Chapitre 3

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Rencontre avec un lord


Harry transplana, la main sur le bras de Severus étant donné qu'il ne connaissait pas leur lieu de destination. Ils atterrirent tous deux devant un portail en fer forgé rutilant. Le maître des Potions posa simplement sa main dessus avant que les grilles ne s'effacent pour leur permettre de rentrer dans un immense parc arboré.

Ils marchèrent tranquillement jusqu'à arriver au seuil du manoir où un elfe de maison les attendait, son nez crochu proche du sol.

« Le maître vous attend, maître Severus, » couina-t-il d'une voie grinçante.

Snape entra, suivi de près par Harry. Ils se ressemblaient tous les deux, cela était indéniable. Harry avait revêtu la même robe que son tuteur, légère en raison de la saison et avec les manches courtes, mais noire et austère. Ses cheveux indomptables, bien que moins longs que ceux de l'autre homme, étaient d'un noir de jais identique. Harry aurait été surpris d'apprendre que même leurs façons de se tenir et de marcher se ressemblaient en cet instant. La même grâce élégante accompagnait chacun de leur pas. Harry James Potter aurait facilement pu passer pour le fils légitime de Severus Snape.

Ce fut sans conteste ce que pensa dans un premier temps leur hôte qui venait à leur rencontre alors qu'ils pénétraient dans le grand salon clair du manoir. Cette constatation le rassura quelque peu sur la suite des événements.

« Severus, quelle joie de te revoir, mon ami, » fit-il en prenant le maître des Potions dans ses bras. « Et vous devez être son filleul, Harry Potter ? »

« C'est exact. Bonjour, lord Malfoy, » répondit aimablement Harry en tendant sa main au grand homme devant lui.

Severus lui en avait rabattu les oreilles tout le mois dernier. Malfoy avait non seulement le sang-pur mais aussi aristocratique. Il tenait à son titre et ne supportait que très difficilement que les autres l'oublient.

Avec un geste de la main, Lucius leur indiqua des fauteuils d'un vert sombre dans lesquels ils prirent place.

Harry s'installa à côté de Severus et en face du sorcier blond qui était déjà assis et le dévisageait sans retenue. Harry le laissa faire son inspection sans broncher, se permettant de faire pareil par la même occasion.

Lucius Malfoy était un grand homme blond, élancé mais aux épaules carrées. Sa robe, d'un gris perle, témoignait sans conteste possible de son rang au vu de la délicatesse des broderies qu'elle arborait et de la soie fine avec laquelle elle était tissée. La couleur de son vêtement rappelait celle, très particulière, de ses yeux. Harry en fut plutôt surpris. Sirius avait également les yeux gris mais il était du gris teinté du bleu de l'ardoise. Les yeux de l'homme en face de lui lui faisait plutôt penser à un nuage d'orage ou à de l'argent. Cela était... déroutant. Ses cheveux lui avaient rappelé ceux d'un albinos, tant leur blond penchait vers le blanc. Ils étaient aussi longs que ceux de Severus, bien que très raides, coupés au carré et tombaient avec élégance sur ses clavicules. Le jeune sorcier devait reconnaître que l'impression d'ensemble était plus que plaisante. Le visage, clairement masculin, ne manquait pas d'une certaine grâce, malgré un nez un peu trop pointu.

Harry devait en convenir, Lucius Malfoy était particulier, il possédait une sorte de beauté froide mais il avait indéniablement du charme.

« Bien, j'irai droit au but, » commença le lord. « Monsieur Potter, votre tuteur, Severus, ainsi qu'Albus Dumbledore, vous ont chaudement recommandé auprès de moi. Je dois reconnaître que les notes que vous avez obtenues tout au long de votre scolarité, tant à Poudlard qu'à l'Université, m'ont aussi fortement encouragé à vous recruter. Néanmoins, vous comprendrez sans peine que je ne pouvais pas signer votre contrat d'embauche avant de vous avoir personnellement rencontré. »

Le plus jeune sorcier acquiesça tout en restant de marbre.

« Je ne doute pas que Severus ait réussi à vous inculquer une éducation irréprochable, bien que le fait qu'il ne soit devenu votre tuteur qu'à l'âge de quatorze ne jouait pas en votre faveur. Mais je connais Severus, je sais qu'il a réussi dans sa mission auprès de vous. Cependant, ce qui m'inquiète encore quelque peu reste votre âge. Les anciens maîtres de Draco étaient bien plus âgés que vous, pourtant, aucun d'eux n'a pu rester au manoir plus de quatre mois, » continua Lucius avant de s'arrêter, visiblement dans l'attente d'une réponse de la part de son, peut-être, futur employé.

« Certes, monsieur Malfoy, je suis le plus jeune que vous rencontrez. Néanmoins, comme vous le faites si bien remarquer, mes prédécesseurs n'ont pas résisté à votre fils. » Le blond fronça subtilement ses sourcils face à la réflexion. « Il s'avère donc, de votre propre aveux, que l'âge n'est pas un garant de réussite avec Draco, » termina Harry d'une voix douce à la limite de la nonchalance.

Severus ne put retenir un fin sourire. Oui, c'était indéniable, il avait bien éduqué Harry et il était fier de son fils.

Lucius quant à lui regarda les deux sorciers aux cheveux noirs, ne sachant pas trop comment réagir. Puis à son tour un petit sourire pinça ses lèvres.

« Je vois. Bien, il reste encore un point que je voudrais voir avec vous, monsieur Potter. Vous devez savoir, dès maintenant, que je suis très exigent avec Draco, et donc, que je le serai encore plus avec vous. Je veux que mon fils ait une éducation proche de la perfection. Je parle bien sûr de son éducation scolaire dans un premier temps car vous serez seul responsable de cette dernière. Je ne vous demande pas de vous occuper de tout ce qui a trait à l'apprentissage de la magie, cela sera le rôle de Poudlard et le mien. Ce qui me... contrarie cependant, tient à vos... origines. En tant que Survivant, je sais, bien évidement, qui étaient vos parents et de ce fait, la faible naissance de votre mère. Je refuse, comprenez-moi bien, que des... digressions moldues viennent interférer dans l'éducation sorcière de sang-pur de mon enfant à mon insu. »

Le brun gronda intérieurement. Severus l'avait prévenu que ce genre de discours pouvait être entendu au manoir Malfoy, mais il n'aurait pas cru que le blond aurait le culot de lui en faire part de vive voix et surtout, aussi rapidement. Harry exécrait ce type de comportement qui lui rappelait sans peine les discours des Mangemorts et de Voldemort et donc, la raison pour laquelle il était orphelin. Ses yeux se durcirent et regardèrent le lord avec une certaine froideur.

« La naissance de ma mère n'a rien de honteux, monsieur. J'ai reçu une éducation dont je suis fier, par Severus ainsi que d'autres personnes, dont mon parrain, le renégat Black, et un loup-garou. Je n'ai pas de préjugés envers les nés-moldus et bien que je respecterai vos directives en ce qui concerne votre fils, je ne vais certainement pas renier mes origines moldues pour vous. Si cela ne vous convient pas, libre à vous de refuser ma candidature pour ce poste. Cependant, je n'ai pas souvenance que beaucoup se pressent à la porte de votre manoir pour l'obtenir. »

« Harry... » grommela Snape doucement.

« Quoi ? Je n'ai pas honte de ce qu'était ma mère, et j'ai encore moins honte de ce que j'ai vécu jusqu'à ce jour, grâce à toi. Je tenterai de ne pas faire de mentions au monde moldu, si c'est ce que lord Malfoy craint. Pourtant, certaines œuvres de littérature ou artistique moldues sont passionnantes et enrichiraient la culture de son fils. Mais je me plierai bien évidemment à votre volonté, monsieur, » conclut Harry.

Lucius Malfoy resta silencieux, étudiant attentivement les deux hommes sombres en face de lui. Après quelques longues secondes, il sembla avoir pris une décision.

« J'ai moi-même une grande connaissance des œuvres d'origine moldue, bien que cela ne soit pas la question aujourd'hui. Sachez que si vous prenez ce poste, vous aurez droit à un logement ici, dans ce manoir, au deuxième étage. Vous aurez votre propre petit appartement indépendant. Vous prendrez vos repas en ma compagnie et celle de Draco dont vous vous occuperez six jours sur sept. Le dimanche sera consacré à vos loisirs, libre à vous de rester au manoir ou non et de prendre vos repas avec nous ou non également ce jour là. Vous serez autorisé à utiliser les différentes structures et activités sportives ou culturelles qu'offre cette demeure. Nous avons une piscine, une écurie avec plusieurs chevaux, un terrain de Quidditch et de polo. Ainsi qu'une immense bibliothèque, bien entendu. Par contre, je vous prierai de ne pas lancer d'invitation sans mon accord préalable. Pendant les six jours où vous êtes à mon service, vous vous consacrerez entièrement à Draco. J'exige une attention et un dévouement sans faille. Vous serez chargé de veiller à son bien-être, en plus de sa scolarité. De son lever à son coucher. Et bien sûr, vous serez tenu pour responsable en cas de problème. Je vous préviens de suite, Draco refuse en général d'obéir à ses professeurs, mais il est de votre devoir d'apprendre à faire avec et surtout à vous faire respecter auprès de lui. N'espérez donc pas que j'accoure à votre rescousse à la première difficulté. En revanche, je serai le seul à décider d'éventuelle punition ainsi que de la nature de celle-ci. »

Le sorcier aux cheveux noirs haussa un sourcil.

« Oh... Eh bien dans ce cas, lord Malfoy, je vais prendre congé de vous, je ne voudrais pas vous faire perdre davantage votre temps. »

Devant le regard éberlué de l'homme blond, Harry se leva, défroissant d'un geste sa robe avant de se retourner vers Severus, clairement amusé par sa réaction.

« Nous y allons, Severus ? »

« Nous y allons, » répondit ce dernier en se redressant à son tour.

« Comment ! Mais comment osez-vous ?! » s'exclama Lucius Malfoy, qui sembla enfin se sortir de sa léthargie et se leva brusquement de son siège.

Harry leva son visage vers le sorcier qui le dépassait largement. Cela ne l'impressionnait nullement, il en avait l'habitude au vu de sa taille un peu plus petite que la moyenne pour un homme. Sans oublier le fait qu'il n'était entouré que d'hommes nettement plus grands que lui.

« J'ose, tout simplement, lord Malfoy. Vous exigez de moi quelque chose que je ne pourrai satisfaire, inutile donc de nous faire perdre notre temps, à tous ici présents. Vous savez que j'ai eu l'expérience d'avoir un tuteur à un âge plutôt avancé comme vous l'avez fait remarquer tout à l'heure. Il s'avère que j'ai tiré une grande leçon de cette expérience. J'ai eu l'occasion de constater, à mes dépends, que celui qui a la charge de l'éducation d'un enfant doit en être responsable du début à la fin. Ne me demandez pas de faire l'éducation, non seulement scolaire de votre fils mais aussi personnelle, chose qui, entre parenthèses, devrait vous être dévolue en tant que père, sans m'en donner tout simplement les moyens. Si je dois assumer Draco, alors je le ferai, mais de façon complète, c'est à dire aussi en ce qui concerne les punitions ou les félicitations. Ne cherchez pas plus loin l'échec de vos précédents précepteurs. Elle est évidente. Et si personne avant moi n'a eu le courage de vous le dire, c'est regrettable. Essentiellement pour Draco. »

Le lord pinça ses lèvres. Non, il était évident que personne ne lui avait tenu ce genre de discours. Il se tourna vers le maître des Potions, visiblement à la recherche d'un soutien ou tout du moins d'un avis.

« Je ne peux qu'approuver la décision de Harry, ainsi que ses explications. Lucius, quand j'ai décidé de devenir le tuteur de ce garçon, j'ai dû affirmer ma position, aussi bien auprès de lui qu'auprès des autres personnes de son entourage. Cela n'a pas été chose facile mais elle était nécessaire, pour lui comme pour moi. Comment veux-tu que Draco respecte les décisions de ses maîtres s'ils ne peuvent asseoir leur autorité vis à vis de lui ? C'est impossible. Je te l'avais déjà dit, il me semble. J'ai demandé à Harry de venir mais je ne lui imposerai certainement pas d'accepter un poste voué à l'échec. À toi de prendre ta décision. »

Les yeux gris se teintèrent d'une certaine colère contenue.

« Bien. Je vois que je n'ai pas trop le choix. Vous savez parfaitement que personne ne veut venir enseigner à mon fils. Et je reste persuadé que c'est essentiellement dû à notre nom. Très bien, monsieur Potter. Libre à vous de décider ce qu'il conviendra de faire auprès de mon fils pour qu'il vous obéisse. Cependant, au vue de vos... exigences, je ne tolérerai pas d'échec. Et je préfère vous prévenir, je n'accepterai pas non plus de punition physique sur mon enfant. Je tiens également à être tenu informé de tout ce qui concerne Draco : ses résultats scolaires, ses progrès, ses échecs, ses punitions et félicitations. Quoi que vous puissiez penser de moi, j'aime mon fils et ne veux que le meilleur pour lui. J'assume mon rôle de père auprès de lui et n'ai certainement pas à me justifier de mes décisions auprès de mon employé. D'autre part, en tant que père, si j'estime que ce que vous faîtes n'est pas adapté, gardez bien en tête que je saurais vous le dire et exiger que mes volontés soient appliquées. Suis-je bien clair, monsieur Potter ? »

« Très, » répondit simplement Harry. « Et je vous rassure. Je n'avais pas l'intention de punir Draco en le frappant. Ce n'est pas ainsi que mon tuteur m'a élevé, Severus ne m'a jamais battu. Mais je ne vous promets pas de ne pas lui mettre une fessée si cette dernière est méritée. »

Le blond sembla quelque peu contrarié mais devant le ricanement contenu de Severus, il décida de passer outre.

« Bien. Vous commencerez votre travail le 1er septembre. Autre chose ? »

« Oui, cela me semble être l'évidence même. Pouvez-vous me présenter à votre enfant ? »

Les yeux gris s'écarquillèrent légèrement sous la surprise. Néanmoins, les lèvres fines s'étirèrent en un petit sourire. Snape regarda son ami et fit de même. Harry était, sans le savoir, le premier à faire une telle demande lors de l'entretien d'embauche.

Les trois hommes quittèrent le salon, Lucius en tête. Ils passèrent dans des couloirs, traversèrent un hall pour atteindre un escalier en marbre gris, large de plusieurs mètres. Arrivés au premier étage, ils bifurquèrent vers la droite où enfin le lord stoppa devant une porte en bois blanc sur laquelle était sculpté un dragon, un boutefeu chinois d'après ce qu'il sembla à Harry. Ce n'était pas qu'il soit particulièrement calé en dragons, mais avoir passé quelques vacances au Terrier avec le cadet de la famille Weasley, dragonnier de son état, lui avait donné un minimum de culture dragonesque. Sans compter ses mésaventures en quatrième année avec ces cracheurs de feu à quatre pattes.

Lucius frappa légèrement à la porte et attendit patiemment. Au bout de quelques instants, il recommença son geste sans plus de succès.

« Étrange, pourtant Draco devait être dans sa chambre... » marmonna-t-il. « Hyde ! » s'écria-t-il alors, faisant légèrement sursauter Harry qui ne s'y attendait pas.

Aussitôt, avec un crac sonore, le même elfe de maison qui leur avait ouvert la porte du manoir se tint devant eux, son nez crochu sur le sol, sa serviette sale enroulée autour de sa taille.

« Oui, mon maître, » grinça-t-il de sa voix de crécelle éraillée.

« Où est Draco ? »

« Mais, dans sa chambre, ô mon maître. »

Cette fois, le lord sembla clairement exaspéré. Il frappa de de nouveau sur la porte blanche, bien plus vivement et accompagna son geste de la voix.

« Draco ! Ouvre cette porte immédiatement ! Je sais que tu es dans ta chambre. Je t'ordonne de m'ouvrir. »

Le silence se réinstalla peu de temps avant qu'il ne soit interrompu par une voix claire.

« Non ! »

Le mot sembla se répercuter sur le mur, laissant les trois hommes cois. Les deux sorciers aux cheveux noirs se jetèrent un rapide coup d'œil, un peu perplexe. Cependant, l'un comme l'autre avaient hâte, bien que pour des raisons différentes, de voir comment le maître des lieux allait faire pour se sortir de cette affaire qui n'était pas du tout à son avantage. Ce dernier semblait s'en rendre parfaitement compte car ses joues pâles rosirent un peu.

« Draco Lucius Malfoy, je ne plaisante pas ! Ouvre-moi cette porte ! Je tiens à m'entretenir avec toi d'un fait de la plus haute importance. »

« Reviens plus tard, je suis occupé ! » claironna l'enfant au bout de dix longues secondes.

« Draco ! Si tu n'ouvres pas cette porte dans les trois prochaines minutes, je te garantie que tu le regretteras ! »

« Et pourquoi ? » demanda la voix fluette. « Tu vas faire quoi ? »

De rose pâle, les joues du lord virèrent au vif.

« Tu seras puni ! Tu seras privé... de dessert ! »

Un rire cristallin se fit entendre.

« M'en fiche, ce soir Jekyll m'a dit que c'était des pêches au vin et j'aime pas ça ! »

Les traits de Lucius se figèrent alors que ses yeux devenaient glace pure. Pour un peu, Harry aurait pu soit en rire, soit avoir pitié, mais il ne souhaitait pas se mettre son futur employeur à dos dès à présent. Il trouvait qu'il avait déjà suffisamment poussé le lord dans ses retranchements lorsqu'ils étaient dans le salon.

Visiblement, cela ne devait pas être le cas de Snape qui ricana bruyamment avant de s'écrier.

« Draco ! Tu ne veux donc pas venir faire un bisou à ton parrain ? Dois-je comprendre que je vais devoir repartir sans avoir eu le plaisir de voir ton adorable bouille de fripon ? »

Les mots autant que le ton de la voix surprirent Harry. Malgré lui, il ne put s'empêcher de ressentir comme un petit pincement dans la poitrine. Severus ne lui avait que rarement parlé sur ce ton et jamais, oh grand jamais, il ne l'avait traité de fripon. Ni même dit qu'il avait une adorable bouille. Il ressemblait bien trop à son père, malgré tout, pour que ce genre de paroles n'échappent à l'homme, songea-t-il amèrement.

Cependant, ses pensées furent interrompues par un énorme cri de joie ainsi que par les bruits d'une course folle. Bien vite, la porte s'ouvrit en grand. Harry eut à peine le temps d'apercevoir une tâche blanche et bleue que celle-ci se retrouvait déjà dans les bras de son tuteur... et parrain de l'enfant, lui rappela son cœur.

« Parrain ! » s'écria la tête blonde nichée dans le cou du maître des Potions qui avait pris l'enfant dans ses bras.

Après un baiser sonore, le sorcier reposa le garçon au sol. Harry put alors le détailler tandis que le petit garçon, sans sembler le moins du monde impressionné par sa présence, faisait de même avec lui.

C'était donc ça, un enfant de huit ans ? Harry ne le trouvait ni trop grand, ni trop petit, mais il devait avouer qu'il n'avait aucune expérience avec les enfants de cet âge là. Le seul de son entourage n'était qu'un bébé, son propre filleul. Cependant, il osait à peine le prendre dans ses bras tant il avait peur de le faire tomber ou de le casser. Remus trouvait visiblement cela très drôle puisqu'il ne cessait, au contraire, de vouloir mettre dans les pattes maladroites du jeune sorcier son propre fils. Inévitablement, ce dernier se retrouvait avec des cheveux noirs zébrés de rouge, hurlant de toute la force de ses petits poumons tandis que Harry suppliait n'importe quelle âme charitable assez proche de lui de venir à son secours et de retirer le marmot gigotant de ses bras.

Mais l'enfant devant lui actuellement n'avait pas quelques mois, il ne portait plus de couches depuis longtemps (Merlin soit loué !) et Harry n'avait aucune idée s'il était de taille normale ou non. Par contre, il fut étonné de constater que le garçon ne portait pas de robe sorcière mais une culotte courte bleu marine digne des petits lords moldus du siècle dernier, ainsi qu'une chemisette blanche. En dehors de cela, il ressemblait énormément à son père avec ses cheveux raides et pâles. Toutefois, ceux-ci étaient plus courts, quant à ses yeux, ils étaient d'un joli gris bleuté. Alors que le regard inquisiteur de l'enfant restait fermement posé sur lui, Harry pensa de nouveau à un petit lord dont l'histoire l'avait touchée étant enfant, celle de Cédric, le petit lord Fauntleroy. Pourtant, une petite voix dans sa tête lui souffla que le garçon qui lui faisait face risquait fort de pas avoir le bon caractère du jeune lord imaginé par Frances Hodgson.

« Bonjour, Draco. Je suis Harry Potter, ton futur précepteur, » déclara-t-il gentiment à l'enfant.

Ce dernier le regarda de haut en bas, puis eut un petit reniflement de dédain.

« Draco ! Je te prierais d'être poli et de saluer notre invité. Veux-tu donc que les gens pensent que tu n'as aucune éducation ni savoir-vivre ? Ce n'est pas digne d'un lord ! » fit aussitôt Lucius d'une voix sèche.

Le petit leva les yeux au ciel mais cette réflexion eut au moins le mérite de le toucher puisqu'il consentit enfin à obéir à son père. Il fit une sorte de petite révérence moqueuse au jeune sorcier aux cheveux ébène tout en disant.

« Enchanté, monsieur Potter. Soyez le bienvenu dans notre modeste demeure. Je suis véritablement heureux d'apprendre que vous serez mon prochain précepteur. Les autres n'ont fait que passer, hélas. J'avoue que je suis très curieux de voir combien de temps vous, vous tiendrez. »

« Draco ! »

« Père, je ne fais que le saluer, comme tu me l'avais demandé, » répondit le diable en culotte courte, un air angélique sur le visage.

« Inutile d'être insolent, jeune homme. Et pourrais-je savoir pourquoi tu n'as pas ouvert ta porte lorsque je te l'ai demandé ? »

Les yeux gris s'écarquillèrent démesurément.

« Moi, père ? Bien sûr... J'étais... en train de faire caca ? »

Le ton de la voix était clairement narquois, ainsi que le sourire de l'enfant. Harry manqua s'étouffer tant devant l'aplomb du gamin que par ce qu'il venait de dire. On ne lui avait certes pas inculqué de culture sorcière pendant ses années tendres, mais il savait néanmoins que les sorciers étaient pudiques, pour ne pas dire pudibonds pour certaines choses. Pas du tout pour d'autres. Pourtant, une chose était sûre, on ne parlait pas de ses selles en public, encore moins lorsque l'on faisait partit de la haute société. Un son étranglé lui apprit que Severus et Lucius partageaient également son opinion.

« Draco ! Ceci est... de la plus haute inconvenance ! » s'offusqua son père.

« Mais père, c'est toi qui m'a demandé ce que je faisais, je ne fais que te répondre avec le plus d'honnêteté possible, » minauda le petit en battant des cils.

Pour le coup, Harry ne put s'empêcher de glousser. Devant le regard outré de son employeur, son rire lui resta quelque peu dans la gorge, les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'il tentait vainement de le contenir.

« Cela vous fait rire, monsieur Potter ? » scanda durement l'aristocrate.

« Je... Excusez-moi, lord Malfoy, mais je dois reconnaître que la répartie de votre fils est impressionnante pour un enfant de son âge, » essaya de s'expliquer Harry.

« Oh, vraiment ? » Lucius s'approcha de lui jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de son torse.

Ses yeux froids eurent l'effet escompté : Harry stoppa immédiatement de rire.

« Riez, mon ami, riez. J'ai hâte de vous voir appliquer vos méthodes d'éducation avec mon fils. Nous verrons alors si vous trouvez sa répartie toujours aussi amusante. Et je suis, tout comme lui, moi aussi curieux de vérifier combien de temps vous tiendrez avant de partir d'ici, la baguette basse... » murmura Lucius en se penchant à l'oreille du jeune sorcier.

Harry ne put retenir un frisson alors que le souffle chaud de l'homme effleurait son oreille. Il ne se l'expliqua pas vraiment. D'accord, le grand blond était impressionnant et sa voix en aurait fait frémir plus d'un, mais il avait le sentiment qu'il ne s'agissait pas que de cela.

« Je suis désolé. Je ferai de mon mieux, monsieur, » s'empressa-t-il d'ajouter.

« Je veux plus que cela, monsieur Potter. Je veux une pleine et entière réussite, » continua de chuchoter le sorcier, ses lèvres à quelques centimètres des tempes brunes.

Harry déglutit péniblement. Lucius se recula enfin, satisfait.

« Bien. Draco, comment trouves-tu ton nouveau maître ? »

L'enfant haussa les épaules avant de croiser les bras sur son torse et de prendre un air suffisant.

« Bof... Je trouve qu'il est tout petit. Il est trop jeune en plus. Et puis, c'est rien qu'un sang-mêlé. Alors, non, finalement, j'en veux pas. Trouve m'en un autre. »

« Voyons, Draco, » sourit Lucius. « On ne parle pas comme cela. On dit : père, j'en préférerais un autre, s'il te plaît. »

« Pfff, ce n'est pas drôle. Mais bon, d'accord : père adoré que j'aime de tout mon cœur, s'il te plaît, je pourrais en avoir un autre ? » obtempéra Draco, alors que Harry refermait sa bouche qu'il avait ouverte sous le coup de la stupéfaction que lui avait causé l'échange entre le père et le fils.

« Je crains que non, mon chéri. Il n'y a plus que lui, tu as épuisé tous les autres, » répondit Lucius avec suffisance.

Le gamin plissa les yeux. Il se mit subitement à taper du pied, les joues rouges de colère.

« Non, j'en veux pas ! Il est tout moisi ! Trop petit et trop maigre ! Il est nul, nul, nul et en plus il va me contaminer ! Je veux pas d'un sale bâtard comme professeur ! »

Harry le regarda, éberlué. Qu'un enfant si petit tienne ce genre de discours lui faisait étrangement mal.

« DRACO ! » aboya alors sévèrement Snape, faisait taire le gamin. « Qu'est-ce que je t'ai dit à propos des sang-mêlé ? »

« Mais papa, lui, il dit que ça vaut presque rien ! » pleurnicha aussitôt l'enfant, les larmes aux yeux.

Le dit-père eut un sourire en coin qui n'échappa pas à Harry.

« Il n'empêche, Draco. N'oublie pas que je suis moi-aussi un sang-mêlé. Penses-tu que je ne vaille rien ? »

« Toi, c'est différent ! Tu as du bon sang sorcier dans les veines, ça rattrape ! » assura le gamin avec une conviction déconcertante.

« Ne doute pas que cela soit aussi le cas de monsieur Potter, mon fils, » railla Lucius, son nez pointu en l'air. « Te rends-tu compte de ta chance, que dis-je, de l'honneur qui t'es fait ? Comme je te l'ai dit hier, ton précepteur ne sera personne d'autre que le grand Harry Potter en personne, le Survivant lui-même ! Qui aurait pu prédire que Harry Potter deviendrait un jour le précepteur d'un Malfoy ? »

Harry sentit ses joues rougir face à l'insulte à peine déguisée sous le compliment. Du moins, ce fut ainsi qu'il prit les paroles de cet abruti de grand blond imbu de sa personne. Le regard clair et dubitatif de l'enfant, plus le fait que son tuteur soit présent l'empêcha toutefois de faire une remarque cinglante.

« Allons, Draco, » le sauva le potionniste. « Je suis sûr que tout se passera très bien avec Harry et de toute façon, comme le dit ton père, tu n'as pas le choix. Allez, changeons donc de sujet, dis-moi, que faisais-tu donc de beau avant que l'on n'arrive ? »

« Viens voir, parrain, j'ai fait une construction ! »

Plaçant sa petite main blanche dans celle de son aîné, Draco entraîna le sorcier à l'intérieur de sa chambre. Les deux autres adultes les suivirent, l'un d'un pas nonchalant, l'autre en examinant discrètement la pièce.

Harry fut impressionné. Il entrait dans une véritable salle de jeu haute de plafond, avec deux murs peints d'un blanc crémeux et le troisième d'un vert tendre. D'immenses fenêtres aux rideaux mousseux prenaient toute la longueur du quatrième. Des étagères couvertes de jouets, peluches et figurines se battaient avec d'autres emplies de livres. Sur le sol, en parquet de bois clair, s'étalaient plusieurs tapis de couleurs vives ainsi que des coussins. Et au beau milieu de la pièce, trônait un château, fait de plusieurs morceaux de bois de formes diverses et variées, certains peints, d'autres non, posés avec application les uns sur les autres ou liés entre eux grâce à des vis et des écrous. Harry sourit. Cela pouvait ressemblait à des jeux moldus, à savoir le Meccano et les Kaplas. Mais il se garda bien de faire une telle déclaration devant les Malfoy.

Pendant ce temps, l'enfant babillait joyeusement avec Severus, lui expliquant avec force que sa construction n'était rien d'autre que Poudlard lui-même.

« C'est magnifique, Draco, » fit Harry en se mêlant à la conversation. « C'est impressionnant vraiment. Tu dois être très satisfait d'avoir réalisé une œuvre aussi belle ! »

Le gamin le regarda étrangement, ses iris devenant plus gris que bleus. Toujours en le fixant droit dans les yeux, il tendit sa main, et d'un coup, fit s'effondrer plusieurs tours.

« Ce qui est beau ne mérite pas plus de vivre que le reste. Ce que je crée, j'ai aussi le pouvoir de le détruire. »

Sa déclaration jeta un froid certain.

« Ce... Ce n'est pas faux, » se força à articuler Harry, mal à l'aise.

Il s'agenouilla près des pièces éparpillées à terre, en prit une dans ses doigts pour la reposer sur une tour en ruine.

« Mais, tu as surtout le pouvoir de le reconstruire, de le réparer. »

Le garçon blond pinça ses lèvres.

« Bien, je pense qu'il est temps pour nous d'y aller, » proposa Snape.

« Tu t'en vas déjà ? » fit de suite Draco en levant son visage vers le sorcier.

« Oui, nous ne pouvons rester longtemps. Harry et moi sommes attendus par ailleurs. »

L'enfant fronça ses fins sourcils dorés, perplexe.

« Mais... Pourquoi tu es venu avec lui, au fait ? » demanda-t-il enfin en pointant du doigt dans la direction du jeune homme aux cheveux noirs. « Et pourquoi tu dois repartir avec lui ? »

Severus parut un peu gêné. Harry le vit et comprit de suite pourquoi. Là encore, un étrange élancement lui serra la poitrine.

« Eh bien, Draco, Harry est mon pupille. Nous sommes invités chez des amis à nous, pour dîner. »

Cette fois, l'enfant tourna son visage vers le brun, le visage crispé.

« Ton... Pupille ? Comment cela ? J'exige des explications ! »

« Je suis devenu le tuteur de Harry, quand il était plus jeune. »

Les billes grises brûlèrent d'un feu que Harry reconnut sans peine : colère et jalousie.

« C'est un adulte, il n'a plus besoin de tuteur ! Pourquoi tu continues à le voir, pourquoi vous faites encore des choses ensembles ? Il n'a qu'à se débrouiller tout seul ! » s'écria-t-il.

« Draco, c'est impossible. Je serai toujours son tuteur. »

« Je ne veux pas ! Tu es mon parrain et c'est tout ! Renvoie-le ! »

« Non, jeune Malfoy. Je ne le ferai pas. Tu es mon filleul et Harry, mon pupille. Plus encore, j'ai adopté Harry, il est mon fils, » réaffirma le maître des Potions.

Cette déclaration fit chaud au cœur du fils adoptif en question mais rembrunit encore plus le visage du filleul.

« Dans ce cas, au revoir, parrain, » rétorqua Draco en boudant.

Le petit blond les fusilla du regard avant de se retourner avec autant de dignité qu'il le pouvait pour se réfugier dans une autre pièce. Harry devina, au lit à baldaquin qu'il aperçut, qu'il s'agissait de la chambre à coucher.

« Nous y allons, Harry ? »

« Oui, Père, » répondit le brun.

À ces mots, l'enfant se retourna, les lèvres tordues en une grimace, les joues rouges de colère et de rage.

Harry ne put en voir d'avantage car Severus choisit ce moment pour poser sa main sur son épaule et l'entraîner avec lui dans le couloir.

Tandis qu'ils rebroussaient chemin, les trois hommes gardèrent le silence. Celui-ci se fit de plus en plus pesant avec les minutes. Arrivés devant la porte de son manoir, Lucius et Severus se prirent dans les bras pour se dire au revoir. L'aristocrate se tourna ensuite vers le brun, main tendue en avant.

« Monsieur Potter, je vous dis donc à dans trois semaines. J'espère que vous n'avez pas trop mauvaise opinion de mon fils ou de moi-même. Severus m'a assuré que vous réussirez, je ne peux qu'espérer que votre... père, ne se trompe pas. Je peux être honnête avec vous : vous êtes désormais mon seul espoir. »

Harry serra fermement la main de Lucius dans la sienne, s'étonnant de sa douceur. À l'évidence, ce dernier n'avait jamais dû faire le moindre travail manuel.

« Je peux vous assurer que je ferai mon maximum pour vous contenter, monsieur Malfoy. »

Pour la première fois depuis leur arrivée, le blond eut un grand sourire. Un vrai sourire. Il éclaira son visage d'une façon tellement inattendue que Harry en resta intérieurement ébahi.

« Je l'espère, monsieur Potter, je l'espère. »

La voix était douce, sans aucune note de mépris ou de cette espèce de rancœur qui ne l'avait pas quittée jusqu'alors.

Harry suivit Severus, la tête remplie de questions. Il ne savait pas du tout dans quoi il s'était embarqué mais avait la nette impression que cela ne serait pas simple du tout à gérer. Et il avait découvert autre chose : quand Lucius Malfoy laissait tomber son masque, il était indubitablement... beau.

Les deux hommes en noir continuèrent leur marche jusqu'au grand portail en fer, qu'ils traversèrent tous deux comme si ce n'était qu'un écran de fumée. Une fois ce dernier franchit, la vision qu'ils avaient du Manoir et de son parc devint trouble, comme s'ils les voyaient à travers de l'eau sale.

« Alors, Harry ? Qu'en penses-tu ? » demanda Severus.

Mais le jeune homme resta sombre, d'une telle façon que cela étonna le maître des Potions.

« C'est à ce point-là ? »

« Non, » consentit à répondre Harry du bout des lèvres. « Ne t'en fais pas. Ce n'est rien, disons que je suis contrarié pour de mauvaises raisons. Bon, nous y allons ? Si nous arrivons trop tard, Sirius va en faire une attaque. »

« Je ne vois pas du tout où serait le problème. »

« Sev', je t'en prie... pourrais-je espérer que pour une fois, pour une fois ! Ma fête d'anniversaire se passe sans que vous vous battiez ou vous insultiez ? S'il te plaît ? »

« Ça ne dépendra que de ce chien galeux, je suis toujours d'une extrême politesse, je te ferais remarquer. Et d'abord, comment sais-tu que c'est ta fête d'anniversaire ? »

« Oh pitié, arrêtez de me prendre pour un lapereau de six semaines. C'était il y a trois jours, comme par hasard Sirius nous invite à dîner ce week-end et, oh miracle, tu acceptes ? Cela n'arrive que deux fois dans l'année : mon anniversaire et le repas de Noël. Or, s'il y a bien une chose de sûr, c'est que nous ne sommes pas le 25 décembre. »

Severus ronchonna un peu pour la forme avant de se retourner vers son pupille.

« Bien, maintenant que cette stupide fausse surprise est connue, on devrait y aller. Plus vite elle sera terminée, plus vite nous pourrons retourner à la maison. »

« Sirius va en faire une maladie quand il saura que j'ai accepté ce poste. Plus encore quand je lui dirai que je passe encore une semaine au cottage. »

Snape lui fit une large sourire sadique.

« Vois le bon côté des choses, Harry, tu n'auras qu'une seule nouvelle à lui apprendre. » Devant l'air étonné du jeune sorcier, Snape continua, ravi « Tu penses bien que je me suis fait une joie et un honneur de l'informer ce matin, quand j'ai confirmé par hibou notre présence de ce soir, que tu restais encore une semaine avec moi. »

« Quoi ! Severus ! Comm... »

Mais il n'acheva pas sa phrase. Inutile. Avec un ricanement sardonique, le maître des Potions venait de transplanner 12, Square Grimmaurd. Harry leva les yeux au ciel en poussant un gémissement de bête blessé.

« Pourquoi ? mais pourquoiiiiii ?! »

Enfin, décidant qu'il valait mieux ne pas laisser ses deux tuteurs trop longtemps l'un avec l'autre sans témoin impartial, c'est à dire lui, il transplana aussi.

Il atterrit sur le palier de la haute demeure des Black, prit son courage à deux mains et pénétra à l'intérieur.

Trop tard.

Severus et Sirius était déjà en train de copieusement se crier dessus, juste sous une banderole d'un rouge flamboyant qui chantait d'une voix criarde "Joyeux anniversaire !"

Pendant quelques secondes, l'ancien Gryffondor se demanda une nouvelle fois ce qu'il avait bien pu faire au ciel pour mériter ça, puis il se surprit à s'imaginer prendre la poudre d'escampette discrètement, ni vu, ni connu. C'était sans compter sur Remus qui l'avait vu entrer et se précipitait déjà vers lui afin qu'il l'aide à séparer les deux énergumènes qui maintenant s'agrippaient par le col.

... ... ...

À suivre

... ... ...


NDA : La semaine prochaine, nous retournerons dans le passé avec Harry et Severus. Pour ceux qui se poseraient la question, non, cette fiction ne se compose pas d'un chapitre "présent" et d'un chapitre "passé", c'est juste que de temps en temps, un chapitre sur la relation Severus-Harry est inséré, mais le rythme de ces quelques chapitres n'aura rien de régulier.