Ce matin-là comme tous les matins, James Potter étendit son bras à la recherche de sa femme. Mais aujourd'hui, elle n'était pas là. Il bougonna, mit ses lunettes et se leva. Il n'eût pas à la chercher pendant longtemps car elle faisait actuellement plus ample connaissance avec la cuvette des toilettes. Il releva alors ses magnifiques cheveux roux dont il était follement amoureux et attendit.

« Merci, dit faiblement Lily quand elle eut fini.

- Ça va ?

- Parfaitement bien, lui répondit-elle ironiquement.

- Tu n'es pas malade ? Tu sais, je m'inquiète un peu pour toi et le bébé.

- Oh James, tu es tellement mignon. Tu n'as jamais entendu parler des nausées matinales des femmes enceintes ?

- Ah parce que tu n'es pas la seule ! Mais cela va durer combien de temps ?

- Un mois, pas plus. Je devrai t'acheter un manuel de grossesse. Tu comprendras mieux. »

Fatiguée elle retourna dans son lit pendant qu'il finissait de se préparer. C'était leur nouveau quotidien à présent.

Il terminait de boire son café lorsque Lily rentra prendre son petit-déjeuner.

« C'est quoi cette horrib... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle repartait déjà auprès de sa nouvelle meilleure amie : la cuvette des toilettes. James ne savait plus quoi faire.

« Ne vous inquiétez pas Monsieur, votre mère était pareil le matin de son deuxième mois, elle ne supportait pas l'odeur du café. Et votre père ne savait plus où se mettre.

- Et qu'à fait Papa pour aider Maman ?

- Il a arrêté de boire son café le matin à la maison, il le prend toujours au Ministère depuis ce jour. »

Lily redescendit à ce moment-là.

« Oh je ne vais rien pouvoir avaler ce matin !

- Mais il faut tout de même que tu manges.

- Pour devenir une grosse baleine c'est ça ?

- Lily jolie, je n'ai jamais voulu dire ça, je m'inquiète pour toi et le bébé, c'est tout.

- Mais tu n'as donc que cette phrase en tête ! Parce que là, je suis pratiquement sûre que tout ce qui va rentrer dans mon estomac va immédiatement en ressortir. »

Pauvres collègues que ceux de Lily, pensa James. A Poudlard, une Lily Evans qui n'avait pas mangé le matin était forcément de mauvaise humeur toute la journée, et ce n'est pas parce qu'elle s'appelle désormais Lily Potter que les choses avaient changé.

« A ce soir mon cœur, dépêche toi tu vas être en retard, dit-il en se penchant pour l'embrasser.

- M'embrasse pas, tu empestes le café ! »

James leva les yeux au ciel, tout devrait mieux se passer demain, il lui fallait juste une petite phase d'adaptation.

Lily partit elle aussi pour le Ministère. Et ce jour-là, il manquait une personne à la pause-café de dix heures, je vous laisse deviner laquelle...

oOoOoOoOo

En une froide nuit de Novembre, la Lune éclairait de sa pâle lumière le village de Godric Hollow, et cette nuit-là, elle était ronde et pleine. Une nouvelle fois, le couple Potter se disputa, plus violement que d'habitude. Les hormones commençaient à faire leurs effets sur le corps et le moral de la jeune femme, et avaient, pour ainsi dire, développé son instinct de protection.

« James tu n'iras pas !

- Oh Lily, je t'en prie, il a besoin de moi !

- Faux, il a Sirius et Peter.

- Mais tu ne crois pas qu'il va encore plus culpabiliser pour la dernière fois, si je ne viens pas ? Il ne va pas fort en ce moment alors ce n'est pas la peine de le tracasser encore plus.

- Et tu ne crois pas que je n'angoisse pas moi ? En plus tu sais très bien que je dois être calme !

- Lily, ma décision est prise comme chaque nuit de pleine Lune, je serai avec Remus. Et toi tu seras là pour nous le matin. Point final !

- De toute façon je le savais, tu as toujours préféré tes amis à ta famille, à ta femme, et maintenant, à ton enfant. Je te préviens : ne compte pas sur moi demain matin. Tu sais parfaitement que je ne peux rien faire sans aller aux toilettes avant neuf heures ! »

Lily l'avait laissé là, et s'était enfermée dans son bureau. Elle voulait juste être seule, et avait verrouillé la porte. Elle s'en voulait pour ce qu'elle lui avait dit, mais elle n'allait pas sortir de sitôt. A Poudlard, elle était réputée pour avoir un tempérament de feu, et elle comptait bien le garder et en profiter encore un peu. Quelques petits coups frappés à sa porte se firent entendre :

« Lily, pardonne-moi, je … je suis désolé … »

Elle insonorisa la pièce en ne prenant même pas la peine de faire un informulé.

De son côté, James savait bien qu'il avait un comportement parfaitement puéril. D'autant plus que dès que ses amis apprendraient qu'il allait être père, ils allaient forcément lui interdire les balades au clair de Lune. Cependant aujourd'hui il en avait besoin. Il avait voulu s'excuser mais Lily s'était encore plus isolée. Sa colère n'était pas encore tombée, ils en reparleraient demain. L'heure passant, il appela Nebula :

« Nebula ?

- Oui, Monsieur ?

- Veille sur Lily.

- Bien Monsieur. Autre chose ?

- Oui, il est possible qu'elle s'endorme dans son bureau, conduit-la dans notre chambre. Ce n'est pas la peine qu'elle dorme mal pour si peu.

- C'est entendu Monsieur.

- Et dernière chose, pas un mot de sa grossesse aux Maraudeurs demain. Et pour une fois, c'est toi qui devras les soigner. Cela ne te dérange pas ?

- Bien sûr que non Monsieur, Nebula s'inquiète elle aussi de votre santé. »

Il les laissa là, et transplana au point de rendez-vous qu'ils s'étaient fixé quelques jours plutôt.

oOoOoOoOo

James avait raison. Le lendemain, Lily n'était pas venue les soigner et dormait paisiblement dans son lit. Sirius s'en inquiéta. Le jeune homme eut alors une idée qu'il qualifia de génie.

« Lily était un peu malade hier, elle avait besoin de repos. » assura Cornedrue.

Personne ne s'étonna donc lorsque la jeune femme se précipita aux toilettes et se recoucha tout de suite après.

oOoOoOoOo

James se sentait bien impuissant. Tous les matins il entendait Lily partir prestement aux toilettes. Il se levait donc à son tour et lui tenait les cheveux. Il avait bien essayé de lui parler ou de lui masser la tête pour la détendre, pourtant cela avait juste énervé la jeune femme davantage. S'il le pouvait, ce serait lui qui prendrait sa place.

Ils descendirent ensemble prendre leurs petits déjeuners. Le week-end il se mettait au thé, cela le réveillait moins bien qu'un café mais au moins Lily pouvait rester avec lui.

« James, il faut qu'on aille à Ste Mangouste.

- Qu ... Qu ... Quoi ! Tu es malade ? Tu sens quelque chose d'anormal avec le bébé ?

- Non James, il faut qu'on aille prendre rendez-vous pour la première échographie. Je voulais le faire cette semaine seulement avec ton agenda de ministre, il vaut mieux qu'on y aille ensemble.

- Oui, c'est évident maintenant que tu le dis. »

Lily éclata de rire. Cela faisait longtemps que la maison n'avait pas résonné de son rire cristallin si tôt le matin.

« Arrête de te moquer !

- Oh James, répondit-elle entre deux éclats, il faut vraiment que j'aille t'acheter un livre sur la grossesse ! »

Le repas se termina dans la bonne humeur. Et pour prolonger cet instant, ils décidèrent de se doucher ensemble. Cela faisait quelques temps que James n'avait pas vu le corps de Lily. Cette dernière se couchait tôt parce qu'elle était fatiguée et le matin elle était légèrement de mauvaise humeur. Elle ne pût donc pas empêcher son mari de s'exclamer :

« Lily ! Tes seins, ils ont grossi ! »

Et pour la deuxième fois de la journée, elle railla son mari. Le pauvre n'y comprenait plus rien. Elle lui expliqua que pour l'allaitement, ses seins se remplissaient de lait et que par conséquent, ils grossissaient. Toutefois le jeune homme ne l'écouta guère, il était trop occupé à redécouvrir cette partie de l'anatomie de sa femme.

oOoOoOoOo

C'est donc de bonne humeur que le couple se rendit à l'hôpital, un peu plus d'un mois après le petit « accident » qui avait eu lieu lors d'une nuit de pleine lune.

Ils se rendirent à l'accueil pour savoir où se situait le service de gynécomagie.

« M. et Mme Potter, ça alors, comment allez-vous ?

- Bonjour ..., Lily lit son badge, Amelia. Très bien et vous ?

- J'en conclus donc que M. Potter n'est pas blessé.

- On ne peut pas l'être tous les jours, dit ce dernier avec un léger sourire.

- Vous venez donc pour quoi ?

- Nous aimerions prendre rendez-vous avec un gynécomage, pour l'échographie du troisième mois.

- C'est vrai ! Félicitations.

- Merci.

- Le service se trouve au troisième étage. A bientôt alors.

- Je l'espère. » Lui répondit Lily.

James la regarda d'un œil interrogateur, comment cette infirmière pouvait-elle les connaître ? Lily lui expliqua que lors de son admission, c'était elle qui l'avait enregistré et réconforter. Ils entrèrent alors dans le service. Ils virent avec la secrétaire toutes les modalités pour déclarer la grossesse et pour le rendez-vous. Ils reviendraient donc le 20 décembre, en milieu d'après-midi.

Comme ils avaient un peu de temps libre, ils décidèrent d'aller sur le Chemin de Traverse. Malheureusement pour James, le patronus de son capitaine vint le prévenir d'une attaque en gare de King Cross. Leur belle après-midi venait d'être écourtée. James se dépêcha de partir. Après tout, Auror était un métier sans réels horaires fixes.

Lily entra chez Fleury & Bott, et vérifia plusieurs fois qu'il n'y avait personne de sa connaissance avant d'aller au rayon grossesse et petite enfance. Elle chercha quelques minutes et trouva deux petits livres : Les prénoms sorciers de l'année de Lysandra Parker, ainsi que La grossesse en neuf minutes, pour James bien évidemment. Elle fit un détour par le rayon des livres pour petits sorciers. Elle regarda leurs tranches et y lut : Les contes de Beedle le Barde, Jolly Roger le petit hippogriffe, Amanda au pays des fées … Bientôt tous ces titres se retrouveraient dans une étagère ou éparpiller dans leur maison. Elle avait hâte. Elle régla ses achats, et sortit.

Elle laissa ses pas la guider dans la célèbre allée marchande et se retrouva devant le magasin de Quidditch. Son œil fut rapidement attiré par la petite balle dorée, « un vif d'or » pensa-t-elle. Elle le regarda de plus près afin de voir ce qu'il avait de spécial. C'était bien un vif d'or, mais pas n'importe quel vif d'or, le vif d'or de la final de la coupe du monde de Quidditch de 1977, qui s'était soldée par la victoire de l'Angleterre. Elle s'en rappelait, cette année-là elle venait tout juste d'accepter de sortir avec James. Le jeune homme était parti avec les autres Maraudeurs pour y assister. Ils avaient fait la fête pendant trois jours, fêtant tour à tour la victoire de l'Angleterre, et les dix victoires consécutives de Gryffondor. Cette semaine-là, Lily avait fait une overdose de Quidditch par lettre. James était exaspéré qu'elle ne comprenne pas sa passion.

Pourtant en y regardant de plus près, la petite balle venait d'être mise en vente pour la coquette somme de cent gallions. « Qu'importe, cela fera un parfait cadeau de Noël » se dit Lily. Elle entra alors dans le magasin et accosta l'un des vendeurs.

« Bonjour, je souhaiterai acheter ce vif d'or s'il vous plaît, dit-elle en lui montrant la dite balle.

- Cela ne va pas être possible Madame, une personne vient tout juste de la réserver et passera la récupérer dans quelques heures. »

Lily était déçue. Elle venait de se faire voler son cadeau. Mais qu'importe, elle l'aurait.

« Peu importe, je vous en propose cent cinquante gallions, alors.

- Et bien, c'est une proposition intéressante, il faut en parler à mon supérieur. »

Lily attendit quelques minutes, le vendeur revint accompagné de son patron.

« Bonjour Madame, vous voulez acheter ce vif d'or pour cent cinquante gallions, n'est-ce pas ?

- C'est exactement cela.

- Et vous avez fait cette offre tout en sachant que quelqu'un d'autre l'avait déjà réservé.

- C'est bien cela.

- J'aimerai bien conclure cette affaire, mais voyez-vous, ce client est un client privilégié.

- Excusez-moi alors, je ne me suis pas encore présentée : Lily Potter, la femme de James Potter. Je ne viens que rarement car je n'ai pas la même passion pour ce sport que mon mari.

- Madame Potter ! Mais il fallait le dire tout de suite, s'exclama le directeur en se retournant vers son vendeur, emballe moi ça ! Monsieur Potter est l'un de nos meilleurs clients !

- Serait-il possible d'avoir un emballage cadeau s'il vous plait ?

- Mais bien sûr Madame, dit le jeune homme en passant dans l'arrière-boutique.

- Monsieur le directeur ?

- Oui Madame.

- Il est évident que je n'ai jamais acheté ce vif. Vous comprenez, c'est une surprise pour Noël…

- Vous n'avez aucun souci à vous faire à ce sujet Madame. »

Lily alla une nouvelle fois payer en caisse, et rentra ensuite à la maison pour cacher son précieux paquet dans son bureau : James ne pourrait qu'être heureux quand il le recevrait. Elle se sentit pourtant un peu coupable. Elle venait de commencer ses achats de Noël, et James se trouvait en ce moment même à King Cross après un attentat.

Et une fois de plus, Lily attendit son retour.

oOoOoOoOo

Lorsque James arriva à King Cross, il put enfin constater l'étendue des dégâts : un mort, deux blessés graves et quelques blessés légers. Il y avait des dizaines de témoins et donc autant de témoignages à recueillir. A quelle heure allait-il pouvoir enfin rentrer chez lui ? Il vit au loin son supérieur, l'Auror Kingsley Shacklebolt.

« Commandant, que s'est-il passé ?

- Un fou s'est échappé de l'asile de Villet-under-Wood*, a volé une baguette et a lancé des sorts de tous types dans n'importe quelles directions, puis contre le train, avant de se jeter dessous.

- C'est lui le mort ? demanda l'un des collègues de James qui venait d'arriver.

- Belle déduction Auror Watson. Prenez les dépositions d'un maximum de personne. De toute façon, ils ont ordre de ne pas quitter les lieux tant que cela n'ait pas été fait. Je veux un rapport dès ce soir. On ne sait même pas quels sont les sorts qu'il a pu lancer, vu que la baguette a été détruite, ni même s'il a directement transplané. Récoltez le maximum d'information. » Dit-il d'une voix sèche.

James sortit un calepin ainsi qu'une plume et s'approcha d'un couple. Il allait prendre leurs témoignages un par un. C'était la procédure habituelle. Cependant, c'était une déposition relativement banale à un point près: ils étaient arrivés après l'homme et n'avait pas vu grand-chose, mais juste entendus un Diffindo, et un Doloris.

Au bout de quatre heures d'interrogatoires et de près de cinquante personnes interrogées, James rentra enfin chez lui. Il fut accueilli par Lily légèrement inquiète, mais qui avait sur son visage un petit sourire goguenard.

« Qu'est-ce qu'il y a ma puce ?

- Je t'ai acheté un livre …

- Et quel livre ?

- Celui-là, dit-elle en lui tendant …

- La grossesse en neuf minutes, et bien … merci. Tu sais, j'ai à peine l'impression que tu me prends pour un attardé en m'offrant cela.

- Pas un attardé chéri, un ignorant.

- Et tu te crois intelligente ! » Dit-il en l'embrassant passionnément.

James savait qu'il ne se coucherait pas de sitôt, pourtant Lily avait insisté pour l'aider dans son rapport. Beaucoup de témoignages mentionnaient la couleur ainsi que le résultat du sortilège. Au bout de deux heures de recherches, il vit qu'elle ne tenait plus debout.

« Mon amour, va te coucher, j'arriverai bien à me débrouiller sans toi. »

Elle lui fit un sourire reconnaissant, l'embrassa et monta dans leur chambre. James fixait encore d'un œil mauvais la montagne de paperasserie qui s'étalait devant ses yeux. Ce n'est qu'à deux heures du matin qu'il put enfin envoyé son rapport à la direction. Il était fier de lui. Il avait réussi à reconstituer le fil conducteur des évènements. L'homme était rentré par le passage moldu, et s'était senti menacé. Il avait alors envoyé quelques Diffindo, Impedimenta, Stupefix, Incendio et autre Confondus sans réel but précis. Quand le train était rentré en gare, l'homme ne s'en prit qu'à cette créature de fer. Il lui envoya le sortilège Doloris, qui avait ricoché et qui avait finalement agit sur son créateur. L'homme avait alors convulsé de douleur et était tombé sur la voie, sans pouvoir se relever et mourut écrasé.

La première partie de son enquête était terminé, il savait qu'une longue suite de réunions sans fin, de retour sur les lieux de l'incident, et de témoignage à refaire allait désormais rythmer ses deux, et même trois, prochaines semaines.

*Villet Under-Wood (note Bêta) : On se demande d'où cela vient, n'est-ce pas Ignis ?

Comme promis, le chapitre est en ligne ! Voir que vous êtes plusieurs à l'avoir lu m'a fait plaisir. Je remercie aussi ma très chère bêta, Aure7lie, pour tout le temps qu'elle a passé mon améliorer la qualité de l'écriture. :D

Je le redis, et je ne pense pas être la seule, laissez-moi une review pour me faire part de vos impressions.

On se retrouve dimanche prochain !

Ignis Nebula.

Ps : ma chère bêta, tu sais que j'ai toujours adoré ton imagination sur ta capacité à créer de très jolis noms de villes, même si je le reconnais, Villet-sous-Bois est toujours plus joli que Villet Under-Wood ! )