Chapitre 7 : La rédemption d'un jedi

Obi-Wan l'observa un long moment, Vador toujours à terre, un sourire aux lèvres. Obi-Wan baissa son arme et s'empara de celle de Vador. Padmé pointa son sabre-laser sur Vador.

« Chacun son tour. Veux-tu mourir ? »

Vador sentait chaque pulsion de son cœur. Il n'avait jamais été plus conscient de la vie qu'à ce moment là. Vivre. Il aimait vivre. Il savait que sa réponse à la question de Padmé, sa femme. Non, ce jedi n'était pas Padmé. Cette dernière était morte en couche trois ans plus tôt. La femme qui se tenait devant lui possédait le corps de Padmé. Obi-Wan et les rebelles avaient un plan pour le faire tomber. Cepedant, il ne se laisserait pas faire. Il était plus malin que les autres. Il réfléchit de longues minutes. La dénommé Padmé n'avait pas bougé. Son expression était impassible. Vador releva légèrement la tête. Sa réponse fusa.

« Je choisis la mort. »

Il n'y eut qu'un rayon de lumière. Puis tout s'arrêta. Un instant de douleur et ses yeux se révulsèrent.

« Ne t'avais-je pas dit que j'étais celle qui te tuerais Vador ? Adieu. »

Choisir. Un mot tellement difficile. Presque autant qu'aimer. Padmé regarda avec horreur mourir Vador. Elle l'avait tué. Elle. De son propre chef. Elle qui prônait la paix, la justice. La guerre l'avait transformé. De droite et sensible, elle était devenu dure et fière. Plus rien ne comptait à par ses enfants maintenant. Anakin mort, Vador mort, elle pouvait désormais se retirer de ce monde. Non, il restait encore une tache à accomplir. Sidious, le seigneur le plus puissant et le plus noir des Sith. Elle allait l'affronter, avec Obi-Wan. Elle gagnerait face au mal ou mourrait. Mais avant, elle souhait passé un peu de temps avec ses enfants.

A la vue du corps, la souffrance envahit Padmé. Elle s'effondra, en pleurs. Elle pleurait pour la première fois la perte d'Anakin. Elle prit le visage de son aimé dans ses bras et l'embrassa une dernière fois. Le corps disparu, soudain. Anakin était retourné à la force. Elle espérait qu'il avait rejoint le bien. Elle se releva et vit le visage strié de larmes de son maître. Il la prit dans ses bras un moment, pas en tant que maître, mais en tant que vieil ami. Il lui chuchota.

« Ta formation est terminée, Padmé. Tu es désormais jedi. »

Obi-Wan lui donnait ainsi la liberté de continuer sa quête avec lui, ou de rejoindre sa famille pour finir sa vie. Elle avait le choix, mais sa décision était prise depuis bien longtemps.

« Je combattrais à vos côtés, Obi-Wan. Nous vaincrons l'obscurité ensemble. Seulement, auparavant, laissez-moi quelques jours auprès de mes enfants, juste quelques jours. »

Obi-Wan acquiesça, grave. Il lui murmura.

« Je t'accompagnerais. »

Le vaisseau s'arrêta sur Tatoïne. La chaleur étouffante fit curieusement du bien à Padmé. Cette planète lui rappelait Anakin. Non, cette planète était Anakin. Elle se dirigea vers l'habitat de sable de la famille de la mère d'Any rapidement. L'impatience de revoir ses enfants grandissait à chaque pas. Obi-Wan peinait à la suivre et riait quelque mètres derrières elle. Des éclats de voix accueillirent son arrivée. Leïla et Luke, âgés de trois ans, se précipitèrent vers elle. Elle s'arrêta et les accueillit au creux de ses bras.

Des larmes montèrent aux yeux de Padmé. Des larmes de joie et de tristesse. Luke ressemblait tellement à son père ! Les mêmes cheveux cuivrés, le même regard bleu perçant. Leïla, elle, avait sa détermination et sa nature têtue. La lueur de défi spécifique à Anakin brillait également dans ses yeux. Luke tira doucement la manche de Padmé.

« Maman. Rentrons. »

Elle lui sourit. La belle-sœur d'Anakin les attendait à la porte de la maisonnette ancrée dans le sable. Elle souriait, mais Padmé décelait dans son regard une lueur d'impatience et d'inquiétude.

Padmé coucha ses enfants et se dirigea vers le sofa grisâtre où l'y attendait Obi-Wan et la belle-sœur. Elle s'assit.

« Nous avons tué Vador. »

Sa belle-sœur l'observa un long moment mais ne dit rien. Padmé lut cependant un soupçon de tristesse dans son regard. Elle s'approcha lentement d'elle et la pris dans ses bras un moment. Elles restèrent ainsi de longues minutes. Obi-Wan n'avait piper mot. Elle sentit grâce à la force que les remords le rongeaient. Elle se dégagea doucement de sa belle sœur, se tourna vers Obi-Wan et lui pris les mains en plongeant son regard dans le sien.

« Ce ne sera jamais à cause de toi, Obi-Wan. Le côté obscur d'Anakin le dévorait depuis un long moment. C'est moi qui l'ai entrainé dans cette folie, moi qui l'ai épousé en sachant qu'il était jedi. Je n'aurais jamais dû. Cependant, je ne parviens pas à avoir de regrets. J'aime mes enfants plus que tout au monde, parce qu'il sont une partie de lui, le fruit de notre amour, certes défendu, mais incommensurable. Anakin cherchait à me sauver la vie dans un sens lorsqu'il a choisi le côté obscur, même si sa soif de puissance et de grandeur a dû y jouer. »

Elle baissa les yeux. Elle sentit les mains d'Obi-Wan se poser sur son visage et la forcer à le relever. Ses yeux étaient emplis de larmes et la transpercèrent. Elle ne s'y attendait pas du tout lorsqu'il posa ses lèvres sur les siennes. En fait, elle n'eut aucune réaction à cause de la surprise. Il n'insista pas et la relâchai puis dit :

« Je t'aime comme un frère, Padmé, comme un maître. J'ai fais ça pour te faire réagir, te montrer que tu aimes toujours Anakin. »

Elle ne l'avait jamais démenti. Pourquoi donc utilisait-il cette excuse ?

« Je n'ai jamais prétexté le contraire, non ? »

« Mais si tu aimes Anakin, comment ne peux-tu pas aimé Vador ? »

Quelque chose n'allait pas. Elle fronça les sourcils et s'éloignai d'Obi-Wan de plusieurs mètres. Celui-ci la dévisageait d'une drôle de façon, comme si…

« Tu es lente à comprendre, ma chérie. »

Vador ! Vador se tenait en face d'elle désormais, le visage monstrueusement tordu par un rictus d'extase. Elle pensa alors aux enfants couchés dans la pièce voisine, à sa belle-sœur – qui était partie faire le déjeuner entre temps – dans la cuisine. Il savait ! Il allait les prendre. De plus, elle n'avait plus son sabre laser sur elle , et elle ne pouvait rien faire sans lui, à part utiliser la force. Bien sûr ! Elle mit mes mains en bouclier devant elle . Il lui sourit et, heureusement, ne sortit pas son arme. Un combat égal, s'était déjà ça. Il enleva sa cape et se posta en position de défense.

« Je ne suis pas là pour les enfants, Padmé. Je suis là pour toi. Je veux que tu reviennes avec moi. Voilà pourquoi je ne t'ai pas détruite à notre première rencontre, dans le vaisseau allant vers Tatoïne. »

Padmé ne réagit pas. Contrôles-toi, lui ordonnai une voix dans ma tête. Elle essayait.

« Où est Obi-Wan ? »

« Enfermé. Je ne l'ai pas tué pour que tu ne t'énerves pas. Je te veux toi, en échange de sa vie. »

Il plaisantait ?

« Comment puis-je en être sûre ? »

Il se releva légèrement, glissa sa main la poche de son pantalon et en sortit un petit écran et l'alluma. Padmé se rapprocha, méfiante. Il lui tendit. Elle le prit et Obi-Wan apparut dans une cellule blanche, sur un lit relativement confortable pour un prisonnier. Il se releva soudain et s'approcha d'elle en boitant. Il hurla :

« Padmé ! Padmé ! Ne fais pas ce qu'il dit je t'en prie ! Je… »

L'écran s'étendit soudain devant elle. Elle essaya de le rallumer en vain. Elle le jeta à terre et le verre se brisa. La colère l'aveuglait désormais, et elle sentait la puissance son pouvoir prendre possession de son corps. Elle était plus puissante que Vador, et que tous les jedis et maîtres qui l'avaient précédé. Elle vaincrait cet infâme traître sans problème.

Elle vit alors le sourire narquois de son ennemi. Elle savait qu'il attendait ce moment depuis longtemps. Elle était en train de passer du côté obscur, et elle ne devait absolument pas suivre le chemin de son défunt époux. Elle ferma les yeux et souffla lentement. Cela suffit à la détendre et elle rouvrit les yeux, heureuse. Ce qu'elle vit dans les yeux de Vador la destabilisa. La peur et l'incompréhension se peignaient sur ses traits.

« Comment as-tu fais pour stopper le processus ? Comment as-tu combattu ? »

Elle garda le silence un moment puis répondit :

« Il suffit d'avoir la foi et la volonté suffisantes pour le faire, celle que vous n'avez jamais eu Vador. »

Il parut surpris.

« Tu penses qu'Anakin ne les avait pas ? »

Pourquoi évoquait-il Anakin maintenant ?

« Je pense que l'inquiétude la pousser à le faire, comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure. Anakin était un jedi puissant et bon, mais il était aussi orgueilleux. »

« Et tu l'as aimé quand même ? »

« Je l'aime toujours. »