NDA : J'espère que les fêtes de Noël se sont bien passées pour vous tous et que vous avez été bien gâtés. Sur ce, je vous laisse comme promis en la douce compagnie de Harry, Draco et surtout Lucius. Il est possible que la fin de ce chapitre soit légèrement, comment dire... réchauffant ^^' Avec la neige et le froid, d'un autre côté, c'est agréable, non ? ;) Bonne lecture.
Chapitre 10
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Rapprochement
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Pour Harry et Draco, leur week-end en solitaire s'annonçait sans problème.
L'enfant avait prévu que son grand ami, Blaise Zabini, passe le dimanche avec eux. Cette journée avait été acceptée tant par Lucius que par Argiope*, la mère de Blaise, avant que l'aristocrate ne doive s'absenter hors du Royaume-Uni.
Le samedi, le professeur et l'élève décidèrent donc de préparer la journée de jeux et de rires qui devait se dérouler le lendemain avec Blaise. Ils préparèrent eux-même des muffins et des cupcakes, de toutes les couleurs et de tous les parfums. Hyde s'en roula par terre de désespoir en voyant l'état de sa cuisine.
Pourtant, pendant la nuit, Harry fut brutalement réveillé par une sonnerie stridente. Le cœur battant la chamade, il comprit que ce n'était que le sort de surveillance qui l'avertissait que Draco devait être réveillé et l'appelait. Il se leva péniblement de son lit et sortit dans le couloir en direction de la chambre de Draco, non moins péniblement.
Il n'eut cependant pas à aller très loin car il se cogna d'un coup au petit garçon, lui aussi dans le couloir.
« Draco ? Qu'est ce que se passe, mon grand ? » dit-il en étouffant un bâillement.
« J'ai fait un cauchemar, » pleurnicha l'enfant. « Tonton 'Ry, je peux dormir avec toi dans ton lit ? »
Depuis la veille, Draco avait absolument tenu à l'affublé du surnom de ''tonton''. D'abord réticent, plus à cause de la future réaction de Lucius qu'autre chose, Harry avait fini par céder. Après tout, comme lui avait encore rappelé Severus, il était lié aux Malfoy désormais, indépendamment du fait qu'il était l'employé de Lucius. Severus lui avait même asséné qu'ils étaient comme une famille. Il ne comprenait cependant toujours pas comment cette, certes adorable, petite teigne avait réussi à l'entortiller aussi facilement autour de son doigt en seulement deux mois.
« On ne dort pas dans le lit des grands, Draco. »
« C'est pas vrai, papa, il veut bien que je dorme avec lui quand je fais un cauchemar. Et parrain aussi. »
Harry étudia la petite frimousse toute chafouine que lui présentait l'enfant, les yeux bleus suppliants. Il poussa un bref soupir. Comment lui dire non ? D'autant que lui-même avait passé plus d'une nuit dans le lit dudit parrain de Draco, cramponné au corps de son tuteur en raison de cauchemars particulièrement terrifiants. Et à l'époque, il avait le double de l'âge de Draco. Sans commentaires, donc.
Il tendit la main pour se saisir de celle, un peu tremblante, du petit.
« Allez, viens, on va finir la nuit. »
Ils retournèrent dans la chambre de Harry où ils se glissèrent dans le lit. Draco se colla immédiatement contre lui, un bras sur son torse. Tout en regardant le plafond, Harry réfléchit. Pour la première fois, ce n'était pas lui l'enfant qui avait besoin de réconfort, mais l'adulte qui le procurait. C'était... étrange. Mais très valorisant aussi. Et aussi, eh bien, cela faisait du bien.
Alors que son esprit divaguait, sombrant peu à peu dans le sommeil, Harry se demanda ce que cela lui ferait d'être père, si le petit bonhomme dans ses bras était son fils. Quoique, si Draco était son fils, alors Lucius serait... euh... Loin de considérer cette image mentale avec frayeur ou dégoût, le brun sourit.
Oui, si Lucius et lui étaient ensemble, formaient un couple, ce ne serait pas désagréable. Lucius était beau, intelligent, il avait aussi beaucoup d'humour. L'esprit entre deux sommeils, Harry pensa à son employeur sans tabou. Les images qui se succédèrent derrière ses paupières closes se firent de plus en plus indécentes, excitantes et sans plus rien de professionnel. Du tout.
Il imagina Lucius, ses yeux gris si étranges, si magnifiques. Ses cheveux longs qui viendraient effleurer son cou, ses lèvres qui se poseraient sur son oreille, puis le long de sa mâchoire, et enfin, sur ses propres lèvres. Il se retourna sur le côté, à moitié endormi. La langue de Lucius caressait la sienne, du moins dans son rêve. C'était bon. Meilleur encore que le baiser échangé avec l'étudiant Américain.
... ... ...
Le lendemain, c'était un Draco tout excité qui faisait les cent pas devant la cheminée du grand salon.
« C'est l'heure ? C'est l'heure ? »
« Oui, il va arriver, ne sois pas si impatient, » sourit Harry en le voyant faire.
À peine eut-il fini de le dire que de grandes flammes vertes surgirent dans la cheminée. Une sorcière d'une grande beauté, fine et élancée, en sortit avec grâce, tenant par la main un petit garçon. La femme rejeta nonchalamment une mèche de cheveux longs et châtains. Ses magnifiques yeux en amande, d'un brun chaud, se posèrent sur Harry.
« Bonjour, monsieur Potter, Lucius n'est pas là ? » demanda-t-elle d'une voix suave.
« Bonjour, madame Zabini, non, il a dû partir en voyage d'affaires. »
La sorcière tiqua un peu, surprise.
« Vraiment ? Vous auriez dû m'en informer, très cher. Nous aurions pu annuler cette journée ou Draco aurait pu venir jouer à la maison. Je pourrais aussi rester un peu, pour vous aider ? »
« Non ! C'est hors de question ! » protesta aussitôt son fils, un adorable enfant à la peau couleur chocolat au lait et dont les yeux en amande rappelaient ceux de sa mère.
Tout comme elle, il était d'une immense beauté mais avait hérité de certains traits et de la couleur de peau de son père. Du moins, c'était ce que supposait Harry. De même qu'il ignorait totalement qui était le père de l'enfant et quel numéro de mari il avait eu auprès de la ''veuve noire'' comme l'appelaient Severus et Sirius. D'ailleurs, madame Zabini ne s'appelait plus Zabini car son actuel mari, le numéro sept s'il s'en souvenait bien, était, d'après Siri', un vieux sorcier proche des cents vingt ans et l'arrière, arrière, arrière, cousin de cet abruti de Vincent Crabbe. Argiope Zabini-Crabbe allait donc, pour ne pas changer, être bientôt de nouveau veuve, d'autant que son cher et tendre époux semblait souffrir d'une étrange maladie depuis presque six mois, toujours d'après radio-potins, deuxième prénom non-officiel de Sirius.
Les cris de joie des deux garçons tirèrent Harry de sa rêverie et surtout du regard un peu trop hypnotique d'Argiope. Harry eut un frisson d'horreur en s'imaginant pris dans sa toile d'araignée. Que Merlin le préserve d'être sa prochaine proie !
Les gamins s'entendaient à merveille. Harry avait déjà eu l'occasion de les voir ensemble, lors d'après-midi de détente ou pour avoir emmené Draco à l'anniversaire de Blaise, un mercredi d'octobre. L'enfant était plus âgé que Draco, puisqu'il avait déjà neuf ans, mais ils feraient leur rentrée à Poudlard ensemble étant donné qu'il fallait avoir onze ans révolus pour pouvoir faire sa première année.
« Maman, c'est bon, tu peux nous laisser maintenant, » affirma Blaise, un regard suspicieux posé sur sa mère. « Harry peut très bien nous surveiller tout seul. »
« Oui, je vous rassure, madame Zabini, il n'y aura aucun souci. Pas vrai les garçons ? »
« Oui ! » s'écria Draco en offrant son plus beau sourire charmeur à la femme élégante. « Au revoir, madame Zabini ! »
Celle-ci embrassa son fils qui se recula en faisant la grimace et en s'essuyant la joue afin d'enlever toute trace de rouge à lèvres.
« Maman, je suis plus un bébé ! » protesta le jeune métis.
La sorcière tapota la tête des deux enfants avant de se reculer dans la cheminée.
« Bien, je vous laisse. Monsieur Potter, Harry, au moindre problème, n'hésitez pas à me prévenir, je me ferai une joie de venir vous prêter main forte, » glissa-t-elle d'une voix enjôleuse tout en battant de ses longs cils noirs.
« Euh... oui, bien sûr, » bredouilla Harry de façon incertaine.
« Au revoir, mère, » fit durement le fils.
Une fois celle-ci disparue dans les flammes vertes, le petit garçon à la peau brune se tourna vers son camarade aux cheveux pâles.
« Ouf, enfin partie. Fais gaffe, Drake, Crésus en n'a plus pour très longtemps d'après les Médicomages et j'ai comme le sentiment que ma mère trouve 'Ry très à son goût. »
« Hé ! » s'exclama le 'Ry en question.
« Pff, n'importe quoi. Ta mère, elle a beau être très jolie, elle n'arrivera pas à le draguer de toute façon. »
« Mais ?! » s'écria Harry.
« Ouais, ben fais attention quand même. On sait jamais. Tu me disais la dernière fois que lui, tu voulais le garder, alors moi, si je dis ça, c'est pour toi ! »
« Comment ? » s'étouffa le brun.
« Je m'inquiète pas. Mon père le laissera pas filer et moi non plus. Et puis, il m'a promis de rester en plus. »
« Draco ! »
« D'accord mais je connais ma mère, elle peut être terrible quand elle veut. Je suis pas sûr que ton père peux la battre. »
« Quouâ ?! »
« Hin hin hin, laisse-moi rire ! Mon père, c'est le plus fort ! Sans vouloir te vexer, il est vachement plus beau que ta mère. En plus, Harry aime ses yeux, il le lui a dit ! »
« Heinnnnn ?! »
« Sérieux ? Bon, ben ça devrait aller alors. Au pire, je ferai un scandale à ma mère. Bon, on va jouer ? »
« Ouiiiiii ! »
« Draco ! Blaise ! Mais bon sang ! » s'énerva Harry.
« Oui ? » firent d'une seule voix les deux enfants qui se tenaient par la main en se retournant vers lui, leurs yeux emplis d'innocence.
« Rien... laissez tomber... Vous allez jouer dans la chambre de Draco ? »
« Oui ! Moi je serai le gentil prince, prisonnier des méchants Mangemorts qui veulent me donner en sacrifice à un dragon. Et toi, Blaise... »
« Moi, je serai le preux chevalier qui viendra te sauver et qui tuera tous les méchants ! »
En éclatant de rire et en battant presque des mains face à ses réjouissances, les enfants détalèrent avec bruit, laissant Harry seul dans la pièce, les bras ballants.
Le jeune homme se frotta l'arête du nez et replaça correctement ses lunettes en soupirant.
« Bon, eh bien moi je pense que je vais aller travailler à mon roman. J'ai deux anges et des Élémentaires à faire combattre contre l'ennemi commun... »
... ... ...
Lucius Malfoy sortit de sa cheminée, véritablement fatigué. Il n'avait qu'une envie, pouvoir serrer son fils contre lui. Pour être juste, il avait aussi une autre envie, bien moins paternelle et avouable celle-là, et qui concernait le seul brun présent au manoir.
Il pénétra dans la salon et stoppa net. Que s'était-il passé dans cette pièce ? Un ouragan ? Un cyclone ? Non, en s'approchant un peu plus, il devint évident que ce n'était là que les restes d'un goûter pantagruélique qui avait dû être accompagné de plusieurs jeux, voire même de danses à en juger les chaises renversées.
Le silence du manoir lui sauta aux oreilles, brutalement. Merlin, dans quel état allait-il retrouver Harry ? Une petite pointe d'angoisse lui noua l'estomac alors qu'il se dirigeait à grandes enjambées vers la chambre de son fils. Pourvu que Draco n'ait pas fait de catastrophe, pitié...
Des cris se firent attendre depuis le couloir, lui faisant accélérer le pas. Il ouvrit la porte sans prendre la peine de frapper et resta médusé sur le seuil. Rapidement, un mince sourire apparut sur ses lèvres.
Draco et Blaise, déguisés en chevalier, se roulaient au sol, poursuivis par un Harry hilare et à quatre pattes, qui tenait visiblement le rôle d'un dragon au vu des cris rauques qu'il faisait régulièrement. Le brun se jetait sur l'un des garçons, lui faisait des chatouilles jusqu'à ce que l'autre lui saute dessus pour défendre son partenaire. Puis la course au sol recommençait sous les cris stridents des enfants.
Il resta ainsi un petit moment, amusé de voir Blaise et Draco rirent à gorge déployée, et aussi étrangement fasciné par les joues rouges du brun, par ses cheveux ébouriffés qu'il avait fait couper quelques temps auparavant et par ses yeux brillants.
Sans aucun doute, Lucius le trouvait très à son goût. Cette vision remua en lui un désir de le voir aussi rouge et essoufflé, mais pour une toute autre raison.
Draco releva la tête. Son visage s'éclaira alors qu'un hurlement de bonheur s'échappait de ses lèvres.
« PAPA ! »
Le blondinet courut dans les bras de son père qui le fit voler.
« Papa, papa t'es rentré, » soupira le garçon désormais calé contre le grand Lord.
« Bonjour, m'sieur Malfoy, » fit alors Blaise en quémandant lui aussi un bisou.
Lucius se penchant, son fils toujours dans ses bras pour embrasser la joue de l'enfant.
En se redressant, les yeux gris fondirent dans les verts. Harry se tenait devant lui, un peu gêné. Ses joues étaient toujours rouges, ses cheveux en bataille. Lucius lui adressa un large sourire. Le Survivant était à croquer, sans l'ombre d'une hésitation.
« Bonjour, Harry, » déclara Lucius d'une voix chaude.
« Bonjour, Lucius, » bredouilla Harry.
Un instant de flottement se passa. Puis, Draco se pencha vers le brun. Il l'attrapa par le cou et sans plus de cérémonie, se plaqua également contre lui. Harry se retrouva donc à moitié dans les bras de Lucius. Les souvenirs de son rêve de la veille revinrent en force. Il en fut d'autant plus mal à l'aise que Lucius se mit à rire, tout contre son oreille.
« Un bisou pour dire bonjour ! » exigea Draco.
Avant de pouvoir dire quoi que ce soit, de toute façon il était bien trop estomaqué pour le faire, Harry vit Lucius qui baissait un peu son visage, ses lèvres effleurant la joue de son employé.
Aussi vite qu'il était arrivé, l'instant étrange disparut, Draco se tortillant pour descendre des bras de son père. Les deux enfants retournèrent jouer, tandis que les deux adultes se faisaient désormais face.
« Il semblerait que tout ce soit bien passé ? » demanda Lucius.
« Oui, très bien. Enfin, disons que, pour être honnête, les deux premiers jours ont été atroces. Mais Draco et moi, on a fini par se comprendre. »
« Tonton 'Ry ! » s'écria justement le garçon. « Je suppose que tu joues plus et que tu vas discuter avec papa ? »
« Tonton 'Ry ? » s'étonna le Lord. « Effectivement, je vois que nous avons des tas de choses à nous dire. »
Draco revint un bref instant vers eux, ses yeux clairs reflétant de la joie.
« Tu sais, papa, tu n'as plus à te faire de souci. Harry a dit qu'il allait rester avec nous. Pour toujours. »
« Pour toujours ? Euh, Draco, je t'ai dit que j'allais rester, oui, mais tu sais, un jour tu n'auras plus besoin de moi, tu iras à Poudlard et... »
« C'est sans importance, » le coupa le blondinet, accentuant ses paroles d'un geste de la main. « Même quand je serai grand, tu seras toujours là. Tu es le fils de parrain après tout, et mon tonton maintenant. » Il leva son visage vers son père, un sourire lumineux sur les lèvres. « Il partira plus, papa. Et je l'aime vraiment beaucoup. »
Là-dessus, il retourna à sa bataille dragon contre chevaliers avec Blaise.
« Harry, » fit Lucius avec un sourire presque identique à celui de son fils sur le visage. « Vous prendriez une tasse de thé avec moi ? »
... ... ...
Le jeune homme n'en revenait pas. La vie au manoir n'avait jamais été aussi agréable que depuis le retour de Lucius. À son grand soulagement, Draco n'était pas redevenu l'abominable peste blonde. Quant à Lucius en personne, il avait été apparemment ému de voir la complicité qui s'était tissée entre les deux.
Pour la plus grande joie de Harry, le couché de Draco était devenu un petit rituel entre eux. Lucius lisait une histoire, puis Harry venait pour faire le fameux bisou-câlin spécial avant celui du père. Draco refusait désormais mordicus de s'endormir si Harry ne le lui faisait pas. Une fois la lumière éteinte et le sort de surveillance lancé, Lucius proposait à Harry une dernière tasse de thé.
Ils la prenaient tous les deux, confortablement installés dans le petit salon Saphir. Harry adorait ce salon dont les teintes étaient particulièrement reposantes. La pièce n'était pas grande, comme son nom l'indiquait, pourtant et peut-être même à cause de sa dimension restreinte, Harry s'y sentait bien. Ce salon lui donnait une impression d'intimité, de confort et de chaleur.
Plus que le salon lui-même, Harry devait s'avouer que c'était surtout la présence de Lucius qui lui plaisait. D'autant que, vu la faible importance de la pièce, le canapé et les deux fauteuils étaient très proches les uns des autres. De ce fait, une fois assis, il était aussi très proche du grand lord. Plus les soirées passaient, plus Harry les attendaient avec impatience.
Lucius était si près de lui, il pouvait sentir son parfum, léger et agréable, admirer ses yeux d'un gris si profond. Il n'aurait eu qu'à tendre la main pour pouvoir faire glisser ses doigts dans les longs cheveux blonds.
Honte à lui.
Harry en avait rudement pris conscience : il avait le béguin pour son patron.
Cette idée le perturbait grandement. Jusqu'à présent, il avait simplement cru qu'il ne s'agissait que d'une constatation physique, rien de plus. Oui, Lucius était beau, oui ses yeux étaient magnifiques. Et puis après ? Cela n'avait guère de conséquences.
Alors que maintenant... Cela en avait, du moins pour lui, quand bien même il n'y avait rien du tout entre l'ancien Serpentard et lui. De toute manière, il n'y aurait jamais rien. D'ailleurs, il ne savait pas si cela devait l'attrister ou le rassurer.
C'était lors de ces petites soirées intimistes, tendres, presque câlines même s'ils ne s'étaient jamais touchés, que Harry avait réalisé la profondeur de ses sentiments pour Lucius.
Non, il ne s'agissait pas que d'une attirance physique, c'était plus que cela. Il aimait entendre le son de sa voix, grave, chaude, caressante. Il n'aimait pas que le son qu'elle faisait, mais aussi ce qu'elle disait. Lucius avait une immense culture. Harry avait adoré pouvoir, enfin, échanger avec quelqu'un sur tout ce qu'il avait appris durant ses études de littérature. Ils avaient débattu pendant des heures sur les différents écrivains, sorciers bien sûr, mais aussi moldus. Lucius lui avait montré des œuvres originales qui devaient valoir des fortunes. Le blond les lui avait tendues avec confiance, récitant au passage certains extraits, textes et poèmes.
Ces heures de détente entre eux, de partage, l'avaient rendu amoureux.
En clair, il était dans la bouse de dragon jusqu'au cou.
Déjà, il n'avait pas encore totalement digéré le fait d'être gay. Car sur ce point, le fait de tomber amoureux de Lucius ne lui avait laissé aucun doute : il n'était pas hétéro. Définitivement. Il avait même poussé le vice, un dimanche, à aller s'acheter en toute discrétion des revues coquines. Les jeunes filles dénudées sur le papier glacé ne lui avait fait ni chaud ni froid. La même revue, dans sa version masculine, avait tout de suite envoyé un afflux de sang dans la partie spongieuse de son anatomie qui n'en demandait pas tant.
Cet ultime épisode avait été la conclusion à toutes ses précédentes expériences : ses quelques aventures féminines dont les baisers lui donnait simplement l'impression de finir avec les lèvres humides, l'admirable fessier d'un dragonnier (dont il tairait le nom) qui l'inspirait bien plus que sa petite sœur, alors que cette derrière lui inspectait les amygdales vautrée sur ses genoux et enfin, Mickaël. Lucius était désormais la remarquable cerise confite sur le gâteau qu'était son homosexualité auto-avouée.
Ce point-là mis au clair, Harry devait faire face maintenant à l'épineux problème de la gestion de son homosexualité. Comment allait-il faire ? Comment allait réagir son entourage quand il l'apprendrait ?
Sa peur de l'abandon, du rejet, ne l'avait jamais réellement quitté. Il tremblait donc à la pensée que ses amis, sa famille, ne lui tournent le dos, dégoûtés par ses préférences.
Il n'avait jamais abordé ce sujet-là avec eux. D'abord parce qu'il était très pudique sur la sexualité en général, sans compter qu'il avait quelques réminiscences des propos homophobes des Dursley et des amis de Dudley. Harry avait beau se creuser la cervelle, il ne se souvenait pas avoir rencontré un couple gay, que cela soit à Poudlard ou en fac. Pourtant, une petite voix lui disait que cela ne voulait rien dire. Le brun était souvent à côté de la plaque question sentiments. Il ne voyait pas spécialement les couples et avait été plus d'une fois le dernier informé quand ses amis entraient dans une relation ou en sortaient.
Quand bien même Sirius et Severus ne le rejetteraient pas, ainsi que Remus, Ron, Hermione et les Weasley, cela ne résoudrait pas sa difficulté actuelle. À savoir, être follement épris de son employeur. Le père de son élève. L'ami, le confident de son père d'adoption. Oh Merlin. À chaque fois qu'il y réfléchissait, il était au bord de la crise d'angoisse. Bon, il exagérait un peu, après tout, il avait quand même affronté un dragon, un Basilic, des Mangemorts plus cintrés les uns que les autres, ce n'était donc pas un simple Lucius Malfoy qui allait le faire paniquer. Cela n'empêchait pas qu'il se sentait très, très, mal à l'aise.
Parfois, le soir dans son lit, après une tasse de thé sucré particulièrement stimulante, il s'imaginait que, peut-être, Lucius était attiré par lui, qu'il était gay lui aussi. Cela finissait en général avec un Harry haletant, la main dans son caleçon.
Une fois calmé, la vérité lui explosait en pleine face. Comment cela pourrait-il être possible ? Lucius avait été marié à une femme, ils avaient eu un enfant ensemble. Il était plus âgé que lui, plus cultivé. Il était de sang-pur...
Alors même si lui, Harry, descendait d'une grande famille sorcière et que son coffre à Gringotts était bien rempli, il n'avait pas la même prestance que lui, la même éducation, et surtout, il n'était qu'un sang-mêlé.
Cette dernière pensée était la plus dérangeante. Bien qu'il n'avait pas honte de ses origines, il n'oubliait pas que Lucius... Lucius avait été un Mangemort et lui était le Survivant.
Harry en avait un peu honte, mais il avait pleuré, deux fois, en réfléchissant à tout cela. Il avait conscience de son amour pour le blond et avait encore plus conscience du fait qu'il allait atrocement en souffrir.
... ... ...
Loin de toutes ces interrogations et maltraitance intellectuelle, Lucius Malfoy jubilait.
Depuis qu'il avait eu la sublissime idée d'inviter Harry à un petit thé de fin de soirée, son entreprise de séduction avançait à grands pas.
Le jeune précepteur lui avait immédiatement tapé dans l'œil, ce dès sa première venue au manoir quand il était arrivé accompagné par son tuteur et accessoirement mentor personnel du lord, Severus Snape.
Lucius s'était demandé si le terme ''chaperon'' n'aurait d'ailleurs pas été plus approprié pour Snape. Il avait toujours jalousement veillé sur Harry, telle une poule son poussin. Maintenant, l'ancien Serpentard comprenait pourquoi. Harry était délicieux, nul doute qu'il aurait eu envie d'y goûter bien avant si Severus avait commis l'erreur de lui présenter.
Snape savait véritablement ce qu'il faisait car en l'introduisant dans son manoir en tant que précepteur de Draco, il avait placé sur la tête de Harry une couronne avec écrit en gros dessus : « pas touche ! » Plus redoutable encore qu'une ceinture de chasteté.
Lucius ne pouvait donc pas faire comme il en avait l'habitude quand un jeune homme lui plaisait. C'est à dire le draguer sans aucune pudeur avant de le mettre dans son lit où il lui faisait subir les derniers outrages. Avant de le mettre gentiment, enfin autant qu'un Malfoy pouvait être gentil bien sûr, à la porte après une dizaine d'utilisation orgasmique et pour ne plus jamais le revoir.
C'était ainsi que Lucius voyait sa vie. Depuis la naissance de Draco, le départ de Narcissa et surtout depuis les quatre ans de son fils. Seul Draco comptait pour lui, rien d'autre. L'enfant exigeait de lui d'être présent, entièrement. Il ne partageait son temps que pour son travail, tout le reste, toute son énergie, son amour, n'étaient dus qu'à Draco.
Avoir une vie amoureuse n'était pas possible dans ces conditions. S'il fallait sacrifier une potentielle vie de couple pour le bonheur de son fils, il le faisait sans l'ombre d'une hésitation.
À une époque, pourtant pas si lointaine, il avait pensé pouvoir refaire sa vie, aimer un homme bien, qui l'accepterait lui et son fils. Il y avait crû, il l'avait espéré, avec tant de force...
Alors, quand quatre ans après la naissance de Draco, son rêve, comme à chaque fois, s'était brisé, quand il avait imaginé perdre son fils... Il avait tiré un trait sur ses douces illusions de vie conjugale heureuse. Severus l'avait pourtant exhorté à ne pas se fermer, à ne pas oublier ses espoirs.
Le grand blond lui avait ricané au visage, lui mettant sous le nez sa propre vie amoureuse inexistante au profit de son fils adoptif. Cette discussion aurait pu être annonciatrice d'une période de froid entre eux. Cela n'avait pas été le cas, bien au contraire. Severus avait soutenu Lucius et Draco, sans faillir. Ce ne fut que quelques mois plus tard, quand Harry était rentré à la faculté pour sa première année, que Severus était revenu à la charge, arguant que s'il était célibataire, ce n'était pas vis à vis de Harry mais parce qu'il était âgé, aigri et sans charme. Tout l'inverse de Lucius. Ce dernier était toutefois resté sourd à ses arguments.
D'autant qu'un autre problème s'était greffé, que ni lui ni Severus ne pouvait ignorer. Draco. Le petit garçon avait besoin de son père. En grandissant, le problème ne s'était pas atténué. Il ne supportait déjà pas ses précepteurs, alors un autre homme à la maison ? Qui prendrait du temps à son père ? Pire, de l'amour ? Inconcevable. La seule autre figure parentale qu'il acceptait était Severus, aucun amant de Lucius n'aurait pu espérer survivre à la tornade blonde.
Alors depuis, il baisait quand il avait envie, sans chercher quoi que ce soit d'autre. C'était du sexe pour le sexe, sans laisser de chance aux sentiments.
Lucius n'avait pas le choix. Parfois... parfois il regrettait sa vie. Alors, dans ces moments là, Severus venait. Toujours.
Cependant, depuis la rentrée de septembre, l'espoir avait peu à peu remontré le bout de son museau. Harry était adorable, un jeune homme attirant, décidé, intelligent. Toutes les qualités que Lucius avait recherché chez un potentiel partenaire à une période de sa vie.
Est-ce que Severus avait fait exprès de lui présenter le jeune homme maintenant et en tant que précepteur ? Après que Lucius, en juin, ait totalement craqué ? Sa fierté en avait pris un sacré coup ce jour-là, quand Hyde, paniqué, avait alerté le ténébreux maître des Potions que son maître était au plus mal. Severus s'était précipité dans sa cheminée et avait ramassé les pots cassés. Dont un Lucius éméché, désespéré, qui avait fini par raconter bien plus que ce qu'il n'aurait dû. Moins de trois mois plus tard, le jeune Survivant entrait dans sa vie.
Un hasard ? Lucius n'y croyait pas.
Néanmoins, s'il pouvait comprendre les raisons qui avaient pu pousser Snape à lui coller dans les pattes un jeune homme tel que Harry, il comprenait beaucoup moins celles qui le motivaient pour le mettre, lui, dans les pattes de son pupille. Il n'avait même jamais entendu dire que le jeune Potter soit gay.
Pourtant, les coups d'œil qu'il lui avait jetés, ses joues légèrement rosées, sans oublier cette formidable soirée où le brun un peu trop alcoolisé lui avait avoué son amour envers ses yeux ne lui laissaient au final que peu de doute. Il plaisait physiquement au précepteur de son fils.
Le coup de grâce, en quelque sorte, était venu avec son absence du manoir.
Draco avait accepté Harry. Draco le voyait comme un membre de la famille. Harry ne partirait pas.
Cela avait été comme le feu vert que Lucius attendait depuis des années, sans vouloir l'admettre.
La chasse au Harry avait été lancée.
Lucius sourit, tout en regardant les flammes qui dansaient devant lui.
... ... ...
« J'ai ouï dire que vous aimiez le Quidditch, est-ce vrai ? » demanda Lucius en servant une nouvelle tasse de thé à Harry.
Il reposa la théière et présenta le sucrier au brun qui, comme à son habitude, fit plonger trois morceaux de sucre dans le liquide ambré.
« Merci, Lucius. Oui, c'est exact. J'aime beaucoup le Quidditch. J'ai joué dans l'équipe de Gryffondor, en tant qu'Attrapeur. »
« Il paraît que vous étiez redoutable. »
« Oh, de la part de Severus, c'est un réel compliment. C'était assez drôle en fait, à partir de ma cinquième année. Il était fou de rage parce que Gryffondor gagnait la coupe et en même temps, il se sentait fier de moi. Un vrai dilemme en somme, » sourit Harry.
« J'imagine, en effet. Mais ce n'est pas Severus qui me l'a dit. Pourquoi vous n'avez pas accepté de jouer en tant que professionnel ? Une place dans l'équipe nationale vous aurait été garantie si vous aviez intégré une équipe britannique. »
Le lord finit de se servir sa propre tasse, assortie d'un nuage de lait. Il goûta sa boisson fumante, une simple gorgée, et profita que les yeux verts le fixaient pour passer avec délicatesse, pour ne pas dire sensualité, sa langue sur sa lèvre supérieure.
« Je... » Le garçon s'arrêta, comme hypnotisé, avant de se reprendre. « Eh bien, j'avais reçu une proposition, de la part des Pies de Montrose, entre autre. C'était l'équipe la plus intéressante, pour être franc. Mais de là à dire que j'aurais pu jouer en équipe nationale, c'est exagéré, sincèrement. »
« Oh que non, » réagit Lucius. Devant l'air étonné de Harry, il reprit. « Comme je vous le disais, ce n'est pas Severus qui m'a vanté vos louanges dans ce sport, bien qu'il m'en ait parlé et qu'il m'ait aussi beaucoup vanté vos autres nombreuses qualités, je vous rassure. »
Harry avala prudemment une gorgée de thé.
« Non, il s'avère que je connais très bien Hamish MacFarlan. Inutile que je vous précise qui c'est ? »
Harry manqua s'étrangler avec son thé. Comment ignorer qui était MacFarlan ? L'un des meilleurs joueurs de son époque, l'Attrapeur à avoir gagné le plus de matchs dans toute sa carrière et le capitaine des Pies de Montrose pendant onze ans !
« Vous connaissez MacFarlan ? »
« Oui, Hamish et moi nous nous entendons très bien. En plus d'être l'entraîneur des Pies, il fait partie du comité de la Ligue. Il m'a dit avoir été très déçu de votre refus. C'est par lui que je sais que Deverill, notre actuel entraîneur de l'équipe d'Angleterre, avait des vues sur vous. » Ses yeux se firent enjôleurs. « Des vues professionnelles, je précise, bien qu'il serait tout à fait concevable qu'il en ait eu également d'autres, moins... avouables publiquement. »
Lucius se retint de sourire en voyant les joues de Harry se teinter d'un peu de rose. À chaque fois qu'il faisait ce genre d'allusions, le jeune homme rougissait comme une pucelle ou avait l'air d'avoir envie de rentrer dans un trou de souris pour se cacher. Cela en était à la limite du jouissif. Qui aurait pu croire que le Survivant, Gryffondor de surcroît, serait aussi timide ou craintif qu'une licorne dès qu'il s'agissait de sexe ? Certainement pas lui.
« Pourquoi avoir refusé de jouer avec les Pies, si ce n'est pas trop indiscret ? » voulut savoir Lucius.
« J'ai beaucoup hésité à accepter leur offre. »
Le jeune sorcier passa une main dans ses cheveux sombres, les ébouriffant un peu plus. Lucius se délecta de cette vue. Depuis que l'ancien Gryffondor avait fait couper ses cheveux, ces derniers étaient devenus indomptables, plein de fougue... à l'image de leur propriétaire, très certainement. Du moins, c'était ce que se plaisait à imaginer un Lucius qui n'avait qu'une envie : fourrager de ses mains cette chevelure alors qu'il s'appliquerait à dompter et faire rugir de plaisir le jeune lion. Salazar ! Lucius croisa avec élégance ses jambes en réajustant sa robe de sorcier, histoire de cacher son érection naissante.
« Cela va peut-être vous surprendre, cela étonne toujours un peu les personnes à qui j'en parle en dehors de ma famille proche, mais si j'ai refusé, c'est à cause du public. Depuis que je suis revenu dans le monde sorcier, les journalistes ne cessent de me harceler, des gens que je ne connais même pas m'arrêtent dans la rue pour me raconter leur vie ou me demander des autographes, sans compter les demandes en mariage, déclarations d'amour et autres stupidités du même genre que je reçois chaque semaine. Tout cela pour quoi ? Parce que j'ai soi-disant détruit Voldemort quand j'étais bébé, alors que je n'y suis pour rien. »
Harry s'arrêta tandis que la tasse de thé de Lucius tintait violemment contre sa sous-tasse. Il fut choqué par l'expression qu'arborait le blond.
« Ne dîtes pas son nom ! » siffla le lord.
Il fallut moins d'une demi-seconde à Harry pour comprendre de quoi voulait parler Lucius.
« Oh, excusez-moi, je n'ai pas pour habitude de l'appeler autrement. Je refuse de le nommer par l'un des ses titres. »
« S'il vous plaît, Harry, je vous prierais pour ma part de ne pas le nommer autrement que par l'un de ses titres. »
Le visage de Harry se durcit.
« Avec tout le respect que je vous dois, Lucius, c'est hors de question. Je vous propose de l'appeler Tom, si vous préférez. C'est ainsi que nous faisons en général avec Severus, puisqu'il rencontre les mêmes difficultés que vous. »
Lucius inspira profondément avant de boire une gorgée de thé, histoire de reprendre contenance. Une fois fait, il reprit, un peu plus doucement que précédemment.
« Si vous voulez tout savoir, je préférerais davantage que l'on ne parle plus du tout de lui. Donc, c'est à cause de votre notoriété que vous avez refusé ? »
« Oui. Je n'ai aucune envie de me placer encore plus sur le devant des projecteurs. Cela aurait exacerbé certaines réactions. Sans oublier que mes prestations sportives auraient aussi été jugées sur mon précieux statut de Survivant, » ajouta Harry avec ironie. « Que je réussisse ou échoue d'ailleurs. De toute façon, on aurait toujours exigé de moi que je sois meilleur que les autres, à cause de ça. Je n'avais pas envie. Alors j'ai préféré me consacrer à ce que j'aime : la littérature, la culture sorcière. Il faut croire que les années que j'ai passées auprès de Severus ont réussi à me faire apprécier les études. J'ai envie d'écrire, sous un nom d'auteur, afin de faire mes propres œuvres, mes propres preuves, qui n'aurait rien à voir avec des supposés capacités que je ne possède pas ! » finit-il avec flamme.
« Pourquoi dîtes-vous que vous ne les possédez pas ? »
« Parce que c'est la vérité ! » s'exclama le jeune homme. « Severus a certainement dû vous l'expliquer : ce n'est pas moi qui est détruit Tom, c'est l'amour et la magie de ma mère. Je n'ai rien fait, je n'ai rien d'extraordinaire. Je suis un sorcier comme un autre, avec ses qualités et ses défauts. Je ne suis pas plus puissant que la moyenne, ni plus remarquable. Je suis Harry, juste Harry. »
Lucius posa sa tasse sur la table basse devant lui et avant que Harry ne puisse esquiver le moindre geste, il se saisit de ses mains, le faisant tressaillir.
« Alors, permettez-moi de vous dire, ''juste Harry'', que vous vous trompez. Vous avez accomplis bien plus que la moyenne des autres sorciers. Vous avez combattu un Basilic, gagné la Coupe des Trois Sorciers, affronté des Détraqueurs et aussi des Mangemorts de la pire espèce, ceux parmi les plus dangereux de la garde rapprochée du Seigneur des Ténèbres. Peu de sorciers aurait pu le faire. Vous êtes puissant, Harry, et remarquable. J'ajouterais aussi que vous êtes quelqu'un d'extraordinaire à mes yeux, » souffla-t-il d'une voix grave et veloutée.
Harry se sentait hypnotisé, tant par la voix un brin ronronnante de l'homme que par les perles grises ensorcelantes qui étaient ancrées dans ses yeux. Il avait le sentiment que son sang était devenu bien plus chaud, onctueux dans ses veines et qu'un feu torride avait enflammé ses reins.
Lucius sourit, rompant l'instant magique en le faisant redescendre sur terre.
« Je... Merci, Lucius. »
« Ne me remerciez pas, pas pour cela. Dîtes-moi, » fit l'aristocrate en lâchant les mains de Harry et en se recalant dans son fauteuil. « Malgré cela, vous aimez toujours le Quidditch ? »
« Oui, évidemment ! »
« Vous savez que le dernier match de la Ligue, qui opposera justement les Pies de Montrose aux Tornades de Tutshill, se déroulera prochainement ? »
« Oui ! » s'exclama Harry, retrouvant toute sa fougue. « Cette année, la coupe de la Ligue a été passionnante ! Ce match promet d'être extraordinaire, les Poursuiveurs des Tornades sont réellement impressionnants, mais les Batteurs des Pies sont quasiment imbattables depuis le début du tournoi ! »
Il se tut brusquement, ne sachant si Lucius partageait sa passion pour ce sport.
« Vous ne voulez pas assister au match ? » demanda Lucius en finissant son thé.
Harry se rembrunit.
« Ron et moi on avait voulu prendre des places, mais elles ont toutes été vendues en moins de douze minutes. Même notre ami, Olivier Dubois, qui est le gardien du Club de Flaquemare, n'a pas pu nous avoir des places. En général, il se débrouille toujours pour que l'on puisse assister à un match ou deux durant la ligue, parmi les plus intéressants. Mais là, c'est la finale, et quelle finale ! »
« Dans ce cas, cela vous plairait-il de nous accompagner, Draco et moi ? »
Harry ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau.
« Vous avez des places ? ! »
« Oui, en fait, j'ai une loge privée réservée à l'année, pour toutes les finales et demi-finales, ainsi que pour tous les matchs des Pies. »
« Une... une loge privée ? » s'étrangla cette fois le garçon aux cheveux de jais.
Il savait parfaitement ce qu'étaient ces loges. Elles coûtaient une véritable fortune. Ron lui avait suffisamment rabattu les oreilles qu'il devrait en prendre une, qu'il en avait les moyens et aussi le nom puisque ces dernières étaient réservées aux grandes familles sorcières. Harry ne l'avait jamais fait mais il devait avouer qu'après leur déception quand ils n'avaient pas pu avoir de places pour la finale, il avait amèrement regretté de ne pas en avoir pris une.
Ces loges étaient, d'après les dires, absolument géniales et luxueuses. Il n'avait jamais pu le vérifier puisqu'elles étaient aussi couvertes par un sort de désillusion et d'intimité. On n'en voyait que les contours, richement parés d'or. Mais l'intérieur ainsi que les personnes qui s'y trouvaient ne pouvaient être vus.
Lucius sourit légèrement devant la miné étonnée du jeune homme.
« Oui, bien sûr. Les Malfoy bénéficient d'une loge privée, cela va de soit. J'ai simplement retenu les matchs qui m'intéressent, comme je le fais chaque année. Alors, Harry, votre réponse ? »
« Oui ! » cria presque Harry, perdant toute réserve. « Merci, Lucius, c'est incroyable ! »
« Quel enthousiasme ! N'y a-t-il que le Quidditch qui vous excite à ce point ? Ou bien d'autres sujets pourraient vous rendre aussi... extatique ? »
Le sourire de Lucius s'élargit alors que Harry reprenait une belle couleur écrevisse. Quelle joie de le voir ainsi, les joues roses, les yeux brillants et l'air aussi émoustillé. Un vrai bonheur érotique.
Le grand lord se leva, faisant faire de même au jeune brun.
« Bien, il se fait tard. Je suis positivement ravi de notre soirée et j'attendrai avec encore plus d'impatience la finale de la ligue cette année. J'ai le sentiment qu'elle va être particulièrement... fascinante, » termina-t-il en plongeant ses yeux dans ceux de son vis à vis.
Il s'approcha de lui et se pencha, à la surprise de ce dernier.
« Bonne nuit, très cher Harry, » murmura-t-il, tout en donnant l'impression de déguster le prénom.
« Bonne nuit, Lucius, » bafouilla Harry.
Puis sans prévenir, les lèvres douces du lord se posèrent avec sensualité sur la joue du sorcier. Après un dernier sourire, il se redressa et sortit du salon, laissant un Harry estomaqué sur place.
Une fois Lucius parti, il porta sa main à sa joue, touchant l'endroit où le blond l'avait embrassé. Embrassé, par Godric !
« Ben merde alors... »
Une fois cette constatation de la plus haute constructivité énoncée, Harry se décida à monter dans ses appartements. Il hésita un moment entre prendre une douche brûlante ou glacée. Finalement, la première l'emporta.
Alors que l'eau chaude le détendait à merveille et qu'il se massait à l'aide de l'éponge naturelle mousseuse, l'esprit de Harry se mit à divaguer.
Cette soirée avait effectivement était plus qu'intéressante. Et bon sang, aussi terriblement sensuelle ! Enfin, de son point de vue. Lucius l'avait dévoré des yeux, il en était certain ! Ou presque. Ses yeux gris le regardaient parfois avec une telle intensité que les hormones de Harry s'affolaient.
Comme à chaque fois que Harry pensait ainsi, il se mit à espérer. Serait-il possible que Lucius soit du même bord que lui et éprouve de l'attirance à son égard ? Cela semblait trop beau pour être vrai.
Pourtant ce soir, Lucius avait enchaîné les petites piques et remarques ambiguës. Sans compter qu'il lui avait tenu les mains, l'avait embrassé. Il lui avait dit qu'il le trouvait... extraordinaire.
Harry n'étant qu'un homme, entre ses souvenirs, son désir et la chaleur humide de la douche, la réaction qui suivit était prévisible. Son pénis se gonfla de sang, ses bourses se tendirent. Il avait envie, envie de sexe, envie de se faire du bien en pensant à Lucius, à ses doigts fins, à sa peau de porcelaine, ses lèvres douces, son parfum envoûtant, ses yeux ensorcelants... N'y tenant plus, Harry porta sa main sur son sexe douloureusement tendu. Il laissa tomber l'éponge pour que sa main libre parcourt son corps. Il se caressa les tétons, les pinçant légèrement, se faisant respirer plus vite.
Les yeux clos, la bouche entrouverte, il posa son front moite contre la faïence. Il continua ses attouchements, s'imaginant que c'étaient les mains, la langue de Lucius qui le découvraient. Sa main droite accéléra le rythme sur sa colonne de chair. La gauche, quant à elle, poursuivait sa route, enflammant sa peau. Sans trop comprendre pourquoi, elle passa sur son flanc et finit sa course sur ses fesses. Il les malaxa un moment. Oh, et si c'était Lucius qui lui faisait ça, que ferait-il ensuite ? Le rouge au joues, à cause de la température dans la pièce mais surtout en raison des pensées lubriques qui dévastaient son cerveau, Harry baissa sa main, encore, encore un peu, entre ses deux globes de muscles fermes. Il se mordit les lèvres alors que son index, presque indépendamment de sa volonté, se frayait un chemin humide jusqu'à son entrée. Il se caressa à cet endroit, si particulier, découvrant de la pulpe de son doigt les petits plis qui l'entouraient. Et puis... son doigt le pénétra, un peu, un tout petit peu. Il gémit.
C'était... dérangeant, brûlant, excitant, tout à la fois. Il pénétra plus en profondeur, gémissant plus fort. Oh Merlin. Son anus pulsait doucement autour de son doigt, comme surpris de cette intrusion peu commune. Ce n'était pas douloureux, juste surprenant. Harry s'étonna de la douceur de ses chairs internes, qu'il caressait. Il tourna délicatement son doigt, le recula. Ses dents se refermèrent un peu plus sur sa lèvre, la malmenant. Seigneur, la sensation était incroyable. Il recommença, faisant faire à ses deux mains des mouvements de va-et-vient. Il s'imagina avec Lucius dans cette douche, Lucius qui l'embrasserait, non pas sur la joue, mais sur la bouche. Sa langue jouerait avec la sienne, il lui embrasserait aussi les tétons et ce serait son doigt qui serait en ce moment entre les plis écartés. Oh non, ce ne serait pas son doigt, pas celui-là en tout cas.
Harry poussa des petits geignements alors qu'il rêvait au corps de Lucius, pressé contre lui, et surtout qu'il voyait son sexe, lourd, épais, prendre la place de son doigt et s'enfoncer dans ses chairs. À cette simple idée, il jouit avec violence, poussant un cri de plaisir alors que son sperme giclait contre le mur. Il sentit aussitôt son doigt se faire enserrer par les spasmes qui le prenaient tout entier.
Il s'écroula sur le sol, épuisé.
Après avoir repris son souffle, il finit de se doucher rapidement, refusant de penser à ce qu'il venait de faire. Il se sécha non moins rapidement avant de se glisser avec bonheur dans son lit.
Comme à chaque fois où il s'était masturbé en pensant à son patron, son patron bon sang, il eut un peu honte. Mais c'était aussi de la faute à ce fichu Lucius ! S'il n'était pas là à le chauffer comme ça, cela n'arriverait pas ! Harry bougonna contre son oreiller, à la fois frustré et énervé.
Tant pis pour Lucius, c'était de sa faute s'il se branlait en pensant à lui, voilà tout !
Le sorcier ferma les yeux en pensant à sa partie de plaisir solitaire. Elle avait été extraordinaire... Comme ce qu'avait dit Lucius à son sujet. Le sourire aux lèvres, il se repassa en boucle la soirée qu'il venait de vivre en sa compagnie.
Il s'arrêta brusquement au passage où Lucius avait sifflé, en colère, quand Harry avait prononcé le nom de Voldemort.
Pourquoi ?
Bien sûr, Lucius était un Malfoy, une famille de Mangemorts. Mais Harry avait le sentiment que ce n'était pas que cela. Non, bien que cela l'étonnait, il était presque sûr d'avoir reconnu une émotion pour le moins dérangeante dans les iris gris.
La terreur.
… … …
À suivre
… … …
NDA : * Pour les petits curieux, je vous conseille de faire une petite recherche sur internet avec ce mot ;)
Bien, j'espère que ce chapitre vous aura plu. En attendant la suite dimanche prochain, je vous souhaite un bon réveillon, attention aux excès et surtout à la route si vous devez circuler. Quant à moi, je vous dis à l'année prochaine !
