyez-vous j'étais partie en exploration dans une archipel de Papouasie à la recherche de nouvelles inspirations et je n'avais pas Internet, comme vous pouvez le deviner. Non, c'est faux, j'ai juste mes partiels qui me prennent pas mal de temps. M'enfin.

Merci à tous pour vos follows, favs et reviews qui m'ont fait chaud au kokoro, oui oui oui. Je prendrai le temps de vous répondre après avoir posté ce chapitre là je pense.

Bonne lecture, camarade !

Chapitre 2

Lorsqu'il se réveilla à nouveau, il ne fût pas surpris de reconnaître le plafond sombre et froid du cachot qui lui servait de dortoir. Une unique lanterne, suspendue au mur de l'autre côté de la grille, éclairait sa triste chambre. On lui avait attaché un poignet. Faisait-il donc si peur que ça ? Il ne bougea pas de son lit, et se contenta de fixer le plafond. Il se sentait vidé de toutes émotions, de tous sentiments. Il se sentait trahi, encore une fois, par ceux qu'il pensait être ses amis. Il ne sentait même plus la sensation de révolte qui lui brûlait la poitrine autrefois. Il soupira. Il semblait avoir perdu le goût de tout. Ses sens étaient si éteins qu'il n'entendit qu'à la dernière seconde les pas sur les pavés de la cellule.

« Tu es réveillé, gamin ? » demanda une voix familière.

Eren reconnu sans peine le ton nonchalant et monotone du caporal-chef, et alors qu'il aurait du se réjouir de le voir, il ne ressentit qu'un triste pincement au cœur. Même pour Levi, il restait un gamin irresponsable et encombrant. Il ne répondit pas à la question de son supérieur et se contenta de fixer le plafond d'un regard vide.

« Gamin ? »

Eren eut un mouvement furtif et posa son regard vert sur le petit homme qui se tenait derrière les grilles. Il se redressa difficilement sur son lit et planta ses yeux dans ceux du caporal. C'était bien la première fois qu'il s'autorisait à défier Levi du regard, mais qu'importe. Il se sentait si vide qu'il se fichait bien que ce qui pourrait lui arriver par la suite. Il rencontra le regard gris de son supérieur sans ciller.

« Oi, Eren. Comment te sens-tu ? demanda Levi, que l'air particulièrement éteins du garçon avait commencé à inquiéter.

- Bien, merci. » répondit Eren le plus simplement possible.

Il se leva lentement et entreprit de remettre son pantalon d'une seule main, sans prêter attention au regard de son supérieur qui s'attardait sur son corps. Il resta torse nu puisqu'il était attaché, et se rassit sur le lit, les yeux fixés sur le mur.

« Je vais envoyer quelqu'un te libérer pour le repas. » fit la voix de Levi.

Il répondit par un haussement d'épaules et se rallongea dans les draps encore chauds alors qu'il entendait les pas discrets du caporal qui s'éloignait.

Le caporal-chef Levi se rendit immédiatement dans les bureaux de ses supérieurs après avoir rendu visite à Eren. Le regard vide du gamin dansait encore derrière ses paupières lorsqu'il frappa à la porte. Bon sang, qu'allait-il advenir de son protégé ? Il entra dans le bureau d'Erwin après qu'on lui en est donné l'autorisation, et il en ressortit quelques minutes plus tard, furibond, le visage rouge d'énervement. Eren allait être confié aux brigades spéciales pour une durée indéterminée et celles-ci décideraient ensuite si le jeune soldat était oui ou non un ennemi de l'humanité. Levi serra les poings plus qu'il ne l'aurait voulu. Il n'était pas inconscient et bête, il savait très bien quel sort attendait Eren si le titan quittait les rangs des bataillons d'exploration. Il serait bêtement tué dans un meurtre terrible camouflé en accident, et plus personne n'en parlerait. Les brigades feraient taire la presse et la royauté étoufferait rapidement l'affaire sans qu'il ne puisse rien y faire. Le jeune titan et l'espoir qu'il avait représenté serait oublié aussi vite qu'ils étaient apparus.

Plongé dans ses pensées, Levi marcha jusqu'à son propre bureau où il s'enferma jusqu'à l'heure du repas. En redescendant dans la salle commune pour dîner, il fût soulagé d'y voir Eren, assis entre Armin et Mikasa, en compagnie de ses amis de la 104ème brigade d'entraînement. Son regard s'attarda sur l'air maussade du gamin, qui fixait son assiette avec dégoût. Le caporal croisa à nouveau les yeux verts de sa jeune recrue, et il y retrouva le même vide qu'auparavant. Il lui fit signe de manger, et Eren baissa les yeux et commença à tripoter sa tambouille du bout de la cuillère. Levi s'assit en recul à côté d'Hanji et se concentra sur son propre plateau. Lorsqu'il releva la tête quelques minutes plus tard, il remarqua qu'Eren avait fermé les yeux et se tenait la tête, un poing fermé posé sur ses lèvres. Levi haussa un sourcil quand le garçon se leva maladroitement et quitta la salle le plus discrètement possible, sous le regard inquiet de Mikasa. Il hésita quelques temps avant de se lever à la suite d'Eren et de partir à sa recherche. Il croisa le regard de Mikasa, qui lui adressa un signe de la tête sans que Levi parvienne à savoir si il s'agissait de reconnaissance ou d'autre chose. Suivant son intuition, Levi se rendit aux toilettes, vides à cette heure-ci de la journée. Alors qu'il s'apprêtait à passer la porte des sanitaires hommes, la poignée se déroba sous sa main et son front se heurta à une épaule.

« Il est vraiment petit. » se dit simplement Eren lorsqu'il tomba malencontreusement sur le caporal Levi en sortant des toilettes, à croire que l'homme l'avait suivi jusque là. Le garçon s'excusa et laissa un passage à son supérieur en reprenant le chemin de sa chambre. Il avait terriblement chaud et malgré qu'il vienne de s'asperger le visage d'eau après avoir rendu le peu que contenait son estomac, il se sentait encore fébrile et bouillant et n'aspirait qu'à se coucher et disparaître dans le fond de son lit. Ce qu'il aurait fait si le caporal ne lui avait pas attrapé la manche pour le retenir de partir.

« Eren, fit-il de sa voix profonde, son regard glacial tourné vers le sien.

- Caporal ? répondit le garçon, plus si impressionné que ça.

- Comment te sens-tu ? »

Eren laissa la question en suspens, ne sachant pas quoi répondre à son mentor et ne désirant pas lui mentir. Il baissa les yeux en même temps que Levi lâchait sa manche, et se mit à frotter nerveusement son avant-bras de sa main gauche.

« Je me sens un peu fatigué. Je vais aller me coucher je pense. » nuança-t-il d'une petite voix.

C'était la vérité après tout, en partie. Mais il se voyait mal entamer une conversation philosophique sur les aléas de la guerre et sur sa condition de titan/homme avec son supérieur. Il lui adressa donc un large sourire, les yeux plissés, et prit la direction des cachots d'un pas lent.

« Bonne nuit caporal ! lança-t-il d'une voix faussement guillerette

- … Bonne nuit Eren. » répondit le caporal dans un souffle, sans chercher à s'assurer que le gamin l'ait entendu.

Encore une fois, l'esprit d'Eren lui restait inaccessible et l'adolescent se murait dans le silence. Levi nota bien son sourire faussé et sa démarche pantelante, sa main droite qui rasait le mur froid et sa tête légèrement penché sur le côté. Il resta à l'observer redescendre jusqu'à ce qu'il est disparu dans l'obscurité du couloir, puis Levi décida d'aller lui aussi se coucher. Il n'avait plus vraiment faim de toute manière.

Le lendemain matin, Eren et Levi ne se croisèrent pas avant le début de l'entraînement, qui était supervisé par le major Erwin pour cette fois. Levi évita le regard de son supérieur toute la matinée pour ne pas avoir à rendre compte de leur accrochage de la veille, et préféra se concentrer sur les progrès de ses nouvelles recrues. Parmi les jeunes soldats, certains étaient vraiment doués et s'étaient distingués aux cours des dernières expéditions, et il pouvait s'avouer satisfait de sa nouvelle escouade. Il observa les entraînements en manœuvres tridimensionnelles, ceux aux maniements de la lame, et trouva son petit protégé en train de s'entraîner à la lutte avec Jean. Les deux garçons, tous deux plus grands que lui, se toisaient du regard avec méfiance. Eren fût le premier à lancer l'assaut. Son pied droit se dressa et fendit dans l'air en direction de la pommette de son adversaire, qui para le coup avec habilité, fauchant la deuxième jambe du titan. Celui-ci roula au sol et se redressa immédiatement quelques mètres plus loin, pour revenir à la charge en lançant son poing dans le ventre de son compagnon. Levi inspecta avec précision la technique du jeune garçon. Même en tant que soldat, il était conscient que sa plus grande force était son efficacité à la lutte à mains nues, et il s'entraînait ferme pour devenir plus résistant et plus précis. Levi remarqua pourtant que ses coups étaient moins précis ce matin et que ses gestes se faisaient plus lents. Il avisa les traits tirés du gamin et en conclut qu'il n'avait pas vraiment bien dormi cette nuit encore. Le souffle d'Eren se faisait plus saccadé et les coups de Jean se ressentait plus durement sur sa défense. Levi préféra détourner les yeux plutôt que d'assister encore une fois à l'échec de sa recrue et le mettre dans une situation embarrassante. Il porta donc son attention sur un autre groupe tandis qu'Eren continuait d'encaisser les coups de son adversaire avec ferveur.

La mâchoire crispée et les poings fermés, Eren se rejeta sur Jean une énième fois. Il le voyait bien en train de peiner lui aussi, et il sentait son corps prêt à rendre l'âme dans la minute, mais il ne se permettait pas d'abandonner contre son ami. Il se plaça en garde et retenta une approche, mais son geste l'emporta en avant et il fût déséquilibré. Il passa sous le bras de Jean, qui en profita pour écraser son coude contre sa nuque. Il y eut un craquement sec dans le dos d'Eren et une vague de douleur fulgurante le fit s'étaler sur le sol. Il sentit un liquide chaud lui coulait des lèvres et recouvrir le sol poussiéreux de la cour d'entraînement. Il sentit qu'on le retournait délicatement sur le dos, une main chaude posée dans son cou douloureux. Il entrevit quelques secondes le visage inquiet de son caporal alors qu'il sombrait dans le noir.