NDA : Oh, comme vous devez me détester, oui, allez-y, détestez-moi, haïssez-moi, j'adore ça, encore ! Ahem... L'auteur est une sadique, on le sait, mais une sadique de haute qualité (I'm Sherlocked, désolée, fallait que je le place un jour) ^^' Bref, je vous laisse avec ce nouveau chapitre et donc, non pas avec Lucius (mouhahahah) mais un Harry enfant. Bonne lecture quand même !


Chapitre 13

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1994 - La Coupe de Feu

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Partie 1


Le jeune sorcier regardait nerveusement autour de lui. Il venait tout juste de débarquer sur la voie 9 3/4, avec sa malle mais sans la présence habituelle de Hedwige à ses côtés.

Cette dernière était déjà à Poudlard, avec Severus.

Le professeur de potions avait dû réintégré les cachots depuis maintenant une semaine. Il avait demandé si Harry voulait venir avec lui, à Poudlard. Mais quand Harry avait su qu'il devrait dormir dans l'appartement de Severus et qu'il serait, bien évidemment, le seul élève, il avait refusé. Aucun autre professeur n'avait d'enfant lui avait confirmé son tuteur, et aucun élève n'était autorisé à dormir dans les dortoirs avant la rentrée.

Snape n'avait pas insisté, se contentant de faire les allers-retours par transplanage ou par cheminette entre l'école et leur foyer pour être présent le soir. L'équipe enseignante s'était bien évidemment étonnée de l'absence de Severus. Elle avait été carrément stupéfaite quand Dumbledore en personne leurs avait appris que Severus avait désormais un enfant à charge. Nul ne savait qui était cet enfant, son âge, s'il était le fils naturel de Severus et dans ce cas, qui était l'autre parent. Personne n'avait osé poser de questions, ni à Dumbledore, ni surtout au maître des Potions. Il fallait dire que le regard avada kedravesque de Snape avait plus que refroidi les ardeurs des potentiels inconscients.

Pourtant, Severus savait qu'une autre personne allait devoir être informée de sa situation et de celui du Survivant : Minerva McGonagall, sous directrice de Poudlard et directrice de la maison Gryffondor, maison de son pupille. En effet, elle devait savoir qui étaient les parents ou responsables de tous ses élèves, Harry Potter y compris. Or, ce n'était plus les Dursley depuis cet été.

Cela ne s'était fait que la veille de la rentrée scolaire. Severus avait manqué s'étrangler d'un rire contenu devant le visage décomposé de sa collègue. Oui, lui, il avait dû se pincer violemment sous sa robe noire afin d'éviter de rire. Ça ne lui était pas arrivé depuis... eh bien en fait, cela ne lui était jamais arrivé.

Une fois Minerva remise de ses émotions, les trois adultes avaient décidé de ne pas ébruiter la nouvelle pour le moment. Deux raisons avaient été mises en avant par l'illustre sorcier, le tout devant tasses de thé et tartelettes au citron meringuées.

Premièrement, l'activité mangemoresque était en recrudescence depuis la tentative de Quirrell de faire revenir à la vie son ancien Maître. Bien que certains ex-Mangemorts se méfient de lui, Severus avait encore conservé quelques liens avec ce milieu. Il était nécessaire de les préserver, d'autant quand on avait vu le désastre de la Coupe du Monde de Quidditch. Or, cette année à Poudlard allait être marquée par un événement de la plus haute importance, à savoir le Tournoi des Trois Sorciers.

L'autre raison était que Harry lui-même ne voulait pas que ses camarades apprennent qu'il était désormais le pupille de Severus.

Minerva avait été, là encore, étonnée que le souhait de l'enfant soit respecté, bien qu'elle se soit gardée de tout commentaire.

Severus avait tout expliqué à Harry la veille au soir. Ce matin, ils avaient transplané dans un coin discret proche de la gare, puis Severus avait laissé Harry seul avant de retourner à Poudlard.

Le garçon avait encore les oreilles pleines de tous les conseils, mises en garde, ordres et exigences de son tuteur.

Severus exigeait en effet de lui qu'il donne le meilleur afin de réussir son année scolaire. Hors de questions pour lui d'avoir des notes en dessous de A, sinon, c'était punition assurée. Severus lui avait bien expliqué en long, large et travers que, quand bien même ses autres professeurs ne lui diraient rien en cas de mauvaise notes, il serait convoqué dans son bureau et que cela chaufferait pour son matricule. Il avait aussi demandé à McGonagall de le tenir au courant de tout ce qui concernait la discipline.

Harry n'avait pas pu s'empêcher de lui demander comment il comptait le faire venir dans son bureau, puisqu'il n'était pas de sa maison. Il avait eu en réponse un regard noir et une voix glaciale l'avait informé qu'il trouverait toujours une raison valable pour le convoquer dans les cachots.

Severus lui avait également rappelé qu'étant son tuteur, il pouvait tout à fait le priver de sortie à Pré-au-Lard, de Quidditch et de tout un tas d'autres choses. De même, si Harry dépassait les limites, il n'hésiterait pas une seule seconde à venir le chercher lui-même dans la Tour des Lions pour le traîner jusque dans les cachots en le tenant par l'oreille.

Le jeune Sorcier avait frémi. Snape était capable de le faire, sans l'ombre d'un doute. Mais on était un Gryffondor ou on ne l'était pas. Harry en étant assurément un, il avait mis en avant le fait que dans ce cas, sa ''couverture'' tomberait.

Là, Severus s'était contenté de ricaner, arguant que le plaisir de lui mettre une bonne fessée devant témoins compenserait amplement le désagrément de perdre sa ''couverture'' auprès de la poignée de Mangemorts qu'il fréquentait plus ou moins. Harry avait admis sa défaite, la tête basse.

Toujours était-il qu'il angoissait sérieusement, moins pour l'année qui se profilait (il aurait largement le temps d'y réfléchir lors de son premier contrôle) que surtout pour le fait de revoir Ron et Hermione.

Il leur avait envoyé un hibou, resté malencontreusement sans réponse jusqu'à la veille. Hermione lui avait répondu quatre lignes, lui disant juste de ne pas s'inquiéter et qu'ils en rediscuteraient ensemble dans le Poudlard Express.

Le garçon avait beaucoup hésité à aussi envoyer une missive à Sirius. Il ne l'avait finalement pas fait. Severus était encore un peu trop sur son dos à ce sujet. Il préférait attendre d'être à Poudlard pour le faire... et savoir s'il allait devoir raconter à son parrain qu'il avait perdu ses deux meilleurs amis ou non. L'autre explication au fait qu'il avait hésité à écrire à Sirius était simple : ce dernier ignorait totalement qu'il était désormais sous la responsabilité de son pire ennemi.

Il avait par contre tout expliqué à Remus pendant l'été, puisque Severus ne lui avait pas interdit de prendre contact avec le lycanthrope. Ce dernier lui avait adressé en retour une longue lettre de soutien, de conseils, dans laquelle Harry avait pu aussi puiser une bonne dose d'amour.

Harry décida de pénétrer dans le train afin de partir à la recherche de ses amis. Il fut heureux de ne pas croiser sur son chemin Rosier et toute sa clique, par contre, il désespérait de trouver ses amis.

Enfin, il ouvrit la porte d'un compartiment pour tomber sur Ron et Hermione, tous deux en grande conversation. Il sourit, soulagé de les avoir enfin dénicher. Pourtant, ce dernier resta un peu figé sur ses lèvres alors que la conversation s'arrêtait net entre les deux autres élèves qui le dévisagèrent, sans même le saluer.

« Euh... Salut, » lança Harry.

Cela eut pour effet de les réveiller. Hermione lui sourit à son tour, se leva et le prit dans ses bras.

« Enfin, Harry ! On était inquiets. Merci pour ta lettre, je me demandais si Snape ne t'avait pas blessé, il semblait véritablement furieux ! »

Harry soupira de soulagement en refermant ses bras dans le dos de son amie.

« Non, ça va. J'ai été puni mais rien de bien horrible. »

« Puni ? Mais pourquoi ? Tu n'avais rien fait de mal ! » s'exclama la jeune sorcière, offusquée.

« Disons qu'il m'a consigné avec des devoirs à faire le temps qu'il s'en assure, » répondit le garçon en haussant les épaules.

Ils se séparèrent, permettant ainsi à Harry de s'installer en face de Ron, qui n'avait pas encore décroché un mot.

« Ron... » commença le brun, mal à l'aise. « Je suis vraiment désolé de ne pas vous avoir dit avant pour Snape. Je voulais le faire, je te le promets, après la Coupe. »

« C'est bon, » le coupa un peu sèchement Ron. « C'est pas très grave. Je veux dire, je t'en ai voulu sur le coup, c'est vrai, et bon, peut-être que je t'en veux encore un peu mais... » les yeux bleus de Ron se posèrent sur le Survivant. « Mais merde, Harry, tu dois déjà vivre avec lui, je peux pas te tirer la gueule non plus pendant des jours ! Mon pauvre vieux, il ne te frappe pas au moins ? »

Cette fois, Harry sentit très nettement son cœur s'alléger alors qu'un immense sourire venait de nouveau étirer ses lèvres. Il s'empressa donc de raconter dans les moindres détails ses mésaventures de l'été à ses deux amis, captivés par ses propos.

Harry ne s'attendait cependant pas à ce que la soirée soit aussi mouvementée. La Tour de Gryffondor tremblait sous les interrogations et les cris en ce premier soir de l'année scolaire. Deux nouvelles étaient dans toutes les bouches : l'arrivée de Maugrey Fol Œil comme professeur de défense contre les forces du Mal et surtout, le Tournoi des Trois Sorciers !

Leur nouveau professeur leur fit une grande impression quand il métamorphosa Ethan Rosier en fouine, devant ses deux gardes du corps de toujours, Crabbe et Goyle. Tous attendaient depuis avec impatience de pouvoir assister à ses cours.

Ce ne fut pas la défense contre les forces du Mal qu'ils eurent en premier lieu, mais le cours de potions. C'était avec une certaine appréhension que Harry, Ron et Hermione se dirigèrent vers les cachots, d'autant que les Gryffondor partageaient, pour ne pas changer, ce cours avec les Serpentard. Rosier leur jeta des regards noirs qui ne les impressionnèrent pas le moins du monde. Non, ce que Harry redoutait, c'était la réaction de son tout nouveau tuteur.

Personne ne savait la relation qu'il entretenait avec Snape, à part Ron, Hermione et les autres Weasley. Il jeta de fréquents coups d'œil vers le pupitre de son professeur tout en préparant ses affaires.

Snape ne les regardait même pas, dos tourné vers le tableau noir qu'il s'appliquait à recouvrir de son écriture serrée. Il se retourna brusquement, plantant ses obsidiennes dans le regard vert tendre de Harry qui détourna rapidement la tête, gêné sans trop savoir pourquoi.

Heureusement, personne ne sembla remarquer son trouble et le cour commença.

Pourtant, Harry avait du mal à se calmer. Severus semblait furieux, pour il ne savait quelle raison. Sa seule crainte était qu'il s'en prenne à lui, comme il l'avait fait les autres années. Severus l'avait bien prévenu : hors de question pour lui de faire le moindre favoritisme. Inutile de dire que son tuteur n'avait pas du tout apprécié quand Harry lui avait fait remarqué, dans un élan verbal non contrôlé, qu'il était plus que partial envers les Serpentard.

L'adolescent savait également que son tuteur serait encore plus exigent avec lui cette année. Ils avaient même fait quelques potions, tous les deux, au cottage. Mais l'ambiance de leur maison au bord de l'eau était à des années lumières de celle qui régnait dans les cachots. Si Harry avait réussi à se détendre, seul aux côtés de Severus au cottage, ce n'était pas le cas ici. Ces mains tremblèrent alors que le professeur passait et repassait dans son dos.

Toutefois, ce ne fut pas Harry qui fut l'objet de sa ire, mais Neville qui fit fondre pas moins de six chaudrons. Il écopa d'une retenue dont il revint le soir, en pleine crise de nerfs.

Ron ne put s'empêcher de demander à Harry s'il savait pourquoi Snape avait l'air aussi en colère, alors que Hermione aidait le pauvre Neville à se nettoyer les ongles des morceaux d'intestins de crapauds coincés dessous, grâce à un sort de Récurage.

« Je ne sais pas trop, je pense que c'est à cause de Maugrey. Après tout, il n'a jamais aimé les professeurs de ce cours, mais là, il semble éviter Fol Œil. C'est étrange, on dirait presque qu'il le craint. »

« Tu imagines si Fol Œil le transformait en crapaud cornu et le faisait rebondir à travers toute la classe ! » dit Ron d'un air rêveur.

Harry se mit à rire de bon cœur en compagnie de ses amis, bien qu'il ne soit pas sûr que le fait d'avoir un crapaud en lieu et place de tuteur le réjouisse tant que ça. Néanmoins, il se promit de demander à Severus si ses impressions étaient justes et dans ce cas, pourquoi le professeur Maugrey lui déplaisait autant.

Enfin, le jeudi arriva et avec lui le premier cour avec Maugrey. Les Gryffondor trépignaient d'impatience et se précipitèrent dans la salle de classe à peine la porte de cette dernière ouverte.

Bien que le cour ait été incroyable, Harry en sortit avec une pointe, non pas d'amertume ou de déception, mais d'un sentiment qu'il aurait bien été en peine de nommer. Cela ressemblait un peu à de la tristesse, alors qu'il ne voulait pas être triste ! Il ne comprenait pas non plus la réaction de Neville, bien qu'il ait l'étrange impression que son camarade ait été lui aussi profondément marqué par les Sortilèges Impardonnables dont le professeur Maugrey leur avait fait la démonstration sur cette misérable araignée.

Ils mangèrent en silence, juste Ron et lui. Hermione était déjà partie à la bibliothèque et Neville n'était pas revenu de son ''thé'' avec Maugrey. Pourtant, comme le brun le constata, le professeur était bien assis à sa place. Harry croisa aussi le regard de son tuteur qui le dévisageait d'une manière que l'adolescent jugea suspicieuse. Il s'empressa donc de retourner à son assiette, bien que son appétit se soit définitivement envolé.

Ron et lui étaient en train de terminer leur devoir de divination dans leur salle commune quand le tableau de la grosse dame s'ouvrit. Le silence mortel qui s'ensuivit leur fit redresser la tête. Harry sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et son sang quitter ses joues. Severus Snape se tenait devant eux.

« Potter, » fit-il de sa voix basse. « Avec moi, maintenant. »

Harry se leva d'un pas qu'il voulait affirmé et s'avança vers le directeur des Serpentard devant l'assemblé des Lions médusés. Il passa devant Snape qui lui emboîta le pas, sortant ainsi de la salle commune. Le tableau n'avait pas fini de se refermer que déjà le bruit des murmures et chuchotis frénétiques de ses camarades l'atteignait.

Ce fut dans un silence religieux qu'il suivit son tuteur jusqu'aux cachots. Cependant, ils ne s'arrêtèrent pas à son bureau comme il l'avait supposé, s'avançant plus loin, dans le couloir qui menait, Harry le savait, au dortoir des Serpentard. Au lieu de continuer dans cette direction, Snape bifurqua soudainement à gauche, dans un renfoncement et s'arrêta devant une lourde porte faite de bois et d'argent. Il posa simplement sa main dessus pour qu'elle s'ouvre sans émettre le moindre bruit de protestation.

Harry pénétra avec circonspection dans ce qu'il supposait désormais être les appartements de Severus à Poudlard. Il se tenait dans un vaste salon dans lequel un feu ronflait dans une cheminé de marbre blanc. Harry ne s'étonna pas de voir que les murs étaient blancs eux aussi, avec une haute frise d'un vert sombre. Les meubles, à savoir un canapé, un fauteuil et une large table entourée de six chaises étaient tous en bois et cuir sombre.

La porte se referma derrière lui alors que Severus se tournait vers son pupille.

« Comment vas-tu ? »

Le garçon tiqua un peu sous la surprise. Comment il allait ? C'était une blague ? Severus n'était quand même pas venu le chercher jusque dans la Tour pour savoir comment allait sa petite santé ?

« Ben, heu... Bien ? » répondit-il, suspicieux.

« Bien ? Maugrey a raconté à Dumbledore son cours avec vous tout à l'heure. Tu es sûr que ça va ? Je n'approuve pas du tout ces méthodes. Que toi et Londubat soyez témoins des Impardonnables... C'est du grand n'importe quoi. »

« Non ! » protesta Harry. « C'était un très bon cours ! Et Neville a participé, d'ailleurs ! Il a donné le nom d'un des sorts. »

« Évidemment, » bougonna Severus. « Harry, tu es sûr que ça va ? »

« Mais oui ! » s'énerva le garçon.

Il avait déjà répondu, avec un soupçon d'orgueil, à Maugrey à ce sujet. Il allait très bien. D'accord, il avait vu en direct le sort dont il cauchemardait depuis plusieurs mois, mais il allait bien bon sang. Que s'imaginait Snape et Maugrey ? Qu'il allait se rouler en boule en pleurnichant dans un coin ?

Severus le regarda profondément avant de soupirer.

« Bon. Puisque tu le dis. Je suppose que tu préfères remonter dans la Tour plutôt que de passer la nuit ici ? »

Cette fois, le jeune brun manqua s'étouffer.

« Dormir ici ? Non ! Que vont dire mes amis ? Et tous les autres Gryffondor ? Tu es venu me chercher dans notre salle commune ! » s'exclama-t-il. « Je ne sais pas du tout ce que je vais bien pouvoir raconter aux autres, moi, maintenant ! »

« Tu n'auras qu'à leur dire que tu as tellement raté ta dernière potion que j'ai tenu à venir te féliciter moi-même ? » railla Severus, les lèvres pincées.

« Quoi ? C'est faux ! Je ne l'ai pas ratée ! » Harry baissa les yeux devant le regard noir sévère de son professeur. « Enfin, pas trop ratée... Enfin... pas plus que d'habitude... »

« Cela est certain, ce qui signifie donc que cette potion était d'une affligeante nullité. Est-il nécessaire que je te précise qu'il est hors de question que tu me rendes une potion aussi désastreuse dans le futur ? »

« Je... C'est de ta faute, tu me tournes toujours autour et ça me stresse ! »

« Pas d'excuse, jeune homme, surtout d'aussi idiote ! Cet été, j'étais aussi dans ton dos et tu as eu de bons résultats. »

« Forcément, il n'y avait que toi et moi cet été, pas tous ces crétins de Serpentard qui se moquent de nous et jettent des ingrédients dans mon chaudron, ni de stupide prof acariâtre pour me harceler avec des critiques débiles ! » cria Harry, vexé, avant de plaquer vivement sa main devant sa bouche.

Emporté dans son élan lyrique, il avait totalement oublié que ledit professeur s'avérait aussi être son tuteur et plus encore, qu'il se trouvait juste en face de lui.

Severus se redressa, croisa ses bras sur son torse tout en lui jetant un regard de glace.

« Aurais-tu l'extrême amabilité de répéter ? » murmura-t-il d'une voix cassante.

« Je... Pardon, je ne voulais pas dire ça. En fait, si, je voulais le dire parce sinon, je ne l'aurais pas dit, mais en fait c'est pas ça que je voulais dire, » Il reprit rapidement une inspiration alors que Severus fronçait ses sourcils. « C'est juste que cet été, tu étais... différent. Tu étais mon tuteur alors que là, tu es le prof, tu favorises tout le temps les Serpentard et en plus, tu cherches toujours à voir quelle erreur je vais faire, alors moi je sais plus quoi faire et... Et je ferai mieux la prochaine fois... » finit pitoyablement Harry.

« Alors nous allons remettre les choses au clair, de suite. D'abord, je suis toujours ton tuteur. Ensuite, si je suis plus laxiste avec mes Serpentard c'est aussi parce que dans les autres cours, ce sont mes chers collègues qui vous laissent passer tous vos petits caprices. Pour terminer, il est clair que j'attends mieux de ta part. Tu reviendras dans ma salle de classe demain soir, et ce week-end, de 18h00 à 20h00. »

« Mais ! » s'écria Harry, les yeux exorbités. « Tu me punis ?! C'est pas juste ! Pourquoi tu me mets des retenues ?! »

« Ce ne sont pas des retenues, prends plutôt cela comme du soutien. Et puis maintenant, cela te donne largement de quoi te faire plaindre par tes petits camarades : ton acariâtre professeur graisseux t'a collé trois soirs de retenue, pour cause de potion apocalyptique. Heureux ? »

« Non ! C'est dégueulasse ! »

« Langage ! Encore un mot de cette nature et je te passe la bouche au savon ! »

Harry se mordit la lèvre, histoire d'être sûr de ne pas ouvrir la bouche de façon intempestive, bien qu'à l'intérieur, il fulminait.

« Bon, sur ces bonnes paroles, je vais te raccompagner à ta Tour. »

« Ça va pas, non ? J'ai pas besoin d'une nounou ! » s'exclama le jeune sorcier. « J'aurais l'air de quoi si on nous croise ? Tu veux pas me tenir la main, tant que t'y es ? »

« Figure-toi que j'y pense sérieusement, étant donné que l'heure du couvre-feu est dépassée. »

Harry lui jeta un regard rempli d'horreur avant de réaliser que Snape arborait un petit rictus moqueur.

« Tu te fous de moi ! »

« Non ? Tu crois ? Allez, viens par là, gamin, promis, je ne te tiendrai pas la main, sauf si tu essayes de t'échapper. »

« Hors de question que tu me raccompagnes à la Tour, » grinça Harry entre ses dents.

« J'ai dit : avance. Le couvre-feu est passé, je te ramène. Ou alors tu dors ici. »

Harry se mordit de nouveau les lèvres avant de pousser la lourde porte, sans un mot. Le retour se fit comme l'aller, dans le silence. Pourtant, devant le portrait de la Grosse Dame, Severus posa sa main sur l'épaule du garçon pour le retenir.

« Harry, si tu as le moindre soucis, n'oublie pas que je reste ton tuteur, alors viens me trouver, d'accord ? J'aurai toujours du temps pour toi. »

Harry cligna des yeux, surpris mais aussi heureux par les paroles de l'homme.

« D'accord, mais je t'assure, ça va bien. »

Severus hocha la tête avant de tapoter légèrement Harry. Il s'apprêtait à partir quand Harry le héla.

« Attends ! Merci. »

« De rien. »

« Et aussi... Je dois vraiment venir demain soir ? » demanda Harry en faisait une petite grimace.

« Je le crains, » sourit l'homme en noir.

Harry soupira alors que Severus se retournait pour descendre les escaliers. Il regarda son tuteur disparaître avant de donner le mot de passe. Une fois le tableau franchit, tous les visages se tournèrent vers lui.

« Harry ! Est-ce que ça va ? » l'interrogea Hermione avec précipitation.

« Oui, ça va. »

« Que te voulait Snape ? » bafouilla Neville d'une voix blanche alors que tous les autres Gryffondor commençaient à l'entourer.

« Me dire que ma dernière potion était totalement ratée... A priori, elle lui a explosé à la figure. J'ai trois soirs de retenue, » annonça Harry calmement.

Inévitablement, cette déclaration eut l'effet escompté. Les injures fusèrent à l'encontre de l'immonde chauve-souris. Seul Ron, puis ensuite Hermione, lui demandèrent de façon discrète si c'était exacte. Le jeune brun leur indiqua d'un mouvement de tête le dortoir des garçons dans lequel ils filèrent au bout de quelques minutes, laissant les autres Rouge et Or comploter une vengeance contre la terreur des cachots.

« Tu es vraiment puni ? »

« Oui, Hermione. Il voulait savoir comment j'allais, parce qu'il a appris pour le cours de Maugrey. Et comme j'allais bien, vlan, il n'a rien trouvé de mieux que me flanquer des retenues à cause de la potion ! Enfin, ce serait plus des heures de soutien, d'après lui, » se moqua amèrement Harry.

« De soutien ? » s'exclama Hermione, les yeux brillants.

« Hermione ! Ce n'est pas une bonne nouvelle ! Pas pour moi en tout cas ! » se plaignit aussitôt le Gryffondor.

... ... ...

Le lendemain soir, ce fut d'un pas lourd que Harry se dirigea vers la salle de classe de son tuteur. Il se doutait bien du savon qu'il allait recevoir, étant donné que le cours qu'il venait de passer en sa compagnie quelques temps plus tôt avait été proche de la catastrophe. Sa potion était d'un horrible violet en lieu et place du bleu roy qu'elle aurait dû arborer. Le jeune homme n'avait fait aucun commentaire face au regard assassin de Snape. Il n'avait même pas répliqué aux moqueries de Rosier et de sa bande, créant la surprise chez les autres Gryffondor.

Il savait désormais que cette année allait bien être épouvantable. Snape n'allait pas le lâcher et il ne pouvait rien dire, sans risquer la double punition : celle de son professeur et celle de son tuteur. Le fait qu'ils soient la même et unique personne n'ayant visiblement aucune importance aux yeux de l'homme en question.

Harry s'arma de courage et frappa à la porte, pénétrant dans la salle uniquement quand il en reçut l'autorisation.

Snape n'était pas à son bureau mais au poste de travail qu'avait occupé Harry dans l'après-midi. Le feu était déjà allumé et un chaudron l'attendait. Jetant un œil sur le tableau, Harry constata que la recette qu'il avait déjà eue l'occasion de lire était encore inscrite.

« Bien, vu le résultat pitoyable de ta toute dernière création, tu vas me refaire cette potion d'Euphorie. Je reste à côté de toi et je surveille chacun de tes gestes, » énonça calmement Snape.

Harry soupira avant de se rendre sur son lieu de torture. Il s'appliqua à étaler son matériel, à aller chercher chaque ingrédient puis s'attaqua à la tâche du délicat découpage d'aile de doryphore. Il se sentait particulièrement épié, pour ne pas changer. Cependant, il ne ressentait plus la même pression que lorsqu'il était en cours. Il lui semblait être revenu au cottage et cela était plutôt apaisant.

« Attention, Harry, tourne plus lentement, sinon le sang de puma risque de coaguler, » lui fit remarquer Severus en se rapprochant de lui.

Il posa sa main sur celle du garçon, lui faisant prendre le bon rythme.

« Voilà, comme cela, encore, un, deux tours. Stop ! Maintenant, il faut attendre six minutes, à peine le temps pour toi d'extraire le jus de trois feuilles d'Alihosty. »

Harry tourna son visage vers celui de Severus, toujours derrière lui. L'homme baissa son regard noir vers le sien, haussant un sourcil interrogatif.

« J'aime bien, » murmura le Gryffondor.

« Quoi donc ? »

« Quand tu es comme ça. »

« C'est à dire ? »

« Eh bien... quand tu es un bon prof qui me hurle pas dessus, » le taquina Harry.

Il aurait bien aimé voulu dire « quand tu es paternel » mais n'avait pas osé.

« Je suis toujours un bon professeur, Potter, c'est juste que quand j'ai affaire à une vingtaine de cornichons empotés, je ne peux pas me permettre de passer derrière chacun d'eux pour faire ce que je suis en train de te montrer, » protesta Severus.

« Pourtant, ça pourrait être très drôle si tu tu mettais derrière Neville pour l'aider à touiller sa potion, ou pour lui expliquer comment bien tenir la lame de son couteau, » fit Harry alors que Snape l'aidait à écraser les feuilles du plat de la lame, sa longue main toujours sur la plus petite.

« Il s'évanouirait, sans aucun doute, » ricana Severus.

« Lui, ou bien Rosier en te voyant faire, ce qui serait bien plus marrant, » rit à son tour le garçon.

Un peu avant la fin des deux heures, la potion de Harry fut prête. Plus que cela, Severus en plaça dans une fiole qu'il tendit à Harry.

« Tu vois, mon garçon, cette potion, elle t'aurait valu un O. »

Harry écarquilla des yeux puis un grand sourire vint éclairer son visage.

« Un O ? C'est vrai ? Tu ne m'as jamais mis de O ! »

« Parce que tu ne l'as jamais mérité ! » le rabroua immédiatement Severus. « Je ne peux pas te mettre ce O, Harry. La potion que tu m'as rendu tout à l'heure méritait quant à elle un P. Et encore, je suis gentil. »

Le sourire de Harry s'était effacé depuis longtemps. Les phrases de son tuteur lui faisaient mal, bien plus que tout ce que Snape avait pu lui dire pendant ses cours lors des trois dernières années.

« Harry ? »

« Quoi ? » bougonna l'intéressé.

« Pourquoi ne fais-tu pas ce genre de potion en classe ? J'ai encore la preuve que tu en es capable pourtant. »

« La réponse tient en deux mots : Serpentard et Snape. »

« Comment cela ? »

« Les Serpentard font exprès de me déconcentrer, Rosier jette sans arrêt des ingrédients dans ma potion, je te l'ai déjà dit mais tu refuses de me croire ! Et toi, en cours, tu es ignoble avec les Gryffondor. Tu me stress et je n'arrive plus à rien. »

« Pourtant, j'étais là ce soir. »

« C'est pas pareil. »

« Explique-toi. »

« Ce soir tu n'étais pas... tu n'étais pas Snape ! » s'énerva Harry devant l'incompréhension de son tuteur.

« Je suis Snape. »

« Non, Snape c'est mon sale prof de potions, injuste, borné et tyrannique ! Toi, ce soir tu étais... tu étais de nouveau Severus, » termina en murmurant Harry.

Il n'osa pas regarder Severus dans les yeux, préférant contempler ses chaussures. Toutefois, au bout d'une demi-minute de silence, il releva enfin son visage vers son tuteur qui le dévisageait, l'air grave. Harry ne put retenir une grimace. Il avait parfaitement conscience qu'il avait encore sans doute dépassé les limites, en traitant Severus de borné, injuste et tyran. Pourtant, c'était vraiment ce qu'il ressentait, au fond de lui, comme si son professeur de potions était un autre homme quand ils se voyaient en classe, totalement différent de ce que pouvait être son tuteur.

Severus était celui qui l'avait recueilli, qui lui avait appris à nager, qui lui avait préparé à manger et l'avait aidé à faire ses devoirs pendant l'été. Celui qui l'avait consolé lors de son cauchemar après la Coupe du Monde de Quidditch.

Snape était juste la chauve-souris graisseuse des cachots, le professeur le plus détesté de tout Poudlard, celui qui lui lançait des méchancetés à la figure et le rabaissait à longueur de temps.

Les deux hommes n'étaient pas les mêmes dans son cœur.

Severus posa ses mains sur les épaules frêles, sans cesser de regarder Harry.

« Harry, quand je suis ici, je redeviens Severus Snape, ton professeur de potions, c'est vrai. J'admets que je ne suis peut-être pas le meilleur pédagogue que Poudlard ait connu, mais il faudra que toi, comme tous les autres élèves, vous vous en contentiez. Ce qui n'empêche pas que je reste Severus Snape, ton tuteur, comme je te l'ai dit hier soir. »

Il soupira tout en continuant de contempler le garçon devant lui.

« Écoute, ce que je te propose, c'est que demain et après-demain, tu referas une autre potion, celle de cette semaine que tu as ratée et une autre, que nous étudierons en classe le mois prochain. Si tu réussis ces deux autres potions, je te mettrai une nouvelle note, en plus de ton P. »

Le sourire de Harry revint sur ses lèvres, sans qu'il ne puisse le contrôler.

« Ce que je veux aussi, c'est que chaque dimanche soir, tu viennes vers 17h00, à mon bureau. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je tiens à contrôler tes devoirs et leçons de la semaine. »

« Mais... » commença Harry.

« Pas de ''mais'', jeune homme, c'est ainsi, » le coupa Severus, sévèrement.

« Comment je vais... »

« Le dire à mes amis ? » termina Snape à sa place. « Tu n'as pas besoin de leur dire. Ils ne sont pas toujours à te suivre partout et tu ne leur rends pas des comptes précis à chaque minute de ta vie, je me trompe ? »

Harry bougonna dans sa barbe.

« Je veux une réponse claire, » exigea Severus.

« Non, » répondit Harry, bien que de mauvaise grâce.

« Parfait. En plus, tes deux meilleurs amis sont parfaitement au courant de notre relation, il n'y a donc aucun problème de ce côté-là. Viens, suis-moi maintenant, il est temps de manger et ensuite, tu retourneras dans ton dortoir. »

Harry ne protesta pas. Il suivit son professeur dans les couloirs mais alors qu'il allait grimper les escaliers pour remonter au rez-de chaussé, Severus lui captura le bras.

« Où vas-tu ? »

« Ben, manger ! »

« L'heure est passée, viens, on va à l'appartement. »

Sans laisser plus de temps à Harry pour protester, il l'entraîna d'abord dans son bureau puis de là, empruntant une porte et un couloir sombre, ils arrivèrent dans les appartements de Severus.

Harry constata avec surprise que la table était déjà dressée pour deux, avec Dobby debout à côté d'une chaise, prêt à les servir.

« Dobby ! » s'exclama Harry, ravi de revoir l'elfe qu'il avait libéré du joug de la famille Rosier.

« Maître Harry, » répondit Dobby, étrangement vêtu d'un tee-shirt rose, d'un short blanc, de petites baskets aussi roses que son haut et d'une chaussette sur chacune de ses oreilles, l'une jaune vif, l'autre turquoise. « Dobby vous a préparé le repas, monsieur ! »

L'elfe tira deux chaises afin que Severus et son élève puissent s'installer à table. Les mets arrivèrent aussitôt, faisant saliver le brun devant l'odeur alléchante qui s'en dégageait.

« À ce propos, Harry, » commença Severus en lui servant une bonne part de haricots verts alors que le garçon lorgnait sur les pâtes au fromage. « J'aimerais que tu manges une portion de légumes ou de fruits à chaque repas. Et n'espère même pas protester ou me jurer tes grands dieux que tu le fais, je t'ai surveillé depuis le début de la semaine, tu ne te nourris que de viande, pommes de terre, riz et pâtes ! »

Harry ouvrit la bouche mais fut de nouveau coupé dans son élan.

« Et non, je ne considère pas le jus de citrouille comme une portion de fruit, le sirop d'érable non plus d'ailleurs, » le réprimanda Severus. « Si je vois que tu ne m'obéis pas, je demanderai aux elfes d'enchanter ton assiette pendant une semaine, pour que tu ne puisses plus te goinfrer de sucreries ou uniquement de féculents, c'est clair ? »

« Oui, » abdiqua l'enfant en commençant à piocher dans les infâmes légumes verts qui lui faisaient penser à des queues de lézard.

Tout en mâchonnant, il soupira en pensant à Ron et à tous ses camarades de classe qui pouvaient manger aussi mal qu'ils le souhaitaient, sans impunité. Sentant la main de Severus dans ses cheveux, il releva le nez.

« Ce n'est pas si terrible et c'est pour ton bien, » fit Severus en lui ébouriffant sa tignasse.

Le garçon sourit, alors que son tuteur, visiblement satisfait de son obéissance, lui servait également une bonne part des macaronis tant convoités.

... ... ...

Les semaines suivantes passèrent sans anicroche. Les seuls élèves qui semblaient percevoir une petite différence étant sans conteste ceux de quatrième année de la maison Gryffondor, et dans une moindre mesure, ceux de la même année mais de la maison Serpentard.

En effet, les élèves de ces deux maisons avaient remarqué que leur professeur de potions ne s'acharnait plus sur le Survivant. Au contraire, ce dernier semblait s'être amélioré puisque ces notes ne descendaient plus en dessous de A. Rosier avait été aussi particulièrement contrarié de constater que le chaudron de Potter semblait avoir été ensorcelé de façon à ce que rien ne puisse y tomber s'il ne provenait pas de la main de Potter lui-même. Sans les piques de Snape, le jeune Potter avait pris de l'assurance, ignorant ainsi royalement les commentaires et insultes des Serpentard qui avaient fini, pour la plupart, par abandonner.

Heureusement que leur directeur de maison se comportait avec le reste des Gryffondor comme il en avait l'habitude, sans cela, les Vert et Argent auraient commencé à sérieusement s'inquiéter de sa santé mentale.

Du côté des Rouge et Or, chacun avait également remarqué l'étrange trêve qui avait été instaurée entre Snape et Harry. Personne ne s'en plaignait ouvertement, même si malheureusement, Neville, Seamus et Lavande étaient devenus ses nouvelles cibles privilégiées. Mais, contrairement à leurs camarades Serpents, les Lions de Godric avaient aussi constaté que Harry était devenu bien plus studieux que les années précédentes, et ce dans toutes les matières, pas uniquement en potions. Bien que visiblement, cela ne soit pas pour son plus grand plaisir. En effet, même si Harry passait bien plus de temps à travailler, était plus consciencieux, finissait ses parchemins à l'avance et avait, de ce fait, de meilleures notes, il ne cessait de geindre et de râler à chaque fois qu'il devait étudier. Plus étrange, il reprenait souvent des devoirs qu'il avait terminés durant le week-end, ses brouillons se retrouvant subitement raturés à l'encre rouge chaque dimanche soir.

Néanmoins, la vie s'écoulait paisiblement à Poudlard, chacun attendant la venue des étudiants de l'école de Durmstrang et de Beauxbâtons. Ces derniers débarquèrent le 30 octobre, pour la plus grande joie des élèves, la tension étant devenue insoutenable la semaine avant leur arrivée.

Cependant, Harry n'aurait pas cru que son petit univers d'étudiant et d'adolescent presque normal allait de nouveau basculer, le soir de Halloween pour ne pas changer. Jusqu'à présent, ses seuls objectifs étaient de, premièrement, ne pas ramener de trop mauvaises notes le dimanche soir à Severus, d'autant qu'il avait déjà eu deux avertissements et que le troisième se traduirait par une punition, et deuxièmement, réussir à espionner le plus souvent possible la très jolie Cho Chang de Serdaigle.

Ainsi, quand le professeur Dumbledore lut son nom qui venait de sortir de la Coupe de Feu, Harry crut qu'un gouffre venait de s'ouvrir à ses pieds.

Il marcha vers la table des professeurs, les jambes en coton, devant tous les autres élèves qui le dévisageaient. Son propre regard n'arrivait pas à quitter le visage livide de son tuteur dont les yeux sombres semblaient vouloir lui promettre mille tortures.

« Dans la pièce voisine, Harry » dit Dumbledore sans le moindre sourire.

Harry pénétra dans la salle où attendait déjà Cédric Diggory, Victor Krum et Fleur Delacour qui s'étaient regroupés autour du feu. Tous se tournèrent vers lui mais il eut à peine le temps de le réaliser qu'aussitôt il était férocement attrapé par le bras et retourné vers un maître des Potions fou furieux. Celui-ci le secoua sans ménagement en commençant à vociférer

« Mais qu'est-ce que tu as encore fabriqué !? Tu ne pouvais pas obéir pour une fois ? Pourquoi tu as mis ton nom dans cette coupe ? Comment ? Réponds-moi ! »

« Severus, calmez-vous ! » voulut s'interposer McGonagall, tandis que les autres adultes se pressaient en cercle autour d'eux.

« Non ! Je veux savoir comment ce petit imbécile a réussi à faire cette incroyable connerie ! » rugit Snape, faisant sursauter tout le monde, tant en raison du ton employé que de sa vulgarité.

« Cela suffit, Severus, » fit alors Dumbledore.

Il s'avança vers le professeur et son élève, décrispant les doigts de l'homme qui martyrisaient l'avant-bras de l'enfant. Le vieux sorcier se baissa vers les yeux verts, tandis que Harry se frottait douloureusement le bras. Pourtant, les yeux de Harry restaient bloqués sur ceux de son tuteur.

« Harry. Harry ! Regarde-moi, » dit Dumbledore tandis que le Gryffondor se détachait enfin du regard colérique pour se poser sur celui de son directeur. « Est-ce que tu as mis ton nom dans la Coupe de Feu ? »

« Non, » répondit Harry, son regard retournant de nouveau sur son tuteur. « Je promets que non, c'est pas moi. Je n'ai rien fait. »

Les autres adultes commencèrent à s'invectiver, chacun s'accusant de tricherie, ou traitant Harry de menteur. Mais Harry n'écoutait qu'à moitié. Il ne comprenait pas du tout comment son nom avait pu sortir de la Coupe, il ne savait absolument pas ce que cela allait pouvoir avoir comme conséquences pour lui et à la vérité, tout cela lui passait au dessus de la tête. La seule chose qu'il voyait, c'était les obsidiennes qui le scrutaient, noires, en colère, mais aussi déçues et inquiètes.

Et cela, Harry ne le supportait pas. Il ne voulait pas que son tuteur, que Severus, pense qu'il avait commis une aussi grosse bêtise. Il ne voulait pas être punis, il ne voulait pas le décevoir, il ne voulait pas savoir pourquoi Severus était aussi inquiet, il ne voulait pas... il ne voulait pas qu'il le rejette.

Alors que les sorciers continuaient de se disputer et de chercher comment une telle chose était arrivée, Harry n'y tint plus. Il se jeta contre son professeur, créant la stupéfaction.

« Severus, je te jure, j'ai rien fait, rien fait ! Il faut que tu me crois ! Regarde dans ma tête si tu veux, fais ce que tu veux mais je te jure que je dis la vérité ! »

L'homme en noir sembla se réveiller. Il posa ses deux mains sur les épaules de son pupille, qu'il sentit tremblantes sous ses paumes.

« Il existe une potion, appelé Veritaserum, qui oblige celui qui la boit à dire la vérité. Serais-tu prêt à en prendre pour confirmer devant nous tous ce que tu dis ? » murmura-t-il, sa voix pourtant claire et audible par toutes les personnes présentes.

« Oui ! Oui ! » cria presque Harry.

« Comment ? Non, monsieur Croupton, vous ne pouvez pas autoriser un élève à boire une telle potion, » s'insurgea de nouveau McGonagall en prenant à partie l'un des représentants du ministère.

« Je suis d'accord, » protesta Harry avec véhémence. « Je ne mens pas ! Et s'il faut boire une stupide potion pour vous le prouver, je veux le faire. »

« Je pense que tout le monde ici sait parfaitement que tu ne mens pas, Potter, » intervint alors Maugrey.

Il exposa son point de vue, imposant le silence aux autres sorciers, Karkaroff devenant de plus en plus pâle tandis que les accusations de Maugrey se faisaient plus précises. Harry, quant à lui, était toujours aussi perdu. Il écoutait Fol Œil tout en se tenant le plus proche possible de son tuteur. Serait-il possible que Maugrey ait raison ? Qu'un adepte de la magie noire, un Mangemort, ait réussi à tromper la Coupe, lui faisant croire à une quatrième maison pour qu'il meurt durant l'une des épreuves ? Il redressa son visage, cherchant à lire sur les traits de Severus ce que lui en pensait. Cependant, la voix forte de Maugrey le fit sursauter alors qu'il s'adressait à son tuteur.

« Et toi, Snape ! Pourquoi ce garçon te colle de cette façon ? Toi ! Et un Potter ! Qui nous dit que tu n'es pas responsable de tout cela ? »

Severus croisa alors une lueur qui ne lui plut absolument pas dans les prunelles vertes : le doute. Non, hors de question que cet Auror à moitié cintré détruise ce qu'il avait péniblement réussi à instaurer entre Harry et lui. D'un mouvement de cape, il saisit sa baguette qui se retrouva soudainement plantée sous la gorge du professeur de défense contre les forces du Mal.

« Je ne te laisserai pas m'insulter, Maugrey, et encore moins me dénigrer ainsi aux yeux de mon enfant, » susurra-t-il d'une voix où la dangerosité flirtait avec le mépris.

Harry sentit son cœur faire de nouveau un double saut périlleux. Severus ne le rejetait pas, Severus le croyait, Severus venait de le revendiquer comme sien devant les autres sorciers. Cela ne le mit pas mal à l'aise, il réalisa qu'il s'en moquait totalement. Au contraire, il en était heureux.

Severus n'avait pas honte de lui, il le soutenait. Il ne l'abandonnait pas.

... ... ...

à suivre

... ... ...


NDA : Bon, pour le chapitre prochain, je poste la suite de celui-là ou de nouveau le présent avec Lucius et Harry ? Ahlalalala, j'hésite, j'hésite...