Je m'excuse pour l'absence de publication malgré le fait d'avoir fini d'écrire cette fic. Ma correctrice et moi avons un peu décidé de l'abandonner. Je trouvais juste dommage que vous ne connaissiez pas la fin. Je vous publie donc les quatre derniers chapitres. Je n'ai pas eu le temps, ni ma bêta, de corriger ces chapitres. Je m'excuse d'avances des fautes d'orthographes, répétitions, et autres erreurs de syntaxe et maladresse d'écriture qu'il va y avoir.
En espérant que cela vous plaise tout de même,
Ignis Nebula
Ps: merci pour toutes vos reviews et vos abandonnements, vous ne savez pas combien cela vous remonte le moral :)
Les époux Potter avaient préparé leurs bagages. Partir une semaine loin de l'Angleterre leur ferait certes du bien, mais ils auraient préféré rester pour se tenir informer des derniers évènements. Les langues-de-plomb n'avaient toujours pas rendu leurs conclusions, malgré les nombreuses insistances du département de la Justice magique.
Ils s'apprêtaient donc à sortir, avec une valise chacun, enfin plutôt deux valises pour James. Il plaça avec Lily plusieurs sortilèges de protection. Il ne voulait pas prendre le risque de recevoir d'autres lettres piégées, ni de voir sa maison brûlées par de stupides mangemorts. Il aida Lily à transplaner jusqu'au point de rendez-vous du portoloin. Ce moyen de transport n'était certainement pas le plus agréable, mais il était celui qui fatiguait le moins les femmes enceintes, bien que voyager à huit mois de grossesse était plus que déconseillé.
Cette fois-ci, le portoloin était un charmant petit miroir, pas un vieux truc moisi à l'odeur plus que douteuse. Chacun attrapa une extrémité et attendit. Quelques secondes plus tard, ils se sentirent happés dans les airs. Lily grimaça, tous deux avaient l'impression d'être tiré par le ventre. Le voyage dura plusieurs secondes, interminables d'après Lily, la distance à parcourir n'était pas négligeable. James anticipa l'atterrissage, bien qu'il tenait les valises, il réussit à les libérer. Il entendit un bruit assourdi, signe qu'elles étaient arrivées à destination. Il attrapa la taille de sa femme et se glissa sous elle. Ils atterrirent brusquement sur ce qui était du sable.
« Aïe mon ventre, fit Lily, tu vas bien chéri ?
- Ne t'inquiètes pas pour moi, j'ai connu des chutes bien plus graves au quidditch, elle lui donna un coup de coude, elle n'aimait pas qu'il lui rappelle ses moments où elle craignait pour sa vie. Mais toi, tu as bien supporté le voyage ?
- On peut dire ça, mais la prochaine fois on prend l'avion.
- Ah non, tu ne me feras pas monter dans une boîte de conserve volante ! » protesta James.
Lily sourit, elle savait pertinemment que son mari détestait les transports moldus, il n'avait d'ailleurs jamais réellement apprécié le magicobus. Elle se releva, et admira l'endroit où ils étaient. C'était une grande plage de sable fin. L'océan faisait de magnifiques rouleaux, ils apercevaient même des surfeurs au loin. Le ciel était clair, et commençait tout juste à prendre des teintes rosées. Elle avait oublié le décalage horaire. Ils étaient partis dans la matinée de Godric Hollow et venait tout juste d'arriver près de Sydney, en fin d'après-midi. Elle se retourna, James était parti ramasser leurs bagages qui trainaient quelques mètres plus loin. Elle vit une adorable petite maison blanche, aux volets et au toit bleu marine. La baie vitrée s'ouvrit et une femme et un homme en sortirent.
« Lily ! James ! Vous êtes enfin arrivés ! » s'écria Alice.
Le temps qu'elle arrive, Lily constata que son ventre avait aussi beaucoup grossi. Elles eurent d'ailleurs beaucoup de mal à se serrer dans leurs bras comme elles en avaient l'habitude, contrairement aux garçons qui s'étaient contenté de leur poignée de main habituelle. Ils rentrèrent dans la maison et s'installèrent dans la pièce à vivre. Il y avait dans un angle une énorme cuisine dite à l'américaine, elle donnait sur la table de la salle-à-manger, bien petite par rapport à la taille de la cuisine. Leur séjour faisait toute la largeur de la maison, et quasiment toute sa longueur. James était surpris, il avait l'habitude d'avoir dans sa maison des portes à chaque pièce.
« Oh Lily, regarde notre ventre, on ressemble à des baleines, se lamenta Alice.
- Ca tombe bien chérie, j'en ai vu une colonie il y a trois jours, pas loin de la maison » répliqua Frank du tac au tac.
Alors que James riait de bon cœur à la blague de son ami, les filles étaient outrées :
« Tu te rends compte, il est comme ça depuis février, se plaignit Alice.
- Mais j'ai exactement le même à la maison, en pire, enchérit Lily. Il passe son temps à faire des gaffes, je ne compte même pas les fois où j'ai failli aller à Ste Mangouste …
- Ah, l'amour … C'est à cause de lui qu'on ressemble à ça, commença Alice en désignant son ventre.
- Et c'est toujours à cause de lui qu'on reste avec de pareils énergumènes » termina Lily.
Leurs regards se croisèrent, et elles rigolèrent à leur tour. Les garçons ne leur prêtaient même plus attention. D'après ce qu'elles entendirent, ils discutaient Quidditch.
- Ne me dis pas qu'ils vont parler Quidditch pendant toute la soirée, grommela Lily.
- Je crois bien que si, répondit son amie le regard compatissant, elle se rappelait combien Lily détestait ce sport à Poudlard. D'autant plus que je crois que ce soir, il y a un match amical entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande …
- Oh non …
- … Et que Frank a prévu de tous nous y emmener. »
La tête de Lily était assez drôle à voir : les yeux exorbités, la bouche grande ouverte. La grossesse renforçait les sentiments, et c'était bien vrai, en jugea Alice à la vue de Lily. Mais bien vite, la rousse flamboyante se reprit, sauf qu'elle avait le regard noir, le regard très noir.
« Non, non, non, Lily, calme-toi, commença Alice en essayant de désamorcer la bombe qu'était devenue son amie. Je l'ai convaincu de ne pas nous y emmener, à ces mots Lily reprit aussitôt son attitude habituelle. On ne sait jamais combien de temps un match peut durer et les sièges ne sont pas non plus d'un confort absolu. Bref, dans notre état, ce n'est pas trop recommandé. »
Lily se jeta dans ses bras pour la remercier. Elle savait qu'elle pouvait toujours compter sur Alice quoiqu'il se passe.
« Et toi alors, c'est un fils ou une fille, lui demanda-t-elle.
- Un fils, vient je vais te montrer les échographies, lui dit-elle d'un ton plein de fierté. Et toi ?
- C'est un fils aussi. Comme quoi, même après Poudlard, on continue d'être Lily et Alice, les sœurs …
- … jumelles enquiquineuses de Maraudeurs, compléta son amie. C'est fou, on fait vraiment tout ensemble ! »
Malheureusement pour elle, James avait entendu leur petit surnom. Il les interpella alors qu'elles s'apprêtaient à monter à l'étage, en laissant bien évidemment les valises au pied des escaliers.
« Attendez, c'est quoi ce « enquiquineuses de Maraudeurs ? les filles pouffèrent. Attendez, ce n'est comme même pas vous qui avez mis nos réveils à sonner à chaque heure, elles se regardèrent tout en pouffant. Lily ne me dit pas que c'est toi qui a prévenu MacGo de notre farce d'Halloween en sixième année ? »
Devant l'attitude des filles, qui à présent ne se retenait plus de rire, il comprit que c'était elle. Il se rassit en maugréant : pourquoi avait-il fallu qu'il épouse l'une de celles qui avaient gâché leur splendide farce d'Halloween. D'autant plus que les Maraudeurs s'étaient toujours juré de faire payer le coupable comme il se doit. Mais il était trop tard maintenant. Il essaya de chercher un quelconque soutient auprès de Frank, mais ce dernier riait lui aussi. Il était en septième année cette année-là, il avait lui aussi attendu avec impatience la blague des Maraudeurs. Mais il se rappelait surtout leur professeur de métamorphose entrant telle une furie dans la grande salle et en hurlant :
« Ne touchez à rien ! Sans ça vos cheveux deviendront multicolores, vous ne pourrez plus parler vous n'émettrez que des bruits d'animaux. A ce moment-là, vous serez tous allé à l'infirmerie pour comprendre ce qui vous avez. Et quatre personnes n'auront absolument rien, et rigoleront de nous voir dans cet état. BLACK, LUPIN, PETTIGROW, POTTER ! RETENUE ! Je ne veux qu'il n'y ait plus aucune toile d'araignée dans tout ce château. Donnez-moi vos baguettes. »
Les trois jeunes adultes riaient toujours. Il aurait fallu prendre une photo des Maraudeurs ce jour-là, les quatre avaient la même tête : complétement déconfite. Ils étaient déçus que leur farce ait été découverte, mais le pire devait être leur retenue. Ils avaient souvent du récurer les chaudrons sales ou les toilettes avec pour seule aide une unique brosse à dent. Mais les toiles d'araignée, jamais. La tâche paraissait infaisable. Poudlard était immense, et il y avait en temps normal, beaucoup de toiles d'araignée disséminées un peu partout dans le château. Or, pour chaque jour d'Halloween, les professeurs s'amusaient à en rajouter, pour donner un côté un peu plus effrayant à l'école.
« Allez viens, James. Montons vos affaires. Je t'emmène voir le match. »
Le sourire de ce dernier réapparut tout de suite, il n'y avait que ses amis, sa femme et ce sport qui pouvait le faire changer d'avis aussi facilement.
Les garçons étaient rentrés tard. Les filles ne les avaient pas attendus. Ce n'est que quand ils descendirent à onze heures du matin qu'elles les virent.
« Alors ce match, c'était comment ? demanda Alice.
- Du pur spectacle, répondit Frank d'une voix pâteuse. C'est l'Australie qui a gagné.
- Mon amour, tu aurais dû voir ça, la technique de jeux des Australiens est tout simplement magnifique, dit James dont le regard brillait.
- James, tu sais pertinemment que je me soucis du Quidditch comme de la paire de chaussette que je vais mettre demain.
- Pourtant, tu es rentré de toi-même dans le magasin de Quidditch, lui rappela son mari.
- Attends, tu viens de dire que notre Lily internationale est volontairement rentrée dans un magasin de Quidditch, dit Alice coupant ainsi Lily et sa réplique cinglante. James, tu étais sûr que c'était ta femme au moins ?
- Oh ça va, c'est bon, rouspéta Lily. J'y étais rentré pour lui acheter son cadeau de Noël, ce n'est pas non plus comme si j'avais voulu m'acheter un balais !
- Même ma chérie, tu te rends compte que tu es rentré dans un magasin de Quidditch, toi Lily Evans, sous le regard noir des époux elle se rectifia, ou plutôt, toi Lily Potter !
- Début de grossesse, hormones et tout le blabla, ça te va comme excuse ?
- Dit tout de suite que tu m'aimes et que tu ne peux plus te passer de moi, lui dit James d'un ton qui se voulait modeste.
- Mais ça, tu le sais très bien. » lui répondit-elle en l'embrassant.
Le couple avait prévu une excursion à Ayers Rock, mais le temps n'étant pas terrible, ils restèrent finalement chez Frank et Alice. Ils passèrent leur après-midi à contempler l'océan par la baie vitrée et à discuter de choses et d'autres, sans grande importance. Mais Alice avait une question qui lui trottait en tête depuis que son amie lui avait demandé si elle pouvait venir une semaine la voir.
« Lily, tu sais très bien que je suis heureuse que tu viennes me voir, mais je ne comprends pas. Les voyages longues distances ne sont pas recommandé dans notre état, tu aurais pu venir me voir avec le petit Harry, cela ne m'aurait absolument pas déranger. »
Les époux Potter se raidirent, ainsi Rufus Scrimgeour avait raison. L'autre bout de la planète n'était pas forcément au courant de ce qu'il se passait en Angleterre et ni l'un ni l'autre n'avait voulu dire le vrai motif de leur venue en Australie. Frank et Alice se doutèrent bien du malaise que cette dernière venait de créer, comprenant certainement qu'il ne s'agissait pas d'une visite due à une envie subite. Ils comprirent que la vraie raison devait être beaucoup plus grave quand ils virent James attirer Lily contre lui, la serrait par sa taille et poser sa main sur son ventre d'un geste protecteur. D'ailleurs, ce fut lui qui répondit à Alice.
« Vous êtes au courant des évènements qu'il se passe en Angleterre, leur demanda-t-il, car après tout lui aussi était Auror et s'était son devoir de les tenir informés.
- Euh … non, répondit Frank, à part la Coupe du Monde de Quidditch. Mais ce ne doit pas être ça, vu la manière dont tu tiens Lily.
- Non ce n'est pas ça, c'est beaucoup plus grave, confirma-t-elle.
- Il y a eu une série d'attentat, commença-t-il d'une voix pas assurée. Un groupe qui se fait appeler les Mangemorts, Frank et Alice frémirent à ce nom, ils ont un chef, Voldemort, un froid venait de s'abattre sur la petite maison.
- Et que font-ils exactement ? demanda Frank après quelques instants, quel type de magie utilisent-ils ? il n'était plus Frank l'ami rieur, mais l'Auror Frank, ayant besoin du plus de renseignements possibles.
- Ils utilisent les Impardonnables, lâcha Lily se rappelant du Doloris que James avait subi.
- Ils ont commencé par soumettre un fou à l'Imperium, qui a ensuite mit beaucoup de pagaille dans King Cross, sans causer aucun dégât.
- Tu m'en as parlé en janvier, se souvint Frank.
- Ils ont ensuite attaqué Ste Mangouste en février, continua James. Il y a eu deux morts ce jour-là, un médicomage et son patient.
- Ste Mangouste ! s'indigna Alice. Mais ils sont vraiment malades !
- Une des leur est encore pire que tout, dit Lily d'une voix blanche. On sortait de l'échographie quand il y a eu l'attentat. Elle nous a vu James et moi, surtout moi en fait, ses amis la regardaient à présents, les yeux leur sortant des orbites, le teint pâle. Elle m'a vu, et a lancé un doloris droit sur mon ventre, elle voulait tuer mon bébé, sa voix se brisa un peu, tandis que James rassurait mère et enfant, voyant que sa femme ne continuerait pas, il raconta la suite.
- Je me suis interposé à temps, et Lily s'est enfui, de rage elle m'en a envoyé un deuxième.
- Vous savez qui elle est ? Vous l'avez attrapé et envoyé à Azkaban ? demanda Frank.
- Oui, on sait qui c'est. Mais on ne peut rien faire contre elle, dit James la voix amère. Il faut que vous sachiez la suite pour comprendre.
- J'ai reçu une lettre piégée d'elle, il y a une semaine, leur apprit Lily en coupant James. Heureusement pour moi, Nebula l'a ouverte et c'est elle qui a reçu le maléfice visant à tuer mon bébé. Elle en est morte, James lui embrassa la tempe, lui aussi avait du mal à se remettre de ces évènements.
- Sirius a vu la carte qui l'accompagnait, et il a reconnu l'écriture de sa cousine, Bellatrix Lestrange, finit-il.
- Quoi, attends là je en comprends plus. Vous dîtes que Bellatrix Lestrange serait une mangemort et qu'elle vous a envoyé une lettre piégée et qu'elle utilise des Impardonnables, explosa Alice.
- Pas si fort, fit le couple Potter.
- On doit à tout prix retourner en Angleterre alors, décida Frank.
- Certainement pas, dit James d'une voix impartiale.
- Pourquoi ? Vous y restez bien après tout ce que vous avez subi ? Pourquoi nous ne pourrions pas rentrer chez nous. Je veux que mon fils aille à Poudlard !
- On partirait bien, mais quoique nous fassions ils nous retrouveront. Ils en ont après mon père. En Angleterre, on court peut-être un plus grand risque, mais on est beaucoup plus protéger, dit James posément.
- Quelles sont leurs motivations dans ce cas, demanda Alice calmement, un des avantages de sa grossesse.
- Ces mangemorts sont un groupe uniquement composé des familles de Sang-Pur, les mêmes qui vont à Serpentard, les mêmes qui affirment que les Nés-Moldus sont inférieurs, les mêmes qui dirigent notre société, énonça Lily.
- On ne pourra jamais arrêter Bellatrix Lestrange qu'avec une phrase manuscrite, il nous faudrait sa baguette, ou elle-même si nous parvenons à la capturer, termina James.
- Mais c'est horrible, et horriblement injuste, dit Alice, je comprends pourquoi vous faisiez autant de crasses aux Serpentard maintenant.
- Pourquoi on ne peut pas retourner en Angleterre, les Longdubat sont une famille de Sang-Pur, demanda Frank toujours obnubilé par son idée.
- C'est simple, lui répondit James. Ils cherchent à rallier les familles de Sang-Pur à leur cause, or, et tu ne diras pas les contraire, les Longdubat comme les Potter ne sont pas réputés pour considérer ceux qui ont, d'après eux, un sang impur comme des êtres inférieurs.
- Je te l'accorde, mais que font-ils aux familles qui s'opposent.
- Elles sont peu nombreuses, beaucoup ont trop peur et préfèrent les rejoindre. Celles qui résistent sont simplement tuer. »
Les époux Potter étaient parfaitement conscients qu'ils venaient de gâcher leur séjour et la vie de leurs amis. Mais ils ne pouvaient pas leur mentirent sur un sujet aussi grave que celui-là. Les secondes de silence devinrent des minutes. Cinq passèrent, puis dix, puis vingt. Ils ne voulurent pas rompre ce silence, ils savaient que Frank et Alice avaient besoin de temps pour réaliser les choses qu'ils se passaient dans leur pays d'origine. Ce fut Frank qui brisa le silence :
« Mais, maman m'a toujours assuré que tout allait bien, même dans sa dernière lettre d'il y a deux semaines, dit-il d'une petite voix.
- Elle veut te protéger, lui assura Lily qui comprenait à présent l'instinct maternel.
- Regarde-toi, on t'a à peine dit qu'il y avait un groupe terroriste et des attentats en Angleterre que tu voulais déjà y retourner, continua James.
- Ta mère craint sûrement pour ta vie, elle préfère que tu restes ici, loin de tout, reprit Lily. Elle devait aussi penser à Alice. Je pense que tes parents ne t'en ont pas non plus parlé, demanda Lily à son amie qui acquiesça. Ils doivent penser que c'est beaucoup mieux que vous restez ici, vous pourrez ainsi élever votre enfant comme vous le souhaitez, sans vous soucier que ce dernier peut courir un quelconque danger dès qu'il sort de la maison.
- C'est vrai ? dit Alice d'une voix blanche. On ne peut plus sortir comme on le souhaite ?
- En théorie si, la rassura James. En pratique c'est un climat de peur qui s'installe chez nous. »
La soirée fut terne. Aucun d'eux n'avait envie de rire après ce qu'ils venaient d'apprendre. Leur bonne humeur ne les regagna que le lendemain. Elle grandit de jour en jour, et à la fin de la semaine ils étaient tous redevenus insouciants et riaient pour un oui ou pour un non.
Lorsqu'ils rentrèrent chez eux à Godric Hollow, James s'attendait à voir leur maison complétement détruite, ou à avoir reçu des lettres piégées. Heureusement pour eux, il n'en était rien. A l'inverse, ils avaient reçu une convocation expresse au Ministère de la Magie, certainement pour recevoir les résultats de l'examen du bracelet. Il y avait aussi la confirmation de leur rendez-vous à l'hôpital, pour leur dernière échographie, la dernière fois qu'ils verraient leur « mini-nous » avant de pouvoir le serrer définitivement dans leurs bras.
Bien que la convocation stipulait qu'ils devaient immédiatement venir dans le bureau de William Potter une fois qu'ils étaient arrivés, James préféra attendre un peu. Lily était une nouvelle fois fatiguée à cause du voyage. Les autres comprendraient.
Ce fut deux heures plus tard qu'ils se rendirent à leur convocation. Il n'y avait que William Potter dans son bureau, une note fut envoyée pour prévenir le chef des Aurors.
« Alors mes enfants, avez-vous bien profité de ces vacances ?
- Oui, c'était très bien, lui assura James. Sauf peut-être le moment où nous avons dû leur expliquer la situation en Angleterre. Mais sur ce point, Rufus Scrimgeour avait raison, ils n'étaient au courant de rien.
- Bon, j'aurais préféré que vous vous taisiez, mais ce sont vos amis après tout. Et toi, ma chère Lily, le voyage n'était pas trop fatiguant ?
- Horrible, franchement la prochaine fois on prend l'avion » se plaignit-elle.
Ils n'eurent pas de temps pour continuer leur conversation, le chef des Aurors venait de rentrer.
« Madame, Messieurs, les salua-t-il.
- Bonjour, lui répondit James, vous avez des nouvelles concernant l'enquête ?
- C'était justement le sujet avec lequel je voulais m'entretenir avec vous. Il alla s'asseoir au côté de M. Potter. Les langues-de-plomb ont mis beaucoup de temps à décrypter les subtilités de ce sortilège.
- Et qu'en ont-ils conclu ? demanda Lily qui ne souhaitez pas s'éterniser.
- Ils en ont conclu qu'il s'agissait d'un sort de magie noire très ancienne. Il visait à tuer votre enfant, et excusez-moi pour ce que je vais dire, il devait aussi le réduire en bouillie. Vous auriez alors pu voir son sang s'échapper de votre corps avant de mourir à votre tour. Il aurait provoqué une très grosse hémorragie interne. »
Lily pleurait, elle avait échappé au pire, mais craignait toujours pour la vie de son enfant. James la prit sur ses genoux, mit ses deux mains sur son ventre et la consola. Ils étaient dans leurs petites bulles. Les autres adultes le comprirent et leur laissèrent un peu d'intimité. Il n'était jamais facile d'annoncer de pareilles nouvelles.
James et Lily rentrèrent chez eux, complétement amorphes après l'annonce d'une telle nouvelle. William, en bon père prévenant, avait prévenu les Maraudeurs du sortilège auquel Lily avait failli être soumettre, et de l'état du couple. C'est donc tout naturellement qu'ils débarquèrent en comptant redonner de la joie à cette famille.
« Hey Cornedrue ! s'exclama Sirius. Tu arrêtes tout de suite de faire cette tête de chien battu, à non excuse c'est moi ! Il rigola de sa propre blague. Bon, je me reprends, tu arrêtes immédiatement de faire cette tête de cerf battu. Dis-moi, les Australiennes, elles sont comment ?
- Pauvre Patmol, tu sais si tu veux à quoi ressemble les australiennes tu n'as qu'à y aller toi-même, lui répondit Remus.
- Alors mn vieux Cornedrue, elles sont comment ? reprit Sirius, se fichant de la réplique de Remus comme une vieille chaussette.
- Les australiennes, elles sont … commença son meilleur ami.
- James ! Ne me dit pas que tu as regardé d'autres filles ! s'indigna Lily. C'est déjà assez humiliant quand tu m'appelles « ma grosse baleine. »
- Mais non, ma Lily, je n'ai pas regardé d'autres australiennes à part Alice, la rassura-t-il.
- Attends Cornedrue, tu as surnommé Lily « ma grosse baleine ». Même moi je ne me le serais pas permis, dit Peter.
- Queudever, tu n'as jamais surnommé personne, commenta Sirius.
- Si, dois-je te rappeler qu'une fois j'ai dit « c'est vrai qu'elle est jolie Lily. » et que juste après cela, James a officiellement surnommé Lily Lily Jolie. »
Sirius ne répondit rien, Peter avait raison et il s'inclina.
Alors que Lily avait l'air absente, James leur racontait leur voyage dans ses moindres détails.
« Et attendez, j'ai gardé le meilleur pour la fin, conclut-il.
- Non, le meilleur c'était quand tu te déclares officiellement supporter de l'équipe d'Australie » lâcha Sirius.
Lily avait essayé de tenter un bref retour, mais dès que le sous-entendu du mot quidditch franchit les lèvres des garçons, elle décrocha. Elle était perdue dans ses pensées, qui naviguaient entre la folle qui leur en voulait, et son petit Harry qu'elle pourrait bientôt prendre dans ses bras. C'est pour cela qu'elle n'entendit pas ce que disait James, la réponse de Sirius la sortit brusquement de sa douce rêverie.
« QUOI ! C'EST TOI LILY QUI A FAIT LOUPER NOTRE BLAGUE D'HALLOWEEN ! C'EST À CAUSE DE TOI QU'ON A DÛ ENLEVER À LA MAIN TOUTES LES TOILES D'ARAIGNÉE DE POUDLARD ! »
Visiblement, Sirius ne s'était toujours pas remis de cette horrible retenue. Lily attendit, elle connaissait suffisamment bien les Maraudeurs pour savoir exactement quand elle devait intervenir.
« Tu sais ce qui est le plus ironique, mon cher Patmol. Eh bien, on s'était toujours juré de tuer ceux ou celles qui nous avaient dénoncé, dit Remus d'une voix nostalgique.
- On va le faire ! s'écria Sirius. On ne rompt JAMAIS une promesse maraudeuse.
- Je suis d'accord avec Sirius, dit Patmol.
- Le truc Patmol, c'est qu'il s'agit de Lily, dit James. Or après tout, je peux bien fermer les yeux et me joindre à vous, ou il suffit juste que je ferme les yeux. Or j'ai toujours eu envie de me venger.
- Ca c'est le Cornedrue que je connais ! s'exclama Sirius.
- Donc, si je résume bien seuls deux choix s'offrent à vous, dit Lily parlant ainsi pour la première fois depuis sa « trahison ».
- C'est cela, lui répondirent les Maraudeurs d'une voix légèrement froide.
- La première est donc que vous faisiez votre vengeance maintenant, depuis bientôt quatre ans vous avez eu largement le temps de la préparer, ils acquiescèrent. Or seriez-vous prêt à vous rendre coupables dans l'assassinat de la femme de l'un d'entre vous ainsi que de son propre fils ?
- Non, sifflèrent-ils comprenant qu'ils venaient de se faire avoir.
- Mais après tout, on peut attendre qu'Harry naisse, dit Remus.
- C'est cela mon deuxième choix. Vous me tueriez après mon accouchement. James, tu voudrais vraiment qu'Harry soit orphelin de mère alors qu'il n'a plus aucune de ses grands-mères.
- Touché, lui répondit-il. Les gars, je suis désolé, mais cette vengeance ne pourra tout simplement pas avoir lieu.
- James, mon pote, combien de règles maraudeuses as-tu brisé à cause de cette fille ?
- Moins de fois que le règlement de Poudlard, lui accorda-t-il. Mais tu comprendras quand tu seras marié et heureux.
- Cornedrue, je ne conçois toujours pas comment tu arrives à placer les mots « mariage » et « heureux » dans la même phrase.
- Vous pensez sérieusement qu'il comprendra ce que vient de dire James quand il aura enfin une relation stable ? demanda Peter, ignorant royalement Sirius.
- Seul l'avenir nous le dira Queudever, philosopha Remus.
- Et surtout, ne faîtes pas comme si je n'étais pas là » s'indigna Sirius.
La soirée continua sur ce même ton détaché et moqueur. Quand les trois autres Maraudeurs repartirent, ils avaient le sentiment d'avoir accompli une mission héroïque :
« Agent Lunard, Agent Queudever, je suis fier de vous annoncer la réussite de notre mission.
- Quelle était cette mission, Agent Patmol, lui répondit Remus en entrant dans son jeu.
- Mission 914, intitulée « Rapporter des éclats de rire dans la maison des Potter », affirma Sirius le plus sérieusement au monde.
- Une belle réussite cette mission » conclut Peter.
Les époux Potter attendirent une nouvelle et dernière fois devant la porte du cabinet du gynécomage. Une fois de plus, ils étaient stressés, d'une part parce qu'ils verraient pour la dernière fois leur petit homme avant de pouvoir le serrer dans leurs bras, et ensuite parce qu'ils redoutaient que les Mangemorts aient l'envie subite de venir les voir.
Ils rentrèrent dans le cabinet, Lily s'installa sur la table et l'examen commença. La gynécomage vérifiait si tout aller bien, l'image n'arrêtait pas de changer empêchant ainsi le couple d'admirer son enfant.
« Vous lui avez trouvé un prénom pour ce p'tit trésor, demanda-t-elle.
- Il va s'appeler Harry James Potter, annonça fièrement Lily.
- Le même prénom que son papa » termina James.
La gynécomage sourit, c'était ce qu'elle aimait le plus dans son métier : voir ces jeunes couples débordant d'amour. Elle était rassurée sur l'état de santé du bébé : il allait merveilleusement bien. C'était un petit miracle, la maman avait subi d'intenses périodes de stress, et aujourd'hui tout semblait s'être calmé.
Elle leur laissa admirer leur enfant pendant autant de temps qu'ils voulurent, en le leur montrant sous tous les angles.
