Un grand merci à mes deux reviewers ;)

Un autre chapitre un peu plus grand.


Chapitre XIX

Gabrielle déposa le collier de sa mère dans son tiroir puis regarda sur sa table de nuit. Elle y trouva le livre avec la note. Un sourire lui échappa. Elle savait tout. On ne pouvait rien lui cacher. Puis le sourire fut remplacé par une moue de dégoût. Elle savait pour moi et Prométhée … C'est pour ça qu'elle me tenait toujours près d'elle, à l'écart de lui. Elle l'avait vu depuis le début et avait tout fait pour gâcher ce qu'ils avaient. Mais elle avait eu un moment d'inattention. Elle n'avait pas pensé qu'ils auraient l'occasion de dormir ensemble à Athènes. Elle devait penser à quelque chose d'autre. De plus important. Mais à quoi pensait-elle ? De plus important qu'elle ? Mais tout était plus important qu'elle … Que le petit-déjeuner de madame l'impératrice soit amené à l'heure, que ses esclaves lui obéissent et ne se rebellent pas, … Elle, elle était juste une esclave qui pouvait être tuée au moindre changement d'humeur.
Durant le temps de midi, les esclaves mangeaient sur des tables en bois pourri pendant que sa majesté et ses hommes mangeaient sur de bonnes tables recouvertes de tissu. On apportait aux esclaves du pain et de l'eau pour seul repas.
Gabrielle regarda sa maigre portion de pain et la prit en main, elle n'avait pas faim. Elle repoussa son pain quand une esclave à côté d'elle, qui avait déjà fini son pain, lui adressa la parole.

E : Tu es nouvelle ? Tu ne manges pas ton pain ? (dit la brune)

G : Oui … Je n'ai pas faim.

E : Tu devrais manger ton pain. C'est tout ce que tu auras jusqu'à ce que tu rendes ton dernier souffle.

G : Je n'ai pas faim.

E : Je peux le prendre ? (dit-elle en montrant la tranche de pain)

G : Bien sûr … (dit-elle en faisant signe qu'elle pouvait le prendre)

La jeune esclave prit le pain et mordit à pleines dents dedans.

A : En fait, je m'appelle Anastasia. (dit-elle en tendant sa main)

G : (la serrant) Gabrielle … C'est un drôle de nom Anastasia. Très beau, mais jamais entendu.

A : Oui. Ce n'est pas très courant.

G : (souriant) Effectivement !

A : Tu fais quoi comme travail ?

G : Ha … Je distrais sa majesté, ses invités et ses hommes.

A : Ouille. C'est horrible ! Tu ne souffres pas trop ?

G : Oh … non. Je ne fais pas ce que tu crois. (dit-elle en ouvrant de grands yeux) Je leur raconte des histoires. Enfin, je vais le faire, car je suis arrivée hier.

A : Ah … Ca me rassure. C'est super intéressant ce que tu fais !

G : Il y a des esclaves qui doivent faire ça ?

A : Malheureusement, oui.

G : C'est inhumain !

A : Mais l'impératrice n'est pas humaine. C'est un monstre envoyé par le diable lui-même pour tous nous punir.

G : Je ne sais pas … (dit-elle en réfléchissant) Et toi, tu fais quoi comme travail ?

A : Je sers à boire et à manger lors des banquets. Quand il n'y en a pas, je nettoie les sols et fais toutes sortes d'autres tâches ménagères.

Elles continuèrent à parler tout au long de leur pose de midi des habitudes et autres des esclaves mais surtout de leur famille et de leurs amis. Elle lui parla de Lila, de son pacte avec la conquérante, de sa rencontre avec Prométhée, de son châtiment pour avoir regardé dans les yeux l'impératrice et de plein d'autres choses. Elle ne parla pas par contre des moments où elle avait vu de l'émotion dans les yeux de la conquérante. Elle ne voulait pas s'en souvenir.

Gabrielle alla ensuite dans sa chambre dans l'aile nord et se jeta sur son lit. Elle ferma les yeux et vit le visage de Prométhée. Elle allait tenir le coup … Elle allait tenir le coup pour Prométhée. Elle le reverrait un jour. Elle en était sûre. Elle sortirait de là et le chercherait.

Elle regarda ensuite sur la petite table de nuit. Le livre avec la lettre y était toujours. Elle prit brusquement la lettre, la déchira, enragée, et roula les morceaux en boule. Elle jeta ensuite la boule dans un bac en métal. Elle éclata en sanglots. Elle ne reverrait jamais sa famille ni Prométhée. Gabrielle se roula en boule sur son lit et pleura toutes les larmes que son corps pouvait produire. Elle se ressaisit ensuite et prit le livre, bien décidée à le lire.