L'étoile du recommencement: L'année du blaireau


Note auteur: ok. C'est le chapitre qui m'a donné le plus de mal. Je voulais qu'Alexandre devienne ce que j'avais prévu depuis la première histoire mais ce n'était pas facile à placer. Sa magie est différente, son âme est changée et il est capable de l'impossible. Il n'en est pas pour autant surpuissant mais plutôt : connecté à quelque chose de plus puissant. Un lien. Mais il aura toujours les même accidents de magie, les même 'oups'. Il est juste un peu plus important qu'il n'était déjà ^^

J'espère que vous aimerez ce chapitre.

P.S : oui nous sommes très très près de la fin mais j'ai encore pas mal de questions qui attendent leurs réponses alors il vous reste encore quelques chapitres ^^


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S/H : chapitre 35

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Alexandre ferma les yeux. Pas parce qu'il ne voulait pas voir son père mourir mais parce qu'il essayait de toutes ses forces de centrer sa magie sur un unique désir : le sauver.

Mais sa magie semblait tiraillée par un lointain appel à l'aide, s'étendant vers la personne qui appelait à l'aide avec grand désespoir.

Alexandre était incapable de refuser sa magie à l'inconnu. Et même si son cœur ne pouvait survivre ce choix qu'il faisait, pas si cela lui coûtait l'être qui lui était le plus cher, Alex lança un peu plus de sa magie pour répondre au mystérieux appel.

Alors que le jeune Rogue pensait tout perdre une vague d'or reflua jusqu'à lui, arrivant de cet endroit inconnu où un autre avait eu besoin de lui. Quelque chose repris sa place en lui, plus que le retour de sa magie entourée de celle d'or qui lui paraissait familière, c'était comme si les pièces d'un puzzle avaient enfin trouvé leur place.

Alexandre laissa son âme lancer un appel :

« Sauves-le ! »

'Sauves mon père'. Pensais le jeune sorcier. Et sa magie vibra de ce vœu puissant.

Une image apparut à l'intérieur des paupières closes, un puzzle dont les dernières pièces se posaient sous ses yeux.

'Je t'ai attendu longtemps.' Annonça un écho de voix.

Et puis...

Alexandre fut emporté dans une vision.

Trois hommes se tenaient en cercle autour d'un large trou creusé dans le sol terreux d'une grotte. Le puits était rempli d'un liquide argenté quasi intangible. Confiné comme il l'était le fluide scintillait et dansait comme s'il allait s'envoler à tout instant.

Peut-être l'aurait-il fait si les trois individus n'étaient pas en train de réciter une longue suite de mots latins en un chant qui n'en finissait plus. Alexandre observa et écouta, réalisant rapidement qu'il voyait ici trois sorciers en train d'enchanter la fosse.

Mais qu'était ce liquide et que voulaient-ils de lui ?

Un bruit venant de l'entrée de la grotte attira l'attention du jeune Rogue. Il se tourna et vit un adolescent se glisser aussi silencieusement que possible dans les ombres proches des murs de roche. L'intrus avança jusqu'à atteindre une pierre assez large pour le cacher. Les trois sorciers étaient tellement pris par leur sortilège qu'ils n'avaient prêté aucune attention à ce qui se trouvait au-delà de leur cercle et du puits.

La vision changea d'angle. Alexandre pouvait voir le tout jeune homme accroupi dans sa cachette. L'humain était très grand, un brun aux yeux bleus, avec une cicatrice entourant son cou preuve qu'il avait un jour était étranglé.

L'inconnu se mit à répéter des mots, aucun son ne quittait ses lèvres et Alexandre compris rapidement que la cicatrice n'était pas le seul souvenir de ce à quoi avait survécu le jeune homme. Il était muet. Pourtant il continuait à réciter et à tracer sur le sol des mots en un langage qu'Alexandre ne pouvait pas reconnaître. Ce qui était étrange quand sa magie avait traduit pour lui tant d'autres langages. Mais peut-être la distance de la vision était-elle cause de cette défaillance pour lui.

Au bout de quelques minutes, le jeune muet sortit doucement un couteau d'argent de la poche de sa veste. Il s'entailla la paume de la main et forma une coupe le temps d'accumuler une certaine quantité de sang. Puis il laissa couler le fluide rouge sur les mots marqués dans la terre. Chaque lettre se remplie du précieux liquide et sembla s'animer d'une vie propre. Le premier mot s'arracha du sol, laissant derrière lui une surface plate sans trace ni creux. L'écriture, qui était maintenant entièrement composée de sang et qui volait dans l'air devant son créateur, tremblait légèrement comme incertaine.

Le jeune homme entoura de ses deux mains le texte qui s'était formé devant ses yeux et se pencha, presque couché sur la terre, pour regarder les trois sorciers. Lentement, s'assurant de ne pas trahir sa présence par des gestes trop brusques, il ouvrit ses mains et souffla sur ses mots. Le texte glissa le long du sol, lettres à plat et parallèles au sol. Une à une elles plongèrent dans le puits et se mêlèrent au liquide argenté.

Le jeune homme se cacha à nouveau et attendit, la tête appuyée contre la pierre et les yeux fermés.

Alexandre vit un objet sortir du puits, s'élevant sous les ordres du chant des trois sorciers. L'argent immatériel essaya en vain de s'accrocher à ce qui apparut être une coupe. Rapidement le chant cessa et les trois hommes se retrouvèrent à tenir l'objet qui semblait familier à Alexandre. Ils riaient tous et se félicitaient et regardaient la coupe se remplir de ce même fluide d'où il était sorti. L'un des sorciers retourna la coupe pour la vider et dés qu'elle retrouva sa position d'origine elle s'emplit à nouveau. Le geste fut répété un grand nombre de fois, à l'amusement général.

Puis se lassant de leur jeu les trois hommes quittèrent la grotte avec leur trésor.

Alexandre se demanda pourquoi il était là et si en dehors de la vision le monde lui avait déjà enlevé son père.

'Le temps ne s'écoule pas pendant que ton âme est ici.' Annonça la même voix qui lui avait parlé juste avant la vision.

'Qui êtes-vous et où sommes-nous ?' Demanda Alexandre.

Le jeune homme muet sortit de sa cachette. Levant des yeux d'un bleu ciel sur l'âme du jeune Rogue.

'Je suis celui qui a attendu si longtemps pour toi.' Répondit celui qui un instant plus tôt n'avait pas eu de voix.

'Je ne comprends pas.' Avoua Le jeune Rogue.

L'inconnu lui sourit et se tourna vers le puits.

'Il y a très longtemps, des siècles et des siècles de ton temps, une famille de sorciers vivait dans un recoin du monde où personne ne pouvait les trouver. Ils avaient peu de magie et étaient d'une jalousie maladive les rares fois où ils croisaient d'autres membres de la communauté sorcière. En ces temps-là les sorciers n'avaient pas formé de société et ne se rencontraient que peu voir jamais. Mais cette famille désirait le pouvoir plus que tout alors...' Le jeune homme s'interrompit et regarda Alexandre qui n'était pour lui qu'une âme sans corps. Il sourit à nouveau mais son regard était triste.

'La famille trouva un moyen d'arracher leur pouvoir à d'autres. Elle créa des objets qui une fois confiés à des sorciers ou sorcières prélevaient discrètement de leur magie. Le plus longtemps en contact avec ces objets le plus de magie était volé. Mais les premières créations avaient leur défauts. Ceux qui venaient à les posséder mourraient très vite et la magie soustraite n'était qu'en faible quantité. Génération après génération la famille perfectionna son art et s'arrangea pour donner ou vendre ses créations sans que personne ne se rappelle qui avait vraiment donné l'objet. La famille modifiait les souvenirs de ses victimes et leur entourage, inventait des histoires afin que leurs inventions deviennent des héritages à transmettre de père en fils, de mère en fille, de parent à enfant. De cette manière la magie continuait à être prise d'un génération à l'autre des premières victimes.'

'Ces objets... existent-ils toujours ?' S'inquiéta Alexandre.

'Oui.' Répondit l'homme face à lui. 'Ils ont été légués dans de longues lignées magiques. Certains ont été détruits parce que leur propriétaires les pensaient maudits car ils prenaient des vies. Ceux-là étaient les plus défaillants. Les dernières créations étaient quasi parfaites et continuent leur mission. Mais ce qu'elles accomplissent ne sert plus à personne.' Dis le jeune homme joyeusement.

'Il n'y a plus personne pour recevoir leurs offrandes.' Déduisit Alexandre.

'Le jour où je suis entré dans cette grotte, j'ai appliqué ma propre magie à toute la lignée de cette famille. Ces trois hommes... sont connus comme les trois frères Peverell. De leur vivant ils n'ont laissé qu'une seule légende : celle de trois frère déjouant la Mort et recevant trois objets en récompense. Une baguette, un pierre, une cape. Chacun avec des pouvoirs rares et convoités. Il est dit que deux frères sont morts de s'être vantés de leurs possessions et d'avoir fait des jaloux. Le troisième mourant de vieillesse et accueillant la Mort comme un vieil ami. La vérité c'est que la légende est un mensonge créé pour attirer plus de victimes. Les trois frère se sont faits passés pour morts mais on vécu plus longtemps, cachés dans l'ombre pour mieux recevoir la magie d'autres sorciers. Leur erreur a été de n'avoir aucun enfant... du moins aucun à part moi.'

L'âme d'Alexandre s'agita devant les yeux du jeune homme, mais pas de peur.

Le jeune Peverell toucha sa gorge.

'J'étais un bâtard. Né hors mariage et non désiré. Ma mère m'a laissé sur le pas de leur porte sans une lettre d'explication. Elle s'est enfuie d'Angleterre. Je la comprends : elle savait quel danger elle courait en restant.'

'Mais elle t'a donné à eux !' S'indigna Alexandre.

'La famille avait une tapisserie enregistrant chaque naissance. Ils l'auraient poursuivie si elle m'avait gardé avec elle. Ma mère m'a sacrifié pour sauver sa propre vie. Ayant grandit auprès des trois Peverell je ne peux qu'être heureux de son choix. Je n'aurai pas souhaité à mon pire ennemi de souffrir ce que j'ai vécu.'

Alexandre se sentait triste pour ce jeune homme mais...

'Pourquoi suis-je ici alors que...'

'Alors que ton père est en danger ?' S'enquit le jeune Peverell avant de répondre. 'Parce qu'ici se trouve le moyen de le sauver.'

L'âme d'Alexandre s'agita à nouveau, pleine de questions et de doutes.

Peverell sourit doucement, sereinement.

'Ce jour-là, dans la grotte, a été mon dernier jour. Mon sacrifice à moi pour arrêter ces monstres. J'ai donné mon âme au puits, me suis lié à lui afin de rester assez longtemps dans ce monde pour voir la fin des Peverell. Du moins la fin de leur héritage puisque aucun des trois frères n'a jamais eu d'enfant. J'ai visité les rêves de leurs épouses et leur ai dévoilé la vérité. Chacune m'a aidé, comprenant le danger pour le monde sorcier. Elles ont toutes trois tués leurs maris et conservant leur nom ont eu des enfants de leurs amants. Elles sont restées respectables parce que leurs enfants ont été conçus avant de tuer les trois frères et de ce fait tout le monde croyait qu'ils étaient légitimes. Malheureusement les trois familles qui avaient en possession certains des objets maudits et avec le temps leur magie s'est atténuée et leur mémoire a été altérée jusqu'à oublié le danger.'

'Mais n'y avait-il aucun écrit, aucun moyen de se rappeler ? Ne pouvais-tu pas leur parler ?'

'Passez les premiers rêves je n'avais plus assez d'énergie. J'ai du me retrancher dans le puits et attendre l'occasion d'intervenir à nouveau. Les objets étaient réellement maudits : ils prenaient tout ce qu'ils pouvaient, pouvoirs et esprits étaient atteints. Alors je me suis endormi et j'ai attendu, ne me réveillant qu'à l'appel de la coupe. Plusieurs fois je suis revenu à mois le temps d'un seul tournoi avant de sombrer à nouveau.'

tournoi... tournoi...

'La coupe de feu !' S'exclama Alexandre.

'Oui. Elle a été créée pour forcer les sorciers à participer à un tournoi où la mort est quasi assurée. Chaque décès est un sacrifice qui renforce les sortilèges sur la coupe. Ceux qui survivent perdent une grande quantité de magie. C'est pour cela que leurs noms ne sont jamais connectés qu'avec le tournoi et qu'ils semblent disparaître après : ils n'ont plus assez de pouvoir pour accomplir ce qu'ils auraient pu autrement. Personne ne se rappelle comment le tournoi a été créé ni pourquoi il continue ni ce que deviennent les survivants. C'est un enchantement qui prends la direction des événements, influence les sorciers hauts placés et leur met en tête de renouveler le tournoi. Tous ceux qui en signent le contrat son accaparés et utilisés. Sorciers et créatures victimes à égalité. Les conséquences sont de longue durée aussi, s'étalant sur les des générations entières.'

Alexandre pris un moment pour se rassurer que le temps ne s'écoulait pas en dehors de cet endroit et qu'il aurait 'une' chance de sauver son père si seulement il écoutait et découvrait comment le faire. De plus il était important qu'il apprenne tout ce que le jeun Peverell lui révélait car :

'Quelles sont ces conséquences ?'

'Un affaiblissement de la magie d'une personne se répercute ensuite sur ses enfants qui seront moins puissants. Si la famille détient l'un des objets alors le vol de magie est constant et peu provoquer la disparition de la lignée en la coupant de son héritage magique, en lui donnant des enfants sans aucune magie. Génération après génération il y aura de plus en plus d'enfants ainsi nés, et ceux qui auront encore des pouvoirs seront à un niveau si bas qu'il ne faudra que le temps sera compté avant qu'aucun sorcier n'existe au monde. Comme le tournoi touche aussi les créatures il en ira de même pour elles : elles deviendront menacées d'extinction. De moins en moins de naissance, de plus en plus de morts dû à des maladies ou des faiblesses. Jusqu'au jour où il n'y aura plus que de parfaits humain sur Terre. Des humains et des animaux.'

Alexandre trembla. De nombreuses races magiques avaient déjà disparu et de nombreuses familles sorcières avaient eut des cracmols. Le nombre de ces enfants nés sans magie mais de parents sorciers augmentant ces dernières décennies. Les pur-sangs accusaient l'augmentation de nés-moldus mais apparemment ils avaient tords.

'Et pour les enfants magiques nés de moldus ?' Se renseigna le jeune Rogue.

Peverell réfléchit un instant, tournant ses yeux bleus vers la magie que contenait le puits car ici se trouvait l'une des lignes de magies parcourant la planète et le trou n'avait fait qu'en révéler une partie.

'La magie du monde essaie de rester en vie. Comme la coupe de feu est connectée à cette ligne et à travers elle à toutes les autres qui existent, la magie se réduit petit à petit. Les objets continuent de la voler et bien qu'il n'y ait plus de Peverell pour la recevoir ces créations sont devenus des réceptacles. Malheureusement les objets utilisent la magie qu'ils capturent pour renforcer les sortilèges qu'ils contiennent. Quand la coupe aura épuisé la magie de la Terre elle mangera alors les réserves qu'elle contient et comme elle les autres objets dévoreront jusqu'à la dernière goutte de magie en eux. Alors la seule magie qui restera sera dans le corps des sorciers qui n'auront pas touché ou approché les créations maudites des Peverell. C'est pour cela que les nés-moldus seront de plus en plus nombreux. La magie essaie de mettre à l'abri, dans des réceptacles sûrs, tout ce qu'elle peut protéger de la coupe et des autres.'

'Mais...' Alexandre s'interrompit. 'Si la coupe peut dessécher totalement la ligne de magie de toute la planète... et que renforcer les sorts sur les objets dévore la magie... est-ce que ça veut dire que quand les sorciers jettent des sorts ils épuisent le niveau de pouvoir disponible ? Que la magie de la Terre a une limite ?'

'La Terre la contient comme un bol contiendrait de l'eau. Mais il n'y a pas d'autre source d'eau pour remplir ce bol qui se vide. La magie ne vie que sur Terre. Alors oui, les sorciers tuent la magie eux aussi.' Avoua Peverell avant de tendre une main tremblante vers l'âme d'Alexandre : une boule d'énergie aux milles couleurs, vibrante et brillante, unique en ce monde.

'La magie est mourante ou du moins elle l'était jusqu'à cet instant. Avec mon sacrifice j'ai lancé un enchantement puissant qui n'avait besoin que d'une chose pour prendre vie et changer notre monde.'

L'âme colorée tremblait tout aussi fort que la main tendue vers elle.

'Je suis lié au puits, à la source même de la magie. Et en même temps je suis lié à la coupe de feu et grâce à elle je peux voir les sorciers. J'espérais quelque chose d'impossible. Le tournoi ne demandait que trois choses : affronter un danger direct, affronter un danger envers un proche aimé et affronter les dangers du monde sorcier que tous sorciers pourraient un jour avoir à surmonter. C'est là que je suis intervenu en rajoutant les conditions pour activer mon plan : sauver d'un danger direct un innocent. Sauver un proche aimé d'un danger. Sauver une personne luttant contre les dangers du monde. J'ai inverser les conditions, créé un miroir de celles de la coupe. Le jour où l'image opposée du miroir d'origine deviendrait réalité serait le jour de l'activation de mon sortilège.'

Peverell avança sa main un peu plus près d'Alexandre.

'Personne d'extérieur n'est jamais intervenu jusqu'à toi.'

'Et qu'apporte mon intervention ?' Devait-il sacrifier sa vie pour détruire la coupe ?

'Toute autre personne aurait simplement été mon miroir : l'image opposée de mon sacrifice. Je suis le négatif : la mort. Le dernier élément pour que le sortilège détruise la coupe était l'arrivée du positif : la vie. Comme le miroir des conditions il devait y avoir un miroir opposé de mon sacrifice. Ta vie, ton existence, ton intervention devait être le déclencheur pour éradiquer la coupe et le tournoi.'

'Devait ?' Souffla Alexandre.

'J'attendais l'impossible et cet impossible a dépassé même mes attentes.'

'Je... ne comprends pas.' Avoua le jeune Rogue.

'Le réceptacle, la Terre, de la magie est en train d'être dévorée. Même avec la destructions de la coupe de feu les sorciers restent et eux aussi mangent la magie. Ce qu'il faut est un nouveau conteneur. Un nouveau bol pour la magie.'

'Mais même ainsi elle sera limitée.' Protesta Alexandre.

'Elle l'aurait été si tu n'avais pas existé.'

Et encore une fois Alexandre ne comprenait pas. Alors Peverell reprit son explication.

'Ta magie a connu une évolution récemment. Elle a muté, bougé, grandi. Elle est liée à toute la magie du monde mais en même temps en est séparée. Parce qu'elle est en toi et que tu as été coupé de la source de magie à un moment donné avant d'être relié à elle par des millions de lignes différentes, tu es devenu un réceptacle à part. Tu touches la magie de la Terre mais tu es capable de t'en séparer. Les autres sorciers sont tous des enfants de la magie et intrinsèquement relié à elle. Ils ne peuvent se passer du lien comme tu le peux.'

'Mais j'utilise la magie donc je suis liée à elle ? À travers elle ma magie peut encore être volée.'

Peverell avait toujours une main tendue vers Alexandre, attendant quelque chose de précis avant de le toucher.

'Elle ne le peut pas car elle est trop différente. La coupe et ses semblables ont une image inscrite en eux de ce à quoi la magie ressemble. C'est de cette image qu'ils se servent pour trouver et voler la magie. L'image de la tienne est si différente que les objets seraient incapable de la toucher. Tu es séparé du danger par la mutation de ton pouvoir et de ton âme. Si ta magie avait été la seule à changer cela aurait suffit pour faire de toi un réceptacle digne pour une source limitée. Mais avec l'évolution de ton âme en plus ? Tout ce qui était impossible est possible.'

'Pourquoi ?'

'Quand tu fais de la magie tu étends la magie en toi vers l'extérieur pour atteindre la magie autour de toi. Plus tu cherches loin plus ta magie s'étend, plus elle grandit et se multiplie. Tu es devenu une source infinie. Tu fais grandir la magie jeune âme.'

Alexandre se figea. Il se souvenait avoir étendu sa magie pour découvrir l'utilité des couleurs. Et après il la remmenait toujours vers lui et ne se sentait pas plus plein de pouvoir qu'avant d'avoir fait grandir ses fils de magie.

'Qu'est-ce que ça veut dire pour nous... maintenant ?' Qu'allait-il ce passer en cet instant précis ?

'Nous allons détruire la coupe, effacer ce tournoi. Et puis ensuite nous transférerons la magie de la Terre jusqu'à toi.'

'Mais comment les sorciers feront pour lancer des sorts ?'

'Pendant le transfert tu vas être changé une dernière fois. Tous ces liens que tu formes avec la terre et les tiens vont se multiplier jusqu'à l'infini pour l'instant d'une minute. Tu seras relié à toute la planète et tu changera la magie que tu recevras et la reversera dans la ligne que tu auras vidée. Elle sera modifiée au point de ne pas être reconnue par les créations des Peverell. Ainsi la source principale existera à nouveau, non corrompue. Elle sera saine et pourra être utilisée par les sorciers : à la différence des objets maudits les humains magiques ne s'arrêteront pas à une image changée de la magie. Car elle aura été changée par l'un des leurs et de ce fait sera toujours reconnaissable.'

'Alors je ne serais qu'un réceptacle provisoire ?'

'Pas vraiment. Tu seras le pont vers le changement. La source principale apprendra à travers toi comment devenir infinie, renouvelable. Tu seras son exemple et un peu son parent. Mais la magie en toi va rester avec toi. Et elle va grandir comme elle l'a fait depuis deux ans. Tu as la chance d'avoir un point de repère, une ancre solide à laquelle de retenir. Peu importe à quel point ta magie grandie cela ne te fera pas de mal. Il se peut même qu'un jour toute cette magie qui naîtra de toi s'échappe de la Terre et essaie de trouver une nouvelle maison. Pour ce que j'en sais d'autres planètes verront naître des sorciers.' Rit le jeune homme.

Alexandre sourit. Ce futur était plus lumineux qu'il n'avait craint au départ de leur discussion. Quoiqu'il arrive ses pouvoirs continueraient leur évolution alors pouvoir aider la magie de leur monde était vraiment une chose merveilleuse. Et quelque part cela soulageait le poids de douleur qui restait encore sur ses épaules. Les dernières traces de souffrances laissées par un viol s'effaçaient. Parce qu'il avait changé et que cette expérience lui donnait cette possibilité d'aider 'quelqu'un' d'autre.

Peverell reprit la parole.

'Ce ne sera qu'une minute car le temps n'a pas toujours la même valeur. Cette minute pourrait contenir la naissance de tout un monde. Et rappelle toi d'une chose : quand tu seras de retour dans ton corps, cherches les autres objets maudits et brise les.'

'Je le promet.' Lui dit Alexandre.

Alors seulement le jeune Peverell toucha l'âme colorée d'Alexandre et le monde trembla.

Au-dehors, au milieu du combat devant le labyrinthe de la troisième tâche, Alexandre avait fermé les yeux pour à peine une minute. Il les rouvrit et sa magie explosa.

D'immenses lumières d'or, de sang, des forêts entières de verts, des océans de bleus, des roses dansant et des gris valdinguant. Toutes les couleurs se lancèrent dans le ciel en une colonne éblouissante avant de s'étendre dans toutes les directions. Pendant des décennies les humains purs parleraient de cette magnifique aurore boréale dont aucun scientifique ne pouvait expliquer l'apparition. Une merveille qui verrait le début d'une renaissance pour la faune et la flore de la Terre. Les siècles à venir seraient brillants de vie.

Alexandre respira profondément et laissa sa magie se propager. Recevant de la source qui se trouvait dans une grotte maintenant enfouie sous l'eau d'un lac près d'une école exceptionnelle, il buvait cette magie et la renvoyait hors de lui totalement différente de ce qu'elle avait été.

La voix de Peverell lui parvint.

'Rappelles-toi ta promesse.'

'Toujours.' Répondit l'âme d'Alexandre.

'Merci de m'avoir apporté le repos, toi qui es maintenant l'étoile du recommencement de la magie.'

'Que vas-tu devenir ?' S'inquiéta Alexandre.

''Je vais disparaître. Mon âme ne peut résister à la vague de magie qui vient du puits.' Sa voix restait sereine même à cette révélation terrible.

'Il doit y avoir un moyen ! Ton âme sera détruite !'

'Il n'y a rien à faire pour moi. J'ai accompli ma mission et j'en suis heureux.' Murmura la voix qui s'éteignait peu à peu.

'Non !' Cria Alexandre de toute son âme et de toute la puissance de la magie qui courait en lui.

Alors l'âme du jeune Peverell se sentit enlevée au puits qui l'avait abritée pendant des siècles. Alexandre la tirait vers lui, s'agrippant à cette vie qui avait tant sacrifié.

Et enfin, au moment même où la colonne de lumières retomba, Alexandre se saisit de l'âme de Peverell et la plaça au sein même de sa magie, à l'intérieur de lui. Elle était endommagée et aurait besoin de temps pour guérir mais un jour elle pourrait renaître et Alexandre veillerait sur elle jusque là... et même bien après.

Les yeux grands ouverts, Alexandre regarda les couleurs reprendre place en lui, la nuit retrouvant ses ténèbres illuminés d'étoiles. Tournant son regard effrayé vers celui qu'il espérait avoir d'une manière ou d'une autre protégé, Alexandre vit son père à genou sur le sol. Severus ne le quittait pas des yeux et bien qu'il haletait de fatigue l'homme semblait n'avoir que quelques blessures superficielles. À ses côtés la silhouette effondrée de l'Upyr commençait à tomber en poussière, anéantie par la magie qui avait recouvert le champs de bataille autant qu'elle s'était propagée dans le reste du monde.

Alexandre, les larmes aux yeux, se mit à courir vers l'être qui lui était le plus précieux et se jeta dans ses bras. Leurs genoux touchant la terre les deux Rogues s'entouraient de tout leur amour et de toute leur joie.

Autour d'eux la foule réalisa que le combat était fini et que tout irait bien désormais. Même s'il y avait des blessés à soigner, et des réponses à obtenir.

Drago s'était assis sur l'un des gradins et vit son père venir à lui avant de s'asseoir à ses côtés et de le prendre dans ses bras. Il pouvait comprendre ce que ressentais Alexandre parce qu'il vivait la même chose en cet instant. L'amour d'un fils pour son père et d'un père pour son fils. D'autres parents serraient leurs enfants contre eux, et ceux dont les famille n'avaient pu venir étaient tirés par leurs amis pour rejoindre les bras réconfortants qui s'étendaient pour eux.

Tout le monde respirait, conscient que la terrible nuit aurait des conséquences mais espérant pour le mieux.

Les morts ne reviendrait pas à la vie et des familles en souffriraient. Des créatures avaient attaqué mais les sorciers en avaient été responsable pour le tournoi. La foule avait paniqué et causé autant de pertes que l'attaque elle-même. Mais peut-être... peut-être qu'ils pourraient apprendre de leurs erreurs. C'est de l'espoir pur et simple que leur avait donné la colonne de magie et de couleurs qu'ils avaient eu le privilège de voir et de ressentir.

Peut-être qu'espérer pour le mieux était un bon début.