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Chapitre 17
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Premiers pas
Quand Harry retourna au manoir Malfoy, ce dernier baignait dans l'obscurité et le silence. Cela n'étonna pas spécialement Harry qui monta rapidement dans ses quartiers pour se mettre au lit.
Il était à la fois excité et épuisé par cette incroyable journée. Ce matin, il s'était levé en espérant que Lucius ne lui en veuille plus pour son escapade de la veille avec Draco (Merlin, ce n'était donc que la veille ?) et il se retrouvait fiancé au même Lucius le soir-même. Il avait le sentiment que cette journée en avait duré cinquante !
Harry se retourna, son oreiller coincé dans ses bras. Cela allait très vite d'un seul coup, entre Lucius et lui. Trop, peut-être ? Fermant les yeux, il se dit qu'il aurait largement le temps d'y réfléchir le lendemain, là, il devait avouer qu'il était trop fatigué pour penser correctement et surtout, il avait envie de ne penser qu'à l'aspect positif de la chose. Il s'endormit rapidement, un petit sourire aux lèvres.
Ce fut un Harry particulièrement fébrile qui se présenta à la table du petit-déjeuner le lendemain matin. Il avait passé sa robe noire traditionnelle des précepteurs, ne voulant pas abandonner sa mission éducative auprès de Draco. Cependant, au moment de fermer le dernier bouton au ras de son cou, il avait eu un moment d'hésitation. Devait-il ou non laisser apparaître la chaîne et le pendentif ? Il avait finalement décidé de les laisser à même sa peau nue, cachés du regard des autres. Non pas qu'il en avait honte, simplement cela lui semblait être quelque chose de particulièrement intime, qu'il n'avait pas envie de partager. Ce qui avait fini de le décider avait été le souvenir de Remus, demandant la permission non seulement à lui-même mais aussi aux deux chaperons pour avoir l'autorisation de toucher l'anneau. Toutefois, il espérait ne pas commettre d'impair et que Lucius ne serait pas vexé en découvrant que son présent restait hors de vue.
Alors qu'il pénétrait dans la pièce, Harry se répétait pour la, au moins sixième fois, le petit discours qu'il avait préparé en vu de s'expliquer si Lucius lui faisait une réflexion. L'homme était, comme à l'accoutumé, déjà installé et sirotait son thé.
« Bonjour, Lucius » dit Harry en s'avançant vers lui.
Le lord redressa le nez de son journal, il eut un immense sourire et se leva afin de rejoindre Harry. Ce dernier put constater, avec un certain soulagement, que Lucius portait lui aussi son collier sous sa robe, bien que l'on en distingue la chaîne en or.
« Bonjour, Harry. »
Il s'approcha du jeune homme et, à la surprise de celui-ci, lui fit un baise-main. « As-tu bien dormi ? »
« Euh, oui, » bredouilla Harry, tout en étudiant sa main un instant avant de se reprendre. « Et toi ? »
« Bien, très bien. »
Lucius lui prit le bras pour l'accompagner à la table où il lui recula sa chaise, offrant l'assise au garçon de plus en plus étonné. Une fois Harry installé, Lucius tapa dans ses mains, demandant ainsi à un elfe de maison de venir. Dans un crac, Hyde apparut, l'air plus maussade que jamais.
« Hyde, prépare donc son thé à Harry. Et Hyde, n'oublie pas. À partir de ce jour, Harry est notre invité privilégié, mon fiancé. Veille à ce qu'il ne manque de rien et je t'impose, ainsi qu'à Jekyll, d'exaucer tous ses désirs. »
Le vieil elfe jeta un regard mauvais à Harry, pourtant, il baissa son nez vers le sol.
« Bien, maître, il sera fait selon vos ordres, » grinça-t-il.
« Je serai intransigeant, Hyde. Je n'admettrai aucun refus de ta part, ni mesquinerie, me suis-je bien fait comprendre ? »
« Oui, maître. »
Il y eut un nouveau crac et l'elfe disparut. Deux petites minutes plus tard, c'était Jekyll qui apportait un thé bien chaud à Harry avec un grand sourire bienveillant.
L'ancien Gryffondor dégustait ses œufs et son bacon, pensif. Il se sentait un peu mal à l'aise devant son désormais fiancé, ne sachant pas trop comment lancer la conversation.
« Draco revient vers quelle heure ? » finit-il par demander, à court d'idée.
« Normalement vers dix heures. Mais connaissant Argiope, je pense que ce sera plus vers huit. »
« Pourquoi donc ? »
Lucius eut un petit sourire en coin, ses lèvres s'étirant légèrement alors qu'il posait La Gazette devant lui et la faisait glisser en direction de Harry.
« Sans doute à cause de ceci. »
Harry attrapa le journal, plié de sorte qu'il montrait la page consacrée aux nouvelles mondaines et d'état-civil. Il manqua s'étrangler avec son thé alors qu'il se découvrait, ainsi que Lucius, chacun sur une photo séparée. Celle du grand blond semblait assez récente, tandis que la sienne datait de sa remise de diplôme. Les deux photos agrémentaient l'annonce officielle de leurs fiançailles, dont le nom Amoris Promissio était affiché en lettres majuscules.
« Nous avons aussi droit à un long article, sur la page suivante. Assez ennuyeux, je me dois de t'avertir, et rempli d'inepties, du moins en ce qui me concerne. »
« Tu as déjà annoncé nos fiançailles ? » s'exclama Harry.
« Oui, bien sûr ! C'est la règle, en cas d'Amoris Promissio. Ainsi chaque sorcier et sorcière sait que nous ne sommes plus disponibles et ne peut plus nous courtiser sans encourir de graves sanctions. De même, en cas de demande d'entretien pour une raison ou une autre, ils savent qui sont nos chaperons et donc, vers qui s'adresser. »
Harry tiqua à cette nouvelle.
« Comment cela ? »
« Eh bien quiconque souhaite nous parler, nous voir ou nous écrire doit obligatoirement en demander la permission à Severus en ce qui me concerne, Sirius pour toi. »
« Mais... Et ton travail ? » s'étonna Harry.
Lucius sourit gentiment, comme touché du fait que le jeune homme s'en inquiète.
« Ne te fais pas de soucis, Severus s'est déjà occupé de cela. De plus, comme je suis le courtisan, je suis soumis à moins de contraintes. C'est surtout, toi, cher promis, qui doit rester protégé du reste du monde. »
Harry avala rapidement une gorgée de thé face à la voix séductrice de Lucius et à son regard enflammé.
« Je... suis, en quelques sorte, caché ? » demanda-t-il après avoir repris un peu contenance.
« Oublie le ''en quelque sorte''. C'est exactement cela. »
Lucius se leva, se plaçant derrière Harry afin de poser avec délicatesse ses mains sur les épaules. Le garçon ne put retenir un léger frisson et ferma un instant les yeux tandis que les mains de Lucius le caressaient légèrement.
« Tu es ici, dans mon manoir, tel un joyau dans son écrin. Nul ne peut te voir, t'approcher, t'admirer et encore moins te convoiter, à part moi. Et chaque sorcier le sait, désormais. »
Il s'abaissa lentement, ses lèvres effleurant le lobe de l'oreille de Harry qui frissonna de nouveau au contact.
« Tu es mon promis, mon aimé, tu es là pour moi et uniquement pour moi. Et bientôt, si tu me le permets, tu seras entièrement mien. »
Les lèvres se posèrent doucement, embrassèrent la peau fine juste sous l'oreille, puis descendirent plus bas, parsemant de baisers aériens le cou de Harry, qui ne put se retenir de gémir. Aussitôt, la bouche de Lucius cessa ses attentions, tandis que l'homme se redressait à la plus grande déception de Harry.
Néanmoins, cela lui permit de remettre ses idées au clair. Il se retourna vers Lucius, toujours debout derrière lui.
« Est-ce à dire que personne ne peut venir me voir sans l'accord de Sirius ? »
« Tout à fait. »
« Ni même m'écrire ? »
« Tout ton courrier passe dorénavant par ton chaperon. Lui seul est juge pour savoir ce qui doit t'être transmis ou non. De même que pour les visites. Il doit également en rendre compte à mon chaperon et celui-ci en discutera avec moi, afin de bien être certain que tout le monde est d'accord. C'est la tradition. »
Harry fronça les sourcils, un peu perplexe.
« Tout cela me semble... quelque peu étrange. C'est comme si, je ne sais pas... si, c'est vraiment ça, je suis exclu de la société pendant trois mois ? »
« Pas exclu, non. Tu est libre de me fréquenter, de voir nos chaperons, Draco et toutes les personnes qui ne représentent pas une menace pour ma cour. Mais il est vrai que tu devras être accompagné dans chacun de tes déplacements si tu émets le souhait de sortir du manoir. Parfois, certains promis ou promises sont véritablement reclus, enfermés dans un lieu tenu secret et sans pouvoir voir personne d'autre que le courtisan ou les chaperons. »
« Telle la princesse dans son donjon ? » se moqua Harry, bien que l'idée le révoltât intérieurement.
« Oui, exactement, » lui confirma Lucius, sans réaliser que le garçon grimaçait intérieurement. « D'ailleurs, c'était assez fréquent que le promis soit déplacé dans une tour, un donjon ou un château autrefois. La plupart des contes de fées moldus sont issus, en réalité, de fiançailles en Amoris Promissio, bien qu'ils l'ignorent. Le promis est comme en sommeil, pendant trois mois, parfois même pendant un an, le temps légal avant de pouvoir ensuite agir de nouveau comme bon lui semble. »
« Un an ? » s'écria Harry. « Mais, Sirius m'a dit trois mois ! »
« Trois mois de fiançailles, oui. Mais l'exclusion de toute cour ou fréquentation amoureuse dure pendant douze mois. Autrefois, il n'était pas rare que les promis soient tenus enfermés pendant cette année-là. »
« Mais, c'est pas juste ! Alors si au bout de trois mois le promis refuse les fiançailles, il ne peut pas commencer une autre relation pendant les neuf mois restants ? » voulut savoir Harry.
Lucius haussa un sourcil, visiblement contrarié.
« Oui, c'est tout à fait cela. En fait, cette durée de neuf mois correspond à un cycle de gestation. Cela pour éviter ensuite des ennuis liés à une future paternité. Enfin, c'était la raison évoquée à l'époque où l'Amoris Promissio a été créée, c'est à dire aussi loin que remonte la naissance des sorciers sur cette terre, sans aucun doute. À cette époque, les sorts de détection de grossesse et de paternité n'étaient pas encore inventés. Aujourd'hui, on peut savoir rapidement si une personne est enceinte et, in utero, quel est le père d'un enfant. Cependant, la tradition est restée. Je trouve au contraire que c'est une excellente chose. »
« De quoi donc ? Que l'on m'empêche ensuite de pouvoir trouver chaussure à mon pied ou que l'on continue à respecter des traditions désuètes ? »
Le regard de Lucius devint glacial. Harry en comprit aisément la raison et se mordit la lèvre, se maudissant de sa stupidité et surtout, de son emportement.
« Ce... ce n'est pas ce que je voulais dire. »
« Que ne voulais-tu pas dire ? Que tu penses déjà au prochain homme que tu pourras fréquenter après nos fiançailles ? »
« Non ! » s'écria Harry en se leva précipitamment. « Non, je t'assure que non. Ce n'est pas ça du tout ! Je disais ça de façon générale, je ne parlais pas de moi, mais des promis, c'est tout ! »
Le jeune homme s'inquiétait réellement d'avoir froissé Lucius. Tout était si neuf entre eux, et pourtant si fragile. Le début de leur relation amoureuse, qui n'avait que quelques jours, avait déjà été sujette à bien des malentendus. Le fait d'en avoir rajouté un autre le rendait nauséeux.
« Lucius, je suis désolé, bien sûr que je ne pense pas à rompre nos fiançailles, ou à trouver quelqu'un d'autre après toi, » déclara-t-il, la gorge nouée.
Il soupira de soulagement quand il vit les yeux gris perdre leur dureté, redevenant tendres envers lui. Lucius lui caressa doucement la joue, mettant ses hormones en ébullition par ce simple contact.
« Tant mieux. Dois-je comprendre, pour ne pas dire espérer, que tu es heureux de ces fiançailles, Harry ? »
« J'en suis plus qu'étonné mais heureux, oui, sans l'ombre d'un doute. »
Le jeune homme tendit lui aussi sa main pour se saisir de celle encore libre de son fiancé.
« Je me demandais quelles étaient tes intentions à mon égard. Je dois reconnaître que, quand bien même je trouve l'idée de fiançailles officielles un peu perturbante et prématurée, cela m'a aussi... rassuré, » avoua-t-il.
Lucius le prit contre lui, délicatement, passant ses mains dans le bas de son dos.
« Tu m'en vois positivement ravi. »
Harry se laissa entraîner dans l'étreinte, se calant contre le corps du lord. Il se sentait soudainement à sa place, détendu. Le nez dans le cou de l'autre homme, il respirait son odeur fraîche, mélange d'un parfum délicat et de celle naturelle de Lucius, tandis que les cheveux fins lui caressaient la joue. Il soupira une nouvelle fois, fondant littéralement.
Lucius posa sa tête sur le dessus du crâne aux cheveux noirs, appréciant lui aussi le fait que Harry se détende ainsi à son contact.
« Pour ma part, » fit-il, rompant le silence confortable qui s'était installé. « Je considère nos vieilles traditions sorcières comme de bonnes choses. Elles préservent notre identité, face au monde moldu qui ne cesse d'évoluer et pas toujours dans le bon sens. Nous représentons une stabilité, une force, que les Moldus perdent, peu à peu. »
Harry se tendit à ces paroles et se recula afin de le regarder dans les yeux.
« Même les traditions si anciennes qu'elles en sont une honte pour la liberté de l'homme ? »
Lucius lui tapota le bout du nez avec la pulpe de son index.
« Tu raisonnes en sang-mêlé, Harry. Nous autres, sorciers, avons depuis des lustres respecté la liberté des hommes, prônant l'égalité de chacun de nos membres, quelque soit sa nature, tandis que dans le même temps, les Moldus pratiquaient l'esclavage et la ségrégation sexuelle. Chose qu'ils pratiquent encore, d'ailleurs. C'est en cela que j'estime, et estimerais jusque sur mon lit de mort, que notre peuple est bien supérieur au leur. Bon, il reste bien toujours le délicat sujet du mélange de notre sang, que je n'approuve pas, néanmoins un sorcier reste un sorcier, même s'il est de moindre naissance. »
« Je suis un sang-mêlé ! » se récria Harry.
« Certes. Mais rien n'est perdu, en ce qui te concerne, » le contra Lucius, bien trop taquin de l'avis de Harry. « Tu es issu d'une grande famille sorcière et a été élevé par Severus et par l'un des rares Black sain d'esprit que cette famille compte. Avec un peu d'entraînement, tu pourras bientôt passer pour un sang-pur. »
« Quoi ? Je ne suis pas d'accord avec ce genre de raisonnement ! »
« Ah bon ? Pourtant, dans quel monde vis-tu ? Sorcier ou moldu ? »
« Sorcier, » admit Harry après un moment de réflexion.
C'était exact. Depuis que Severus était venu le chercher chez les Dursley un jour d'été, il ne vivait plus dans le monde moldu, n'avait même plus aucun contact que ce soit avec lui. Mis à part quand il discutait avec des amis d'origine moldue ou sang-mêlé, comme Hermione ou Dean. Et encore. En général, ils se contentaient de parler cinéma, musique ou littérature et bien souvent, c'étaient ses amis qui l'informaient des nouveautés, dont lui ignorait tout. Il réalisa que même Hermione, en dehors de sa famille ou de quelques sorties de loisir, n'avait plus aucun lien avec les Moldus. Cette prise de conscience abrupte le perturba visiblement.
Lucius eut un petit sourire suffisant face au visage chafouin de son promis.
« Tu vois ? Malgré nos apparences rétrogrades, c'est loin d'être ce que nous sommes. Mais ne parlons plus de sujet aussi désagréable que les Moldus. Harry, je meurs d'envie depuis que tu es arrivé dans cette pièce de t'embrasser. Me permets-tu d'au moins pouvoir te reprendre dans mes bras ? »
Le garçon perdit immédiatement le fil de ses pensées, désarçonné par la demande et surtout par le regard de braise qui le dévorait.
« Oui, bien sûr, » souffla-t-il. « Tu peux même m'embraser, si tu veux, » termina-t-il, se sentant à la fois atrocement timide et téméraire d'oser faire une telle demande.
L'aristocrate le serra contre lui, un grand sourire de nouveau sur ses lèvres. Harry se câlina encore, profitant outrageusement de l'étreinte. Il sentit Lucius se pencher vers lui, sa bouche sur ses tempes. Il tourna un peu la tête, mais Lucius se contenta d'embrasser pudiquement sa joue avant de le reculer prudemment. Devant l'air à la fois déçu et surpris de Harry, il s'expliqua, la voix étrangement rauque.
« J'en meurs d'envie, Harry, mais on ne peut pas. Durant le premier mois des fiançailles, nous ne pouvons faire plus que cela. »
« Pourquoi ? » demanda Harry, tristounet.
« Là encore, c'est un vieux sortilège rattaché à ces fiançailles particulières. Pour permettre aux fiancés d'apprendre à se connaître, sans contact physique jugé indécent. En général, les fiancés n'avaient pas, contrairement à nous, déjà expérimenté le plaisir de découvrir... la volupté d'un baiser. »
Lucius passa son pouce sur les lèvres pulpeuses en face de lui.
« J'ai déjà eu l'immense honneur de goûter à la douceur de tes lèvres, c'est une telle torture de ne pouvoir à nouveau savourer ce délice, » soupira-t-il en se penchant plus encore vers le précepteur de son fils.
La bouche de Lucius se posa une nouvelle fois dans le cou de Harry qui, instinctivement, pencha la tête, lui offrant ainsi plus d'espace. Il cala son front contre l'épaule de Lucius, se mordant les lèvres afin de ne pas gémir comme précédemment. Ses bras entourèrent le corps plus grand, plus robuste, qui se pressait contre le sien tandis que Lucius ré-affermissait sa prise, le plaquant avec force sur son torse. Sa bouche le dévorait, embrassant et mordillant la peau tendre du cou.
Harry abandonna la lutte qu'il menait contre lui-même, ses mains se crispèrent sur les épaules du lord alors qu'il gémissait honteusement de plaisir sous les caresses buccales qui lui étaient accordées. Il était à la fois perdu dans les sensations tout en en voulant encore plus !
Un bruit de transplanage se fit soudainement entendre, ainsi que la voix grinçante de Hyde immédiatement après.
« Maître, Argiope Zabini-Crabbe est arrivée avec le jeune maître, ils vous attendent dans le grand salon à recevoir. »
Lucius cessa ses douces attentions tout en poussant un lourd soupir de frustration.
« Merlin m'en est témoin, je l'aurai parié. »
Il repoussa délicatement Harry, tout aussi frustré que lui.
« Je suis véritablement navré, j'aurais préféré passer encore une heure seul avec toi mais le devoir m'appelle. Je ne serai pas là ce midi, mais je compte bien te revoir ce soir... et profiter dignement de toi, après dîner, pendant notre tasse de thé de fin de soirée, » continua-t-il en murmurant la dernière phrase au creux de l'oreille de Harry.
« J'ai hâte d'être à ce soir, alors, » souffla Harry en redressant son visage contre celui de Lucius.
Prenant légèrement appui contre Lucius, il se mit sur la pointe des pieds et embrassa l'homme sur la joue, respirant une nouvelle fois son odeur délicate. Lucius eut un fin sourire, ses yeux gris se teintèrent d'une certaine nostalgie que ne comprit pas Harry. La lueur disparut aussi vite qu'elle était apparue, faisant douter Harry de son existence.
« Au sujet de Draco, ne lui parle pas de nos fiançailles, je préfère qu'il ne sache rien avant la fin des trois mois. Je suppose d'ailleurs que tu vas continuer à lui enseigner, si j'en juge ta tenue ? »
Harry acquiesça, comprenant la demande de l'homme. Il l'avait déjà signalé la veille, il était père de famille et ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi vis à vis de son fils.
« Oui, je pense que c'est le mieux, pour tout le monde. Et puis, j'ai désormais toutes mes après-midi de libre pour travailler à mon roman... ou pour m'occuper de Draco. Je verrai selon mon humeur du moment, » fit Harry, taquin.
« J'espère que ton humeur te fera choisir de ne penser qu'à moi, rien qu'à moi, » susurra Lucius.
« Oh ? Exclusif, cher courtisan ? »
« Irrémédiablement. Tu peux aussi rajouter jaloux, possessif et un tantinet exigeant. »
« Un tantinet exigeant ? » se moqua Harry. « Ne voulais-tu pas dire plutôt intransigeant, irascible, autoritaire et tyrannique ? »
« Que de magnifiques compliments ! Rassure-toi, mon petit promis, bientôt je te ferai découvrir d'autres de mes incroyables qualités. » Lucius posa de nouveau ses mains sur les reins du garçon. « Comme, attentionné, » il posa un baiser sur une joue, « délicat, » il embrassa la tempe, « brillant, » les lèvres se posèrent sous l'oreille, « sensuel, » dans le cou, « un amant qui te fera découvrir ce qu'est le plaisir, » les dents mordillèrent la peau douce, faisant geindre le brun, « et enfin, un mari qui te sera fidèle et aimant. »
Lucius se recula, laissant un Harry pantelant.
« Moi aussi, j'ai très hâte d'être à ce soir. Pense bien à moi. »
Sur un dernier sourire goguenard, Lucius se retourna et partit en direction du salon où devait toujours l'attendre Argiope.
Harry resta un instant les bras ballants et la tête dans les nuages. Il finit par se ressaisir et sortit de la pièce. Il allait tourner en direction du couloir qui le mènerait à sa salle de classe quand un éclat de voix le stoppa net. Avançant discrètement, il s'approcha de la porte laissée entre-ouverte du grand salon, certainement par Draco quand il l'avait quitté.
« Enfin, Lucius, inutile de t'énerver. Je ne fais qu'énoncer un fait que la plupart des sorciers de ce pays ont en tête. »
« Au cas où tu aurais encore des doutes, je n'ai que faire de ce que pense la majorité des sorciers du pays. Ils m'indiffèrent totalement. La seule chose qui m'intéresse c'est l'argent que je peux leur prendre et l'ascendant que j'ai sur eux. Leur turpitude intellectuelle me laisse de marbre. »
« Toi, très certainement, mais ton promis ? Je suis étonnée que son chaperon ne soit pas déjà ici, prêt à t'étriper. »
« Severus m'a assuré qu'il s'occuperait de Black. Et quand bien même, ce n'est pas un Black qui me fera frémir. N'oublie pas qui je suis, Argiope. »
« Oh, je ne suis pas prête de l'oublier, très tendre ami. Surprise que toi, entre tout autre, te sois fourvoyé dans cette relation ridicule, mais je sais parfaitement qui tu es, Lucius, » fit Argiope, d'une voix de gorge suave.
Harry sentit une sueur froide couler le long de son dos.
« Enlève immédiatement tes mains de moi, gourgandine ! » tonna Lucius, faisant sursauter Harry. « Je t'interdis de parler ainsi de Harry ! Que toi ou les autres ne compreniez pas ma décision, peu me chaut ! Mais que personne ne s'avise de salir sa réputation ou son intégrité. »
Argiope se mit à rire, un rire grave et léger tout à la fois.
« Oh, Lucius, ne monte pas ainsi sur ton Hippogriffe, c'est... »
« Ridicule ? » la coupa froidement Lucius.
« Non, juste fort peu à propos. Je ne suis pas ton ennemie, tu le sais. Je suis, par contre, très déçue. Mes deux proies privilégiées s'échappent, comprends-moi, c'est terriblement frustrant. Qui donc vais-je pouvoir attraper désormais ? »
« Argiope, tu n'as jamais eu la moindre opportunité, ni avec moi, ni avec Harry. »
« Balivernes. Je ne te parle pas mariage, Lucius, simplement batifolage. Harry et toi n'aviez pas une qualité nécessaire pour me passer la bague au droit. »
« Tu veux dire qu'en dehors, bien sûr, du fait d'être homosexuels, nous avons un trop grand instinct de survie ? » se moqua Lucius.
Encore une fois, la mère de Blaise se contenta de rire, sans démentir.
« Ma foi, adieu partie de débauche, » conclut-elle.
« Argiope, un minimum de décence, ton mari n'est pas encore mort. »
« Oh, crois-moi sur parole, lui ne l'est pas mais une partie de son anatomie l'est, sans l'ombre d'un doute. Il faut donc bien que je me procure un peu de divertissement ailleurs, » gloussa la femme.
Lucius émit un petit rire, lui aussi.
« Eh bien, tant qu'il ne s'agit pas de moi ou de Harry que tu as décidé d'avoir pour ton quatre heures, cela me suffit. »
« Tu sais, Lucius, même si je reste dubitative sur cette mise en couple, je te souhaite bonne chance. Sincèrement. Surtout que Harry a l'air d'être un jeune homme bon. Je te félicite et espère que vous trouverez le bonheur tous les deux. Mais tu devrais faire attention à toi, mon ami, et veiller à le protéger par la suite. Aujourd'hui, c'est Black et Snape qui doivent le faire et prendre de plein fouet les réactions de l'annonce de votre Amoris Promissio. Cependant, la protection ne durera que trois mois, ensuite, c'est lui qui devra gérer les réflexions et humeurs de nos chers concitoyens biens-pensants. Je les porte autant dans mon cœur que toi, tu le sais. Mais Harry devra être préparé à ce qui va lui arriver. Beaucoup crient au scandale à l'idée que notre Survivant fricote avec un Mangemort. »
« Je veillerai sur lui. Chaque jour. Quiconque le blessera le payera au centuple, » assura Lucius.
« Je n'en doute pas. Toutefois, n'oublie pas que c'est un grand garçon, il voudra certainement pouvoir le faire lui-même et pour ce faire, savoir certaines choses, » continua Argiope. « Et surtout, Lucius, qui te protégera, toi ? »
« Je suis capable de me protéger tout seul. »
« Lucius, tu n'es pas surpuissant... » soupira la femme.
« J'ai l'habitude de prendre soin de moi-même et de mon fils, Argiope. Et Severus sera là, lui aussi, en cas de besoin. »
« Je le sais, mon ami. Permets-moi quand même de me faire du souci pour toi, » termina Argiope d'une voix plus douce que Harry ne lui avait jamais entendue jusqu'à présent.
Entendant que les deux sorciers se disaient au revoir, Harry choisit de s'éclipser, sans demander son reste.
Draco bondit dans ses bras quand il rentra dans la salle de classe, l'abreuvant de paroles au sujet de la fantastique soirée qu'il avait passée en compagnie de Blaise. Harry l'écouta avec indulgence puis ils se mirent chacun au travail.
Cependant, le jeune précepteur sentit un certain mal-être le posséder régulièrement, suite à ce qu'il avait entendu. Il ne savait pas l'expliquer mais plusieurs des propos de Lucius et d'Argiope le mettaient mal à l'aise.
Il se posait encore beaucoup de questions sur ces fiançailles, tant sur leur existence même que sur les conséquences magiques qu'elles avaient, ainsi que les contraintes qui pesaient sur Lucius et lui. Il avait hâte d'être au soir pour non seulement pouvoir passer un moment avec son fiancé, mais aussi pouvoir discuter avec Sirius qui devait venir en fin d'après-midi.
Le fait qu'Argiope, cette mangeuse d'hommes, semble sincèrement inquiète pour Lucius ne lui plaisait pas du tout. Déjà, parce qu'il se demandait de quelle droit cette pé...tulante femme le faisait. C'était son fiancé, pas le sien ! Est-ce qu'ils étaient si proches que cela ? Amis ? Le fait qu'elle ait qualifié leur relation de ''ridicule'' l'avait aussi profondément blessé.
Le sorcier manquait, par bien des côtés, de confiance en lui, notamment en ce qui concernait ses relations amoureuses ou son physique. Il n'était pas sûr du tout que s'il avait été un autre que le ''Survivant'', autant de gens se soient intéressés à lui un jour. Pourtant, cela n'avait pas semblé être le cas de Lucius. Du moins, il l'espérait.
Car, alors qu'il réfléchissait à cela, un autre fait venait le perturber : Lucius était, selon la croyance populaire, un ancien Mangemort. Était-ce pour cela que les autres sorciers contestaient leurs fiançailles ? Qu'Argiope les qualifiait de ridicules ?
Une seconde chose attristait le cœur du Gryffondor : Lucius semblait véritablement seul, sans amis sincères à part Severus et peut-être, même si cette idée lui faisait grincer des dents, Argiope. Il avait affirmé avoir les capacités de se défendre et de s'assumer seul, ce dont Harry était intiment convaincu lui-aussi. Néanmoins, c'était une existence bien solitaire que semblait vivre le lord. Cet isolement sautait brusquement au visage de Harry. Lucius n'invitait jamais personne au manoir, en dehors des Zabini ou de Severus. Il allait également très rarement aux fêtes ou soirées mondaines auxquelles pourtant Harry savait qu'il était invité.
Lucius était un homme puissant, riche, craint mais aussi terriblement isolé. Pourquoi ?
Harry se promit non seulement de le découvrir mais de faire en sorte que Lucius ne le soit plus. Il allait lui prouver qu'il pouvait compter sur lui désormais.
Harry ne se sentait pas l'âme d'un jouvenceau en détresse. Cependant, la façon dont Lucius et Argiope avaient parlé de leur relation lui donnait l'impression d'être, effectivement, dans le rôle de la douce princesse du donjon qui attendait que son preux chevalier vienne la délivrer et la protège des vilains dragons.
Hors de question ! Argiope avait raison sur un point : Harry était lui aussi largement capable de se défendre, pour peu qu'on lui explique qui étaient les personnes qui l'attaquaient et pourquoi.
Si des sorciers étaient contre leur relation, il allait se faire une joie de les remettre à leur place ! Lui seul décidait de sa vie ! Harry avait bien trop souffert dans son enfance et adolescence de la pression et de la domination d'adultes intransigeants ou de sorciers hystériques. Cela n'allait pas recommencer maintenant.
Toutefois, malgré ces bonnes résolutions, Harry avait un poids sur l'estomac, et ce poids était le passé de Lucius, dont il ignorait beaucoup de choses. Pouvait-il vraiment faire confiance à un potentiel ancien Mangemort, quand bien même ce dernier n'était à l'époque qu'un adolescent ?
En tout état de cause, Lucius allait être ravi, pensa Harry alors que la journée se terminait enfin, annonçant l'arrivée imminente de son parrain. Il n'avait pensé qu'à son fiancé. Parfois de façon soucieuse, parfois tendre et même, de temps en temps, de façon très, très, érotique.
... ... ...
« Alors, Harry, cette première journée en tant que fiancé s'est passée comment ? »
« Comme d'habitude, Siri', mis à part le fait que je n'ai travaillé que ce matin. J'ai confié Draco à Jekyll pour l'après-midi, j'avais des choses personnelles à faire. C'est la seule différence notable pour moi. Oh, si, autre chose, Lucius m'a dit ce matin que c'est toi qui allait hériter de mon courrier, c'est vrai ? »
« Oui, je m'en serais bien passé, d'ailleurs ! Merci du cadeau empoisonné ! » bougonna aussitôt l'Auror tout en s'installant dans l'un des fauteuils du petit salon personnel de Harry.
L'homme regarda tout autour de lui avant d'émettre un petit sifflement admiratif.
« Eh bien, il est plutôt du genre généreux, le lord, avec ses employés. À moins que ce ne soit qu'une façon de leur montrer à quel point il est riche et supérieur à eux ? »
« Sirius, s'il te plaît. C'est juste une suite qui se situe au même étage que la chambre de Draco et la sienne, qui est au fond du couloir Est. C'est la partie nuit familiale, c'est tout, » expliqua Harry.
« J'y crois pas ! Il a déjà réussi à te contaminer ! Il est fort, ce sale type ! » s'écria Sirius.
« Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ? »
« Non, mais tu t'écoutes parler ? T'es là, l'air blasé, en train de m'expliquer que la suite de mÔnsieur, qui doit faire tout mon deuxième étage, n'est qu'une modeste chambre du manoir, dans la ''partie nuit familiÂle'', » se moqua Sirius en prenant un petit ton haut perché. « Frimeur ! »
« Mais non ! » se défendit Harry. « Pas du tout ! C'est la simple vérité, c'est tout ! Qu'est-ce que j'y peux, moi, si ce manoir est bien trop grand ! Les autres chambres sont dans la partie Ouest, pour les invités. Le manoir a plus de trois cents ans, Siri' ! Ce n'est pas Lucius qui est responsable de la taille des pièces ! »
« Rentre tes griffes, p'tit Lion, je te charrie, c'est tout. Pas la peine de vouloir me mordre pour défendre ton cher Lucius, » ricana Sirius, faisant rosir Harry. « D'ailleurs, » ajouta-t-il, soudain suspicieux, « comment tu sais que sa chambre est au bout du couloir ? Harry, vous n'avez rien fait, n'est-ce pas ? »
« Non ! » s'exclama le garçon maintenant d'un rose vif. « Et puis je te rappelle que c'est le premier mois de fiançailles. D'après lui, on ne peut même pas s'embrasser, alors le reste... »
« Oh, pourquoi donc me semble-t-il entendre comme une pointe de déception dans cette petite voix tristounette ? T'es déjà en manque d'échange salivaire et de léchouillage d'amygdales ? »
« T'as pas fini de te foutre de moi, Sirius ? T'es censé être mon chaperon, mon soutien, pas venir pour te moquer à mes dépends ! » râla Harry.
« D'accord, d'accord. Et, ceci dit en passant, Lucius a parfaitement raison : pas de bécotage, bizouillage et tripotage en dessous de la ceinture pendant un mois entre vous. Il va falloir que tu sois patient, mon pauvre petit. Bon, pour en revenir à ton courrier, je ne t'ai rien ramené, rien n'était intéressant ou montrable. »
« C'est à dire ? »
« Tu as reçu une tonne de courrier, j'exagère à peine. Mais les demandes en mariages te sont désormais interdites. Les lettres d'insultes envers ton fiancé ne serviraient à rien, à part pour allumer la cheminée. Quant à celles de félicitations venant d'illustres inconnus, sincèrement, je me suis dit que tu t'en passerais. J'ai eu tort ? »
« Non, tu as eu raison... Il y en avait beaucoup, des lettres d'insultes ? »
Sirius regarda attentivement son filleul qui se rongeait un ongle en face de lui et redevint sérieux.
« Harry, tu sais très bien avec qui tu es fiancé. Toutes les lettres de ce type étaient anonymes, comme tu t'en doutes. Je me dois pourtant de te dire que j'en ai confié quatre au bureau, pour enquête. Elles semblaient vraiment menaçantes envers toi ou Lucius. Je ne porte pas Malfoy dans mon cœur, en raison de son nom et de son passé, comme la majorité de la population sorcière. Pour autant, je ne lui souhaite pas la mort ou la souffrance, sois-en certain. De même que, malgré son nom et son caractère, il a su se faire une place importante au Ministère. Fudge ne fait rien sans son aval, à un point que ça en est devenu déprimant. Il a aussi beaucoup d'influence au Magenmagot, grâce au soutien indirect de Dumbledore soi-dit en passant. Lucius est un homme à la fois de pouvoir et d'affaires... et il est brillant, je ne peux pas lui enlever cela. Le fait qu'Albus ne soit pas contre lui me semble rassurant. Et puis, comme me l'a encore répété mainte et mainte fois Severus, hier soir - Merlin, j'ai cru que je n'allais jamais y survivre - en fait, je ne le connais pas. Enfin, je me dis que si tu es heureux d'être fiancé à ce type, c'est bien qu'il doit valoir quelque chose. Je vais donc vous faire confiance, à Snape et toi. Tout à l'heure, j'irai voir Lucius afin de bien mettre les choses au clair avec lui. Il va devoir comprendre qu'on ne se fiance pas comme cela à mon filleul. Il a intérêt à être droit dans ses intentions futures avec toi, sinon, je te garantie qu'il le payera très cher. S'il ne fait cela que pour la gloire d'avoir le Survivant dans son lit, je le donne en pâture à Buck. »
Harry eut un faible sourire. Il se souvint des échanges entre Lucius et Argiope, le matin même. Lucius n'allait pas se laisser impressionner facilement. Par contre, les paroles de Sirius écorchèrent le cœur sensible du jeune sorcier. Il n'avait, à sa grande honte, pas du tout pensé que Lucius le voudrait uniquement pour son nom, sa renommée ou la gloire. Lucius n'avait pas besoin de lui, de toute façon... N'est-ce pas ? A moins bien sûr que le fait de se marier avec le Survivant soit comme une absolution pour ce qu'avait fait la famille Malfoy pendant la guerre ? Voyait-il Harry comme le billet qui lui permettrait d'entrer au ministère par la grande porte, en tant que premier Ministre par exemple ? Non, Harry refusait d'y croire. Ce n'était pas crédible.
« Siri', est-ce que tu sais s'il a vraiment été un Mangemort ? Je suppose que tu dois le savoir, non ? »
« Non, je l'ignore, Harry. Il était mineur au moment du décès de Voldemort. Tout ce que je sais, c'est qu'il a été défendu par Severus et Albus et que tout son dossier a ensuite été effacé. Harry, je ne sais pas ce qu'a fait ou non Lucius pendant la guerre. Je ne suis pas celui que tu dois interroger à ce sujet. N'oublie pas, même si ça m'arrache la bouche de dire cela, qu'il ne faut pas le juger sur des on-dit ou des ragots. J'en ai souffert, moi aussi, en raison de mon nom. Regarde où cela m'avait emmené : Azkaban ! Je reste aussi persuadé que jamais Severus n'approuverait votre union si Lucius présentait un quelconque danger pour toi. Alors ne le répète jamais à la chauve-souris, mais je pense qu'il a raison : Lucius est certainement une victime de son nom. Son père était un homme violent, un Mangemort de la première heure, mais lui ? C'était un enfant. Alors non, je ne pense pas que ce soit le cas de Lucius. Je ne lui fais pas encore confiance, pour bien des choses, par contre et même s'il m'en coûte de l'admettre, j'ai confiance en Severus... au moins sur ce point. Ce fou-furieux des potions a beaucoup de défauts - n'en déplaise à Remus - mais il ne t'aurait pas mis délibérément dans une situation compromettante ou dangereuse. »
Harry hocha la tête, en grande partie rassuré. Il sourit à son parrain qui lui rendit son sourire.
« Aucune nouvelle de mes amis ? »
« Pas encore, je pense demain. Et sinon, vous avez pu un peu discuter avec Lucius ? »
« On ne s'est pas vus beaucoup aujourd'hui. On a dit que l'on parlerait tous les deux ce soir, pendant le thé. »
« Oh, le fameux thé du soir, » se gaussa Sirius.
« Comment ça, le fameux thé du soir ? »
« Snape m'a raconté que c'est pendant ces petites soirées parfumées à la théine que tu es tombé dans les filets de Blondie. »
Harry bougonna dans sa barbe tandis que Sirius continuait de se moquer. Ils discutèrent encore un moment ensemble, à propos de Lucius bien sûr, et de la vie au manoir. Enfin, Sirius se leva pour rejoindre cette fois Lucius.
« Demain, ce sera Severus qui viendra vous voir. N'oublies pas que si tu as une question, un doute, quoi que ce soit, tu dois me contacter, d'accord ? Je ferai en sorte de te répondre au plus vite. »
« Merci, Siri'. »
L'homme hocha la tête avant de prendre le plus jeune dans ses bras. Ils s'embrassèrent puis Sirius quitta la pièce.
... ... ...
Harry dîna en compagnie de Draco, ils furent rejoint un peu plus tard par Lucius qui prit le repas en route. Hyde ne cessa de jeter des regards assassins au brun, le jugeant sans doute responsable du fait que son maître avait commencé son dîner avec plus de vingt minutes de retard.
« Je peux savoir ce que j'ai fait à ce fichu elfe ? Bon sang, il est pire que Draco dans ses mauvais jours ! » s'écria Harry.
« C'est même pas vrai ! » protesta le jeune intéressé. « Je suis bien pire quand je veux ! »
Harry fronça les sourcils, faisant replonger le nez du bambin vers sa coupelle de compote.
« Ce n'est pas contre toi, Harry, rassure-toi. Hyde est juste très possessif et protecteur. À l'image de son maître, sans doute. »
« Possessif ? Si mon amie Hermione entendait ça, je pense qu'elle s'en étoufferait ! »
« Pourtant, c'est le cas. Même si ce ne sont que des elfes de maison, des créatures inférieures et totalement soumises, il n'en reste pas moins vrai que les elfes sont, en général, très fidèles à leur maître. »
« Pas tous, j'ai connu un elfe qui ne rêvait que de liberté, » contra immédiatement Harry, remerciant Merlin au passage que Hermione ne soit effectivement pas présente.
« Je suppose que tu parles de Dobby, l'ancien elfe des Rosier que tu as fait libérer ? »
Harry approuva de la tête, surpris que Lucius connaisse Dobby.
« Dobby est un elfe plutôt exceptionnel... dans le sens rare, j'entends. C'est la première fois que je vois un elfe qui veuille la liberté. Si je donnais un vêtement à Hyde ou Jekyll, je pense qu'ils en mourraient de chagrin. Tu vois, Harry, je crois aussi que la relation entre un elfe et son maître dépend beaucoup de la façon dont le maître traite son elfe. »
« Hermione dirait son esclave. »
« Elle n'aurait pas tort. Ils sont mes esclaves. Mais la liberté serait pour eux, je le répète, pire que l'esclavage. Hyde et Jekyll feraient tout pour moi ou pour Draco. Hyde craint que je ne souffre, j'en suis persuadé. C'est lui qui m'a élevé, étant enfant. Vois-tu, Harry, je tiens à eux, ils font partis de ma vie. D'ailleurs, je leur confierais ma vie, la tienne et celle de Draco, sans l'ombre d'une hésitation. »
« La mienne ? Hyde rêve de me dépecer vivant ! »
« Non, tu te trompes. Enfin, tant que tu ne me blesses pas. Ne t'inquiète pas pour lui, son attitude changera bientôt. »
« Mais il a peur que tu souffres de quoi, au juste ? »
« Hyde me connaît bien. »
Harry pinça les lèvres, vexé.
« Il te connaît mieux que moi, c'est ça ? »
« D'une façon très différente. Il est... comme un père. »
Harry ouvrit de grands yeux étonnés.
« Un père ? Jamais je ne traiterais Severus comme tu le traites, lui ! À lui donner des ordres ou à le menacer de sanction s'il n'obéit pas ! »
« Sans doute parce que Severus est un redoutable sorcier, tandis que Hyde, un elfe de maison, » sourit Lucius.
« Hyde ne veut pas que papa soit malheureux, comme quand maman était là ou grand-père, » lança alors Draco d'une voix claire.
S'ensuivit un silence pesant. Les yeux de Lucius se durcirent tandis que ses traits se figeaient en un masque de froideur.
« Draco, puisque tu as fini ton dessert, monte dans ta chambre faire ta toilette et te mettre en pyjama. »
« Déjà ? »
« Oui, file. »
Le petit garçon soupira mais fit ce que demandait son père. Harry regarda la petite tête blonde sortir de la pièce alors que Draco traînait des pieds. Une fois l'enfant dehors, il se retourna vers Lucius.
« Est-ce que c'est vrai ? »
« Comment cela ? »
« Ce qu'a dit Draco. »
« Je n'ai pas du tout envie de parler de mon père ou de Narcissa. »
La voix de Lucius était glaciale, tranchante. Harry en déglutit, comprenant une nouvelle fois pourquoi Lucius était si impressionnant et semblait parfois pouvoir réduire les autres en poussière d'un seul claquement de doigt.
« Je vois cela. Pourquoi ne veux-tu pas ? »
Lucius lui lança un regard pénétrant.
« Bien essayé, Harry, mais tu oublies à qui tu t'adresses. Si je n'ai pas envie d'en parler, c'est mon droit. C'est tout ce que tu as besoin de savoir. »
« Pourtant, il faudra bien un jour que l'on en parle, non ? » insista Harry.
« De mon père ? Aucun intérêt. »
« Je pensais plus à Narcissa. C'est la mère de Draco, ta première épouse. C'est normal, non, que j'en sache un peu plus sur elle ? »
« Tu sais l'essentiel, à savoir que c'est la génitrice de Draco et que nous avons été à une certaine époque mariés. Le reste n'a aucune importance pour le moment, » continua Lucius sur le même ton.
« C'est important, pourtant, que je connaisse un peu ton histoire. Je ne sais pas du tout pourquoi vous avez divorcé, par exemple, ni... »
« Cela ne regarde que moi, Harry, » fit fermement Lucius. « Je ne veux pas parler de cette femme. Elle a quitté ma vie et celle de Draco il y a bien longtemps, c'est tout ce qui compte. Ça et le fait qu'elle peut aller au diable si elle le souhaite ! »
« Mais, Draco ne voit jamais sa mère ? Pourquoi j'ai eu l'impression un jour qu'il craignait le nom des Black ? J'ai cru que c'était par rapport à Sirius mais... »
« Cela suffit ! » s'emporta Lucius. « Que les choses soient claires, je ne veux pas en parler. J'ai déjà dû supporter les menaces pitoyables de ton parrain et ses centaines de recommandations pour notre vie future, j'estime avoir le droit de passer le reste de ma soirée sans être importuné par des fadaises et des déplaisances ! »
« Très bien, très bien, » abdiqua Harry. « Je peux comprendre que tu n'aies pas envie d'en parler ce soir. Cependant, j'ai besoin de savoir, Lucius, juste pour comprendre... »
« Comprendre quoi ? Il n'y a rien à comprendre ! »
« Pourquoi vous vous êtes séparés, pourquoi Draco ne voit pas sa mère, qu'est-ce qui se passerait si un jour elle revenait et me voyait ici, à sa place ! Tant auprès de toi que de son fils ! Pourquoi tu me veux, moi, après l'avoir voulu, elle ! » s'écria le jeune sorcier.
Lucius se leva brutalement de sa chaise et passa une main nerveuse dans ses cheveux. Harry sursauta, surpris et inquiet. Lucius ferma les yeux, cherchant visiblement à se calmer. Il les rouvrit pour les planter avec détermination dans ceux du brun. Harry ne sut déchiffrer l'expression de Lucius, impénétrable. L'homme se dirigea vers lui, le surplombant de sa haute taille. Tendant une main vers lui dont Harry se saisit, il le releva lentement de sa chaise.
« Harry, je ne veux pas parler de mon passé. Pas maintenant, » dit-il doucement. « Ne prend pas mon refus comme un affront ou un signe de défiance de ma part. Juste que j'estime cela inutile pour le moment. Si cela peut te rassurer, tu ne prends pas la place de Narcissa, en aucun cas. C'est elle qui n'avait pas sa place ici. Ni auprès de moi, ni auprès de Draco. Sache aussi que c'est toi que je veux. Toi et seulement toi. Je n'ai jamais proposé d'Amoris Promissio à Narcissa. Je t'ai choisi, toi, pas elle. »
Harry laissa son regard se perdre dans les perles grises en face de lui. Il était encore touché par le refus de Lucius de lui parler de son ancienne relation avec Narcissa mais ses dernières paroles lui avaient mis du baume au cœur. De plus, Lucius avait semblé être étrangement affecté par cette discussion. Il ne résista donc pas alors que l'aristocrate l'attirait à lui, le prenant dans ses bras dans une tendre étreinte.
« Je vais coucher Draco. On se rejoint après dans notre salon ? » demanda Lucius.
Le sorcier aux cheveux noirs acquiesça. Il sortit ensuite de la pièce, décidé à passer d'abord dans sa chambre et sa salle de bains avant d'aller souhaiter lui aussi bonne nuit à Draco. Ensuite, il irait dans le salon Saphir, afin de passer un peu de temps avec son fiancé.
Il marqua un temps d'arrêt alors qu'il gravissait les escaliers. Lucius avait dit ''notre'' salon. La situation lui apparut soudain dans toute sa clarté. Aussi stupide que cela puisse paraître, Harry comprit, uniquement à ce moment, que s'il acceptait ces fiançailles, il deviendrait l'époux du lord et donc, que ce manoir serait aussi à lui.
L'époux de Lucius... Un curieux sentiment de panique le saisit, qu'il repoussa prestement. Montant les marches quatre à quatre, il rentra dans ses quartiers. Inutile de se mettre trop de pression, il verrait bien en temps et en heure et agirait sur le moment !
… … …
À suivre
… … …
NDA : bon, parlons peu, parlons bien. Je suis toujours malade (pour ceux que ça intéresse ^^') mais aussi en vacances (youpiiiiiii !) à la neige (beuâaaarck !) donc, étant donné qu'ici, (oui, je suis pas très loin de Trifouilli les Oies, juste à côté de Trou du Cul du monde, là-haut sur la montagne, où l'était un vieux chalet... hem, pardon, mes nerfs me lâchent, je le crains...) internet, c'est comme une oasis dans le Sahara, je vais malheureusement poster quand je peux dimanche prochain et répondre aux reviews de même cette semaine. Mais je vais y répondre, promis, alors n'hésitez pas à en laisser, ça fait toujours plaisir et ça m'occupera entre deux pics de fièvre, les glaçons, bonhomme de neige et cours de ski des fistons... Pitiiiééééééé, laissez-moi de la lecture ! Ou alors sortez-moi de là, venez me chercher, promis je ne torturerai plus mes perso, beuheueueueh... quoi que sur ce dernier point, je ne pense pas pouvoir tenir ma promesse...
Bref, j'espère que ce chapitre vous aura plu, même s'il est plus tranquille que les autres par bien des côtés, mais vous savez ce qu'on dit, il faut se méfier de l'eau qui dort, il pose aussi pas mal de pistes pour la suite. Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine, et vous dis à dimanche prochain... sauf si je me suis cassée une patte entre temps sur cette foutue neige ou si je me suis chopée une indigestion (en plus de ma grippe) tellement j'aurai noyé mon ennui dans le grog ^^'
