NDA : Désolée pour le léger retard mais entre la grippe et FF qui a buggué toute la journée hier, rien n'est simple !

Bien, vous avez été plusieurs à me demander le nombre de chapitres de cette fiction, mea culpa, j'ai oublié de le préciser en début de fic : 29, épilogue inclus. Il va donc se passer encore pas mal de choses dans cette histoire. Quant à Lucius, vous allez en savoir tout de suite plus sur son état d'esprit et donc sur ses intentions. Bonne lecture.


Chapitre 16

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Amoris Promissio


Harry flottait. Il flottait sur un délicieux petit nuage fait de sensations merveilleuses qui lui parcouraient tout le corps. Son esprit n'arrivait pas à réfléchir à ce qui se passait et surtout, ne le voulait pas. Non, toutes ses connexions cérébrales n'étaient focalisées que sur son ressenti physique.

À sa décharge, il n'avait jamais ressenti de telles choses auparavant. Tout n'était que plaisir, volupté et désir. La langue de Lucius le caressait, ses lèvres le dévoraient, ses mains le parcouraient tout entier. Harry gémit, appuyant plus encore sa bouche contre celle, dominante, de l'autre homme, ses mains cramponnées à sa nuque et aux mèches blondes. Il en voulait encore ! Il avait craint de ne plus connaître cette incroyable étreinte dans les bras de Lucius. Alors il s'abandonnait contre lui, le laissant mener la danse de leurs deux corps.

Pourtant, contrairement à ce qui s'était passé la première fois, Lucius ne semblait pas vouloir en profiter outrageusement. Il était, certes, à moitié affalé sur le jeune homme dans le canapé, ses mains caressant allègrement tout ce qui était à leur portée mais elles restaient malgré tout chastes, ne s'aventurant pas en dessous de la ceinture, sauf pour câliner les cuisses, pudiquement cachées par le pantalon. La seule peau nue qu'elles avaient pu effleurer était le visage et le ventre de Harry, le lord n'ayant pas réussi à refréner son désir de se faufiler sous la chemise bordeaux.

Un nouveau gémissement purement indécent de Harry atterrit directement dans les reins de Lucius, qui sentit son sexe se gorger de sang. Il s'astreignit à retirer ses lèvres du cou du garçon, afin de se calmer. Il ne fallait surtout pas qu'il recommence le fiasco de la dernière fois et en plus, ce n'était pas du tout ce qu'il avait prévu de faire. Il avait un plan et devait s'y tenir pour obtenir ce qu'il voulait. Tout ce qu'il voulait. Le corps aguicheur de Harry faisait certes partie de ses objectifs mais pas seulement. C'était même loin d'être le plus important dans l'immédiat.

Lucius inspira, relevant la tête malgré les mains de Harry toujours emmêlées à ses cheveux. Il regarda le jeune homme alangui sous lui, qui peinait à respirer calmement. Ses joues rouges, ses longs cils noirs qui battaient au-dessus de ses paupières à moitié closes. Oh oui, Harry était un appel à la luxure. Il l'aurait dans son lit, c'était certain, mais il saurait aussi être patient, très patient. Le lord sourit.

« Harry, » souffla-t-il, faisant ouvrir pour de bon les yeux du brun, lui permettant ainsi d'admirer sans retenu les iris verts. « Il vaudrait mieux arrêter un petit moment. »

« Pourquoi ? » balbutia Harry.

L'ancien Gryffondor se mordit légèrement la lèvre tandis que Lucius reconnaissait sans peine une lueur de gêne dans les yeux émeraude.

« Dix Gallions pour tes pensées, » ne put-il s'empêcher de murmurer en enlevant une mèche noire qui envahissait le front de son jeune presque amant.

Ce dernier secoua la tête, sans cesser de malmener sa lèvre.

« Non ? Alors je vais essayer de deviner. Tu es en train de te dire : mais pourquoi il veut arrêter ? Il n'aime peut-être pas ma façon d'embrasser ? Est-ce qu'il pense que je suis mauvais ? Ou alors, c'est parce qu'il ne veut plus de moi, il vient de réaliser que je suis le précepteur de Draco, le fils de Severus, que nous deux c'est trop compliqué, voire impossible, » susurra Lucius.

Les yeux verts s'écarquillèrent, les joues se teintèrent de rose. Lucius sourit encore. Il se pencha vers le garçon mortifié pour poser ses lèvres avec une délicatesse que Harry trouva absolument, bien qu'étrangement, licencieuse. Ce ne fut qu'un simple baiser, un petit bécot. Mais il répondit néanmoins à une partie des interrogations de Harry.

« Tu vois, » lui confirma Lucius, « il ne s'agissait pas du tout de cela. »

« De quoi donc, dans ce cas ? » chuchota Harry.

Le sourire de Lucius s'élargit. Il se redressa en une position un peu plus convenable dans le canapé avant de se saisir de la main du garçon pour la poser, cette fois-ci de façon fort inconvenante, sur son propre pantalon. Les joues de Harry prirent aussitôt une couleur proche de celle de sa chemise et il retira vivement sa main, comme si elle l'avait brûlé.

« Tu comprends, maintenant ? Ce n'est pas par manque de désir pour toi, bien au contraire. Mais j'ai appris de mes erreurs. Contrairement à ce que tu pouvais penser la dernière fois, et que tu ne m'as pas laissé le temps de t'expliquer, je ne veux pas simplement te trousser comme le premier homme de petite vertu qui passerait. Je veux plus, Harry, bien plus. »

Harry se rassit aussi, comprenant que le moment qu'il espérait et redoutait tout à la fois était arrivé. Ils allaient enfin discuter des événements de l'avant-veille et peut-être, sans doute même, mettre les choses à plat.

Ce n'était certainement pas ce qui se produisait en général lorsqu'un couple se formait, néanmoins, au vu de la particularité de leur situation et aussi de ce qui s'était passé lors de leur premier baiser, c'était pour eux une nécessité. Harry ne voulait pas s'engager à la légère, encore moins avec son propre patron qui était, chose à ne pas négliger également, le meilleur ami de son père. Étrangement, il n'avait pas réellement pensé à ce point-là jusqu'à présent mais avec la venue de Severus, leur discussion au sujet de Lucius, tout cela lui avait fait brutalement prendre conscience de cet aspect-là de la situation.

Loin d'alléger son problème et ses doutes quant au fait d'entamer une relation à l'aveuglette avec le lord, cela en avait rajouté une couche. Lucius et Draco faisaient partie de la vie de Snape. Il ne pouvait pas s'engager dans une relation à la va-vite avec l'aristocrate, sans en tenir compte.

« Que veux-tu, Lucius ? » demanda-t-il.

« Je veux beaucoup, vraiment beaucoup. Mais j'aimerais savoir ce que toi, tu veux. Tu es jeune, Harry, tu n'as pas beaucoup d'expérience. Bien sûr, je sais parfaitement que ta vie n'a pas été tendre et je connais toutes les épreuves que tu as traversées, que beaucoup sur leur lit de mort, n'auront jamais égalées. Je parle bien de ton expérience amoureuse et de ta jeunesse au niveau de tes désirs de vie. Que souhaites-tu ? Une aventure ? Ou plus ? »

Harry regarda avec intensité l'homme assis à ses côtés. Ce que lui voulait ? La réponse fusa.

« Je suis très certainement naïf, en beaucoup de domaine. Severus ne cesse de se moquer de mon cœur tendre, de mes idéaux amoureux. Il me dit que j'ai de trop grosses ascendances Poufsouffle. Il oublie pourtant un peu vite que lui-même est tombé amoureux de ma mère pendant son enfance et n'a jamais aimé d'autres femmes qu'elle. Enfin bref, étant donné que Sirius aussi s'est légèrement moqué de moi, je pense qu'ils n'ont pas vraiment tort. Oui, j'ai l'espoir de connaître le grand amour, et non, je n'ai jamais fait l'amour. Déjà parce que je n'étais pas vraiment attiré par mes petites-amies. J'ai découvert, et admis, mon homosexualité que très récemment. Je n'ai jamais eu... je n'ai jamais eu de vrais petits-amis, en réalité, » avoua-t-il.

Il scruta le visage de Lucius, à l'affût du moindre signe de moquerie mais ne vit rien d'autre qu'une grande attention à ses propos.

« Donc, au risque de paraître très vieux jeu, je rêve d'un seul et unique amour. Comme mes parents. Comme les Weasley. Comme Ron et Hermione. J'aimerais la présence d'un homme à mes côtés, être en couple. Avoir une famille plus tard. Je ne suis pas intéressé par une aventure d'un soir ou une histoire vouée à l'échec. Alors bien sûr, je ne suis pas stupide. Je sais très bien que chaque union n'est pas faite pour durer, que l'on peut se tromper. Mais bon, disons que je voudrais commencer une histoire sincère. »

Le garçon se tut, attendant de voir, maintenant qu'il avait exposé ses désirs, ce que Lucius allait lui répondre. Ce dernier se rendit compte que c'était vraisemblablement à son tour de parler et commença par sourire.

« Très bien. Je dois t'avouer que je suis très heureux de tes propos, Harry. Je sais que ce que j'ai fait, et dit, lors de notre dernière soirée, était plus que maladroit pour ne pas dire goujat. Mais je suis pour ma part, plus âgé. J'ai un petit garçon. Je ne veux pas non plus m'engager n'importe comment, ni avec n'importe qui. Moi aussi, je veux tenter quelque chose de sérieux. Avec toi. Et tu sais, contrairement aux Moldus, il n'est pas rare du tout chez les sorciers que les histoires d'amour perdurent, dès la première relation sincère. La magie nous réserve de grande choses, y compris dans ce domaine. »

Harry sentit un immense sourire fendre ses lèvres. Il ne pouvait pas le contrôler. Son cœur tambourinait follement dans sa poitrine. Est-ce que ses rêves étaient en train de prendre forme ? Lucius voulait-il vraiment tenter de construire quelque chose d'authentique entre eux ? Pas juste un coup d'un soir ou deux ? C'était ce que ses oreilles avaient entendu en tout cas. Restait à savoir ensuite si l'homme était franc avec lui... ou non.

Pourtant, alors que Lucius, qui arborait également un sourire éblouissant, le prenait contre lui pour un tendre et profond baiser, Harry voulut y croire, de toutes ses forces. Il voulait donner toutes ses chances à leur, désormais, nouveau couple.

Leurs langues recommencèrent leur humide ballet, leurs mains la découverte du corps de l'autre. Après quelques minutes, Lucius rompit une nouvelle fois leur étreinte.

« Harry, je tiens à m'excuser une nouvelle fois pour mon comportement de lundi soir. J'ai été un véritable malotru mais cela ne se reproduira plus. »

Le plus jeune sorcier sourit. Il tendit sa main et posa sa paume sur la joue de Lucius.

« Tu es tout pardonné. Et moi aussi je tiens à m'excuser pour ce que j'ai fait. Tu avais raison, comme me l'a si bien fait remarquer plusieurs fois Severus. J'aurais dû venir te voir moi-même pour te demander la permission d'emmener Draco pour la journée chez les Weasley. Je suis vraiment désolé de t'avoir causé tant de souci. Et je... » le garçon eut une petite grimace, « je n'aurais pas dû non plus te dire toutes ces horreurs hier soir. Je t'ai blessé et ai blessé Draco. J'étais en colère, triste et je... j'ai sans doute tout mélangé, vous aviez raison, Severus et toi. »

Il baissa la tête, à la fois soulagé d'avoir pu dire ce qu'il avait à dire, mais peu désireux de recommencer cette discussion. Par chance, Lucius sembla partager son point de vue.

« Excuses acceptées, tout comme tu as accepté les miennes. N'en parlons plus. »

Les deux hommes s'accordèrent un nouvel intermède de baisers tendres. L'heure n'était pas à une nouvelle querelle ou à de plus amples discussions sur ce point. Ils étaient bien trop heureux, l'un comme l'autre, de pouvoir s'abandonner dans les bras de son partenaire. C'était les premières heures de leur histoire, les premiers émois partagés, il n'y avait pas de place au ressentiment ou à la rancune.

Une fois encore, ce fut Lucius qui stoppa les caresses et les baisers, cessant à contre-cœur de mordiller les lèvres rougies de Harry.

« Harry, maintenant que les choses sont claires entre nous, je voudrais te faire un cadeau. En réalité, j'avais très envie de t'offrir ceci auparavant mais je craignais que ce soit prématuré. Aujourd'hui, je le peux sans crainte. »

Il prit sa baguette, l'agita vivement. Aussitôt, la porte d'un petit buffet accolé contre un mur s'ouvrit, d'où en sortit un paquet argenté. Il virevolta jusqu'à Lucius, tombant sur ses paumes ouvertes.

« Tu comprends, avant de le faire, je voulais savoir si on était tous les deux sur le même balai. »

Harry fronça les sourcils.

« Le même balai ? »

« Oui... Si on partageait la même façon de voir les choses, » expliqua Lucius, un peu étonné.

« Oh, d'accord, je ne connaissais pas cette expression. »

« Ah... j'avais oublié, culture de sang-mêlé, » fit Lucius d'un air pincé avant de se reprendre rapidement, ne voulant pas gâcher le moment avec un débat sur ce point.

Devant les sourcils froncés du garçon aux cheveux noirs, il se décida à changer effectivement de sujet le plus vite possible.

« Donc, comme nous partageons le même désir, » il adressa un sourire en coin à Harry, que ce dernier trouva certes aguicheur, mais qui eut le mérite escompté puisque l'ancien Gryffondor oublia instantanément la réplique qu'il voulait lancer à l'aristocrate au sujet des sang-mêlés. « Je suis heureux de pouvoir t'offrir ce cadeau, à présent. »

Lucius tendit ses mains, le paquet argenté toujours dessus. Il s'inclina légèrement, comme s'il faisait une offrande et murmura quelques mots que Harry ne comprit pas. Toutefois, le jeune sorcier était un peu étonné, il lui semblait que Lucius était devenu bien solennel, pour ne pas dire tendu. Il prit le paquet et l'ouvrit délicatement, retenant son souffle alors qu'il découvrait ce qui était caché à l'intérieur.

« Lucius... c'est... c'est magnifique, » bredouilla-t-il.

Devant lui, sur du papier de soie, s'étalaient deux colliers faits d'or étincelant. La maille était plutôt fine, mais ce n'était pas cela qui avait retenu l'attention de Harry. C'était les anneaux qui étaient accrochés à chaque chaîne, faisant office de pendentif. Harry en saisit un avec révérence. Cela ressemblait vraiment à un anneau. Ils étaient tous deux faits de fins filaments de différentes tailles, d'or jaune et blanc, se croisant et se recroisant. Certains fils étaient si fins que Harry avait peur de les briser. L'anneau était de ce fait aéré, rempli de plein et de délié.

« Vraiment magnifique, » répéta-t-il, fasciné par la bague qu'il tournait et retournait entre ses doigts.

« Je suis enchanté que cela te plaise, Harry, » répondit Lucius, d'une voix grave, chaude, divinement ensorcelante.

« Pourquoi... Pourquoi deux exemplaires ? » demanda Harry, se détachant avec difficulté de sa contemplation.

« C'est la tradition, un pour toi et un pour moi, » fit Lucius.

Il prit la chaîne qui retenait l'anneau qu'admirait Harry, l'ouvrit et le montra au jeune homme.

« Harry James Potter Snape, me permets-tu de te faire don de cette parure ? »

Le garçon hocha la tête, s'étonnant une nouvelle fois de la solennité subite du moment. Lucius, quant à lui, lui fit un large sourire. Il avança ses mains, passa la chaîne. Harry tordit un peu le cou afin que Lucius puisse bloquer le fermoir. De nouveau, Lucius murmura quelques mots incompréhensibles, bas et sourds.

« Que dis-tu ? »

« Veux-tu faire de même ? »

« Oui, bien sûr. »

Harry se saisit du collier restant, tandis que Lucius se tournait légèrement, dévoilant sa nuque en relevant ses cheveux d'un blond blanc. Harry se trouva stupidement ému. Ses doigts tremblèrent un peu alors qu'il bloquait à son tour le fermoir et laissait retomber la chaîne sur la peau douce de l'aristocrate.

Pourtant, l'idée de partager le même bijou entre amoureux lui avait toujours paru un peu cul-cul praline. Il avait regardé d'un œil compatissant Ron et son horrible gourmette à l'époque de Lavande Brown. Il avait eu un sentiment différent quand le même Ron avait offert à Hermione un bijou en forme de cœur, un pendentif composé en réalité de deux moitiés. Chacun portait désormais un morceau de ce fameux cœur. Hermione autour du cou, Ron, plus discrètement, à l'intérieur de sa montre à gousset.

Le bijou de Lucius lui faisait penser à cela. Il trouvait toujours que c'était un peu trop fleur bleue, mais cela avait aussi un côté atrocement romantique qui, à sa grande honte, lui plaisait assez.

Lucius se retourna de nouveau vers lui, les yeux semblant briller de mille feux.

« Par ces liens qui nous unissent désormais, je te le dis : promissio est, promissio de amore. »

Il se tut et baisa la main de Harry.

« À mon tour je te promets. Je te promets de respecter notre engagement, de respecter ta valeur et tes désirs. Magica factum est. »

À ces derniers mots, Harry sentit son collier chauffer légèrement, une douce chaleur envahissant son cou. L'anneau sembla briller un peu plus, avant de reprendre sa couleur d'origine. La respiration du garçon se bloqua. Il ne savait pas ce qui venait de se passer, mais une chose était sûre : Lucius venait de prononcer un sort. Et ça, il n'aimait pas du tout.

« Qu'est-ce que tu... »

« Chut, mon tendre, » fit Lucius en posant sa main sur la bouche de Harry, caressant les lèvres de son pouce. « Ne t'inquiète pas. Je te demande juste une dernière chose. Puis-je être celui de Severus ? C'est le seul en qui j'ai confiance. »

« Celui de Severus ? Mais de quoi tu parles ? » s'étonna Harry qui commençait quelque peu à s'énerver.

« Est-ce que je peux avertir Severus et lui demander d'être mon chaperon ? » expliqua aimablement Lucius. « Je sais qu'il est ton père, mais j'y tiens vraiment, il est le seul à qui je peux demander cela. Toi, tu as ton parrain, je suppose que c'est vers lui que tu vas te tourner. »

Cette fois, Harry resta sans voix. Un chaperon ? Allons bon, qu'est-ce que c'était que cette nouvelle lubie ? Il ne savait pas du tout de quoi voulait bien parler Lucius, ni où il voulait en venir, mais une chose était sûr, lui voulait savoir quel était le sort que Lucius avait prononcé sur leurs chaînes ! L'aspect romantique de leur collier et pendentif était désormais un peu éclipsé par une sourde crainte. Nul sorcier digne de ce nom n'acceptait d'avoir un bijou ensorcelé autour du cou sans savoir de quoi il retournait exactement.

« Oui, tu peux, c'est sans importance, » dit-il en éludant la question de Lucius d'un geste de main. « Mais moi, je veux savoir quel sort tu as lancé. Lucius, qu'est-ce que tu as fait ? »

L'aristocrate se redressa, il baisa une nouvelle fois la main de Harry avant de le regarder droit dans les yeux, un sourire en coin un peu trop narquois sur le visage au goût du brun.

« Mon cher promis, ce n'est certes pas à moi de te tenir certains propos. Je m'en vais prévenir Severus. Dois-je considérer que tu vas prévenir de ton côté Sirius ? »

« Mais le prévenir de quoi, bon sang ! » s'agaça Harry.

Lucius se pencha, l'embrassa à la commissure des lèvres.

« Amoris promissio, de quoi d'autre ? » souffla-t-il. « Je te laisse prévenir Sirius dès maintenant. Considère également que tu n'es plus tenu par tes obligations de précepteur, sauf si tu le souhaites et seulement en ce qui concerne l'étude de Draco. En dehors des heures de classe, tu es désormais l'invité de cette maison, comme le veut la tradition. »

Il se recula et sans plus de cérémonie, quitta la pièce, laissant un Harry pour le moins ébahi.

Une fois seul, le jeune homme regarda les flammes qui dansaient dans la cheminé. Il s'élança vers elles, jeta une grosse poignée de poudre qui se trouvait dans un pot posé sur le manteau de la cheminée. Une fois les flammes vertes, il leva les yeux au ciel afin d'adresser une petite prière à qui voudrait bien l'entendre.

« Pitié, faites que je n'ai pas encore des ennuis ! »

Puis il hurla 12 Square Grimmaurd et entra dans l'âtre.

... ... ...

Le jeune sorcier s'effondra dans un nuage de suie, à plat ventre sur le tapis du salon.

« Harry ? » s'étonna Sirius que le bruit avait fait venir dans la pièce.

L'Auror était en robe de chambre, prêt, visiblement, à aller se mettre au lit. Harry se releva et s'épousseta, sans lui répondre. Avec un lourd soupir, Sirius leva sa baguette, jetant un sort qui nettoya à la fois son filleul et son salon à moitié dévasté et recouvert de crasse noirâtre.

« Merlin, Harry, quand vas-tu cesser de penser comme un Moldu et te servir de suite de ta baguette ? »

« Sirius ? Je peux te dire un truc, en toute amitié ? »

« Oui ? »

« Ta gueule ! »

L'Animagus manqua s'étouffer sous la surprise de l'insulte. Il ouvrit stupidement la bouche, s'apprêtant à répondre vertement au jeune impudent quand il se rendit compte du visage tendu et de l'air anxieux de Harry.

« Bon, qu'est-ce qui se passe ? C'est encore ce crétin de Blondie ? »

« Oui ! » explosa Harry en marchant à grands pas devant Sirius qui préféra s'asseoir dans un fauteuil. « Il m'a offert un collier, me l'a passé autour du cou et avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch, il l'avait ensorcelé ! »

« Quoi ? Mais à quoi tu pensais, nom d'un Sombral ? On ne se laisse pas jeter un sort sans réfléchir ! C'était quoi ce sort ? »

Harry lui jeta un regard assassin.

« Parce que tu penses vraiment que je l'ai laissé faire comme ça ? Rassure-moi, tu fais exprès d'être aussi crétin, là ? Puisque je viens de te dire que je n'ai pas eu le temps de dire ou faire quoi que se soit ! » cria-t-il, à bout de nerf. « Et tu penses que je serais ici, dans cet état, si je savais de quoi il retournait ? Bien sûr que non ! Tout ce que Lucius m'a dit, avec un grand sourire digne de Colgate Max White, c'était qu'il allait prendre Severus comme chaperon si je le lui permettais et que de mon côté, je n'avais qu'à te prendre, toi ! Tu parles d'une aide ! »

« Comment ?! » s'écria Sirius en se redressant brusquement.

Il se précipita vers Harry, écartant vivement sa chemise.

« Où est cette chaîne, est-ce qu'il y a un pendentif ? »

Le teint brusquement pâle de l'homme rendit Harry à la limite de la nausée.

« Oh, Merlin. C'est grave ? » demanda-t-il d'une voix blanche, bien loin des éclats bruyants qu'il avait laissés exploser quelques instants avant.

« Attends, attends, » souffla Sirius dans son cou.

Il souleva la chaîne, prenant l'anneau entre ses doigts. Sirius ne dit plus rien, le tournant encore une fois ou deux. Finalement, il laissa retomber l'anneau sur le torse de Harry, qu'il regarda, ses yeux gris pour le moins inquiets.

« Harry, tu te souviens de ce qu'a dit Lucius ? En plus du fait que tu me prenais comme chaperon ? »

« Il a dit mon nom en entier, y compris le Snape, pour me demander si je voulais du collier, et ensuite un truc du genre promessio ou promission, je ne sais plus quoi. »

« Amoris promissio ? »

« Oui, » confirma Harry en déglutissant devant l'air sombre de son parrain. « C'est aussi grave que cela ? »

Sirius ne répondit pas. Il se passa une main sur le visage, pour finir par malmener sa tignasse noire.

« Je... Viens, on va s'asseoir et discuter calmement de tout cela. Je pourrais sans doute demander à Remus de venir aussi. Puisque je suis avec toi, ce n'est pas un problème, » continua-t-il, parlant pour lui même.

« Remus ? C'est vraiment si grave ? » répéta Harry.

Harry s'assit à son tour, livide et avec une énorme boule dans le ventre. Pourtant, il avait du mal à croire que Lucius ait pu lui faire volontairement du mal. Ce n'était pas possible ! Ils venaient de s'embrasser, tout se passait très bien ! Ils avaient même convenu l'un comme l'autre qu'ils voulaient tenter quelque chose de sérieux tous les deux. Harry ne comprenait plus rien.

« Siri', je t'en prie, dis-moi que ce n'est pas grave... »

Sirius releva les yeux vers le garçon, avisant une nouvelle fois ses traits défaits. Il lui sourit, ce qui rassura un tantinet Harry, bien que le sourire soit un brin... triste ?

« Ce n'est pas grave, Harry, pas dans l'absolu tout du moins. Mais avant de commencer, je dois te poser une question, pour conclure la mise en place du sortilège histoire d'éviter des problèmes. Harry James Potter Snape, m'acceptes-tu comme chaperon, afin que je veille sur tes intérêts, ta vertu et les intentions de ton courtisan ? »

Le ton solennel de Sirius n'échappa pas à Harry, ce qui ne manqua pas de lui rappeler celui de Lucius quand il lui avait passé le collier autour du cou.

Alors même qu'il pensait à cela, les mots s'imbriquèrent et une lueur de compréhension le traversa.

« Oh, Merlin, » couina-t-il.

« Harry, réponds, s'il te plaît. Si tu es d'accord, prends l'anneau dans ta paume et dis-le. Dépêche-toi, » le pressa Sirius.

Harry s'empressa donc de prendre l'anneau dans sa paume moite et légèrement tremblante.

« Moi, Harry James Potter Snape, » commença-t-il, jetant des regards anxieux à Sirius pour vérifier qu'il faisait bien. « Je t'accepte, Sirius Orion Black, comme chaperon... »

Il ne put ajouter quoi que ce soit car l'anneau se mit à chauffer et étinceler, comme précédemment. Une fois qu'il eut retrouvé son apparence d'origine, Harry plongea de nouveau ses yeux verts, un peu apeurés, dans ceux gris et maussades de Sirius.

« Siri' ? » gémit-il.

« Félicitations, Harry. Te voici fiancé à Lucius Malfoy, » fit lugubrement l'animagus.

Harry le dévisagea, ne sachant s'il devait rire ou pleurer. Dans les deux cas, ce ne serait que parce que ses nerfs étaient en train de traîtreusement le lâcher.

Sirius s'était levé, afin de poser ses mains en réconfort sur les épaules du jeune homme, effondré.

« Mais c'est pas possible. Fiancés ? Fiancés comme dans ''fiancés on va se marier'' ? Je t'en supplie, Sirius, dis-moi que rien n'est définitif ! »

Cependant, l'homme n'eut pas le temps de répondre que sa cheminé explosa en de grandes flammes vertes. Les deux sorciers se retournèrent pour voir en sortir tout d'abord Severus, puis Remus.

« Bon, tu es ici, Harry. Et au vu de ton état, je présume que Black a dû commencer à t'expliquer les tenants et aboutissants de l'Amoris Promissio ? Vous en étiez où ? Juste histoire de savoir à quel point je dois réparer les dégâts que cet abruti a certainement dû faire ? » lança Severus.

« Abruti ? » cria Sirius. « Je suppose que tu parles de ce pervers qui a enchaîné Harry alors qu'il est jeune et naïf ? »

« Non, crétin, je parle bien de toi. »

« Le crétin t'emmerde, ce n'est pas lui qui a collé son fils dans les pattes de ce Malfoy ! »

« Messieurs, pourriez-vous avoir l'obligeance de patienter quelque peu avant de vous étriper ? » soupira Remus en venant s'agenouiller devant Harry, hébété. « Harry, est-ce que Sirius t'a expliqué ce qui s'était passé avec Lucius ? »

« Il dit que je suis son fiancé et que lui, c'est mon chaperon, » répondit Harry, complètement atone.

Les trois hommes le dévisagèrent, subitement silencieux. Severus s'avança finalement vers lui, lui aussi.

« Harry, pourquoi es-tu aussi désappointé ? Tu aimes Lucius, n'est-ce pas ? »

Remus et Sirius tiquèrent à ces propos tandis que Harry rougissait.

« Enfin, Sirius, ne fais pas l'étonné, Harry et toi vous en aviez discuté, non ? » gronda Severus. « Harry, réponds à ma question. Tu l'aimes, alors où est le problème ? »

« Le problème ? Le problème ? » s'étouffa Harry, sa colère gonflant ses veines. « Le problème c'est que je me retrouve fiancé ! Fiancé ! Par des fiançailles magiques et que je n'ai absolument aucune idée de quelles en sont les conséquences ! »

« Calme-toi et arrête de monter sur tes ergots, jeune homme, » le réprima le professeur de potions.

« Que je me calme ? » rugit Harry. Il pointa son doigt sur son tuteur. « Tout ça, c'est ta faute ! »

« Ma faute ? »

« Oui ! » cracha le garçon. « Au lieu de m'abreuver de livres de potions pendant toute mon adolescence, tu n'aurais pas pu m'expliquer ce que c'était que ce Promi'ch'ai pas quoi, là ? Ou m'avertir de me méfier des grands blonds beaucoup trop séduisants pour mon propre bien et qui t'offrent des colliers ensorcelés ? »

« Harry, respire, » conseilla Remus.

« Harry, calme-toi, » répéta Severus

« JE SUIS TRÈS, TRÈS, CALME ET JE RESPIRE TRÈS BIEN ! » hurla Harry avant de prendre sa tête dans ses mains.

Les trois autres le laissèrent un instant, afin qu'il reprenne ses esprits.

Enfin, au bout de quelques instants, Harry redressa son visage, plongeant ses yeux dans ceux des sorciers autour de lui.

« Bien, alors, à quelle sauce je vais être mangé ? » gémit-il.

« Sauce ? » ricana Sirius. « Dans ton cas il ne s'agit pas de sauce mais plus de lubrifiant ! »

Harry devint cramoisi.

« Ahahah, très fin, Black, hilarant, digne de toi et de ta bêtise, » claqua Severus. « Harry, mon garçon, rassure-toi, tout va très bien se passer. Lucius t'a offert des fiançailles sorcières inestimables ! »

« Un simple : ''ça te dirait pas qu'on se fiance ?'' m'aurait largement suffit ! » ronchonna Harry.

« Severus n'a pas tort, Harry. L'Amoris Promissio est une forme de fiançailles, certes un peu désuètes, mais qui se pratique assez souvent chez les familles de sang-pur, surtout si la promise, ou promis, est vierge, » fit Remus.

Harry replongea son visage entre ses doigts.

« Mais c'est pas vrai ! Vous voulez pas non plus me mettre une pancarte dans le dos avec écrit dessus en lettres clignotantes : Harry Potter est puceau ? Pourquoi tout le monde ne cesse de bavasser sur ma sexualité ? »

« Enfin, là en l'occurrence, c'est plutôt sur ta non-sexualité et... »

« La ferme, sac à puces ! Harry, avec ce genre de fiançailles, de toutes manières, tout le monde sera au courant que tu es vierge. »

« Quoi ? » s'exclama Harry, relevant rapidement son visage.

« Oui, les Amoris Promissio sont toujours rendues publiques. Je suppose que demain ou après-demain, au plus tard, cela sera indiqué dans le carnet mondain de La Gazette. Étant donné que pour ce genre de fiançailles, il faut que l'un au moins des intéressés soit pur et que Lucius a déjà un enfant, forcément, cela laisse peu de choix, » expliqua calmement Remus.

Harry s'effondra dans son fauteuil.

« Pourquoi, mais pourquoi... »

« Parce que Lucius a des sentiments pour toi et que ses intentions sont honnêtes, » sourit Remus.

Harry se redressa, sourcils froncés.

« C'est à dire ? »

Severus et Remus s'installèrent à leur tour dans le canapé restant. Après un bref coup d'œil à Remus, le maître des Potions commença son explication.

« Bien, je te prierais, avant toute chose, de ne pas m'interrompre, d'accord ? » Harry hocha la tête, pendu aux lèvres de son tuteur. « Les fiançailles de ce type, sont, comme te l'a expliqué Remus, un gage de bonne foi et montre la volonté du demandeur, dit dans ce cas ''courtisan'' d'être respectueux envers le promis ou promise, c'est à dire celui qui accepte les fiançailles. Déjà, dis-toi bien que Lucius a été très prévenant envers toi. En général, le courtisan se passe de l'accord du promis avant de lui passer le collier autour du cou. Il lui suffit d'en informer le père ou tuteur du promis, qui n'a d'autres choix d'accepter. »

« Mais c'est ignoble ! » s'offusqua Harry.

Le regard noir de Severus le fit se ratatiner sur son siège.

« Ce sont des très vielles fiançailles et ne m'interromps pas, surtout pour dire des stupidités. Laisse donc ce plaisir à Black. »

« Hein ? »

« Voilà, qu'est-ce que je disais. Merci, Sirius, pour ce commentaire fort à propos, maintenant, laissez-moi continuer. Donc, une fois le collier passé, chaque fiancé doit désigner un chaperon. Ces chaperons sont les garants de la pureté des fiancés, notamment du promis. Dans son cas, le promis ne peut rester en présence d'adultes sans chaperon. Ceux-ci ne peuvent lui parler ou le toucher qu'avec l'accord du chaperon. Silence, Harry ! » explosa Severus alors que le garçon ouvrait la bouche. « Tu as parfaitement compris. Pendant les trois mois de fiançailles... »

« Trois mois ? »

« Encore une interruption et gare à tes fesses. Oui, trois mois. Pendant ce laps de temps, les seules personnes que tu pourras voir en toute liberté sont, Sirius, Lucius et moi. Si tu veux voir d'autres personnes, adultes j'entends, tu devras nous en demander l'autorisation et être accompagné d'un de nous trois, au moins. Lucius, en tant que courtisan, n'est pas soumis à cette règle. Et non, ce n'est toujours pas ignoble, avorton ! » fit Severus, coupant une nouvelle fois Harry dans sa lancée de protestation. « Lucius, en agissant ainsi, te promet le mariage. C'est un gage magique, qu'il ne peut rompre. Mais cela ne signifie pas que tu vas être obligé de l'épouser. »

Harry haussa un sourcil, aux aguets.

« En fait, le choix te revient, entièrement. Au bout des trois mois, tu es libre d'accepter ou de refuser la promesse d'amour qui t'a été faite. Si tu acceptes, vous avez un an pour vous marier. Si tu refuses, les fiançailles sont brisées et chacun repart de son côté. Cet anneau, que tu portes autour de ton cou, est le symbole de sa promesse. Aujourd'hui, il est incomplet. Si tu acceptes les fiançailles, l'anneau se comblera, laissant libre uniquement l'emplacement d'une pierre ou ornement qui apparaîtra au moment de l'échange des vœux de mariage. À la fin des trois mois, tu pourras enlever ton collier et passer l'anneau à ton doigt. »

« Harry, » fit à son tour Remus, alors que Severus venait de terminer. « Ce que tu dois comprendre, c'est que seul un courtisan ayant des pensées sincères et portant des sentiments honnêtes, aimants, peut placer cette chaîne autour du cou de son promis. Si Lucius n'était pas sincère, s'il n'en voulait qu'à ton corps, s'il ne voulait pas réellement t'épouser, il n'aurait pas pu, le fermoir n'aurait pas pu s'enclencher. »

Sirius grogna des paroles inintelligibles, renfoncé dans son fauteuil.

« Tu sais parfaitement que c'est la vérité, Black, » l'admonesta Severus.

« C'est ce que l'on dit chez les romantiques ! C'est vrai qu'il faut que le courtisan soit sincère dans sa démarche d'union, point. Mais franchement ! Pour Harry et Lucius, c'est ridicule ! Comment peut-il proposer à Harry un mariage ? C'est beaucoup trop tôt ! »

Severus eut un petit sourire en coin.

« Oh ? Et c'est moi que l'on traite de mère poule ? Dis-moi, Sirius, ne serait-ce pas plutôt parce que tu n'apprécies pas que ton cher petit s'éloigne de ton nid et vole de ses propres ailes ? »

« Non, c'est pas ça du tout, » bougonna Sirius, plus maussade que jamais. « Je dis juste que Harry est beaucoup trop jeune, Lucius beaucoup trop vieux et leur histoire beaucoup trop récente ! »

Remus sourit également alors que Severus levait les yeux aux ciel.

« Black, ce n'est pas parce que toi tu étais un coureur irrécupérable que c'est le cas de tout le monde ! »

« Harry a sans doute hérité de la magie instinctive de James, sur ce point, » sourit cette fois un peu tristement Remus.

Le jeune Potter tourna ses yeux dans ceux ambrés du lycanthrope. Au final, c'était avec lui qu'il aimait le plus parler de son père biologique, James. Sirius le portait toujours aux nues, ne lui trouvant aucun défaut et vantant ses exploits. Severus à l'inverse, ne pouvait en parler sans laisser suinter sa désapprobation... et son éternel chagrin d'être celui que Lily avait rejeté, à son profit.

Ils échangèrent un sourire, que ni Severus ne Sirius ne virent, bien trop occupés l'un comme l'autre à se chamailler.

« Alors cela veut dire que Lucius désire réellement se marier avec moi ? Il... m'aime donc bien au moins un petit peu ? Il envisage que l'on forme une famille, avec Draco ? »

Bien qu'il ait parlé doucement, ses paroles firent cesser la querelle entre ses tuteurs. Severus lança à Sirius un petit regard narquois de vainqueur.

« Oui, Harry. Tout cela à la fois. Tu dois comprendre que ces fiançailles, bien que contraignantes, je te l'accorde, te laisse seul maître de tes futures relations avec lui. »

Harry plissa à ce moment les yeux, perdu dans ses réflexions.

« Est-ce que cela signifie que vous allez aussi devoir nous chaperonner quand on est ensemble ? »

« Oui, » fit Sirius.

« Non, » lancèrent Severus et Remus.

« Par Merlin, Black, cesse donc ce comportement ridicule ! »

« Sirius, Severus a parfaitement raison et tu le sais, » calma aussitôt Remus, avisant que la tension entre les deux hommes resurgissait. « Non, Harry, vous n'aurez pas de chaperon lorsque vous serez seuls tous les deux, bien que chaque chaperon devra passer une heure par jour avec vous, afin de recueillir vos impressions et vous guider. »

« Et on dit bien guider, chien galeux, pas inonder de conseils plus ridicules et déplorables les uns que les autres ! » aboya Severus.

« Severus, par pitié, laisse-moi finir. Sirius, non, ferme cette bouche. Laissez-moi parler sans vous sauter dessus ou je vous garantie que je trouverais un moyen de vous faire taire ! » fit sévèrement Remus, tout en leur jetant un regard autoritaire. « Donc, Harry, les chaperons ne sont pas là pour vous surveiller, Lucius et toi, la magie liée aux fiançailles te protège de toute manière à ce niveau. Lucius ne pourra, euh... disons que Lucius ne peut pas attenter à ta pureté dans l'immédiat, » termina Remus, les joues un peu rosées. « Et il ne pourra rien faire que tu ne veuilles pas. Mais ton chaperon, ainsi que celui de Lucius, doivent obligatoirement t'accompagner si tu t'éloignes de ton lieu de résidence, c'est à dire le manoir Malfoy si nous avons bien compris ce que nous a dit Lucius, ni te laisser seul en compagnie d'adulte. »

« En fait, c'est surtout moi qui sera chaperonné, si je comprends bien, » constata Harry.

« Lucius devra rendre des comptes à son chaperon chaque jour, » avisa Remus.

« Crois-moi sur parole, je ne lui laisserai aucun échappatoire, » le rassura Severus. « De toute manière, je peux te garantir que Lucius n'a absolument aucune envie d'aller voir ailleurs. Le seul corps qu'il désire, c'est le tien. »

« Rahhhhh, silence, bâtard graisseux, c'est beaucoup trop d'informations pour mes chastes oreilles ! » protesta Sirius, provocant la stupeur.

« Chastes oreilles ? Tu te moques de nous, abruti ? »

« Quoi que, c'est peut-être bien la seule chose qui soit encore chaste chez Sirius, » rigola Remus.

Harry se mit à rire en cœur avec le lycanthrope. Toute la pression et les craintes qu'il avait eues jusqu'à présent s'évanouirent, ce fou rire remplaçant ses sinistres pensées. Surtout, il était rassuré.

Les deux hommes s'esclaffèrent encore un moment, devant le regard furieux de Sirius et celui goguenard de Snape.

« Quand vous aurez fini de vous payer ma tête, dites-le moi ! »

« Oh, Siri', ne te vexe pas, mais je t'assure, ça m'a fait du bien de rire un peu, » le consola Harry.

« Devons-nous en conclure que tu te sens mieux ? » demanda Severus d'une voix douce.

« Oui. Merci. Je craignais que cela ne soit bien plus contraignant. Mais en fait c'est... c'est juste des fiançailles. »

Le garçon eut un sourire timide. Il baissa les yeux, ses doigts attrapèrent l'anneau pour le caresser.

« Je suis fiancé... » murmura-t-il, comprenant réellement et pour la première fois la signification de la bague d'or. « Je suis vraiment fiancé. »

Harry redressa son visage. Chacun purent voir son regard brillant, son sourire à la fois hésitant et béat. Severus se leva, sortit Harry de son fauteuil et prit le jeune homme contre lui.

« Je suis heureux pour toi, fils, » souffla-t-il.

« Merci, père, j'espère... j'espère que tout se passera bien, » répondit Harry sur le même ton.

« J'y veillerai. »

Remus se rapprocha d'eux, cherchant à apercevoir l'anneau.

« Harry, puis-je, avec l'accord des chaperons, toucher ton alliance ? »

Le jeune sorcier aux cheveux noirs hocha la tête, ainsi que Severus. Remus tendit la main, prenant l'anneau qui étincela brièvement au contact, avant de redevenir normal.

« Par Godric, il est magnifique, » admira Remus. « Il doit valoir une véritable fortune. Déjà les alliances pour ce type de fiançailles ne sont pas données, mais celui-là, c'est... la deuxième fois que j'en vois d'aussi magnifique, » répéta-t-il.

« Lucius est plutôt riche, » fit Harry, étrangement mal à l'aise.

« Il ne s'agit pas que de cela. L'anneau est en général à la hauteur de ce que le courtisan éprouve ou souhaite, vis à vis de son promis, » expliqua Remus, tendrement. « Nul doute que Lucius tient énormément à toi, Prongs. James... il avait offert à Lily une bague de la même valeur que celle que tu possèdes, désormais, » avoua Remus, ému.

Harry comprit alors pourquoi l'homme avait dit que son alliance était la deuxième aussi belle qu'il avait eue l'occasion de voir. Les premières étaient celles de ses parents. Une vague d'émotion le submergea à son tour et il cala sa tête contre le torse de Severus, qui raffermit sa prise autour de lui.

Après un instant de flottement, Sirius se décida subitement lui aussi à se lever, il éloigna Severus d'une bourrade afin de prendre à son tour Harry contre lui.

« Bon, ce n'est pas du tout le mec que j'espérais pour toi, mais tu as l'air plutôt content, alors... je vais essayer de bien te conseiller, histoire que tu n'acceptes pas tout et n'importe quoi de la part de cette crapule ! »

« Oh par Merlin, Black, quand décideras-tu de grandir ! Il est hors de question que tu donnes de mauvaises idées à Harry, c'est clair, cabot ? »

« Je suis là pour veiller à ses intérêts, et toi à ceux de l'autre blondasse, alors mêle-toi de tes affaires ! »

« Silence ! » cria Remus. « Oserais-je vous rappeler, Messieurs, que vous êtes tous les deux chaperons, il va donc falloir que vous appreniez, et ce très rapidement, à ne plus vous sauter à la gorge dès que l'autre ouvre la bouche. »

« Pourquoi ? » demande Harry.

« Parce que les deux chaperons doivent non seulement passer du temps avec les tourtereaux dont ils ont la charge, mais également discuter ensemble, échanger et mettre en place une stratégie commune pour que les fiançailles se déroulent au mieux et aboutissent à un mariage, » termina Remus.

« Non ? » fit Harry, riant de nouveau. « Tu veux dire qu'ils vont devoir s'asseoir autour d'une table tous les jours pendant trois mois et discuter civilement ? »

« J'en ai bien peur, » soupira le loup-garou.

Harry explosa de rire alors que Sirius et Severus se regardaient d'un air torve.

« Que Merlin me préserve, je ne sais pas si je vais y survivre, » marmonna Severus.

Remus eut lui aussi un sourire ravi, alors qu'il se dirigeait vers la cheminée.

« Vous n'avez pas le choix, mais j'avoue que j'ai hâte de voir cela ! Harry, toutes mes félicitations, mon garçon. J'espère que j'aurai de tes nouvelles rapidement, bien que je ne doute pas qu'avec ces deux énergumènes, j'en aurai forcément. »

Harry haussa un sourcil en interrogation.

« Oui, Sirius passe déjà son temps à se plaindre dans mes jupes d'à quel point Snape ne le comprends pas. Quand à Severus, il me coupe régulièrement l'appétit à Poudlard en déversant sur moi toutes ses doléances au sujet de Sirius. Alors là, je suis bien certain d'avoir de nombreux détails. »

Les deux autres sorciers protestèrent violemment mais Remus se contenta de ricaner tout en prenant une grosse poignée de poudre de cheminette qu'il jeta dans l'âtre.

« C'est ça, c'est ça, râlez tant que vous voulez, de toute façon, je sais à quoi m'en tenir. Oh, et si vous voulez un conseil. » Il se retourna tout en pénétrant dans la cheminée. « Quitte à vous sauter dessus, faites-le pour la bonne cause ! Histoire pour toi, Severus, de vérifier à quel point les vantardises de mon cher Sirius au sujet de ses prouesses sexuelles peuvent être exactes et ses oreilles non chastes. Et toi, Sirius, histoire d'enfin réussir à décoincer notre admirable directeur de Serpentard. Bonne soirée ! »

Et il disparut dans un rugissement de flammes vertes.

Harry écarquilla les yeux devant les déclaration de Remus. Il se retourna vivement vers son parrain et son tuteur qui avaient l'air tous deux de carpes que l'on a sorties de l'eau.

« Mais... Mais... ? » balbutia-t-il.

« Ce loup-garou à la bave qui lui monte au cerveau ! » explosa Severus, d'un coup. « Ne t'avise jamais d'approcher tes sales pattes pleines de boue de moi ! »

« Comme si j'en avais envie ! » rugit Sirius en se rapprochant de Severus. « Tu penses réellement que j'aimerais savoir ce que tu donnes dans un lit ? Merci bien, je n'ai aucune envie de m'ennuyer pendant des heures ! »

« Des heures ? Pauvre fanfaron, comme si tu étais capable de tenir des heures ! » continua Severus en frappant le torse de l'Auror de son index.

« En attendant, je note que c'est toi qui ne peux s'empêcher de me papouiller ! Et oui, des heures, mÔnsieur ! Quand on n'est pas un coincé du cul comme toi, cela arrive, et fréquemment ! »

« Te papouiller ? Arrête de prendre tes rêves pour des réalités ! Sinon tu risques bien de te faire papouiller le visage par mon poing ! Et je ne suis certainement pas coincé, espèce d'obsédé sexuel ! »

« STOP ! » cria Harry.

Les deux sorciers se retournèrent vers le plus jeune, persuadés de le voir encore une fois en colère puisqu'ils n'avaient pas été capable de s'empêcher de s'insulter. Quelle ne fut pas leur surprise de le voir, les joues rouges, mais visiblement parce qu'il avait du mal à retenir un fou rire.

« Bien, messieurs, je vous laisse à mon tour. Mon lit m'attend. Quant à vous, Remus a raison. »

« Hein ? »

« Je t'interdit de sous-entendre que... »

« Vous devez impérativement, en tant que chaperon, échanger vos premières informations et mettre en place votre ''stratégie'' pour Lucius et moi. Bonne nuit ! »

Là-dessus, Harry s'engouffra lui aussi dans l'âtre en jetant de la poudre verte et en criant « Manoir Malfoy ». Il disparut à son tour, dans un nuage de suie.

Severus et Sirius restèrent sans voix, toujours à quelques centimètres l'un de l'autre, tandis que de la graisse noire retombait sur le tapis devant la cheminée dont les flammes avaient repris leur couleur d'origine.

Severus soupira.

« Ce gamin ne saura jamais prendre une cheminée proprement, c'est désolant. »

« C'est pas faux, » murmura Sirius en agitant une nouvelle fois sa baguette afin d'effacer toutes traces du départ de Harry. « Au fait, Sev', au sujet de Lucius. »

« Quoi ? Quelle imbécillité vas-tu encore me demander ? »

« Il s'agit d'une chose qu'a dite Harry tout à l'heure, quand vous n'étiez pas là avec Remus. »

Aussitôt, Severus tendit l'oreille, à l'écoute de cette information ou question qui, d'après le visage sérieux de l'Auror devait être de la plus haute importance.

« C'est qui, Colgate Max White ? »

… … …

À suivre

… … …


NDA : Des lecteurs à qui c'est arrivé, m'ont signalé que certains ''logués'' sont régulièrement ''delogués'' par FF et postent les reviews en « guest ». Si vous n'avez pas de PM de ma part suite à une review, vérifiez, c'est sans doute cela. Ceci étant dit, j'espère que l'entreprise de séduction de Lucius vous plaît, et vous dis à dimanche pour la suite !