Chapitre IV

Elle attendit dans l'eau quelques minutes en plus puis alla se rhabiller. Elle attendit le coucher de soleil. Elle avait toujours adoré les levers et les couchers de soleil. Mais aucun de ses hommes ou de ses esclaves ne devait la voir admirer le ciel. Elle avait une réputation à tenir.
Le ciel se teinta de rouge, d'orange et de jaune. Des striures orange se mélangeaient aux striures jaunes et rouges qui se mélangeaient au ciel de plus en plus bleu. Bientôt, le ciel ne fût plus que bleu et noir. Des taches lumineuses parsemèrent le ciel. Xena s'était toujours demandée ce qu'étaient ces points lumineux. Une fois, quelqu'un lui avait dit que c'était les Dieux qui voulaient faire plaisir aux hommes en leur offrant un magnifique spectacle à regarder. Un autre lui avait dit que les Dieux avaient mis des points de repère dans le ciel pour guider les voyageurs. Elle ne savait pas quelle théorie croire. Elle prit son fourreau qui portait son épée et le mit à sa taille. Un de ses hommes la lui avait ramenée toute propre. Elle aurait très bien pu la nettoyer toute seule – elle aurait été mieux nettoyée – mais il fallait instaurer un règne de terreur et de respect. Elle soupira, remit son masque impassible et rentra au camp.

Gabrielle se réveilla en sursaut, un cou de pied dans le ventre. Il faisait encore noir mais le soleil n'allait pas tarder à faire son apparition.
La conquérante s'adressa à ses esclaves quand tout ceux-ci furent attachés ensemble au moyen d'anneaux de fer enserrant leur cou. Gabrielle avait été placée en tête de file, juste derrière le cheval de la conquérante.

X : Je suis sûre que vous vous demandez bien où l'on va comme ça. On va vers Athènes ou je pourrai rejoindre le reste de mon armée. Je vous vendrai là bas. J'ai un joli château qui accueillera certains d'entre vous.

La conquérante regarda Gabrielle, un sourire méchant accroché à ses lèvres. Celle-ci déglutit et baissa la tête. Etre l'esclave de la conquérante allait être plus difficile qu'elle ne le pensait. Elle aurait voulu être vendue car elle aurait peut-être pu, au bout d'un certain temps, être affranchie. Mais avec la conquérante, elle ne le sera jamais.

X : En route !

La conquérante monta sur son cheval et le fit avancer. La marche harassante reprit de plus belle. Mais Xena laissa ses esclaves et ses hommes se reposer chaque soir. Elle n'avait pas envie de perdre de l'argent.
Trois semaines plus tard, le nombre d'esclaves avait triplé. Gabrielle était toujours en tête de file. Elle n'avait comme paysage à longueur de journée que le dos de la guerrière et ses longs cheveux soyeux tombant sur son armure. Elle ne savait pas dans combien de temps ils allaient arriver à Athènes. Elle sentait déjà que ses jambes étaient devenues plus fortes. Ses bras aussi avaient pris des muscles à force de les serrer dans son dos et d'aider les autres esclaves à ne pas tomber. Ses abdominaux s'étaient endurcis de devoir se relever sans utiliser ses bras. Sa peau devenait de plus en plus hâlée à marcher au soleil. Le pire qu'elle avait à supporter, c'était de ne prendre son bain qu'une fois par semaine. Elle adorait quand ils pouvaient prendre leur bain car les hommes de la conquérante leurs enlevaient toutes leurs attaches. Elle pouvait alors se décoincer les épaules et se détendre. Le seul problème, c'est que la conquérante restait là, à surveiller les moindres faits et gestes des esclaves. Elle allait alors dans l'eau avec son morceau de tissu comme vêtement et ne l'enlevait qu'une fois qu'elle était sûre qu'on ne voyait pas son corps nu. Elle nettoyait ensuite son vêtement et le mettait sur une pierre pour qu'il sèche. Elle ne s'aventurait jamais où elle n'avait pas pied car elle ne savait pas nager. Le seul problème qu'elle avait, s'était de sortir de l'eau et de mettre son vêtement sec. Là, elle était vraiment sans défenses.
Aujourd'hui allait être le jour du bain. Elle s'en réjouissait d'avance. Elle avait un mal terrible aux épaules et ne les sentait plus. C'était sans compter ses pieds nus qui souffraient de marcher sans cesse à longueur de journée.
Elle traîna des pieds ce jour-là. Ses jambes lui faisaient un mal terrible. Elle ne vit pas la pierre qui se trouvait sur son chemin et trébucha dessus. Elle chuta, emportant quelques autres esclaves avec elle, et cria de douleur. Sa cheville droite lui faisait horriblement mal. Elle sentait son sang battre dans son pied.


Mais qu'a Gabrielle ? Va-t-elle se faire tuer à cause de sa maladresse ? La suite dans le prochain épisode