L'étoile du recommencement: L'année du blaireau

Note auteur: Ceci est la suite de 'l'étoile du recommencement: l'année du rat'.

J'espère que vous l'aimerez autant.

Merci à 3lle pour avoir lu et corrigé ce que je n'avais pas vu. Et par cet effort avoir rendu l'histoire plus 'lisible' et donc plus belle.


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chapitre 5

Alexandre s'accrocha à son père pour la double apparition qui devait les emmener au point d'entrer de la coupe du monde. Il était prêt, autant qu'il pouvait l'être en ce moment. Certes il était effrayé et tremblait, et s'accrochait à l'être qui seul savait le rassurer. Mais il en avait le droit, et refusait de se priver de ce qu'il savait être sa force pour avancer dans la vie: une famille et un ami. Les bras de Severus se serrèrent autour de lui, comme il faisait souvent pour apaiser l'enfant. La différence étant que la magie de l'homme les entoura alors pour les emporter au loin.

Il était heureux que Alexandre maîtrise sa magie accidentelle. Enfin maîtriser était un grand mot vu le travail qui lui restait vraiment à accomplir pour gagner véritable contrôle de son pouvoir. Néanmoins, presque plus rien n'explosait autour de lui quand il perdait contrôle. Tout au plus les choses prenaient feu. Un feu était plus facile à éteindre que de devoir ressusciter une victime potentielle. Donc, il était heureux que le garçon ait eu le meilleur des tuteurs possibles. Surtout ayant appris par son professeur comment réduire son angoisse et comment gérer ce qui en restait... Parce que quand la magie de l'enfant sentit celle de Severus les engouffrer dans un tube d'énergie de manière fort désagréable, elle eut une petite réaction du au niveau de stress de ce grand jour. C'est à dire qu'elle tenta d'arrêter l'apparition et qu'avec effort Alexandre en modifia les intentions.

Ce n'est qu'en entendant l'exclamation ahurie d'une voix inconnue qu'Alex réalisa qu'ils avaient atterris. Le seul problème était le point d'atterrissage: sur le toit de la seule maison proche du lieu d'accueil décidé par le ministère. Alexandre s'accrocha à son père avec ferveur pendant que celui-ci, habitué à agir vite dans des situations dangereuses, les faisait léviter jusqu'au sol. Un sorcier du ministère apparu alors et se dirigea vers un homme bafouillant qui semblait avoir assisté à leur arrivée. L'homme bégayait des phrases sans sens à propos de noël et pâques à aller fêter et d'une orange à peler pour faire manger un arbre. Un geste de baguette du sorcier du gouvernement donna un regard vide à l'homme non magique. Le sorcier se tourna alors vers Severus et son fils, murmurant qu'ils auraient du payer des vacances au propriétaire moldu du terrain où se déroulerait le match de quiddidch, tandis que l'autre rentrait dans sa maison en marmonnant des choses insensées.

"Severus Rogue! Quelle bonne surprise. Je ne t'ai pas revu depuis ma dernière année à Poudlard." S'exclama-t-il d'un air étonné. "Y a-t-il eu un ennui avec un portoloin?"

"Pardon c'était ma faute." S'excusa Alexandre avec frayeur. Chaque accident qu'il provoquait était pour lui un rappel de son état et des raisons derrière cet handicap magique. Il en sortait toujours avec une peur aussi forte qu'au jour de son agression et une culpabilité qui était mal placée.

Severus le serra contre lui en caressant ses cheveux noirs, touchant les épaules qu'ils atteignaient d'une main légère en même temps. Il sentit l'effet de son attention immédiatement. Son fils fondit dans son embrasse lâchant presque la canne qui le soutenait. Severus était devenu très doué pour détendre Alexandre. Il avait fallu avec le nombre d'incidents magiques depuis qu'ils vivaient ensemble. L'elfe Egal avait le même doigté rassurant. Poppy, Bill et Drago n'était pas loin dans la ligne des protecteurs ayant gagné ce talent. Il était quand même triste que personne d'autre ne puisse approcher Alexandre de la même manière, le privant du contact humain auquel tout être avait droit.

Severus tendit un papier au sorcier qui le lit après avoir jeté un regard inquiet sur l'enfant dont il voyait la peur profonde. Ses yeux s'écarquillèrent en lisant ce qui était un permis privé d'apparition avec indication de possibles et acceptables accidents sans question posée. Aussi l'homme ne posa aucune question mais fit le rapprochement avec les diverses rumeurs qui parcouraient les couloirs du ministère. Il avait entendu dire que les enfants de plusieurs sorciers importants leur avait interdit de jamais toucher à Severus Rogue et son fils sous peine de grandes souffrances. Il n'y avait pas cru au départ parce que vraiment... quel enfant menacerait ses parents de torture sans que le parent ne réagisse justement. Mais si la rumeur de ce qui était arrivé à l'enfant était vraie alors... oui les parents ne diraient rien à de telles menaces si elles étaient pour protéger un jeune garçon ainsi blessé. Après un bref salut et quelques mots pour leur souhaiter une bonne journée, le sorcier disparu comme il était venu.

Severus s'accroupit en gardant son fils contre lui, sa main posée sur la joue noyée de larmes:

"Regarde moi fils de mon coeur."

L'enfant leva des yeux brumeux de souffrance et de tristesse.

"Avec le temps, les images deviendront souvenirs rangés au plus profond de toi. Jusqu'à ce jour, quand tu revois ce qui t'a causé de perdre ainsi contrôle, imagine un cercle d'or. Un immense dôme de lumière si tu veux. A l'intérieur duquel tous tes protecteurs se trouveront. Je serais en son centre, près à te bercer et t'entourer de mon âme. Bill sera là avec ses mots rassurants de professeur et de frère. Drago se placera debout devant toi pour arrêter tout autre de t'atteindre. Poppy aura un sac de potions et de salves pour guérir ton corps pendant que je guéris ton coeur. Imagine ce dôme d'amour et de paix."

Alexandre avait fermé ses yeux noirs illuminés de lueurs vertes. La tension de son visage avait disparue. Ses mains tremblantes avaient relâchées leur étreinte sur son père, se posant calmement sur les bras qui l'enserraient tendrement.

"Et jusqu'à ce jour, rappelle toi. Ici bas il n'y a que toi et moi, et ceux que tu aimes. Rien d'autres en ce cercle qui n'appartient qu'à toi."

Alexandre hocha la tête et repris confidence.

"Et jusqu'à ce jour, il n'y a que toi et moi, et ceux que j'aime." Confirma le garçon avec un doux sourire. Rien n'était parfait, rien n'était miraculeusement guérit. Tout été lentement soigné avec succès. Aussi lent soit-il.

La petite famille se releva et réarrangea les tenues malmenées par le voyage. Dans le chaos de leur apparition, il était bon qu'ils soient arrivés à cette maison où ils pouvaient être seuls quelques instants de plus avant de rejoindre la foule de la coupe du monde. Un vague nuage tournoya près de Severus avant que l'elfe de maison Egal ne se manifeste entièrement. La créature avait trouvé ce moyen pour éviter de surprendre Alexandre trop violemment. Plus d'une explosion et d'un incendie avait eu lieu à cause de la brusque apparition de l'elfe dans une pièce où se trouvait l'enfant.

Egal entoura Alexandre de ses petits bras. C'est à dire qu'il entoura les jambes de son jeune compagnons puisque sa taille ne lui autorisait pas plus. Puis, sautillant joyeusement il leur donna les directions de leur tente pour leur séjour à la coupe et les poussa à se mettre en marche. L'elfe voulait vraiment leur faire voir les merveilles qu'il avait accompli dans leur habitat temporaire. Et il souhaitait aussi y arriver au plus vite pour éviter la grande foule qui n'était pas encore arrivée. Il était très tôt et le ministre avait décidé de n'ouvrir le terrain à la population qu'à huit heure du matin. Il était sept heure et déjà les familles des employés du gouvernement étaient là. Il fallait se dépêcher.

Pendant qu'ils marchaient, Alexandre soutenu d'un côté par son père et de l'autre par sa canne en argent, quelques élèves de Poudlard leur faisaient des signes de mains enthousiastes que leurs parents regardaient avec étonnement. Aucun d'eux n'aurait pensé que leurs enfants oseraient dire ainsi bonjour à un ami en présence du terrible professeur Rogue. Il faut dire qu'après à peine une année, ils n'avaient jamais rencontré la petite famille qu'étaient Severus et son fils et de ce fait n'avait pas encore été témoin de la tendre attitude de l'homme le plus sévère d'Angleterre. Les élèves de Poudlard avaient finis par s'y habituer et n'hésitaient plus à montrer leur amitié à Alexandre. Sachant que leurs gestes étaient pour le garçon une preuve de plus qu'il était apprécié et non détesté. S'ils pouvaient tous l'aider à guérir un peu juste par ces actions, ainsi soit-il.

Quelques parents les saluaient avec respect et d'autres avec hésitation. Quoiqu'il en soit, leur trajet sur le long chemin vers leur tente avait montré qu'aussi longtemps qu'il n'était pas 'envahi' Alexandre ne serait pas dépassé par une situation de foule. Tant qu'il restait de la distance entre lui et les autres tout allait bien. Le jeune garçon fut étonné de penser que si un élève de l'école approchait il n'y aurait pas de mal. Il n'avait pas réalisé combien il s'était fait à leur présence et au rare contact que les couloirs de Poudlard ne lui permettaient pas toujours d'éviter. Oui... il allait mieux que l'année passée.

Arriver à leur tente, après avoir vu toutes les sortes déjà montées de-ci de-là sur le terrain vaste qui était à leur disposition, était un peu anti-climatique... Pas à cause de sa couleur puisqu'elle était vert forêt. Pas à cause de sa forme, celle d'une tente de taille moyenne. Ni à cause des chaudrons peints en or sur le tissu. Non, vraiment. Tout venait de la barrière blanche qui entourait la tente, éloignée d'un mètre recouvert de fleurs de toutes les couleurs. Un véritable mini champ. Alexandre se sépara de son père et avança timidement vers les magnifiques plantes. Il frôla de la main la première rangée et fut surpris de voir les fleurs rouges se séparer pour dévoiler un escalier. Il n'allait pas bien bas, mais en prenant en compte la tranchée à laquelle il menait, Alexandre se trouva bientôt au milieu des fleurs, sa tête ne dépassant pas le moins du monde les plantes qui avaient atteint ses genoux avant qu'il ne s'aventure là. Il éclata d'un grand rire lorsqu'il comprit ce qu'avait fait Egal. Dans ce monde végétal, il était entouré d'une foule de plantes qui le frôlaient et le touchaient. Et certaines étant magiques suivaient ses mouvements ou avaient une voix propre. Mais comme tout était venu de la nature et que sa magie reconnaissait l'aura de la terre et de la vie, il n'avait aucun sentiment de panique. Son elfe préféré avait trouvé le moyen d'apprivoiser sa peur. Un entraînement judicieux pour ce grand événement auquel ils allaient assister. Le garçon se plongea dans cet univers étrangement calmant en oubliant le temps qui passait. Protégé par ce champ de nature et de beauté, le tout entouré de cette barrière de piquets blancs, ressemblant le jardin d'une vieille maison.

Debout à l'entrée de leur tente, Severus souriait à ce que l'elfe lui décrivait de son cadeau pour Alexandre. Les rires soudains qui surgissaient dans l'air de temps en temps étaient d'une grande aide pour lui faire oublier la douleur de plus tôt dans la matinée. Il était heureux malgré les changements d'humeurs brusques et toutes les difficultés, que son fils puisse justement passer ainsi d'une émotion à une autre et non rester enfermer à tout jamais dans les ténèbres d'un drame qui aurait pu le tuer. Depuis un an, il vivait comme sous un ciel nuageux duquel perçait de plus en plus souvent un grand soleil.

L'homme s'assit sur une chaise fournie par Egal et observa les heures se dérouler autour de lui. Des familles, des groupes nombreux ou raisonnables, des sorciers seuls et des enfants, se succédaient sur les chemins organisés par les forces de l'ordre. Des numéros étaient attribués, et des tentes placées. Des discutions s'élevaient. Certains faisaient des siestes en vue de la journée à venir, d'autres vibraient d'énergie contenue. Un grand nombre d'élèves s'étaient approchés en le voyant, voulant savoir où était son fils. Un signe vers les fleurs et le son des rires d'Alexandre, qui ne semblait plus pouvoir s'arrêter, les faisait repartir avec un grand sourire aux lèvres. Ils ne demandaient même pas d'où venaient les fleurs ou pourquoi on ne voyait pas Alexandre. Après tout la magie permettait tout dans leur monde alors ce mystère n'était pas bien grand. Dans tous les cas, tous ceux qui avaient reconnus le maître de potion restaient bouche bée de le voir ainsi relaxé. Assis sur une chaise confortable avec un livre à la main, et de temps en temps une espèce de demi sourire que personne ne lui avait jamais vu. Severus était bien trop content pour se préoccuper de l'avis de ces gens ou de la chute de son ancienne réputation. Ses élèves savaient tous que sa nouvelle apparence plus 'humaine' ne l'empêcherait pas de faire de leur vie un enfer s'ils ne lui montraient pas de respect et un minimum d'attention en classe. Par minimum il entendait 'totale' attention. Après tout les chaudrons n'avaient besoin que d'une seconde pour exploser en cas d'erreur.

Alors Severus oublia le reste du monde, qui ne valait vraiment pas la peine qu'il tourne son regard sur eux, et se concentra sur les sons venant du jardin de fleurs. Il alternait entre lire son livre de potion et interroger Egal sur ce que faisais Alexandre. Ainsi, les heures passaient vite et tranquillement. Il était midi quand son fils ressortis de son petit monde. L'enfant se frottait les yeux d'une façon attendrissante et sans y prêter grande attention il vint s'installer sur les genoux de son père et s'endormit aussitôt. Severus le regarda avec des yeux ronds et secoua la tête avec humour. Transformant la chaise en un long fauteuil, il arrangea ses longues jambes pour les reposer et posa sa tête sur celle de son fils afin de pouvoir lire malgré le corps assoupis entre ses bras. Une heure plus tard, un groupe bruyant fit son entrée. Un tas de têtes rousses avec une brune, qui prit possession du terrain à côté de celui des Rogues. Il y avait Arthur Weasley avec les jumeaux Fred et George, Ron le plus jeune fils, et Ginny la petite dernière du haut de ses 12 ans. Hermione Granger qui les accompagnait laissa tomber son sac près de leur tente et s'empressa de rejoindre Severus. Elle s'assit sur une chaise qu'avait créé Egal en la voyant arriver, et sortit un livre d'une sacoche qu'elle avait gardé. Severus avait bien compris l'année passée que la jeune fille s'était beaucoup attachée à son fils. Elle le voyait comme le petit frère qu'elle aurait voulu avoir. Peut-être parce que le garçon ne l'avait jamais vue comme une 'je sais tout' et parce qu'il attirait facilement le coeur des gens. Bill avait envisagé le fait que la magie détruite d'Alexandre soit en train de chercher à réaliser l'un des voeux le plus cher du garçon: celui d'avoir une famille. Il était possible que des fils de magie se tendent vers toute personne qu'il croisait pour créer un lien familial sous certaines conditions. Par exemple aucune aura cruelle n'était acceptée, ni aucun trait dans cette veine. Hermione était une fille, donc moins terrifiante pour quelqu'un qu'un homme avait agressé. De plus elle avait été, même si elle l'ignorait, son amie quand il avait cette autre identité qu'il préférait oublier d'un certain Harry Potter. Et elle avait affiché un sens de l'humour inattendu qui avait été une vrai joie dans les derniers mois à l'école.

Hermione avait donc le droit de venir sur leur terrain et d'y prendre une place comme bon lui semblait. Alexandre serait heureux de la voir au réveil. Bien sûr, il manquait les personnes qu'il voudrait vraiment voir: Bill, Drago et Poppy. Poppy était occupée à prêter ses services de guérisseur à l'hôpital Sainte Mangouste. Drago ne viendrait que peu avant le match. Quant à Bill...

"Où est Bill?" Demanda Severus doucement.

"Il a été retenu au point d'accueil, professeur. Une ancienne camarade de classe essayait de..." Hermione rougit comme une tomate.

"De lui mettre la main dessus?" Malgré la question innocente dans l'esprit de Severus, la jeune fille se mit à rougir encore plus férocement. Le rire retenu des jumeaux Weasley attira l'attention du maître de potion qui haussa un sourcil.

"... mettre la main dessus..." Et les rire reprirent de plus belle.

Arthur vint à la rescousse: "Disons Severus, qu'elle a vraiment essayé de mettre la main sur Bill. Littéralement."

"Oh." Commenta Severus tout simplement en lançant un oeil moqueur à Hermione. "Vraiment mademoiselle Granger. Une main n'est pas de quoi vous faire rougir. Deux je ne dis pas, mais une..." Et il prit plaisir aux rires redoublés du groupe et à la couleur de tomate mure de sa jeune élève.

Assez vite, tout le monde s'était assis, par terre pour les plus jeunes tandis que Arthur comme Hermione avait été gracié avec une chaise. Aucun d'eux ne commenta l'état endormi du jeune Alexandre ni sa position serrée contre son père, tel un petit enfant cherchant à être rassuré.

Bill arriva sur cette étrange vision de ce groupe qui avait appris l'une des leçons de la vie. Parfois, rien n'était plus important qu'un moment de temps à vivre sans remarques et sans pensées. Un instant pour être juste soi, peu importe ce qu'être soi peu comporter. A ses côtés, Percy observait aussi leur famille et celui que Percy voyait comme un ami. Il avait lui aussi été retenu au point des portoloins par une personne à qui il avait demandé conseil pour son avenir après Poudlard. Il s'avança et s'arrêta, incertain de son accueil comme toujours. Bien qu'étant plus proche de ses frères et soeur depuis cette étrange année qui avait passée, il se demandait encore combien de temps il leur faudrait pour recommencer à le traiter comme avant. Une main sur son épaule lui fit lever les yeux sur Bill. Le plus âgé lui sourit et le poussa vers les autres jeunes gens assis. Les heures suivantes furent passées à dormir, lire ou parler, selon les envies. A cinq heure, Severus eut le regret de devoir réveiller Alexandre. Le match avait été repoussé au soir à cause de divers problèmes de sécurité qui avaient soit disant été réglés. C'était le moment ou jamais de s'asseoir autour d'un bon repas pour prendre l'énergie nécessaire à tout fan de quidditch. Ainsi qu'à un jeune garçon en grand manque de vitamines et autres éléments nécessaires à son organisme.

Quoique réticent, Severus caressa la joue de son enfant en l'appelant continuellement. Il sentit le changement dans les mouvements plus prononcés de son fils. La tête du garçon se souleva avec lenteur de sa position sous son menton. Deux grands yeux noirs remplis d'étincelles d'émeraudes lui lançaient un regard accusateur. Severus sourit à son fils comme si de rien n'était.

"C'est bientôt cinq heure et tu n'as pas mangé depuis ce matin. Que dirais-tu de rejoindre les Weasley et Granger pour un repas avant le match?"

Alexandre se tendit légèrement au nom des Weasley.

"Tu pourrais même m'aider à les réveiller, parce qu'ils ont suivis ton exemple d'une longue sieste." Continua Severus en pointant sur sa gauche. Il regarda attentivement son fils tourner dans cette direction et pris joie à lire le soulagement qui s'était inscrit sur son visage. Il avait prévu la réaction d'Alexandre à la présence d'autres personnes à son moment le plus vulnérable. A son réveil, quand les souvenirs remontaient à la surface plus vifs de ce qu'était sa vie et de l'attention qu'il devrait prêter à ses émotions pour ne pas que sa magie explose. Normalement, le garçon était avec Severus ou Egal à sa sortie du sommeil réparateur. Alors le maître de potion avait compris qu'il devrait réveiller son fils avant tous les autres adolescents. Offrant ainsi un rien de normalité et de rassurance. Oui son père était avec lui, et non il n'était pas le seul à s'être endormi et ne serai pas jugé comme un bébé. Alexandre bien qu'apprenant à vivre en dehors du jugement des autres, avait ses peurs d'être différent et rejeté pour ça. Son entourage lui enseignait qu'il ne pouvait être accepté par tous, et qu'il devait toujours se rappeler de ceux qui embrassaient tout ce qu'il était.

Alexandre se sortit de la douce embrasse de son père en se laissant glisser au sol. Egal était déjà là lui présentant sa canne et son bras. Quoique le garçon s'appuyait sur l'épaule de l'elfe plus qu'il ne tenait son bras. Mais le support de l'elfe était le plus puissant de tous, le plus sûr à ses yeux avec celui de Severus. Parce que Egal était celui qui l'avait sauvé en premier lieu. Doucement, l'enfant qui ne savait jamais vraiment s'il voulait être traité comme un adolescent alors qu'il refusait tout ce qui faisait cette classe d'âge, s'avança vers une Hermione avachie sur une chaise. Il se demanda comment elle prendrait d'être éveillé par lui. Il prit la main dont le bras pendait à terre sous le poids du livre qu'elle n'avait étrangement pas lâché. Caressant les doigts il appela le nom de son amie. Hermione ouvrit des yeux inquisiteurs, curieuse même au réveil.

"Bonjour." Murmura Alexandre. Hermione lui sourit et commença à s'assoir. Elle ne dit rien quand son ami recula pour garder une certaine distance, parce qu'il n'avait pas laissé tomber sa main. C'était un bon signe.

"Hey. Tu as bien dormi?" Demanda la jeune fille.

Alexandre hocha la tête joyeusement. Il avait choisit Hermione parce qu'il pensait bien qu'elle serait la plus facile à réveiller pour lui. Il avait peur que les autres soient plus brusques dans leurs gestes ou leurs paroles. Hors, depuis plus d'un an, il n'avait plus vécu dans un dortoir avec d'autres garçons, et il n'était pas prêt à revivre l'expérience. Il ne pensait même pas à utiliser un sot d'eau par peur d'une vengeance même enfantine et raisonnable. Il ne serait jamais plus le vif Harry, ni le valeureux. Il n'était pas l'ombre de ce passé du moins, il était une nouvelle personne et cela lui offrait plus de chance de guérir en paix. Harry Potter n'aurait même pas pu être seul pour une seconde, n'aurait pas eu le droit de paraître blessé.

Hermione tira un peu sa main pour le faire revenir au présent. Alexandre rougit. Il lui arrivait souvent après avoir dormi de se perdre dans ses pensées et sa mémoire. Il se détendit en voyant son amie sourire. Mais lorsqu'elle lui fit un clin d'oeil avec un signe de s'éloigner un peu, il eu le sentiment qu'il savait à quoi elle pensait... Surtout si le coup d'oeil jeté aux autres endormis était une indication. Le sot d'eau ne viendrait certes pas de lui, mais il viendrait. Il alla se réfugier dans les bras de son père qui avait observé la scène. L'homme eut se mi-sourire un rien vicieux qui n'annonçait rien de bon. C'est avec de grands yeux qu'Alexandre vit Hermione faire d'un sort apparaître des sots remplis d'eau... et avec encore plus d'étonnement qu'il entendit le sort que son père ajouta au liquide avant que celui-ci ne tombe sur les victimes du jour.

Malgré le sort de silence autour du terrain des rogues. Malgré les bruits de voix, rires, et autres sons de la foule... les grands cris parvinrent jusqu'à l'autre bout du terrain. Heureusement, l'eau glacé (sort de Severus) les avait tous suffisamment réveillés pour qu'ils se rappellent de ne pas dire d'insultes en présence d'adultes. Ce qui ne les empêcha pas de poursuivre Hermione qui se dirigea vers le jardin de fleurs et disparu par le petit escalier qui la cacha à leur vue. Il y eut rapidement des cris et des rires venant de sous les plantes et Alexandre rigolait en se tenant les côtes tandis que son père avait pris l'air hautain de celui qui n'a pas été attrapé pour son crime. Arthur quant à lui se contentait d'organiser la table du repas avec Egal. Il était habitué aux jeux de ses enfants. Un petit sourire discret était tout de même bien en place sur son visage.

Tout le monde fut rappelé à l'ordre par un elfe de maison exaspéré, qui les poussa sur leurs chaises avant de placer des assiettes toutes prêtes devant eux. Ron fut soulagé de voir que la sienne était vraiment bien remplie. Et encore plus quand il pensa très fort qu'il aurait voulu une seconde part de tout et qu'une nouvelle portion apparu. La discussion était légère et pleine de bonne humeur. Percy et Alexandre parlaient à voix basse comme s'ils avaient un secret, ce qui était le cas. Alexandre avait demandé l'aide de Percy pour trouver un cadeau qu'il voulait faire à Bill, en remerciement de son aide pour ses études. Ginny regardait de temps en temps dans leur direction avec un étrange regard que Alexandre n'aimait pas du tout. Dans d'autres conditions... dans une autre vie... Il n'aurait pas compris ce regard. Mais il avait grandit sur certains sujets même si dans d'autres il était retombé en enfance. Et l'un de ces sujets était les relations amoureuses. Pour plusieurs raisons il s'était posé des questions, pas toujours pour lui mais aussi pour son père qui était seul, et Bill qui semblait être à la recherche de son grand amour. Pour Alexandre c'était différent. C'était ce pour quoi il ne voulait pas être vu comme un adolescent à hormones. Il n'était pas prêt et ne le serais peut-être pas avant des années. Et en mettant de côté qu'il ne comprenait pas ce qu'on pouvait lui trouver alors qu'il était si faible et si... déformé à son avis. Bien qu'il sache que l'état de sa magie était pour beaucoup dans sa vision de son corps, en plus que ce qui lui était arrivé. En mettant aussi de côté le fait que Ginny savait pour lui... non il n'arrivait plus à réfléchir. Ce n'était pas normal et il ne voulait pas être vu ainsi. Dans son malaise grandissant il eut la chance qu'Hermione remarque le manège de la plus jeune Weasley et lui donne un coup de coude. Elle lui murmura ce qui semblait être des mots de reproches parce que la plus jeune rougit d'humiliation avant de retrouver l'expression qu'elle avait eut l'année précédente devant Alexandre. Le garçon se demanda ce qui s'était passé, mais choisit de finir son repas avant de s'excuser pour se rafraichir dans sa tente.

Lorsqu'il quitta sa place, Hermione lui demanda s'il pouvait lui rendre le livre qu'elle lui avait prêté. Comme il n'avait rien qui soit à elle, il savait qu'elle voulait parler. Dans la discrétion de la tente, la jeune fille le fit s'assoir et lui expliqua:

"Ginny avait en tête que tu avais besoin d'une fille pour te montrer ce que c'est d'être aimé. Elle a toutes ces idées romantiques et je pense qu'elle s'est perdu entre fiction et réalité."

"Elle croyait pouvoir me 'guérir'?" Fit-il avec incrédulité.

"Oui. Je suis désolée..." Mais Alexandre secoua la tête pour la faire taire.

"Tu n'es pas responsable pour ses actions. Et puis tu m'as aidé en lui parlant. Merci."

"Je..." puis elle hésita et se tut.

"Quoi que ce soit dis moi, je ne vais pas t'en vouloir."

"Je sais que c'est indiscret et ne me regarde pas. Mais je voulais savoir si... Je n'arrive vraiment pas à trouver les bons mots." Finit-elle par soupirer.

"Tu voudrais savoir comment j'ai vu sa 'tentative' de me séduire ou je ne sais quoi?"

Hermione hocha la tête.

"Comme une intrusion. Comme si quelqu'un essayait à nouveau de s'introduire..." Il s'arrêta parce que ce mot n'était pas celui qu'il aurait voulu dire. "Comme si quelqu'un envahissait mon espace vital. Ce sera à moi de voir avec qui et quand. Je ne sais pas si je ferai le premier pas ou non, mais en tout cas la personne que je choisirai saura comprendre mes hésitations, mes peurs, mon recul. Et le moment venu saura même que je suis prêt juste parce que j'aurai tenu son bras plus longtemps ou parce que je me serait endormi contre elle."

"Merci de m'avoir expliqué Alex." Et Hermione pensait vraiment qu'il venait de lui faire un grand cadeau. Elle vit l'âge de cette âme dans cette discussion, pas l'enfant endormi sur son père, ni l'élève de l'école, ni la victime, ni rien d'autre qu'une âme qui a vécu et qui a appris.

Le garçon sourit gentiment et la vira de la tente. Il était hors de question qu'il y ait quelqu'un d'autre que son père ou Egal dans la tente pendant qu'il était dans la salle de bain. Hors il avait vraiment besoin d'une douche après son épuisante journée. Heureusement qu'ils avaient bien déjeuné ce matin-là où le repas non pris à midi aurait eut de mauvaises conséquences sur sa santé. Mais il s'était vraiment amusé dans le jardin, et c'était la première fois qu'il se laissait toucher par un si grand nombre depuis un an... même si ce 'nombre' était une bande de fleurs magiques. Le contact lui avait fait du bien. L'odeur terrestre et les différents parfum l'avaient aussi beaucoup relaxé. Et ensuite, il avait juste eu sommeil et n'avait pas pensé dormir aussi longtemps. En tout et pour tout, la journée avait été une aventure pour lui et il lui restait encore le match de quidditch à vivre.