Tout le monde se bousculait autour de moi, voulant tous voir les grands soldats de leurs propres yeux. Je me retrouvai en train de voyager de gauche à droite, me laissant emporter par l'émeute. N'en pouvant plus d'être secouée, je m'éloignai et pris une grande respiration. Une camionnette me frôla et ordonna à tout le monde de dégager du chemin, menaçant de les faire passer sous les roues de l'imposant véhicule.
« Allez les filles, on embarque ! »
Une voix autoritaire et de loin amicale donna cet ordre aux trois militaires. Le plus convoité des filles râlât un instant, pour une fois qu'on remarquait ses talents à juste valeur.
Je sentis mon cœur s'accélérer, ils ne pouvaient pas partir maintenant. Ayant encore un peu de mal à retrouver à certains rythmes de respiration, étouffée précédemment par les groupies. J'essayai d'appeler le soldat, pour qu'il se retourne, qu'il m'adresse un seul et unique regard… Mais il monta à l'arrière de la camionnette sans se retourner, donnant au passage un coup amical sur l'épaule d'un de ses coéquipiers. Le véhicule démarra et klaxonna de nouveau pour que la foule s'écarte. Je n'ai plus réfléchi à ce moment-là, je me suis retournée et j'ai enfourché ma bicyclette, je pédalai aussi vite que jamais pour être au niveau du camion. Celui-ci, maintenant que la route était dégagée, avança plus vite que prévu. Il y a autre chose dont j'ai oublié de vous parler, mais en grandissant je pense que mon taux de « chance » comme on a dans les jeux vidéo à baisser soudainement et ne cherche plus à remonter. La roue avant de ma bicyclette ricocha contre une petite dalle, surement délogée du sol de la grande place par le véhicule militaire. Mon guidon tourna violemment et d'un coup sec, me faisant perdre l'équilibre et basculée par-dessus mon vélo. Je n'étais pas très chanceuse mais j'avais de bons reflexes, m'évitant de me casser quatre dents contre le sol. Honteuse, je restai un moment allongée ventre contre terre, n'osant pas bouger. Un premier ricanement se fit entendre, venant d'une des filles totalement folles des soldats.
« Mais regardez là ! Elle n'est même pas capable de rouler droit avec sa bicyclette bon marché ! Ma pauvre fille, tu m'étonnes qu'ils ne t'aient toujours pas accepté parmi eux, ils ont une certaine classe que tu n'auras jamais ! »
Mon visage se crispa de rage, essayant de me retenir de ne pas lui coller ma main contre sa face. Je me relevai sans faire aucune réflexion, tapotant mon pantalon afin d'enlever la terre au niveau de mes genoux. Elle continuait de rigoler, encourageant ses amies à faire de même, et tel un fidèle mouton, c'est ce qu'elles firent. Je relevai ma bicyclette sans leur adresser le moindre regard, je partis en direction de chez moi à pied, avec mon vélo dans un sale état.
Sur le chemin, je pouvais sentir de nombreux regards portés sur moi. Une goutte de sang perla sur ma joue, je me rendis compte que j'avais une légère coupure juste en dessous de l'œil. Je l'essuyai rapidement à l'aide du dos de ma main.
Arrivée chez moi, je balançai le vélo sur mon allée et rentrai en poussant violemment la porte d'entrée.
« Arwen retient la porte pour tout l'amour de la déesse ! »
La voix de ma mère résonna le long du couloir, je n'y fis même pas attention et continuai de claquer les portes jusqu'à ma chambre. Je sautai de tout mon long sur mon lit et blotti mon visage contre mon coussin. Je pus entendre quelqu'un ouvrir tout doucement la porte de ma chambre.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive… ?
- Mmh…
- Quand on est polie avec sa maman on ne grogne pas tel un animal.
- Mmh… »
Elle soupira et me donna une tape sur le dessus de ma tête. M'ordonnant au passage de regarder ses yeux en face et non les plumes du coussin. Agacée, je me relevai et croisai les jambes en face d'elle.
« Grande déesse, qu'est-ce que tu as fait encore ! Regarde l'état de ton si joli visage ! Dit-elle en portant une main sur ma joue.
- C'est rien ! »
Énervée, je bougeai ma tête contre son contact avec mon visage. Elle enleva sa main et me regarda avec un sourire légèrement forcé.
« Je voulais te dire quelque chose… Peut-être que ça te mettra de meilleure humeur… J'ai trouvé bizarre moi aussi que la Shinra ne te donne pas de réponse aujourd'hui, eux qui sont tellement carrés dans tous ce qu'ils font normalement. Donc j'ai appelé pour savoir ce qu'il en était de ta candidature, ils m'ont répondu qu'il avait égaré ta lettre d'admission et qu'il t'attendait de pied ferme pour la semaine prochaine… »
Ma mère me regarda avec des larmes au bord des yeux, ne pouvant plus les retenir elle porta une main à son visage et laissa couler quelques-unes d'elles. Elles étaient loin d'être de joie. J'hésitais entre être heureuse ou culpabilisée, j'allais enfin pouvoir réaliser mon rêve, mais je laissais ma mère adoptive seule dans cette grande maison, elle allait surement se demander souvent ce que je faisais et si j'étais toujours de ce monde. Je la pris dans mes bras en lâchant un remerciement à son oreille. Elle me rendit mon enlacement en continuant de pleurer inlassablement.
« Je te promets de t'écrire et de revenir chez nous. »
Je vous remercie toutes pour vos commentaires, j'apprécie énormément l'intérêt que vous apportez à ma fiction ! Je suis désolée de vous avoir mis en attente depuis un moment, mais voici enfin LE quatrième chapitre, c'est pas trop tôt ! Le cinquième ne devrait pas tarder aussi normalement ! :D Je répondrais à vos commentaires dans le prochain chapitre. En espérant que ce chapitre vous plaira ! 3 A très bientôt !
