Six semaines avaient passé depuis la naissance d'Harry, et en six semaines, il avait beaucoup grandi. C'était six semaines de bonheur intense pour les jeunes parents. Il ne se passait pas une journée sans qu'ils ne s'émerveillent pas devant leur fils. Il ne se passait pas une journée non plus sans que le petit Harry ne soit photographié. Ils filaient le parfait bonheur, en apparence seulement. Les époux Potter étaient devenus d'excellents comédiens, assurant toujours aux autres que tout allait bien. Mais la vérité était tout autre. Cela faisait des semaines qu'ils n'avaient pas pu dormir correctement. Ils s'arrangeaient entre eux, une nuit James s'occupait du petit, et l'autre s'était Lily qui s'en chargeait. Pourtant ils se réveillaient à chaque fois que les cris du petit garçon raisonnaient dans la maison. C'est dans ces moments, qu'ils regrettaient plus que tout la mort de Nebula.
James était d'autant plus fatigué qu'il faisait beaucoup d'heures supplémentaires au boulot. Il avait dû faire des dizaines de rondes dans tous les coins de l'Angleterre, se rendre dans diverses habitations où les mangemorts avaient subi. Les attaques avaient repris peu de temps après la fin de la Coupe du Monde. Mais ils avaient changé de tactique. Au lieu de tuer toutes les personnes d'une même famille, ils se contentaient d'enlever les enfants, ou de torturer un membre de la famille sous les yeux d'un autre. C'était encore plus horrible, la mort paraissait alors être un sort beaucoup plus préférable que de subir ce qu'elles avaient subi.
Mais voilà deux semaines qu'aucune attaque de ce genre n'avait fait la une des journaux. Dans le quartier général des Aurors, un calme apparent semblait être revenu. Sauf que beaucoup pensaient que quelque chose de gros était en préparation. La stratégie de ces sombres personnages étaient de faire parler d'eux le plus possible, pour pouvoir instaurer un climat de peur dans toute l'Angleterre. Or tout le monde sait que se faire oublier des médias pour après revenir en force est la meilleure stratégie pour que tous parlent de vous.
Toutes ses préoccupations étaient absentes des pensées de notre jeune père, actuellement en train de faire une mini partie de Quidditch avec ses amis. Il était avec Sirius et se battait contre Remus et Peter, un casting évidemment défavorable aux deux derniers, en temps normal. Aujourd'hui, James ne prenait pas plaisir à voler, ce devait être la première fois que cela lui arrivait. Il n'était pas complétement le maître de son balais, et, il faut bien se l'avouer, même un première année aurait pu le battre.
« James ! Attrape ! » lui hurla Sirius en lui lançant le souaffle.
Une fois de plus, James ne le rattrapa pas, et la balle rouge toucha à nouveau la terre ferme. Il descendit alors pour aller la ramasser et continuer le match. Sirius vint se poster à ses côtés.
« James, c'est bien toi ? Non parce que depuis tout à l'heure tu voles et tu joues comme une merde, lui dit-il. Et ne me dit pas que tout va bien ! »
James ne l'écoutait plus, son regard s'était posé sur Lily qui venait vers eux, Harry dans ses bras. Il se remit aussitôt à voler en faisant le pitre près de sa femme et de son fils :
« Regarde Harry ! T'as vu, Papa il vole bien ! lui dit-il en venant de temps en temps caresser sa petite tête.
- James arrête ! Tu vas lui faire mal ! » cria sa femme. Mais devant la mine réjouie et certainement pas apeurée de son fils elle abandonna. Pourquoi tous les hommes de sa vie se liguaient-ils contre elle.
Elle ne vit pas que James prenait petit à petit de la hauteur. Sirius comprit que son ami avait l'intention de descendre en piquet avant de remonter en chandelle, une figure qui avait toujours eu le don d'énerver Lily au plus haut point. Sauf que James était fatigué, et qu'il était encore plus têtu que d'habitude, il voulait juste faire et entendre rire son fils. Il redressa le manche de son balai une demi-seconde trop tard. Une demi-seconde, soit le temps que mit Lily à hurler et à paniquer quand son mari s'écrasa sur l'herbe. Une demi-seconde, juste le temps qu'il fallut à Harry pour se mettre à pleurer, comprenant que quelque chose de grave venait de se passer. Une demi-seconde, quand on y repense, c'est relativement peu comme temps, mais c'était juste assez pour gâcher une belle après-midi ensoleillée, probablement l'une des dernières de l'année.
Avant que Lily ne puisse s'approcher de son mari, Sirius récupéra Harry et le consola.
« Alors mon grand, tu t'inquiètes pour ton père. Rassure-toi, des chutes il en a fait des dizaines, devant la tête toujours pas rassurée de son filleul il poursuivit. Je t'assure, il a survécu à des dizaines de chutes, il s'est pris des centaines de cognards, il a subi plus d'un millier de colère de MacGonagall, tu comprendras quand tu iras à Poudlard, il a aussi subi les foudres de ta maman. Et tu vois, il n'est toujours pas mort. »
Il n'avait pas l'impression qu'Harry comprenne grand-chose à ce qu'il racontait, mais au moins il ne pleurait plus, et écoutait attentivement son parrain.
« Viens, on va aller dans ta chambre, il faut que je te raconte l'une des pires colères de notre chère professeur de métamorphose. Je peux te l'assurer, mes pauvres oreilles s'en souviennent encore aujourd'hui. »
Lily n'allait pas aimer, elle ne voulait pas que son fils suive les traces de son pères et de ses oncles lorsque lui-même rentrerait à Poudlard.
Sirius avait raison, la chute n'avait pas fait grand mal à James, il était resté allongé, face contre terre en murmurant un petit « aïe ». Il était évident qu'il n'allait pas pouvoir rester indéfiniment comme cela.
« James Potter ! Tu n'es qu'un abruti ! »
La colère de Lily s'abattit sur lui plus rapidement que sa chute. Elle mit un point d'honneur à lui mettre une baffe ou à lui renverser un sceau d'eau sur sa tête à chacun de ses mots. Elle déversa sa colère pendant encore un petit moment. Ses amis ne vinrent même pas l'aider, les traîtres. Il réussit finalement à protester.
« Mais, je n'allais pas vite, et je n'étais pas haut, dit-il tout bas.
- Répète un peu ce que tu viens de dire ! hurla sa femme. Ton fils te croit mort ! Mais qu'est-ce qui m'a pris d'épouser un type comme toi, les yeux de James brillèrent à l'évocation de leur mariage. Non monsieur, ne me regarde pas comme ça, je pensais au moins que tu aurais pu cesser des idioties pour ton fils ! »
Il se releva lentement, en fixant Lily droit dans ses yeux. Ses amis le considéraient un peu comme étant sadique : il adorait regarder les yeux de sa femme quand ils brillaient de colère.
« Pardon ? tenta-t-il.
- Mais tu ne me dois pas d'excuses, tu en dois à Harry ! Oh non … je l'ai laissé à Sirius, et seul Merlin sait ce qu'il a pu lui raconter. »
Elle partit comme une furie vers leur maison, James se dépêcha de la rejoindre, les autres Maraudeurs n'appréciaient vraiment pas être l'objet des colères de Lily.
« … Sa salle était remplie de chat, tu aurais dû voir sa tête c'était mémorable … racontait Sirius, un brin de nostalgie dans la voix.
- … Et aussi la manière dont elle a hurlé « Black ! Lupin ! Pettigrow ! Potter ! RETENUE ! », oui ça aussi c'était mémorable » le coupa Lily.
Pourtant la scène qu'elle venait d'interrompre était touchante. Sirius était assis à côté du berceau, et Harry l'écoutait attentivement, mais visiblement beaucoup trop attentivement aux yeux de Lily. Le petit garçon pleura, apparemment il n'avait pas apprécié qu'on le dérange.
« Quoi mon fils qui pleure, s'exclama James en prenant Harry dans ses bras. Tu sais bonhomme si ton parrain te frappe il faut me le dire, je me serais ravi de lui régler son sort. »
Le sourire revint immédiatement sur le visage de l'enfant, heureux de voir que son père n'était finalement pas mort.
« Tu sais Lily je t'ai toujours beaucoup apprécié, et toi fiston je t'aime énormément, mais je dois absolument parler à James, au regard qu'il lui lança, il comprit qu'il ne pourrait pas y échapper. Pourriez-vous donc sortir de cette pièce ?
- Sirius, c'est la chambre d'Harry, si vous voulez parler il y a le bureau de James, répliqua-t-elle, laissant Patmol sans rien avoir à dire.
- … James allons faire un tour dans ton bureau, alors. »
Il suivit son meilleur ami sans rien dire. Ce n'était pas sa journée. Pourquoi fallait-il qu'il subisse les foudres de son meilleur ami après celle de sa femme. Sirius rentra dans le bureau, s'assit derrière ce dernier, ferma la porte et insonorisa la pièce.
« James, qu'est-ce qui ne va pas. Tu n'as jamais volé aussi mal qu'aujourd'hui : la preuve tu t'es écrasé alors que tu faisais une feinte que tu maîtrises depuis des années, et que tu n'as jamais attrapé le souaffle.
- Je suis fatigué, lui répondit-il simplement.
- Tu crois que je vais gober ça, son meilleur ami ne l'avait manifestement pas cru.
- Bah oui, avec un bébé qui te réveille trois fois par nuit depuis un mois et demi et des fous qui veulent « purifier » le monde, oui j'aurais pensé que tu m'aurais cru.
- A ton avis, pourquoi je ne veux pas d'enfant ? les deux amis rigolèrent, oui Sirius Black ne serait jamais père, c'était désormais une certitude, il se reprit. Plus sérieusement, tu veux que je garde Harry pendant une nuit ? Tu pourras dormir un peu et Lily aussi.
- Sirius, que s'est-il passé quand je t'ai réveillé à une heure du matin pour t'annoncer que je sortais avec Lily ?
- J'ai mis hors d'état de nuire tes bijoux de famille pendant une semaine, se hasarda-t-il.
- C'est exactement cela. Alors qui me dit que tu ne feras pas pareil avec Harry, son regard devenait méchant, il ne fallait pas que Sirius ose toucher un seul cheveu de son fils.
- Bon, c'est vrai que vu sous cet angle … On va aller rejoindre les autres, ils vont croire que l'on fait des choses bizarres sans cela … »
Ils se levèrent et regagnèrent le salon, où tout le monde les attendait. Ils s'apprêtaient à lui poser toutes sortes de questions quand un bip ce fit entendre. Le bruit se répéta de plus en plus souvent et de plus en plus fort. Seul James savait à peu près pourquoi sa montre émettait ce bruit, il regarda donc le cadran.
« Merde ».
Lily lui fit les gros yeux, il avait oublié qu'il n'était pas censé dire de gros mots devant son fils. Mais il n'y avait rien d'autre qui pouvait le mieux qualifier la situation. Il retourna rapidement dans son bureau et se saisit de sa cape d'Auror, spécialement conçue pour repousser tous les maléfices voulant blesser son propriétaire, mais elle était insuffisante contre un quelconque impardonnable.
« James Potter, pourrait-on au moins savoir la raison de ton départ, demanda sa femme.
- Une attaque à Pré-au-Lard, le jour de la première sortie des élèves. »
Il transplana, laissant quatre adultes complétement abasourdis par la nouvelle, et un enfant souriant qui aimait beaucoup quand ses parents faisaient de la magie devant lui.
Quand il arriva dans le petit village, la bataille faisait rage. La plupart des élèves se cachaient derrière tout ce qui pouvait faire office d'abri. Certains septièmes et sixièmes années attaquaient les mangemorts et d'autres protéger les autres élèves. Les professeurs étaient aussi présents, et James constata que leur professeur de métamorphose n'avait pas perdu la main, et qu'elle pouvait se montrer tout aussi terrifiante que leurs adversaires. Il faisait partie des premiers Aurors à être arrivés. Il constata que leurs attaquants n'usaient que de la magie noire. Personne ne pouvait vraisemblablement lutter contre cela.
Malgré sa fatigue, il se jeta à corps perdu dans la bataille. Des maléfices pleuvaient sur lui, et il répliquait à coup de Stupéfix, Expeliarmus et autres bons vieux Petrificus Totalus. Des cris apeurés attirèrent son attention sur un groupe de fille de Gryffondor. Elles étaient petites, certainement en troisième année. Devant elles se tenait une femme, entièrement vêtue de noire. Elle s'amusait à torturer ses jeunes victimes en faisant grimper le long de leurs corps serpents et araignées. Le cri des fillettes redoubla, et la Mangemort rigola d'un rire cruel et hystérique. James se figea, c'était la mangemort qui avait agressé sa femme et qui avait voulu tuer Harry. La vengeance s'empara brutalement de son corps. Qu'il était bon de la sentir glisser et se répandre dans ses veines. D'un Expeliarmus, elle se retrouva projeter contre le mur, l'assommant à moitié. D'un Stupéfix, elle cessa de bouger. Et d'un Finite Incantatem, les fillettes se retrouvèrent libérées.
Il était tellement concentré sur elle, qu'il ne remarqua pas qu'Albus Dumbledore, Rufus Scrimgeour et Maugrey Fol-Œil étaient arrivés, et que les mangemorts, ayant eu peur, avaient tous fuient. Il sentit une main sur son épaule.
« James, calme-toi s'est fini » lui dit Kingsley.
C'est uniquement à ce moment-là qu'il remarqua que tous ses membres tremblaient et que sa baguette continuait de stupéfixier la mangemort.
« Non, ce n'est que le début, répondit-il. C'est elle. »
Kingsley ne comprit pas tout de suite, les autres adultes s'étaient rapprochés de James pour voir ce qui mettait le jeune homme dans une telle fureur.
« C'est elle qui a voulu tuer ma femme et mon fils ! A deux reprises ! »
Les trois Aurors qui étaient présents ce jour-là dans le manoir Potter comprirent immédiatement qui était la mangemort qu'ils venaient de capturer. Ils s'approchèrent d'elle pour l'entraver, quoi qu'avec tous les sortilèges de James elle ne pouvait plus bouger.
« De qui voulez-vous parler Monsieur Potter, demanda calmement Albus Dumbledore.
- De Bellatrix Lestrange, professeur. »
Comme pour confirmer ses dires, Fol-Œil retira le masque et la capuche de la jeune femme. Un murmure horrifié parcourut l'assemblée. C'était bien elle qui se tenait devant eux, cette personne qui avait lancé de nombreux Doloris à plusieurs reprises elle, la femme d'un haut dignitaire du Ministère. Personne ne pourrait croire en son innocence maintenant, sa baguette était en possession du Bureau des Aurors, et plus d'une centaine d'adultes l'avait vu commettre ces sortilèges, dont Albus Dumbledore en personne.
La Gazette du Sorcier s'empara immédiatement de l'affaire. Tous ses reporters furent envoyés à Pré-au-Lard, Poudlard, et au Ministère. Mme Rosmerta lui raconta l'attaque, dans ses moindres détails. Elle se vanta du fait qu'énormément d'élèves et de personnes peu courageuses étaient venues se réfugier dans son bar et qu'elle avait condamné toutes les entrées avant de se jeter dans la bataille. Elle avait bien évidemment reconnu James Potter, l'un de ses meilleurs clients à l'époque, et n'avait pas dit son nom, malgré l'insistance du journaliste. Elle avait bien comprit que ce dernier avait eu quelques différents avec Bellatrix Lestrange, et voulait éviter de lui en créer de nouveaux.
Elle sortit un numéro spécial dès le début de soirée. Deux photos occupaient la première page : une vue du village de Pré-au-Lard dévasté, accompagnée du titre « Attaque surprise à Pré-au-Lard ». L'autre photo occupait plus de la moitié de la une. On y voyait un immense portrait de Bellatrix, avec son numéro de prisonnier et un fond blanc ligné en guise d'arrière-plan. Son nom n'était pas écrit sur le journal, mais on le voyait écrit en tout petit mais en majuscule au bas de la photographie. Trois mots l'accompagnaient « Une mangemort arrêtée ». La carrière de son mari venait officiellement de prendre fin, ainsi que sa crédibilité.
Lily s'inquiéta durant toute l'après-midi. Dans des cas comme celui-là, James n'avait pas le droit de la prévenir. Elle devait seulement attendre qu'il rentre, ou qu'un autre Auror ne vienne lui annoncer la mort de son mari, ou le fait qu'il ait été blessé. Les autres Maraudeurs firent bien de rester avec elle. Ils pouvaient ainsi s'occuper d'elle, et d'Harry. Sirius prit d'ailleurs énormément de plaisir à s'occuper de lui, il put ainsi faire toutes les pitreries et racontait toutes leurs plus belles farces de Maraudeurs sans que Lily ne lui reproche.
La tension retomba un peu lorsqu'ils reçurent l'édition spéciale de La Gazette du Sorcier. Sirius n'était pas présent, il était bien trop occuper à raconter l'histoire de la rencontre entre un cerf décidément trop fier et une magnifique biche, avec les peluches appropriées.
« Tu as passé toute ton après-midi avec Harry, firent Remus et Peter d'une voix faussement jalouse. Laisse-nous un peu en profiter aussi.
- Non, c'est mon filleul » leur répondit-il de sa voix espiègle, en serrant le bébé contre lui.
Peter s'approcha et le lui retira des mains, il commença alors à faire une série de grimace, pour le plus grand plaisir d'Harry. Remus se pencha contre Sirius, et lui murmura à son oreille, de telle manière à ce qu'uniquement lui l'entende :
« Lily a besoin de toi dans le salon, on s'occupera d'Harry. »
Il avait complétement oublié la jeune maman, et à l'écoute du ton de son meilleur ami quelque chose de grave c'était passé. Il garda son sourire espiègle avant de se dépêcher de courir vers le salon. En entrant, il vit les quatre exemplaires du journal sorcier, et une Lily en pleur.
« Lily, que s'est-il passé ? »
Elle ne lui répondit pas, et lui désigna simplement l'un des journaux. Il s'assit alors à ses côtés et la prit dans ses bras pour la réconforter. Il lut aussi la une pour tenter de comprendre ce qu'il se arrivait à la jeune mère. Il n'eut même pas besoin de lire les deux titres pour comprendre ce qui la mettait dans tous ses états.
« Lily, pourquoi pleures-tu. Bellatrix a été arrêtée, elle ne peut plus te faire de mal à toi et à Harry.
- Sirius réfléchit, peut-être que James a été blessé, peut-être que les autres vont vouloir se venger, hoqueta-t-elle.
- Lily réfléchit, si James avait déjà été blessé tu aurais été prévenue. Il faut bien te douter qu'après une pareille attaque il va faire encore plus d'heures supplémentaires. Ils vont vouloir se venger, c'est certain. Mais pour l'instant ils seront bien trop occupés à faire en sorte de dire que seul Bellatrix et Rodolphus sont des mangemorts. Peut-être que toutes les autres familles seront sous surveillances … Alors tu vas te calmer, et tu vas aller voir ton fils. Même si je lui ai raconté votre rencontre, Sirius se prit une tape sur la tête, eh ! C'est bon ! C'était imagé avec ses peluches ! »
Ils restèrent encore quelques instants enlacés, puis Lily se leva et monta résolument vers la chambre de son fils :
« Alors mon chéri, tes oncles se sont bien occupés de toi ? Tu en as de la chance. »
James rentra tard, il était près de minuit. Il avait dû trier, comparer et analyser des dizaines de rapport. Il avait cherché des traces d'indices pouvant conduire à des suppositions sur l'identité des autres mangemorts. Il fallait recueillir les dépositions de chaque personne présentes au moment des faits. Or il y avait eu sept morts, dont deux élèves qui s'étaient interposés pour sauver la vie de leurs camarades plus jeunes qu'eux. Des adultes peureux avaient transplané dès le début de l'attaque, il fallait alors les retrouver. Et il y avait encore les blessés, qui étaient dans l'incapacité de parler. Beaucoup étaient simplement traumatisé, notamment auprès des jeunes élèves. Il y avait que quelques adultes qui avaient dû être hospitalisé à Ste Mangouste. En somme, ils auraient pu faire beaucoup plus de dégâts physiques. Dans un sens ils avaient réussi leur attaque, tout le monde parlait d'eux car tout le monde était choqué qu'ils aient pu s'attaquer à des enfants sans défense. Instaurer la peur aux gens, c'était exactement ce que voulait Voldemort, et il faut dire que l'édition spéciale de la Gazette du Sorcier l'avait beaucoup aidé.
Bellatrix Lestrange n'avait pas encore parlé. Elle voulait attendre son avocat. Mais il ne pourrait pas changer grand-chose à la machine judiciaire qui venait de se mettre en marche. Son mari aurait beau donner tous les pots-de-vin aux personnes influençables, sa femme est et restera, dans l'opinion publique, la première mangemort à avoir été capturée et celle qui avait osé lancer des Doloris sur des enfants. James n'avait pas pu assister à l'interrogatoire, ses supérieurs avaient jugé qu'il risquerait de se faire aveugler par ses sentiments et par son idée de vengeance. Il attendrait, maintenant qu'elle avait été attrapée, ils ne risqueraient pas de la laisser repartir de sitôt. Une rumeur, infondée ou pas, avait commencé à agiter les couloirs du Bureau des Auros, il se murmurait que Rufus Scrimgeour, ainsi que le Ministre en personne, Millicent Bagnold, souhaitaient l'interroger sous l'emprise de Veritaserum. Le Magenmagot ne s'y opposerait pas, car après tout, il vallait mieux en apprendre davantage sur ces sombres personnages.
Lorsqu'il rentra chez lui, il ne fut pas surpris de voir que Lily était encore réveillée. Après lui avoir fait part de ses inquiétudes, ils allèrent se coucher, la fatigue avait eu raison de leur moral. Avec un peu de chance, James pouvait être rappelé au Ministère dès demain matin.
Le lendemain matin, il fut agréablement surpris de constater qu'il était neuf heures passées, et qu'il avait dormi d'un seul coup. Il se sentait vraiment reposé, et cela faisait depuis plus d'un mois qu'il n'avait pas senti cette sensation. Intérieurement il remercia sa femme de s'être occupée de leur fils pendant la nuit. Cette dernière était encore à ses côtés, et se réveilla à son tour.
« James, merci de d'être occupé d'Harry pendant la nuit, murmura-t-elle la voix toute endormie.
- Attends … je ne me suis pas occupé d'Harry cette nuit, j'allais justement te remercier de l'avoir fait. »
Ils auraient pu se faire piquer par un billywig que cela n'aurait rien changé. D'un bond ils furent hors de leur lit. Leurs yeux se croisèrent, ils exprimaient la même inquiétude : crise cardiaque du nourrisson, vengeance de la part des mangemorts … Ils entrèrent en courant dans la chambre de leur fils, et le virent, allongé dans son lit, parfaitement immobile. Lily le prit dans ses bras et commença à le bercer en pleurant. James se tenait derrière elle, il n'osait pas toucher son fils.
Soudainement ce dernier pleura, visiblement mécontent de s'être fait réveillé. Les époux constatèrent qu'il avait exactement la même tête que faisait son père lorsqu'il se faisait réveillé. James ne put s'empêche de prendre un énième photo de son fils.
« Tu te rends compte, il fait enfin ses nuits, dit Lily.
- Alléluia. »
La pleine lune brillait haut dans le ciel, Lily attendait James et ses amis, et Harry dormait à poings fermés. Une année venait de s'écouler sous leurs yeux. Leur monde avait beaucoup évolué avec l'apparition de tous les attentats et de tous les meurtres. L'année qui allait venir s'annonçait sombre, et pour l'instant aucun d'eux ne savaient ce qui allait leur arrivée.
Lily sortit du salon, les garçons n'allaient de toute façon pas rentrer tout de suite. Elle entra dans la chambre de son fils et le contempla. Il était si mignon. Elle avait dû mal à se dire qu'il y a un an, il n'existait pas encore. Mais il était là, il avait résisté à tous les malheurs que le couple avait subi. Lily le savait, plus tard son fils serait un battant, il ne renoncerait jamais, mais elle espérait juste qu'il ne soit pas aussi têtu que son père.
Son père, James … En une année, ils avaient connu plus de haut et de bas qu'en deux ans de relation. Pourtant, Harry était né, et représentait une nouvelle preuve de leur amour, mais au fond d'elle, Lily espérait qu'il ne serait pas seul, et que rapidement un petit frère et/ou une petite sœur le rejoigne. Mais seul leur destin en décidera.
Et voilà, c'est ainsi que cette fic s'achève. Je suis fière d'avoir fini d'écrire une histoire construite en plusieurs chapitres pour le première fois. Je suis ravie si cela vous a plu. Mais je suis légèrement déçue de l'avoir abandonné (au niveau des corrections).
Mais merci d'avoir été là, d'avoir lu ces mots et d'avoir exprimé votre avis. Merci à vous, car après tout, c'est pour les autres que l'on écrit des histoires comme celle-là :)
Bref, on se retrouve plus tard pour de nouvelles aventures !
Ignis Nebula
