NDA : Tout d'abord, BONNE ANNEE 2015 ! Pour (bien ?) la commencer, je vous laisse en compagnie de Harry, des Malfoy et de tout un tas d'autres personnages dont mon préféré, mon chouchou, mon gloubinours... Oui, bon, vous l'aurez compris, Charlie, ainsi que Mitica, vont faire un (très) rapide passage éclair ^^' Bonne lecture.
Chapitre 11
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De la mentalité des sorciers en matière de sexualité
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Lucius, Harry et Draco arrivèrent par transplanage dans la Lande de Bodmin, en Cornouailles, une petite heure avant le début de la finale de la Ligue. Draco était excité comme une puce et, il était bien obligé de le reconnaître, Harry aussi.
La foule se pressait déjà en tout sens, chacun arborant les couleurs de son équipe favorite. Il faisait froid en ce début d'après-midi, puisque que, comme chaque année, le dernier match de la saison se déroulait en décembre. La nouvelle saison se terminait toujours avant le solstice d'hiver. En effet, sept jours avant cette date relativement importante dans la communauté sorcière, notamment pour les botanistes et les potionnistes, se tenait le dernier match de la Ligue. La nouvelle saison débutait quant à elle fin février ou début mars.
Draco était donc bien emmitouflé, avec un bonnet noir sur la tête. Son manteau, noir également, était égayé par une gigantesque pie. Le petit garçon babillait, une main dans celle de chacun des deux adultes qui l'accompagnaient. Lucius entraîna son petit groupe vers un escalier, un peu en retrait de ceux vers lesquels se dirigeait la foule. Harry sentit son cœur battre plus vite. Il remonta son écharpe, haut sur son visage, en regardant les quelques personnes qui les montraient du doigts.
« T'inquiète pas, tonton 'Ry, c'est des minables jaloux sans le sous et sans éducation qui n'ont pas de loge, c'est tout, » fit Draco, tentant de le rassurer face à ce geste.
« Draco, je ne m'inquiète pas de cela, et toi, tu ne devrais pas parler avec ce ton si méprisant. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ce n'est pas bien. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ce n'est pas parce que toi, tu as la chance d'avoir un papa qui a une loge, que tu dois te moquer ou te sentir supérieur à ceux qui n'en ont pas. »
« Pourquoi ? »
« Bon sang, Draco, parce que ce n'est pas bien, voilà pourquoi ! »
« Oui, mais pourquoi ? »
« Lucius, un peu d'aide serait la bienvenue... »
« Draco, le fait d'être effectivement supérieur à la grosse majorité de cette populace ignorante, criarde et sans valeur est suffisant. Tu n'as pas besoin de montrer ton mépris envers eux, surtout devant des personnes comme Harry qui font partie de la famille et sont un peu trop sensibles à ce sujet. Quant à ces êtres inférieurs, ils seront un jour tes subalternes. Il conviendra que tu saches faire preuve de magnanimité envers eux quand cela arrivera. C'est de cette façon que tu sauras les diriger et les manipuler. Après tout, tu es un lord et un Malfoy, c'est ta destiné. Ce n'est donc pas nécessaire de les rabaisser. Ils sont déjà tellement bas, mon fils, c'est inutile. N'oublie pas, Draco : magnanimité, fermeté, une petite dose de despotisme assorti de charité et ces gens seront à tes pieds. Bien plus que si tu leur démontres ouvertement tout ton mépris. Comprends-tu, fils ? »
« Oui, père. »
L'enfant se tourna vers Harry qui avait la bouche bée.
« Tu sais, tonton 'Ry, sans vouloir te vexer, papa explique bien mieux que toi ce genre de choses. Ça doit être ton côté Gryffondor sans doute. Heureusement que tu n'étais pas un Poufsouffle ! »
Le blondinet lui fit un grand sourire, comme pour lui démontrer à quel point il était heureux que Harry n'ai pas eu à subir un tel affront. Le jeune sorcier brun referma brutalement sa bouche avant de se mettre au même niveau que Lucius, tandis qu'ils arrivaient enfin à l'étage des loges.
« Lucius ! » souffla le garçon, un brin énervé et ce pour une raison qui n'avait plus rien à voir avec le match qui s'annonçait. « Comment pouvez-vous dire de telles choses à Draco ! Il... enfin, c'est un enfant, d'une part, et là, vous lui parlez de choses qui relèvent de la politique de bas étage, d'autre part... »
« La politique est la politique, elle ne souffre pas d'étage, cher ami, » le coupa Lucius. « Elle n'est que manipulation, flagornerie et pouvoir. Draco devra y faire face un jour, autant qu'il s'y prépare dès maintenant.
« Mais... »
« Mais cela ne vous regarde en rien, jeune Potter, vous n'êtes pas de ce milieu. »
Malgré les paroles qui auraient pu être cinglantes, le ton de la voix de Lucius resta neutre, presque doux.
Lorsque Lucius arrêta de marcher pour se tourner vers lui, Harry manqua de lui rentrer dedans puisqu'il avait continué à avancer, la bouche déjà ouverte pour protester. Lucius sourit en lui posant son index sur les lèvres.
« Ceci n'est pas une insulte, loin de là. Je pourrais presque vous envier, Harry. La famille Potter, bien que d'une grande lignée de sorciers, n'a pas le statut d'aristocrate, ce que je suis et ce que sera Draco, vous évitant ainsi cette charge. Car notre titre, comme notre nom, peuvent aussi être un fardeau dans notre société actuelle, n'ayez aucun doute là-dessus. Les Malfoy ne sont pas les Potter, personne ne l'a oublié malgré les années. Je me dois d'armer Draco, ou il se fera dévorer à l'âge adulte. Oui, parfois... parfois, je pourrais vous envier. »
Harry resta sans voix, la tête fourmillant de mille pensées contradictoires.
« Je suis un lord, un politicien et un homme d'affaires. Pourtant, Harry, ne pensez pas que je manque de cœur. » Lucius lui prit la main et la posa contre son torse. « Même si en public, il me faut le cacher. Ne l'oubliez pas, s'il vous plaît. »
Le sorcier aux cheveux noirs se rendit compte que tous les reproches, protestations et autres remarques acerbes qu'il comptait déverser sur le blond avaient purement et simplement déserté son esprit. Il se contenta donc de hocher la tête, le cœur tambourinant durement entre ses côtes tandis que Lucius gardait sa main prisonnière de la sienne.
« Et si nous profitions de cette finale ? » proposa enfin l'ancien Serpentard en ouvrant la porte de la loge.
Draco s'y engouffrant aussitôt en criant de joie et se jeta immédiatement sur un immense sofa recouvert de coussins moelleux.
Harry sentit ses yeux s'écarquiller de stupeur alors qu'ils entraient eux aussi à la suite de l'enfant.
La loge était immense. Les murs étaient parés d'or, d'argent, de cuivre et de bronze. Devant l'immense sofa chamarré de rouge et jaune se tenait une table basse en bronze sertie d'émeraudes. Des corbeilles et plats en d'argent étaient posé dessus, débordant de fruits ou de gâteaux. Des coupes en or décorées de saphirs proposaient différentes boissons.
L'ensemble était à la fois clinquant, trop luxueux sans aucun doute mais n'était, contre toute attente, absolument pas criard. Un elfe de maison se tenait dans un coin, attendant les ordres.
Harry, sans voix, se laissa entraîner sur le sofa où il s'assit, Lucius à côté de lui. Devant eux, le stade de Quidditch s'offrait à leur vue. Il savait qu'ils étaient protégés du regard des autres sorciers et sorcières qui s'entassaient dans les gradins de parts et d'autres du terrain. Pas un souffle d'air froid ne pénétrait alors que la vue était parfaite, plus que si une vitre moldue avait été installée. Non, il voyait parfaitement, comme si rien n'était devant eux, mais sans que la froideur de l'hiver ne les incommode.
Rapidement, Harry, Draco et Lucius enlevèrent leur manteaux et chapeaux, que l'elfe leur emporta.
Le math commença, dans les cris, les hourras et les bravo.
Harry passa les trois heures parmi les plus incroyables de sa vie, vivant le match comme jamais encore auparavant, grâce notamment à des multiplettes géantes mises à leurs dispositions.
Draco sautait partout dans la loge, intenable. Pourtant, Harry comme Lucius n'en avaient cure. Car non seulement le match devant eux était du grand Quidditch, la loge extraordinaire, mais surtout, profitant de chaque occasion qui se présentait à lui, la main du lord se posait sur celle de l'autre sorcier, enlaçant ses doigts aux siens.
... ... ...
Depuis cette fameuse finale, qui avait vu la victoire des Tornades, à la plus grande déception des Malfoy et de Harry, le jeune précepteur ne savait plus quoi penser.
Enfin, si. Il savait de façon certaine qu'il était tombé amoureux de son patron, aucun doute n'était permis sur ce point.
C'était plus le comportement de Lucius qui l'intriguait. Harry avait de plus en plus le sentiment que ce dernier flirtait avec lui. Leur tasse de thé du soir se terminait inévitablement par un léger baiser sur la joue pour se souhaiter bonne nuit. Et pendant leurs discutions feutrées, éclairées grâce aux flammes de la cheminée, Lucius multipliait les effleurements, les légers attouchements. Un doigt qui s'égare, un tissu qui se perd... autant de contacts soyeux, délicats, qui mettaient les nerfs du jeune sorcier à rudes épreuves.
Que voulait Lucius ?
Car pour Harry, il était encore inconcevable que le lord puisse avoir développé des sentiments envers lui.
Parce que Lucius était son patron, il était divorcé d'avec une femme et père de famille, il était un aristocrate et par dessus tout, c'était un Malfoy ! Harry se souvenait alors de son discours avant le match.
Il avait raison, ils n'étaient pas du même milieu. De plus, pour la bonne société sorcière, les Malfoy et les Potter n'étaient pas faits pour être amis, encore moins amoureux. Il était le Survivant et Lucius un Mangemort ! Bon sang, il avait fait partie de ceux qui avaient assassiné ses parents et de ceux qui n'avaient eu de cesse de vouloir finir le projet de leur chef psychopathe, à savoir le tuer, lui.
Néanmoins, la petite voix de la raison - à moins que ce ne soit celle du désir ou de l'amour ? - lui rappelait que Lucius n'avait que quatorze ans à la mort de ses parents, qu'il avait été innocenté et qu'il n'avait jamais, jamais, été présents lors des différentes manifestations ou tentatives d'assassinat contre lui de la part des Mangemorts.
Harry était perdu.
C'était dans cette ambiance que se profilaient les vacances de Noël. Lucius avait donné une semaine de congés à Harry pour les fêtes. Le brun les attendait avec impatience, histoire de se remettre un peu les idées en place et pour pouvoir revoir sa famille et ses amis.
D'un autre côté, il était un peu triste à l'idée de ne pas revoir le sale gosse pendant sept jours. Quant à l'idée d'être séparé de Lucius, elle lui déplaisait encore plus parce que même si cette séparation pourrait lui permettre d'y voir plus clair, il était aussi certain que le blond allait atrocement lui manquer.
Severus était revenu le voir, lui annonçant qu'ils fêteraient le réveillon de Noël chez lui, avec Sirius et la famille de Remus. Le lendemain, ils étaient attendus chez les Weasley. Harry n'en revenait pas. Cette année était décidément à marquer d'une pierre blanche ! Jamais Snape n'aurait accepté dans le passé de fêter le 24 et le 25 décembre en compagnie de Sirius ou des Weasley.
Ron lui avait envoyé un hibou pour lui confirmer cette incroyable nouvelle. Toute la famille de rouquins était sur des charbons ardents, d'autant que Charlie revenait de Roumanie afin de présenter, enfin, Mitica à ses parents. Ils s'étaient fiancés, le mariage était prévu pour l'été, en Roumanie.
Harry se demanda à quoi pouvait bien ressembler la Roumaine. Ron savait très peu de choses sur elle, à part que ce n'était pas une dragonnière et que Charlie l'avait rencontrée dans un bar-restaurant où elle travaillait. En tout cas, elle devait avoir un sacré caractère pour avoir réussi à dompter le dragonnier Charlie j'ai-un-fessier-à-se-damner Weasley.
L'autre personne à ne pas particulièrement apprécier, c'était même un euphémisme, l'absence de Harry pendant une semaine, était Draco.
Harry devait partir le samedi soir en vacances, pour ne revenir que le lundi 1er janvier dans la soirée. Le matin de ce 23 décembre fatidique, Draco fit une véritable crise de nerfs, assortie d'un caprice qui atteint des sommets rarement atteints.
Pourtant, ni Harry ni Lucius ne le punirent quand ils firent faces à ses larmes et ses joues rouges. Ils le laissèrent exploser sa colère qui n'était elle-même que le reflet de son chagrin. Après le repas du midi, Harry réussit à calmer une autre crise en prenant le petit garçon dans ses bras. Ils restèrent enlacés sur le lit de Draco, le brun ne cessant de répéter à l'enfant qu'il reviendrait, qu'il ne l'abandonnait pas, qu'il ne l'abandonnerait jamais.
Dès cet instant et une fois ses larmes séchées, Draco bondit de son lit, exigeant que Harry, son père et lui passent le reste de la journée ensemble. Il attrapa la main du sorcier pour l'entraîner dans le salon où il annonça qu'il fallait absolument passer la fin de l'après-midi à la piscine.
Trop soulagés de le voir ainsi, les deux adultes acquiescèrent.
Ce ne fut qu'une fois arrivé devant la piscine, protégée par un espèce de verre magique épais, et en avisant que les deux Malfoy batifolaient déjà dans l'eau chaude que Harry réalisa réellement ce qui allait suivre.
Il allait devoir se mettre en maillot de bain moulant et nager en compagnie, non pas que de Draco, mais aussi de Lucius. Dans la même tenue que lui. Il déglutit en priant Merlin et les quatre fondateurs pour que sa libido ne prenne pas l'idée saugrenue de se réveiller.
« Harry ! » cria Draco en le voyant rentrer dans l'atmosphère humide de la cloche en verre. « Viens vite ! On est déjà là ! »
« Je le vois bien, » rigola Harry alors que le petit blond faisait une brasse rapide vers lui.
« Vite, mets ton maillot ! Papa, il a fait un plongeon tout à l'heure et là, on va jouer à ''sirène et crocodile'' ! »
Harry continua de rire tout en enlevant ses vêtements qu'il posa sur l'un des matelas disposés autour de l'immense pièce d'eau. Il s'astreignait à ne regarder que Draco, pas l'autre silhouette blonde qu'il devinait à l'autre bout de la piscine. Se sentant un regain de pudeur, il tourna le dos à l'eau ainsi qu'à ses occupants pour ôter son T-shirt et son pantalon.
Il ne se retourna pas vers eux quand il alla sous la douche mais n'eut pas d'autres choix une fois celle-ci finie et qu'il dut pénétrer dans l'eau.
Son regard tomba directement dans les orbes grises de Lucius, accoudé sur le rebord de la piscine, qui l'étudiait avec attention. Harry se sentit stupidement rougir sous ce regard scrutateur qui ne perdait pas une miette du spectacle qu'il offrait. Or, à son humble avis tout du moins, le-dit spectacle n'était guère affriolant.
Il se tenait, gauche et raide comme un balai. Il se sentit particulièrement démuni d'un coup. Il était trop petit, trop fin pour ne pas dire maigre malgré le Quidditch qui lui avait donné une musculature longiligne.
Lui-même ne voyait pas grand-chose de Lucius en cet instant, à part son visage, plutôt carré, indéniablement masculin mais dont les traits fins redonnaient un peu de douceur. Les lèvres fines étaient roses, la peau pâle. Ses cheveux, mouillés, étaient rejetés en arrière et plaqués contre son crâne. Ils lui tombaient dans le cou, comme un casque d'or ou de platine, tout en laissant entrevoir les oreilles. Ensuite, il y avait les épaules, larges, luisantes d'eau qui gouttait sur ses bras.
Lucius lui sourit puis se repoussa un peu du bord d'un geste de dos crawlé. Le brun manqua s'étouffer avec sa salive alors qu'il l'avalait avec difficulté. Le torse de Lucius était à tomber. Il était large, musculeux et semblait comme doré.
Harry se compara une nouvelle fois au lord, sans complaisance, tout en se dépêchant de rentrer dans l'eau délicieusement chaude. Ses bras, ses jambes, n'étaient pas assez musclés, il n'avait plus son bronzage de l'été et les poils noirs qui recouvraient ses membres devaient le faire ressembler à un singe ! Sans compter son propre torse, trop étroit, ses hanches trop fines. Tout cela manquait de virilité, à part en raison, là encore, de la légère toison noire qui s'étalait sur son sternum et autour de ses mamelons, puis descendait en ligne étroite vers son nombril, qu'elle encerclait, avant de continuer sa course plus bas. Il se trouva trop poilu, trop osseux, trop... insignifiant pour ne pas dire moche. Ajouter à cela un visage en forme de cœur, qu'il trouvait beaucoup trop féminin malgré une mâchoire bien trop carrée à son goût, et dont les grands yeux verts entourés de long cils noirs n'arrangeaient pas le côté efféminé.
Il ne ressemblait décidément à rien.
« Harry ! » s'écria Draco en atterrissant dans ses bras. « Ben, pourquoi tu as l'air tout triste ? C'est parce que tu dois partir tout à l'heure ? »
« Euh... oui, c'est ça, Draco. »
« Faut pas tu sais, regarde, moi je pleure plus. Tu vas revenir bientôt. Papa ! Viens ! Je crois que Harry a besoin que tu le consoles ! »
« Quoi ? » s'étrangla à moitié le jeune homme.
Il n'eut pas le temps de protester plus que le grand corps élégant, souple et bien bâti du lord se collait à lui, officiellement pour récupérer son fils. Harry nota toutefois qu'une fois ce dernier dans les bras de son père, Lucius restait décidément très près de lui.
« C'est vrai, Harry ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Rien, rien, » bafouilla le brun qui baissa son regard.
Ce dernier tomba directement sur la poitrine et le ventre du blond. D'ici, Harry pouvait constater, malgré l'absence de lunettes, que lui aussi avait des poils, un peu comme les siens, mais ils étaient si blonds qu'ils ne se voyaient que parce qu'ils brillaient grâce aux gouttelettes d'eau. Il remonta lentement ses yeux, tentant de respirer calmement.
Lucius était musclé comme il aimait, ou plutôt comme il venait de découvrir qu'il l'aimait. Ni trop, ni trop peu.
Avec ses cheveux mouillés, les yeux de l'aristocrate ressortaient encore plus qu'avant sur son visage. Harry garda les siens plantés dedans, s'y noyant.
« Harry est triste parce qu'il s'en va, » déclara alors Draco, rompant sans le vouloir le contact visuel entre les deux sorciers.
« Vraiment ? » fit Lucius.
Un sourire narquois s'étira sur ses lèvres.
« Oui, je crois qu'il aurait bien besoin d'un câlin, » continua le petit garçon, très sérieux.
« Quoi ? Non, Draco, ça va aller, je t'assure, » s'empressa de le contredire Harry.
« Si, viens ! »
Sans attendre que le brun ne proteste davantage, Draco passa des bras de son père dans les siens. Harry sentit les petites mains lui enserrer le cou, le nez de l'enfant se coller dans ses cheveux. Puis l'enfant se recula pour lui planter un bisou sonore sur la joue.
« Voilà, maintenant, ça ira mieux. »
« Merci, Draco, c'était très gentil de ta part, » dit Harry, respirant de nouveau.
Il avait craint que Draco ne veuille que ce ne soit son père qui lui fasse le fameux câlin. Pourtant, alors que le petit s'éloignait un peu, il sentit comme un soupçon de déception se faire sentir. En fait, ça aurait pu être agréable si cela avait été Lucius à l'origine du câlin.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, le garnement se retourna vers eux, une lueur amusé dans ses yeux bleutés.
« Papa, je pense que Harry a très envie que toi aussi, tu lui fasses un câlin ! »
Lucius émit un petit rire de gorge qui fit tressaillir le jeune sorcier, d'autant que dans le même temps, il le prenait contre lui. Harry se crispa, sentant les bras autour de lui et la peau nue de Lucius contre la sienne.
Oh, Merlin !
« Harry, qu'est-ce qui ne va pas, réellement ? » chuchota l'homme tout contre son oreille, sans desserrer sa prise.
« Rien, tout va très bien, c'est Draco qui s'est imaginé je ne sais quoi. Tout va très bien. »
« Pourquoi cette soudaine répétition me fait quelque peu douter ? J'ai bien vu moi aussi que vous aviez l'air chafouiné tout à l'heure. Sans compter que vous l'avez l'air si tendu. »
L'une de ses mains parcourut le dos du sorcier qui frissonna.
« Vous avez froid ? » s'enquit l'aristocrate.
« Non, » répondit Harry dans un murmure.
Lucius réussit à le tourner un peu dans ses bras tout en se reculant dans la piscine, de sorte que le jeune homme se retrouve bientôt à ne plus avoir pieds, ses mains se raccrochant aux épaules fortes et satinés. Il ferma les yeux, se laissant plus ou moins porter, tant par le blond que par l'eau.
Sans savoir comment ou pourquoi, il murmura de nouveau.
« C'est juste... parfois je me sens tellement peu intéressant. »
Lucius le regarda, surpris, bien que le brun ne le vit pas puisqu'il avait toujours les paupières closes.
« Peu intéressant ? Pourtant, il me semble vous avoir dit plus d'une fois l'inverse ! Pensez-vous vraiment que je passerais toutes mes soirées en votre compagnie, à échanger ainsi sur des sujets aussi divers et variés comme nous le faisons, si vous n'étiez pas intéressant ? Pourquoi penser à cela maintenant qui plus est ? »
Harry rouvrit ses yeux afin d'étudier Lucius.
« En fait, je ne pensais pas vraiment au côté intellectuel quand j'ai dit ça. Peut-être que je suis un peu jaloux mais, bon sang, j'ai fait du Quidditch, je m'entraîne encore régulièrement, je fais du footing tous les deux jours, et j'ai vraiment l'impression d'être une crevette rachitique à côté de vous... et de Ron et Sirius et Severus, » rajouta-t-il précipitamment, réalisant d'un coup sa bourde alors que les yeux gris s'étaient légèrement écarquillés de stupeur.
Cela n'avait duré qu'une demi-seconde mais avait suffi à Harry pour le faire redescendre sur terre. Même si à l'instant présent, il était dans l'eau et n'avait toujours pas pieds.
« Oh, je vois, » fit Lucius.
Loin de le rejeter ou de le regarder pour constater enfin l'étendu des dégâts avec une once de dégoût comme Harry l'avait craint, il eut un petit rire bref.
« Eh bien permettez-moi de vous dire que vous devriez changer de lunettes ! Vous êtes plus petit que Severus, Sirius ou moi, c'est vrai. Oui, je connais Sirius Black, évidemment. Mais vous n'avez certainement pas l'air rachitique ! Vous avez une ossature élégante, Harry, vous êtes fin, mais pas maigre. En fait, je vous trouve... racé. Et votre visage. » Il posa son index sur le front du garçon, avant de le faire courir sur sa tempe, sa joue, le long de la mâchoire pour qu'il termine ensuite sa course sur une clavicule. « Votre visage en ferait pâlir plus d'un de jalousie. Sans compter vos yeux. Vous savez que je connais des femmes qui payeraient des fortunes pour avoir vos yeux ou vos cils ? »
« Je ne suis pas une femme, » bredouilla Harry.
« Non, c'est exact. De nombreux hommes aimeraient n'avoir que la moitié de votre beauté, Harry. Quant au fait que vous ne soyez pas une femme, je ne peux que m'en réjouir. »
Harry se sentit rougir alors que le regard de Lucius se faisait de braise. Attendez, il avait vraiment dit qu'il le trouvait beau ? Et qu'il était content qu'il soit un homme ?
Avant de pouvoir remettre toutes ses pensées désordonnées dans un sens plus approprié, un hurlement de joie se fit entendre. Les deux adultes se retrouvèrent aspergé par Draco qui venait de sauter vers eux et les éclaboussait, une bouée en forme de crocodile sous un bras.
« Allez papa, on arrête les papouilles ! Maintenant, tu es le crocodile, tonton 'Ry et moi, les sirènes et tu dois nous attraper pour nous manger ! »
L'heure suivante fut donc consacrée au jeu et aux rires. Malgré cela, Harry ne pouvait s'empêcher de penser à ce que Lucius lui avait dit. Il ne pouvait non plus nier le fait que le blond avait un regard bien carnassier quand il se jetait sur lui pour le ''manger''. Et, que Merlin lui pardonne, il n'aurait pas été contre le fait de servir effectivement d'en-cas à l'homme, alors qu'il se débattait faussement entre ses bras pour s'échapper.
La nuit se mit à tomber, Lucius décida que Draco avait bien assez joué et qu'il était temps pour eux de rentrer au manoir. Ils sortirent de l'eau, Harry se cachant bien vite derrière sa serviette. Draco, assis sur un matelas, dévorait à belles dents une brioche au sucre, les cheveux trempés.
« Tu vas partir tout de suite, tonton 'Ry ? »
« Le temps de me prendre une douche, de boucler ma valise et oui, je vais passer la nuit chez Siri', en attendant que Severus soit en congé. »
« Nous, on va partir demain avec papa. On va en Grèce. On passe Noël avec Blaise et sa maman à Athènes. »
« Oh, tu vas voir plein de très belles choses là-bas. »
« Eh, je suis en vacances ! Alors on va juste s'amuser avec Blaise, hein, papa ? »
« Oui, mon ange, » le rassura Lucius tout en séchant ses cheveux mi-longs à l'aide d'une serviette, une autre lui cintrant simplement les reins.
« Le mari d'Argiope peut se déplacer ? » demanda innocemment Harry, sentant comme un soupçon de jalousie lui enserrer l'estomac.
« Non, il ne peut quitter son lit. Mais Draco voulait tant passer Noël avec Blaise. Argiope possède une demeure à côté d'Athènes alors elle nous a invité. »
« Je vois, » fit Harry un peu sèchement. « Sans doute l'héritage d'un de ses nombreux maris. Et elle sera de nouveau bientôt en chasse, si je comprends bien. »
Les yeux de Lucius s'éclairèrent sous le coup de l'amusement alors que Draco pouffait.
« Oh, vous seriez intéressé pour prendre la très enviée place de huitième époux, peut-être ? » se moqua Lucius.
Harry ne retint pas une grimace d'horreur.
« Oh que non ! Je n'ai certainement pas un coffre assez important à Gringotts et de toute façon, je suis trop jeune pour mourir. Sans compter qu'Argiope n'est pas du tout, mais alors pas du tout à mon goût ! » s'exclama-t-il.
« Eh bien cela nous fait encore un autre point commun, » renchérit Lucius, toujours un petit sourire un brin ironique aux lèvres. « Argiope n'est absolument pas à mon goût non plus. »
Tout comme la grimace, Harry ne retint pas plus le sourire qui fleurit de façon incontrôlable sur son visage suite à cette déclaration.
« Je le savais ! De toute façon, j'avais dit à Blaise qu'il se trompait ! »
« De quoi parles-tu, Draco ? » voulut savoir son père.
« Il me disait que sa mère voudrait mettre le grappin sur Harry, parce qu'il est le Survivant, ou sur toi, parce que tu es un Malfoy. Je lui avais dit qu'elle n'y arriverait pas. Hors de question qu'elle vous épouse ! »
Lucius éclata d'un grand rire franc, vite suivi par Harry.
« Aucun danger, je te le garantie, » affirma Harry, ses yeux fermement plantés dans ceux de Lucius.
« C'est ce que j'ai dit à Blaise. De toute façon, on ne veut pas, ni lui ni moi, parce que quand on sera grands, on va se marier, alors ça fera trop bizarre si sa mère et mon père étaient mariés aussi. »
Harry manqua s'étouffer face à cette déclaration. Il s'arrêta dans son entreprise de rhabillage, le souffle court, attendant la réaction de Lucius.
« Blaise et toi vous voulez vous marier ? » demanda Lucius, un sourcil en l'air.
« Oui, » soutint le gamin. « Parce que je suis un prince et Blaise un preux chevalier. Il est beau, il a une bonne éducation, il est riche et c'est un sang-pur. Il est parfait. En plus, on s'entend très bien et je sais qu'il me fera jamais de mal. Hein, papa ? »
« Tu as raison, mon fils. Blaise est un très bon parti. »
« Tu sais, on s'est même fait un bisou la dernière fois quand il m'a délivré du dragon, juste un petit, sur la bouche. »
Lucius ébouriffa les cheveux encore humides de son fils en souriant.
« En ce qui concerne les bisous, je préférerais que vous attendiez d'être plus grands, d'accord, mon ange ? Beaucoup, beaucoup plus grands. Comme, quand vous serez fiancés, par exemple. »
« Oh. Ben, je le lui dirai alors, » répondit le petit, l'air visiblement déçu.
« Bien, puisque tout le monde est prêt, je pense que l'on peut rentrer. Harry ? Tout va bien ? »
Le brun se sortit de sa torpeur, il se dépêcha d'enfiler son manteau et son bonnet, profitant de l'occasion pour réfléchir à ce qu'il venait d'entendre.
Lucius n'était pas choqué par les propos de son fils ? Il n'avait pas hurlé que non, un garçon ça n'épouse pas un autre garçon ? Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Était-ce juste parce qu'il ne prenait pas les paroles de l'enfant au sérieux ou parce qu'il n'était pas homophobe ?
En rentrant dans sa chambre pour finir ses bagages, Harry ne pouvait empêcher son cœur de battre de façon affolée alors qu'il ne cessait de se poser une nouvelle fois les questions qui le tourmentaient depuis des semaines : est-ce que Lucius Malfoy est gay ? Est-ce qu'il éprouve de l'attirance pour moi ?
... ... ...
Harry avait du mal à y croire et pourtant !
Ils étaient là, tous, au cottage, en train de partager le traditionnel pudding.
Plus incroyable encore, Sirius riait à gorge déployé avec Remus sans que Severus ne fronce les sourcils ou ne râle. Teddy avait même rempli sa couche tout à l'heure sans qu'il ne trouve rien à redire !
La magie de Noël, à n'en pas douter.
Harry regagna sa chambre, après que les Lupin soient retournés chez eux. Sirius finissait un verre en compagnie de Severus, qui lui avait décidé de ranger son salon. Le brun les avait laissés, s'étonnant encore de pouvoir les voir ensemble sans que des insultes ne fusent ou qu'ils ne cherchent à s'étrangler mutuellement. Pourtant, les vacances d'été à trois auraient dû l'habituer à ce spectacle, mais non, il l'étonnait toujours.
Ses deux tuteurs lui avaient demandé, l'un comme l'autre, comment il allait, comment se passaient ses leçons avec Draco et sa vie au manoir en général. Il était resté plutôt évasif, se contentant de leur assurer que tout se passait bien.
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas les regards interrogateurs que s'échangèrent les deux autres. Il n'entendit pas plus, alors qu'il ronflait déjà, les chuchotements et questions qu'exprimèrent Sirius et Severus à son sujet.
Le lendemain matin, les trois hommes transplanèrent devant le Terrier. Il faisait beau, bien que très froid. Ils entrèrent dans le salon de Molly qui leur avait ouvert la porte, tout sourire.
« Harry ! Comment ça va, mon pote ? Sirius, Severus, la forme ? » s'exclama Ron, la bouche pleine de petits-fours en s'avançant vers eux.
« Bien et toi ? » répondit Harry.
« Par Merlin, Weasley, avalez donc avant de nous postillonner des résidus de nourriture dessus ! » pesta Severus en s'époussetant de façon exagérée.
Hermione et George virent les saluer également. Charlie se présenta à son tour, entraînant le plus jeune à sa suite, vers la cheminée.
« Viens Harry, je veux absolument te présenter à Mitica ! »
Harry aperçut alors cette fameuse Mitica, de dos, qui discutait avec Arthur. La première impression de Harry fut qu'elle ne semblait pas trop petite pour une femme, qu'elle était svelte, mais que sa tenue n'avait rien de féminin. Elle portait un simple pantalon noir, qui moulait une paire de fesses ferme, et une chemise bleu roy. Des cheveux ondulés mi-longs, blond foncé, caressaient le bas de son cou et le col de ladite chemise.
« Miti, je te présente Harry Potter, » déclara Charlie.
Mitica se retourna et Harry sentit sa bouche s'ouvrir stupidement. Mitica n'était pas belle, tout comme sa tenue n'avait strictement rien de féminin, indubitablement. Par contre, Harry fut happé par des yeux noisette rieurs, un visage plutôt allongé qu'illuminait un sourire ravageur. Mitica n'était pas belle, non, il était magnifique. Parce que c'était un homme.
Harry resta planté, comme un couillon, tandis que Sirius et Severus allaient saluer le jeune Roumain qui leur parlait dans un mauvais anglais, déformé par un terrible accent.
« Bonjour, Arry, » finit-il par dire au jeune homme muet.
Il était à peine plus grand que lui, constata Harry alors que le Roumain lui embrassait les deux joues.
« Bon... bonjour, euhh... Mitica*, c'est cela ? »
« Oui ! » confirma le blond tandis que Charlie passait un bras autour de sa taille.
Le dragonnier se pencha vers son fiancé et lui embrassa le cou, le faisant rire légèrement.
Harry se recula, gêné au possible.
Il s'assit dans un coin, sur une chaise bancale, regardant les autres qui s'amusaient, comme étranger à la fête qui se déroulait devant ses yeux.
Harry était mal à l'aise.
Le pire, c'était qu'il ne savait pas exactement pourquoi il était mal à l'aise. Charlie était en couple avec un homme, pourtant, toutes les autres personnes autour d'eux semblaient prendre la nouvelle comme si de rien n'était, comme si tout était normal.
L'image des Dursley jaillit devant lui. S'ils avaient été là, l'ambiance aurait été tout autre. Il serra son verre entre ses doigts, complètement perdu. Il aurait dû être content de voir ça, de voir Charlie et son fiancé entourés de sa famille, de ses amis. Cela présumait sans doute que tout ce petit monde ne le rejetterait pas, lui, si un jour il leur avouait son homosexualité.
« Ça ne va pas, mon grand ? » fit une voix grave à ses côtés.
Harry redressa la tête pour voir Sirius prendre une chaise afin de s'asseoir à ses côtés. Sirius, pas Severus. C'était étonnant, d'habitude, c'était plutôt le maître des Potions qui venait le voir quand il était sombre.
« Tout va très bien, » répondit le brun, replongeant son nez dans son verre.
Sirius se pencha vers lui et lui releva le menton de ses doigts, obligeant Harry à le regarder dans les yeux.
« Non, tout ne va pas très bien. Harry, qu'est-ce qui se passe ? Avec Sev', on voit bien que quelque chose te perturbe depuis hier. Et là, tu as eu l'air à la fois choqué et triste quand tu as vu le fiancé de Charlie. Alors, mon grand, si tu lâchais le morceau à tonton Siri' ? »
Harry ricana doucement.
« Siri', franchement, je pense pas que ce soit le moment. »
« Allons, Harry, je pense que notre cher Sirius peut tout entendre. En plus, pour une fois qu'il veut jouer son rôle de tuteur un peu sérieusement, ne laisse pas passer cette chance ! » s'éleva une vois feutrée de l'autre côté du jeune sorcier.
Sans surprise, il vit que Severus les avait rejoint. Le plus jeune des trois sorciers sentit son malaise s'agrandir alors que son cœur jouait une symphonie infernale sous ses côtes. Ses deux parents étaient présents, ils lui tendaient vraisemblablement une perche, chose qu'il avait espéré et craint tout à la fois depuis quelques temps. C'était le moment où jamais de ''lâcher le morceau'' comme venait de lui suggérer Sirius. Pourquoi, mais pourquoi, par Merlin, cela était-il aussi difficile.
« Je... » ses mains devinrent moites, couvrant de buée le verre entre ses doigts.
Le rire clair, cristallin, de Mitica retentit, offrant sans le savoir une façon d'aborder le sujet pour Harry.
« Mitica... C'est un garçon. »
« Certes, c'est pas faux, » constata Sirius. « Et une vraie bombe sexuelle si tu veux mon avis. Il doit pas s'ennuyer notre ami Charlie avec lui ! »
Le verre de Harry glissa de ses doigts. Il aurait dû s'écraser au sol si Severus, plus prévoyant que jamais, n'avait pas déjà sorti sa baguette avant que son pupille n'ouvre la bouche. Il arrêta le verre dans sa course, le laissant flotter à quelques centimètres à peine du plancher. Severus se pencha pour le prendre afin de le tendre au brun, éberlué.
« Merci, Sev', » balbutia Harry.
« De rien. Harry, c'est l'homosexualité de Charlie qui te gêne ? Ou autre chose liée à cette homosexualité ? »
« Snape, pourquoi veux-tu que Harry soit gêné par cela ? C'est ridicule ! Tout le monde sait très bien que Charlie a toujours été de ce bord-là. »
« Euh, Siri', non, je l'ignorais, » l'interrompit Harry, créant la stupéfaction chez Sirius, tandis que Severus se pinçait l'arrête du nez en un geste théâtrale et en soupirant tout aussi théâtralement.
« Par Salazar, Black, tu ne te sers donc jamais de ce que l'on a coutume d'appeler un cerveau ? »
« Mais, Harry, je ne comprends pas ?! En quoi le fait que Charlie soit gay pourrait te gêner ? C'est absurde ! » continua Sirius, ignorant royalement le professeur de potions.
Ce dernier se prépara au pire, ce qui ne manqua pas d'arriver.
« C'est comme si tu étais choqué que tes parents soient hétéros ou que je sois bi et que Rem' et moi avons été amants ! »
« QUOUÂAAAA ? » hurla Harry faisant de nouveau tomber son verre, que Severus rattrapa une seconde fois de justesse.
« Par Merlin, Black, la ferme ! » rajouta le sombre sorcier alors que toutes les têtes étaient désormais tournées vers eux.
Il les toisa un bref instant avant de se saisir à la fois de Sirius et de Harry pour les entraîner à l'extérieur.
« Réunion de famille ! » lança-t-il durement à l'assemblée surprise, les défiant d'émettre la moindre remarque.
Ce que personne ne fit, évidemment.
Une fois à l'extérieur, Sirius autant que Harry se reprirent.
« SNAPE, NON MAIS T'ES MALADE ! POURQUOI TU NOUS EMMÈNES DEHORS ! J'AI MÊME PAS FINI MON... »
« TU AS COUCHÉ AVEC REMUS ? » le coupa Harry en criant, les yeux exorbités.
« SILENCE ! » tonna Severus. « Black, on s'en fou complètement de ton estomac, c'est clair ? Harry, oui, ton cher parrain et le loup-garou sont sortis ensemble, à Poudlard. Mais Remus a eu suffisamment de jugeote pour larguer ce coureur de jupons et de pantalons. »
« Hein ? Même pas vrai ! » bouda Sirius.
« Tu oses prétendre que tu n'as pas couché avec la moitié de Poudlard peut-être ? »
« Non, cette partie-là est très vraie, je dirais plus de la moitié, même. Non, Remus ne m'a pas largué ! On a rompu d'un commun accord, nuance ! »
« Plus de la moitié ? Sale vantard ! »
« Jaloux, Snape ? Tu aurais peut-être aimé profiter de mes charmes au lieu de devoir te contenter de ta main droite ? »
« Pauvre obsédé ! Tu n'es pas si irrésistible que ça ! »
« Dommage, autant tu n'étais pas terrible à cette époque, autant j'ai pu constater cet été que tu t'étais drôlement amélioré. J'aurais pu t'apprendre ce que c'est que d'être avec un vrai mec ! »
« Pitié, je ne veux rien savoir sur ta vie sexuelle, Sirius ! Ni de celle de Sev' ! Oh Merlin, mais c'est pas vrai ! » gémit Harry, faisait se retourner vers lui les deux hommes qui se faisaient face, rouges de colère.
« Pardon, Harry, excuse-nous. Je disais donc, Black, Harry a été élevé par des Moldus, et des Moldus particulièrement étroits d'esprit. Ce que je craignais était donc exact, ils étaient aussi homophobes, pas vrai ? »
Severus posa ses deux mains sur les épaules du garçon, le sentant trembler alors qu'il détournait la tête.
« Harry, mon garçon, regarde-moi, s'il te plaît. »
Comme à chaque fois que Snape prenait cette voix, douce et ferme à la fois, ce ton si paternel et rassurant, Harry obéit, dardant son regard vert tourmenté dans celui, aussi noir que réconfortant, de son tuteur.
« Tout va bien, ne t'inquiète pas. Les sorciers, comme tu peux le voir, acceptent très bien l'homosexualité ou la bisexualité. »
Harry déglutit, ne sachant pas quoi faire ni quoi dire.
« Qu'il s'inquiète ? Mais pourquoi... » commença Sirius avant de comprendre brutalement et de pousser un petit « Oh ! »
« Et la lumière fut, » ironisa Severus avant de revenir à son pupille. « Harry, dis-moi si je me trompe, et Sirius aussi par la même occasion : ce n'est pas parce que tu es dégoûté par l'homosexualité de Charlie que tu réagis ainsi, n'est-ce pas ? Ou que tu sembles crever d'envie de nous parler, à tous les deux, d'un sujet qui te ronge depuis plusieurs mois et plus encore depuis hier soir. N'est-ce pas ? »
Le sorcier aux cheveux noirs plus ébouriffés que jamais hocha la tête, cherchant dans les yeux de son père adoptif et de son parrain la moindre lueur de dégoût ou de rejet.
« Je... Je suis pas anormal, alors ? Vous ne m'en voulez pas ? »
Severus le plaqua férocement contre son torse.
« Non, tu n'es pas anormal. Tu te souviens de ce que je te disais à ce sujet ainsi que celui de ton oncle ? Plus ce mot dans ta bouche, Harry. Et non, on ne t'en veut pas. De quoi pourrait-on t'en vouloir ? »
Harry se colla avec délectation contre Severus, les larmes aux yeux. Il l'avait fait, il l'avait admis devant eux, se délivrant ainsi de ce qui l'étouffait depuis des mois. Oui, il était gay. Et Sirius et Severus continuaient de l'aimer. Il sentit dans son dos la chaleur d'un autre corps, qui se nichait contre lui, un souffle chaud dans son cou.
« Harry, comme si l'on pouvait te rejeter de toute façon. Tu es tout pour nous deux, tu le sais. Notre joie de vivre, notre fils, l'enfant que nous n'auront certainement jamais. On t'aime. »
« Merci, Siri' » pleurnicha le brun.
Ils restèrent ainsi, enlacés tous les trois pendant un long moment. Puis, ils se décollèrent enfin, tout sourire. Pourtant, avant de rentrer de nouveau chez les Weasley, Harry sentit le regard lourd de Severus sur lui. L'homme le dévisageait avec un petit sourire en coin. Harry se sentit un peu rougir alors que les paroles de son tuteur étaient enfin analysées correctement par son cerveau.
Severus se doutait depuis longtemps qu'il était gay.
Oh. Mon. Dieu.
Est-ce qu'il avait aussi une petite idée de ce qui se tramait en ce moment au manoir ? Harry en frémit intérieurement tout en retournant rire avec ses amis.
… … …
À suivre
… … …
NDA : * Pour la petite info, Mitica est un vrai prénom roumain, 100% masculin ;) Et bravo a tout ceux qui l'avaient deviné, contrairement à toi, ma Bichette ^^
