Cela a pris plus de temps que je l'aurai voulu et j'ai été distraite par quelques problèmes personnels mais voici enfin la traduction du troisième chapitre d'Après le Feu. J'espère que vous prendrez plaisir à le lire et je voudrai signaler que j'ai fais quelques corrections aux deux premiers chapitres. Merci de me laisser vos impressions !


Chapitre 3

Harry était allongé dans son lit et en fixait le baldaquin sans vraiment le regarder car il était plongé dans ses pensées. Sa conversation avec Malfoy repassait en boucle dans sa tête. Un aspect de fertilité. Pourquoi est-ce que Ginny avait ajouté une telle chose ? Le fait que Malfoy soit un porteur. Quel était l'intérêt d'un tel trait génétique ? Malfoy enceinte. Il ne voulait pas que l'autre garçon soit expulsé. Il ne voulait pas être un père si jeune. Malfoy allait être beau quand il s'arrondirait à cause de son enfant… il mit fin à ce cheminement de pensées. Ginny enceinte. Il voulait désespérément ne pas penser à ça.

Il gémit, et plaça ses mains sous sa tête. Il n'y avait plus de Seigneur des Ténèbres et pourtant une nouvelle année scolaire était troublée par des difficultés. Pourquoi ne pouvait-il pas juste finir sa dernière année d'école en paix ?

Malfoy aurait voulu terminer la dernière année de sa scolarité en paix lui aussi. C'était ce qu'il y avait de pire aux yeux d'Harry. Malfoy s'était consacré à ses études et s'était tenu à carreau, évitant les bagarres et les problèmes jusqu'au moment où il avait eu la malchance de passer devant la salle d'Arithmancie la veille. A présent, il était enceinte et risquait d'être expulsé, et Harry ignorait quelles mesures le Ministère pouvait prendre contre lui si c'était le cas. L'assignation à résidence ? La probation magique à vie ? Azkaban ?

Un frisson parcourut Harry. Il ne voulait pas imaginer Malfoy être envoyé à Azkaban avec tous les Mangemorts endurcis. Il devait empêcher cela à tout prix. Son cerveau de héros commença à vrombir et il s'activa à chercher des moyens pour protéger Malfoy d'un tel destin.

Tout d'abord, il leur fallait cacher le rôle qu'avait joué Malfoy après l'attaque de Ginny. Sauf qu'Harry ne voulait pas avoir à cacher la bonté de Malfoy. Si l'attaque devait être rendue publique, il voulait pouvoir avoir Malfoy comme support. Et Malfoy méritait d'être reconnu pour sa bonne action. Bien. Dans ce cas, Harry pourrait peut-être omettre de mentionner le deuxième épisode que la potion avait causé. Malfoy avait dit que normalement il n'y avait qu'un seul épisode, et donc personne n'imaginerait qu'il avait reçu une dose trop importante.

Deuxièmement, ils allaient devoir cacher la grossesse de Draco. Des sortilèges pour modifier l'apparence ? Hermione saurait quoi faire, mais il ne pouvait pas lui en parler. Peut-être que Draco saurait puisqu'il était classé second de leur année, juste derrière Hermione.

Troisièmement, il allait chercher le livret avec le règlement de Poudlard pour essayer de trouver une quelconque échappatoire à la règle concernant l'expulsion en cas de grossesse. Malfoy avait dit qu'avoir été violé empêchait l'expulsion, c'était donc une échappatoire. Dommage que Draco n'était pas concerné par cette règle, puisqu'il avait volontairement laissé Harry profiter de lui. Et par-dessus tout, Harry refusait que ce que Draco avait fait pour lui puisse être terni par le mot viol si cela venait à se savoir.

Pourquoi diable l'école ne fournissait pas un livret contenant le règlement à chaque élève en Première Année ? Harry fronça les sourcils. Ils avaient du le faire. Il devait toujours se trouver dans sa malle s'il l'avait encore, ce qui était probablement le cas. Il refusait de jeter quoi que ce soit qui lui rappelait sa première année à l'école de magie où on l'avait accepté comme une personne pour la première fois de sa vie.

Il sauta d'un bond de son lit et s'agenouilla devant sa malle cabossée. Elle débordait d'objets allant des livres d'école aux vêtements et aux quelques souvenirs qu'il avait de ses parents. « Où ça peut être ? » murmura-t-il tout en fouillant sous ses magazines de Quidditch.

Ah ah ! Enfoui tout au fond se trouvait un exemplaire du règlement en parfait état et qui n'avait jamais été ouvert. Il sourit triomphalement et l'ouvrit à la table des matières. Utilisant son index pour passer en revue la suite de mots, il trouva ce qu'il cherchait assez rapidement. Article 178. Grossesse chez les étudiants. Page 88.

Les grossesses chez les étudiants ne sont pas autorisées. Tout élève déclaré enceinte est immédiatement soumis au sortilège Paternitas et le père et la mère* doivent être expulsés sans délai. Si les élèves sont dans l'année de leurs ASPICs, ils pourront revenir pour les examens des ASPIC à la fin de l'année. Il existe deux exceptions à cette règle : si les deux étudiants sont majeurs et mariés au moment où la directrice reporte la grossesse, et si la force a été utilisée lorsque la grossesse est survenue.

* Remarque : Le terme de mère peut aussi être s'appliquer à un porteur mâle, puisque quelques lignées de Sang-Purs ont conservé la capacité pour des descendants mâles de concevoir et de porter un enfant à terme.

Zut. Il avait espéré que la formulation excluait les porteurs mâles d'un tel recours vu cette condition ne pouvait pas être très commune.

Eh bien, le mariage pourrait empêcher l'expulsion de Malfoy, mais Harry avait quelques doutes sur le fait que l'autre garçon puisse accepter de se marier avec lui, même s'il avait certains sentiments pour lui. Pas que Harry ait vraiment envie de se marier de toute façon. Avoir un enfant était déjà un grand changement !

Eurgh. Un enfant. Un bébé. Deux bébés ... non. Il ne voulait absolument pas penser à Ginny pour le moment.

Malfoy avait dit que son état allait durer sept mois. Puisque la conception remontait au 14 Octobre, cela voulait dire qu'il serait à terme vers le 14 mai. C'était deux semaines avant leurs ASPICs. Comment allaient-ils se débrouiller ? D'après ce qu'il se souvenait au sujet des bébés, Malfoy et lui auraient beaucoup de sommeil en retard quand ils passeraient leurs ASPICs, et comment est-ce que l'on faisait pour cacher un bébé de toute façon?

Harry réalisa qu'ils étaient probablement fichus.


A l'heure du dîner, Harry décida d'éviter encore une fois la Grande Salle et se rendit directement aux cuisines. Il espérait y voir une nouvelle fois Malfoy, et il n'avait pas plus envie d'être entouré par ses camarades qu'au petit déjeuner. Bien sûr, il était possible que Malfoy soit la Grande Salle juste pour éviter de voir Harry après la manière dont leur dernière conversation s'était déroulée. Il espérait que ce n'était pas le cas.

Quand il aperçut la tête de Malfoy penchée au-dessus d'une tasse de ce qui semblait être du bouillon en train d'en inhaler la vapeur, son cœur se serra légèrement. L'éclairage de la pièce donnait l'impression que ses cheveux clairs brillaient doucement et Harry eut envie de les caresser de la main. Il résista à cette impulsion et à la place, il s'assit à côté de l'autre garçon.

Malfoy le salua d'un mouvement de tête, puis bu une gorgée de sa tasse fumante. L'assiette en face de lui contenait une pile de biscuits salés, et Harry fronça les sourcils en les voyant. C'était un étrange dîner. Il haussa les épaules et demanda à un elfe de maison de lui apporter une assiette de ce que les autres élèves mangeaient, quoi que ce soit. L'elfe de maison parut très excité à l'idée de se montrer utile et se dépêcha de lui ramener une assiette pleine de nourriture en quelques instants.

« Pourquoi est-ce que tu manges des biscuits et du bouillon ? » demanda Harry après avoir engouffré un peu du rosbif qui semblait délicieux dans sa bouche.

L'autre garçon prit une autre gorgée de sa tasse, puis la reposa avec soin « Mon estomac me dérange. D'après ce que je pu en apprendre sur le sujet, c'est l'un des premiers signes visibles de cette condition. »

Harry nota que Malfoy n'avait pas dit le mot en lui-même, grossesse. Il avait probablement évité de le faire de manière à ne pas s'appesantir sur la réalité de son état, tout comme Harry se refusait à penser à Ginny.

Il prit une autre bouchée de son repas et l'avala, heureux d'être au moins capable d'apprécier le rosbif et les pommes de terre qui étaient servis ce soir. « Combien de temps cela va-t-il durer pour toi ? »

Malfoy haussa les épaules, prit un biscuit et le fit tremper dans son bouillon. « Deux mois peut-être ? Peut-être moins ? Je n'en suis pas sûr. »

A présent, Harry était définitivement reconnaissant de ne pas avoir à en passer par là. Deux mois de nausées ? Ce n'était pas la joie.

Quelques minutes passèrent en silence pendant qu'ils mangeaient. Une fois qu'Harry eut fini son généreux dîner, il soupira et repoussa son assiette. « J'ai jeté un coup d'œil au règlement que nous avions reçu en Première Année. »

Malfoy eut un petit sourire en coin. « Toi, tu as lu quelque chose ? »

Harry poussa malicieusement l'épaule de l'autre garçon. « Hey. Oui, je l'ai fait. Quoi qu'il en soit, cela dit essentiellement ce que tu m'avais dit et cela inclut même les porteurs. Le mariage ou le fait de ne pas avoir été consentant sont les seuls moyens de contourner le règlement. »

La seule réponse de Malfoy fut un froncement de sourcils. Harry, bien qu'il n'en ait pas envie, se sentit obligé d'ajouter : « On pourrait dire que tu n'était pas consentant. »

Malfoy se tourna brusquement vers lui, les yeux flamboyants. « Tu n'as pas intérêt à dénigrer ce que j'ai fais de mon propre chef. Oui, j'aurai préféré que ma première fois se passe autrement, et le résultat est que je me retrouve dans cette foutue condition, mais je refuse de mentir et de prétendre que tu m'as forcé alors que ce n'est pas le cas ! »

La véhémence dans sa voix surprit Harry. Apparemment, l'opinion de Malfoy sur le sujet rejoignait au moins partiellement celle d'Harry. Déclarer qu'il y avait eu viol reviendrait à réduire à néant la bonne action qu'avait accomplie Malfoy de son propre gré. « Très bien, alors. On ne dira pas que c'était forcé. Je ne voulais pas que tu le f asses de toute façon. »

Les yeux de Malfoy perdirent leur dureté. « Tu ne le voulais pas ? »

Harry pouvait entendre une certaine douceur dans sa voix et eut envie de sourire. Le garçon était définitivement un Malfoy différent de celui dont il se rappelait. Le ton de la voix de ce Malfoy-là n'aurait jamais donné l'impression qu'il pouvait exprimer autre chose qu'un sentiment de supériorité et de la condescendance. « Non, je veux dire, je pense que c'était un coup du sort merdique que tu me trouves dans l'état où j'étais et que tu ais été en train de m'aider quand le second épisode s'est produit. » Harry dut faire une pause avant de poursuivre : « Mais je suis content que tu ais été là pour moi. »

Un léger rougissement se rependit sur le teint clair de Malfoy et ses yeux se tournèrent dans une autre direction que celle d'Harry. Il y avait une inflexion nerveuse dans sa voix quand il dit : « Moi aussi. »

Ils ne firent rien d'autre que de se regarder l'un à l'autre pendant quelques minutes, puis Harry se racla la gorge, se sentant un peu gêné. Qu'était-on censé dire à présent ? « Hum. Est-ce que tu le pensais quand tu as dit que tu voulais le faire depuis un certain temps ? »

Malfoy grogna. « C'était sûr que tu allais me le demander. Oui. »

Harry aurait voulu qu'il développe, mais il ne le fit pas. Il supposa que c'était à lui de sauter, pour ainsi dire, étant le Gryffondor des deux et tout le tintouin. « Je n'étais pas en état de le dire, mais c'était pareil pour moi. »

Le rougissement revint et Harry sourit. Malfoy leva les yeux en voyant son sourire mais il ne pu pas s'empêcher de l'imiter.

« Tu étais là, Harry ! » lança une voix, interrompant leur moment. Il s'agissait d'Hermione, et Harry se retourna pour la voir franchir le tableau avec Ron.

Il les salua : « Hermione. Ron. » Il se demanda ce qu'ils allaient dire à propos du fait qu'il était en train de manger son dîner avec Malfoy. Il espérait que Ron n'allait rien dire de grossier, comme il était enclin à le faire chaque fois que Malfoy était dans les parages.

Les sourires des deux Gryffondors se fanèrent quand ils virent Malfoy assis là tranquillement. Hermione fronça les sourcils tandis qu'une expression de déplaisir remplie les yeux de Ron. Ron fut le premier à ouvrir la bouche. « Comment ça se fait que tu traînes avec la fouine ? »

Harry put sentir Malfoy se raidir à côté de lui et il fronça les sourcils. Il espérait que l'autre garçon n'allait pas décamper. Il avait eu tendance à le faire très souvent cette année à chaque fois que Ron était dans le voisinage. Cela avait considérablement frustré Harry durant les deux derniers mois car il désirait plus que tout entrapercevoir Malfoy. Et maintenant que Malfoy l'avait aidé avec l'attaque, et qu'il avait admis avoir envie de lui ? Il ne savait pas s'il pourrait supporter de le voir continuer à battre en retraite.

« Nous avons mangé ensemble, » dit simplement Harry, posant, sans être vu par ses amis, sa main sur la jambe de Malfoy comme pour l'avertir de rester où il était.

Hermione fit un pas en avant, les sourcils toujours froncés. « As-tu évité de manger dans la Grande Salle aujourd'hui pour une raison précise ? »

Harry haussa les épaules. « Peut-être. »

De toute évidence, elle n'apprécia pas sa réponse. « Peut-être ? Quel genre de réponse est que c'est, Harry ? »

Il haussa de nouveau les épaules. « C'est tout ce que je suis prêt à te dire pour l'instant. »

Ron fronça les sourcils et enlaça sa petite amie. « Elle était inquiète pour toi, » dit-il d'un ton accusateur.

Harry savait qu'elle l'était, et savait que cela signifiait que Ron l'était aussi. Mais il n'était pas prêt à admettre devant eux pourquoi il ne voulait pas se tenir à moins de dix pas d'une autre personne à part Malfoy. « Je suis désolé, mais je vous le dirai dans deux semaines. »

Hermione pencha la tête, curieuse. « Deux semaines ? Pourquoi deux semaines ? »

Harry était sur le point de répondre quand Malfoy se leva brusquement. Le blond posa brièvement sa main sur l'épaule d'Harry et la pressa avant de se précipiter vers le trou du portrait. Son visage était pâle et Harry remarqua qu'il serrait la bouche. Il avait mal au cœur, pas de doute à ce sujet.

Ses amis regardèrent le Serpentard s'éloigner avec curiosité, mais ne firent pas de remarques sur son départ. Hermione reposa sa question.

« Hermione, je te prie de me faire tout simplement confiance. Il s'est passé quelque chose pour lequel Malfoy m'a aidé, il m'a vraiment aidé, et je ne peux pas encore vous en parler. Je vous promets que je le ferais. Je vous le dirai avant d'aller voir McGonagall. »

Les visages d'Hermione et Ron arborèrent des expressions de surprise. « McGonagall ? Cela semble grave, Harry. »

Ron poursuivit en disant : « On ne peut pas faire confiance à Malfoy, même si tu penses qu'il t'as aidé. »

Harry fronça les sourcils et croisa les bras. « C'est extrêmement grave. Mais j'ai la situation sous contrôle. Et Ron, il m'a aidé et continue de le faire. Il a changé. »

Ron eut une expression moqueuse. « Bah ! »

« Il s'est comporté de manière différente depuis le premier jour où on est revenu ici et il est probable que tu ne veuilles juste pas admettre que tu l'as remarqué mais tu l'as fais. Le contraire est impossible. Mais je ne vais pas m'assoir ici et en débattre avec vous. Je vous demande juste de me faire confiance. Donnez-moi deux semaines et je répondrai à toutes vos questions. » Ou à la plupart d'entre elles. Si Hermione lui demandait de détailler précisément en quoi Malfoy l'avait aidé, il devrait détourner ces questions-là.

Quelques minutes s'écoulèrent tandis que ses amis considéraient ses paroles et ils finirent tous les deux par hocher la tête. S'ils avaient appris une seule chose en sept ans d'amitié, c'était à lui faire confiance. Ils avaient beau ne pas aimer qu'il leur cache des choses, et bien qu'il sache qu'ils étaient tous les deux bien trop impatients pour attendre deux semaines, il savait également qu'ils le feraient. Ils savaient qu'il n'allait pas céder. Il ne l'avait jamais fait.

Il leur sourit et se leva. Tout en s'assurant que Ron reste entre lui et Hermione, il retourna à la Tour de Gryffondor pour travailler sur les devoirs qu'il savait qu'Hermione était fébrile de les forcer lui et Ron à faire depuis qu'on leur avait donné.