Après avoir salué les différentes connaissances du père de James, Sirius put enfin regagner la tente. Il s'en voulait terriblement. Il considérait que c'était de sa faute si James n'avait pas assisté au match, que peut-être il avait été attaqué par des Mangemorts et qu'il était mort ou agonisant à leur qu'il est. Il ne pouvait s'être passé que quelque chose de grave, pour rien au monde James n'aurait loupé un match de Quidditch, alors imaginez un peu pour la finale de la coupe du monde. Il s'en voulait, définitivement.

William Potter arriva quelques minutes plus tard, et constata que son fils était toujours introuvable. Il essaya de maîtriser toute son inquiétude avant de parler à Sirius.

« Il n'est toujours pas là ?

- Non, répondit ce dernier d'une petite voix coupable. Et c'est de ma faute …

- De ta faute ? A part si tu as ligoté James à un arbre rien au monde ne l'aurait empêché d'assister à ce match, essaya de dédramatiser William. Lui aussi faisait de l'humour pour essayer de se sortir de situations dramatiques.

- Je lui ai reproché le fait qu'il soutienne l'Australie, j'ai osé le traiter de Serpentard, de Serpentard ! cracha Sirius, comme si c'était la pire insulte au monde.

- Si ce n'est que ça … Il serait tout de même venu au match, et ne t'aurait pas adressé la parole. Après tout, William Potter connaissait les réactions de son fils.

- Ce n'est pas que ça, reprit Sirius. Tout de suite après que je lui ai dit, il est parti faire une ronde. Imaginez si nos amis les mangemorts aient décidé de le tuer, de le torturer, ou pire de faire l'un des leur !

- Sirius, calme-toi, je vais aller prévenir les Aurors, envoie un hibou à Lily pour la prévenir …

- Un hibou à Lily, dit Sirius catastrophé, mais elle est enceinte ! Non de non de non … »

Il sortit de la pièce principale de la tente et alla s'écrouler sur son lit. Au passage, quelques larmes coulèrent sur sa joue. Il faisait un bien piètre parrain, et un bien piètre meilleur ami.

De son côté, William Potter s'était juré de ne pas se laisser déborder par les évènements, bien qu'aujourd'hui l'envie ne lui en manquait pas. Il s'apprêtait à sortir de la tente pour faire part de ses inquiétudes à Rufus Scrimgeour. Il ouvrit un pan de la tente et une chouette effraie s'engouffra. Il pesta, qui pouvait bien lui envoyer du courrier à cette heure avancée de la nuit, sachant qu'il était en vacances, et que son fils avait disparu. Mais la curiosité était un défaut récurent chez tous les membres de la famille Potter. Il rejoint la chouette qui s'était posé sur la table et qui lui tendait sa patte. Deux cartes y étaient accrochées. Il les défit, et elle repartit aussi rapidement qu'elle était venue. Il se saisit de l'une des deux cartes, enfin plutôt de l'une des deux photos.

Son cœur manqua un battement. Il vit James et Lily, plus rayonnant que jamais. Ils étaient vraisemblablement à l'hôpital. La jeune femme tenait contre elle un paquet emmailloté dont s'échappait une petite tête brune ainsi qu'un regard aux yeux verts. William comprit, son fils était parti pour Londres depuis longtemps déjà et était père depuis quelques heures. Il lut les quelques mots qui étaient inscrit au bas de la photographie. « Harry James Potter, né le 31 juillet 1980 à 23h11. ». Un immense sourire se figea sur ses lèvres, et il murmura.

« Cesse de t'inquiéter Sirius, je sais où est James. »


James et Lily ne dormirent pas de la nuit. La jeune maman était certes fatiguée après son accouchement, mais Morphée avait réellement décidé d'abandonner tous les membres de cette famille. Tous ? Non, le petit Harry dormait à poings fermés dans son petit berceau transparent. Il ne se réveillait que pour réclamer son biberon.

Les jeunes parents avaient passé plusieurs heures sans échanger une seule parole, leur regard suffisait. Ils étaient restés penchés au-dessus du berceau, caressant de temps en temps leur fils et résistant à l'envie de le prendre dans leurs bras. Il était devenu leur huitième merveilles du monde, leur petit trésor, leur plus belle réussite. Ils ne se souciaient guère de tous les problèmes auxquels le monde sorcier faisait face, à ce moment-là, seul Harry comptait. Ils se sentaient capables de détruire des montagnes, et même de combattre ce mage, Voldemort, tant que leur fils pouvait vivre heureux et entouré d'amour.

James ne s'était jamais senti aussi bien, il était heureux et comblé dans ce tout nouveau rôle de jeune père à responsabilités. Qui l'aurait cru il y a encore un peu plus de trois ans ? Pas lui en tout cas. Il ne faut pas oublier qu'il était James Potter, l'un des quatre Maraudeurs, blagueur et farceur invétéré qui avait passé quasiment autant de temps en retenue et dans le bureau de McGonagall plutôt qu'à suivre ses cours. La plupart des élèves de sa promotion aurait eu du mal à le savoir dans ce nouveau rôle, seulement trois ans après la fin de leurs études. Mais entre-temps, il avait rencontré Lily Evans, la femme de sa vie. Elle était rapidement devenue Lily Potter, et avait grandement contribué dans sa prise de responsabilités.

Lily aussi se sentait merveilleuse bien, et pour la première fois de sa vie, elle avait l'impression d'être complétement épanouie. Qui aurait pu croire, qu'elle, la préfète-en-chef modèle, épouse l'un des plus grands fauteurs de troubles de tout Poudlard ? Comme quoi, quand on dit que les opposés s'attirent … Pourtant une toute petite ombre assombrissait sa nouvelle vie. Elle aurait aimé que ses parents voient son fils, mais ils étaient morts dans un accident de voiture. Ce n'était même pas envisageable qu'elle le montre à Pétunia, sa sœur. Cette dernière avait définitivement coupé les ponts après la mort de leurs parents. Mais elle pouvait toujours compter sur les Maraudeurs pour la soutenir, ils l'avaient toujours soutenu, enfin à partir du moment où elle était officiellement devenue la petite amie de James.

« Tu te rends compte, on a enfin notre mini-nous avec nous, murmura son mari dans un souffle.

- Un mini-nous, enfin, un mini-toi plutôt. Regarde comme il te ressemble, lui répondit-elle toujours aussi doucement pour ne pas réveiller son fils.

- Non, pas un mini-moi, un mini-nous. Il a tes yeux, tes magnifiques yeux verts qui ont une fois de plus fait chavirer mon cœur, James avait les yeux dans le vague quand il dit cette phrase.

- James, il va falloir que tu te maitrises rapidement, le prévint-elle, ton fils va pouvoir tout de demander uniquement grâce à ses yeux.

- Mais je comptais céder à toutes ses envies … »

Lily leva les yeux au ciel, elle savait pertinemment qu'il disait cela uniquement pour l'embêter, quoique maintenant tout pouvait être possible. Elle ne répliqua pas, ce n'était pas la peine de provoquer une charmante petite dispute familiale devant un innocent enfant.


Sirius s'était dépêché de rejoindre William quand il lui avait dit qu'il savait où se trouvait James. Il le vit avec un petit sourire en coin et les yeux brillants, il lui tendit simplement l'autre photo, la sienne. Il l'avait regardé sans comprendre, puis avait baissé les yeux sur le petit bout de papier, qui immortalisait les premiers instants de vie de la toute nouvelle famille Potter. Il fixa la photo pendant une longue minute, puis son cerveau se reconnecta (ou se déconnecta, au choix).

« Non ! Ce n'est pas possible ! James est papa ! James est papa ! Et donc, vous êtes grand-père ! Non, ce n'est pas possible, James est papa ! Il est papa ! Et … oh non … Je suis parrain ! Je suis le parrain de cette petite merveille ! »

Tout en disant cela, il effectuait une petite dance de la joie autour de la table. William Potter le regardait en souriant bêtement. Puis, soudainement Sirius s'arrêta, net.

« Oh non, ce n'est pas possible … Pauvre James s'en est fini de lui …

- Oui Sirius, vos petites soirées sont définitivement finies, lui dit William.

- Quoi ?! Non ce n'est pas le plus important. Mais regardez le petit Harry, il a les yeux de sa mère …

- C'est merveilleux pour lui, tu es le premier à savoir qu'il adore ses yeux, rétorqua-t-il ne comprenant vraiment rien à l'attitude de Sirius.

- Grâce à ces yeux, Lily pouvait, et peut, faire tout ce qu'elle voulait de James. Combien de fois nous a-t-il lâché uniquement parce que Lily voulait le voir, ou avait besoin de lui. Il ne le sait pas encore, mais dans quelques années, le petit Harry mènera son père par la baguette, uniquement grâce à son regard … Fils de démon va ! »

William rigola, Sirius avait raison. James ne pourrait aucunement gronder son fils si ce dernier prenait un magnifique regard de chien battu. Cela allait être drôle à voir.

Ils firent aussi la fête durant toute la nuit. Ils n'osèrent pas toucher à une goutte d'alcool, de peur de ne plus pouvoir s'arrêter. Ils ne voulaient certainement pas avoir une gueule-de-bois lorsqu'ils verraient Harry pour la première fois. Ils se mêlèrent sans peine à la foule de supporters en liesse. Bien qu'ils étaient silencieux tout à l'heure, les japonais étaient devenus plus bruyant qu'une mandragore, et, chose étonnante en Angleterre, le saké coulait à flots.


Il était à peine neuf heure du matin, les visites ne commençaient pas avant dix heures. James contempla sa femme et son fils. Ce dernier dormait bien calé dans les bras de sa maman, il n'avait pas fini. Lily s'était enfin assoupie, mais au moindre mouvement d'Harry, elle se réveillait. Il se leva sans bruit et quitta la chambre. Cela lui fit mal au cœur de se savoir séparer de son fils pour quelques minutes, mais il allait devoir faire avec, il n'avait pas le droit de passer cette deuxième nuit ici.

Il transplana jusqu'à leur manoir. Il entra dans la cuisine pour se servir un petit-déjeuner et un café bien mérité. Il ne comptait pas s'éterniser. Il faillit glisser sur la flaque de Lily avait laissé et qu'ils n'avaient pas eu le temps de nettoyer dans la précipitation. Un simple evanesco plus tard et la cuisine avait retrouvé son aspect d'autant, et la cafetière ronronnait. Son café fini, il l'avala d'un trait avant de rapidement se changer. Il avait encore le costume qu'il avait initialement revêtu pour assister à la finale dans la loge ministérielle. Mais ce genre de vêtements n'était définitivement pas pratique quand on devait s'occuper d'un nourrisson. Il fit un rapide détour par son bureau, et y prit deux paquets avant de transplaner à l'hôpital.

Entre-temps, Lily s'était réveillée, et avait commencé à s'inquiéter quand elle n'avait pas vu son mari dans sa chambre. Le petit Harry avait dû sentir l'inquiétude de sa maman car il s'était lui aussi réveiller et n'arrêtait pas de pleurer et de gigoter. Lily avait beau lui murmurer des « Chut, calme-toi, ça va aller mon ange », mais rien n'y faisait, son fils était toujours agité.

La porte s'ouvrit sur James, et Lily soupira de soulagement. Un soupir qui bien sûr n'échappa pas à l'œil expert de son mari :

« Lily, il ne fallait pas t'inquiéter pour moi, j'étais juste rentré à la maison.

- Tu aurais pu me prévenir, dit-elle en lui faisant un léger reproche.

- Tu dormais si bien, je n'allais pas te réveiller pour si peu, son attention se détourna de sa femme et se concentra sur son fils. Bah alors bonhomme, on s'inquiétait pour Papa ? Mais il ne fallait pas voyons, il prit son fils dans ses bras et alla s'asseoir sur le fauteuil. Aller, cesses de pleurer, et sèches moi ses vilaines larmes de phénix. »

Lily sourit, elle adorait voir son mari prendre réellement (et sérieusement) à cœur son nouveau travail de papa. Le petit Harry se calma d'un seul coup, et faisait même des petits sourires à son père, pour le plus grand plaisir de ce dernier.

« Bon, écoutes-moi bien mon grand, je vais te dire un secret, Lily écouta aussi attentivement. Ta maman ne va pas être d'accord, mais que veux-tu, je ne pouvais pas ne pas le faire. Tiens, c'est pour toi, je vais t'aider à le déballer promis. »

Harry fixait avec de grands yeux le paquet que tenait James, ainsi que ses mains qui déchiraient habilement l'emballage. Les bras du petit garçon s'agitèrent lorsqu'il vit sa nouvelle peluche : un petit vif d'or. Lily était dépassé, elle avait bien dit à son mari de ne pas faire de folies, mais il ne l'avait pas écouté. Et après tout, c'était aussi son fils, et ce n'était qu'une peluche.

« Elle te plaît ? J'en étais sûr, dit-il avec une pointe de fierté. Et maintenant, comme tu es un grand garçon, tu vas à ton tour offrir quelque chose à ta maman, il se leva du fauteuil, déposa un paquet aux côtés de la peluche et s'approcha de sa femme.

- James, tu n'aurais pas dû, dit-elle en se saisissant du paquet.

- Ma femme vient de m'offrir le plus beau cadeau de toute ma vie, je ne pouvais pas ne rien lui offrir en retour, répondit-il modestement alors qu'elle le déballait.

- Oh … James … c'est magnifique, souffla-t-elle une fois qu'elle tenait une jolie montre dans sa main. Tu n'aurais pas dû, maintint-elle.

- Elle est ensorcelée, elle s'allume sur trois heures différentes. Vingt-trois heures onze quinze heures trente, et minuit vingt, il était fier de lui ressortir les trois heures auxquelles leurs vies avaient été bouleversées : la naissance de leur fils, leur mariage et la première fois qu'elle lui avait dit oui.

- C'est magnifique » répéta-t-elle.

Elle attira les lèvres de son mari sur les siennes, et ils commencèrent à s'échanger l'un de leurs nombreux baisers passionnés. Mais cette fois-ci il fut interrompu par le petit Harry, qui n'avait pas apprécié le fait de se retrouver coincé entre ses parents. Les époux s'échangèrent alors un regard lourd de sens : c'était leur nouvelle vie à présent.


Peu avant dix heures, il descendit dans le hall de Ste Mangouste pour y retrouver son père et ses amis. Tous étaient déjà présents.

« FÉLICITATIONS ! » hurlèrent-ils en le voyant.

Ce fut son père qui le prit en premier dans ses bras, il lui murmura à l'oreille, de manière à ce que seul son fils l'entende :

« James, je suis si fier de toi, ta mère aussi l'aurait été si elle avait été là … »

A l'évocation de Mme Potter, les deux hommes laissèrent s'échapper une petite larme de tristesse. Mais leur morosité disparut bien vite.

« Bon ce n'est pas que je m'ennuie, mais on aimerait beaucoup le voir ce petit Harry » dit Peter.

James sourit en secouant la tête et les mena à la chambre de Lily. La jeune maman était assise face au berceau de son fils. Harry dormait paisiblement, son vif d'or à ses côtés. Ce fut William Potter qui s'approcha du berceau le premier, les autres préféraient attendre, c'était son petit-fils après tout.

« Il est si mignon, murmura-t-il, et il ressemble tellement à James … d'un doigt il caressa la petite joue rebondie qui lui faisait face.

- Vous pouvez le prendre dans vos bras, lui suggéra Lily.

- Je ne veux pas le déranger, il dort si bien.

- Je peux vous assurer que Môssieur trouve que les bras de Papa et de Maman sont beaucoup plus agréables pour dormir que ce berceau. »

Tous sourirent à la remarque de Lily, et se dirent qu'avec un peu de chance il n'avait pas hérité de son mauvais caractère. William ne résista pas longtemps, et prit enfin son petit-fils dans les bras. Harry grogna un peu, mais comme l'avait prédit Lily, il se cala instantanément dans cette nouvelle paire de bras. James prit une photo, puis Lily demanda aux trois garçons Potter de se mettre côte à côte et prit une magnifique photo du grand-père et du père toutes dents dehors et du fils, les yeux résolument fermés par le sommeil.

Ce ne fut qu'après cet instant que les autres Maraudeurs s'approchèrent d'Harry, et le contemplèrent à leur tour.

« Wahou, il est encore plus beau en vrai, lâcha Peter au bout de quelques instants.

- Et James, tu ne perds pas de temps. Il a à peine une demi-journée de vie qu'il a déjà un vif d'or en guise de peluche » commenta Remus.

Tous attendirent le commentaire de Sirius. C'était le seul qui n'avait pas encore parlé, et c'était le parrain de cet enfant. Ils quittèrent Harry des yeux, et constatèrent que Sirius n'était plus dans la chambre, où qu'il n'y était pas encore rentré. D'un signe de tête, James leur fit comprendre qu'il allait voir ce qu'il lui arrivait. Il sortit, et trouva son meilleur ami adossé contre le mur.

« Sirius, il y a quelqu'un qui veut faire ta connaissance. Tu comprends, on lui a tellement vanté les mérites du grand Sirius Black, que maintenant il se sent déçu. »

Sirius remarque que James dédramatisait les situations comme son père, il fallait toujours essayer de faire rire les autres.

« James … je … euh … je ne peux pas, lâcha-t-il. Toi père, moi parrain … Non c'est trop je ne peux pas. Je ne serais jamais à la hauteur. Choisi Remus, lui au moins sera un parrain exemplaire. »

Sirius n'était pas encore prêt, c'était évident. Avant qu'il ne se retourne et qu'il commence à partir, il vit la déception s'afficher sur le visage de son meilleur ami. Il avait fait quelques pas que celui-ci tenta le tout pour le tout :

« Sirius, si tu es vraiment un Gryffondor, si tu veux vraiment abandonné ta famille pour t'en construire une nouvelle, tu vas rentrer dans cette chambre et prendre ton filleul dans tes bras. »

Touché. Il ne fallait jamais dire à Sirius qu'il se comportait comme les membres de son ancienne famille. Il avança vers James, en étant aussi droit qu'un piquet. James aurait préféré sans, mais c'était toujours mieux que rien. Il prit son meilleur ami par les épaules et le fit rentrer dans la chambre. Le silence s'installa dans la pièce, seuls les petits pleurs d'Harry subsistaient. A force de sentir au centre de l'attention de plusieurs personnes, le petit garçon s'était réveillé, et se laisser admirer dans les bras de sa mère.

James s'éloigna de Sirius, s'approcha de sa femme et prit son fils dans ses bras, avant de se retourner vers son ami lequel recula d'un pas et s'appuya contre le mur en voyant le bébé, en vrai, pas à travers une photo. Il était réel, et ça il avait encore beaucoup de mal à le réaliser.

« Sirius Black, j'ai l'honneur de vous présenter Harry James Potter, votre filleul, fit James d'un ton très cérémonial. Harry, dit bonjour à ton parrain. »

Harry obéit à son père, et fit un joli petit sourire à Sirius, le premier d'une longue série. Sans qu'il ne s'en aperçoive, James l'avait déposé dans ses bras. Avec plusieurs secondes de décalage, il parla enfin :

« Je vais le lâcher, comme pour le poupon, l'inquiétude vrilla sa voix.

- Détends-toi un peu, lui reprocha Peter. Aujourd'hui est un jour heureux, et tu affiches une tête d'enterrement !

- Si tu as si peur de le lâcher, ce que je ne pense pas, tu n'as qu'à t'asseoir dans le fauteuil » lui proposa Lily.

Sirius fit ce qu'elle lui dit. Il s'assit dans le fauteuil, et prit vraiment le temps de regarder son filleul. Il avait les mêmes cheveux bruns que son père, et ils étaient tout aussi emmêlés, il avait aussi le même visage que son père. La ressemblance était frappante. Sauf les yeux, il s'en rendit compte maintenant qu'il en était si près, c'était exactement les mêmes que ceux de Lily, sauf en ce qui concerne l'éclat de malice, venant bien évidemment de son père. Sirius sut qu'il allait aimer son enfant comme son petit frère, ou comme son propre enfant. A ce moment précis, il n'y avait qu'Harry qui comptait aux yeux de Sirius, et tous ses amis fixaient avec étonnement le nouvel amour qui était en train de se peindre sur son visage. Sauf Lily, qui prenait une photo et qui rouspéta.

« Ah non, ce n'est pas possible ! Tous sortirent de leur rêverie, et la fixèrent. Ah non mon bonhomme tu ne vas pas déjà commencer, continua-t-elle en arrachant Harry des bras de Sirius, qui pleura instantanément pour montrer son mécontentement. Et ce n'est pas la peine de me regarder comme cela, jeune homme, elle le posa dans ce berceau et se retourna vers les autres.

- Lily, peux-tu m'expliquer ce qu'il se passe, demanda James en s'approchant du berceau pour consoler son fils. Il n'aimait vraiment pas l'entendre pleurer.

- Il fait déjà tout comme toi ! Il vient de se passer la main dans ses cheveux pour encore plus les ébouriffer ! J'ai toujours détesté ce geste ! Je ne m'y suis pas habitué sur toi, alors si c'est pour le voir en double et deux fois plus souvent non merci ! » Elle lui tendit le polaroïd, sur lequel on voyait effectivement Harry tenter d'impressionner son parrain en passant la main dans ses cheveux. Tous rigolèrent, la vie du couple n'était pas toujours de tout repos, mais avec le bébé, elle s'annonçait épuisante. James sentit monter en lui une énorme bouffée de fierté. Son fils l'imitait déjà !


James passa la pire nuit de sa vie. Le règlement de Ste Mangouste était très clair : seules les mères et les enfants pouvaient rester. C'était donc avec un couteau planté dans le cœur qu'il était rentré chez lui. Les Maraudeurs vinrent passer la nuit chez lui, tous craignant que le pauvre James se plante réellement un couteau dans le cœur. Ils aménagèrent l'une des chambres du manoir comme leur dortoir à Poudlard, et passèrent leur nuit ensemble. Sirius se fit un plaisir de leur raconter la finale palpitante de la coupe du monde. Il réussit à obtenir vaguement l'attention de son meilleur ami. C'était toujours mieux que rien. Les deux autres ne cessaient de raconter des blagues, mais rien ni faisait. Une partie de l'esprit de James était toujours resté à Ste Mangouste. Comprenant qu'il ne les écoutait plus, les trois autres décidèrent de verser quelques gouttes de somnifère dans son verre d'eau, histoire qu'il dorme un peu. Ils connaissaient suffisamment bien leur meilleur ami pour savoir que ce dernier n'aurait pas pu dormir.

Pourtant, lorsque Sirius se réveilla, le lit de James était vide et froid. Il ne mit pas longtemps à chercher où il pouvait être. Il se leva et se rendit trois chambres plus loin, celle de son filleul. James était étendu par terre à côté du berceau. Il tourna la tête quand il le vit rentrer. Sirius alla s'asseoir auprès de lui.

« Tu te rends compte que demain il sera dans cette pièce, murmura James.

- Et tu te rends compte que si tu ne dors pas un minimum tu feras un bien piètre père. Qui veut que son père soit un zombi, répliqua Sirius du tac au tac.

- Tu ne peux pas comprendre, murmura finalement son ami. Je ne peux pas rester là à ne rien faire, alors que Lily a dû s'occuper de lui toute la nuit.

- James, réfléchis justement. Quand elle va rentrer, Lily va être crevée de s'être occupée toute seule de son fils pendant trois nuits. Elle ne le montrera pas car elle sera trop heureuse d'être ici avec lui. Par contre toi tu peux vraiment te reposer. Comme ça, quand ils rentreront tu pourras offrir à ta femme ce dont elle a le plus besoin, une bonne nuit de sommeil.

- Sirius, comment as-tu appris tout cela ?

- Je veux être un bon parrain. »

Les deux hommes sourirent, ils restèrent dans cette pièce jusqu'au réveille des deux autres.


La nuit suivante James essaya tant bien que mal de dormir, plutôt mal que bien. Il préféra prendre un somnifère. Il avait vu l'état de fatigue de Lily pendant sa journée à Ste Mangouste et c'était occupé d'Harry au maximum. Sirius avait eu raison. La seule chose qu'il pouvait faire maintenant pour le bien de sa petite famille s'était de dormir.

Néanmoins, il se réveilla tôt. Il ne put s'empêcher de faire une dernière fois le tour de la maison pour voir si tout était bien rangé et s'il n'y avait pas un minuscule grain de poussière qui aurait eu l'envie subite de s'installer dans la chambre de son fils. Mais tout était parfait.

C'est donc avec une excitation à peine dissimuler qu'il saisit le couffin avant de transplaner pour l'hôpital. Quand il entra dans la chambre il fut surpris par l'énorme contraste entre sa femme et son fils. Harry était en pleine forme, et gigotait un peu dans son berceau avec sa peluche. A l'inverse, Lily avait les traits tirés et d'immenses cernes violettes sous les yeux. Il ne prit pas la peine de lui demander si elle avait bien dormi, il voulait à tout prix éviter une scène de ménage. La gynécomage passa, et signa le bon de sortie. Avant de partir, elle leur souhaita beaucoup de bonheur, par pure politesse. Lily attacha Harry dans son couffin avant le confier, ainsi que la valise, aux bons soins de son mari. La petite famille quitta la maternité et se rendit dans le hall, puis transplana à Godric Hollow.

Harry pleura, il n'avait pas eu l'air d'énormément apprécié le transplanage d'escorte. James le prit dans ses bras.

« Chut, chut, c'est fini, ça va aller. Regarde un peu ta nouvelle maison, elle est grande n'est-ce pas ? »

Le nourrisson fixait la maison avec de grands yeux ébahis, Lily était déjà rentrée. James s'avança à sa suite.

« Regarde, ça c'est le hall. On va aller dans le salon rejoindre maman. »

Il lui commenta chacune des pièces de la grande demeure. Et le petit continuait de fixer son nouvel environnement, complétement surpris du changement. Lily s'amusa de le voir ainsi. Elle avait toujours été certaine que James ferait un bon père. Elle les rejoignit alors qu'ils s'arrêtaient devant une dernière porte.

« Et ça mon cœur, c'est la pièce la plus importante de la maison, c'est ta chambre. Je suis plutôt fier du résultat. Je te l'ai entièrement fait, Lily remarqua qu'il était particulièrement fier de le lui annoncer. Par contre, pour tes vêtements et tes peluches, tu peux remercier ta maman. C'est elle qui a tout fait. »

Et il ouvrit la porte. Harry fixa avec beaucoup plus d'attention cette pièce qui était désormais la sienne. James passa un bon quart d'heure à lui montrer tous les moindres recoins et les moindres subtilités de la chambre. Bien sûr, il lui présenta les buts de Quidditch, sous le regard admiratif de son fils. Mais ce dernier ne put retenir un bâillement.

« Mais c'est vrai que cela fait un petit moment que tu es réveillé, bonhomme. Allez hop, au lit ! » lui dit-elle d'une voix douce mais autoritaire.

Elle déposa son fils dans son berceau, ce dernier s'agrippa immédiatement au petit faon sous le regard plus qu'attendri de son père. Elle activa le bébé transmetteur et ils sortirent de la pièce en fermant la porte.

« Tu te rends compte qu'il est enfin avec nous et chez nous, murmura son mari.

- Oui, malgré tout ce que nous avons traversé en neuf mois. »

En y repensant, il était vrai que ces neufs derniers mois avaient été les plus mouvementés de leur vie, en bien comme en mal. Mais le couple n'y pensait plus. Les deux parents s'échangeaient leur premier vrai baisé passionné depuis la naissance d'Harry, car cette fois, il n'était pas coincé entre eux deux, et car il dormait paisiblement dans sa nouvelle chambre.