NDA : Depuis le temps que je me tue à vous répéter que l'abus d'alcool n'est pas bon pour la santé ! Euh... en fait, ce serait peut-être à Harry qu'il faudrait le dire ^^ Quant à ceux qui souhaitaient que Lucius montre un peu les crocs, fonce dans le tas, sorte le grand jeu et autre synonyme dans le genre, ils risquent de ne pas être déçus. Bonne lecture !
Chapitre 12
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Une nouvelle année
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Ce fut sans réelle surprise que Harry entendit un petit coup donné à la porte de sa chambre, à peine quelques minutes après qu'il ait fini de ranger ses affaires. Il savait que Hyde l'avait vu dans le hall du manoir, et si cet épouvantable elfe de maison était là, ce n'était certainement pas pour ses beaux yeux verts. Il était rentré tard, sachant que Lucius lui avait finalement accordé le lendemain, à savoir le 2 janvier de cette nouvelle année 2001, en congé. Il en aurait bien besoin pour récupérer de la nuit de réveillon qu'il venait de passer avec ses amis.
« Entrez ! » lança-t-il, un brin nerveux.
La porte s'ouvrit pour laisser passer le maître des lieux.
« Bonsoir, Harry, j'ai appris que vous étiez enfin rentré. »
« Bonsoir, Lucius. Oui, je pensais être là un peu plus tôt, mais vous connaissez Severus, il a toujours un peu de mal à me lâcher, » rit doucement Harry.
Les yeux d'argent s'éclairèrent alors que Lucius souriait.
« Oui, j'imagine en effet. Harry, voudriez-vous m'accompagnez dans le petit salon ? »
« Avec plaisir, » répondit Harry, véritablement ravi.
Les soirées avec Lucius dans le calme de ce petit salon lui avaient atrocement manqué, même s'il s'était bien gardé de le mentionner à son tuteur.
Ils descendirent ensemble au rez de chaussé. Arrivés devant la porte dudit salon, Lucius s'effaça pour le laisser passer. Leurs mains se frôlèrent, déclenchant une myriade de frissons le long de la nuque de Harry.
Merlin, une semaine sans le voir et je suis pire qu'un jeune marié avant sa nuit de noce ! se plaignit mentalement le jeune homme.
Était-ce la proximité de Severus ? Le fait qu'il soit de retour dans sa chambre d'adolescent à Poudlard ? Toujours était-il que Harry avait pris sur lui pour ne pas se toucher une seule fois, malgré l'envie qui lui montait à la gorge certains soirs en pensant au blond. Cela ne devait donc pas arranger son état, du moins ce fut ce que pensa sombrement l'ancien Gryffondor.
Il s'assit à la place qu'il occupait tous les soirs, à savoir sur le petit canapé, en face de la cheminée et de la table basse, à gauche du fauteuil crapaud que prenait de son côté Lucius. Il s'étonna pourtant de ne pas voir le lord à sa droite, et tressaillit alors que le parfum de l'homme l'envahissait et qu'il sentait l'assise de son canapé s'affaisser. Il tourna sa tête pour être immédiatement capturé par les orbes grises envoûtantes de Lucius. Il y lut une telle détermination qu'il eut d'un coup la gorge sèche.
« Une verre, Harry ? J'ai pensé que pour fêter cette nouvelle année, le thé ne serait pas de circonstance. Vous aimez le champagne ? » fit Lucius, la voix grave, caressante.
« Ou-oui... » bafouilla Harry, sans pouvoir se détacher du regard gris.
Les lèvres de l'aristocrate s'étirèrent tandis qu'il lui tendait une coupe pleine du liquide fait d'or et de bulles.
« M-merci, »
« De rien, » murmura Lucius.
Sa main n'avait toujours pas lâché la coupe. Harry sentit une chaleur envahir ses reins alors que les doigts fins du blond s'attardaient sur les siens. Cela ne dura qu'une petite seconde, sans aucun doute, et bien que la caresse soit subtile, il eut le sentiment de perdre la tête.
Il resta un instant sans rien faire. De son côté, Lucius avait pris une autre coupe qu'il fit tinter contre celle du brun.
« Bonne année. Que pourrait-on vous souhaiter, Harry ? »
« Je ne sais pas... L'année qui vient de passer a été plutôt intense, à dire vrai. Alors j'aimerais... »
Harry commit l'erreur de regarder Lucius dans les yeux. La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres. Le lord le regardait de nouveau avec une intensité qui aurait fait fondre un iceberg. Les flammes dans la cheminée couvraient de reflets dorés ses cheveux platine, faisaient briller ses yeux qui tendaient vers un gris teinté de bleu profond et illuminaient son teint d'albâtre.
« Vous aimeriez ? » redemanda Lucius d'une voix de gorge, chaude et profonde.
Harry se retint de justesse de répondre : « Vous ! » Il se mordit la lèvre inférieure, faisant glisser les yeux ensorcelants vers elle, le délivrant ainsi de leur pouvoir hypnotique.
« Je... je ne sais pas, il faut croire que ma vie me convient telle qu'elle est, » termina précipitamment Harry avant de boire une grosse gorgée de sa boisson, histoire de se reprendre.
Il s'obligea à prendre une profonde inspiration, sans regarder Lucius. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être atrocement conscient de sa présence juste à ses côtés, de son odeur agréable, de son genou qui frôlait le sien à chaque instant.
Merlin, venez à mon secours, supplia le garçon en fermant les yeux.
« Et vous, vos vacances se sont-elles bien passées ? » s'obligea-t-il à dire d'un ton badin bien que sa voix lui semblât étrangement étranglée. « Argiope n'est pas encore devenue veuve aux dernières nouvelles ? »
Un regard un coin lui apprit que Lucius souriait de toutes ses dents, incroyablement blanches et parfaitement alignées. Il y avait-il donc une seule chose chez cet homme qui ne soit pas parfaite ? bougonna intérieurement Harry tout en se fustigeant. Il n'allait quand même pas tomber en pâmoison devant de simples dents ? Ridicule, il atteignait le sommet du Mont Ridicule, sans crampons et en solitaire s'il vous plaît...
« Ah, notre chère Argiope ! » s'exclama Lucius.
Harry nota sans difficulté le soupçon de dérision qui suintait des propos de Lucius. L'homme se tourna de nouveau vers lui, un sourire fendant son visage. Le cœur de Harry s'allégeait quant à lui de plusieurs kilos. Si Lucius parlait sur ce ton, c'était qu'il n'était pas tombé dans la toile de l'araignée, comme Harry l'avait craint pendant une semaine.
« Non, elle ne l'est pas. Il semblerait que son cher Crésus se soit refait une santé pendant sa semaine d'absence. Comme cela est étrange, n'est-il pas ? J'ai ouïe dire que les Crabbe sont venus le chercher à notre retour de Grèce, malgré les cris de protestation de sa chère épouse, et depuis, il se porte toujours comme un charme. »
Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire, rire qui s'éteignit peu à peu devant le regard de nouveau brûlant du sorcier blond. Il déglutit et reprit précipitamment une gorgée de champagne.
« Mis à part cela, nos vacances se sont merveilleusement bien passées. Draco et Blaise se sont baignés et amusés comme des petits fous. Ils ont aussi à moitié détruit la propriété d'Argiope, mais ce n'est qu'un détail. Je dois avouer que ces petits monstres ont été atrocement gâtés. Severus m'a informé que des cadeaux attendaient encore Draco au cottage. Je vous remercie, Harry. Vous êtes... la meilleure chose qui soit arrivée dans la vie de Draco depuis des années... et dans la mienne. »
Harry sentit le sang affluer dans ses joues, il détourna son visage, cherchant à cacher son trouble dans sa coupe dont il avala la dernière gorgée. Il eut à peine le temps de reposer son verre sur la table basse que déjà Lucius le remplissait de nouveau et le lui tendait.
Une nouvelle fois, leurs doigts se touchèrent. Harry avait chaud, très chaud, tandis que le souffle tiède de Lucius se faisait sentir sur ses propres lèvres, lui démontrant à quel point l'homme était proche de lui. Il porta la coupe, fraîche, à sa bouche, buvant une nouvelle gorgée de champagne, les yeux rivés dans ceux de Lucius qui l'étudiait avec une attention plus que soutenue. Le lord sourit légèrement avant de se décider à lever son verre pour boire lui aussi un peu de son contenu.
« Vous nous avez atrocement manqués, Harry, je dois l'avouer. J'espère que vos propres vacances se sont agréablement passées ? »
Le garçon vida sa coupe sans plus de cérémonie, histoire de se donner du courage et surtout, pour se détendre. Il devait absolument reprendre le contrôle de ses nerfs, nom d'un Veracrasse et arrêter de rougir comme une gamine ! Il inspira, alors que l'alcool commençait déjà à lui monter un peu à la tête. Il vit que Lucius lui resservait une troisième coupe, sans même qu'il ait eu le temps de reposer le délicat cristal sur la table basse.
« Oui, j'ai passé d'excellentes vacances. En fait, depuis que Severus et Sirius ont décidé de faire la paix, je crois que je n'ai jamais passé d'aussi bonnes vacances de ma vie ! » s'exclama-t-il, soudain bavard. « Vous savez, cet été Sirius est venu passer plusieurs jours au cottage, avant la rentrée. C'était la première fois. J'étais vraiment heureux ! Sirius et Sev' ne s'entendaient pas du tout, je suppose que vous le savez, bien sûr, Sev' vous a sûrement déjà parlé, que dis-je, assommé, avec le ''sale cabot plein de puces'' ! Mais depuis mon anniversaire, ils font des efforts, vraiment. Je me sens, eh bien, comme un gamin qui voit ses parents se réconcilier, je suppose. »
Il se tut d'un coup, admirant sans vraiment s'en cacher le bel homme blond à ses côtés. Comme il était attirant, il sentait si bon. Ses cheveux, toujours illuminés par les flammes, semblaient l'appeler. Il se reprit alors que le sourire de Lucius devenait taquin.
« Severus m'a effectivement parlé de ces congés, ainsi que du pacte qu'il a passé avec Black. Pour vous. En fait, Severus me parle très souvent de vous. »
Harry éclata de rire une nouvelle fois, sans trop savoir pourquoi. Sa tête lui tournait un peu, malgré cela, il avala de nouveau une gorgée du liquide doré.
« Oh, j'espère qu'il ne dit pas trop de sottises sur mon compte. »
« Nullement. En fait, il est très fier de son fils. »
Ces mots touchèrent énormément Harry, comme à chaque fois que Severus démontrait son amour pour lui.
« Vous avez passé quelques jours à Poudlard ? » l'interrogea de nouveau Lucius.
« Oui. Sev' n'était pas en congé, bien que ce soit les vacances de Noël. Il reste toujours des étudiants à Poudlard pour ces fêtes. Je suis bien placé pour le savoir. »
Cette constatation, dite avec un brin de tristesse, fit hausser un sourcil pâle en face de lui. Harry eut un petit sourire contrit, puis il continua, ne voulant absolument pas que Lucius lui pose des questions à ce sujet.
« Je n'avais pas dormi dans les cachots depuis des années ! En fait, j'ai beaucoup aimé ce retour aux sources, en quelques sorte. J'ai pu me promener dans le parc, aller aux abords de la forêt interdite avec Hagrid. Non, c'était très reposant. Les quelques enfants présents ont été plutôt surpris de me voir, et en fin de compte, eux aussi auront des choses intéressantes à raconter à leurs amis à la fin de ces vacances. »
« Je n'en doute pas, » renchérit Lucius, enjôleur. « Voir le Survivant est effectivement quelque chose de très intéressant. C'est ce que je n'arrête pas de me répéter chaque jour depuis que vous êtes arrivé dans mon manoir. »
Une fois encore, Harry sentit ses joues chauffer un peu. Ces propos auraient été dit dans la bouche d'un autre, il les auraient sans doute mal pris, agacé de voir son statut de ''Survivant'' être mis en avant. Pourtant, venant de Lucius, de ce ton si doux... Sans compter que l'homme venait une fois encore d'affirmer qu'il était intéressant...
Le fait d'avaler une nouvelle gorgée de champagne n'aida absolument pas son cœur à arrêter sa course folle dans sa poitrine.
Bon sang, mais à quoi jouait Lucius depuis le début de cette soirée ? Harry avait de plus en plus le sentiment d'être un énorme gâteau recouvert de crème fouettée dont voudrait se délecter un chat.
Oups, mauvaise image mentale, se morigéna aussitôt le brun, alors que l'idée même d'être nu, recouvert de chantilly et avec un Lucius tout autant vêtu en train de lui lécher le torse s'inscrivait en lui. Très mauvaise idée. Il avala rapidement la dernière gorgée de son verre.
Loin de l'aider à se calmer, Lucius se pencha un peu plus vers lui. Harry cligna stupidement des yeux alors que les fins cheveux blond entraient dans son champs de vision. Il sentit les doigts frais de l'homme se poser sur les siens, caressant ces derniers, avant de lui ôter la coupe des mains.
« Vous voulez encore un peu de champagne ? » ronronna Lucius à son oreille.
Oh. Mon. Dieu, Lucius était véritablement un chat et lui de la crème fraîche.
« N-non, je crois... je crois avoir assez bu... » bafouilla Harry en se reculant légèrement contre le dossier du canapé.
« Et sinon, vous avez revu des amis à vous, à Poudlard ? Le professeur Dumbledore par exemple ? »
Harry respira de nouveau alors que son espace vital était soudain libéré de la présence délicieusement envahissante du blond, qui s'était lui aussi reculé, le flanc contre le dossier, un bras sur ce dernier afin de pouvoir faire face au Survivant. Harry le dévisagea, songeant qu'il avait rarement vu Lucius dans une posture aussi, eh bien, décontractée. Le lord lui offrit un sourire charmeur tout en portant sa coupe à ses lèvres.
Harry regarda avec une étrange fascination la bouche s'ouvrir et la petite pointe de langue rose, avant que le liquide brillant ne glisse à l'intérieur. Il déglutit, ses idées se faisant décidément de moins en moins claires. Maudit soit le champagne, invention de ces non moins maudits mangeurs de grenouilles, connus pour être des obsédés sexuels ! La preuve en était que Harry avait de plus en plus l'esprit tourné vers son caleçon, ou plus exactement sur ce qui se cachait à l'intérieur.
« Je... j'ai vu Remus, oui. Et aussi le professeur Dumbledore, » finit-il par dire, la bouche de nouveau sèche.
« Oh. Et comment va mon cher vieil ami ? »
« Ami ? Oh, le professeur Dumbledore ? »
« Eh bien, oui, » se moqua gentiment Lucius en reposant son verre sur la table.
Il se réinstalla confortablement, son genou venant se caler contre la cuisse de Harry. Son bras, toujours sur le dossier, se rapprocha un peu, faisant que son avant-bras et sa main reposaient presque sur les épaules du jeune brun.
Rectification, pensa Harry, pas presque. Il pouvait sentir les doigts de Lucius dans ses cheveux et sur sa nuque.
Sans qu'il ne puisse rien y faire, ses membres se couvrirent de chair de poule. Il ferma les yeux une demi-seconde avant de répondre, voulant absolument combler le silence qui était devenu lourd, rempli de tension sexuelle entre les deux hommes.
« Il va très bien, toujours aussi fantasque. Il m'a demandé lui aussi comment se passait mon travail et si tout allait bien au manoir, avec vous. Il m'a même invité pour l'occasion à prendre le thé dans son bureau. Encore un retour en arrière dans le temps. Bien que cette pièce n'ait pas beaucoup changé avec les années. »
« Oui, je me souviens parfaitement de ce bureau. Je suppose qu'Albus a toujours son Phénix ? »
Tout en parlant, les doigts de Lucius s'agitèrent un peu, venant glisser dans les mèches noires, chatouillant savoureusement la peau de Harry qui frissonna de nouveau. Ses billes vertes se raccrochèrent aux perles grises. Merlin, comme il avait envie de cet homme !
« Oui. J'ai toujours beaucoup aimé Fumsexe*, » lâcha le jeune sorcier.
Il se figea de stupeur en réalisant ce qu'il venait de dire tandis qu'en face de lui, les yeux gris mâtinés de bleu s'écarquillaient.
« Fum-seck, Fumseck ! Je voulais dire ! » s'écria-t-il, les joues rouges de honte.
« Serait-ce un lapsus révélateur, Harry ? » roucoula Lucius en se rapprochant dangereusement de lui.
Harry déglutit, paniquant un peu. L'homme était presque allongé sur lui désormais, sa main fermement cramponnée à sa nuque. Il sentait son corps contre le sien, son torse chaud reposant à moitié sur ses propres côtes. Mais surtout, il ne pouvait détacher son regard de celui, brûlant, dévastateur, de Lucius qui le dévorait. Il réussit à faire bouger ses yeux juste assez pour que ces derniers tombent sur les lèvres roses, plutôt fines mais captivantes de l'homme.
Il sentit plus qu'il ne vit l'autre main de Lucius qui lui enlevait avec délicatesse ses lunettes avant de se poser sur sa joue. Harry frémit, n'en pouvant plus de désir. Ses yeux se fermèrent dans l'impossible et douloureuse attente.
Enfin, il sentit une caresse soyeuse sur ses lèvres, douce. Si douce. Une telle douceur devrait être interdite par le Magenmagot, à n'en pas douter.
Et puis la caresse s'intensifia alors que les lèvres de Lucius écrasaient désormais les siennes. Quelque chose d'humide et de brûlant lécha sa bouche en une demande silencieuse mais explicite. Harry entrouvrit ses lèvres afin que la langue mutine y pénètre.
Oh mon Dieu, oh mon Dieu ! C'était la seule chose que pouvait à peu près penser Harry alors que Lucius l'embrassait désormais à perdre haleine, couché sur lui.
Il se sentait transporté, envolé. Il gémit sans aucune retenue tandis que ses mains se décidaient enfin à intervenir pour se fixer sur la nuque de Lucius, sous les longueurs blondes.
C'est pas possible, c'est pas possible, j'embrasse Lucius ! Oh Seigneur, j'embrasse Lucius, j'embrasse mon putain de patron ! Hurla son pauvre cerveau embrumé.
Ses pensées s'enfuirent alors que le baiser se poursuivait, comme s'il ne devait jamais s'arrêter. La bouche de Lucius se détachait parfois de la sienne, leur permettant de respirer, de gémir de concert avant de revenir butiner les lèvres pulpeuses et rougies du Survivant.
Harry sentit les mains de Lucius se perdre sur ses flancs avant de se poser sur ses hanches. Son souffle se coupa quand Lucius tira dessus, faisant basculer le garçon sur le canapé, en position allongée, pour ensuite se positionner de tout son long sur lui.
Il aurait aimé pouvoir émettre une protestation mais ne le put, d'abord parce que la langue de Lucius menait une danse effrénée avec la sienne, ensuite parce qu'il était perdu.
Perdu dans les sensations de ce corps viril sur lui, de cette odeur enivrante et masculine, de ces caresses profondes, douces bien que de plus en plus inquisitrices sur son propre corps et aussi à cause de ce maudit champagne qui décidément le rendait plus mou que du chocolat fondu.
Oh oui, du chocolat fondu, sur le corps de Lucius, qu'il pourrait lécher encore et encore...
Il haleta, n'en pouvant plus de désir, de plaisir. Comment un simple baiser, de simples caresses pouvaient le mettre dans cet état, il n'en savait rien mais ne voulait pas que ça s'arrête. Pas encore, pas encore !
Au dessus de lui, Lucius était lui aussi perdu dans les sensations, la volupté de la luxure et du désir.
Sa main se faufila sous la barrière du tissu de la chemise du garçon, touchant sa peau veloutée, chaude, si tentante. Il en rêvait depuis des semaines, mais plus encore depuis qu'il avait pu avoir un aperçu de sa douceur quand il avait eu le brun contre lui, dans la piscine.
Cela faisait des mois que Lucius n'avait pas eu de relation sexuelle, depuis la fin de sa relation avec son dernier amant, en juin dernier. Il avait envie de sexe, de possession. Plus encore, il avait envie du corps transit sous lui. Il voulait Harry, il le désirait depuis la première fois qu'il l'avait vu et avait dû attendre des mois, chose qu'il ne faisait bien évidemment jamais. Cette simple concupiscence s'était transformée au fil du temps en un sentiment plus profond, plus intense.
La semaine qu'il avait passée loin du précepteur de son fils avait fini de lui ouvrir les yeux, lui donnant la réponse à la question qu'il n'avait même pas eu conscience de s'être posée. Les manœuvres pathétiques d'Argiope pour le séduire auraient pu le faire ricaner, si elles ne l'avaient pas tant exaspéré. Lui ne voulait qu'une chose, qu'une personne, dans son corps et dans son âme : Harry.
Maintenant, il l'avait enfin à sa disposition, il voulait lui faire perdre la tête, sur ce canapé, peut-être même étancher sa convoitise en le faisant sien ici, dans ce petit salon teinté de bleu qui avait vu s'affirmer leur amour naissant.
Car Lucius n'avait aucun doute sur le fait que le brun était tombé amoureux de lui. S'il avait eu encore quelques soupçons, les derniers hiboux échangés avec Severus les avaient dissipés, grâce aux quelques sous-entendu qu'il avait reçus en réponse à ses ''innocentes'' questions.
Les soupirs extatiques de Harry le ramenèrent au présent. Ses doigts parcouraient son torse, bien que gênés par la chemise. Il décida donc de remédier à ce problème en s'attaquant aux boutons, ouvrant largement l'étoffe une fois cela fait.
Harry avait l'air totalement débauché, affalé dans le canapé, ses cheveux ébène en bataille tout autour de son visage rougi par l'excitation. Lucius fondit de nouveau sur lui, dévorant ses lèvres, le contour de sa mâchoire carrée légèrement râpeuse ce soir, avant de plonger dans le cou. Là, la peau était douce, fine, il pouvait sentir sous ses lèvres les battement affolés du cœur propulsant le sang en saccades effrénées dans les veines.
Il poursuivit sa course humide sur le bas du cou, les clavicules, tandis que ses doigts s'infiltraient entre les fins poils sombres que Harry avait sur son torse. Sa bouche découvrit l'un des premiers trésors qu'il était parti chercher en même temps que l'une de ses mains, chacune emprisonnant simultanément l'un des tétons bruns déjà érigés.
Harry glapit, se cambrant sous la délicieuse sensation. L'un de ses boutons de chair était étroitement pincé par les doigts de Lucius, l'autre par ses dents, les lèvres refermées sur le mamelon entier alors que l'impitoyable langue titillait la petite pointe.
« Oh, Merlin, » s'étrangla le pauvre garçon.
Lucius sourit contre sa poitrine. Il poursuivit sa douce torture, les mains de Harry fourrageant dans ses cheveux. Il descendit soudain plus bas et commença à s'attaquer d'une main aux boutons du pantalon, déformé par une bosse, du jeune sorcier.
Ce fut à ce moment que le sang de Harry décida qu'il serait peut-être de bon ton d'irriguer de nouveau son cerveau correctement.
Seigneur, il était en train de gémir de façon éhonté sur ce canapé, Lucius au-dessus de lui occupé à le peloter et à l'embrasser un peu partout. C'était divin, sans aucun doute, mais c'était trop. Les doigts de Lucius s'affairaient à tenter de déboutonner son jean, et ça, c'était la limite à ne pas franchir.
Pas qu'il aurait été contre une partie de plaisir un peu plus poussée, loin de là, mais subitement, il réalisa ce qu'il était en train de faire et surtout, avec qui. C'était Lucius, l'homme dont il s'était épris, qu'il désirait, mais qui restait néanmoins son patron.
Et si le lord le culbutait dans son salon, qu'en serait-il de la suite ? Était-ce qu'il voulait ? Une simple partie de jambes en l'air vite fait (et sans aucun doute bien fait au vu des merveilles que ce blond diabolique savait faire avec sa langue et ses doigts) sans plus mais qui aurait forcément des conséquences ?
Harry tenta de repousser l'assaut de Lucius, le retenant par les épaules tout en refermant ses jambes qu'il n'avait, à sa grande honte, pas eu conscience d'écarter de façon aussi indécente.
« Lucius, a-arrête... » gémit Harry, sans grand succès.
La main du sorcier, au contraire, franchit la barrière de la braguette, désormais ouverte, pour venir s'enrouler autour de l'érection cachée par le caleçon.
« Lucius, non, STOP ! » cria Harry en se redressant.
Son cri eut le mérite de le dégriser complètement ainsi que de faire se redresser Lucius, un peu surpris.
« Qu'est-ce qui se passe, Harry ? » demanda ce dernier en se collant une nouvelle fois contre le brun haletant. « Tu veux que l'on aille dans ta chambre, mon trésor ? » susurra-t-il en se pelotonnant dans le cou de Harry, le dégustant de nouveau par ses baisers.
« N-non... Oh, par Merlin, Lucius, je t'en prie, arrête, ça va trop loin. »
C'était exactement ce qu'il pensait en cet instant. Cela allait trop loin, trop vite. Il ne voulait pas passer pour un homme facile, un jeune type en manque de sexe que l'on pouvait allonger, posséder, pour ensuite quoi ? Le jeter ? Il n'en savait rien, il ne savait absolument pas ce que désirait Lucius, en dehors de sa paire de fesses cela s'entendait, et c'était bien le problème. Il ne voulait pas aller plus loin tant qu'il ignorait les véritables motivations de l'homme.
Lui, par contre, savait ce qu'il voulait. Il voulait un vrai petit-ami, une relation amoureuse, pas simplement sexuelle. Il voulait que le blond et lui forment un couple. Certes, il avait conscience qu'avec Draco, ils devraient être prudents les premiers temps mais il désirait une vraie relation, aimer et être aimé.
« Trop loin ? » répéta Lucius, sortant du cou délicieusement tendre de son futur amant. « Allons, Harry, ne fais pas ta petite vierge effarouchée, cela ne te va pas du tout. J'ai envie de toi, » déclara-t-il, la voix tendue par le désir.
Il tenta de posséder de nouveau les lèvres de Harry cependant, il fut arrêté dans son élan par la main de ce dernier, sur son torse.
« Pardon ? Vierge effarouchée ? Alors parce que je ne veux pas passer à la casserole le premier soir, ça fait de moi quelqu'un d'effarouché ? »
Cette fois, Lucius se redressa complètement, assis sur le canapé.
« Attends, tu es sérieux ? Tu veux vraiment attendre avant que l'on couche ensemble ? » demanda le lord.
Cette phrase blessa profondément le cœur tendre de Harry. Il la prit en pleine figure alors qu'elle faisait resurgir tous ses doutes. Lucius n'en voulait donc qu'à ses fesses. Loin de ses méandres intellectuelles, Lucius continua de s'enfoncer.
« Écoute, je n'ai pas pour habitude d'attendre plus que de raison. Je suis un homme, toi aussi, nous ne sommes plus des adolescents qui se contentent de jouer à touche-pipi. J'ai envie de toi, ça fait des semaines que je me retiens. Ne gâche pas tout maintenant ! Allez, Harry, ne joue pas au puceau, de toute façon je ne le croirais pas. Tu préfères que l'on aille dans mon lit ? »
Harry se leva brusquement du canapé, le cœur en miettes.
« Non, certainement pas. Je n'ai que faire de ton lit ou de ce que tu me proposes ! »
Lucius se redressa lui aussi, en soupirant.
« Harry... Allez, reprends donc une coupe de champagne et... »
« Quoi ? Attends, tu es en train de me faire comprendre que tu m'as fait boire juste parce que tu voulais me baiser ? »
Cette fois, Lucius sembla comprendre l'état dans lequel se trouvait Harry, et de ce fait, la situation plutôt embourbée dans laquelle lui, se trouvait.
« Non ! Bien sûr que non ! »
Il étudia attentivement le visage du garçon, découvrant pour la première fois les prunelles blessées. La lumière se fit de suite dans son esprit.
« Oh, Merlin, Harry ! Tu es réellement puceau ? »
Le visage rouge du survivant fut une réponse éloquente.
« Je suis désolé, vraiment, j'aurais agi différemment si j'avais su. Écoute, je comprends, je vais aller moins vite. Allez, trésor, reviens sur le canapé, je... »
« Je quoi ? Viens donc ici, joli petit cul, que je puisse te fourrer, c'est ça ? » s'écria Harry, blessé comme jamais.
C'était vrai qu'il n'avait jamais fait l'amour avec un homme, ni avec une femme d'ailleurs. Il était atrocement meurtri dans son âme. Cette pureté, il n'aurait jamais imaginé qu'on la lui renvoie à la figure de cette façon. Jamais. Il avait imaginé qu'il en aurait informé en chuchotant et le cœur battant l'homme qu'il aimait juste avant de passer à l'acte, quand il aurait été prêt. Il avait cru que cet homme l'aurait pris dans ses bras, avec tendresse, amour, il lui aurait murmuré à l'oreille que ce n'était pas grave, au contraire, qu'il allait prendre soin de lui. Et dans ses rêves les plus fous, il avait cru que cet homme serait Lucius.
Quelle désillusion...
« Harry, non, pas du tout ! » s'offusqua Lucius, peiné lui aussi par les propos crus de Harry.
Il tendit la main vers lui mais le brun la repoussa avant de s'enfuir de la pièce.
« Harry, attends ! »
Le jeune homme n'attendit pas, il courut jusque dans sa chambre, ferma sa porte à double tour avant de s'effondrer dans son lit, tous ses beaux rêves d'amour, de tendresse et de bonheur à deux envolés.
Resté seul dans le salon, Lucius se maudit, lui, et aussi Harry. Quel idiot ! Pourquoi ne lui avait-il pas laissé le temps de s'expliquer ! Pourtant, il n'arrivait pas à être vraiment en colère contre l'autre sorcier. Il ne l'avouerait jamais, mais les larmes qu'il avait vu perler au bord des cils noirs juste avant qu'il ne s'enfuit de la pièce l'avaient profondément bouleversé.
... ... ...
Le lendemain matin, Harry se leva tard et étrangement raide. Il avait mal à la tête ainsi qu'une atroce envie de vomir. Pourtant, il s'obligea à se diriger dans la salle de bains, prit une douche rapide et descendit dans la petite salle à manger pour prendre son petit déjeuner.
Le regard plein de haine que lui lança Hyde ne le toucha pas, déjà parce qu'il en avait l'habitude, mais surtout parce qu'il avait d'autres préoccupations en tête. Il se dépêcha de prendre une simple tasse de thé avant de s'éclipser dans le hall d'entrée. Il venait à peine de franchir le perron qu'il entendit un hurlement strident derrière lui avant d'être percuté de plein fouet par un lutin blond.
« Haarryyyyyyyy ! »
« Bonjour, Draco, » répondit Harry en se baissant vers l'enfant.
Le petit s'accrocha fermement à sa taille tout en relevant son joli petit nez pointu.
« Tu sais, tu m'as beaucoup manqué ! Et avec Blaise, on a fait plein de jeux, on a reçu plein de jouets aussi ! Et Blaise, il m'a offert un bracelet ! Regarde ! » dit-il d'une traite sans reprendre son souffle alors qu'il tendait son bras fin sous le nez du sorcier pour qu'il admire le bracelet en cuir noir qui enserrait son poignet.
« Il a dit que c'était en gage de notre amour, comme si on était fiancés ! Sa maman n'avait pas voulu qu'il achète de bague, » rajouta-t-il, un brin désappointé.
« Ce bracelet est très joli, Draco, vraiment. Tu as beaucoup de chance, » rajouta Harry avec amertume.
« Tu sais, à papa aussi tu lui as beaucoup manqué ! Et tu as reçu des cadeaux, toi aussi ! » déclara l'enfant soudain très sérieux.
Harry ressentit très nettement la piqûre de douleur dans son cœur. Il avait manqué à Lucius ? Peut-être, mais certainement pas de la façon dont s'imaginait Draco ou dont lui aurait aimé. C'était juste l'idée d'une bonne partie de sexe qui avait dû manquer au blond, coincé qu'il était avec Argiope et les deux enfants. Quant aux cadeaux... il ne les avait pas vus et n'avait pas envie de les voir.
« Harry ? Ça va pas ? Tu as l'air tout triste. Pourquoi tu as les yeux tout rouges ? Tu as pleuré ? »
Le jeune sorcier détourna le tête, jurant intérieurement contre l'extraordinaire capacité qu'avaient les enfants à voir ce qu'ils ne devaient pas ou à deviner les sentiments des adultes autour d'eux.
« C'est rien, t'inquiète pas. »
« Mais... Tu vas où ? » s'écria d'un coup Draco, comprenant enfin que si son professeur se tenait devant le pas de la porte du manoir, tout habillé, c'était qu'il allait partir.
Il s'accrocha plus encore à Harry, de toute la force de ses petits bras.
« Non ! Non, je veux pas que tu partes ! »
« Draco, Draco, calme-toi, je ne pars pas, enfin pas vraiment. Je suis juste invité à manger chez des amis, les Weasley, avec mon parrain. Je reviens ce soir, » tenta de le rassurer l'ancien Gryffondor.
« Non ! Non, je veux pas ! Je t'ai pas vu pendant super longtemps ! Je veux pas que tu partes ! Tu dois passer la journée avec moi et papa ! Harry ! » pleurait désormais l'enfant.
Harry se mordit les lèvres. Tant les pleurs de l'enfant que le fait qu'il parle de son père lui donnait à lui aussi l'envie de pleurer.
« Draco, allez, mon bel ange, ne pleure pas. Je reviens, c'est juste une journée. »
« Non ! Non ! » hurla Draco dont la tristesse avait été rejointe par la colère. « Je veux pas ! T'as pas le droit ! Je veux venir avec toi ! »
« Quoi ? Non, Draco, tu ne peux pas. »
Le petit se détacha légèrement. Il serra les poings, tapa violemment le sol de ses pieds, les joues rouges et les yeux brillants.
« SI ! JE VEUX VENIR AVEC TOI ! » s'égosilla-t-il, sa voix montant dangereusement dans les aiguës.
Il fondit d'un coup en larmes, se raccrochant de nouveau au corps de Harry, le nez dans son manteau.
Harry soupira lentement tandis que ses mains se posaient presque malgré lui sur la douce chevelure blonde. Ses cheveux étaient si fins, si doux... comme ceux de son père. Son cœur se crispa alors qu'instinctivement, ses bras se cramponnaient autour de l'enfant.
« Écoute... D'accord, si ton père te donne sa permission, je veux bien t'emmener avec moi chez les Weasley, » abdiqua-t-il.
Les sanglots s'arrêtèrent comme par magie et c'est avec un sourire rayonnant que Draco le regarda.
« Youpi ! Je vais tout de suite le dire à papa ! Le temps de monter dans son bureau et j'arrive ! »
Il commençait déjà à galoper dans le hall quand il s'arrêta brusquement et se tourna vers Harry.
« Tu m'attends, hein ? Promis ? »
« Oui, promis, » rigola Harry. « Et n'oublie pas de prendre ton manteau... Et ton bonnet ! » cria-t-il à la tornade blonde qu'il apercevait, au loin, en train de gravir quatre à quatre les escaliers.
Il soupira de nouveau, réalisant qu'il s'était fait manipuler comme d'habitude par le petit garçon. La vérité, c'était qu'il s'en fichait. Draco aussi lui avait manqué et il n'avait pas envie de le faire pleurer à peine arrivé.
Il était en train de faire les cents pas sur le sentier recouvert de gravier du manoir quand Draco déboula comme une furie, son manteau d'hiver bien fermé et son bonnet vissé sur sa tête. Il sourit de toutes ses dents, impeccables comme son charmeur de père, tout en faufilant sa main dans celle de l'adulte.
Harry répondit à son sourire, refermant sa main contre celle gantée de l'enfant. Ils marchèrent en silence jusqu'au portail, qu'ils franchirent. Une fois ce dernier derrière eux, Harry transplana, entraînant Draco avec lui.
... ... ...
Ils atterrirent dans le jardin boueux des Weasley. La température était plus douce ici, le soleil brillait et ses rayons réchauffaient agréablement la peau. Harry s'avança vers la porte, la main de Draco toujours dans la sienne. Il allait frapper quand il sentit son bras se faire tirer en arrière.
« Oui ? Draco, que se passe-t-il, mon ange ? » demanda immédiatement Harry, surpris de voir le visage de l'enfant tout chiffonné et ses grands yeux gris bleuté emplis d'inquiétude.
« On va voir mon cousin Black ? »
Harry s'agenouilla, posant ses mains sur les frêles épaules.
« Oui, ton cousin et mon parrain. Il s'appelle Sirius et il est très gentil. C'est un Auror, il pourchasse les méchants pour les mettre en prison. Mais en dehors de ça, c'est... un grand toutou tout doux. »
Le petit garçon parut un peu dubitatif. Ses yeux étudiaient avec attention la maison devant lui.
« Et les Ouidlé, ils habitent ici ? »
« Weasley, oui, c'est ici qu'ils habitent, c'est leur maison. »
« C'est vraiment une maison ? Ça ? » rétorqua Draco, une grimace sur le nez.
Harry leva lui aussi les yeux sur la demeure bancale qui paraissait plus branlante que jamais. Effectivement, comparée au manoir Malfoy ou même au cottage de Severus...
« Oui, je t'assure, c'est bien leur maison. On y va, Draco ? » fit Harry en se redressant.
Draco ne bougea pas d'un pouce, sa main tirant un peu plus le jeune homme en arrière.
« Quoi, qu'est ce qu'il y a encore ? » demanda gentiment le brun.
« Et si... » l'enfant se mordit les lèvres, un tic qu'il avait emprunté à son professeur à n'en pas douter. « Et si ils ne m'aimaient pas ? » finit le petit blond dans un murmure.
Harry leva le fin menton pâle vers lui.
« Draco, pourquoi veux-tu qu'ils ne t'aiment pas ? Ils sont tous très gentils, tu es avec moi et tu es un adorable petit garçon. »
Les yeux clairs se remplirent d'espoir.
« Tu en es sûr ? Il ne vont pas dire que je suis méchant ? »
« Non, bien sûr que non, » s'étonna Harry.
« Même quand ils sauront que mon papa c'est Lucius Malfoy ? » le réinterrogea Draco.
Cette dernière phrase choqua profondément Harry. Il ouvrit la bouche, prêt à protester avec vigueur quand... quand il se souvint de sa propre réaction à l'annonce de son nouvel emploi dans le bureau de Dumbledore, de celle de Sirius, des Weasley et de ses amis en général quand ils avaient appris qu'il allait travailler pour le fils du Mangemort Abraxas Malfoy. Il prit donc la peine de réfléchir un instant avant de déclarer d'une voix ferme qu'il voulait la plus convaincante possible :
« Écoute, Draco, ton papa avait raison pour une chose : il y aura toujours des gens qui te jugeront sur ton nom avant même de te connaître. Ce sera à toi de leur montrer ce que tu vaux. S'ils ne changent pas leur jugement ou s'ils refusent de te connaître, ce sera tant pis pour eux. Mais je te promets que dans cette pièce, personne ne fera cela et personne ne te détestera. »
« Promis ? »
« Promis. »
Ils se sourirent tous deux, puis Harry frappa à la porte. Celle-ci s'ouvrit rapidement, dévoilant une femme rondelette à la chevelure de feu.
« Harry, mon chéri, rentre vite ! Tiens, mais qui est donc ce ravissant petit bonhomme qui se cache derrière toi ? »
Harry n'eut toutefois pas l'occasion de répondre qu'un grand homme brun lui sautait déjà dessus, pour l'enlacer en le soulevant pratiquement du sol.
« Prongsy ! Comment vas-tu, mon grand ? Tu as survécu à la terreur sombre des cachots ? »
« Oui, Siri', comme toujours, » grimaça le jeune homme.
« Alors tu as pu venir, finalement ? Les Malfoy ne t'ont pas séquestré ? »
Un petit couinement de souris arrêta Sirius dans sa diatribe, il se tourna pour voir un petit garçon blond comme les blés, ou plutôt de l'or blanc, le dos collé contre la porte. Il semblait terrorisé alors qu'il regardait Arthur et Molly, debout devant lui et qui, quant à eux, avaient l'air pour le moins perplexe.
« Tonton 'Ry, » gémit l'enfant en tendant la main vers le jeune sorcier aux cheveux noirs.
« Oh Merlin, Draco, ce n'est rien, je suis là ne t'inquiète pas ! » s'exclama aussitôt Harry en s'extirpant des bras de son parrain pour prendre l'enfant contre lui.
Le petit s'y réfugia avec bonheur, jetant des petits coups d'œil par dessus son bras aux autres adultes qui le fixaient.
« Draco ? » demanda Sirius en interrogeant Harry du regard.
« Oui. Sirius, Molly, Arthur, je vous présente Draco Malfoy, mon élève et aussi mon... neveu, en quelque sorte. Viens Draco, n'aie pas peur. »
Harry posa ses mains sur les épaules de l'enfant, afin de le présenter aux trois autres personnes. Une chance, George, Fred et Bill et sa famille n'étaient pas encore présents.
« Draco, voici Arthur et Molly Weasley. Ce sont les parents de mon meilleur ami, Ron. Et ils sont devenus comme ma famille. Et lui, cet espèce de grand dadais, c'est mon parrain, ton grand-cousin, Sirius. »
Draco porta son regard sur l'homme aux cheveux sombres, les yeux exorbités. Sirius Black devait véritablement le fasciner car il resta un long moment ainsi, à l'étudier.
De son côté, Black faisait de même. Alors c'était lui le petit monstre qui avait fait fuir et rendu à moitié fou pas moins de huit précepteurs confirmés ? Pourtant, il n'avait pas l'air terrible. Au contraire, il était tout mignon dans son manteau un peu démodé et son bonnet doublé de fourrure qu'il maltraitait entre ses doigts. Mignon mais encore impressionné. Sirius lui fit un grand sourire avant de lui ébouriffer les cheveux, lui faisant pousser de nouveau un petit cri.
« Salut p'tit cousin ! Tu sais que tu es bien de la famille, toi ? Tu as les yeux des Black ! »
« Tonton 'Ry, » supplia de nouveau le gamin. « Tu es sûr qu'il n'est pas complètement fou ? »
Harry explosa de rire, vite rejoint par Sirius.
« Dis-moi, Draco, et si tu enlevais ton manteau ? Je crois que j'ai aussi du chocolat chaud dans la cuisine, ainsi qu'une part de tarte. Ça te dis ? » lui demanda gentiment Molly.
« Oh oui, madame ! Tonton 'Ry, j'ai le droit ? »
« Bien sûr, mon grand, va vite avec Molly, » lui affirma Harry.
« Youpi ! » cria le garçon.
Il hésita encore alors que Molly lui tendait la main. Pourtant, après un dernier regard vers Harry qui l'encouragea de la main, il finit par tendre la sienne et à suivre la matriarche.
« Ah ça, dès qu'il y a un enfant, vous pouvez être sûr que Molly va se précipiter dessus pour le gaver et le dorloter, » se moqua gentiment Arthur. « Bien, Harry, pourquoi l'héritier Malfoy est avec toi ? Pas que cela me dérange le moins du monde, mais je suis surpris que le grand Lucius Malfoy ait accepté de se séparer de son fils pour la journée, surtout pour venir... ici. »
« En fait... disons que je suis rentré tard hier soir, alors quand il m'a vu ce matin et qu'il a compris que je partais, il a été tellement triste. J'ai pas pu lui dire non. »
« Certes... Et Lucius ? » demanda à son tour Sirius.
« Euh... Je ne sais pas, ce n'est pas moi qui lui ai posé la question, mais Draco, » avoua Harry, mal à l'aise.
Les deux autres hommes se figèrent de stupeur.
« Attends, tu es en train de nous dire que tu n'as pas demandé à Lucius la permission de venir ici avec Draco ? » voulut savoir Arthur.
« Draco est allé voir son père, il est donc au courant ! » se défendit Harry.
« Bien sûr... Draco... Le même Draco qui t'a fait les pires crasses depuis des mois... » se gaussa Sirius.
Néanmoins, l'Auror n'insista pas alors qu'il avisait le regard soudain sombre de son filleul.
« Harry... Pourquoi n'as-tu pas demandé toi-même à Lucius ? »
« Je... Je n'avais pas vraiment envie de le voir, » souffla Harry en évitant les yeux gris de son parrain.
« D'accord... Bien, je crois qu'une petite discussion s'impose. »
Sirius attrapa le plus jeune brun par les épaules pour l'entraîner sur un canapé.
… … …
À suivre
… … …
NDA : * Je me dois de rendre à Jules ce qui appartiens à César, ce n'est pas de moi, non. En fait, nous étions sur Skype, Nanola, Archimède &Co, avec comme fond sonore la dite Nanola en train de jouer à Magical Ride, sur FB. Jeu addictif pour certain, à ma grande stupéfaction je me dois de le signaler, qui a déjà causé de grands dommages dans de nombreux cerveaux et qui est en partie responsable de notre terrible coécriture "Le cauchemar de Draco". Bref, elle nous faisait part des différents personnages apparaissant sur son écran à la place de la sorcière sur son balai, soit la licorne (Petit Poney ! hurlait-elle joyeusement) ou le Phénix (Fumseck ! nous vrillait-elle les tympans) et soudain, la bombe explose avec un formidable : FUMSEXE ! Et oui, depuis c'est devenu l'un de nos cris de guerre. Bichette, je ne pouvais pas laisser passer ça, impossible ;)
En dehors de ça, comme je l'ai dit dans mes RAR, j'ai eu un gros souci d'ordinateur cette semaine, donc pardon pour les réponses plutôt courtes. Cela a été un moindre mal car il n'était pas sûr que je puisse poster aujourd'hui.
