« Bonjour mon ange.

- Bonjour James.

- T'es-tu remise de tes émotions d'hier ? demanda-t-il avec une lueur de désir dans les yeux.

- Non, et je n'ai qu'une envie : c'est de recommencer ! répondit-elle avec une voix aguicheuse.

- Lily, on n'a pas le temps. On doit aller travailler.

- S'il te plait, on en n'aura pas pour longtemps, lui rétorqua-t-elle alors que des mains se faisaient de plus en plus entreprenantes.

- Lily, je ne sais pas ce qui t'arrives en ce moment, mais j'aime cet état d'esprit.

- Tu as lu le livre que je t'ai acheté ?

- Euh ... Non.

- James Potter tu es désespérant ! dit-elle en se levant brusquement, toute envie d'une partie de jambes en l'air ayant subitement disparue.

- Mais et notre câlin ? l'implora James avec une voix pleine d'espoir.

- Tu arriveras bien à vivre sans ! »

Elle prit ses affaires et s'enferma dans la salle de bain. James ne comprenait plus rien. Elle voulait quelque chose et l'instant d'après le contraire.

« Ce n'est pas possible ! rouspéta Lily.

Que se passe-t-il mon ange ? »

Elle entra dans la chambre telle une furie, uniquement vêtue de sa serviette. Ses pauvres vêtements finirent explosé sur le sol, et elle leur marcha dessus sans une once de remord.

« J'ai plus rien à me mettre, voilà ce qu'il se passe ! »

James leva les yeux au ciel, et partit de doucher à son tour. Que pouvait bien avoir Lily ? Il aurait dû lire le livre, il prenait la poussière depuis un bon moment sous d'une pile de dossier étalée sur son bureau. Lorsqu'il revint dans sa chambre, il fut ébahi par capharnaüm qui y régnait. Toute la pièce avait été retournée. En regardant de plus près, on pouvait s'apercevoir que seule l'armoire avait été retournée. Pas de doute là-dessus, Lily-la-Tigresse (N/B : Vive Peter Pan !) était de retour. Elle était d'ailleurs en train d'essayer d'enfiler un jean sans succès. Elle le retira et le jeta contre la fenêtre, avant de s'écrouler sur leur lit.

« Je suis une grosse vache/ogresse/pimply aux pattes nouées, sanglota-t-elle.

- Mais ma Lily, c'est normal après tout...

- Tu trouves cela normal que ta femme devienne énorme au point de ne plus rien avoir à se mettre ? lui dit-elle avec une voix annonçant les prémices de sa colère.

- Bien sûr ...

- Quoi ! Tu viens de me dire que j'étais une boule de suif, comme dans Maupassant là ! Je le savais, je ne veux pas aller travailler aujourd'hui, sanglota-t-elle.

- Ma Lily tu es enceinte, c'est normal. Je préfère largement que tu prennes quelques kilos, commença James en y mettant les formes pour s'éviter une nouvelle crise de larmes, et que tu sois en bonne santé tout comme le bébé, plutôt que tu sois maigre et que tu ne te tues toi-même.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ?

- Oui, mon ange. Je ne vais pas te mentir.

- Mais comment je vais faire pour aller au boulot, il n'y a plus rien qui m'aille !

- Tu as bien un pantalon ou un truc dans ce style ?

- Ce n'est pas possible ! Je viens de te dire que non ! Mes robes de sorcière sont trop étroites au niveau du ventre et j'ai beau essayé de mettre un pantalon et un chemisier, soit dit en passant une tenue très respectable chez les moldus, rien ne me va ! Et je n'aurais pas pu aller travailler comme ça, vu qu'aujourd'hui j'ai des procès qui m'attendent, et qu'il me faut donc une tenue présentable ! »

De rage, la jeune femme prit les vêtements qui lui restaient dans son armoire et les jeta sur le sol, se baissa, attrapa le premier tissu qui lui vint et retourna dans la salle de bain. James soupira, Lily était vraiment étrange aujourd'hui. On dirait que deux personnalités complétement différentes vivaient dans son esprit. « Je ne vais tout de même pas l'amener à Villet-under-Wood* » pensa-t-il. Il prit sa baguette et rangea tous les vêtements. Nebula souffrait déjà suffisamment des sautes d'humeur à répétition de sa maîtresse, mieux valait ne pas lui en rajouter.

« J'irai au boulot comme cela !

- Lily, c'est ta robe de Poudlard …

- Et alors, elle me va …

- Tu m'avais dit que tu avais des procès, non ?

- Oui, … oh non, dit-elle en se laissant submerger par une nouvelle crise de larmes.

- Ils ont peut-être des robes d'avance dans ton service ?

- Je n'en sais rien, répondit-elle la voix entrecoupée de sanglots.

- Et puis, tes collègues te comprendront, ils savent bien qu'on est vendredi et que tu n'as pas le temps de refaire ta garde-robe, à la vue de tous les dossiers que tu rapportes à la maison.

- Voui …

- Et si tu veux, demain je peux t'emmener faire les boutiques ?

- C'est vrai ? La tristesse avait déserté sa voix et était remplacée par un sourire immense sur son beau visage.

- Bien sûr mon cœur. »

La jeune femme se blottit alors dans les bras de son mari. Elle avait une fois de plus changé d'humeur aussi rapidement que de chaussettes. Chaussettes … Vêtements. Vêtements … Crise. James se rendit à l'instant compte de l'énorme erreur qu'il venait de faire proposant à sa femme une sortie shopping. Ils prirent de la poudre de Cheminette et débarquèrent dans le hall du Ministère. Certaines personnes se retournèrent sur l'accoutrement de Lily, bien que sa robe soit uniformément noire, ils avaient reconnu la robe de Poudlard. En même temps, passer sept années à se vêtir de la même tenue, cela vous marque.

oOoOoOoOo

Il retrouva Lily chez Florian Fortarôme. La jeune femme était assise devant une énorme coupe de glace à la fraise (comme quoi les préjugés étaient bien fondés), malgré le froid évident de ce mois de Janvier sur Londres. Elle avait eu une soudaine envie de glace et avait demandé à son mari de la rejoindre chez le célèbre glacier à la fin de leur journée. James arriva avec une demi-heure de retard par rapport à l'heure convenue, une réunion de dernière minute l'avait retenu et il n'avait pas pu la prévenir. La jeune femme ne lui en aurait pas tenu compte, elle savait pertinemment que son mari n'était jamais en avance (en effet, Monsieur Potter avait trouvé le moyen d'arriver avec une demi-heure de retard le jour de son propre mariage, ce jour-là les yeux verts de Lily n'arrêtèrent pas de lui envoyer des regards dignes d'Avada Kedavra, leur couleur étant d'ailleurs de circonstance), mais depuis quelques temps, les hormones de grossesse jouaient beaucoup en faveur de sa mauvaise humeur. James n'avait pas encore remarqué que des larmes silencieuses dévalaient les joues de sa chère Lily.

« T'es en retard, lui dit-elle simplement avec la petite voix de quand elle pleurait.

- Lily, tu vas bien ?

- Tu es en retard, James Potter.

- Une réunion de dernière minute, tout le département est sur le qui-vive. Les Ministres de la Magie du Pérou et de l'Allemagne arrivent demain. En plus, il a fallu réorganiser les équipes car le Ministre péruvien a reçu des menaces du groupe des Mangemorts, tu sais les fous qui croient en la pureté du sang…

- Je me fiche de ton excuse ! Tu es en retard…

- Lily, ma puce, je travaille moi aussi, et tu sais bien que le métier d'Auror n'a d'horaires fixes que pour les apparences.

- Et alors ?! S'il m'était arrivé quelque chose, tu serais resté derrière ton stupide bureau !

- Non, on m'aurait prévenu, et je serais parti en catastrophe pour te rejoindre.

- Tu aurais pu me prévenir.

- C'est ce que j'ai voulu faire mais tu étais déjà partie. »

Elle ne voulait pas parler et il en avait assez qu'elle lui reproche tous ses moindres faits et gestes. Il tendit son doigt vers la glace, et la cuillère de Lily s'abattît sur lui en moins de temps qu'il ne faut pour dire Quidditch.

« C'est MA glace ! lança-t-elle d'une voix possessive. Tu n'as qu'à t'en commander une ! »

Il fallait vraiment qu'il lise ce livre rapidement. Il en avait ras le chapeau pointu [ndla : vous avez déjà vu des sorciers en casquettes ?], et se leva. Sa journée avait été exécrable : Lily piquant des crises dès le matin, tout son service sur les nerfs à cause de la visite imminente des deux gouvernements, et enfin il ne pouvait pas se détendre sans que sa femme ne lui cherche des noises [mais pas les pièces de bronze. Ce n'est même pas drôle (bêta). Tu as déjà vu (entendu) une blague marrante sortir de ma bouche (auteur)]. Il se leva sans rien dire et transplana devant chez Sirius.

oOoOoOoOo

Lily regarda une fois de plus son mari s'éloigner sans rien comprendre. Etait-ce vraiment trop demander à James de la rassurer et de la consoler ? Voulait-il vraiment cet enfant ou non ? Bien sûr qu'il avait sauté de joie au moment où il avait appris la nouvelle. Elle lui avait certes interdit d'en parler aux Maraudeurs mais elle avait espéré que James aurait bravé cette interdiction et qu'ils auraient tous débarqué en la prenant dans leurs bras et en la félicitant. Il n'avait même pas lu le livre qu'elle lui avait acheté. Il allait toujours se balader au clair de Lune avec ses amis animagi et loup-garou. Il ne se souciait pas du fait qu'elle était complétement paniquée les nuits où il partait et que les fortes angoisses durant la grossesse étaient déconseillées.

Ses yeux étaient restés posés sur cette stupide glace à la fraise. Elle sortit un peu de monnaie du fond de sa poche qu'elle posa sur la table et rentra chez elle.

« Nebula ! Sors-moi une valise !

- U … U … Une valise Madame ? demanda l'elfe d'une voix tremblante

- Ne pose pas de questions et exécute toi ! » aboya-t-elle.

Elle ne se fit pas prier et descendit une valise du grenier qu'elle posa sur le lit des deux époux.

Lily commença à sortir ses affaires. « Pourquoi je les prends, aucune ne me va » pensa-t-elle. Mais elle les mit tout de même dans le bagage. Une fois fini, elle la descendit dans son bureau et s'assit sur son fauteuil en se demandant bien comment elle allait faire pour y rentrer tout sa paperasserie. Puis une question fit surface dans son esprit : où irait-elle ? Ses parents étaient morts, Tunie ne lui adressait plus la parole depuis bientôt trois ans. Le Chaudron Baveur ou Les Trois Balais n'étaient pas une option envisageable : il y avait beaucoup trop de chance pour qu'elle y rencontre quelqu'un qu'elle connaissait ou même James et les autres Maraudeurs. La réponse s'imposa alors comme une évidence : elle n'avait personne à part James, lui avait des amis et de la famille, alors pourquoi ne partirait-il pas ? Heureuse d'avoir résolue son problème, elle monta dans leur chambre et inter changea leurs affaires. Elle ne prie même pas la peine d'aller prendre ses affaires dans son bureau. Elle déposa la valise dans l'entrée de manière visible, et une fois de plus, attendit son mari.

oOoOoOoOo

James arriva devant la porte de l'appartement de son meilleur ami, à quelques pas d'une rue plutôt branchée de Londres. Il n'y avait que des sorciers dans cet immeuble alors devenu invisible aux yeux des moldus. Il ne se soucia même pas de savoir si son meilleur ami était en charmante compagnie et entra sans préambule.

« Te gêne surtout pas Cornedrue ! lui lança Sirius tandis que ce dernier s'affaissait dans le canapé. Eh mec, qu'est-ce qu'il se passa ?

- C'est Lily …

- Bah j'te l'avais dit, fallait pas que tu t'engages avec elle !

- Oh c'est bon ! Tes réflexions tu peux te les garder. »

Sirius eut soudain une révélation : James voulait juste qu'une personne le réconforte, et pas que cette même personne ne le critique.

« Whiskey Pur Feu sans glaçon? lui proposa-t-il.

- Merci bien.

- Bon maintenant, tu vas confier tous tes petits problèmes de couple à ce bon vieux Patmol. »

James ne se fit pas prier. Il lui raconta tout : ses sautes d'humeurs constantes et surtout tous les reproches qu'elle lui faisait à longueur de journée. Sirius l'écouta vider son sac, il ne lança aucune réplique cinglante bien que les occasions ne manquèrent pas.

« Tu sais James, ce n'est pas en me racontant tout cela que je vais avoir envie de m'engager !

- Tu finiras bien par changer d'avis quand tu verras ton ou ta filleule, lui dit James.

- J'ai déjà eu Nymphadora, et cela a-t-il changé quelque chose dans ma façon d'être ?

- Non, mais tu ne la vois pas vraiment souvent. Sache que je t'imposerai sa présence au moins une fois par jour, répliqua Cornedrue d'une voix résolue.

- Oh pitié ! » s'écria Sirius en se saisissant d'un coussin qu'il envoya à la tête de son meilleur ami.

Bien vite, les deux jeunes hommes se lancèrent dans une formidable bataille de polochon, aussi mémorable que celles qui avaient lieu dans leur dortoir. Le whiskey avait réussi à détendre James qui riait de bon cœur (comme si tous ses soucis s'étaient envolés).

« Bon mec, ce n'est pas que je t'aime pas mais tu vois là, une charmante jeune fille du nom de Grace doit venir me voir.

- Tu ne changeras jamais !

- Et inutile de te rappeler que ta femme doit être morte d'inquiétude. »

James fut bien obligé de se séparer de son meilleur ami, n'imaginant pas un seul instant ce qui l'attendait une fois qu'il serait de retour chez lui.

oOoOoOoOo

Il ne vît même pas la valise dans l'entrée. Il alla directement au salon pour voir Lily et s'excuser de sa réaction infantile qui avait eu lieu devant Florien Fortarôme.

« Je peux savoir où tu étais ? » demanda-t-elle d'une voix froide.

Il ne s'attendait pas à cela et resta pendant quelques secondes sans rien dire. Et quelques secondes, c'est exactement le temps qui mit Lily pour le détailler. Ses cheveux étaient encore plus en bataille comme s'il n'avait pas arrêté de se passer la main dedans. Ses yeux pétillaient et il avait un léger sourire sur ses lèvres. Grâce à son odorat surdéveloppé dû à la grossesse, elle sentit l'odeur (caractéristique) de l'alcool qui émanait de lui.

« Euh … Lily … commença-t-il.

- Je n'en reviens pas ! Tu étais avec une femme et tu reviens là pour t'excuser ! » hurla-t-elle.

James était estomaqué : il venait tout bonnement de se faire accuser de la tromper alors qu'il était uniquement allé chez Sirius. Lily avait interprété différemment ses petits changements d'apparence en revoyant celui qu'il était lorsqu'ils étaient à Poudlard. Et pour elle ses doutes se confirmèrent quand son mari ne répondit pas … Alors que ce dernier était juste choqué qu'elle ait pu penser cela de lui. Il avait passé deux ans à conquérir son cœur et cela en faisait bientôt trois qu'ils étaient ensemble. Ils s'étaient mariés et attendaient leur premier enfant. Il ne voulait pas foutre sa vie en l'air. Il reprit vite ses esprits :

« Hein ! Quoi ! Comment j'aurais pu te faire cela ? J'étais juste chez Sirius …

- Prends-moi pour une conne en plus ! dit-elle en commençant à monter les escaliers.

- Lily attends… Son pied buta contre la valise qui trônait dans l'entrée. Aïe ! Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?

- Ta valise, Potter ! » Hurla-t-elle en claquant la porte de leur chambre.

James resta là, les bras ballants. Elle venait de le mettre dehors. Il se laissa emporter par sa colère, et frappa de toutes ses forces le mur le plus proche. La douleur l'envahit. Il prit sa valise et claqua la porte d'entrée. Il s'assit sur les marches du perron et resta inerte pendant de longues minutes. Il en était de même pour sa femme, les larmes en plus, à l'intérieur de la bâtisse à peine un niveau plus haut. Elle s'était laissée submergée alors qu'elle n'avait pas encore atteint le palier. Il fallait qu'ils se rendent compte qu'ils n'étaient plus sur la même longueur d'onde.

Lily se sentait trahie par cet homme qui prétendait l'aimer. Cependant elle se sentit également abandonnée et perdue. Elle était totalement désœuvrée. Elle n'avait personne à qui se confier, personne pour la consoler. Elle était seule dans cette grande demeure bourgeoise qui était à son image, vide. Elle sanglota plus fort lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait raté sa vie. Depuis qu'elle était avec James, elle avait abandonné ses amies préférant passer tout son temps avec le jeune homme et ses amis. Le résultat était là, il avait des personnes sur qui compter, alors qu'elle n'avait que le bébé.

James ne savait pas ce qu'il ressentait, il était tiraillé entre la colère, l'incompréhension, le sentiment d'abandon et la tristesse. Il se sentait particulièrement vide et seul. Jamais il n'avait imaginé une vie sans Lily. Surtout depuis qu'il savait qu'ils allaient être parents. Une nouvelle fois il transplana chez Sirius. Il n'en n'avait rien à faire que ce dernier soit avec une belle créature. Après tout, il l'avait recueilli lorsqu'il avait fugué. Il pouvait bien en faire de même pour James ce soir.

Lorsqu'il entra Sirius était torse nu au-dessus d'une parfaite inconnue. Cette dernière avait sa chemine largement ouverte et ses mains essayaient d'ôter le pantalon (trop gênant) de son (futur) amant. Leurs langues exploraient mutuellement la bouche de l'autre.

« Ne faîtes pas attention à moi, dit James en allant s'enfermer dans la salle de bain.

- Oh James, tu ne pouvais pas me laisser une soirée tranquille ! Merde ! »

Sirius était clair sur un point concernant sa vie privée : aucun de ses amis ne devait être présent lorsqu'il était avec une fille, et il ne faisait aucune exception.

« Bah dit donc ce type est sans gêne !

- J'te fais pas dire.

- Si c'est comme ça… Moi, je pars. Je t'avais bien dit que je ne m'abaissais pas à faire des plans à trois !

- … Eh attends ! C'est pas ce que tu crois !»

Mais cette dernière avait fini de se rhabiller, et à son tour elle se prit les pieds dans la valise. Décidemment personne ne semblait la voir ce soir.

« Ah Putain ! cria-t-elle en se tenant le petit orteil. Et en plus il laisse trainer ses affaires ! »

Sirius la remarqua à son tour et comprit la gravité de la situation. Il ne lui dit pas au revoir. De toute façon, elle avait déjà transplané. Il ferma la porte de son appartement et appela Remus et Peter. « Urgence de Maraudeurs, prenez du whiskey, de l'hydromel et des Bierraubeurres. » leur avait-il simplement dit.

« James, tu peux venir, elle est partie. »

Pas de réponse.

« James ? »

Toujours aucun signe de vie émanant du pauvre James au cœur blessé. Il ouvrit alors la porte et vit son meilleur ami adossé contre l'un des murs. Il pleurait tellement que Sirius se dit qu'il aurait pu remplir la baignoire de ses larmes.

oOoOoOoOo

Cela faisait maintenant quatre heures que Lily était allongée sur son lit. Elle n'avait pas cessé de pleurer. Elle voulait que James revienne mais ce dernier était parti avec sa valise. Il n'avait rien fait pour la consoler, il avait juste pris ses affaires et était parti. Puis elle se souvint : c'était elle qui l'avait chassé. C'était elle qui l'avait mis dehors.

« Je ne suis qu'une pauvre fille. » sanglota-t-elle.

Elle se leva brutalement, bien résolue à noyer son chagrin dans l'alcool et qu'importe pour le bébé. Un vertige la stoppa dans son élan. Elle compta mentalement jusque dix. Cela lui arrivait souvent quand elle passait trop de temps allongée et qu'elle se levait d'un bond. Elle commença à descendre lentement les escaliers, une migraine entreprit de l'achever. La douleur arrivait par vagues successive. Lily s'agrippa à la rampe d'une main et plaça l'autre sur son front.

Nebula, qui avait entendu sa maîtresse descendre, s'était avancée dans le hall pour anticiper sa demande. Lily arrivait sur l'avant-dernière marche.

« Madame, vous allez bien ? Voulez-vous quelque … »

Sous ses yeux, la jeune femme s'évanouit. La petite elfe poussa un cri et n'arrêtait pas de s'écrier « Maîtresse ! ». Elle la secoua mais rien ne changea. Nebula était paniquée : sa maîtresse enceinte était évanouie. Elle risquait de perdre son enfant ! En plus son maître était parti elle ne savait où. Ni une ni deux, elle transplana avec Lily dans le hall de Ste Mangouste.

« A l'aide, s'il-vous-plaît ! » s'écria-t-elle.

Tout le monde les regardait : le spectacle était insolite, il était très rare de voir un elfe portant sa maîtresse évanouie dans le hall de l'hôpital. L'infirmière d'accueil, Amelia Barnes, arriva.

« Mme Potter ! Que lui arrive-t-il ?

- Ma Maîtresse s'est évanouie, bredouilla Nebula.

- Son mari est-il au courant ?

- Ils se sont disputés, je ne sais pas où il est.

- Dépêche-toi de le retrouver, la situation pourrait être plus grave que l'on ne pense. »

La pauvre elfe obéit tandis que sa maîtresse était amenée sur un brancard magique au service des urgences de gynécomagie.

Elle arriva dans le salon de Sirius. Aucun des Maraudeurs ne l'avaient vu. Plusieurs bouteilles d'alcool vides étaient empilées les unes sur les autres sur la table basse dans un équilibre plus que précaire. Son maître et Sirius lui tournaient le dos.

« Euh … James … J'ai peut-être abusé du mélange Whiskey-Pur-Feu hydromel, mais tu peux m'expliquer pourquoi ton elfe de maison est ici, dit Remus d'une voix pâteuse.

- Non, elle ne peut pas être là. Elle veille sur Lily, pas sur moi, répliqua le concerné.

- M … Maître ?

- Nebula ! dit James en se retournant. Que se passe-t-il ? Tu ne devais pas rester auprès de Lily ?

- C'est-à-dire Maître, commença-t-elle d'une voix qui se faisait de plus en plus faible, que la Maîtresse Lily a eu un malaise et qu'elle se trouve actuellement à Ste Mangouste … »

Elle s'inquiéta de la réaction de James, allait-il la punir parce qu'elle avait failli à sa tâche ? Elle avait le devoir de veiller sur Lily et avait failli à sa tâche. James recracha toute sa gorgée de Bierraubeurre. Il n'avait pas voulu boire ce soir et venait seulement d'ouvrir une bouteille.

« Conduis-moi auprès d'elle. »

James et l'elfe transplanèrent aussi rapidement que cette dernière était arrivée.

« Ah, cette Lily, on dirait qu'elle crée plus de problèmes à James qu'elle ne le rend heureux ! maugréa Sirius. Ça fait deux fois en une soirée qu'elle rend mon James triste…

- Ta gueule Sirius, lança Peter.

- J'comprends même pas pourquoi il continue de rester avec elle, continua Sirius sans écouter Peter.

- Patmol… le menaça ce dernier.

- Non mais c'est vrai ! Elle n'arrête pas de me le rendre malheureux. Il va falloir qu'on règle ça une bonne fois pour toute entre elle et moi …

- PATMOL, LA FERME ! hurla Peter.

- Bah quoi, qu'est-ce que j'ai dit de mal ?

- Tu ne comprends pas que Lily est enceinte …

- Si, et crois-moi depuis qu'elle l'est, mon Cornedrue il est tout triste, répondit Sirius.

- MAIS TAIS-TOI ! A ce stade de sa grossesse, elle peut perdre son enfant si elle subit un choc émotionnel trop important, comme ce soir par exemple, expliqua Peter.

- Et aucun de nous ne veut récupérer James s'il apprend que le bébé est mort, ajouta Remus.

- Eh, Queudever, comment tu sais ça toi ?

- Sirius, tu ne te rappelles pas que ma propre mère a vécu cela lors de notre quatrième année, et que j'étais inconsolable, répliqua Peter, la voix tremblante d'émotion.

- Maintenant que tu le dis … »

Et Sirius s'écroula comme une masse sur son canapé. Il avait plus de mal à tenir l'alcool en ce moment. Peter et Remus se regardèrent exaspérés. Sirius ne comprenait vraiment pas la gravité de la situation, il souffrait d'un sérieux manque de maturité.

oOoOoOoOo

James s'était précipité à Ste Mangouste mort d'inquiétude. Il vit rapidement l'interne de garde.

« M. Potter, commença-t-il.

- Lily… Ma femme comment va-t-elle ?

- Elle va bien mais …, voulut-il poursuivre.

- Et le bébé ? Il est encore là ? sa voix était complétement paniquée.

- Rassurez-vous, ils vont bien tous les deux. Je vais vous conduire auprès d'elle » il abandonna son questionnaire, le jeune homme était beaucoup trop inquiet pour répondre à ses questions.

Il emmena James dans une chambre. Il contempla sa femme allongée et endormie sur le lit d'hôpital. Il s'assit à ses côtés et prit l'une de ses mains qu'il pressa tout en examinant son visage. Il sanglotait, murmurant une litanie d'excuses.

« Ma Lily… Lily-jolie… Je n'aurais jamais dû m'énerver pour si peu. Je suis désolé, sincèrement désolé pour ce qui t'es arrivé. Pardonne-moi s'il-te-plaît Lily… »

Tout était de sa faute, il n'aurait jamais dû s'énerver pour si peu. Il n'aurait jamais dû partir comme une furie après l'incartade sur le chemin de traverse. Et surtout il aurait dû lire ce fichu livre. Les minutes passaient, ses amis ne vinrent pas le voir. Il préférait être seul avec Lily de toute façon. En plus au vu de tout ce qu'ils avaient ingéré, il était préférable qu'ils restent bien sagement chez Sirius.

James regarda sa femme. Ses cheveux aubrun qu'il aimait tant étaient ternes et sans cet éclat brillant qui les caractérisait. Il observa son nez fin et les petites taches de rousseur qui parsemaient son visage. Ses fines lèvres rosées n'attendaient que le prince charmant pour qu'il y dépose les siennes. Je ne suis pas le prince charmant. Je ne suis que le méchant sorcier pensa James. Il attarda son regard sur son ventre arrondi. Il songea à l'enfant qu'il avait failli perdre. Plus il contemplait sa Lily, plus il culpabilisait. Plus il culpabilisait et plus il pleurait.

Quand la belle ouvrit enfin les yeux, la seule chose qu'elle vit fut son prince lui tenant la main. Il pleurait de toutes les larmes de son corps. Une horrible pensée s'imposa dans son esprit et sa voix se brisa avant même qu'elle n'ait commencé à parler.

« James… Le bébé… Il va bien ?

- Hein ? … Non mon amour il est là, il va bien, dit-il en déposant sa main sur son ventre afin de la rassurer.

- Alors pourquoi pleures-tu autant ?

- C'est parce que je suis un sombre idiot. Je ne suis qu'un stupide crétin qui ne sait même pas prendre soin de sa femme alors qu'elle est enceinte. Je suis le sombre abruti qui mis ta santé et celle du bébé en danger », répondit-il.

Lily sentit toute la culpabilité qui le rongeait à ce moment. Elle était intense et déformait sa voix. La jeune femme pouvait presque la palper. James poursuivit :

« Je me demande bien comment tu fais pour rester avec quelqu'un comme moi.

- Si je reste avec toi, c'est parce que je t'aime, et que malgré tes airs de crétin profond tu restes loyal. Quoique tu puisses faire comme aujourd'hui, je sais que je serai toujours en sécurité à tes côtés. Enfin, j'aurais eu beaucoup de mal à retrouver une vie normale, calme, qui ne serait pas ponctuée des blagues vaseuses de Sirius. »

James sut qu'à cet instant précis que tous ses torts lui étaient pardonnés. Il l'embrassa alors avec passion et elle répondit à son baiser avec grand plaisir.

« Tu sais, tu n'es pas le seul à être fautif, mon comportement était exécrable depuis quelques temps.

- C'est le moins qu'on puisse dire »approuva-t-il.

En guise de réponse, Lily le frappa doucement avant d'abandonner la partie. Le jeune homme emporta donc la bataille grâce à une pluie de baisers passionnés aussi bien pour les lèvres que pour le ventre de la future maman.

oOoOoOoOo

Lily passa sa journée à Ste Mangouste. Les gynécomages jugèrent que c'était beaucoup plus prudent de la laisser se reposer loin de tous ses soucis de sa vie quotidienne qui étaient peu nombreux, vu que Nebula s'occupait de tout.

Quant à James, il eut un comportement exemplaire avec le Ministre et reçu les félicitations personnelles du Ministre de la Magie ainsi que celles du chef des Aurors. Il était fier de lui. Il avait joué le rôle d'un parfait comédien. Ses faits et gestes étaient entièrement dédiés à la personne qu'il protégeait mais ses pensées étaient tournées vers la femme qu'il aimait et qu'il devait à tout prix préserver.

oOoOoOoOo

Nous étions le 30 janvier 1980. C'était l'anniversaire de Lily Potter, le vingtième plus exactement. La tension qu'il y avait eu dans le couple s'était complétement évaporée mais James se sentait toujours aussi coupable d'avoir envoyé sa femme à l'hôpital pour des pacotilles. Il comptait sur ce jour pour une fois de plus se faire pardonner (bien que ce soit déjà le cas). Nous étions un mercredi et les deux tourtereaux travaillaient mais rien ne pouvait les empêcher de faire la fête ce soir-là avec leurs amis.

James s'était levé plus tôt que d'habitude et avait lui-même préparé le petit-déjeuner. Enfin, il avait uniquement dressé la table parce qu'il avait le don de brûler le moindre aliment qu'il tentait de cuire. En effet, il réussissait à préparer des nouilles une fois sur deux. Nebula avait tout cuisiné en suivant ses instructions méticuleusement. Il avait mis une nappe beige et avait acheté quelques lys qu'il disposa dans un vase au centre de la table.

Lily descendit en baillant et fut agréablement surprise de ce qu'elle découvrit.

« Bon anniversaire mon amour.

- Merci James mais il ne fallait pas te donner toute cette peine.

- Rien n'est trop beau pour toi. »

Ils mangèrent les yeux dans les yeux. L'espace d'un repas ils étaient redevenus les jeunes gens amoureux qu'ils étaient à Poudlard. Ils ne firent pas trop attention au goût de leurs viennoiseries ou de leur jus de citrouille : ils étaient trop occupés à se dévorer du regard.

Et c'est avec ce même élan, ce même désir, que James prit son épouse dans ses bras et monta les escaliers direction leur chambre. Il se rappela la première nuit qu'ils avaient passé ensemble, celle de la St Valentin de 1978. Il avait complétement oublié de prévenir ses amis qu'il désirait que personne ne rentre. Il avait juste accroché un petit mot sur la porte « Lily et James sont indisponibles le temps d'une nuit, veuillez-vous contenter des canapés près de la cheminée ». Sirius relativement énervé avait arraché le carré de papier. Il avait fini par en faire la lecture à toute la salle commune. Le lendemain après que quasiment tous les Gryffondor les aient regardés en souriant. James avait demandé des explications à son meilleur ami qui n'avait rien dit. Mais, il avait juste oublié qu'Alice (future Mme Longdubat) allait tout raconter à Lily. Ce jour-là, Sirius comprit qu'il ne fallait jamais nuire au couple. Et c'est quelques années plus tard, au mariage Potter qu'il avait ressorti ce fameux morceau de papier tout chiffonné et qu'il l'avait lu devant toute l'assemblé en tant que bon témoin. Aujourd'hui, il n'y avait personne. Juste eux deux (enfin trois si on compte le mini Potter en préparation), le temps seulement pouvait les déranger. Ni l'un ni l'autre ne se souciaient d'arriver en retard. La porte de la chambre se referma sur le couple qui fêta dignement l'anniversaire de Lily.

Elle partit la première, elle n'avait que des affaires mineures à traiter aujourd'hui. James devait encore régler quelques détails pour l'anniversaire surprise de sa femme. Nebula allait passer sa journée à préparer la maison. Il passa ensuite au Chemin de Traverse et acheta une brassée de lys qu'il demanda de livrer au bureau de sa femme. Puis, l'air de rien, alla travailler à son tour.

Lily étudiait un dossier complexe dont un interrogatoire allait avoir lieu dans les jours suivants. Elle vit un jeune homme entrer dans son bureau sans frapper… D'un autre côté ses mains étaient pleines, il aurait difficilement pu le faire.

« Vous êtes bien Mme Lily Potter ?

- Oui c'est bien moi.

- On m'a demandé de vous livrer cela, dit-il en lui tendant son bouquet de fleurs, et ceci » il lui tendit une petite boîte rectangulaire.

Il n'y avait pas de petite carte, il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour comprendre que c'était son mari qu'il lui envoyait. Il a encore fait des folies pensa-t-elle. Elle ouvrit la boîte et vit un magnifique collier doré, avec des lys nacrés. Le bijou était très fin et plutôt discret mais surtout, il lui allait à la perfection. Ses collègues rentrèrent dans son bureau, tous avaient vu le livreur passer et voulaient en savoir plus. Cassie, une des personnes avec qui elle s'entendait le mieux lui fit remarquer qu'elle avait de la chance d'avoir un mari qui la gâtait autant.

Tous lui souhaitèrent une année remplie de bonheur et discutèrent pendant quelques minutes avant de –malheureusement- retourner sur leurs dossiers. Lily prolongea sa pose et se rendit à l'étage des Aurors. Le département était étrange (pas autant que celui des Mystères, mais un peu quand même). Chaque mur était orné de plans de bataille, ou d'affiches placardant des têtes de suspects recherchés ou arrêtés. Certains étaient déjà à Azkaban sur les photos et leurs regards fous donnèrent la chair de poule à la jeune femme. Elle ne voulait pas s'attarder à trainer dans ces couloirs sordides mais ne savaient pas non plus où était le bureau de son mari, dans le dédalle de couloirs. Elle dût se résoudre à lire chacune des étiquettes, écrites sur chacune des portes qu'elle croisait.

Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'elle errait quand un homme l'attrapa par la taille. Son premier réflexe fût de lui envoyer un coup de pied puissant sur la partie la plus fragile de l'anatomie masculine. Après et seulement après, elle se retourna pour voir le visage de son agresseur. Ce dernier était allongé sur le sol, plié en deux, les mains callées sur son bas-ventre.

« Lily, ma tigresse, je t'ai toujours dit que je voulais plusieurs enfants.

- James ! dit-elle surprise. Mais quelle idée tu as eu de faire ça dans un couloir mal-éclairé ?

- Je ne sais pas. Mais au moins je sais qu'en cas d'attaque, ton agresseur ne pourra pas te retenir éternellement, souffla-t-il en se relevant. Tu voulais me voir pour quoi ?

- Pour te dire d'arrêter de faire des folies inutiles. Le collier est magnifique, tu n'aurais pas dû.

- Dis-moi une unique raison pour que j'arrête de gâter ma femme. »

Il attendit. Comme d'habitude elle n'avait pas d'arguments. Il l'embrassa puis la reconduit à son bureau. Il avait une mission à préparer et ne pouvait se libérer que pour le soir. Lily le crut.

oOoOoOoOo

Heureusement pour James, les collègues de Lily avaient eux aussi eu la brillante idée d'organiser un anniversaire surprise, ce qui obligea la jeune femme à rester une heure de plus au Ministère. Une heure supplémentaire, soit assez de temps pour les autres Maraudeurs ainsi que les époux Longdubat et M. Potter puissent arriver. Assez de temps pour que James recouvre entièrement le salon de lys (une décoration largement inspirée de l'une de ses nombreuses tentatives de séduction). Assez de temps pour qu'ils puissent préparer une farce digne de figurer dans les livres d'Histoire. Assez de temps pour que la maison soit plongée dans le noir et pour qu'aucun bruit ne s'en échappe. James était sûr de faire plaisir à sa femme : elle et Alice étaient très proches à Poudlard et s'étaient perdues de vue depuis la fin de leurs études. Le couple Longdubat rêvait d'une vie exotique et avait déménagé en Australie.

Lorsque Lily arriva devant chez elle, elle ne fut pas étonnée de voir la maison plonger dans le noir le plus complet. Elle se doutait bien que James lui avait préparé une fête surprise et avait choisi de faire comme si elle ne s'y attendait pas pour ne pas le frustrer. Mais elle avait oublié un détail concernant son mari : Un Maraudeur n'est jamais prévisible. Lorsqu'elle poussa le petit portail en bois, des bougies s'allumèrent. Elles lévitaient tranquillement. Elles s'allumaient successivement en se rapprochant de la porte d'entrée. Arrivées à cette dernière, des gerbes de feux d'artifice illuminèrent le ciel, devenant ainsi rose, bleu, vert, rouge, or … Les cendres qui retombaient se métamorphosaient en lys, qui recouvrirent l'herbe. Cette première partie était magique, féerique, magnifique, émouvante… Les mots manquaient afin de la décrire parfaitement.

Puis brusquement les lys s'agitèrent et les pétales s'envolèrent pour former un grand rideau blanc. Sur cet écran improvisé, des images apparurent, les pires souvenirs de Lily concernant James. Lily ne put rien faire pour empêcher le massacre et dut tous se les remémorer puisqu'elle ne pouvait pas accéder à la porte d'entrée. Derrière, William, Remus, Sirius, Peter et Frank riaient à en avoir mal aux côtes : leur surprise avait eu l'effet escompté : Lily était rouge (de honte ou) de colère. James était dépité, sa femme allait passer la soirée (à culpabiliser ou) à crier. Alice pensait la même chose : elle compatissait pour Lily puisqu'elle aussi avait l'immense privilège de connaître les émotions dédoublées à cause des hormones de grossesse et surtout car elle savait que si la jeune femme entrait en colère, les garçons préféreraient se terrer à l'abri plutôt que de la subir.

Lily tremblait de rage et d'impuissance : elle s'en voulait terriblement de tous les mauvais traitements qu'elle avait fait subir à James, mais elle allait surtout tuer tous les Maraudeurs ! Le pire fut certainement quand elle revit la fin des BUSEs de Défense Contre les Forces du Mal. Elle se revit répondre avec toute la rage qui l'habitait à ce moment « Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix qu'entre toi et le calmar géant. » [ndla: extrait d'Harry Potter et l'Ordre du Phénix, chapitre « Le pire souvenir de Severus Rogue »]. A cette époque elle ne s'était pas rendu compte de tout le mal qu'elle avait fait à James et s'en voulait encore aujourd'hui.

C'est alors que Sirius sortit du manoir accompagné par Peter et Remus :

« JOYEUX ANNIVERSAIRE LILY LA TIGRESSE ! » hurla-t-il.

Il vit la jeune femme s'approcher de lui et sentit un petit courant d'air. Puis une main claqua avec force sur sa joue, sa tête se tourna sur le côté à cause de la force de l'impact et une marque rouge apparut sur son beau visage.

« C'est fou mais je la connais cette scène ! Non attends, d'habitude c'est James qui avait le privilège de goûter à tes baffes magistrales, pas Sirius, s'exclama une voix familière à Lily.

- ALIIIIIICE ! » hurla-t-elle en se précipitant dans ses bras.

Les jeunes femmes s'étreignirent pendant un long moment. Alice emmena Lily dans le salon qui ressemblait étrangement à la salle commune de Gryffondor quelques années plus tôt. Tous lui souhaitèrent son anniversaire (sauf Sirius, blessé dans son ego). La soirée se passa merveilleusement bien, les deux jeunes femmes étaient trop heureuses de se revoir, de savoir qu'elles étaient enceintes et qu'elles devaient accoucher au même moment. D'ailleurs, la conversation se fixa sur ce dernier sujet.

« Vous allez savoir quand pour le sexe du bébé ?, demanda M. Potter.

- Le mois prochain, répondirent les deux femmes.

- Bah moi j'espère que ce sera un garçon, dit Sirius.

- Quoi ?! C'est lui le père, s'exclama Frank.

- Frank, tu as un cerveau, alors apprend à t'en servir. Répète après moi : « Sirius Black va être le père d'un magnifique enfant qu'il aura avec Lily Potter, bien conscient qu'il vient de trahir son meilleur ami », philosopha Remus

- « Sirius Black va être le père d'un magnifique enfant qu'il aura avec Lily Potter, bien conscient qu'il vient de trahir son meilleur ami », répéta Frank sans grande conviction.

- Tu es d'accord que ça fait tâche ?

- C'est vrai que vu sous cet angle… »

Tous éclatèrent de rire. Une fois que tout le monde fut calmé, on interrogea Sirius :

« Au fait, pourquoi veux-tu qu'il soit un garçon, demanda James.

- C'est bien simple Cornedrue, je n'ai pas envie de passer mes journées à jouer à la maison de poupée et à la dinette. Alors que c'est tellement plus intéressent de lui apprendre le Quidditch ! »

Une nouvelle fois, tous éclatèrent de rire. La soirée se passa merveilleusement bien. Lily et Alice ne savaient absolument pas quand elles se reverraient. Mais James était heureux, il avait enfin le sentiment de s'être fait complétement pardonné.

* Villet-under-Wood: N/B Je confirme, c'est tout de même plus classe en français. ^^

Bon, un peu de retard aujourd'hui … Désolé T.T

Pour me faire pardonnée, le chapitre d'aujourd'hui est un peu plus long que la normale.

Bon, ne vous étonnez pas que Peter intervienne et résonne Sirius. Je dois dire que je n'apprécie pas du tout ce personnage. Bon ok, c'est quasiment le seul endroit où il va réellement servir à quelque chose !

Encore une fois, merci pour vos reviews ! :3

A la semaine prochaine ! (avec une petite surprise pour dimanche, vu qu'il va s'agir de mon anniversaire :p)

Ignis Nebula