NDA : MERCI ! Merci à vous tous pour l'accueil chaleureux que vous avez réservé à cette fiction :) Je rappelle d'ailleurs que je réponds aux reviews anonymes sur le forum.
Pour toutes celles et ceux qui voulaient en savoir plus sur la relation entre Harry et Severus, et surtout se posent des questions sur le pourquoi et le comment Severus est devenu le tuteur de Harry, pas d'inquiétudes, vous allez le découvrir au gré de certains chapitres, dont celui-ci ^^
Chapitre 2
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Juin 1994
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Flash-back
Juin 1994
Harry attendait devant la porte du bureau du directeur Dumbledore, le cœur battant. Puis, au bout de quelques secondes, prenant son courage à deux mains, il frappa rapidement sur le bois vernis. Il en avait bien discuté avec Ron et Hermione. L'un comme l'autre pensaient que c'était encore la meilleure solution. Il fallait absolument que Dumbledore l'autorise à passer ses congés d'été chez les Weasley. À moins qu'il ne puisse rester ici, à Poudlard ? Ou n'importe où qui ne soit pas au 4, Privet Drive.
« Entre, Harry, » fit la voix du vieux mage.
Le garçon obéit mais s'arrêta net sous le coup de la stupeur. Non, impossible. Pourtant le professeur Dumbledore savait qu'il voulait lui parler, alors pourquoi donc cet immonde bâtard se trouvait là, devant lui ?! Harry déglutit tout en se remettant à avancer, sous le regard noir et meurtrier de son professeur de Potions. Comme à chaque fois qu'il le voyait depuis qu'il avait aidé Sirius à échapper au baiser du Détraqueur, l'homme avait ses mains secouées de spasmes, s'imaginant sans doute qu'il tenait son cou entre elles et qu'il était en train de l'étrangler. Le léger tic qu'il avait également depuis lors lui fit une nouvelle fois vilainement plisser ses lèvres fines.
« Assieds-toi mon garçon, » lui proposa Dumbledore.
Harry s'assit sagement sur le grand fauteuil, constatant avec une certaine satisfaction que ses pieds touchaient parfaitement le sol, bien que son dos soit droit comme un ''i'' contre le dossier. Cela n'était pas le cas l'année précédente. Il allait sur ses quatorze ans mais restait désespérément petit et maigre, voir qu'il avait quand même grandi durant l'année était donc réconfortant.
« Je crois que nous avions fini, Severus, n'est-ce pas ? » demanda le plus âgé des sorciers.
« Je crains que non, Albus, j'avais encore d'autres points d'une extrême importance à voir avec vous. Néanmoins, je suppose que vous allez me demander de sortir afin que votre... protégé, vous dise ce qu'il avait de si urgent à annoncer qui mérite que vous souhaitiez écourter un entretien avec l'un de vos enseignants, » grinça Snape, les yeux furieux.
« Severus, ne le prenez pas ainsi, je vous assure que j'attache la plus haute importance à nos discussions et... »
« Bien, dans ce cas je vais donc attendre ici que monsieur Potter vous expose son énorme problème existentiel, » le coupa alors le maître des Potions avec un sourire narquois tout en croisant ses mains sur son buste.
« Mais... » tenta de protester Harry.
« Quoi, Potter ? Ce que vous avez à dire est donc si... grave ? Confidentiel ? Que vous ne puissiez le dire devant un autre adulte responsable ? Serait-ce que vous cachez encore l'un de vos nombreux méfaits ? À moins, bien sûr, qu'il ne s'agisse d'informations concernant Sirius Black ? » cracha Snape.
À l'évocation du nom de son parrain et des quelques minutes de bonheur qu'il lui avait apportées, les iris verts se teintèrent de douleur, vite remplacée par la colère. C'était à cause de cet homme méprisable si Sirius était encore en fuite !
Harry savait, en son fort intérieur, qu'il n'était pas honnête mais c'était plus fort que lui. Pettigrow était loin, il ne lui restait plus que Snape comme défouloir émotionnel.
« Non, cela n'a strictement rien à voir... Monsieur. »
« Ne soyez pas aussi insolent ! Vous êtes exactement comme votre père, arrogant et... »
« Severus, Harry, enfin mes enfants, je vous en prie, calmez-vous. Bien, Harry, qu'avais-tu donc à me demander ? » essaya de tempérer Dumbledore.
Le garçon aux cheveux noirs le regarda, un sentiment de trahison le traversant. Comment son directeur voulait-il qu'il puisse plaider sa cause devant la chauve-souris ? Voyant le sourire satisfait de celui-ci, il se reprit. Tant pis, il n'était pas obligé d'entrer dans les détails.
« Voilà, en fait Ron m'a dit qu'il voulait m'inviter, cet été, au Terrier. Alors je me demandais, Professeur, est-ce vraiment utile que je retourne à Privet Drive ? Je pourrais rester tout l'été chez Ron, non ? »
Il leva des yeux remplis d'espoir. Mais ce dernier s'effondra rapidement malgré, ou plutôt à cause, du sourire désolé du vieil homme.
« Harry, tu sais que cela est impossible. Tu dois retourner au moins un mois chez ta tante. »
« Mais pourquoi ?! »
« Tu le sais. En raison de la protection qu'elle t'offre. »
« Mais elle ne m'offre aucune protection, professeur. Je ne suis qu'un poids pour elle, cela ne la dérangera pas si je ne retourne pas vivre avec elle et oncle Vernon. »
« Harry, tant que des Mangemorts sont en liberté, il n'y a qu'auprès d'elle que tu es en sécurité. Avec elle et ici, à Poudlard. »
« Très bien, alors je pourrais rester ici ? Je pourrais aider Hagrid, je ne vous dérangerai pas, je vous le promets. »
« Impossible. »
Cette fois, le timbre de voix était ferme et sans appel. Harry sut de suite que son entretien était terminé et qu'il venait d'obtenir une fin de non recevoir.
« Je pense que tu devrais retourner dans ton dortoir. »
Harry se leva donc, une boule au ventre. Il croisa les yeux d'onyx de Snape mais fut surpris de ne pas y lire la satisfaction qui aurait dû s'y trouver. Le garçon sursauta même face à leur intensité. C'était la première fois depuis... il ne savait pas quand, que les yeux de Snape ne tentaient pas de lui démontrer à quel point il était méprisable et insignifiant. C'était... perturbant. Non, le regard de nuit était rempli d'interrogations et fermement posé sur sa petite personne. Comme pour confirmer sa pensée, un murmure s'échappa des lèvres serrées, bien qu'il soit parfaitement intelligible.
« Excusez-moi, Albus, mais étiez-vous bien en train de parler de la tante maternelle de Potter ? La sœur de Lily ? »
Cette fois, Harry sentit clairement ses yeux s'écarquiller de stupeur. Snape appelait sa mère par son prénom ? Comment une telle chose pouvait-elle être possible ? Pourtant, il n'avait pas eu d'hallucination, il en était sûr. Il se sentit subitement mal à l'aise alors que Snape continuait de le dévisager, comme si c'était la première fois qu'il le voyait.
« C'est exact, Severus, » lui confirma Albus. « Était-ce tout, Harry ? »
« Oui, professeur, » répondit presque timidement le jeune sorcier en se soustrayant avec difficulté des profondeurs sombres de son professeur de potions.
Il allait se diriger vers la porte quand il se reprit brusquement.
« En fait, non, j'avais encore une chose, enfin, un document à vous donner. C'est mon parrain qui me l'a envoyé. »
« Black ! » s'exclama Snape en se redressant violemment alors que Dumbledore tendait sa main vers Harry pour se saisir du parchemin.
« Oh, je vois que ton parrain t'a donné l'autorisation d'aller à Pré-au-Lard l'année prochaine, » fit-il, ses yeux bleus pétillants de malice.
« Comment ! De quel droit !? » s'exclama Snape, furieux.
« C'est mon parrain, il en a le droit ! » cria Harry, en colère en se tournant vers Severus.
Que Snape émette cette protestation avait mis le feu aux poudres, faisant exploser un incendie brûlant dans son ventre. Cet homme, qui ne cessait de le rabaisser continuellement et était d'une injustice flagrante pendant ses cours, n'avait certainement pas à se mêler aussi de sa vie privée. Le fait qu'il vienne à l'instant d'appeler sa mère par son prénom était suffisamment perturbant comme cela. Non, Severus Snape, chauve-souris de son état et tortionnaire professorale à l'occasion, n'avait pas à dire quoi que ce soit sur le seul membre aimant de la famille qui lui restait ou pire, sur les décisions qu'il prenait le concernant. Même si le membre en question n'était pas réellement de sa famille, d'ailleurs. En tout cas, il était le seul adulte qui avait une autorité sur lui et qui voulait aussi réellement prendre soin de lui.
« C'est mon parrain, il voulait que j'aille vivre avec lui ! Et personne n'aurait pu l'en empêcher ! Je lui avais dit oui ! »
« C'est impensable, Albus. Ce garçon n'a visiblement plus toute sa tête ! Vous ne pouvez pas donner suite à ce document ! Et si c'était un piège afin qu'il puisse kidnapper Potter ? »
« Non, Severus, c'est malheureusement exact. Si Sirius n'était pas en fuite, je ne pourrais plus exiger de Harry qu'il reste chez sa tante. Et bien que se soit un évadé, Sirius n'a pas perdu ses droits en tant que parrain. Ce document est parfaitement légal. Harry pourra aller à Pré-au-Lard l'année prochaine. »
« Alors, est-ce que je pourrais aussi aller vivre chez lui ? S'il vient me chercher chez ma tante, personne ne pourrait s'y opposer ? Si un jour il revient, je partirai avec lui ? » fit avidement Harry.
« Albus ! » s'écria Snape, abasourdi.
« Harry, il est hors de question que tu quittes la demeure de ta tante, suis-je bien clair ? » rétorqua le vieux sorcier, sans plus qu'aucune étincelle n'illumine son regard.
« Limpide, » répondit amèrement le brun en jetant un œil torve sur l'homme en noir qu'il jugeait responsable de tous ses malheurs.
Sans attendre de réponse, il sortit du bureau, laissant Snape encore étrangement furieux et qui s'emportait de nouveau contre le directeur.
Le garçon erra sans but dans les couloirs déserts. Il n'avait aucune envie de retourner dans son dortoir, ni de rejoindre ses camarades au réfectoire. Il ne savait pas où l'attendaient Ron, Hermione et les autres, sans doute dans l'un ou l'autre de ces lieux.
Harry ne voulait pas les voir, il voulait rester seul, à ruminer sur son sombre destin. Il finit par grimper dans la Tour d'Astronomie et attendit que le soleil se couche, tout en pensant à Sirius.
Pendant ce temps, dans le bureau directorial, Severus Snape sentait son flegme et sa patience le lâcher. Il était dans une rage noire et tournait en rond en de grands pas saccadés et colériques.
« Comment Albus, comment avez-vous pu confier ce garçon à Pétunia Evans ? Cette femme déteste la magie, elle haïssait sa sœur ! »
« Vous exagérez, Severus. Pétunia était jalouse de Lily, je vous l'accorde, mais elle ne la haïssait pas, tout comme je suis persuadé qu'elle ne hait pas son neveu. Je suis d'accord qu'elle et son mari n'ont pas dû accueillir Harry avec empressement, mais la lettre que je leur avais confiée leur expliquait dans le détail ce qui était arrivé aux Potter, ainsi que le rôle qu'elle avait à jouer auprès de son neveu. Et quoi que vous en pensiez, elle l'a tenu ! Harry a toujours vécu chez eux. Si vraiment elle ne tenait pas à lui, elle l'aurait confié aux services sociaux moldus ou elle m'aurait fait savoir qu'elle ne le voulait pas. »
Son discours n'entraîna qu'un ricanement méprisant avec que Snape n'explose.
« Êtes-vous donc naïf à ce point, Albus ? Ou ignorant des coutumes et lois moldues ? J'ai eu l'immense privilège de connaître Pétunia et son morse de mari, un certain Vernon si ma mémoire ne me trompe pas. Je sais ce qui motive ce genre de personnes : l'argent et les apparences. Une fois Harry chez eux, je suppose que tout a été mis en place chez les Moldus ? Que les services sociaux avaient en leur possession, comme par magie, tous les documents faisant de Pétunia et Vernon les tuteurs de l'enfant ? Évidemment. Pensez-vous réellement que Pétunia aurait pris le risque de les voir débarquer chez elle si elle refusait de s'occuper du rejeton ? Risquer que le scandale ne l'éclabousse ? Je la vois d'ici, en train de peser le pour et le contre. Et j'imagine parfaitement ce qui a fait pencher la balance. L'argent. Elle devait bien percevoir des aides de la part de l'État britannique pour s'occuper de Harry. Et je suppose qu'elle en a perçu également de la part du monde sorcier. Une très généreuse somme. N'est-ce pas, Albus ? »
L'illustre sorcier sembla un instant mal à l'aise avant de se reprendre.
« Certes, je trouvais cela normal que la fortune des Potter serve à aider ce couple pour élever leur enfant. Je ne vois pas ce qu'il a de répréhensible à cela. »
« Vous ne voyez pas ? Vous ne voyez pas ! » rugit Snape. « Alors je vais être clair avec vous. Je ne sais pas combien vous leur allouez chaque mois pour Harry, mais laissez-moi vous garantir une chose : c'est que cet enfant n'en a certainement jamais vu la couleur. Pétunia Evans en train de s'occuper amoureusement d'un enfant d'un autre, pire, d'un sorcier, le fils de sa monstruosité de sœur !? Car c'est comme cela qu'elle l'appelait : le monstre ! C'est impensable ! Jamais les Dursley n'auraient été capable de le faire ! Jamais ! Merlin, Albus, mais qu'avez-vous fait dans votre inconscience ! »
Le sorcier en robe noire s'affala dans le fauteuil, sans grâce aucune.
« Je n'ose imaginer ce qu'elle et son mari ont dû faire subir à cet enfant. Seigneur, Lily... Et... Bon sang, c'est impossible, je n'aurais pas pu me tromper à ce point. Pourtant... Non, je refuse d'avoir été aveugle de cette façon... » chuchota-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.
Albus le laissa marmonner encore pendant plusieurs minutes, sans prendre le risque de l'interrompre, tant il était visible que l'homme menait un véritable combat intérieur entre ce qu'il avait toujours cru savoir avec une certitude inébranlable sur l'enfant Potter et ce que, maintenant, il découvrait.
Le comportement du fils de James était-il réellement le pendant de celui de son père ? Pouvait-il résulter d'une enfance dorée, l'aboutissement d'un enfant trop gâté, orgueilleux et vantard sachant qui étaient ses tuteurs ? Ou au contraire, le bébé de Lily avait-il connu des négligences (il refusait encore de s'avouer le terme maltraitance) qui l'avaient conduit à être agressif et coléreux ? Ce qu'il prenait pour du dédain pouvait-il être en réalité de la timidité ?
Une nausée l'envahit, bien malgré lui, alors qu'il repensait à tout ce qu'il savait et vu du jeune Potter depuis son entrée à Poudlard. Il avait détesté cet enfant, dès le premier regard, lui, le fruit de l'amour de son ennemi avec celle qu'il avait toujours aimée, son plus douloureux échec. Puis il repensa aux dernières paroles du jeune garçon.
« Et Black ! Mais par Salazar, pourquoi avez-vous tenu tout ce discours devant ce stupide gamin ? Vous trouvez qu'il ne risque pas encore assez inutilement sa vie ? Il est tellement, inconscient, orgueilleux et... tellement Potter ! Il serait capable de se mettre à la poursuite de son idiot de parrain ! Seul ! »
« Severus, si je ne vous connaissais pas aussi bien, je pourrais croire que vous vous inquiétez pour cet enfant. »
Le regard noir et perçant de l'homme tenta de le clouer sur place.
« Auriez-vous commencé à voir le fils de Lily derrière votre rancœur quand vous dénigriez le fils de James ? » continua l'illustre professeur, imperturbable. « Severus, porteriez-vous enfin un peu d'intérêt envers Harry ? »
« Elle a donné sa vie pour lui ! Sa vie ! » hurla soudain Severus. « Ma Lily... » continua-t-il en se redressant brutalement avant de s'effondrer de nouveau sur le fauteuil. « Et si vous pensez, vous, ce crétin de Potter ou qui que ce soit d'autre, que vous pourriez rendre cet inestimable sacrifice vain, vous vous trompez. Dussé-je y laisser la mienne... » murmura-t-il dans un souffle.
« Severus, pourquoi donc refuses-tu d'admettre l'évidence ? » fit Albus, d'un ton paternel, oubliant le côté professionnel de l'entretien qui était devenu bien plus personnel. « Harry est autant l'enfant de Lily que de James. Tu t'entêtes à ne voir que les défauts de James en lui, pourquoi n'essayes-tu pas de voir enfin ses qualités et les ressemblances qu'il tient de sa mère ? »
« Je ne peux, » répondit Snape en fermant les yeux.
« Pourtant, si tu veux absolument faire ce que tu dis, il le faudra bien. Un jour ou l'autre. »
Le professeur réfléchit un instant avant de planter ses prunelles noires avec détermination dans le regard bleu.
« Albus, je refuse que Black puisse approcher cet enfant. Cet homme est un danger. Vous, ce loup-garou dégénéré et ces abrutis de gamins sans cervelle, vous avez beau assurer à la face du monde que Black est innocent, je ne peux le croire. Cet homme est capable du pire, je suis bien placé pour le savoir. Que vaut une vie pour lui ?! Tant que je n'aurai pas une preuve flagrante du contraire, je le tiendrai pour responsable de la mort de Lily. Il est donc hors de question qu'il puisse avoir une quelconque autorité sur son fils, ou pire, qu'il puisse un jour le récupérer entre ses griffes. »
« Tu ne veux pas de Sirius Black, tu refuses les Dursley... Severus, Severus, dans ce cas, il ne te reste que peu de solutions, je le crains, » conclut Dumbledore, un sourire particulièrement énervant aux lèvres.
Et en cet instant, Severus Snape se demanda s'il n'était pas proprement tombé dans une énorme toile d'araignée, avec Albus Dumbledore dans le rôle de cette dernière.
... ... ...
Harry était perdu dans la contemplation des étoiles quand le claquement sec de bruits de pas derrière son dos le fit se retourner brusquement. Il savait qui en était responsable et n'avait aucune envie de se retrouver face à l'individu. Il chercha rapidement un moyen pour se cacher mais peine perdue, la voix doucereuse de Snape le coupa dans sa tentative trop tardive de retraite.
« Monsieur Potter, puis-je savoir ce que vous faites ici à cette heure, ainsi que la raison de votre absence au dîner de ce soir ? »
Le garçon redressa le menton, bien décidé à être le plus impertinent possible. De toute façon, quelle que soit sa réponse, Snape lui assénerait combien il l'était, ainsi qu'arrogant, prétentieux, faiseur de troubles et bien d'autres choses encore. Alors autant faire en sorte que ce soit un peu mérité.
« Non et non, professeur. »
« Ne soyez donc pas aussi insolent, Potter ! »
« Pourquoi donc ? Vous allez me mettre une retenue ? Il ne reste plus que demain et encore, le Poudlard Express part à dix heures, » fit Harry avec un petit sourire.
Ce dernier se fana immédiatement alors que l'homme se rapprochait encore jusqu'à ce qu'il se retrouve à quelques centimètres de lui.
« Et moi je vous rappelle que l'année prochaine nous serons encore là, l'un comme l'autre, » gronda-t-il sourdement.
« Vous... vous ne pouvez pas me punir pour l'année prochaine ! » s'écria Harry.
« Oh... Vous voulez que l'on vérifie peut-être, Potter ? »
Le garçon avala péniblement sa salive. Non, il n'en avait pas la moindre envie mais refusait aussi mordicus de l'avouer au grand homme en habits noirs qui se tenait devant lui.
« J'attends une réponse, monsieur Potter, » insista pourtant le directeur des Vert et Argent.
« Non... » murmura l'enfant, contraint.
« Bien... Dans ce cas vous allez retourner dans votre dortoir... Après m'avoir expliqué ce que vous faisiez là... » rajouta-t-il alors que Harry tentait une nouvelle fois de sortir de la pièce.
« Je... Je réfléchissais, » finit par avouer le garçon après une longue minute de silence pesant.
« Vraiment ? Enchanté d'apprendre que vous en seriez finalement capable. Et à quoi donc notre Survivant national pouvait bien réfléchir ? »
Le jeune adolescent se mordit la lèvre inférieure, retenant avec difficulté les remarques acerbes qui ne demandaient pourtant qu'à s'échapper de sa bouche. Pourquoi ce salopard ne lui fichait pas un peu la paix ? Cela ne lui suffisait donc pas de lui gâcher la vie ou de savoir que son parrain était loin de lui ?
« Je pensais à Sirius, au fait de vivre avec lui, » lâcha-t-il enfin, sans desserrer les dents.
« Je vous interdis de penser à de telles stupidités ! » s'exclama Snape.
Cette fois, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase d'amertume déjà bien rempli dans le cœur de Harry.
« Vous n'avez pas le droit de m'empêcher ce genre de choses ! Vous n'êtes rien pour moi ! Rien qu'un professeur ! Cela ne vous autorise pas à vouloir contrôler mes pensées ! Surtout pas celles qui concernent ma vie privée et Sirius ! »
« Et vous, enfant arrogant, vous ne savez rien de cet homme, de ce traître ! » cria en retour ledit professeur.
« J'en sais suffisamment, plus que vous de toute façon ! Sirius n'était pas un traître, il m'aime, c'est tout ce qui compte ! Et si un jour, il veut que j'aille vivre avec lui, vous n'aurez rien à dire ! »
« C'est hors de question ! Soyez certain que j'empêcherai cela d'arriver ! »
« Vous ne pourrez pas l'empêcher, même Dumbledore ne le pourra pas ! C'est mon parrain, mon tuteur ! Et vous, vous n'êtes personne pour moi ! PERSONNE ! » hurla l'enfant, le visage relevé et à quelques millimètres du torse de l'homme.
Celui-ci le prit par les épaules et le secoua comme un prunier, le visage blême tordu par la rage.
« Je t'interdis de reprendre contact avec lui ! Tu vas retourner là où tu seras en sécurité, c'est à dire chez ta tante ! Tu y resteras quoi qu'il s'y passe, pour ta survie, car c'est tout ce qui compte au final ! Tu es comme ton père, un sale gosse inconscient, égoïste et vantard ! Mais je ne te laisserai pas faire cela ! Tu entends ?! »
« Non ! »
Le cœur de Harry se mit à déborder.
De quel droit tous ces adultes lui ordonnaient de faire telle ou telle chose alors qu'au final, seul Sirius était légalement en droit de le faire ? Il ne voulait pas retourner chez les Dursley, pas après avoir crû au bonheur d'un foyer aimant. Il ne voulait plus de cris, de brimades, de coups et d'humiliations. Il ne voulait plus connaître la faim et les souffrances aussi bien physiques que morales que lui causaient ceux qui se faisaient honteusement appeler sa famille.
« Je veux pas ! Je veux pas ! C'est vous qui ne savez rien de moi ! Rien ! » s'écria-t-il, au bord de l'hystérie.
Le sorcier cessa de le secouer mais son regard devint encore plus dur, plus glacial, emprunt d'une détermination qui fit froid dans le dos du gamin. Il eut l'atroce impression que son professeur allait lui faire du mal, peut-être même le tuer. C'était ridicule, Snape le haïssait, certes, mais il lui avait également déjà sauvé la vie, à plusieurs reprises. Ce ne serait certainement pas pour l'assassiner stupidement maintenant sous le coup de la colère, non ?
Néanmoins quand il le vit pointer sa baguette sur son front, il commença à trembler.
« P... Professeur Snape ? »
« Pourquoi ? » susurra l'homme.
« Pourquoi quoi ? »
« Pourquoi tu ne veux pas aller chez Pétunia ? »
Le garçon tiqua. Et lui, pourquoi voulait-il savoir cela ? Subitement, Harry réalisa aussi une autre chose. Snape avait appelé sa tante par son seul prénom, comme s'il la connaissait. Pourtant, il ne se rappelait pas que lui ou Dumbledore l'ait mentionné lors de leur discussion. Cette constatation fit pendant à celle qu'il s'était faite quand Snape avait déjà appelé sa mère Lily.
« Comment vous... Ça ne vous regarde pas ! » rétorqua-t-il, mal à l'aise.
« Oh que si, gamin, cela me regarde. »
« Non ! Je ne répondrai qu'à Sirius, pas à vous ! »
« Cesse de parler de ce monstre et réponds. »
Le terme ''monstre'' fit exploser la rage de Harry.
« C'est pas lui le monstre, c'est vous ! Sirius, Sirius, SIRIUS ! » cria Harry de toute la force de ses poumons, les yeux brillants de larmes contenues de colère et de chagrin.
Il eut à peine le temps de voir la main de Severus s'agiter que le sort l'atteignait en plein front.
« Legilimens... »
Aussitôt, Harry sentit une présence douloureuse dans son crâne qui l'entraîna dans les méandres de son esprit et de ses souvenirs. Il lutta contre elle, essaya de la rejeter, mais plus il essayait, plus elle se faisait inquisitrice, ravageuse. Il fut obligé de se souvenir des paroles de Sirius, ressentant de nouveau la joie à l'entente de ses paroles mais aussi la terrible déception qui avait suivi, ainsi que sa terreur et son dégoût devant les Détraqueurs.
Cependant, ce n'était visiblement pas ce qui intéressait l'ombre noire, qui, sans s'attarder sur ses autres souvenirs liés à Poudlard, l'emporta plus loin, là où se trouvaient ceux liés aux Dursley. Harry freina de toutes ses forces mais fut forcé de regarder.
Il se vit, enfermé dans sa chambre avec les barreaux à sa fenêtre. Il se vit encore, de nouveau humilié, puni, volant un morceau de pain, de beurre ou de bacon pour pouvoir manger, la faim lui tordant douloureusement le ventre, travaillant sous le soleil brûlant avec Dudley qui le regardait en se moquant tout en dévorant une énorme glace. Puis Vernon, rouge de colère, qui le giflait en le traitant de monstre. Les souvenirs allaient plus vite, de plus en plus vite, défilant devant ses yeux, lui donnant la nausée. Il se vit devenir de plus en plus petit, enfermé dans son placard, jusqu'à n'être qu'un tout petit garçon pleurant, un bébé, ses grands yeux verts noyés sous les larmes et qui tendaient les bras vers sa tante en appelant désespérément sa mère alors que Pétunia l'empoignait comme seule réponse pour le jeter dans son placard. Il ressentit la douleur de l'enfant, son terrible sentiment d'abandon et d'incompréhension, lui qui, il y avait encore quelques jours à peine, était aimé et choyé par ses parents.
Enfin, un cri retentit dans sa tête alors qu'une lumière verte illuminait sa chambre de bébé et que des cheveux roux entraient brièvement dans son champ de vision.
Ce fut trop pour Harry qui se mit à hurler en se tenant le crâne entre ses mains.
L'ombre daigna enfin sortir de sa tête, le laissant chancelant. Il s'effondra lamentablement sur le sol, les joues humides des larmes qu'il ne s'était pas rendu compte avoir versées. Il resta là, étendu sur le sol froid, secoué de sanglots incontrôlables. Puis, après quelques secondes, il se reprit. Essuyant ses joues d'une main colérique, il se remit debout en tremblant. Harry releva son visage vers Snape qui le dévisageait. L'homme était toujours pâle mais sa rage semblait l'avoir quitté. Il n'affichait plus que son habituel masque impénétrable.
« Vous êtes fier de vous ? » balbutia Harry, ignorant les conséquences du sort que Snape lui avait lancé et pourquoi il l'avait fait. « Vous m'avez obligé à revoir tout ce que je ne voulais pas vous dire et puis quoi ? Vous pensez que je vais vous faire des confidences maintenant ? Je vous déteste ! Je vous HAIS ! »
Mais l'homme ne dit rien, se contentant de plonger ses onyx dans les émeraudes, comme s'il ne voulait voir plus qu'elles.
« Lily... » murmura-t-il enfin.
« NON ! Vous n'avez pas le droit de dire le prénom de ma mère ! » rugit Harry en se précipitant sur lui.
Sans plus se contrôler, il le frappa de ses poings, martelant son torse.
« Vous me détestez ! Pourquoi vous ne voulez pas que je sois heureux avec quelqu'un qui m'aimerait enfin ? Pourquoi ? Mais qu'est-ce que je vous ai fait ? »
« Elle est morte... »
Ce chuchotement qui pourtant arriva jusqu'à ses oreilles lui fit perdre pied. Il arrêta ses coups, ses yeux stupéfaits étudiant le visage blanc du maître des Potions qui le dévisageait toujours.
« C'est parce qu'elle est morte que vous me haïssez ? »
Seul un long silence s'ensuivit qui le détruisit un peu plus. Snape le rendait donc responsable de la mort de sa propre mère ? Mère qu'il appelait Lily avec comme de la vénération dans la voix ? Bien que Hermione pensait qu'il manquait parfois de jugeote, Harry ne fut pas long cette fois-ci à comprendre. Il éclata en larmes, cracha sur le visage de son professeur et s'enfuit en courant.
« Harry ! Harry attends ! » cria Severus, mais ce fut sans succès, le garçon disparaissant rapidement dans les escaliers en colimaçon.
... ... ...
Harry n'entendit pas Snape crier son prénom. Seul comptait le bruit sourd de son cœur et du sang qui tapait dans ses oreilles. Il courut, ses poumons en feu dans sa poitrine, jusque devant le tableau de la Grosse Dame à qui il hurla le mot de passe. Bien qu'elle en fût outrée, le portrait consentit rapidement à laisser passer le Survivant.
Celui-ci se précipita dans la salle commune des Rouge et Or où, comme cela était prévisible, l'attendaient Ron et Hermione, installés sur le canapé près de la cheminée. Pourtant, Harry ne leur accorda qu'un bref regard avant de gravir quatre à quatre les marches du dortoir. Restant là encore sourd aux appels de ses amis, il entra dans la pièce où se trouvaient déjà les trois autres occupants avant de se jeter sur son lit à baldaquins. Là, il ferma hermétiquement les rideaux, jeta un sort du silence et laissa libre court à son chagrin, le nez dans son oreiller.
« Je crois que ce n'est pas la peine de lui demander comment ça s'est passé avec Dumbledore, pas vrai ? » s'enquit Ron auprès de la jeune fille brune à ses côtés.
« Vraiment ? Voyons, Ron, parfois je me demande à quoi tu penses... »
Le lendemain, pendant le petit-déjeuner, Harry avait encore les yeux légèrement rougis et il était étrangement silencieux, faisant office d'intrus non seulement à la table des Lions mais dans l'ensemble de la Grande Salle effroyablement bruyante.
Petit à petit il se dérida un peu mais resta morose pendant le trajet à bord du Poudlard Express. Même les pitreries de Coquecigrue ne parvinrent qu'à lui arracher un maigre sourire.
« Tu sais, Harry, peut-être que les Dursley te ficheront un peu la paix si tu leur dis que ce dangereux criminel recherché par la police est en réalité ton parrain, » proposa gentiment Hermione.
« Peut-être, mais j'en doute. Faudrait-il déjà qu'ils me croient, et ça, c'est pas gagné, » répondit lugubrement le garçon.
« Allez, Harry, t'en fais pas, ce n'est qu'un mois à tenir, on viendra te chercher après ton anniversaire. Papa me l'a promis. Même s'il ne peut pas avoir de place pour la coupe du monde. Mais je suis sûr qu'il en aura, rassure-toi ! » fit Ron avec un réel enthousiasme.
Harry lui sourit. Voir Ron aussi heureux lui faisait à la fois un peu mal au cœur et plaisir. Son ami avait de la chance d'avoir une famille aimante, soudée. Certes, Percy était un idiot patenté, mais c'était bien le seul de la famille Weasley, du moins, de ceux que Harry connaissait. Et même si Percy n'était pas très agréable, il n'était pas méchant.
Parfois, Harry enviait Ron. Il aurait aimé lui aussi avoir une famille. Oh, il n'était pourtant pas très exigeant, il ne demandait pas d'avoir un père, une mère et toute une tripoté de frères et sœurs, non. Mais au moins un parent, un seul et minuscule parent. Quelqu'un qui l'aimerait, qui aurait voulu de lui dans sa vie, qui pourrait s'occuper de lui, le soutenir s'il avait besoin, qui le consolerait quand il aurait de la peine, qui lui apporterait un verre d'eau au lit quand il serait malade, qui le féliciterait quand il ramènerait une bonne note de l'école. Qui serait là, tout simplement, pour lui. Qui aurait pour lui toutes ces petites attentions, tous ces petits détails de la vie courante que connaissaient Ron, Hermione, Dudley et tous les autres enfants de l'entourage de Harry mais que lui n'avait jamais connus.
Lui, il devait se débrouiller par lui même, depuis toujours. Personne pour le consoler quand il faisait un cauchemar ou quand un copain de Dudley le frappait, il devait se soigner tout seul et ne pas oublier de nettoyer ses ''saletés'' comme disait sa tante Pétunia quand il tombait malade. Sa famille ne voulait pas de lui, ils le haïssaient et auraient largement préféré qu'il soit mort en cette nuit fatidique du 31 Octobre. Sirius aurait pu lui apporter ce rêve, cet espoir. Mais non.
Son sourire se fana alors que cette pensée lui rappelait ce qui s'était passé dans la Tour d'Astronomie, la veille. Il n'en avait pas parlé à Ron et Hermione. Pas encore tout du moins.
« Harry, est-ce que ça va ? » demanda justement la brunette une nouvelle fois.
Le jeune sorcier se décida soudain à faire part à ses amis de sa rencontre avec Snape. Du moins, en partie.
« Oui, ça va, Hermione. C'est juste que j'aurais préféré que Dumbledore m'autorise à ne pas retourner chez les Dursley. Et surtout que Snape ne soit pas présent... »
« SNAPE ? » s'écrièrent Ron et Hermione de concert.
« Oui, il était là. Le pire, c'est qu'il m'a retrouvé quand j'étais dans la Tour d'Astronomie, après. » Voyant l'air en peu perplexe des deux autres, il précisa. « Je n'avais pas faim, alors je me suis baladé. Il s'est encore moqué de moi et je... je lui ai crié dessus. Je lui ai même... craché dessus, » avoua-t-il finalement.
« QUOI ? » cria Hermione, choquée. « Comment as-tu pu faire une chose pareille ?! C'est un professeur ! Il aurait pu te faire renvoyer ! »
« Il... Il est vraiment allé très loin ! Il a insulté Sirius, il m'a interdit de lui parler, de le revoir ! Il n'a pas le droit ! Il n'a aucun droit sur moi et en plus... »
Harry s'arrêta net. Non, il n'avait pas du tout envie de révéler à ses amis que Snape l'avait rendu responsable du décès de ses parents, ou plus exactement de celui de sa mère. Il ne voulait en aucun cas leur faire part du terrible soupçon qu'il avait depuis lors, à savoir que Severus Snape avait été amoureux de sa mère. Rien que d'imaginer ce que Hermione et Ron pourraient en dire le rendait malade. Il était hors de question que quelqu'un énonce à voix haute que, peut-être, cet être méchant, injuste et graisseux ait pu être un jour le petit-ami de sa belle et douce maman, voire son amant. Quelle horreur. Rien que de le penser suffisait à lui envoyer des images abjectes dans le crâne.
« Tu sais très bien que Snape essaye toujours de te pousser dans tes derniers retranchements ! Si ce n'est pas lui, c'est Rosier ! Enfin, Harry, il t'a tendu un piège et toi, tu es tombé tête baissée dedans ! » se lamenta Hermione.
« Mec, là, t'es vraiment mal. Je suis admiratif, d'accord, mais tu es mal. »
« Non, Ron, je suis un homme mort, tu peux le dire... » grogna Harry.
« Harry, c'est vraiment terrible. Tu devrais en parler à Dumbledore à la rentrée. Ou à Sirius. »
« Sirius ? J'espère que c'est une blague, Herm' ? Lui et Snape se détestent ! En quoi pourrait-il m'aider ? Non, hors de question que je mêle Sirius à tout cela, ce serait encore pire. Quant à Dumbledore, je ne vois pas trop ce qu'il pourrait faire non plus. Non, il faut que je me fasse une raison. L'année prochaine risque d'être particulièrement terrifiante. »
Ses deux amis hochèrent la tête, clairement navrés pour lui.
« Ce que je ne comprends pas, » fit finalement Hermione après un instant de silence, « c'est pourquoi tu n'as pas été convoqué chez le directeur ou chez McGonagall. D'accord, c'était hier soir mais quand même. C'est vraiment très étonnant de la part de Snape. Il aurait dû demander ton renvoi ou une punition exemplaire. Ou alors, peut-être qu'il l'a fait mais comme il n'y avait pas de témoin et vu vos antécédents, Dumbledore n'a pas voulu donner suite ? »
« Je n'en sais rien. Mais de toute façon, il va me le faire payer. Merlin, je risque de finir en ingrédient à Potion ! » se lamenta le garçon.
L'idée que Snape lui en fasse voir de toutes les couleurs lui fit momentanément oublier son triste sort de l'été. Heureusement, Ron et Hermione, accompagnés par Dean, Seamus et Neville qui vinrent les rejoindre, tentèrent de lui remonter le moral. Au bout de plusieurs laborieuses minutes, le brun commença à laisser derrière lui le souvenir de Snape.
Le reste du trajet du Poudlard Express se fit donc plutôt gaiement, entre dernières confidences, rires et parties de bataille explosive, le tout au parfum de chocogrenouille.
Pourtant, quand ils arrivèrent sur le quai de la gare, le cœur de Harry se gonfla de tristesse. Bien sûr, le fait que Ron lui assure une nouvelle fois qu'ils viendraient le chercher pour aller voir la Coupe du Monde de Quidditch avait été d'un vrai réconfort mais voir le visage rougeaud et en colère de son oncle lui rappela soudainement que cet incroyable événement ne se ferait pas avant un long mois. Mois qu'il passerait donc en compagnie de ses tuteurs.
Son oncle ne lui accorda pas une seule parole. Il l'empoigna férocement par le bras avant de l'attirer loin des personnes qu'il soupçonnait être de près ou de loin liées à la magie. Harry grimaça de douleur mais ne dit rien, gardant la tête basse. Alors que son oncle l'entraînait durement, il aperçut près d'un panneau publicitaire Hermione et ses parents qui le regardaient d'un air navré. Il n'eut pas même le courage de leur faire un sourire.
Par contre, quelques secondes plus tard, il faillit s'étrangler en reconnaissant un homme vêtu de noir. Impensable, Severus Snape était là, habillé en tenue moldue, les yeux rivés sur son oncle et lui. Mais avant de pouvoir faire quoi que ce soit, Vernon, jugeant sans doute qu'il n'allait pas assez vite, lui attrapa une touffe de cheveux pour l'obliger à avancer plus rapidement, le détournant de l'étrange vision.
... ... ...
À suivre
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NDA : J'espère que ce chapitre vous aura plu, j'avoue que j'ai les chocottes, tant sur vos réactions que sur celle d'une certaine blondinette, au doux nom de Nanola, car oui, ami lecteur, si toi tu peux me faire part de tes impressions par review, Dame Bichette est ici présente dans mon salon et j'aurai ses impressions en direct... je stress à mort ^^'
La semaine prochaine, nous retournerons dans le "présent" et un grand blond aux yeux de glace fera son entrée en scène, ou plutôt même deux blonds, car un petit sera également là et bien là ;)
