Durant le mois suivant, James fut affublé des pires costumes. Lily ne s'étonnait pas quand il rentrait couvert de paillettes, avec des cheveux verts et argents, ou encore quand il ne pouvait pas parler et qu'il émettait uniquement des bruits d'animaux. Ce qui faisait rire Lily sans fin, cela avait d'ailleurs tendance à mettre son mari de mauvaise humeur. Il n'avait jamais supporté qu'on se moque de lui, surtout avec impossibilité de vengeance.

Malgré tout, ils devaient bien se l'avouer : plaisanter avec futilités maraudeuses leur faisaient du bien. Voldemort et ses partisans avaient repris leurs attaques. Ils ne faisaient plus de grands attentats dans les lieux publics mais ce contentaient de tuer des familles qui leur opposaient une résistance. Régulièrement La Gazette du Sorcier faisait sa une avec les agressions, et l'humeur de la communauté sorcière en avait pris un coup : tout leur semblait plus maussade. James partait de plus en plus tôt et rentrait de plus en plus tard du ministère, les Aurors étaient réquisitionné de tous côtés. Ils devaient perquisitionner un domicile, surveiller un lieu public ou encore avancer leurs enquêtes depuis leur quartier général.

Lorsque Lily descendit déjeuner ce matin-là. Elle trouva le journal posé devant son bol. James avait dû le lire et le lui avait laissé. Tout en se servant son chocolat et son verre de jus de citrouille, elle le lut. Les nouvelles n'étaient pas très réjouissantes : une nouvelle attaque avait eu lieu et toute une famille avait été retrouvée morte. Le seul témoin de cette barbarie était l'un des enfants, il était actuellement à Ste Mangouste. Les Mangemorts l'avaient torturé… Il devait être dans un sal état et certainement trop choqué pour pouvoir raconter ce qu'il avait vu aux Aurors.

Trois petits coups sur la fenêtre sortirent Lily de sa lecture. Elle vit un hibou grand-duc qui lui était inconnu. Elle se leva, ouvrit la fenêtre et prit la lettre. Le hibou s'envola et disparut dans la forêt qui entourait le manoir. Elle regarda le destinataire de la lettre : elle lui était adressée. Elle allait s'apprêter à l'ouvrir quand une petite voix se fit entendre :

« Madame, Nebula a un mauvais pressentiment… Je vous en prie, n'ouvrez pas cette lettre. »

Lily la regarda, surprise. Elle n'avait pas été élevée avec un elfe de maison mais elle savait que ce comportement était pour le moins étrange.

« Nebula, c'est idiot. Cette lettre m'est adressée, je dois bien l'ouvrir.

- Madame, je vous en prie, ne l'ouvrez pas. Je vais le faire pour vous. »

Lily était de plus en plus étonnée. Normalement après sa réflexion, Nebula aurait dû se confondre en excuses et elle aurait même dû lui donner l'ordre de ne pas se punir. Préférant ne pas la contrarier, Lily lui donna la lettre et retourna s'asseoir sur sa chaise tandis que Nebula se plaçait à bonne distance d'elle.

Nebula décacheta l'enveloppe et la retourna au-dessus de sa main. Une petite carte s'envola et se déposa à ses pieds, tandis qu'un lourd bracelet se déposa dans sa paume. Le bijou avait à peine touché sa peau, qu'un éclair en jaillit et vint se planter dans le ventre de l'elfe. Cette dernière tomba en arrière. Ses yeux étaient restés ouverts, exorbités. Elle était aussi raide qu'un balai. Elle était morte.

Lily était abasourdie. Nebula avait eu un bon pressentiment en ne laissant pas sa maîtresse adorée ne serait-ce que décacheter l'enveloppe maudite. Son elfe s'était sacrifié pour elle. Cependant le plus inquiétant était surtout qu'elle venait de recevoir une missive piégée qui venait à coup sûr des mangemorts à la vue des volutes de fumée noire qui s'échappaient du bracelet. Lily se saisit de sa baguette magique et fit voleter la carte jusqu'à elle, elle ne voulait en aucun cas se saisir de ce parchemin empoisonné. La carte n'était pas signée, pourtant Lily reconnut sans peine son auteur : Je n'ai pas eu ton enfant la dernière fois, mais rassure-toi aujourd'hui je ne vais pas le rater. La folle de Ste Mangouste avait retrouvé l'endroit où ils habitaient. Elle s'assit dans un coin de la cuisine et pleura. Nebula gisait toujours sur le sol à la manière d'une poupée désarticulée. Le bracelet, la carte et l'enveloppe étaient éparpillés sur le sol tout autour d'elle.

Lily se ressaisit, elle devait prévenir le bureau des Aurors. Elle se leva, alla dans le salon et les contacta par le réseau de cheminées. Un employé de bureau lui répondit.

« Bonjour Madame, veuillez décliner votre identité s'il vous plaît.

- Lily Potter, femme de l'Auror James Potter, habitant dans le manoir Potter à Godric Hollow.

- Vous souhaitez parler à votre mari ? Il est actuellement en pleine réunion.

- Non, enfin si, mais … On a reçu une lettre piégée qui m'était destinée par la mangemort qui nous avait agressé à Ste Mangouste.

- Oh …, il déglutit. Vous n'êtes pas blessée ?

- Non, mon elfe de maison avait insisté pour ouvrir cette lettre.

- Madame, veuillez-vous mettre dans une pièce à l'abri. Je vais vous envoyer une équipe d'Aurors sur place. »

Elle attendit donc devant la cheminée en caressant son ventre, les yeux perdus dans ses pensées.

oOoOoOoOo

L'employé de bureau qui avait pris la communication était dans une mauvaise posture. Il allait devoir interrompre une réunion importante –ce qui pouvait lui coûter son poste– et pour en plus devoir annoncer à l'un des meilleurs Aurors de sa génération que sa femme venait d'être attaquée. Il déglutit. Il avait bien envie de prendre le plus de temps pour se rendre dans le bureau de son Chef, mais une personne était en danger. Il s'arrêta devant la porte et frappa trois petits coups brefs avant d'entrer sans attendre qu'on l'y invite.

« On ne vous a pas autorisé à entrer, jeune homme, dit Rufus Scrimgeour. Veuillez sortir sans plus attendre.

- Il y a eu une nouvelle attaque monsieur, dit-il en tremblant alors que toute l'assemblée se redressa, surprise.

- Une nouvelle attaque, alors dans ce cas dites-nous tout.

- A Godric Hollow, James se redressa et pâlit alors que l'employé se retournait vers lui. Monsieur, votre femme a reçu une lettre piégée. »

James perdit toutes les couleurs qui lui restaient. Il n'était plus pâle qu'un fantôme. Son commandant Kingsley lui passa une un bras autour de ses épaules afin tenter de le rassurer en vain. D'un geste de la tête, Fol Œil le pria de continuer.

« Elle a reçu une lettre. Elle ne m'a pas donné beaucoup de détails. C'est votre elfe de maison qui a insisté pour ouvrir la missive. Il y avait un bracelet ensorcelé. Le sortilège a frappé votre elfe de plein fouet et en est mort. Elle m'a aussi précisé qu'elle avait lu le parchemin qui y était joint. D'après elle, c'est la mangemort de Ste Mangouste qui vous l'a envoyé. »

James sentit un poids en moins s'enlever de ses épaules : sa femme n'avait rien. Mais un autre s'y ajouta : la mangemort les avait retrouvés. Rufus Scrimgeour donna ses ordres :

« Kingsley, Fol-Œil et Potter avec moi. Nous allons à Godric Hollow. Que quelqu'un aille prévenir les langues-de-plomb, elles devront analyser le dit bracelet. »

Un Auror quitta précipitamment la salle, se dirigeant probablement vers le département des mystères. Les trois Aurors nommés se rapprochèrent de leur Chef pour que celui-ci les fasse transplaner. Le chef du Bureau des Aurors possède cette capacité à pouvoir transplaner directement du quartier général, sans passer par l'atrium ni par les ascenseurs.

Ils se retrouvèrent donc devant la maison de James. Ils venaient à peine de poser un pied au sol que déjà James remontait déjà l'allée et ouvrait sa porte d'entrée.

« LILY ! LILY ! s'écria-t-il.

- Je suis dans le salon »lui répondit une petite voix tremblotante.

James s'y précipita. Lily se relevait tout juste. Elle se blottit dans ses bras lorsqu'elle le vit. Les deux époux restèrent enlacés jusqu'à l'arrivée des Aurors. D'une main, James caressait le ventre de sa femme et de l'autre son dos, tout en lui répétant des paroles rassurantes. Pour l'instant il ne pensait pas un mot de ce qu'il lui disait mais il voulait à tout prix que sa femme cesse de s'inquiéter. Il ne voulait pas qu'elle retourne à l'hôpital à cause de l'angoisse engendré par cette grande frayeur.

« Mme Potter, dirent-ils en la saluant. Pouvez-vous nous indiquer le lieu des faits ?

- La cuisine » répondit-elle simplement en désignant la pièce située de l'autre côté de l'entrée.

Tous s'y rendirent, Lily n'eut pas la force de regarder et se blottit contre l'épaule de James. Ce dernier contemplait la scène qui se déroulait sous ses yeux. Nebula avait encore les yeux ouverts, la pauvre… Elle qui se faisait une joie d'accueillir un tout nouveau membre de la famille. Le bracelet était encore dans sa main. Aucun des quatre hommes ne voulut s'approcher, préférant attendre l'arrivée des autorités compétentes. Ils s'installèrent dans une pièce et commencèrent leur interrogatoire. James se tenait auprès de Lily et la soutenait du mieux qu'il le pouvait.

« Madame, comment cela s'est-il passé ? demanda Kingsley posément.

- Je … J'étais en train de prendre mon petit déjeuner quand j'ai entendu du bruit à la fenêtre. C'était un hibou grand-duc.

- Vous souvenez vous de détails particuliers concernant ce hibou ? questionna Rufus Scrimgeour.

- Non, je n'y avais pas prêté attention.

- Bon la suite ! s'exclama Fol-Œil vraisemblablement de mauvaise humeur.

- J'ai voulu ouvrir la lettre et notre elfe a eu un comportement étrange. Elle a lourdement insisté sur le fait qu'elle voulait ouvrir l'enveloppe elle-même.

- Ce n'est pas si étrange en soit, souvent les elfes demandent de faire des choses pour leur maître, tenta d'expliquer Kingsley.

- Oui mais je lui avais fait comprendre que je pouvais le faire seule. Elle a tout de même insisté pour le faire et sans pour autant s'excuser.

- C'est vrai que ce n'est pas courant venant d'un elfe, concéda Kingsley.

- Souvent les êtres magique ont un sixième sens » intervient Fol-Œil posément.

James n'assista pas à la suite de l'entretien : quelqu'un avait sonné à la porte. D'un signe de la tête il fit comprendre à ses collègues qu'il allait voir de qui il s'agissait. C'était certainement les langues-de-plomb. Dans ce cas, il les conduirait directement à la cuisine. Il ouvrit la porte et fut surpris de tomber sur Sirius.

« Cornedrue, que fais-tu ici ? Tu es censé travailler non ? dit Patmol, tout aussi surpris que James de voir son meilleur ami.

- Oui, je suis actuellement en train de travailler, répondit James d'un ton froid.

- Ça tombe bien, j'étais venu préparer l'une de tes dernières punitions, je vais pouvoir directement te la faire.

- Sirius, je n'ai pas le temps pour ces futilités. » Son ton n'avait pas changé.

Il claqua la porte. Or la sonnette retentit à nouveau. Il ouvrit donc la porte, s'attendant à revoir Sirius mais il vit les langues-de-plomb. Ces dernières entrèrent et investirent la cuisine. Il retourna voir sa femme et ses supérieurs. L'interrogatoire était terminé, ils tiraient déjà leurs premières hypothèses. L'acte était isolé par rapport à ceux qui précédaient, mais ce n'est pas pour autant qu'ils comptaient lui accorder une importance moindre. Les langues-de-plomb étaient en train d'examiner le bracelet, l'une revient leur apporter la carte. Elle était vierge de toute trace de magie, c'était du ressort des Aurors de l'étudier.

La pièce où ils se trouvaient comporter une baie vitrée ouverte sur l'extérieur. C'est donc tout naturellement qu'ils virent Sirius y enter.

« Eh James… il se rendit compte du monde qui l'entourait.

- Monsieur, je vous prie de partir. Nous sommes actuellement en pleine enquête, dit Scrimgeour.

- On n'a pas besoin de vaurien dans ton genre, argumenta Fol-Œil.

- Qu'il reste. Il se mettra dans un coin et qu'il ne bouge pas, trancha James.

- Que vous est-il arrivé ? demanda Sirius au couple en entrant dans la pièce.

- J'ai reçu une lettre piégée, expliqua Lily d'une voix calme.

- Une lettre piégée, qui peut vous en vouloir à ce point ?

- C'est justement la question que nous nous posons, Monsieur ? dit Kingsley.

- Sirius Black.

- M. Black. Vous semblait bien connaître le couple. Connaitriez-vous une personne leur voulant du mal ? continua l'Auror.

- Non, il n'y a personne. Enfin, vous le savez sûrement mais il y a les mangemorts qui en ont après le père de James et qui le prennent pour cible et peut-être la folle de Ste Mangouste mais c'est tout, avoua le jeune homme.

- C'est cette folle, c'est elle qui m'a envoyé la lettre. Elle avait voulu tuer Harry et y serait arrivée si Nebula n'avait pas insisté pour ouvrir la lettre à ma place » continua Lily.

Sirius s'approcha et y lut l'unique phrase écrite. L'écriture lui était vaguement familière. Il était sûr de déjà l'avoir vu quelque part. Il s'assit tout en continuant de fixer le bout de papier. Son front était plissé, il était plus concentré que lors de ses ASPICs, il n'entendit même pas James lui demandait ce qui lui arrivait. Il fouilla dans sa mémoire : il était certain de l'avoir vu du temps où il faisait encore partit de la noble famille Black [N/A : ironique, bien entendu. N/B : Pas si ironique que ça, une famille sang-pur est en quelque sorte noble dans le monde sorcier. N/A : Oui, mais noble désigne aussi une personne une valeur morale ou intellectuelle élevée (merci l'internaute !). Reconnais que la valeur morale chez les Black est inexistante.]. Mais il pensait l'avoir vu il n'y a pas si longtemps lorsqu'il avait reçu une lettre de sa cousine Andromeda, seule membre à qui il parlait encore –d'un autre côté, elle avait aussi été bannie-. Ce n'était pas elle qui pouvait avoir envoyé cette lettre, elle était aussi mère et n'aurait pu se résoudre à tuer l'enfant d'une autre. Il réfléchit encore quelques instants, si ce n'était pas Andromeda, c'était forcément un membre de la famille Black. Il exclut immédiatement son frère et ses parents, il avait tellement vu leur écriture qu'il aurait pu la reconnaître entre mille. Il n'avait jamais vu l'écriture de son oncle et de sa tante, ni celle de sa cousine Narcissia. Il avait seulement vu une fois celle de …

« Je connais celle qui vous veut du mal, lança-t-il d'une voix blanche.

- Quoi ! s'exclama James. Tu en es sûr ?

- Pas certain à cent pour cent, mais je peux toujours demander à Andro de vérifier. Je crois qu'il s'agit de l'écriture de ma cousine, Bellatrix Lestrange. »

Sa révélation fût accueillie avec stupeur. Rodolphus Lestrange était un éminent membre du ministère et accuser sa femme d'être une mangemort relevait du suicide.

« En êtes-vous sûr ? demanda Scrimgeour qui voyait déjà son poste s'envoler devant ses yeux.

- Pas tout à fait mais l'écriture ressemble à celle de ma cousine Andromeda Tonks, sa sœur.

- Rendez-vous compte tout de même que vous proférez des accusations contre la femme de l'un des membres les mieux placés du ministère, poursuivit le Chef du Bureau des Aurors plus pâle que jamais.

- Evidemment, vous savez que les Lestrange, les Malfoy et les Black sont aussi portés sur la magie noire que leur chef lui-même et que tous leur membre étant dans ma génération sont des mangemorts avérés. »

La déclaration de Sirius eut plus d'effet qu'un lâchage de lutins de Cornouailles dans un cours de deuxième année avec un professeur narcissique. Fol-Œil ferma toutes les issues de la pièce et jeta plusieurs sorts d'insonorisation.

« Et comment savez-vous cela Monsieur Black ? demanda Fol-Œil d'un ton accusateur.

- C'est simple. C'est parce que mes parents voulaient faire de moi un mangemort. »

Les trois Aurors avaient désormais les yeux qui leur sortaient de la tête, seuls les époux Potter semblaient ne pas être surpris par cette nouvelle.

« Un Black à Gryffondor, vous imaginez bien la honte que ça a dû être pour mes parents. Ils ont toujours voulu me remettre dans le droit chemin. Ils n'ont pas hésité à appeler ma chère cousine pour qu'elle s'entraine à lancer des doloris sur moi. J'allais avoir dix-sept ans quand ils ont décidé qu'il fallait que je serve ce fou. J'ai refusé et je me suis enfui chez James. Tous les autres enfants des familles de sang-pur sont eux aussi devenu des mangemorts… Nous devions être intronisés ensemble, raconta-t-il d'une voix calme.

- Qu'est devenu votre cousine Andromeda ? demanda Kingsley.

- Elle s'est mariée à un né-moldu. Un acte de trahison pour ma famille qui l'a renié, tout comme moi en refusant de m'engager au près du seigneur des ténèbres et en prenant la fuite.

- Et pourquoi n'êtes-vous pas allé porter plainte quand vous vous êtes enfui de chez vous ?, demanda Scrimgeour.

- Vous l'avez dit vous-même. Qui aurait cru à ma plainte ? De plus, ils se seraient arrangés pour que l'affaire disparaisse. Vous ne pouvez pas non plus accuser Bellatrix Lestrange. Ce n'est pas avec une simple phrase manuscrite que vous allez l'arrêter. Désolé James. »

C'était une maigre consolation, ils savaient qui leur en voulait mais ne pouvait rien faire pour l'arrêter. Quel monde étrange : Pourquoi les simples gens pouvaient être aussi démunis face aux plus puissants qu'eux ? [N/B : Je ne te le fais pas dire…Vive le pourvoir des mots ! N/A : Tu dis ça parce qu'ils lancent des sortilèges et que les sortilèges reposent sur des mots ? Dans ce cas, tu dénigres le pauvre Severus et ses potions…]

Les trois collègues de James continuèrent de discuter entre eux. Sirius resta auprès des époux Potter. Il était réellement désolé pour eux que ce soit sa cousine qui ait voulu les agresser. Ils le rassurèrent. Ils savaient bien que la famille de Sirius était totalement cinglée. Chez les Aurors, le ton était beaucoup plus vif. Il était certain que cette affaire ne devait pas faire la une des journaux, cela leur éviterait beaucoup de soucis. Cependant leur source de conflit était principalement portée sur les paroles de Sirius. Aussi invraisemblables soient elles, il y avait du vrai. Actuellement, Voldemort et ses partisans n'attaquaient que des familles de sang-mêlé ou de sang-pur acceptant de vivre avec les nés-moldu. Contrairement à ce que tous prédisaient, il n'avait même pas encore cherché à attaquer les familles sorcières les plus prestigieuses. Or il est certain qu'en les attaquant elles, il pourrait plus facilement instaurer son climat de terreur. Mais ce n'est pas cela qui pouvait prouver que ces familles étaient réellement liées au mage noir. Ils leur manquaient encore une preuve concrète.

« Il vous faudrait l'une de leurs baguettes, lâcha Sirius qui avait écouté leur conversation.

- Une baguette, c'est vrai qu'ils adorent abandonner leurs baguettes sur le lieu de l'attaque ! railla Fol-Œil.

- Oui mais si cela arrive et que vous avez leur baguette principale, Ollivander vous le confirmera et ce sera dans la poche.

- Je n'en suis pas si sûr mon grand, continua Fol-Œil, tu l'as dit toi-même qu'ils vont faire pression sur le gouvernement pour être innocenté…

- Vous avez juste oublié de prendre en compte la loi disant que toute baguette perdue ou volée doit être immédiatement déclarée à l'administration. Ils ne pourront donc pas déclarer la perte de la baguette avant la bataille et seront obligé de le faire après. S'ils ne le font pas, vous serez obligé de les mettre en examen, ainsi vous pourrez voir les sorts qu'elle a effectués, ce qui permettrait peut-être de les incriminer, dit Sirius comme si c'était l'évidence même.

- Patmol, tu es un génie ! lâcha James après quelques instants de silence.

- Ah ! Tu le reconnais enfin ! »

oOoOoOoOo

Les équipes du Ministère ne restèrent pas longtemps. Les Aurors n'avaient que peu d'indices, et les langues-de-plomb avaient emporté le bracelet dans leur quartier général pour pouvoir y réaliser des examens plus approfondis. Le corps de Nebula avait lui aussi était transféré avec le bracelet afin de comprendre le fonctionnement du sortilège. James n'était pas rentré au Ministère, ses supérieurs l'avaient jugé inapte à travailler pour aujourd'hui. Il était préférable qu'il reste auprès de sa femme.

Lily sursautait dès qu'un bruit lui parvenait de l'extérieur. Elle ne l'avait pas remarqué mais depuis la mort de Nebula, une main –que ce soit la sienne ou celle de James– était toujours posée sur son ventre arrondi. Même si Sirius avait passé la journée avec eux, il ne se voyait pas encore parrain et n'avait jamais câliné son filleul. A l'inverse, la culpabilité le rongeait : il s'en voulait terriblement que sa famille s'en prenne à ses meilleurs amis. James et Lily avaient beau lui avoir répété que ce n'était pas de sa faute et que chaque côté ait depuis longtemps renié l'autre, rien n'avait changé. Peut-être que Remus arriverait à le faire changer d'avis. Ce dernier n'était toujours pas au parfum de la situation, tout comme Peter. Les deux autres Maraudeurs travaillaient. Le premier était professeur, il aidait un jeune lycanthrope à préparer sereinement sa rentrée à Poudlard. Le deuxième travaillait dans l'entreprise de fabrication des chocogrenouilles. Ses amis ne savaient pas s'il passait plus de temps à les manger ou à les concevoir.

Ce ne fut pas eux qui se présentèrent les premiers chez les Potter. Rufus Scrimgeour et William Potter les devancèrent. Ce dernier avait été prévenu par le chef du Bureau des Aurors, l'abandon de poursuite n'étant pas une pratique courante, surtout dans une situation comme celle-là. Après avoir transplané à l'avant de la maison, ils entrèrent et trouvèrent les trois même personnes que Rufus avait quitté, exactement dans la même position qu'à son départ, quelques heures plus tôt.

« Mes enfants, commença William. Vu la situation, il serait préférable que vous partiez pendant quelques temps.

- Les langues-de-plomb ne nous ont pas encore communiqué leurs résultats, annonça Scrimgeour, mais vous devez certainement vous attendre à trouver un sort de magie noire puissant.

- Nous avons donc pensé vous envoyé loin d'ici, continua William.

- Partir ? s'étonna James. Mais Lily a encore des examens à faire et le bébé ne va pas tarder à arriver et puis on a encore des tas de choses à faire !

- Calme-toi chéri, il faut que tu penses à la sécurité de ton fils avant de penser à son confort, le réconforta Lily.

- Sécurité, sécurité, sécurité. Cela va faire des mois que tout le monde a ce mot à la bouche, rouspéta ce dernier.

-James, écoute un peu ta femme, dit William d'une voix paternelle n'appelant aucune discussion. Nous avions pensé vous envoyer en vacances, le plus loin possible de l'Angleterre.

- Cela nous permettra de mener notre enquête tranquillement et le plus discrètement possible, argumenta le chef des Aurors.

- J'avais pensé que l'Australie vous ferez plaisir.

- L'Australie ! se réjouit Lily. Je vais pouvoir voir Alice !

- Les Aurors Longdubat sont très compétents, assura Scrimgeour. Vous pourrez donc voir vos amis, tout en restant en sécurité. »

La discussion se poursuit durant encore quelques minutes. James toujours réticent accepta pour faire plaisir à sa femme. De plus, une pause ne pouvait guère leur faire de mal. Ils allaient donc partir une semaine. Ce temps semblait insuffisant aux yeux de Rufus Scrimgeour et William Potter mais Lily avait besoin de faire ses examens à Ste Mangouste. Ils étaient donc contraints d'accepter.

Enfin le chapitre ! Désolé pour le retard, nous étions accaparées par nos révisions et plus récemment par nos résultats ^^

Merci beaucoup à Echo pour sa review ! :D Et aussi à toi, chère bêta Aure7lie qui a dû une fois de plus s'arracher ses cheveux … (promis, si je le trouve je te prendrai le litre de yaourt banane-poire) )

A bientôt ! :D

Ignis Nebula